A/N: chers lecteurs, voici l'avant dernier chapitre de cette fic. Je vous posterais rapidement l'épilogue et j'en visage même un OS de Noël en continuité de cette fic sur la demande de Gouldo1 qui souhaiterait que j'utilise de nouveau ces personnages. Comme c'est bientôt Noël je me suis dit qu'un OS serait sympa. Par contre je ne le posterais peut-être pas pour Noël mais un peu après puisque je déménage en ce moment. Et j'envisage aussi une suite a cette fic, mais je ne sais pas encore pour quand. Je tiens a mettre a jour toutes mes fics avant, aussi bien en français qu'en anglais. J'y suis presque, rassurez-vous.

Je voulais également remercier le peu de lecteurs que j'ai sur cette fic: Katkitten4, julietoutsimplement, Mrs Elizabeth Darcy31, france-ena et Gouldo1. Merci encore pour vos commentaires.

Voilà, je vous laisse a présent découvrir ce nouveau chapitre.


Trois mois après les meurtres de la famille de la petite Peyson Tanner et l'arrestation de Logan Anderson, la vie de Peyson est de nouveau menacée. L'équipe de Teresa Lisbon s'occupe donc de l'affaire avec la ferme intention de la garder en vie.


Chapitre 9


Lisbon s'écarta un peu de lui et bougea dans le lit. Jane comprit le message et vint se coucher avec elle. Lisbon posa ensuite sa tête sur son torse, souriant lorsqu'il l'entoura de ses bras et ferma les yeux. Tout irait bien maintenant, ils étaient ensemble et plus rien ne pourrait les séparer. C'est ainsi qu'elle s'endormit, dans les bras de Jane, un sourire sur le visage.

- o -

Le sommeil agité, Lisbon ne cessait de bouger dans le lit, les bras de Jane toujours autour de sa taille. Ce dernier s'était réveillé quelques minutes plus tôt alors que Lisbon commençait juste à s'agiter. Il ne voulait pas la réveiller, elle avait besoin de beaucoup de repos. Mais ses plaintes et les larmes sur ses joues lui fendaient le cœur. Plus que les larmes, c'était les mots qu'il entendait qui lui faisaient mal. Et le mettait en colère.

Elle ne lui avait encore rien dit de ce qu'elle avait vécu durant ces trois jours avec Anderson. Tout ce qu'il savait était qu'elle avait reçu des coups, il pouvait le voir à chaque fois qu'il posait ses yeux sur elle. Mais ce n'était pas tout, il le savait et il s'en voulait de ne pas avoir été là pour la protéger.

Il était sur le point de la réveiller, ne supportant plus ses plaintes, lorsqu'il sentit sa respiration changer, signe qu'elle ne dormait plus. Il baissa les yeux sur son visage et lui sourit tendrement, elle lui rendit son sourire. Mais il pouvait voir que ce sourire n'allait pas jusqu'à ses yeux, qu'il y avait quelque chose qui l'empêchait d'être pleinement sereine.

Il avait envie de savoir, vraiment envie, mais il ne la pousserait pas à parler. Quand elle serait prête, pas avant. Et connaissant Lisbon, cela prendrait du temps. Malgré leur relation, elle ne s'ouvrait pas encore totalement à lui, il y avait encore des choses qu'elle gardait pour elle.

Lisbon resserra ses bras autour de Jane, prit une profonde inspiration et se mit à tousser. Automatiquement, le mentaliste attrapa le masque à oxygène qu'il plaça sur son visage. Elle posa sa main par-dessus la sienne, plongea ses yeux dans les siens et attendit que sa respiration se stabilise. Quelques minutes plus tard, elle se sentit mieux, bien qu'elle soit encore transpirante et tremblante.

Jane garda néanmoins le masque sur son visage, voulant s'assurer que tout aille vraiment bien. Il ne l'avouerait peut-être pas, mais il avait encore peur que la santé de Lisbon soit en danger, malgré ce que le médecin lui avait dit. Il ne serait pleinement rassuré que lorsqu'elle ne devrait plus porter ce masque et qu'elle rentrerait chez elle.

-" Ça va," assura Lisbon en retirant le masque. " Je t'assure que je vais mieux."

-" Tu veux que j'appelle le médecin ?"

-" Non, ce n'est pas la peine. C'était juste un cauchemar, mais je vais mieux, vraiment."

Elle pouvait voir dans son regard qu'il la croyait mais qu'il aurait préféré avoir confirmation par un professionnel. Mais il n'appellerait personne si elle ne le voulait pas. Il se doutait déjà de quoi parlait son cauchemar, du moins il se doutait. Il attendait maintenant qu'elle lui parle. La patience était son fort, sauf lorsqu'il était question de Lisbon.

-" Tu veux en parler ?" S'enquit-il avant de placer un baiser sur son front.

Lisbon frissonna à la simple idée de ce que pourrait être la réaction de Jane s'il apprenait ce que lui avait fait Anderson. Non, elle ne pouvait rien lui dire. Elle l'aimait trop pour lui imposer ça. Il culpabiliserait encore, ce qu'elle ne voulait pas. Il culpabilisait déjà bien trop pour tant de choses dont il n'était même pas responsable.

Elle releva les yeux vers lui pour le voir, presque suppliant. Comme elle aurait aimé pouvoir avoir une relation normale, rentrer du travail le soir, regarder un film confortablement installé sur le canapé avec son compagnon et aller se coucher avec lui ensuite. Une relation qui n'incluait pas de poursuivre des criminels, risquer sa vie chaque jour et parfois être la victime de ces criminels. Mais elle avait signé pour ça, elle savait à quoi elle s'exposait le jour où elle était devenue agent du CBI. Elle le savait, et Jane le savait aussi. Ils le vivaient chaque jour, mais cela ne rendait pas la chose plus facile à supporter.

-" Plus tard peut-être" répondit-elle finalement.

