Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi
Et voici la fin de la bataille. Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !
Chapitre 13
Bâtiment de la police
Enfermé seul dans la salle de réunion, Kisuke rongeait son frein entre deux appels et déploiement des forces au fur et à mesure qu'elles se libéraient. S'il avait pu envoyer rapidement les hommes de la Brigade d'Intervention vers le cercle de jeux, il peinait encore à en envoyer vers les trois autres lieux stratégiques. Et les deux envoyés au cercle de jeux avaient ordre de s'occuper d'abord des otages, ce qui laissait les quatre policiers, déjà très certainement en train de se battre, encore bien seuls.
Il n'entendit pas la porte s'ouvrir dans son dos alors qu'il répondait à un nouvel appel.
- Ce n'est pas suffisant ! grogna-t-il en raccrochant.
- Je trouve qu'au contraire tu débrouilles plutôt bien, répondit une voix dans son dos.
Il se retourna d'un bloc :
- Commandant ?
- Je sais que tu préférerais être en train de te battre avec eux, continua ce dernier en s'approchant du tableau où Kisuke notait tous les changements et le l'examinant avec attention. Mais ils ont besoin de toi ici. Tu es sans doute le plus à même de remplir cette tâche.
- C'est tout de même très frustrant…
- Je sais, c'est mon lot quotidien depuis de nombreuses années, lui accorda son supérieur avec une pointe de regret dans la voix, aurait juré Kisuke. Alors, explique-moi exactement où on en est. Je pourrais peut-être t'être utile…
- Et…
- Ne t'inquiètes pas pour Barrangan, il est bouclé dans son bureau et ses lignes sont toutes sur écoute, le coupa le commandant. S'il bouge le moindre petit doigt, je le saurais immédiatement.
Kisuke se lança alors dans les différentes explications des phases de leur opération et leurs avancements, tout en continuant à répondre aux appels sous l'œil bienveillant et parfois même quelques conseils très avisés de son supérieur.
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Pendant ce temps…
Maison de prostitution
En un instant, la panique régna. Même les hommes de Kariya, chargés pourtant de maintenir l'ordre, n'arrivaient plus à retenir quiconque, bien trop occupés eux-mêmes à tenter de s'enfuir. Ils se savaient trop peu nombreux en ce soir où une majeure partie de leur force habituelle avait été réquisitionné pour des manœuvres spéciales dont ils ignoraient tout. La gérante, une certaine Mila Rose, tenta juste d'épargner ses précieux clients, persuadés que ce n'était qu'une descente comme une autre, tant sa foi en son patron était immense. Quand aux jeunes gens qui se trouvaient là, pour la plupart sous la contrainte, ils ne cherchèrent même pas à résister et se rendirent aux forces de l'ordre, espérant ainsi mettre fin à leur triste quotidien. Soifong se chargea de tous les regrouper dans un des salons tandis que Sosuke et Yoruichi désarmaient et capturaient les hommes de mains de Kariya qui tentaient de se glisser parmi les clients qui s'enfuyaient, aidés par Start Coyote et Tatsuki.
Quand l'ordre fut un peu revenu, Sosuke se prépara à continuer son exploration de la maison mais s'arrêta net en découvrant un nouveau couple qui venait d'être ramené avec d'autres du premier étage. Il fonça vers l'étudiant en chimie qui regardait anxieusement autour de lui :
- Où est-il ? lui demanda-t-il en l'attrapant violement.
- Jamais vous écoutez vos messages ? railla l'autre sans tenir compte de la douloureuse sensation de brûlure qu'engendrait la prise du policier sur son épaule. Il doit être en train de chercher Loly ! J'ai essayé de vous prévenir…
Un hurlement les interrompit venant de plus haut. Sosuke le lâcha brusquement et bondit dans les escaliers, Szayel sur ses talons. Yoruichi leur emboîta le pas.
Le premier étage était déjà investi par les forces de police, aussi grimpèrent-ils directement au deuxième par encore exploré. A première vue, il semblait désert. C'est simplement à ce moment que Sosuke remarqua l'étudiant en chimie :
- Redescend, ça risque de devenir dangereux ! ordonna Sosuke.
