A/N: bonjour chers lecteurs. Voici le chapitre 7 de cette fic. La fin approche. Merci a tous pour vos commentaires et j'espère en avoir un peu plus sur ce nouveau chapitre.
Bonne lecture,
Sweety
Trois mois après les meurtres de la famille de la petite Peyson Tanner et l'arrestation de Logan Anderson, la vie de Peyson est de nouveau menacée. L'équipe de Teresa Lisbon s'occupe donc de l'affaire avec la ferme intention de la garder en vie.
Chapitre 7
Depuis deux jours Zoé était rentrée chez elle, ses parents ne l'avaient pas quittée. Tout le monde était si heureux de son retour parmi eux, même s'ils attendaient tous le retour de Peyson. Marie s'était excusée auprès de Jane pour sa réaction, bien que le consultant ne lui en veuille pas. La femme s'était sentie si mal d'avoir agit de cette façon, de lui avoir reproché l'enlèvement de ses deux filles.
Après le retour de Zoé, Thomas avait conduit la fillette à l'hôpital pour s'assurer que tout allait bien et c'est là que l'équipe du CBI l'avait retrouvée. Il était resté dans le couloir à parler avec Cho tandis que Jane s'était rendu auprès de Marie et Zoé. Il n'oublierait jamais la réaction de l'enfant.
Patrick Jane venait d'entrer dans la salle de consultation et il s'arrêta en voyant la petite Zoé assise sur le grand lit, une chemise d'hôpital bien trop large pour elle sur le dos. Elle ne semblait pas être blessée mais Jane pouvait voir qu'elle n'avait plus ses lunettes, ce qui l'empêchait de voir convenablement. Malgré ça, tout semblait aller bien.
Lorsque Marie le vit, elle vint immédiatement à sa rencontre et le prit dans ses bras. D'abord surpris et gêné, Jane ne sut que faire. Puis, il se détendit et lui rendit sa courte étreinte. Il n'était pas habitué à ce genre de geste d'affection, sauf de la part de Lisbon et Peyson. Elles étaient les seules de qui il acceptait ça et elles n'étaient pas là à cet instant.
Marie s'écarta au bout d'un moment et retourna auprès de sa fille. Jane resta à les observer quelques minutes avant de marcher vers l'enfant à son tour. La fillette leva la tête et sembla le reconnaître dans le brouillard qu'était sa vision pour le moment. Des larmes apparurent à ses yeux et ses épaules se mirent à trembler. Sa mère la serra doucement contre elle tendrement, lui passant une main dans les cheveux.
-" Je suis désolée" sanglota-t-elle. " Je voulais pas partir, je voulais pas les laisser."
-" Tu n'avais pas le choix mon cœur" tenta de la rassurer Marie.
-" Mais Peyson est restée là-bas et j'ai rien fait pour l'aider. Je pouvais pas l'aider, j'ai perdu mes lunettes" continua-t-elle.
Jane sentit son cœur se serrer en voyant les larmes de l'enfant et il n'y tint plus. En deux grandes enjambées il fut à ses côtés et la prit dans ses bras. Elle pleura contre son torse, mouillant sa chemise.
-" Teresa a dit que je devais partir" expliqua-t-elle sans s'écarter de lui. " Elle voulait me protéger."
-" C'est bien elle ça" sourit Jane en caressant les cheveux de Zoé.
-" L'oncle de Peyson a dit qu'elle devait choisir."
-" Choisir ?" S'étonna Jane en s'écartant de Zoé pour voir son visage.
-" Entre Peyson et moi" souffla l'enfant. " C'est Peyson qui a choisit. Elle a dit que je devais rentrer à la maison et que Teresa allait la protéger."
Jane sentit son cœur gonfler d'amour pour cette femme, encore plus que ce n'était déjà le cas. Elle se sacrifiait encore pour le bien des autres, dans ce cas, pour le bien d'une petite fille. Anderson était bien plus cruel que Jane ne l'imaginait. Obliger Lisbon à choisir entre les deux enfants, l'obliger à garder une des petites avec elle et renvoyer l'autre à la maison. Mais elle n'avait pas eut à le faire, grâce à Peyson. Cette enfant était bien plus courageuse qu'il ne l'imaginait. Accepter de rester dans cet endroit, avec celui qui avait brisé sa vie en tuant sa famille, au lieu de partir et rentrer chez elle.
-" Vous allez les retrouver ?" Demanda Zoé, la voix pleine d'espoir, le sortant de ses pensées. Il baissa les yeux vers elle, souriant doucement.
-" Je les retrouverai" assura-t-il.
-" Promis ?" Ses petits yeux brillants de larmes, ses lèvres tremblantes. Il ne pouvait pas lui refuser un peu d'espoir, même s'il n'était pas certain que ce soit la chose à faire.
-" Je te le promets, je les retrouverai."
-" Merci" et elle l'entoura de ses petits bras. " Teresa m'a sauvé la vie."
Jane resta un moment ainsi, les bras de Zoé autour de sa taille avant de se dégager doucement et de sortir de la chambre. Il avait eut bien trop d'émotions et il avait besoin de prendre l'air. Revoir Zoé lui rappela ce qui lui manquait le plus : Peyson et Teresa.
A présent, assit derrière le bureau de Lisbon à revoir sur l'ordinateur les différentes propriétés de Logan Anderson, Jane se demandait s'il parviendrait à tenir sa promesse. L'homme avait beaucoup de biens : appartements, maisons, entrepôts. Tous avaient été fouillés, du moins ceux se trouvant dans l'état de Californie. Il y en avait d'autres, mais bien trop loin et en dehors de leur juridiction.
Jane savait qu'il avait certainement choisit un endroit où personne ne pourrait le trouver. Il était encore dans l'état, aucun doute. Mais il n'utilisait aucune de ses propriétés. Il avait des amis, beaucoup d'amis et se cachait certainement chez l'un d'eux. Mais lequel ?
Jane n'aimait pas ne pas savoir. Et dans ce cas précis, ça le rendait fou. Les vies de Teresa et Peyson étaient en danger, elles avaient besoin de lui. Mais il ne parvenait à rien. Il releva les yeux pour voir Grace arriver vers le bureau avec une tasse fumante à la main. Il sourit devant la gentillesse de sa collègue, toujours là pour lui remonter le moral.
Presque trois jours que Lisbon et Peyson avaient disparu et depuis tout ce temps, Grace prenait soin de lui, sous l'œil un peu jaloux de Rigsby. Il était reconnaissant de ce qu'elle faisait pour lui, mais elle n'était pas Teresa. Personne ne pourrait jamais la remplacer.
Van Pelt entra dans le bureau sans frapper, se doutant qu'il l'avait vue arriver. Elle posa la tasse devant lui et l'observa la porter à ses lèvres et grimacer un peu. Le thé n'était pas préparé comme il l'aimait, mais il ne dit rien. Il avala encore quelques gorgées avant de reposer la tasse devant lui.
-" Tu devrais te reposer un peu Jane" dit gentiment la jeune femme.
-" Je n'ai pas le temps Grace" répondit-il en se replongeant dans le travail. " Elles ont besoin de moi, je me reposerai après."
-" Elles auront besoin de toi en forme, pas à moitié mort de fatigue" précisa-t-elle.
-" Mais je ne peux pas les laisser là-bas sans rien faire. Anderson est dangereux, je ne veux pas qui leur arrive quoi que ce soit."
Grace ne trouva rien à répondre, il avait raison. Elle se souvenait encore de cette affaire dans laquelle l'homme avait commandité les meurtres de tout ces gens, uniquement pour de l'argent et une réputation.
Lisbon était forte, ce n'était un secret pour personne. Mais combien de temps tiendrait-elle aux mains de cet homme ? Et pour Peyson ? Ce n'était qu'une petite fille et elle manquait terriblement à sa famille.
Elle le regarda fixer l'écran de l'ordinateur avec tant d'espoir et de lassitude dans les yeux. Elle-même avait passé un temps infini à chercher dans toutes les propriétés de l'homme sans que rien ne les aide. Elle commençait à croire qu'ils avaient quitté l'état. Mais Jane semblait croire le contraire et il ne se trompait que très rarement.