L'agent se réinstalla confortablement contre son compagnon et tenta de trouver le sommeil, mais elle n'y parvint pas. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle le voyait. A genoux devant elle, ses mains sur son corps, son regard froid la fixant avec une telle intensité. Elle savait qu'elle le verrait encore longtemps, même s'il n'avait rien fait d'autre que la toucher.

Elle avait bien souvent eut à faire avec des victimes d'attouchements, de viol. Elle savait comment ces femmes réagissaient, les cauchemars qui les suivaient pendant bien longtemps. Elle savait donc qu'il lui faudrait du temps avant d'aller mieux.

Jane resserra ses bras autour de son corps tout en lui caressant le dos avec des gestes réconfortants. Il n'avait pas besoin qu'elle lui parle pour savoir, mais il aurait quand même voulut qu'elle s'ouvre à lui. Il savait pourquoi elle refusait de lui parler, c'était tellement Lisbon ça. Elle voulait le protéger de la culpabilité qu'il ressentirait. Il la connaissait si bien.

-" Il m'a emmené dans la cave" dit soudain Lisbon. " Il avait tout prévu, il savait que tu devinerais où il nous avait emmenées. Il voulait que tu trouves Peyson en premier mais que tu ne puisses pas me sauver". Elle fit une courte pause pour prendre une profonde inspiration. " J'avais les mains liées, et un foulard sur les yeux. Quand il est revenu me voir, il a déplacé le foulard sur ma bouche. Je pouvais tout voir mais rien dire" elle se mit à trembler et Jane la serra un peu plus. " Il a commencé à passer ses mains sur moi, et je ne pouvais rien faire pour me défendre. Il n'a rien fait de plus."

-" C'est déjà trop" siffla Jane entre ses dents. " Si jamais je le revois je…"

-" Tu ne feras rien" protesta-t-elle en se redressant avec difficulté. Elle plongea son regard dans le sien. " Tu ne chercheras pas à me venger, je refuse que tu devienne comme lui."

-" Il t'a touchée Lisbon" rajouta le blond. " Il a posé les mains sur toi alors que tu étais incapable de te défendre."

-" Et il paiera pour ça, mais pas de ta main."

Lisbon ne lâcha pas le regard de son compagnon, elle voulait lui faire comprendre qu'il ne devait rien faire, qu'elle ne le permettrait pas. Il le savait, elle avait toujours été contre la vengeance. Il ne ferait rien, il ne voulait pas risquer qu'elle s'énerve contre lui, qu'elle lui reproche plus tard son impulsivité. Elle lui avait pardonné le meurtre de Timothy Carter, sa fausse dépression et son aventure d'une nuit avec Lorelei Martins. Mais elle ne lui pardonnerait certainement pas qu'il s'en prenne à Anderson.

-" Je ne ferai rien" finit-il par dire. " Mais je refuse que tu ailles lui parler, que tu l'interroges." Elle allait protester mais il l'arrêta. " Je sais que tu voulais le faire, mais je ne veux pas qu'il puisse te faire quoi que ce soit d'autre."

-" Jane, je ne serai pas seule avec lui, Cho sera avec moi" tenta-t-elle de lui faire comprendre. " Anderson ne pourra rien me faire."

-" Je ne veux prendre aucun risque."

-" Je suis flic Jane" lui rappela-t-elle encore une fois. " C'est mon travail."

-" Et tu es aussi sa victime, tu ne peux donc pas le faire. Laisse donc Cho et Rigsby s'en charger, tu as bien mieux à faire."

-" Et qu'y a-t-il de plus important que l'interrogatoire d'Anderson ?" Voulut-elle savoir.

-" Peyson" se contenta-t-il de répondre.

Peyson... Lisbon se sentit soudain coupable de ne pas avoir une seule fois pensé à la fillette qui devait certainement être très inquiète. L'enfant était si sensible.

-" Elle est bien rentrée chez elle ?" S'enquit Lisbon.

-" Oui, ne t'inquiète pas" la rassura Jane. " Mais je pense que tu devrais aller la voir assez vite, elle a vraiment eut très peur pour toi."

-" J'ai eu peur de la perdre là bas" admit Lisbon. " Je ne pouvais rien faire pour l'aider, mais il n'y avait que moi pour le faire. Je me sentais si impuissante."

-" Vous êtes toutes les deux sauves maintenant, tu n'as plus à avoir peur."

-" Je sais, et c'est grâce à toi."

Elle n'en revenait toujours pas que Jane se soit jeté dans une maison en flammes pour la sauver. Lui qui se cachait toujours derrière elle en cas de danger avait prit des risques pour elle. Il n'avait pas pensé à lui. Elle sentit son cœur se gonfler d'amour pour cet homme. Il aurait put mourir, il aurait put ne jamais sortir de cette maison. Malgré tout ça, il était entré dans la maison, il l'avait retrouvée et ils étaient ressortit ensemble.

Pendant des années elle avait pensé que rien ni personne ne comptait pour lui. La seule chose importante à ses yeux était de retrouver John Le Rouge et de le tuer, venger sa famille. Mais au fil du temps, ils s'étaient rapprochés et maintenant elle savait qu'elle pouvait compter sur lui, qu'importent les circonstances.

Jane avait risqué sa vie pour elle et Peyson et elle savait qu'il le referait encore s'il le devait. Il avait changé depuis l'homme qu'elle avait rencontré plus de dix ans plus tôt. Il avait ouvert son cœur aux autres, à elle et aujourd'hui il était un autre homme.

Et dire qu'elle le trouvait agaçant. La première fois qu'il était venu, elle avait eut pitié de lui, puis elle avait espéré ne jamais le revoir. Maintenant, elle ne regrettait plus son ajout à son équipe, pas plus que le surplus de travail qu'il lui donnait sans cesse. Il avait mit un peu d'animation dans sa vie, bon beaucoup, si elle devait être honnête.

-" Dors Teresa" lui souffla Jane à l'oreille et elle frissonna à l'entente de son prénom. Il l'appelait si rarement ainsi et son nom sonnait si bien prononcé par lui. " Tu as encore besoin de repos, et si tu écoutes ce que je dis, tu sortiras plus vite d'ici."