- Jamais, vous êtes bien plus dangereux que tous ces monstres réunis ! lui rétorqua le gamin.
- Je te l'accorde, intervint Yoruichi en souriant avant que les choses tournent mal entre ces deux là. Mais en l'occurrence, il est le seul à pouvoir encore sauver ton ami. Tu ne ferais que nous gêner, alors sois gentil et attends-nous en dessous, ok ?
Szayel sembla peser le pour et le contre avant de se décider à redescendre d'un étage, laissant les deux policiers avancer dans le couloir sombre.
- Tu as une idée de ce qui nous attend ? demanda la jeune femme.
- Aucune. Mais s'ils étaient nombreux, ils auraient déjà attaqué, on doit avoir à faire à un homme isolé, deux maximum je pense.
Sosuke n'était pas stupide au point de dédaigner l'aide de la jeune femme, sachant parfaitement qu'elle se battait à mains nues bien mieux que bien des hommes.
A l'autre bout du couloir, le seul et unique occupant de l'étage, si l'on exceptait l'étudiant allongé sur le sol, surveillait l'approche des deux policiers par un œilleton dans la porte. Véritable armoire à glace et muni de deux katanas courts, il les attendait de pied ferme.
Ulquiorra était sonné mais pas inconscient. Comme l'homme se désintéressait de lui pour l'instant, il rampa lentement sur le sol en direction de la forme qui gisait dans un coin de la pièce.
Sosuke et Yoruichi ouvraient toutes les portes se trouvant sur leur passage, se couvrant l'un l'autre et parvenaient lentement mais sûrement jusqu'à la dernière pièce.
L'homme lâcha son poste d'observation pour se retourner et chercher son otage. Ce dernier venait tout juste d'atteindre son objectif quand il se retrouva soulevé du sol avec une lame sur le cou :
- Sois gentil mon mignon si tu ne veux pas finir comme l'autre garce, lui susurra-t-il à l'oreille.
Ulquiorra, qui avait tenté de se débattre, se figea alors que la porte s'ouvrait devant eux. Pendant quelques instants, le temps sembla se suspendre.
Sosuke embrassa la pièce du regard. Il enregistra la forme recroquevillée dans un coin, les issues possibles et la position, précaire de l'étudiant avant que ses yeux ne se posent à nouveau sur l'homme qui le tenait à sa merci pour finalement revenir à ce dernier qu'il fixa intensément. Le jeune homme avait dors et déjà cessé de se battre, persuadé qu'il était que sa sœur était morte, là, à l'autre bout de la pièce. Las et épuisé par trop de combats inégaux, il jetait l'éponge. Tout cela, le policier le lut dans les yeux verts. Tout cela et bien plus encore, une esquisse de sourire, une larme coulant sur sa joue comme un regret.
- N'abandonne pas encore… murmura le policier comme pour lui-même. Pas toi…
Puis très lentement, fixant cette fois l'homme le détenant, il sortit Kyoka Suigetsu de son fourreau.
Ce geste sembla redonner vie à la scène et l'homme commença à vociférer contre eux, son katana s'enfonçant peu à peu dans la gorge de l'étudiant. Un filet de sang se mit à couler le long de son cou. Les yeux de Sosuke se rétrécirent légèrement et sa collègue sut qu'il ne permettrait pas à cet homme de s'en sortir. Elle se tint prête à intervenir. Sosuke s'élança avant même que l'autre comprenne ce qui se passait. Sa rapidité et sa précision ne lui laissèrent aucune chance, l'homme se recula en titubant, ayant lâché Ulquiorra que Yoruichi tira jusqu'à elle rapidement, regardant bêtement son bras chuté sur le sol. La lame de Kyota Suigetsu s'éleva de nouveau si rapidement que même sa collègue eut du mal à suivre le mouvement, et se ficha dans le cœur de l'homme.
Ulquiorra échappa alors à Yoruichi et courut jusqu'à la forme qu'il avait tant cherché à atteindre plus tôt. Avec appréhension il la retourna et découvrit enfin son visage, ou plutôt ce qu'il en restait. Son bourreau ne lui avait pas fait de cadeau et il fut incapable de reconnaître ou non sa sœur dans cet amas de chair tuméfié. Sa main pourtant alla d'instinct tâter le poignet à la recherche d'un pouls. Déjà Yoruichi se penchait sur elle aussi et l'écartait doucement mais fermement.
- Alors ? demanda Sosuke.
Sa collègue secoua négativement la tête. Ulquiorra retint un gémissement et le policier le releva, l'arrachant au pénible spectacle. Ils avaient presque atteint la porte quand Yoruichi dit :
- Sosuke, il y a une pièce ici !
Le policier se retourna d'un bloc et lâcha Ulquiorra qui prit appui contre le mur pour retraverser rapidement la salle jusqu'à un recoin où une porte semblait dissimulée dans l'ombre du mur. Sosuke et Yoruichi se regardèrent et il se mit en garde pendant qu'elle ouvrait la porte d'un coup sec. La pièce était minuscule et plongée dans le noir, Yoruichi alluma sa lampe de poche et la balaya de son rayon, s'arrêtant soudain en rencontrant le regard terrorisé d'une gamine enchainée au mur.
- Loly ? demanda Sosuke en découvrant ses traits à la lueur de la lampe.
Ulquiorra, en entendant ce prénom, les rejoignit pour regarder à son tour et se jeta sur sa sœur pour la serrer dans ses bras en pleurant :
- Loly, enfin… Tu es vivante…
- Ulqui…
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Cercle de jeux
Kira entendit le cri de son ami et se retourna. Pour le voir s'écrouler, la poitrine en sang. Il hurla sans même s'en rendre compte en se jetant sur celui qui venait de le frapper et qui s'apprêtait à le faire à nouveau. Son autre adversaire profita de l'aubaine et du fait qu'il lui avait tourné le dos en plein combat et leva son arme.
Kaname avait, pendant ce temps, fait le tour du bar pour examiner la situation et repérer ses collègues grâce à un bracelet particulier que le commandant Urahara avait fait porter à chacun des policiers. Ce petit dispositif ingénieux permettait au non voyant de faire la différence entre les ennemis et les siens. Il repéra le danger que laissait l'ouverture inconsciente de Kira à son adversaire et frémit, sachant qu'il n'arriverait pas à temps pour lui éviter le coup, sinon mortel, au moins assez fort pour le blesser gravement. Pourtant, il bondit en avant, tentant le tout pour le tout, en criant pour essayer de l'avertir.
Kaien capta tout autant le danger mais ne pouvait pas lui venir en aide non plus, déjà bien trop occupé par deux hommes, dont l'un tout particulièrement, maniait son arme avec une réelle dextérité et lui posait de gros problèmes. L'autre se contentant, habilement, de se cacher derrière pour attaquer lâchement. Deux autres étaient en train de combattre contre Kira et un cinquième n'avait pas encore vraiment bougé, se contentant d'observer les combats mais sans intervenir. Mais quand il vit Kaname bondir, il se mit enfin en action pour lui barrer la route et l'empêcher de porter secours à son collègue en difficulté. Kaien jura entre ses dents en portant un nouveau coup à son adversaire, bien décidé à finir ce combat avant que la situation tourne à leur désavantage, ce qui ne manquerait pas d'arriver avec Renji à terre et Kira pas loin de l'y rejoindre.
Mais c'était mal connaître les deux hommes qui avaient fait leurs classes ensemble. Renji était à terre certes, mais pas encore hors de combat et en voyant son ami foncer sur celui qui l'avait blessé, il lui avait fait un petit signe de connivence pour lui confirmer qu'il assurait ses arrières après un bref échanges de regards. Ça avait été imperceptible pour tous mais quand le deuxième homme abaissa son arme sur Kira, Zanbimaru coupa sa course et le repoussa alors que son propriétaire se relevait, un peu laborieusement quand même. Mais cela fut suffisant à son ami qui cloua l'autre homme au sol, hors d'état de continuer le combat avant de revenir le soutenir. Wabisuke s'abattit une deuxième fois mortellement, on en était plus au coup de complaisance.
Kaien et Kanama sourirent en comprenant leur manège, très efficace, et se rapprochèrent d'instinct pour se soutenir mutuellement contre les trois derniers hommes, laissant le soin à Kira de porter les premiers secours à Renji qui s'était écroulé de nouveau, dès le combat achevé. Ce dernier jeta un œil à ses deux collègues, vérifiant qu'ils n'avaient pas besoin de lui dans l'immédiat avant de s'activer autour de son ami pour tenter de l'aider avant l'arriver des secours qu'il avait pris soin d'appeler en déclenchant sa montre, comme le commandant Urahara le leur avait recommandé, s'ils étaient blessés ou avaient des blessés avec eux. Ce dernier se chargerait alors du QG de faire rapidement intervenir les secours.
Il ouvrit la chemise de Renji pour constater que la plaie était profonde et saignait abondamment. Sa petite acrobatie quelques minutes plus tôt, n'avait pas dû arranger les choses. Il se défit de sa veste pour comprimer la plaie du mieux possible, arrosant au passage son ami de tout un tas de noms d'oiseaux, tentant par ce biais de lui cacher son inquiétude grandissante. Renji sourit, ou eut plutôt un rictus qui y ressemblait et leva son bras pour venir caresser sa joue :
- Tu es vivant… le reste m'importe peu…
- Idiot ! Tais-toi, ne gaspille pas tes forces, les secours arrivent.
Pendant ce temps, à eux deux, Kaname et Kaien finirent par venir à bout de leurs trois adversaires, bien que n'ayant jamais combattu ensemble. Le lieutenant en rengainant son karana félicita d'ailleurs le jeune non voyant pour cette performance qu'il jugeait hors du commun. C'est à ce moment que les secours arrivèrent enfin. Kira s'écarta pour leur laisser la place et Renji fut rapidement stabilisé et mis sur une civière pour être évacué au plus vite. Sa blessure était sérieuse et nécessitait une intervention rapide.
- Accompagne-le Kira, ordonna Kaien. On s'en sortira bien ici en attendant les renforts.
- Merci lieutenant. Je vous tiens au courant ! fit-il en s'élançant derrière les brancardiers pour monter dans l'ambulance avec Renji.
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Villa de Jin Kariya
Koga était chargé de la sécurité de la villa de son mentor et ami. Ce dernier comptait sur lui pour protéger ses secrets et il était bien décidé à le faire. Peu importait le prix à payer.
Quand il vit arriver les policiers, il plaça stratégiquement le peu d'hommes qu'il avait pour surprendre leurs adversaires au moment où ils auraient baissés leur garde, persuadés que la villa avait été désertée. C'était son plan, et alors qu'il sautait sur celui qui avait osé s'introduire dans le bureau de son chef, ses hommes sortaient de l'ombre pour s'en prendre à ses compagnons. En un instant, le bruit des armes s'entrechoquant retentit dans la maison.
Halibel, Shinji et Ishida se retrouvèrent confrontés à plusieurs hommes surgis des pièces encore inexplorées, voir de l'étage. Kotestu et Kostubaki voulurent rejoindre leur commandant qui avait lui-même suivi Shunsui quand ce dernier avait été si lâchement attaqué, mais ne le purent pas. Trois autres ennemis se chargèrent de les maintenir à distance.
Oui, tout aurait pu être parfait pour son plan. Mais voilà, celui qu'il avait attaqué n'avait non seulement pas baissé sa garde comme escompté mais en plus s'était vu rejoint par un autre homme. Et tous deux portaient chacun des doubles katanas. C'est donc quatre armes qui ripostèrent à son attaque. Et leur puissance ne faisait aucun doute, vu qu'il se retrouva propulsé à plusieurs mètres. Et ils avaient l'habitude de combattre ensemble, déduisit-il, en se remettant en position d'attaque. D'instinct, ils s'étaient mis dos à dos, se couvrant mutuellement. Tant pis, il donnerait tout, même sa vie s'il le fallait, Jin valait bien ce sacrifice.
- Pas de bobo ? interrogea Shunsui.
- Non, je vais bien et toi ?
- Impec ! Tu ne veux pas me laisser combattre seul ? Comment ça se passe pour les autres ?
- Arrêtes de parler pour rien dire, les autres feront comme nous ! Il revient !
Shunsui soupira, les yeux fixés sur son ennemi qui revenait effectivement à la charge. Bien sûr, il aurait préféré que Jûshirô ne soit pas mêlé à la bataille. Bien sûr, il aurait même souhaité qu'il soit resté au QG. Mais comment l'empêcher de combattre maintenant ? L'autre avait l'air bien décidé à donné le tout pour le tout. Il l'avait reconnu également, c'était un des plus proches collaborateurs de Kariya, il ne serait pas facile à mettre hors circuit et l'aide de son amant allait se révéler précieuse. Ça aussi, il ne le savait que trop bien. Même si cela le mettait hors de lui de mettre encore une fois celui qu'il aimait en danger.
- Promets-moi de faire attention à toi, murmura-t-il avant de s'élancer à son tour.
Le choc fut brutal mais aucun des deux hommes ne céda de terrain à l'autre. Jûshirô bougea un peu, juste pour être prêt au cas où, même s'il devinait que Shunsui ferait tout pour éviter de le mêler au combat. Pourtant, il comprit bien vite qu'ils ne seraient pas trop de deux pour parvenir rapidement à bout de l'homme. Pas que son cher et tendre n'arrive pas à s'en sortir, non, loin de là. De ce côté, Jûshirô lui faisait une entière confiance, même lui ne s'estimait pas aussi fort que lui. Non, mais simplement que si le combat se prolongeait trop, ça risquait de mettre les autres hommes plus en confiance, et donc par conséquent plus dangereux pour leur troupe. Et il voulait éviter des blessés inutiles, voir pire dans leur rang. Déjà qu'Ishida semblait avoir du mal… Heureusement, il semblait être le seul dans ce cas pour l'instant. Shinji et Halibel maintenait une juste pression, quand à ses deux protecteurs, ils étaient en train de tenter d'éliminer leur opposants pour venir à son secours, comme très certainement leur avait ordonné Shunsui. Il reporta sur attention sur le combat et se prépara à frapper à son tour.
Koga comprit qu'il avait perdu quand il vit le deuxième homme au double katana s'élancé à son tour alors qu'il s'était jusque là maintenu hors de combat. Le premier bloquait encore son arme quand l'autre posa un de ses katana sur son cou en disant :
- C'est fini, rends-toi ou je te tranche la gorge.
Shunsui savait qu'il ne le ferait pas si l'autre ne l'y obligeait pas mais il connaissait assez bien son amant pour savoir aussi qu'il n'hésiterait pas s'il le fallait.
Le commandant de la Brigade Criminelle ne le lâchait pas des yeux et vit le sourire de l'homme s'élargir. Il était vaincu et il savait, mais il ne se rendrait pas. Shunsui haussa un sourcil en comprenant ce qu'il allait faire. Il cria à son compagnon :
- Recule !
Trop tard malheureusement, Koga avait reculé quelque peu pour venir s'empaler sur la lame du katana, se tranchant lui-même la gorge. Le sang gicla si fort que même le bond en arrière des deux commandants ne les protégea pas complètement.
Jûshiro baissa ses armes, abasourdi et plus pâle que jamais alors que celui qui les avait si vaillamment combattu s'écroulait à terre, mort, l'artère carotide tranchée net. Shunsui se précipita sur son amant, l'attrapa par les épaules pour capter son regard, toujours fixé sur l'homme se vidant lentement de son sang :
- Il a choisi la mort, tu n'y es pour rien !
Jûshirô eut un pauvre sourire et se laissa aller contre lui en murmurant :
- Pourquoi ? Pourquoi en arrivé là ?
Déjà Shunsui l'entraînait hors de la pièce, mais il le retint :
- Ça va aller… Va aider les autres, que cette bataille se termine enfin !
- Tu ne bouges pas de là, que je te voie. Ok ?
- Je n'en ai pas vraiment la force… répondit-il en prenant appui sur le mur de la grande salle où se battaient encore les autres.