-" Nous avons déjà cherché dans toutes ses propriétés mais il n'y a rien Jane" dit-elle pour rompre le silence. " Il doit avoir quitté l'Etat."
-" Non, il est toujours en Californie, je dirais même qu'il se trouve toujours à Sacramento."
-" Pourquoi serait-il resté ? Il est recherché par la police, le CBI, et même le FBI."
Cela attira l'attention du blond qui détourna ses yeux de l'ordinateur pour la fixer de son regard curieux.
-" L'agent Mancini a appelé pour savoir si l'information concernant l'enlèvement de Lisbon était vraie et a proposé de nous aider." Devant le regard de son ami, elle ajouta. " Je sais qu'entre vous ce n'est pas le grand amour, mais nous avons besoin de toute l'aide possible."
-" Je sais Grace et j'apprécie son aide" finit-il.
Grace resta encore un moment avant de se lever et de quitter le bureau, le laissant travailler. C'était étrange de le voir penché devant cet ordinateur, lui qui avait l'habitude de dormir sur son canapé. Mais depuis trois jours, depuis que Lisbon avait disparu, il n'était plus le même et ne cessait de les surprendre.
Elle espérait qu'ils retrouveraient Lisbon rapidement, Jane ne tiendrait pas plus longtemps sans elle. Ils avaient toujours été proches l'un de l'autre, mais ces derniers mois leur relation avait changé. La menace de John Le Rouge ne semblait plus être aussi importante que l'attachement qu'ils avaient l'un pour l'autre.
La jeune femme rejoignit ses collègues avant de s'asseoir à son bureau. Rigsby leva la tête vers elle tandis que Cho continuait de travailler. Ils s'inquiétaient aussi pour Jane. Ils étaient bien plus que collègues et amis, ils étaient famille. Aucun d'eux n'aimait voir l'autre souffrir ainsi sans pouvoir rien faire.
-" Comment va-t-il ?" Demanda Rigsby.
-" Il continue de chercher" répondit-elle.
-" Il n'est pas sortit de ce bureau depuis des heures, il a besoin de se reposer."
-" Va le lui dire si tu veux, il ne m'écoute pas."
-" Il n'écoutera personne tant que Lisbon ne sera pas de retour" affirma Cho, s'attirant les regards de ses collègues. " Il se sent coupable de ne pas être intervenu pour l'aider et ne se reposera que lorsqu'elle reviendra."
Les deux agents gardèrent le silence. Il avait raison, Jane refuserait de se reposer tant que Lisbon et Peyson ne seraient pas de retour. Eux-mêmes n'avaient pas vraiment prit de repos ces derniers jours, travaillant sans relâche.
Ils recherchaient actuellement le gardien, Bates, qui semblait avoir disparu de la surface de la Terre. Personne n'avait entendu parler de lui depuis l'évasion d'Anderson. Il n'était pas retourné travailler, mais cela n'avait inquiété personne puisqu'il était en congés. Ce qui inquiétait plus était l'absence de sa fille, Sophia, qui était suivie à l'hôpital depuis des années. Elle n'avait jamais manqué un rendez-vous depuis le diagnostic de sa maladie et les médecins étaient vraiment inquiets.
Le médecin principal, le Dr Scott, avait tenté de joindre Bates et sa femme sans résultats. Il avait tenté ensuite la grand-mère de l'enfant, mais là non plus il n'avait pas eut de chance. De ce fait, il avait contacté la police, craignant qu'il soit arrivé quelque chose à la famille et c'est là que l'équipe avait été informée. Depuis, ils recherchaient l'homme. La santé de l'enfant leur importait, ils n'étaient pas insensibles. Ils avaient surtout besoin de parler à Bates et savoir ce qu'il savait sur Anderson qui puisse les aider. Pas de chance jusque là. Mais ils ne perdaient pas espoir. Ils ne pouvaient pas se le permettre, pas maintenant. Ils se remirent donc au travail.