Elle sourit contre son torse. Il savait exactement comment la faire obéir. Elle détestait les hôpitaux et ne rêvait que d'une chose : rentrer chez elle. Alors elle ferma les yeux, enfouissant son nez dans sa chemise et resserra ses bras autour de lui.

-" Dors aussi, Patrick."

Jane posa un dernier baiser sur le front de Lisbon avant de fermer les yeux.

- oooo -

Les couloirs étaient calmes à cette heure matinale. Un homme marchait, seul. Il semblait parfaitement savoir où il allait, ce qui n'inquiéta pas l'infirmière qui le croisa au détour d'un couloir. Il la salua d'un signe de tête et elle lui sourit en baissant les yeux, rougissante. Il arriva bientôt devant une porte. Il se pencha afin de voir au travers de la petite fenêtre rectangulaire et sourit en voyant le couple endormi dans le lit.

-" Profitez bien de la vie Patrick, on ne sait jamais ce qui peut arriver."

Puis, il s'éloigna, reprenant le même couloir qu'en arrivant. Il ne comptait pas faire quoi que ce soit pour le moment. Patrick Jane semblait heureux pour la première fois depuis longtemps, il le laisserait donc en profiter un peu. Il ressortit de l'hôpital et disparu dans la foule.

- oooo -

Lorsque Lisbon se réveilla au petit matin, elle était seule dans le lit, mais ne s'inquiéta pas. La veste de Jane se trouvait toujours sur le dossier de la chaise à côté du lit. De toute façon elle savait qu'il ne partirait pas tant qu'elle ne serait pas prête à rentrer chez elle, ce qui ne devrait pas prendre trop longtemps. Elle allait faire de son mieux pour se remettre rapidement et rentrer chez elle. Les hôpitaux n'avaient jamais été un endroit qu'elle appréciait, encore moins lorsqu'elle y était patiente.

Il y avait aussi une autre chose à laquelle elle avait réfléchi. Ces quelques jours de captivité lui avait fait comprendre que la vie était trop courte et qu'elle devait profiter de chaque instant. Et la première chose dont elle voulait profiter était Jane. Elle ne voulait plus se contenter de quelques nuits par semaines, elle voulait aller plus loin dans leur relation.

Ils avaient eut dix ans d'amitié, plusieurs mois de relation amoureuse. Maintenant, elle se sentait prête à franchir cette étape dans leur relation, à commencer par la cohabitation. Elle savait déjà que ce ne serait pas difficile. Et le convaincre d'accepter le serait encore moins.

La porte s'ouvrit à cet instant, révélant Jane portant un plateau sur lequel se trouvaient deux tasses fumantes. Lisbon sourit en reconnaissant l'odeur du café. Il posa le plateau sur la table de nuit et elle attrapa aussitôt sa main pour l'attirer à elle. Le café avait toujours été sa priorité le matin, mais là encore, les choses avaient changé. Jane comprit ce qu'elle voulait et c'est avec un sourire tendre qu'il posa les lèvres sur les siennes.

Le baiser fut tendre et amoureux. Lisbon passa une main sur la joue de l'homme et savoura ce moment. Il semblait savoir exactement ce qu'elle ressentait, ne cherchant pas à approfondir le baiser. C'était exactement ce dont elle avait besoin pour le moment, juste un simple baiser, un moment simple entre eux. Après ce qu'elle avait vécu ces derniers jours, c'était tout ce qu'elle voulait.

La douceur des lèvres de Jane lui rappela leur premier baiser. Ce baiser n'avait pas vraiment été prévu, mais elle ne l'avait pas regretté. Ça avait été le premier pas dans une relation qui lui avait fait peur depuis des années. Tout ce temps à éprouver ces sentiments pour Patrick Jane, des sentiments qu'elle ne pensait pas être réciproques à l'époque. Jane avait toujours été un homme différent des autres, ne prêtant pas attention aux femmes qui lui faisaient les yeux doux. Elle avait été à ses côtés depuis le début, l'aidant de son mieux. Elle avait toujours sut que leur relation resterait uniquement professionnelle et leur amitié lui avait toujours suffit. Alors quand les choses avaient changé entre eux, elle s'était rendu compte que cette amitié n'avait fait que renforcer les sentiments qu'elle avait pour lui. Et maintenant, elle avait tout ce dont elle avait toujours rêvé sans jamais vraiment y croire.

Ils se séparèrent au bout de ce qui sembla être une éternité et Jane posa son front contre le sien. Il lui caressa les joues tendrement, avec amour. Ses yeux parlaient pour lui et lui disaient tout ce qu'elle avait besoin de savoir. La peur avait quitté son regard, remplacé par l'amour et la joie. Quelque chose avait changé depuis la nuit dernière et elle mourrait d'envie de savoir quoi.

-" Qu'est-ce qui te rend si heureux ?" Lui demanda-t-elle finalement.

-" J'ai vu ton médecin en revenant de la cafétéria" expliqua-t-il. " Tu vas pouvoir sortir plus tôt que prévu."

-" Pourquoi ?" Bien qu'elle soit heureuse de cette nouvelle, elle n'en restait pas moins étonnée. " Je croyais qu'il voulait me garder au moins deux jours encore."

-" C'est vrai, mais un peu plus tôt, une infirmière est passée voir comment tu allais et d'après ce qu'elle a dit, tu te remets plus vite que prévu et tu peux donc sortir. Maintenant, si tu préfères rester ici, je peux le prévenir et il te gardera."

-" Certainement pas." Et en réponse à sa plaisanterie, elle lui donna un coup dans le bras en souriant.

Elle aimait lorsqu'ils se chamaillaient ainsi. C'était leur truc bien à eux et les gens avaient parfois du mal à croire qu'ils s'entendaient. Mais ils se fichaient de ce que pouvaient penser les gens. La seule chose qui comptait pour eux était cette complicité. Ils étaient les seuls à se comprendre et les choses leur plaisaient ainsi.

