On est dimanche... Voici la suite de When it all comes down! Merci de l'accueil chaleureux que vous m'avez réservée! C'est toujours un plaisir! Je savais que cette fic ne vous laisserait pas indifférent. Vous m'avez bien motivé à continuer de la traduire en tout cas.

A la demande de Gwenetsi j'ajoute à partir de maintenant la traduction des titres et extraits de chanson présents à chaque début de chapitre, entre parenthèses. Je me suis référée à "la coccinelle . net", car je ne connaissais pas la chanson et ne voulais pas faire de contre-sens. J'ai juste changé deux trois bricoles à la traduction que proposait le site.

Le premier chapitre vous a beaucoup plu, je vous comprends bien! Ce deuxième chapitre ne va pas arranger les choses même si des réponses arrivent concernant Tony. C'est la première fois que je traduis une fic, mais grâce à vous je me régale déjà!

Beaucoup m'ont demandé la suite de Périples Internationaux... J'y travaille... Mais ce que j'ai écrit ne me plait pas...

Bonne lecture et vive les reviews!


AmyDinozzo : Moi aussi j'adore la façon dont l'auteure décrit les sentiments de Ziva. Je suis contente que la traduction soit réussie. Paloufette : La voilà! La voilà! Chou05 : Merci :) Respire, tu vas survivre! Je pense que la fic se situe dans la saison 7, parce que dans les chapitres suivants il y a de nombreuses allusions à la Somalie, mais aucune à CIRay ou à E.J. Sasha : De rien! Je suis ravie que tu sois déjà accro. PBG : Mais oui il va revenir! :D Il s'est fait passer pour mort? La réponse dans ce chapitre! Byyysapo : Merci, voilà la suite! Esile : Super contente de te retrouver par ici! Non non, ta présence ne me met pas du tout la pression... DiNozzoGirl : Moi je regrette un peu l'absence de Tim, mais tant mieux si ça ne te dérange pas! Gwen : Mais oui mais oui je suis là! Si le chapitre est AIPMique c'est pas de ma faute, je ne fais que traduire! (cette excuse a du bon parfois) Beaucoup des chapitres de cette fic sont AIPMique... Et tu n'as rien à dire! Tu veux qu'on parler de Haut Vol? De Tony mourant? Tu es autant sans coeur que moi! Tu as fini de bouder? Parce que sinon je ne poste pas...


Scene two - Black Balloon (Chapitre deux - Ballon Noir)

You know the lies they always told you (Tu connais les mensonges qu'ils t'ont toujours raconté)
And the love you never knew (Et l'amour que tu n'as jamais eu)
What's the things they never showed you (Quelles sont les choses qu'ils ne t'ont jamais montrées?)
That swallow the light from the sun inside your room, yeah (Qui avalaient la lumière du soleil dans ta chambre?)

Comin' down the world turned over (En descendant le monde a changé de face)
And angels fall without you there (Et les anges tombent sans toi là-bas)
And I go on as you get colder (Et alors que tu deviens de plus en plus froide je continue)
Always someone there… (Toujours quelqu'un ici...)

- Tiens, la voilà ta sacrée pizza, râla Tyler Stevens. Cependant, il ne donna pas la boîte à Tony, qui dut faire un effort pour l'attraper. Tony rit face à l'air énervé qu'affichait clairement son partenaire.

- Hey! Il y a une délicieuse pizza dans cette boîte, ne lui manque pas de respect, lâcha Tony en ouvrant la boîte, l'odeur de sa "suprême triple viande" flottant dans l'air jusqu'à ses narines.

- Ah... Tu en veux une part?

- Après toutes les emmerdes auxquelles j'ai dû faire face pour t'avoir cette pizza, tu oses me demander si j'en veux une part. Passe m'en une.

Tony rit en tendant une part à Tyler, qui bouda un peu le jeune agent avant d'attraper sa part.

- Ouais, je suis sûr que ça a été un vrai enfer pour toi de conduire à travers la ville, d'aller jusqu'à la pizzeria et... Tony imita un halètement de douleur. Commander une pizza, reprit-il, et oh mon dieu attendre dix minutes avant de...

- Tu es vraiment insupportable, tu le sais ça? Demanda Tyler en mordant dans sa part de pizza. Je suis étonné que David ne t'ai jamais botté les fesses assez fort pour que tu t'en souviennes, avec toutes les histoires que j'ai entendu à son sujet...

Tony passa sur le léger tiraillement qui le saisit lorsque Tyler mentionna Ziva.

- Et oui mec, j'ai été assez chanceux sur ce point. Elle aurait probablement dû m'étriper il y a un bon moment. Elle ou Gibbs, l'un d'entre eux aurait déjà dû se débarrasser de moi.

- Vous formez vraiment une drôle d'équipe, tous ensemble.

- Peu importe, le principal c'est que ça fonctionne, répondit Tony en haussant les épaules, se calmant un peu alors que ses pensées dérivaient vers l'équipe.

Les deux agents terminèrent de manger leur pizza en silence. Tony n'avait aucune idée de ce à quoi Tyler pouvait bien penser, et il s'en fichait. Il était déjà suffisamment occupé avec ce qu'il se passait dans sa propre tête.

Gibbs. McGee. Ziva. Ducky. Abby. A quoi est-ce qu'ils pensaient tous, en ce moment?

Tony grogna alors que l'effet des médicaments qui l'avaient gardé inconscient diminuait. Il revenait difficilement à la réalité, un peu groggy. On lui avait tiré dessus. Oh merde. On lui avait tiré dessus. Génial. Jamais plus il ne voulait revivre ça.

- Bonjour, Agent DiNozzo.

Tony tenta d'éclaircir un peu sa vue, ses yeux ayant encore du mal à se concentrer sur l'homme qui se tenait à l'entrée de sa chambre d'hôpital.

- Directeur Vance, dit-il dans un rire rauque. A quoi dois-je ce plaisir?

- Un directeur ne peut-il pas venir s'assurer de l'état de santé d'un de ses agents après que celui-ci se soit pris une balle?

Tony renifla.

- Je m'attendais plutôt à la visite de Gibbs avant la votre.

- Oh Gibbs est venu. Mais il est tard maintenant, il doit être épuisé. Si David le considère comme un père, ça représente un sacré boulot pour Gibbs de réussir à la convaincre de faire quelque chose quand elle est déterminée à faire exactement le contraire.

Vance avança un peu dans la pièce, et Tony s'aperçut seulement maintenant qu'un autre homme, un peu plus âgé avec des cheveux poivre-sel, accompagnait le directeur.

- Agent DiNozzo, je vous présente l'Agent Spécial Harry Conrad. Je suis sûr que vous vous connaissez au moins de vue.

Tony se tordit les méninges un moment, réfléchissant. Harry Conrad. Tony était presque sûr qu'il était le chef d'une autre équipe du NCIS.

- Agent DiNozzo, déclara l'Agent Conrad à l'attention de cet autre agent un peu plus jeune que lui.

- Agent Conrad, dit Tony en retour, avant de replacer ses yeux dans ceux du directeur. Je devine bien qu'il ne s'agit pas d'une simple visite de courtoisie.

- Malheureusement DiNozzo, vous devinez juste. Agent Conrad, voulez-vous lui expliquer la situation?

Conrad hocha la tête d'un signe affirmatif avant de prendre la parole.

- Ces quatre dernières années mon équipe et moi avons poursuivi un réseau de trafiquants de drogue dans une base militaire voisine. On a attrapé un bon nombre de dealers, mais jusqu'à ce jour nous n'avons pas été capable de les relier jusqu'à la tête du réseau.

- Et... Qu'est-ce que j'ai à voir avec ça?

- J'en arrive à ce point. Vous et votre équipe avez malencontreusement eu la chance de vous retrouver impliqués dans cette recherche en enquêtant sur la mort d'un marine qui selon nous fait partie de la tête de ce réseau de trafiquants.

- ça craint. Il faut toujours que ça tombe sur nous.

- Je vous autorise à redire ça encore une fois. Nous avons réussi à identifier l'homme qui vous a tiré dessus. L'homme que l'Agent David a, heureusement pour nous, réussi à stopper dans sa fuite. Il est en détention provisoire pour le moment, et mon équipe a repris cette enquête.

- Bien. Et la raison qui fait que vous êtes en train de m'expliquer tout ça au lieu de le dire à Gibbs est que...?

- Et bien... C'est là que les choses se corsent un peu. A l'heure où je vous parle il est déjà remonté jusqu'aux oreilles du chef de ce réseau que l'un de ses hommes a été placé en garde à vue, et qu'il a tiré sur un agent du NCIS. Ils vont surveiller votre équipe suite à cela. Ils vont vouloir savoir si l'un d'entre eux vous fait des recherches les concernant, si vous essayiez de vous renseigner sur leur trafique.

- Vous êtes en train de dire que mon équipe et moi sommes en danger, répondit Tony.

- Tant qu'aucun d'entre vous ne fait de recherches à leur sujet, non, vous irez tous bien.

Conrad semblait certain de ce fait. Tony ne cernait pas encore très bien le but de cette conversation.

- Cependant, il y a aussi le fait que vous vous êtes pris une balle dans la poitrine que l'on ne doit pas oublier, reprit Conrad.

- ça ne compte pas pour du beurre, c'est sûr, blagua faiblement Tony. Conrad ne parut pas trouver cela drôle.

- Ce serait un vrai problème pour eux... si ils avaient tué un agent du NCIS.

Tony pâlit en comprenant ce que cette phrase pouvait signifier.

- Vous allez... me tuer?

- C'est une façon de parler.

Tel était le plan. Prétendre que Tony était mort. Laisser cette nouvelle arriver jusqu'aux oreilles des trafiquants. Et espérer que cette nouvelle les perturbe suffisamment pour que les dealers révèlent enfin l'identité des chefs du réseau. C'était aussi un moyen de s'assurer que l'équipe de Gibbs ne mette pas son nez dans cette affaire, qu'ils ne posent aucune question et restent par là même en sécurité. Personne ne partirait à la chasse en quête de vengeance, Ziva ayant déjà atteint l'homme qui lui avait tiré dessus. Tout le monde s'en sortirait bien.

Et tout le monde penserait que Tony était mort.

ça n'était pas réellement un bon plan. Pas en ce qui concernait Tony. Pour lui, ça n'était en aucun cas un bon plan. Il détestait l'idée d'être mort. Il détestait le fait de ne pas pouvoir travailler. Les slaps de Gibbs lui manquaient sincèrement. Tourmenter McGee, les câlins d'Abby, les histoires de Ducky, tout ça lui manquait vraiment. Et bon sang, qu'est-ce que Ziva pouvait lui manquer. Pas une part d'elle en particulier, non, Ziva dans son ensemble lui manquait.

Il voulait vraiment rentrer chez lui.


Ziva grommela tandis qu'elle revenait lentement et douloureusement à la réalité. Elle s'assit en douceur, sa tête tournant légèrement. Elle jeta un œil aux alentours. Elle était de retour chez Gibbs, dans la chambre qui lui avait été attribuée.

- Ziva?

L'israélienne dirigea ses yeux vers Abby qui se tenait sur le seuil. Elle serrait dans ses mains une tasse d'où s'échappait un peu de vapeur.

- Hey, murmura Abby. Elle hésita un moment, puis vint s'asseoir sur le bord du lit de Ziva. Elle lui tendit la tasse qu'elle avait dans les mains. C'est du thé. Je ne savais pas vraiment comment tu te sentirais quand tu te réveillerais. Je ne t'ai jamais entendu dire que tu avais pris des somnifères, je ne savais donc pas si ça te rendait malade ou quelque chose...

Ziva pesta silencieusement alors qu'Abby finissait de parler. