Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi
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Chapitre 15
Quelques semaines plus tard…
La vie avait finalement repris son cours tant bien que mal dans le bâtiment abritant les services de polices de la ville. Au niveau de la direction, un grand ménage avait été effectué. Après Barrangan, c'était tous les hommes qu'il avait mis en place qui avait été soumis soit à une mutation, soit à une retraite anticipée voir même pour certains à un renvoi pur et simple. Tous avaient, à différents niveaux, touché des sommes plus ou moins importantes pour fermer les yeux sur tel ou tel rapport ou encore avaient directement participé à des activités illégales.
De la deuxième taupe par contre, aucun signe, et les responsables préférait penser qu'elle avait tout simplement pris peur devant tout ce qui venait de se passer ou qu'elle avait pu enfin se défaire d'un chantage quelconque. Car plus ils avançaient dans les analyses des documents fournis par la villa qui avait abrité le quartier général du bandit, plus ils s'apercevaient que la main mise de ce dernier sur le monde de la pègre tenait essentiellement dans des chantages en tous genres qu'il pratiquait sur nombre de personnes. Il avait eu bien entendu quelques hommes qui lui étaient fidèles mais pour la plupart de ceux qui travaillaient pour lui, ils le faisaient sous la contrainte. Il serait long et fastidieux de faire le tri de toutes ces personnes mais tous les policiers avaient tous bon espoir qu'ils ramèneraient ainsi un peu de calme sur la ville, leur ville à tous.
Les Brigades devaient toutes faire face à des nombreuses poches de résistances qui s'étaient organisées dans le seul but de prendre à leurs comptes les anciennes activités du truand. Mais elles étaient encore fragiles et peu opérationnelles et de plus leurs dirigeants se battaient encore entre eux pour acquérir la place de chef. Les policiers devaient néanmoins restés vigilants et ne pas se laisser se développer un autre réseau qui aurait remplacé celui de Kariya et intervenaient régulièrement sur le terrain dès qu'on leur signalait des activités suspectes.
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Appartement de Kira
Ce matin-là, Renji reprenait son travail à la Brigade Spéciale mais devrait encore rester cantonné au bureau pour quelques temps. Mais il savait que ses collègues l'attendait avec impatience, leur brigade étant celle qui avait le plus souffert des affrontements, trois des leurs avaient été blessé gravement.
Renji se servit un café et regarda la rue en dessous alors que Kira finissait de se préparer. Il avait été accueilli ici par son petit ami dès sa sortie de l'hôpital trois semaines plus tôt. Il avait alors encore besoin d'aide pour pas mal de gestes de la vie de tous les jours et la condition de sa sortie était qu'il puisse être secondé au quotidien. Izuru lui avait alors tout de suite proposé cette solution. Après leur petite mise au point à l'hôpital et ce qu'ils avaient tous deux vécu lors de ce qui resterait dans les anales de la police comme « la grande opération de nettoyage de la ville », ils avaient d'un commun accord décidé de se donner une chance et c'était l'occasion ou jamais de mettre leurs résolutions en pratiques. Et Renji devait s'avouer aujourd'hui que ces trois dernières semaines avaient été bien plus faciles grâce à la prévenance et aux soins de Kira. Mais il n'y avait pas que cela, non, il se sentait tout simplement bien ici…
- Tu rêves ? demanda ce dernier l'arrachant à ses pensées en pénétrant dans le coin cuisine, une serviette de toilette à la main et se frottant vigoureusement la tête pour se sécher les cheveux. Anxieux ? rajouta-t-il.
- Non, non… en fait, je pensais à tout autre chose.
Kira leva un sourcil interrogateur tout en servant lui aussi une tasse du café fumant, continuant à se frotter la tête.
- Viens là, fit simplement son compagnon en lui prenant la serviette des mains et en lui faisant signe de s'asseoir devant lui.
Le blond s'exécuta le remerciant d'un sourire avant de dire :
- Alors qu'est-ce qui te tracasse tant ?
Renji ne répondit pas de suite tant il était occupé à finir de sécher la douce chevelure blonde de son amant qu'il entreprit de démêler ensuite.
- Je me disais juste que j'étais bien avec toi… que notre vie commune me plaisait bien, même si je n'ai pas pu t'aider en grand-chose ces trois dernières semaines.
Le cœur d'Izuru rata un battement. Très lentement, il leva les yeux vers Renji :
- Sérieux ? demanda-t-il en retenant son souffle.
Les yeux sombres plongèrent dans l'océan clair des pupilles de son amant et Kira sut qu'il l'était. Il sourit et dit simplement :
- Je t'aime Renji Abarai, avant de se lever et de prendre possession de ses lèvres dans un doux baiser comme pour sceller leurs paroles.