-" Mais avant, il va falloir que tu te fasses belle" ajouta-t-il.

-" Pourquoi, je ne le suis pas en ce moment ?" Rétorqua-t-elle en prenant un air sévère qui ne le dupa pas.

-" Tu es toujours belle, tu es magnifique, tu es la plus resplendissante des femmes" affirma Jane avec un air sérieux et Lisbon éclata de rire. Il aimait l'entendre rire, son si doux et magique prouvant ainsi qu'elle allait vraiment mieux. Il s'était vraiment inquiété pour elle, mais aujourd'hui il savait que ce n'était plus utile.

-" Arrête de faire l'idiot et dis-moi plutôt pourquoi je dois me faire belle."

-" Peyson vient te voir aujourd'hui avec Zoé."

A la simple mention des petites filles, le visage de Lisbon s'illumina et elle se leva rapidement du lit. Trop rapidement car sa tête se mit à tourner et elle serait tombée si Jane ne l'avait pas soutenue par la taille.

-" Est-ce que ça va ?" S'inquiéta Jane.

-" Très bien" rassura-t-elle en s'écartant doucement, mais restant tout de même à proximité de lui. Elle savait à quel point il s'inquiétait pour elle. " Tu m'as ramené des vêtements propres ?"

-" Van Pelt s'en est chargée, je ne voulais pas te laisser."

Il lâcha Lisbon pour aller prendre le sac sur le fauteuil et la rejoignit dans la salle de bain. Il lui donna le sac avant de retourner s'asseoir. Bien qu'il ait envie d'aller avec elle, simplement pour s'assurer que rien ne lui arrive, il lui laissa l'intimité dont elle avait besoin. Lisbon était une femme assez secrète, bien qu'elle se soit ouverte à lui depuis le début de leur relation.

Ils ne prenaient que rarement leur douche ensemble et à chaque fois c'était lui qui était allé la rejoindre. Elle ne lui avait jamais rien dit, avait même plutôt apprécié ces quelques minutes d'intimité sans toutefois aller trop loin. Jamais encore ils n'avaient franchit ce cap, mais il commençait à se dire qu'il n'y avait plus aucune raison pour ça.

Jane savait que John Le Rouge les surveillait, qu'il savait pour leur couple. Il en avait eut peur au début, peur de ce que l'homme pourrait faire à la femme qu'il aimait. Mais finalement, leur complicité était leur force et il en avait assez de sacrifier sa vie et celle de Lisbon. Maintenant, il voulait commencer à vivre.

Depuis qu'ils avaient fait la rencontre de Peyson, il avait sentit une partie de son cœur se réveiller. Elle lui avait rappelé sa petite Charlotte, sa fille adorée. Lisbon avait eut raison de s'inquiéter pour lui au début de cette affaire, elle le connaissait si bien. Mais au lieu de le bouleverser, ça lui avait plutôt donné envie de fonder une famille.

L'idée de fonder une famille ne l'avait pas lâché, même s'il n'en avait parlé à personne. Puis, lorsqu'il avait vu Lisbon avec Peyson, il s'était rendu compte qu'elle serait une mère merveilleuse. Et l'idée s'était doucement insinuée en lui. Et maintenant elle était dans sa vie, plus qu'en simple amie mais en amante. Peut-être que finalement il allait avoir ce dont il avait envie : une famille. L'idée que Lisbon puisse porter son enfant, un petit être qui serait le parfait mélange d'eux deux le fit sourire. Il s'imaginait déjà courir après un petit garçon brun aux yeux bleus, ou blond aux yeux verts. Il sourit encore plus à l'image qui s'imposait à son esprit.

La porte de la salle de bain le sortit de ses rêveries et Lisbon vint vers lui. Il se leva, attrapa son visage de ses mains et l'embrassa avec passion. Surprise, l'agent répondit néanmoins à ce baiser avec autant d'amour. Elle sentit une douce chaleur l'envahir et se répandre dans tout son corps. Ils s'étaient bien souvent embrassés de la sorte, mais jamais encore elle ne s'était sentit aussi bien. C'est comme si quelque chose venait de changer en elle, tout comme en Jane, mais elle ne savait pas quoi. Lorsqu'ils se séparèrent, Jane posa son front contre le sien tout en lui caressant les joues.

-" Qu'est-ce qui se passe ?" S'enquit-elle avec tendresse.

-" Rien, je pensais juste à l'avenir" répondit-il.

-" L'avenir ?" répéta l'agent sans vraiment comprendre.

-" Oui, notre avenir."

-" Et tu vois quoi ?" Voulut-elle savoir.

-" Je nous vois toi et moi, ainsi que nos enfants" souffla-t-il.

Jane put lire le choc sur le visage de Lisbon à cette annonce. Elle s'attendait à tout sauf à ça. Elle mentirait si elle disait ne jamais y avoir pensé, mais d'entendre Jane mettre des mots sur ses pensées était assez déroutant, mais pas déplaisant.

-" Tu images...nos enfants ?" répéta Lisbon qui sentait son cœur se gonfler d'amour. " Et tu les imagines comment ?"

-" Avec ta beauté et mon intelligence bien sûr" affirma Jane.

-" Ah oui. Et s'ils avaient ta beauté et mon intelligence ?"

-" Ça me va aussi."

Lisbon aurait bien rajouté quelque chose mais la porte de la chambre s'ouvrit et une petite fille se jeta sur eux, les entourant de ses petits bras. Ils reconnurent Peyson et le couple passa chacun un bras autour de la fillette. Zoé arriva à son tour en boitant un peu, un grand sourire sur le visage.

-" Regardez, j'ai de nouvelles lunettes" dit-elle fièrement.

-" Et elles sont drôlement jolies" ajouta Lisbon qui se pencha pour serrer l'enfant dans ses bras. " Tu vas bien ?"

-" Oui et je voulais vous dire merci de m'avoir sauvée."

-" Je suis heureuse que tu ailles bien. C'est le principal."