- oooo -
Lisbon était allongée sur le côté, un bras plié sous sa tête en guise d'oreiller et l'autre autour du corps de la petite Peyson. L'enfant était enfin parvenue à s'endormir mais ne cessait de gémir et de pleurer dans son sommeil. Cela fendait le cœur de l'agent, mais elle ne pouvait rien y faire. Anderson ne lui avait rien fait, pour le moment. Lisbon s'était assurée que l'homme ne toucherait pas la fillette et était prête à tout pour la protéger.
La veille, elle avait tenté de fuir avec Peyson, parvenant à fausser compagnie à celui qui surveillait la porte de la cave. Ça n'avait pas été difficile, il n'était pas très futé. Par contre, son collègue l'était plus et les avait rattrapées avant qu'elles n'atteignent la porte qui pouvait les mener vers la liberté. Il les avait rudement ramenées à la cave et avait passé un savon à l'autre avant de les enfermer à double tour. Elles n'avaient pas eut quoi que ce soit à manger jusqu'au matin, pour les punir avait-il dit.
Lorsqu'Anderson était arrivé, il avait été de suite informé et s'était mis dans une colère noire. Il avait crié jusqu'à en faire pleurer Peyson qui s'était réfugiée dans les bras de Lisbon. Il avait ensuite reporté sa colère sur l'agent. Il l'avait frappé, mais elle n'avait pas crié, pas pleuré. Elle s'était montrée forte, du moment qu'il laissait Peyson en paix. Il avait voulut s'en prendre à la petite aussi, mais elle s'y était opposée et il avait donc continué de la battre.
Elle ne savait toujours pas quelle heure il était mais ça n'avait pas vraiment d'importance. Tout ce qui comptait pour le moment était de garder Peyson en sécurité, reprendre des forces et tenter une nouvelle fuite. Elle ne pouvait pas attendre plus longtemps, elle ne voulait pas risquer une autre crise de colère d'Anderson. Qui sait s'il ne s'en prendrait pas à Peyson la prochaine fois ? Elle savait qu'elle ne pourrait pas s'interposer une nouvelle fois, elle se sentait trop faible.
La petite fille bougea dans les bras de l'agent, attirant son attention et Lisbon baissa le regard pour la voir ouvrir les yeux. Elle sourit, voulant se montrer forte, mais Peyson n'était pas bête. Elle avait bien comprit que son amie n'allait pas bien, néanmoins elle le garda pour elle. Teresa avait reçu des coups hier, dont certains étaient pour elle. Elle n'avait peut-être que huit ans, mais Peyson savait que Teresa n'en supporterait pas d'autres.
-" Il faut sortir d'ici Teresa" souffla Peyson en se redressant.
-" Je sais ma puce, et nous le ferons" tenta de la rassurer Lisbon.
-" On n'y arrivera pas" souffla la petite. " Oncle Logan t'a fait mal et il le fera encore. J'ai peur Teresa."
Lisbon planta son regard dans celui de la fillette et put voir à quel point elle était terrifiée. Elle l'attrapa et la serra fort dans ses bras, voulant la rassurer, la calmer. Peyson avait raison, Anderson n'en avait pas finit et elle devait absolument agir avant qu'il ne revienne.
Malheureusement, c'était comme si l'homme avait lut dans ses pensées car la porte s'ouvrit à cet instant, les faisant sursauter toutes les deux. Instinctivement, Lisbon resserra les bras autour de Peyson, serrant les dents pour ne pas laisser la plainte de douleur sortir de sa bouche. Elle devait avoir une côte cassée.
Anderson sourit devant la réaction de l'agent et il fit un pas de plus vers elles. Il se délectait de la peur dans le regard de celle qui avait été si importante pour lui des années plus tôt. Il l'avait aimée, comme si elle était vraiment sa nièce bien qu'elle n'ait été que la fille de son collègue et meilleur ami. La famille Tanner avait été si importante. Et maintenant, il ne restait qu'elle et elle devait les rejoindre.
Peyson Tanner avait gâché sa vie, tout comme son père avant elle. Comment imaginer qu'une si petite fille puisse avoir autant de pouvoir sur un homme tel que lui. Mais c'était pourtant le cas et il devait changer ça.
Depuis le premier jour dans sa cellule il avait tout préparé. Il avait eut tout le temps nécessaire pour mettre en place son plan et maintenant il était temps de le mettre en application. Elle regretterait de ne pas être morte cette nuit là avec sa famille et l'agent Teresa Lisbon regretterait de s'être opposée à lui.
Et par la même occasion, il ferait souffrir une autre personne et cela le réjouissait plus que tout. Patrick Jane. Cet homme arrogant, si sûr de lui. Il se souvenait encore de sa visite à la prison, lorsqu'il était venu avec Lisbon. Ils étaient venus au sujet des menaces contre Peyson et cela l'avait bien fait sourire. Ils étaient persuadé qu'il était derrière tout ça et ils avaient raison. Mais de savoir qu'ils ne pouvaient rien prouver était d'une satisfaction. Maintenant il allait pouvoir lui donner ce qu'il voulait, la preuve qu'il était derrière tout ça. Et le mieux dans tout ça était que jamais il ne retrouverait ni Teresa ni Peyson vivantes. Il prévoyait de les tuer depuis le début, mais il allait les torturer avant. Il était temps de se lancer.
-" Je vois que vous allez mieux agent Lisbon" ricana l'homme et il reçu un regard noir de la part de l'agent. " Et toi Peyson, bien dormi ?"
-" Laisse-nous partir oncle Logan" supplia la fillette. " Tu peux pas faire de mal à ta famille ?"
-" Je suis désolé de te faire de la peine Peyson mais, tu n'es pas de ma famille" dit-il en se penchant pour la regarder droit dans les yeux.
Les yeux de l'enfant se remplirent de larmes, son menton se mit à trembler et elle se réfugia dans les bras de l'agent qui la serra fort. Comment cet homme pouvait-il être aussi cruel avec une petite fille ?
Lisbon ne supportait plus de le voir lui faire tant de mal, même avec de simples mots qui voulaient tant dire pour cette petite qui avait déjà tout perdu.
-" Je vous interdit de lui parler comme ça" siffla-t-elle entre ses dents. " Je vous interdit de l'approcher."
-" Mais vous ne pouvez pas grand-chose contre moi dans votre état agent" affirma-t-il en faisant un grand geste du bras. " Vous ne pouvez même pas vous protéger, alors comment comptez-vous la protéger ?"
-" Ne vous fiez pas aux apparences" prévint-elle. " Vous pourriez le regretter."
-" Oh, mais c'est qu'elle mordrait en plus" il se rapprocha d'elle et lui attrapa le menton rudement. " Ne jouez pas à ça avec moi Teresa, vous risqueriez d'en souffrir et Peyson aussi. Maintenant levez-vous nous devons y aller."
-" Allez où ?" Voulut savoir Lisbon en se levant difficilement, mais elle n'obtint aucune réponse.
Deux hommes entrèrent dans la cave pour placer des bandeaux sur les yeux de Lisbon et Peyson et les dirigèrent dans les couloirs. Peyson s'accrochait à Lisbon, serrant de ses petites mains le bras de l'agent. Lisbon quand à elle avait du mal à avancer, son corps entier la faisait souffrir. Elle sentait le sang couler de son front, le froid l'envahir car bien entendu Anderson ne lui avait pas donné quoi que ce soit pour s'habiller depuis qu'elle était ici. Si elle ne sortait pas d'ici rapidement, elle savait qu'elle tomberait malade. Mais il n'y avait rien d'autre qu'elle puisse faire à cet instant que de suivre les hommes. Elle espérait juste que, qu'importe l'endroit où ils se rendaient, ce serait moins perdu.
Elle sentit la chaleur du soleil sur sa peau à l'instant où ils se retrouvèrent dehors, mais ne tenta pas quoi que ce soit pour fuir. Elle ne se sentait pas assez forte et ils étaient bien trop nombreux et armés.
Le bruit d'une porte l'informa qu'une voiture, ou un van, les attendait et elle eut confirmation lorsqu'un des hommes la poussa à l'intérieur. Elle tomba en avant, mais ne lâcha pas la main de Peyson qui retomba sur elle lorsqu'Anderson la poussa à son tour.
La porte se referma d'un coup sec avant que les hommes ne montent. L'un d'eux resta à l'arrière, certainement pour la surveiller tandis qu'Anderson s'installait à l'avant avec l'autre. Ils roulèrent pendant longtemps mais bientôt Lisbon entendit les bruits de la circulation typique du centre de Sacramento. Le van s'arrêta et les voix des passants se firent entendre. Parmi toutes les voix, il lui sembla reconnaître l'une d'elle et elle se redressa instinctivement.
N'était-ce pas Tommy, l'agent de sécurité du CBI ? Ça pouvait être n'importe qui, mais elle était persuadé que c'était lui. Elle sentit alors le canon d'une arme contre sa joue, la prévenant de ce qui lui arriverait si jamais elle faisait le moindre bruit ou mouvement.
-" Et oui agent Lisbon, vous avez raison" ricana Anderson. " Nous sommes devant le CBI. Mais personne ne peut rien pour vous."
Cet homme était cruel au point de venir devant son lieu de travail, un endroit remplit de flics, juste pour la narguer. La liberté était si proche et à la fois si lointaine. Mais bien vite, le van reprit sa route et ils s'éloignèrent. Une larme coula contre son gré le long de sa joue et elle ne la retint pas. Ils roulèrent encore longtemps, mais elle n'y prêta pas attention. Elle avait eut une chance mais elle ne l'avait pas saisie. Qui sait, peut-être que l'un de ses collègues se trouvait sur le parking à ce moment-là, peut-être que si elle avait fait du bruit quelqu'un aurait put l'entendre et l'aider. Elle ne le saurait jamais.
- oooo -
Alors qu'ils étaient tous plongé dans leur travail, le téléphone de Cho sonna et ce dernier décrocha. Ses collègues stoppèrent ce qu'ils faisaient voyant le sérieux sur le visage de l'homme. Cho était toujours sérieux, mais même ses yeux le trahissaient ces derniers jours. L'homme écouta son interlocuteur avant de raccrocher et de se lever. Il prit ses affaires, imité par les deux autres et se dirigea vers le bureau de Lisbon où il trouva Jane derrière le bureau.
-" On a retrouvé Bates" annonça-t-il.
-" Où ?"
-" Il vient de rentrer chez lui, mais sa famille n'est pas avec lui" expliqua Cho. " Il s'est rendu de lui-même."
Jane leva un sourcil interrogateur mais ne dit rien de plus. Il éteignit l'ordinateur, attrapa sa veste et suivit l'asiatique jusqu'à l'ascenseur puis le parking. Après trois jours, ils avaient enfin quelque chose pour avancer, du moins l'espéraient-ils tous. Le mentaliste remarqua un van arrêté non loin de la grille, un van noir et il sentit une drôle de sensation au fond de lui, comme un pressentiment. Il n'y prêta toutefois pas trop d'attention, il n'avait pas de temps à perdre. Le temps qu'il arrive à la voiture, le van était repartit. Cho prit le volant et, lorsque Van Pelt et Rigsby montèrent à leur tour, il démarra.
Ils se rendirent dans un petit poste de police quelques rues plus loin et quand ils sortirent de la voiture, ils furent accueillit par un officier qui les dirigea dans le bâtiment. Jane regarda autour de lui et ne put empêcher une sensation de manque de s'installer en lui. A chaque fois qu'ils se rendaient dans un autre poste de police, Lisbon était avec lui. Mais pas cette fois et c'était pour elle, et Peyson, qu'ils se trouvaient tous aujourd'hui dans ce poste.
-" Il s'est rendu tout seul" précisa l'officier lorsqu'ils s'arrêtèrent devant un miroir derrière lequel se trouvait un homme, assit à une table, le visage dans les mains. " Il a dit qu'il voulait voir Patrick Jane au sujet de l'agent du CBI Teresa Lisbon. C'est pour ça que je vous ai appelé."
-" A-t-il dit quelque chose d'autre ?" Demanda Cho.
-" Rien d'autre" précisa l'homme.
-" Et sa famille ?" Questionna Rigsby qui repensait à l'inquiétude du médecin de Sophia. " Il a dit quelque chose à leur sujet ?"