Mais la mort de Koga avait ébranlé les hommes de Kariya. Tant qu'il était là, qu'il se battait encore, peut-être avaient-ils gardé un ultime espoir, mais maintenant… Un à un, ils préfèrent soit se rendre soit tenter de faire comme leur meneur. Mais Shunsui ne les laissa pas faire. Il fit même tout pour les empêcher et y parvint presque au prix de quelques blessures qu'il ne put éviter, heureusement sans trop de gravité comme put le constater rapidement son amant après la bataille. Mais au final, à part un qui finit par s'empaler sur le katana de Shinji, il réussit à faire en sorte que les autres n'aient que des blessures. Il y aurait bien assez de mort dans cette intervention sans rajouter des martyrs inutiles.
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Entrepôt
Ichigo avait suivi Kariya dans la pièce qui avait été, un court moment, la cellule de ses sœurs cadettes. L'homme était déchaîné. La prise brutale de conscience de sa situation devenue soudain très précaire, le rendait fou furieux, dangereux et imprévisible. Le jeune policier avait beau tenter de prévoir ses coups, de se protéger au mieux, il n'échappait pas à sa folie destructrice et reçu plusieurs coups sérieux sans pouvoir seulement en mettre un.
Pendant ce temps, Byakuya, maintenant épaulé par Gin était enfin parvenu à avancer plus en avant, toujours inquiet de ne pas apercevoir Ichigo. Toshiro avait pris sa place sur un regard et Shûhei et Grimmjow, enfin débarrassés de leurs adversaire n'avaient pas tardé à le rejoindre, lui laissant le champ libre pour aller rejoindre sa jeune recrue. Guidé par les bruits des lames s'entrechoquant, il pénétra dans la pièce où il se battait contre le chef de cette organisation. Il vit immédiatement les nombreux coups qu'avait pris Ichigo un peu partout sur le corps. Nul doute non plus que sa cicatrice encore récente n'allait pas tarder à se rouvrir à ce rythme effréné. Il était temps qu'il intervienne. Kariya essayait justement de faire perdre pied au jeune policier et tout à son combat ne l'avait pas encore remarqué. Il faut dire qu'il était resté dans l'ombre, le temps pour lui de visualiser la situation et chercher la meilleure façon d'intervenir.
- Tu va finir comme tous tes collègues, en joyeux martyrs des forces de l'ordre ! disait Kariya pour haranguer Ichigo un large sourire aux lèvres. Et je n'aurais qu'un geste à faire pour reprendre tes frangines !
- Jamais je ne te laisserai faire ! hurla le jeune homme en réponse et en voulant foncer sur lui.
Zangestu fut brutalement stoppé en pleine assaut par Senbonzakura et le regard glacial de son supérieur :
- Ne rentre pas dans son jeu, il te provoque !
- Com… mandant ?
Jin Kariya, lui, recula prudemment devant le nouveau venu. C'était une chose de jouer avec ce jeune policier, c'en était une toute autre que de combattre un homme tel que Byakuya Kuchiki en personne. Ce dernier qui le surveillait du coin de l'œil, continuait de faire reculer Ichigo.
- Si tu rentres dans son jeu tu es mort, lui expliquait-t-il. Recule, respire et prends le temps d'analyser la situation.
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Pendant ce temps, dans l'entrepôt, Toshiro mettait à mal les forces du truand encore en présence, bien aidé par Gin qui s'en donnait visiblement à cœur joie, frappant sans scrupule pour tuer. Shûhei avait été pris à parti par quatre d'entre eux et ne put éviter un coup qui le blessa à l'épaule droite. Il recula, légèrement sonné, mais un de ses agresseurs tenta le tout pour le tout en voulant en finir avec lui. Bien mal lui en prit, surgissant de plus loin, Hyôrinmaru le faucha en plein geste.
- Ça va ? demanda son propriétaire à son amant qui examinait rapidement sa blessure.
- Faudra que ça tienne le temps qu'on finisse ! répondit-il en grimaçant de douleur.
Toshiro fit une drôle de tête à sa réponse, mais il n'avait pas tort. Ils ne pouvaient pas se priver de lui maintenant alors qu'ils étaient si prêts du but. Ils furent rapidement rejoints par Grimmjow dont le visage accusait la fatigue et de Gin, son éternel sourire vissé à ses lèvres.