Marie arriva derrière ses filles, un grand sourire sur le visage. Lisbon relâcha la fillette et se tourna vers la femme.

-" Marie, je suis vraiment désolée pour tout ce qu'il s'est passé" s'excusa Lisbon en s'approchant. " Je m'en veux tellement pour l'enlèvement des filles, je…"

-" Vous n'avez aucune raison de vous excuser Teresa" l'interrompit Marie. " J'avoue vous en avoir voulu au début, j'avais si peur pour les filles. Mais je me suis rendu compte que vous n'y étiez pour rien. Vous aussi étiez en danger et je regrette tout ce que j'ai pu dire et faire."

-" C'est votre instinct de mère, c'est normal."

Jane avait suivit l'échange sans un mot, tenant les mains des fillettes dans les siennes. Lorsque Lisbon se retourna et qu'elle le vit, elle ne put empêcher un sourire de naître sur son visage. D'abord les pensées de Jane sur leur avenir, puis cette image de lui avec les deux petites filles. Tout cela lui donnait envie de rendre ce rêve réel.

-" Dis Teresa, on peut aller manger une glace ?" Demanda alors Peyson.

-" Peyson, Teresa est fatiguée" la gronda doucement Marie.

-" Ce n'est rien Marie" la coupa Lisbon. " Je pense même que c'est une excellente idée et c'est même Jane qui va payer."

-" Qui veut une glace ?" Lança Jane en entraînant les fillettes dans le couloir.

-" Moi !" crièrent les deux petites en même temps.

Lisbon et Marie les suivirent dans le couloir, chacune avec un sourire. Tout se terminait bien finalement. Tous le monde était en sécurité, Anderson ne pouvait plus rien contre eux. Ils pouvaient tous reprendre leur vie, mais ils n'oublieraient jamais ce qu'ils avaient vécu.

- oooo -

Le lendemain, derrière la vitre sans teint, Lisbon observait Anderson assit face à Cho et Rigsby. Comme elle l'avait promit à Jane, elle n'avait pas mit les pieds dans la salle d'interrogatoire et ne le ferait pas. Ce n'est pas l'envie qui lui manquait, mais elle tenait toujours ses promesses. Il avait peur pour elle, ce qu'elle comprenait parfaitement. Alors elle se contentait d'observer.

Anderson n'avait pas dit un mot, de toute façon rien de ce qu'il pourrait dire ne l'aiderait à se sortir de là. Il s'était évadé de prison, avait kidnappé un agent du CBI ainsi que deux fillettes. Il en avait libéré une, mais ce qu'il avait fait ensuite était impardonnable. Il avait faillit tuer Lisbon et Peyson. Il n'avait pas atteint son but et n'y arriverait jamais. A présent, il allait retourner en prison, pour de très longues années.

Au bout de plusieurs minutes de silence total, les deux agents du CBI se levèrent et quittèrent la pièce, laissant Anderson seul. Ils rejoignirent Lisbon dans le couloir.

-" Il n'a rien dit ?" S'enquit-elle.

-" Absolument rien" confirma Rigsby. " Et vous, ça va mieux ?"

-" Beaucoup mieux, merci." Elle fit une pause avant de continuer. " Des nouvelles d'Alex ?"

-" Pas encore, mais un avis de recherches a été lancé" l'informa Cho.

-" Et la famille de Bates, est-elle en sécurité ?" Elle savait que même si Anderson était derrière les barreaux, il avait encore pas mal d'amis qui chercheraient à le venger. C'était une histoire sans fin.

-" Elles sont en sécurité et Bates est actuellement en détention" expliqua l'asiatique. " J'ai vu le procureur et il propose un marché en échange de son témoignage."

-" J'espère qu'il va s'en sortir." Face aux regards interrogateurs de ses collègues, elle ajouta. " Il voulait juste aider sa famille, je ne peux pas l'en blâmer. C'était sa seule chance de sauver la vie de sa petite fille. Même si je lui en veux d'être indirectement responsable de l'enfer qu'ont vécu Peyson et Zoé."

Les deux hommes acquiescèrent puis s'éloignèrent dans le couloir. Elle avait une capacité à pardonner comme personne d'autre. Les deux hommes savaient qu'il n'était pas de même pour Jane, mais que pour Lisbon, il ne ferait rien. Cette femme était le cœur de leur équipe, sans aucun doute.

Lisbon retourna dans son bureau où elle trouva Jane assit sur le canapé blanc qu'il lui avait offert des années plus tôt. Il ne se leva pas lorsqu'elle entra, tourna juste la tête vers elle et elle alla s'asseoir à côté de lui. Le silence s'imposa quelques minutes avant que finalement Jane prenne la parole.

-" Et maintenant ?"

C'était la question qu'elle se posait également : et maintenant ? Ils venaient de clôturer le dossier, Anderson ne pouvait plus rien contre eux. Et maintenant, qu'allaient-ils faire ? La vie allait reprendre son cours, ils allaient reprendre le travail et tenter d'oublier cette mésaventure. Mais un regard échangé les informa que ce n'était pas ce qu'ils voulaient, ni l'un ni l'autre. Qu'importent les dangers qui rodaient autour d'eux, qu'importe la menace qu'était John Le Rouge. Ils ne voulaient pas revenir à ce qu'était leur vie avant tout ça.

Leur discussion à l'hôpital flottait dans l'air autour d'eux, l'image d'une famille heureuse et épanouie. Un enfant courant dans un jardin, une mère riant aux éclats en le poursuivant et un père reconnaissant pour le cadeau que la vie lui avait accordé. Une image qui resterait à jamais gravé dans leur esprit et qu'ils voulaient tous les deux voir se concrétiser.

Jane se leva, tendit à Lisbon sa main qu'elle prit sans hésitation. Une fois à la porte, il lâcha la main de Lisbon pour placer la sienne dans le bas de son dos. Un geste anodin, effectué si souvent par le passé, mais qui aujourd'hui voulait dire tant de choses.

Leurs collègues levèrent les yeux à leur passage mais ne dirent rien lorsqu'ils marchèrent jusqu'à l'ascenseur pour partir. Après tout, Lisbon ne devait pas revenir avant au moins une semaine. Ils savaient qu'elle n'était venue qu'à cause d'Anderson, qu'elle voulait assister à l'interrogatoire.

Maintenant, elle rentrait se reposer, suivie de Jane. Le médecin l'avait autorisée à rentrer chez elle mais pas à venir au bureau. Jane avait été du même avis, mais elle était parvenue à le faire changer d'avis. Elle voulait absolument observer l'interrogatoire.

Jane ne lâchait pas Lisbon, ce qui n'avait rien de bien nouveau. Mais maintenant, il était devenu comme son ombre. Tout le monde savait que tant que l'agent ne reviendrait pas au bureau, il ne reviendrait pas non plus. Il en avait toujours été ainsi, même avant qu'ils ne soient en couple. Pourquoi les choses devaient-elles changer? De plus, la peur de la perdre avait été si forte qu'il refusait de la perdre de vue. Personne ne pouvait le lui reprocher, pas même Bertram qui pourtant était très à cheval sur le règlement. Il avait remarqué depuis qu'il travaillait avec eux que l'agent et le consultant étaient proches l'un de l'autre. Il savait également que ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne se rapprochent d'avantage. Tant qu'ils continuaient de faire du bon travail, il ne dirait rien.

Le duo se retrouva sur le parking. Ils étaient venus avec la voiture de Lisbon car celle-ci refusait de monter dans l'engin de mort du mentaliste. Par contre, il avait refusé de lui laisser le volant et contre toute attente, elle n'avait pas émit d'objections. Il lui ouvrit la porte avant de monter lui-même dans la voiture, puis ils rentrèrent à l'appartement de Lisbon.

L'agent se sentait un peu fatiguée, elle se laissa aller dans son siège, posant sa tête contre la vitre et ferma les yeux. Elle avait voulut se montrer forte devant ses collègues, mains maintenant elle pouvait se relâcher. Elle n'avait pas peur de se montrer faible devant lui, bien que pour lui cela n'avait rien d'une faiblesse.

Le trajet se fit en silence, Lisbon s'étant endormie. Jane savait qu'elle poussait son corps malgré la fatigue. Il aurait bien dit quelque chose, lui aurait bien fait comprendre qu'elle avait besoin de repos. Mais il savait que c'était inutile, qu'elle ne l'écouterait pas. Elle était têtue, et c'est une des choses qui lui plaisait tant chez elle.

De temps en temps, il lui lançait des regards pour s'assurer qu'elle allait bien. Elle était sortit de l'hôpital la veille, juste après la visite de Peyson et sa famille. Ils étaient tous sortis manger une glace, puis la petite famille était partit. Le médecin avait permit à Lisbon de rentrer chez elle, à condition de ne pas faire trop d'efforts et de se reposer. Elle avait accepté et Jane avait promit de veiller sur elle. Bien entendu, Lisbon ne parvenait pas à ne rien faire, il fallait toujours qu'elle s'occupe. Néanmoins, il faisait attention à ce qu'elle n'en fasse pas trop. Il ne voulait pas la voir retourner à l'hôpital si elle poussait son corps au-delà de ses limites.

La voiture arriva enfin devant l'appartement de l'agent. Jane se gara avant de sortir de la voiture, la contourner et ouvrir la porte du côté passager. Lisbon dormait encore et il n'eut pas le cœur de la réveiller. Alors il retira sa ceinture, l'attrapa dans ses bras et la porta jusqu'à la porte. Avec quelques difficultés, il parvint à ouvrir la porte de l'appartement, puis entra, son fardeau toujours dans les bras.

D'un mouvement du pied, il ferma la porte puis se dirigea vers l'escalier. Il monta jusqu'à la chambre de l'agent où il la déposa sur le lit. Il pensa un instant à la délester de sa veste et ses chaussures mais n'en fit rien. Il s'inquiéta toutefois qu'elle ne se soit pas réveillée alors qu'il la portait. Elle n'avait pas un sommeil aussi lourd en temps normal.

Tout comme lui, Lisbon n'était pas une grosse dormeuse, mais alors qu'il allait quitter la chambre, le mentaliste remarqua sur la table de nuit une petite boite de pilules qu'il prit entre ses doigts. Des calmants. Elle souffrait encore des coups que lui avait infligé Anderson et avait dut prendre les calmants avant de partir. Voilà pourquoi elle était si fatiguée. Il souffla de soulagement. S'il n'avait pas trouvé la boite, il l'aurait certainement conduite à l'hôpital pour la faire examiner.

Il se pencha vers elle et posa un baiser sur son front avant de sortir de la chambre. Il avait encore des choses à faire et il comptait profiter du repos de l'agent pour ça. Il se dirigea vers la cuisine pour voir ce qu'elle avait dans les placards et frigo. Même s'il avait acheté de quoi manger avant toute cette histoire, c'était il y a plusieurs jours. Il avait acheté beaucoup de viande fraîche, des fruits et des légumes. De ce fait, il ne restait plus grand-chose de mangeable.

Il devait donc retourner au magasin et maintenant était le meilleur moment pour le faire. Il attrapa donc un morceau de papier sur lequel il laissa un message à Lisbon. Il ne voulait pas qu'elle s'inquiète si jamais elle se réveillait avant qu'il ne soit de retour. Ce geste éveilla en lui des souvenirs d'une époque passée. Il se souvenait lorsqu'il laissait des petits mots à Angela à chaque fois qu'il devait partir travailler et qu'elle dormait encore. C'était si familier et si bon qu'il sentit ses yeux le brûler un peu. Il ravala ses larmes, il ne devait pas pleurer maintenant. Il attrapa sa veste avant de quitter l'appartement.

- oooo -

La sensation douce des draps sous son visage fit du bien à Lisbon mais l'intrigua à la fois. Elle n'avait aucun souvenir d'être allée se coucher. Elle se souvenait juste de s'être installée dans la voiture après l'interrogatoire d'Anderson. Elle s'était certainement endormie dans la voiture et Jane avait dut la porter jusqu'à son lit. Les calmants qu'elle avait prit ce matin étaient terriblement efficaces.