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Brigade Spéciale
Byakuya Kuchiki arriva ce jour-là le premier au bureau. Même s'il était coutumier du fait, il y avait fait tout particulièrement attention ce matin-là. Il voulait être présent quand Renji arriverait. Reprendre son travail après une longue période d'inactivité était souvent difficile pour un policier, même pour les plus aguerris d'entre eux. On se sentait souvent en décalage par rapport aux affaires en cours et si l'équipe ne faisait pas un effort pour intégrer ce détail, cela pouvait s'avérer traumatisant. Il savait de quoi il retournait, lui-même vécu une période difficile après une blessure qui l'avait tenu éloigné de son travail pendant plus de deux mois. Fort heureusement son mentor d'alors avait veillé à ce que son retour se passe bien. Mais il savait de source certaine que ce n'était pas le cas partout, aussi tenait-il à y faire particulièrement attention. Trois de ses meilleurs éléments avaient été gravement blessé pendant la grande opération et son équipe avait pris l'habitude de fonctionner en effectif réduit. Cela le fit songer à Ichigo dont il n'avait aucune nouvelle. Il savait juste qu'il été finalement retourné chez lui après avoir longuement séjourné à l'hôpital où son état semblait poser pas mal de souci. Pour Shûhei par contre, les nouvelles, relayées par Toshiro, étaient plutôt bonnes. Lui non plus ne devrait plus trop tarder à réintégrer la Brigade.
Justement son lieutenant le salua en arrivant à son tour :
- Nous sommes les premiers ? questionna-t-il en regardant autour de lui.
- Visiblement oui.
Ce ne fut pas très long, Momo Hinamori passa la porte à son tour, rapidement suivi de Rangiku.
- Salut à tous, s'écria-t-elle en entrant. Alors il est où notre grand blessé ?
- Là ! fit Grimmjow en entrant à son tour et en tirant Renji. Je l'ai ramassé dans un couloir !
- Eh ! Exagère pas non plus, grogna le rouge en pénétrant à son tour dans les bureaux. Je disais bonjour à des collègues.
Puis il fit quelques pas, s'arrêta au milieu de la pièce et dit avec un grand sourire :
- Ça fait du bien de se retrouver ici !
- Bienvenu à toi Renji, sourit Toshiro alors que Byakuya le saluait plus sobrement.
- Tu sais que tu es encore interdit de terrain ? interrogea son commandant en vérifiant le papier qu'il lui tendait.
- Ouais… mais bon, vous devez bien avoir une tonne de rapport en retard non ?
Grimmjow lui posa aussitôt une pile de dossiers sur son bureau, faisant éclater de rire Rangiku qui prit le temps de le serrer dans ses bras :
- Contente de revoir aussi Renji. Tu nous as manqué.
Et d'un, se dit Byakuya en replongeant dans ses dossiers tout en donnant des directives à Toshiro pour qu'il l'informe des affaires en cours.
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Plus tard, dans la matinée
Rukia avait décidé d'aller faire un petit coucou à son malade préféré et ami pour son jour de reprise du travail. Elle avait auparavant demandé l'autorisation à son aîné pour ne pas les gêner dans leur travail. Mais ce dernier, à sa grande surprise l'y avait même encouragé. Aussi, munie de son badge de visiteur, elle monta dans l'ascendeur desservant l'étage de la Brigade de son frère. Au moment où les portes allaient se refermer quelqu'un passa son bras pour retenir la cabine et un jeune homme monta la rejoindre et la salua sobrement d'un signe de tête. A la dérobé, elle le détailla, il ressemblait un peu à Ichigo Kurosaki mais avait les cheveux bruns et paraissait un peu plus vieux que lui également et bien plus mur. Sa stature était imposante et on sentait la puissance dans chacun de ses gestes. Ils descendirent au même étage et il s'éloigna dans le couloir alors qu'elle s'arrêtait un instant pour se repérer. Le temps qu'elle prenne la même direction que lui, il avait déjà disparu au détour d'un couloir. Dommage, songea-t-elle un peu rêveuse.
Après un autre couloir, elle se retrouva devant la pancarte qui indiquait, « Brigade Spéciale » avec en dessous la mention, « frapper et entrer ». Ce qu'elle fit. Elle s'arrêta après avoir refermé la porte derrière elle, surprise de voir le lieu où son aîné passait l'essentiel de son temps. Ce dernier était derrière son bureau, au fond, discutant avec Toshiro qu'elle connaissait et l'inconnu de l'ascenseur. Momo lui fit un sourire et lui désigna le bureau de Renji où ce dernier disparaissait presque derrière une pile énorme de dossiers. On apercevait plus que le haut de ses cheveux rouges. Deux autres bureaux semblaient occupés mais leurs propriétaires étaient pour l'instant absents, Grimmjow et Rangiku, pensa-t-elle sachant que les deux autres membres n'avaient pas encore repris le travail.
Elle se demandait si elle devait déranger son aîné pour le saluer mais celui-ci la devança en lui faisant signe de venir et la présenta à son vis-à-vis :
- Kaien, ma cadette Rukia, présenta-t-il. Le lieutenant Shiba de la Brigade Financière, termina-t-il à l'intention de sœur.
- Enchantée, dit-elle en souriant.
- Moi de même jeune demoiselle, sourit Kaien qui était bien heureux de connaître enfin la jeune fille qui lui avait tenu compagnie quelques minutes dans l'ascenseur. J'ignorais que vous aviez une si charmante sœur, commandant Kuchiki.
Compliment qui fit rougir la jeune fille qui les salua une nouvelle fois et s'éloigna bien vite sous le regard amusé de Toshiro. Nul doute que connaissant Kaien, il allait faire en sorte de la revoir rapidement, se dit le jeune lieutenant. Ce dernier observait d'ailleurs la jeune femme discutant avec Renji, puis les deux amis quittèrent les bureaux, sans doute pour la cafétéria.
- Ils sont juste amis, lui glissa Toshiro alors qu'ils sortaient eux aussi, pour se rendre à la Brigade Financière.
- C'est bon à savoir… murmura Kaien en souriant.
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Quelques jours plus tard, maison des Kurosaki
Ichigo soupira longuement en se retournant sur son lit, faisant attention à sa blessure encore douloureuse. L'après-midi s'achevait et il n'avait encore pris aucune décision. Voilà près d'une semaine qu'il se terrait ici dans le vague espoir de trouver « la » solution à tous ses problèmes. Lui qui croyait bien connaître maintenant Byakuya Kuchiki s'était aperçu qu'il s'était lourdement trompé en pensant qu'une simple lettre de démission suffirait à le convaincre de renoncer à lui. Quant il était venu ce soir-là à l'hôpital, il avait préféré ne pas lui répondre tant la colère qu'il sentait peut-être pour la première fois chez lui l'avait abasourdi. Son commandant était maître de lui en toutes circonstances et pourtant là… Ichigo n'était pas stupide et avait vite compris qu'il l'avait blessé en agissant ainsi. Byakuya accepterait sa décision s'il lui disait en face. Oui, mais serait-il capable de garder sa ligne de conduite en face de lui ? Là était toute la question pour Ichigo. Car il savait pertinemment que lui aussi était tombé amoureux de cet homme. Et qu'au fond de lui, il n'avait aucune envie de le quitter ainsi.
Un autre long soupir. Que devait-il faire ?
Un coup à sa porte vint le tirer de ses noires pensée.
- Grand-frère ? Une visite pour toi ! cria la voix de Karin à travers la porte.
- Entrez ! fit-il en s'asseyant sur le lit.
La porte s'ouvrit sur sa sœur qui s'effaça pour laisser passer Renji avant de s'éclipser.
- Salut mon pote ! Alors comment tu te sens ?
- S'lut Renji, je pourrais te poser la même question !
- Moi ça va pas trop mal, fit le rouge en s'installant sur la chaise de bureau qu'il tira en face du lit. Mais on n'peut pas en dire autant de toi on dirait…
- Si, ça va pas trop mal…
- Alors qu'est-ce tu fous encore là ? On a besoin de bras supplémentaires ! Shûhei ne devrait pas tarder à revenir aussi et il était plus blessé que toi !
- Je…
- Ce n'est pas en restant ici que tu trouveras les réponses que tu cherches Ichigo tu sais ? fit Renji doucement.
- Je sais oui.
Yuzu frappa de nouveau et entra pour leur déposer du thé et des gâteaux.
- Merci jeune demoiselle ! s'écria Renji en lui souriant, ce qui fit rougir sa cadette qui s'enfuit en riant.
Ichigo sourit lui aussi et cela lui fit un bien fou.
- Je vais emménager chez Kira, fit soudain le rouge en servant le thé. On s'est enfin décider à vivre ensemble. Officiellement. Tu vois, c'n'est pas si dur.
Ichigo rougit sans répondre et Renji enchaîna sur les dernières nouvelles du poste et des affaires en cours, ne revenant pas sur ce qu'il venait de dire au grand soulagement du jeune blessé.
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Appartement d'Ulquiorra
Le commandant Aizen montait lentement les escaliers le séparant encore de son jeune amant qu'il n'avait pas revu depuis plus de deux semaines. En effet, ce dernier avait été subitement rappelé dans sa famille, dans le sud du pays.
Ils n'avaient pas échangés le moindre mail ou même sms pendant ce laps de temps, comme s'accordant chacun le temps de souffler après une liaison plus que torride d'un peu moins d'un mois. Souffler et peut-être réfléchir aussi. Ils ne s'étaient rien promis ou plus exactement le commandant n'avait rien promis. Ulquiorra, lui, l'accueillait quand il venait, sans jamais lui demander pour quand serait sa prochaine visite lorsque qu'il repartait, bien souvent au petit matin.
Sosuke savait-il lui-même quand elle aurait lieu ? Le commandant ne se posait pas ce genre de question. Il venait quand il en avait envie, soit le plus souvent possible. D'ordinaire, il se lassait vite de ses amants ou amantes. Mais avec le jeune Schieffer, il n'en allait pas de même. Ce dernier était soumis sans l'être jamais tout à fait, prenant même parfois le contrôle total de leurs échanges charnels en se moquant impunément de son tempérament plus qu'ombrageux.
En montant les marches le séparant de l'appartement au deuxième étage, Sosuke revit en pensées l'essentiel de leurs échanges, il faut bien l'avouer, essentiellement sexuels. C'est sur le palier du premier étage qu'il croisa un jeune homme portant un lourd carton de livres avec un sourire un peu béat sur le visage. Derrière lui, un autre en transportait un autre :
- Tu crois qu'il va accepter d'en vendre d'autres Schieffer ? demandait le second au premier.
- Il a l'air pris à la gorge, répondit le premier. J'espère bien ! Il nous les a vendu la moitié du prix !
Ses livres ? Ses précieux livres ? Mais que se passait-il pour qu'Ulquiorra se sépare de ses précieux livres ? Il monta rapidement le dernier étage et pénétra dans l'appartement, son jeune amant lui ayant remis un double des clés. Il resta sur le seuil, la porte encore ouverte, éberlué par ce qu'il découvrait, des cartons. Des cartons partout, ouvert, à moitié plein ou encore vide pour la plupart.
- Qu'est-ce que…
- Oh ! C'est vous, le coupa Ulquiorra en pénétrant dans la pièce. Bonsoir et content de vous revoir mais je n'ai pas trop de temps à vous accorder là, et… c'est un peu le cirque ici. Vous voulez un thé ?
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Ça se voit non ? Je déménage, répondit l'étudiant en se dirigeant vers le coin cuisine tout aussi envahi de cartons pour lui préparer la boisson chaude qu'il affectionnait.
Sosuke l'y suivit après avoir tout de même refermé la porte pour le voir farfouiller dans un carton et en sortir des boites de thé déjà rangées :
- Je ne m'attendais pas à votre visite, s'excusa-t-il d'un léger sourire.
- Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ? demanda le commandant. Je sais que tu n'es arrivé ici que depuis ce matin, alors c'est quoi cette soudaine précipitation ?
Ulquiorra soupira sans répondre, s'appuyant un instant sur le rebord de l'évier comme s'il allait soudain chanceler sous le poids d'un fardeau trop lourd. Sosuke le rejoignit pour le prendre dans ses bras et instinctivement le jeune homme se réfugia contre le torse puissant de son amant, s'y ressourçant un long moment. Le policier se retrouva dans une situation qu'il n'avait pas ou peu connue et encore moins avec le jeune homme qui semblait souvent indifférent à tout, sauf pendant leurs ébats. Ce n'était guère dans les habitudes non plus de Sosuke d'apporter un réconfort quelconque à ses partenaires, ces accès de mièvreries étant pour lui insupportable au possible. Pourtant il trouva presque apaisant d'avoir son jeune amant, là, au creux de ses bras, de lui apporter pour une fois autre chose qu'un simple plaisir charnel. Mais la bouilloire se mit à siffler, rompant le fragile équilibre qui les liait en cet instant. Ulquiorra se dégagea pour vaquer à la préparation du thé, s'étant apparemment repris. C'est en le faisant et sans le regarder directement qu'il s'expliqua enfin :
- Mes très chers parents me coupent les vivres, dit-il simplement. Si je veux continuer mes études ici, je dois le faire par mes propres moyens. Une façon pour eux de me punir de ce qui est arrivé à ma sœur. Cet appartement ne sera plus payé à compter du mois prochain.
- Tu vas faire quoi ?
- Dans l'immédiat, aller vivre chez mon ami. Il a accepté de m'héberger le temps que je me retourne, et ensuite essayer d'obtenir une chambre sur le campus ou bien entendu, je ne pourrais pas emmener la moitié de ce qui se trouve ici.
Ulquiorra posa la théière sur un plateau, y ajouta tasses, cuillères et sucre et le précéda dans le salon. La petite table fut sommairement débarrassée de son contenu divers et prêt à être empaqueté pour y déposer le plateau et il fit de même avec le divan où Sosuke avait l'habitude de s'asseoir. Il ne chercha pas par contre, à vider le fauteuil où il prenait place d'ordinaire et s'installa à genoux sur le sol en face de lui, poussant un ou deux cartons pour cela.
Le silence était retombé entre eux. Sosuke regardait autour de lui réfléchissant rapidement pendant que l'étudiant les servait consciencieusement, comme à son habitude.
- Tu vas rester ici, dit-il soudain. Inutile de déménager, tu peux déballer tout ça et cesser de vendre ces précieux livres.
- Je n'en ai pas les moyens, même en prenant des petits boulots après les cours, lui opposa Ulquiorra. Je pourrais sûrement trouver à terme un autre logement, mais pas de ce standing.
- Je sais ça, répondit Sosuke. C'est moi qui vais reprendre cet appartement, c'est tout. Et tu vivras avec moi.
La théière fut brusquement reposée sur le plateau, presque violement, tant le jeune homme fut surpris par ce discours. Surpris et horrifié.
- Je ne cherche pas votre pitié ! lui cracha-t-il.
- Et je ne te la donne pas ! lui rétorqua le policier. Mais j'aime bien cet appartement et tu paieras ton loyer en faisant les tâches ménagères pour moi.
- Mais…
- Tu pourras même te trouver un petit job pour ton argent de poche mais tout ce qui est de la fac, je paierai, le coupa Sosuke. Tu dois poursuivre tes études, quoi qu'en pense tes parents.