Le lieutenant d'Aizen fit un rapide calcul des hommes restant à abattre. Un peu plus d'une dizaine encore. En comptant que le commandant Kuchiki et Ichigo s'occupe de Kariya.
- Sans aide, il va encore nous falloir un moment, constata-t-il d'une voix neutre jetant un œil plus que septique au blessé.
- Je tiendrai ! rétorqua ce dernier.
Les quatre policiers s'étaient regroupés contre un mur, leurs adversaires s'étaient également rapprochés en arc de cercle, les bloquant complètement, et s'avançaient vers eux lentement mais sûrement.
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Dans l'autre pièce, Ichigo avait écouté les ordres de son supérieur et s'était calmé, au grand dam de leur adversaire. Grâce à Byakuya, le jeune homme avait réalisé que le calme était sans doute sa meilleure arme pour pourvoir tenté de vaincre Kariya. Savoir que ce type s'en était pris à ses cadettes suffisait pourtant à faire rejaillir en lui la colère. Il accusait aussi le contrecoup de ses longues luttes depuis qu'ils avaient commencé à se battre Grimmjow et lui et ses diverses blessures commençaient à méchamment se rappeler à lui. Il jeta un coup d'œil à son supérieur qui ne semblait pas du tout souffrir de ses combats. L'expérience sans doute, pensa-t-il. Il avait en partie raison, mais ce n'était pas tout. Byakuya avait également su se protéger bien mieux que lui et son calme l'aidait mieux que tout à tirer le meilleur parti de chaque situation à moindre effort. Certes son expérience y était également pour beaucoup, mais même très jeune et encore peu aguerri à l'art du combat, c'était son calme et sa froideur qui l'avait souvent aidé remporté un duel. Le noble en était d'ailleurs conscient, tout comme il savait qu'Ichigo dans son état physique et mental actuel ne remporterait pas ce combat. Kariya saurait jouer sur ses sentiments pour le prendre en défaut à un moment ou un autre. Chose que contre lui, il ne pourrait jamais mettre en pratique tout simplement parce que le noble, de part sa nature d'abord et de son éducation ensuite, ne laissait jamais rien filtré de ses sentiments s'il ne le désirait pas. Et ce malgré la vive inquiétude qu'il ressentait pour Ichigo en ce moment même. C'est donc en ayant analysé tout ceci qu'il ordonna simplement à son subordonné :
- Tu en as bien assez fait, c'est mon combat à présent !
Ichigo ouvrit la bouche pour protester mais le visage fermé de son supérieur l'en dissuada immédiatement. Ce dernier avança de deux pas, en position de combat.
- Depuis le temps que je rêvais d'un tel combat, approuva Kariya en s'avançant à son tour. Je vais te vaincre Byakuya Kuchiki.
Ce dernier ne se donna même pas la peine de répondre. Derrière lui, Ichigo déglutit péniblement, une sombre folie semblait animer le truand, déjà certain de sa victoire.
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Dans l'entrepôt, les trois policiers valides avancèrent aussi, plaçant d'instinct leur blessé au centre de leur cercle. La bataille serait rude, ils le savaient, les hommes en face d'eux étaient prêts à tout donner pour venger un camarade tombé un peu plus tôt ou simplement l'intrusion dans leur petite vie bien réglée. Toshiro jeta un œil derrière lui avant de lancer l'assaut, entraînant ses collègues à sa suite. Tout plutôt que d'attendre qu'on leur tombe dessus, et puis la meilleure des défenses n'était-elle pas l'attaque ?
Rapidement, ils furent submergés par le nombre mais aucun d'eux ne baissa les bras, continuant à se battre avec acharnement. Même Shûhei qui semblait pourtant sans cesse au bord de la rupture, ayant déjà perdu beaucoup de sang, luttait vaillamment, puisant dans ses ultimes ressources. Combien en avaient-ils eu ? Ils n'en voyaient pas le bout, ils étaient trop nombreux et ils étaient épuisés. Leurs gestes devenaient moins précis, mais ils n'étaient pas les seuls, leurs ennemis aussi perdaient en efficacité.
- Un coup de main les gars ?
- Rangiku ! s'écria Gin.
Tout mais pas ça ! Pas elle maintenant ! pensa-t-il brièvement en parant un nouveau coup avant de se tourner vers l'arrivante. Qui n'était pas venu seule. A ses côtés, Madarame, Yumichika et leur commandant, Zaraki Kenpachi en personne.
- Eh ! Laissez-en un peu aux autres ! rugit ce dernier en se précipitant dans le combat avec ses deux hommes.
C'est avec soulagement que les quatre policiers laissèrent la place aux renforts. Rangiku était déjà en train de panser sommairement la blessure de Shûhei. Toshiro les rejoignit rapidement, le combat ici touchant maintenant à sa fin. Enfin dès que la Brigade d'Intervention aurait finit de s'amuser.
- Emmène-le à l'hôpital ! ordonna le lieutenant à Grimmjow. Et fais-toi examiner aussi !
- Toshiro… murmura Shûhei à bout de force.
- Je te rejoins dès que c'est fini ici.
Un faible sourire lui répondit avant que Grim ne le porte jusqu'à la première voiture, accompagné de Rangiku qui avait pris soin de vérifier que son Gin allait bien.
Toshiro les regarda s'éloigner avant de rejoindre son commandant. Il aurait peut-être, pour la première fois de sa vie, préféré accompagner Shûhei à l'hôpital. Mais il se devait de couvrir son supérieur, d'être là au cas où. Même s'il doutait fortement que ce dernier ait besoin de lui pour mener à bien son combat.
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Dans la petite pièce, Ichigo avait reculé le plus possible pour ne pas gêner le combat et regardait, fasciné, son commandant.
Jamais il ne l'avait vu ainsi. Byakuya Kuchiki avait une maîtrise de son katana qu'il était loin de posséder. Son adversaire reculait à chaque attaque, Senbonzakura virevoltait dans les airs, dansait avant de fondre sur sa cible, laissant derrière lui, comme des pétales de lumières tellement ses mouvements étaient vifs et rapides. Kariya était incapable de lui tenir tête. En quelques coups, il se retrouva acculé au mur du fond, impuissant, la lame du katana de Byakuya sur la gorge.
Toshiro, resté dans l'ombre jusque là, s'avança alors ses menottes à la main :
- Je prends la suite commandant !
Kariya voulut se rebeller et tenta encore de bouger mais la lame de Byakuya appuya un peu plus fort sur sa trachée :
- Donne-moi une seule occasion et tu es mort ! l'avertit la voix glaciale du commandant de la Brigade Spéciale.
C'est menotté que Toshiro, son katana à la main au cas où, le traîna vers l'entrepôt où les renforts maintenant ne cessaient d'arriver. Mais Jin Kariya ne s'avouait pas vaincu si facilement. Un seul moment d'inattention de son geôlier suffit à le faire agir. Dans son esprit dérangé celui qui venait de le battre était l'homme à abattre, aussi se précipita-t-il vers Byakuya qui avait rengainé et se dirigeait vers Ichigo, toujours dans un coin de la pièce. Ce dernier réagit en un éclair. Zangetsu s'éleva une dernière fois, pour finir sa course dans la poitrine de Kariya qui avait désespérément tenté d'atteindre le commandant Kuchiki. Celui-ci s'était également retourné tout en dégainant pour voir s'écrouler l'homme le plus dangereux de la ville, mort apparemment cette fois.
Ichigo tomba à genou, le dos vrillé par une violente douleur en grognant. Byakuya, qui vérifiait une dernière fois que son dernier adversaire était bien devenu inoffensif à jamais, se précipita vers lui, juste à temps pour lui éviter de s'écrouler au sol :
- Les secours ! Vite ! cria-t-il à Toshiro, puis se penchant sur son subordonné. Reste avec moi Ichigo, c'est un ordre !
- Oui… comman…dant, hacha le jeune policier en tentant de sourire malgré la douleur.
Il leva maladroitement vers celui qui le soutenait jusqu'à effleurer sa joue et sourit :
- Vous… êtes en vie…
- Idiot ! lâcha Byakuya en posant ses lèvres sur les siennes pour lui voler un rapide baiser. Je t'interdis de mourir, tu m'entends !
Déjà les secours arrivaient. Cette fois la bataille était terminée.
A suivre…