Elle se leva et sortit de la chambre. Elle tendit l'oreille, mais aucun son ne lui parvint. Où donc pouvait être Jane. En descendant les escaliers, elle fut surprise de ne pas le trouver en train de fouiller dans ses placards et tiroirs. Mais alors qu'elle pensait à l'appeler pour savoir où il était, elle remarqua un bout de papier sur la table de salon. Elle l'attrapa et sourit en reconnaissant l'écriture de son compagnon.

"Chère Teresa,

Tu dormais si bien que je n'ai pas voulu te réveiller. Tu as vraiment besoin de repos. Tu aurais du me dire ce matin que tu avais mal, mais comme toujours tu gardes tout pour toi. Je ne t'en veux pas.

Je suis sortis acheter de quoi manger, je me suis rendu compte que ce qui reste dans ton frigo n'est plus mangeable et j'avais envie de nous préparer quelque chose de spécial ce soir.

Continue de te reposer, je n'en ai pas pour longtemps.

Patrick."

Lisbon reposa le bout de papier sur la table et remonta dans sa chambre avec un petit sourire. Comment un simple mot sur un bout de papier pouvait-il faire battre son corps à ce point ? Comment un geste aussi simple pouvait-il provoquer autant de chaleur dans son corps ?

Jamais encore un homme n'avait fait ça pour elle, lui laisser un mot pour qu'elle ne s'inquiète pas. Il faut dire qu'elle n'avait pas été dans une relation sérieuse depuis si longtemps.

Une fois dans sa chambre, elle retira ses vêtements. Elle n'aimait pas dormir habillée, à chaque fois elle se sentait mal à l'aise à son réveille. Elle avait besoin d'une douche bien chaude. Elle marcha jusqu'à la salle de bain tout en retirant ses vêtements. Elle s'arrêta soudain en voyant son reflet dans le miroir. Son corps était couvert d'ecchymoses de différentes couleurs. Elle haïssait ce qu'elle voyait, vraiment. Cela prouvait qu'elle n'avait pas été assez forte pour se protéger. Elle était flic bon sang, elle aurait dut être capable de se défendre.

Elle détourna les yeux et entra dans la cabine de douche. Cela ne servait à rien de culpabiliser sur ce qu'elle ne pouvait pas changer. Elle fit couler l'eau sur son corps, chassant ainsi la culpabilité. Sans qu'elle ne puisse rien y faire, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle ne savait même pas pourquoi elle pleurait, ça n'avait pas de sens. Elle n'était pas de ce genre, pas de ces femmes faibles qui pleurent pour si peu de choses.

Malheureusement, les larmes continuaient de couler le long de ses joues sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle les laissa donc quitter ses yeux, le corps secoué de sanglots jusqu'à ce que finalement elle parvienne à se contrôler. Elle finit de se laver, attrapa une serviette et se rendit dans sa chambre pour s'habiller.

Elle se demandait encore pourquoi elle s'était laissée ainsi aller, sans raison apparente. Puis, elle comprit. Ce n'était pas de la faiblesse, c'était juste une réaction plus ou moins normale lorsqu'on échappait de peu à la mort. Toute la peur qu'elle avait ressentit, la haine quand à la situation qu'elle avait vécu. Elle venait de l'évacuer par ces larmes et à présent elle devait bien avouer qu'elle se sentait mieux.

Elle entendit le bruit de la porte d'entrée de son appartement et sourit. Jane venait de rentrer. Elle se hâta de se préparer avant de descendre le rejoindre à la cuisine. Comme elle s'en doutait, il avait dévalisé le supermarché et elle doutait que son frigo soit assez grand pour y ranger tout ce qu'il avait ramené. Il y avait de tout, des fruits, des légumes, de la viande. Mais il avait aussi prit des produits surgelés, ceux qu'elle aimait tant et cela la fit sourire un peu plus.

Elle s'approcha de lui et il lui sourit. Pas un mot ne fut échangé alors qu'ils rangeaient les courses ensemble. Tout ceci était si étrange et si familier à la fois. L'agent s'y habituerait sans problème.

Une fois la cuisine plus présentable, Jane renvoya gentiment Lisbon dans le salon et il s'occupa de leur préparer des boissons. Elle se laissa faire, il était inutile de discuter de toute façon, il ne l'écouterait pas. Alors elle s'installa confortablement sur le canapé, remonta les pieds contre sa poitrine et attendit qu'il arrive, ce qu'il fit rapidement. Il lui tendit une tasse fumante qu'elle prit puis il s'installa à côté d'elle.

-" Tu t'es bien reposée ?" S'enquit Jane en se tournant vers elle.

-" Assez oui. Merci de m'avoir monté dans ma chambre."

-" De rien. Par contre, pourquoi ne m'as-tu pas dis que tes blessures te faisaient mal ?" Voulut-il savoir.

-" Ce n'est rien, inutile de t'inquiéter" répondit-elle évasivement.

-" Ce n'est pas rien Lisbon" insista Jane. " Si tu as mal, il faut que tu me le dises. Si jamais ça ne passe pas, il faut retourner voir le médecin."

-" C'est inutile Jane. J'ai déjà été blessée par le passé, alors je sais de quoi je parle. Et puis j'ai de bons calmants."

-" Ça pour être bons ils le sont, à tel point que tu t'es endormie dans la voiture."

-" Il y a de ça et il y a aussi que j'étais assez fatiguée."

-" C'est un peu normal et je pense que tu devrais te reposer encore un peu. Encore une chance que tu sois en congé pendant une semaine."

Lisbon posa sa tasse sur la table devant elle et se tourna complètement vers Jane.

-" Je suppose que tu as des projets pour cette semaine."

-" Tu supposes bien" acquiesça-t-il.

-" Et quels sont-ils ?"