Ulquiorra le regarda longuement, réalisant qu'il était on ne peut plus sérieux avant de demander :
- Pourquoi ? Pourquoi vous faites cela pour moi ?
- Parce que ça me plait, répondit-il simplement. Ah, une chose encore, si nous vivons ensemble, il va falloir que tu apprennes à me tutoyer Ulquiorra. Et par pitié, ne vends plus de livres !
Le jeune étudiant sourit sans répondre. Non, il ne vendrait plus de livres, il allait même en acheter de nouveaux pour remplacer ceux qu'il avait déjà vendu, car le com… Sosuke aimait beaucoup les livres, songea-t-il.
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Deux jours après, manoir Kuchiki, le soir.
Cela devait faire une bonne demi-heure qu'il errait autour de la demeure de son commandant, passant et repassant devant à n'en plus finir, sans parvenir à se décider à sonner. Ichigo n'était pas non plus si idiot pour ne pas savoir que les gardes ne l'avaient pas remarqué et même certainement prévenu le propriétaire des lieux de sa présence. Mais ce dernier n'était visiblement pas décidé à lui faciliter la tâche. Et Ichigo pouvait fort bien le comprendre. Après tout… il l'avait blessé et en était pleinement conscient. Mais comment lui faire face maintenant et réparer, ou du moins essayer ? Pas en tournant bêtement autour de son manoir en tout cas, se décida-t-il brusquement après son énième passage et en revenant sur ses pas pour cette fois appuyer sur la sonnette résolument.
C'est un garde avec un sourire un rien moqueur qui vint lui ouvrir pour l'escorter ensuite jusqu'à un petit salon où se trouvait le maître des lieux. Il fut introduit dans une petite pièce qu'il n'avait encore jamais vu malgré son long séjour ici. Elle était simple mais visiblement faite pour la détente, des rayonnages de livres recouvraient une bonne partie de ses murs et des fauteuils étaient installés autour d'une petite table basse. Quelques lampes d'ambiance donnaient assez de lumière pour lire tout en gardant un éclairage feutré.
Byakuya était installé juste en face de l'entrée qui était grande ouverte sur le jardin et par laquelle il entra dans la pièce précédé d'un domestique qui lui indiqua un fauteuil à la droite de son hôte. Ichigo s'inclina devant lui :
- Bonsoir commandant, dit-il avant de prendre place, nerveux.
- Bonsoir Ichigo, répondit Byakuya en posant son livre après y avoir inséré un marque-page d'une voix glaciale. Il t'en a fallu du temps pour franchir le seuil de cette maison.
- Je…
Mais les mots refusaient de sortir, comme coincés dans la gorge du jeune homme. Tout ce qu'il avait longuement préparé pour s'excuser, tenter de le convaincre…
- Oui ?
- Vous ne m'aiderez pas hein ? fit Ichigo en secouant la tête.
- Et pourquoi le ferais-je ? C'est toi qui a exprimé le souhait de quitté ma brigade.
- Mais parce que c'est la seule solution ! s'écria le jeune homme en se levant et se mettant à marcher de long en large dans la pièce. Ce que vous… ce que je… enfin vous comprenez quoi ! Rien ne peut se passer entre vous et moi. C'est impossible ! Et si je reste…
Ichigo s'était arrêté devant lui, presque désemparé de ne pouvoir s'expliquer mieux que cela. Son commandant se leva pour lui faire face.
- Si tu restes ? demanda-t-il d'une voix plus douce en s'approchant dangereusement du jeune homme qui tenta de reculer mais fut bloqué par deux mains puissantes se posant sur ses épaules. Que se passera-t-il Ichigo si tu restes, dis-le moi…
Le regard ambre se perdit dans les yeux gris foncé, presque noir, qui n'étaient plus du tout glacials en cet instant, constata brièvement Ichigo qui sentit toutes ses bonnes résolutions fondre comme neige au soleil.
- Je serais incapable de te… vous résister, répondit-il finalement en baissant la tête pour s'arracher à son regard, bien trop chaud en cet instant.
- Et qui te demande de le faire ? fit Byakuya en lui soulevant doucement le menton pour capturer de nouveau son regard.
Rien que ce contact fit frissonner Ichigo qui le fixa, perdu.
- Mais… tenta-t-il néanmoins. Votre statut…
A sa grande surprise, Byakuya sourit franchement cette fois.
- C'est ce qui te fait si peur ? Tu es si surprenant parfois Ichigo… dit-il avant de combler la courte distance qui les séparait pour cette fois le prendre dans ses bras. Mais finalement je crois que j'aime ça…
Puis ses lèvres se posèrent sur celle de son jeune subordonné et celui-ci ferma les yeux et s'y abandonna en refermant lui aussi ses bras autour de son commandant. Byakuya choisit la douceur pour ce premier baiser. Il savait qu'il devait encore apprivoiser Ichigo, que ce dernier ne se laisserait si facilement convaincre même s'il en mourrait d'envie comme il pouvait nettement le sentir en ce moment. Car la frustration de longs mois d'attente décupla la passion qu'il mettait à lui répondre. S'il avait été surpris, il ne le resta pas longtemps et sa langue vint chercher sa jumelle pour jouer et danser avec elle le plus savoureux des ballets.
Ichigo sentit toutes ses défenses tomber les unes après les autres. C'était frais et doux, chaud et possessif, passionné aussi. Bien plus que tout ce qu'il avait pu imaginer. Il en chancela, prit soudain d'un vertige. Byakuya le sentit aussi et resserra son étreinte autour de lui en mettant fin au baiser. Ils restèrent un long moment enlacés, sans rien dire, savourant juste la proximité de l'autre.
- As-tu pris le temps de te nourrir avant de venir ? demanda Byakuya doucement au bout d'un long moment.
- Je… non.
- Viens, dit-il en l'entraînant sur l'engawa*où il le fit asseoir avant de quérir un domestique auquel il réclama un encas pour son invité.
- Ça va aller, protesta Ichigo gêné de déranger.
- Tu es encore convalescent et tu dois te nourrir correctement, rétorqua son commandant très sagement. Et puis ça nous donnera l'occasion de parler un peu. Il fait doux ce soir, on n'est pas bien là ?
- Si, concéda le jeune homme en souriant à demi.
Ses yeux se perdirent dans la végétation du jardin, la petite cascade qui inlassablement déversait son flot d'eau vers le bassin où quelques carpes koï semblaient paresser, comme profitant elle aussi de la douceur de la nuit. Des onigris et un thé furent déposés près d'eux et il en prit un, puis deux et d'autres encore, soupirant d'aise pendant que son commandant remplissait les tasses.
Il demanda des nouvelles du travail, de ce qui se passait maintenant, de comment évoluait les choses. Byakuya répondait patiemment à ses questions, surpris qu'il soit encore aussi inquiet de l'après Kariya.
- Tu crains encore pour ta famille ? interrogea-t-il au bout d'un moment.
- Pas seulement la mienne. Toutes nos familles sont concernées. Je me demande si un jour j'oublierais cette angoisse.
- Tu dois pourtant avancer et la dépasser si tu veux continuer à faire ce métier.
- Je sais…
Ichigo frissonna, la fraîcheur commençait à se faire sentir en ces journées de printemps ainsi que la fatigue, certainement alliée l'émotion du moment. Byakuya l'entoura de son bras et il se blottit contre lui :
- Byakuya…
Ce dernier leva un sourcil, l'usage direct de son prénom dans sa bouche le surprit et le ravit à la fois :
- Tu crois vraiment que… toi et moi… enfin…
- Viens, fit simplement le noble en se levant et ne l'aidant à faire de même.
Puis il l'entraina plus loin sur l'engawa et poussa un shoji* pour pénétrer dans une pièce. Ichigo l'y suivit et rougit en découvrant la chambre de son hôte. Pourtant il se retourna pour refermer la porte coulissante et regarda autour de lui. Comme le reste de la maison, la chambre était sobrement meublée. Un grand lit à même le sol, un bureau et un nécessaire à écrire traditionnel dans un coin, plus quelques meubles de rangement disposé ça et là.
- Tu peux dormir dans la chambre que tu as occupé si tu préfères, proposa le noble.
Une façon de lui donner encore le choix mais également de lui faire comprendre que s'ils prenaient cette voie, rien ne serait plus jamais pareil. Ichigo n'était plus un gamin. Il avait travaillé dur pour parvenir là où il en était et savait au moins une chose, son boulot était une des choses qu'il ne pouvait renier. Il aimait son travail, envisager de le quitter avait sans doute été la plus difficile décision de sa jeune vie. Il devait se jeter à l'eau, Byakuya lui offrait de trouver l'équilibre entre sa vie privée et son travail, même si au quotidien cela deviendrait probablement un véritable casse-tête. Mais d'autres avaient également fait ce choix, pourquoi pas lui ?
Il sourit et s'avança résolument vers le centre de pièce où était encore son hôte dans l'attente de sa décision.
- Cette chambre me parait parfaite, dit-il en s'arrêtant à quelques centimètres de lui.
Un léger sourire lui répondit et il se retrouva prisonnier des bras de son commandant. L'instant d'après il répondait avec voracité à son baiser et basculait vers un autre monde. Cela commença par un agréable frisson remontant le long de sa colonne vertébrale, puis des milliers de picotements lui parcourent le ventre, déclenchant un long gémissement étouffé par les baisers qu'ils ne se cessaient de se donner.
Byakuya tentait bien de garder son calme légendaire mais le désir grandissant s'était également emparé de lui. Ce moment, il l'avait espéré puis craint quand Ichigo l'avait une première fois rejeté. Alors maintenant qu'il acceptait enfin, il avait bien du mal à maîtriser son impatience. Pourtant il devait le faire, ne pas gâcher la magie de leur première fois.
Un geste en entraîna un autre et les mains devinrent plus inquisitrices, se glissant sous la couche de vêtements qu'ils portaient encore. Les lèvres glissèrent dans le cou, sur une épaule. Le tee-shirt d'Ichigo fut soulevé alors que le yukata de Byakuya s'ouvrait sur son torse aussi pâle que l'albâtre. Le noble fronça soudain les sourcils étonné et mit fin à sa caresse du moment pour finir de soulever le tee-shirt d'Ichigo, découvrant un large pansement :
- Je sais, ça fait très sexy, plaisanta le plus jeune.
- Tu as encore mal ? demanda Byakuya en caressant tendrement les contours du pansement.
- Ouais… dans le dos un peu quand je n'fais pas attention.
- Alors nous allons faire très attention, murmura le noble en le prenant par la main. Viens…
Il se dirigea vers le lit où il installa nombre de coussin pour qu'Ichigo ne se blesse pas et l'invita à tester l'ensemble d'un geste. Ichigo sourit et s'installa, en profita pour se débarrasser de son tee-shirt qu'il envoya sur le sol un peu plus loin. Le noble le rejoint et sourit. Ichigo, joueur, fit le geste de lui ôter l'obi qui retenait son yukata. A sa grande surprise, Byakuya ne l'empêcha pas et le kimono d'intérieur s'ouvrit, révélant le corps splendide de son commandant à ses yeux. Ce qui suffit à remettre le feu en lui et qui s'était quelque peu calmé le temps de leur installation sur le lit.
Mais il n'y avait pas de raison que Byakuya soit se le seul à se livrer, aussi ses mains descendirent dégrafer le jean de celui qui allait ce soir devenir son amant. Ce qui fit bondir et gémir Ichigo :
- Impatient ? se moqua Byakuya en tentant de venir à bout des boutons récalcitrants sous ses doigts.
- Je pourrais en dire autant non ? grogna le jeune homme en glissant ses mains sous le yukata grand ouvert.
Le noble serra les lèvres presque à se les mordre pour ne pas gémir encore et un long frisson le parcourut. Ce qui suffit à Ichigo pour approfondir son exploration alors qu'enfin ses derniers vêtements rejoignaient le tas informe où s'étaient échoués les premiers. Le yukata ne fut pas tellement plus long à prendre le même chemin.
Puis tout s'emballa, les gestes se firent plus précis, les mains plus aventureuses. Les langues cherchaient de nouvelles saveurs à déguster. Les gouttes de sueur vinrent couvrir leur deux corps, les gémissements se transformèrent en râles alors qu'ils se découvraient, se goûtaient, s'embrassaient à perdre haleine parfois avant de repartir à la découverte d'une épaule, d'une aine bien trop tentatrice ou d'un sexe bien trop arrogant et défiant presque fièrement celui qui osait le regarder.
Quand le noble le prit en bouche une nouvelle fois, Ichigo sut que cette fois, il n'y résisterait plus longtemps. Ses mains agrippèrent les draps dans une ultime tentative de retarder encore un peu l'inéluctable et sa bouche s'ouvrit sans proférer le moindre son, comme dans l'attente de ce qui allait bientôt jaillir du tréfonds de ses entrailles.
Mais le noble sembla le deviner également et ralentit son rythme pour finalement l'abandonner et se redresser. Le plus jeune émit une protestation vigoureuse en poussant un grognement de frustration et en se redressant pour lui dire ce qu'il en pensait. Mais il n'en eut pas le temps. Après avoir fouillé un court instant dans un meuble bas, Byakuya le regardait.
- Quoi ? maugréa-t-il, plus que frustré.
- Et c'est moi qui suis impatient ? se moqua le noble, un léger sourire au coin des lèvres et dans les mains, un petit sachet qu'il déchira ainsi qu'un tube de gel.
Ichigo n'eut pas le loisir de répondre que déjà il se penchait sur lui pour lui voler un nouveau baiser enflammé. Instinctivement, il referma les bras autour de lui, collant son bassin et son sexe devenu douloureux au sien. Mais il en voulait plus encore, c'était là, comme ancré au creux de son ventre. Un besoin primal mais primordial.
Byakuya émit un râle sourd mais le repoussa doucement, tentant de le raisonner le temps qu'il se déplace :
- Ichigo… il faut qu'on bouge… ton dos…
- Bya…
Le noble leva un sourcil surpris au raccourci de son prénom mais se retrouva soudain repoussé en arrière et retomba allongé sur le lit. Ichigo semblait en transe et rampa littéralement sur lui pour lui prendre ce qu'il avait encore dans la main.
- Laisse-moi faire… murmura-t-il d'une voix rauque en venant mordiller sa lèvre inférieure.
Byakuya, un court instant, douta qu'Ichigo soit aussi inexpérimenté qu'il l'avait tout d'abord cru. Mais quand ses yeux sombres capturèrent les ambres de son compagnon il découvrit un regard brûlant d'un désir tel qu'il aurait presque pu y voir danser des flammes. Non, le jeune homme se laissait simplement porté par son instinct et il en eut la meilleur preuve quand il se battit gauchement avec le tube de gel pour parvenir à l'ouvrir enfin.
C'était pourtant d'un geste sur que le jeune policier avait glissé le préservatif obligatoire autour du membre dressé de son amant. Au fond de lui, il savait ce dont il avait besoin maintenant, il sentait qu'il devait accomplir le dernier pas. Il n'était pas si immature non plus pour savoir que sa maigre expérience en matière de sexe, surtout entre hommes, était un handicap qu'il devait à tout prix surmonter. Comme tout ce qu'il faisait, Ichigo avait ce besoin d'être toujours le plus fort, celui qui protégeait et non celui qu'il faillait protéger. Même s'il savait pertinemment qu'il n'atteindrait jamais le niveau de celui qui lui avait fait l'honneur de l'accepter près de lui, dans sa vie.
Mais Byakuya connaissait parfaitement les peurs et les doutes de son subordonné. Il se redressa et vint à son aide, faisant glisser le gel sur leurs deux mains.
- Faisons ça ensemble, dit-il simplement en plantant ses yeux dans les siens. Des yeux qui brillaient d'un désir identique à celui de son jeune amant. Un baiser les réunit faisant frissonner les deux hommes tant l'impatience les gagnait maintenant.
Ichigo gémit un peu plus fort quand les doigts du noble vinrent titiller son intimité alors que lui-même lubrifiait largement le sexe de son amant. Leur position avait quelques peu changé et ils se retrouvaient face à face, le plus jeune assis sur le noble. Byakuya pensait avoir plus de temps pour le préparer mais Ichigo en décida brusquement autrement. Il se souleva soudain et prenant appui sur les épaules larges de son partenaire vint lentement s'empaler sur lui. Un long cri lui échappa ainsi que quelques larmes, prouvant, s'il en avait encore eu besoin à son amant qu'il s'offrait ainsi pour la première fois.
Le noble dut faire appel à tout ce qu'il lui restait de self-control pour ne pas brûler les étapes tant son corps prenait le dessus sur toute pensée cohérente. Un moment ils restèrent sans bouger, le temps pour l'un de s'habituer à cette présence imposant en lui, et à l'autre pour tenter ne pas se laisser gagner par un besoin purement primaire.
Ichigo avait eu l'impression qu'on l'ouvrait en deux, puis peu à peu la douleur reflua. Un baiser sauvage vint le cueillir alors qu'il luttait encore et son sexe se retrouva emprisonné dans une douce mais ferme main. Ce fut sans doute à ce moment que tout bascula pour lui mais cela avait-il réellement de l'importance ? Il gémit et ses lèvres prononcèrent les trois premières lettres du prénom tant aimé et depuis si longtemps.
Byakuya ne put s'empêcher, un court instant, d'en être encore une fois étonné mais déjà la vague qu'il avait tant bien que mal retenue jusque là monta en lui, tel un tsunami dévastateur et la furieuse valse de leur corps put enfin s'exprimer.
Chair contre chair, les claquements de leurs corps se heurtant à chaque poussée du noble déchirait le silence, si calme d'ordinaire, de la demeure ancestrale. Leur peau luisait d'une couche de transpiration les rendant encore plus indécents à toute oreille indiscrète qui se serait égarée par là.
Ichigo poussait de longs râles, fermement accroché aux épaules de son amant, récitant comme une litanie ce diminutif de son prénom. Byakuya se contentait de feulements qui n'avaient rien à leur envier. Ils n'étaient plus alors que réceptacles d'un plaisir suprême qui parcourait toutes leurs cellules, les faisant perdre tout sens d'une quelconque autre réalité que le corps de l'autre. Le plus jeune céda le premier, une de ses mains venant rejoindre celle de son amant pour sa délivrance alors que tout son corps s'arquait et qu'un long cri lui échappait. Le noble ne put résister plus longtemps à sa crispation qui l'enserra soudain alors qu'il jouissait et l'accompagna bientôt dans son incoercible explosion de sens.
Combien de temps cela dura-t-il ? Ils auraient été bien incapables de le dire mais longtemps après, serrés l'un contre l'autre dans la même position, ils savouraient encore les retombées de cet échange.
Epuisé, Ichigo finit par sombrer dans le sommeil, là dans les bras de son amant. Ce dernier, avec mille précautions, le recoucha et remonta les couvertures sur lui en l'embrassant tendrement. Puis, il récupéra son yukata pour l'enfiler et sortir un moment sur l'engawa. Oh pas longtemps, juste le temps de se persuader que oui, le ciel étoilé de cette douce nuit lui renvoyait une image d'un avenir bien moins solitaire que ces longues années derrière lui. Il vint ensuite se recoucher, prenant avec tendresse dans ses bras son amant.
A terre, au pied du lit, gisait son yukata.
A suivre…
* L'engawa est une passerelle de bois extérieure, courant le long de la maison et coiffée d'un toit pentu. Parfois ceinte de portes de bois que l'on peut ouvrir afin de permettre la circulation de l'air, elle est surtout utilisée par les visiteurs.
* Les shoji, cloisons coulissantes, ouvrent sur l'engawa. Elles sont composées d'un cadre en bois et papier laissant pénétrer la lumière.