-" Rien du tout."
Rigsby baissa la tête. Il ne pouvait s'empêcher de penser à cette petite fille à la santé fragile, quelque part sans ses médicaments. Combien de temps tiendrait-elle sans son traitement ? Dieu seul le savait.
Jane ne cessait de fixer Bates. L'homme avait les épaules voûtées, la tête basse et semblait résigné. Il savait qu'il ne pouvait plus rien pour se défendre, qu'il n'avait d'autre choix que de se rendre. Il savait aussi que l'homme avait mit sa famille en sécurité quelque part sans espoir de revoir ni sa femme ni sa fille. Le mentaliste savait ce qu'il devait ressentir en ce moment. Ne jamais revoir sa femme et sa fille était difficile mais dans son cas elles étaient mortes. Avec de la chance, Bates pourrait passer un accord avec le procureur et pourrait sortir d'ici quelques années. Même si Jane lui en voulait pour ce qu'il avait fait, il savait ce qu'il ressentait. De savoir que ses actions le privaient de sa famille était un poids difficile à porter.
Il avança vers la porte qu'il ouvrit pour entrer et ne s'étonna pas que personne ne le retienne. L'officier qui les avait accueillit fit un pas dans sa direction, mais Cho l'arrêta d'une main et l'homme obtempéra. Personne n'entra avec lui, mais Rigsby se plaça juste à côté de la porte en cas de besoin. Jane sourit de reconnaissance. Son équipe était unique et il se rendit compte qu'il n'y avait pas qu'avec Lisbon que les mots étaient inutiles pour se comprendre.
Jane avança dans la pièce avant de prendre place sur la chaise en face de l'homme. Ce dernier leva la tête, le regard perdu. Jane savait qu'il y trouverait de la peur, mais il n'y vit que de la culpabilité et de la résignation. Il s'en voulut un peu de ce qu'il s'apprêtait à faire, mais il n'avait pas le choix. S'il voulait retrouver Lisbon et Peyson, il le devait.
-" Vous savez qui je suis" commença le consultant. " Vous savez ce que l'agent Lisbon et la petite fille représentent pour moi. Alors vous allez me dire ce que j'ai besoin de savoir."
-" Je ne voulais pas faire ça mais je n'avais pas le choix" se défendit l'homme. " J'avais besoin de cet argent pour ma petite Sophia. Elle est malade et je n'avais pas les moyens de la soigner."
-" Alors pour ça vous avez permis à un meurtrier, un homme qui a fait tuer plus de dix personne de fuir" ajouta Jane pour bien se faire comprendre. " Vous lui avez permis de sortir et de s'en prendre à deux personnes innocentes."
-" Ma fille allait mourir, je ne pouvais pas la laisser mourir. Elle est si petite" se lamenta Bates en se prenant le visage dans les mains.
Jane s'en voulut vraiment. Il pouvait voir à quel point Bates regrettait ce qu'il avait fait. Il ne pouvait peut-être pas changer le passé, mais il pouvait toujours faire quelque chose pour l'avenir.
-" Je sais à quel point il est difficile d'être séparé de sa famille" reprit Jane, la voix plus douce, s'attirant le regard de Bates. " J'ai moi-même perdu ma famille il y a dix ans. L'agent Lisbon et Peyson sont ma nouvelle famille et je refuse de les perdre elles aussi. Vous seul pouvez m'aider à les retrouver."
-" Je ferai ce que vous voudrez, mais promettez-moi de protéger ma famille" supplia l'homme. " Logan Anderson est un homme dangereux et si jamais il les trouve…"
-" Dites moi où je peux le trouver et je ferai en sorte qu'il n'arrive rien à votre famille et que Sophia reçoive les soins nécessaires."
-" Vous feriez ça ?" Il y avait une pointe d'espoir dans la voix du gardien.
-" Je le ferai, seulement si vos informations sont bonnes" insista Jane.
-" Je ne sais pas si ça vous aidera, mais Anderson a dit qu'il voulait finir là où tout à commencé."
-" Rien d'autre ?"
-" Je suis désolé" s'excusa Bates. " C'est tout ce que j'ai entendu."
Jane n'insista pas, l'homme ne savait rien de plus.
-" Où puis-je trouver votre famille ?"
-" Vous allez vraiment les protéger ? Je ne veux pas vous le dire si c'est pour qu'elles soient tuées."
-" Je ne laisserai rien leur arriver" assura Jane. " Et mes collègues dehors feront en sorte que rien ne leur arrive. Vous pouvez me faire confiance."
Jane tendit un cahier et un stylo. Bates hésita un instant, regarda le mentaliste droit dans les yeux avant de prendre le stylo et de noter une adresse. Il rendit ensuite le cahier à Jane qui hocha la tête. Il se leva, sortit de la pièce et automatiquement ses collègues vinrent à sa rencontre.
-" Qu'est-ce que ça veut dire : là où tout à commencé ?" Demanda Grace.
-" Je ne sais pas encore, mais je vais trouver" assura Jane avant de tendre le cahier à Cho. " Sa famille se trouve à cette adresse, nous devons les retrouver et les mettre sous protection."
-" Je m'en occupe" dit Rigsby qui prit le cahier des mains de Cho avant de s'éloigner dans le couloir.
Jane se passa une main sur le visage en soufflant de frustration. 'Là où tout à commencé'. Il ne voyait pas ce que cela voulait dire. Là où quoi avait commencé ? Il tenta d'entrer dans la tête d'Anderson afin de comprendre. L'homme en avait après Lisbon. Peut-être était-il retourné là où il avait été arrêté ? Non. Peyson n'aurait pas été enlevée s'il en avait seulement après Lisbon. Il avait fait éliminer la famille Tanner à cause d'une querelle avec Steve. Les bureaux qu'ils occupaient avant ? Non. Ce devait être un endroit qui avait une signification particulière pour Lisbon et Peyson et soudain Jane comprit.
-" Je sais où ils sont" annonça-t-il avant de partir en courant, suivit du reste de l'équipe.
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Anderson sourit en quittant la pièce où il avait installé Lisbon et Peyson. Il était impatient de voir la réaction de la fillette en voyant l'endroit où elle se trouvait, mais il ne pouvait pas rester pour ça. Il avait encore des choses à faire pour son prochain rendez-vous. Il se doutait que Patrick Jane allait arriver. Il connaissait le gardien qui l'avait fait sortir. D'après ses sources, Bates s'était rendu et il se doutait que d'ici peu les flics allaient arriver. Ses hommes étaient déjà au travail.
Il s'approcha d'une étagère où il attrapa un cadre. Les souvenirs d'une époque heureuse et lointaine. Les choses avaient bien changé depuis. Il avait eut une famille pendant un temps, une famille aimante. Mais maintenant il ne restait que Peyson et il se prit à se demander si ce qu'il s'apprêtait à faire était une bonne idée. En y réfléchissant bien, oui, c'était une bonne idée.
L'homme ne prévoyait pas de rester en Californie, ni même dans le pays. Il avait des amis un peu partout, il ne lui serait pas difficile de fuir avant que la police ne le trouve. Mais avant, il voulait profiter du spectacle. Il avait attendu tellement longtemps ce jour qu'il ne le manquerait pour rien au monde. Il descendit à la cave rejoindre ses hommes pour les voir sortir en se frottant les mains.
-" C'est fait patron" annonça l'un d'eux.
-" Parfait, amenez-moi l'agent Lisbon et enfermez la gosse là où j'ai dis" ordonna-t-il et les hommes s'exécutèrent.
Il se doutait qu'il ne serait pas facile de les séparer, que l'agent ne se laisserait pas faire comme ça. Elle avait du courage, il n'en doutait pas et il regrettait de devoir se séparer d'elle. Cette femme était une fascination pour lui, mais le jeu devait prendre fin. Il ne pouvait plus attendre, les flics allaient arriver. Il était impatient de voir le bouquet final.
TBC…
A/N2: et voilà pour ce chapitre. N'hésitez pas a commenter, ça me ferait vraiment plaisir de savoir si vous aimez toujours.
Bonne nuit,
Sweety 10/12/13
