Dumbledore, ce héros...

Résumé : Ceci n'est pas un résumé à proprement parler. Lors du mariage de Bill et Fleur, la Grand-Tante Murielle semble prendre du plaisir à voir l'ancien directeur malmené et ses secrets dévoilés. Je me propose de donner une hypothèse sur le pourquoi.

Murielle est amère, Murielle pleure. Pourtant, aujourd'hui, c'est jour de fête, aujourd'hui, Dumbledore a vaincu Grindelwald. Mais Murielle ne veut pas, mais Murielle ne peut pas. Être heureuse, alors elle se contente d'adresser un sourire crispé à tout ceux qu'elle croise. Après tout, qu'est-ce que la douleur d'une mère face à la joie d'un peuple ? Alors Murielle continue d'avancer, elle marche, sans but précis, dans les ruelles du chemin de Traverse. Elle erre comme l'âme en peine qu'elle est. Aujourd'hui, Dumbledore a vaincu Grindelwald, réaffirmant à tous sa puissance.

Murielle sent la colère l'envahir. Sa puissance... Vraiment ? Alors où était-il ? Où était-il pendant tout ce temps ? Au lieu de se battre contre ce mage noir ! Où était-il donc ce héros, pendant que beaucoup se faisait massacrer ?! Murielle voit rouge, Murielle est au bord de l'explosion. Elle hâte le pas. Il faut qu'elle rentre. Elle ne peut pas. Voir tous ces visages heureux et soulagés autour d'elle. Égoïste ? Oui, elle l'est, elle le sait mieux que quiconque. Murielle souffre, elle agonise une nouvelle fois. La première ? Lors de la mort de son tendre époux. Aujourd'hui est un grand jour. Oui, mais pas pour Murielle. À quoi cela sert-il d'être joyeux ? Cela ne lui ramènera pas sa fille. Oh, qu'elle aurait voulu être là, qu'elle aurait voulu elle-même étriper cette ordure ! Même si elle savait, elle en avait bien conscience qu'elle n'aurait pas fait le poids. Elle n'avait pas la puissance d'un Dumbledore, elle. Murielle ne peut pas s'en empêcher, peu importe les apparences, les larmes s'échappent maintenant, mais Murielle avance toujours, il ne faut pas qu'elle s'arrête. Car s'arrêter, c'est prendre conscience des choses. Pourquoi ? Voilà le mot qui revient en boucle. Elle voudrait tant crier, hurler au ciel de lui rendre sa fille. Son bébé, sa propre chaire. Mais elle ne reviendra pas... Pourquoi, oui pourquoi ? Elle n'avait rien demandé. Elle voulait juste... que voulait-elle au juste ?

Murielle s'arrête. Elle n'en peut plus. Elle n'a plus la force pour... Alors, épuisée la jeune femme s'effondre sur le pavé. Ses larmes coulent et roulent sur ses joues. Elle n'en a rien à faire. Murielle ne voit plus rien, déconnectée de la réalité. Pourquoi ? Un sanglot s'échappe de sa gorge, puis un autre, elle ne peut plus s'arrêter. Murielle est faible, elle se sent pathétique, pourtant aujourd'hui est un grand jour. Elle devrait aller se pavaner comme le font les autres sang-purs. Mais Murielle ne peut pas, c'est au-dessus de ses forces. Rage. Douleur. Colère. Ses seules émotions, en ce jour censé être heureux. Alors un grand cri s'élève. Un cri déchirant. Le cri d'une mère effondrée par la mort de son enfant.

Pourquoi ? Cette question tourne dans sa tête. Oui pourquoi ? Et là, la réponse se fait. Dumbledore. Tout cela est de sa faute. S'il n'était pas resté tranquillement bien protégé à Poudlard, elle n'en serait pas là. S'il s'en était occupé, sa petite Morgane serait à ses côtés aujourd'hui, à fêter la défaite du mage comme il se doit. Mais ce n'est pas le cas. Murielle sait que cela est faux, et pourtant, pourtant c'est tellement plus simple de trouver un coupable. En l'occurrence le héros. Ce n'est pas juste, mais Murielle s'en fiche, car dans son esprit, cette idée est bien ancrée. Tout est de la faute de Dumbledore.

Murielle reste prostrée encore un instant, avant de se relever, digne. Ce n'est pas de sa faute, elle ne pouvait pas savoir qu'aujourd'hui serait le grand jour. Elle ne pouvait pas savoir qu'en ce 24 août 1945, Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald se battraient sur le chemin de Traverse. Sinon...Sinon, elle n'aurait pas emmené sa tendre Morgane sur le chemin de Traverse pour faire ses achats de première année. Murielle s'en veut. Terriblement. Alors, pour se soulager, elle rejette la faute sur les autres, comme elle sait si bien le faire.

Aujourd'hui est un grand jour, mais Murielle est amère, rongée par la culpabilité. Pourquoi ? Incompréhension. Ce n'est pas de ta faute, c'est celle de Dumbledore. Voilà ce qu'elle pense. Oui c'est cela, tout est de la faute de Dumbledore. Alors Murielle se fait une promesse. Une seule, qu'elle tiendra toute sa vie : celle de haïr Albus Dumbledore de tout son être.