Jane fit une pause, ce qui inquiéta un peu Lisbon. Il semblait avoir tout prévu pour la semaine à venir, mais c'est comme s'il avait peur de lui révéler ses projets. Elle sentit que c'était quelque chose d'important et, pour le rassurer, elle posa une main sur son bras.

-" Qu'as-tu prévu Jane ?" Insista-t-elle.

Il plongea son regard dans le sien. " C'est maintenant ou jamais" pensa-t-il. Il prit une profonde inspiration, comme pour se donner du courage.

-" J'avais pensé qu'on pourrait passer à mon motel pour prendre mes affaires et les rapporter ici" dit-il si doucement qu'il doutait que Lisbon l'ait entendu.

Mais elle l'avait entendu et resta un moment sans réaction. Avait-elle bien entendu ? Avait-il vraiment suggéré de s'installer chez elle ? Elle sentit son cœur accélérer dans sa poitrine à la simple idée qu'il veuille la même chose qu'elle. Elle scruta attentivement son visage et constata qu'il avait peur de ce qu'elle allait répondre. Alors, pour mettre fin à son calvaire, elle se pencha vers lui et répondit pas des gestes plutôt que par des mots. Elle l'embrassa tendrement, sa main toujours sur le bras de Jane. Il sourit contre ses lèvres, comprenant que la réponse était oui. Ils se séparèrent, mais restèrent front contre front. Jane posa sa main sur la joue de Lisbon qu'il caressa tendrement. Ils venaient enfin de sauter le pas, de franchir une étape importante de leur relation. Ils devenaient enfin un vrai couple, comme ils en rêvaient depuis si longtemps. A peine quelques mois plus tôt, si on leur avait dit qu'ils finiraient ensemble, aucun d'eux n'y aurait cru. Et maintenant ils étaient ensemble et ni l'un ni l'autre ne le regrettait.

-" On y va quand tu veux" sourit Lisbon, son front toujours contre celui de Jane. " J'y pense depuis longtemps moi aussi." Elle fit une pause et devint plus sérieuse. " Et à propos de John Le Rouge ?"

Jane ne répondit pas tout de suite, tout simplement parce qu'il ne savait pas quoi répondre. Si le tueur découvrait qu'il s'était installé chez Lisbon, il risquait de s'en prendre à elle. Mais d'un autre côté, elle était déjà une cible pour le tueur. Il ne voulait plus se laisser dicter sa vie, il voulait vivre pour de bon.

-" Il aura plus de raisons de s'en prendre à toi, mais comme tu le dis si souvent, tu es flic et tu sais te défendre" répondit enfin Jane. " Mais ça ne veut pas dire que je ne chercherai pas à te protéger, même si tu n'as pas besoin de moi pour ça."

C'était la réponse qu'attendait Lisbon. Elle devait bien avouer que depuis leur rencontre avec Peyson, Jane avait beaucoup changé. Il s'était ouvert, s'était confié à elle. Au lieu de se renfermer sur lui-même, de s'enfermer dans son grenier comme il en avait l'habitude, il était resté avec elle, travaillant dur pour trouver le coupable. Et il l'avait fait, il avait été celui à comprendre qu'Anderson n'était pas celui qu'il prétendait être. Grâce à lui, Anderson avait été arrêté et Peyson avait été sauvée. Jane n'était plus le même homme qu'avant, mais il n'était pas non plus celui qu'il était avant la mort de sa famille. Il était un nouvel homme, il semblait se reconstruire. Elle n'irait pas jusqu'à dire que c'était grâce à elle, mais elle devait reconnaître que depuis qu'ils étaient ensemble il allait mieux.

Ce qu'il avait refusé depuis des années semblait lui être devenu indispensable. Vivre avec elle était ce qu'il voulait le plus, tout comme elle. L'agent avait toujours vécu seule, ne vivant que pour son travail. La solitude lui avait souvent pesé, mais sa carrière l'aidait à ne pas y penser. Puis, cette enquête était arrivée et avait bouleversé sa vision de la vie. Elle s'était rendu compte que son travail n'était pas tout, qu'elle voulait une famille elle aussi. Elle en avait une maintenant, même si elle se composait uniquement d'une personne. Mais qu'importe, elle n'avait pas besoin de plus.

La main de Jane sur sa joue la sortie de ses pensées et elle croisa son regard inquiet par son silence. Elle lui sourit pour le rassurer.

-" Tu veux manger avant de partir ?" Questionna Jane.

-" Que me proposes-tu ?" Elle savait que Jane adorait cuisiner pour elle et elle aimait énormément l'observer évoluer dans sa cuisine, comme s'il était chez lui.

-" Un plat de pâtes en sauce, et je te laisse même choisir la sauce."

-" Tu es mentaliste, alors devine."

Ils se sourirent encore une fois avant que Jane ne se rende dans la cuisine. Lisbon s'installa sur un tabouret pour s'adonner à son activité favorite: observer Jane cuisiner. Une nouvelle vie s'ouvrait à eux et ils comptaient bien en profiter.


TBC…


A/N2: et voilà pour aujourd'hui. J'espère que vous avez aimé ce chapitre et que vous n'hésiterez pas a laisser un commentaire.

Pour ceux qui attendent la suite de ma fic Vies Secrètes, sachez qu'elle arrivera aussitôt que j'aurais finis de l'écrire. Je sais que vous attendez depuis longtemps et je m'en veux de cette attente que je vous impose. Mais avec le déménagement et mes problèmes de santé, sans oublier le travail, je n'ai pas vraiment eus le temps d'écrire autant que je le voulais. Mais je peux vous dire que le chapitre 7 avance bien et devrait être en ligne la semaine prochaine. Si toutefois j'ai internet chez moi. En cette période de fête, je n'ai pas pus faire mon abonnement internet et je vais donc devoir attendre début Janvier. Je serais donc sans internet jusque là. Mais je tenterais de me connecter au travail afin de vous poster mes chapitres.

Bonne nuit a tous les amis et Joyeux Noël.

Sweety 22/12/13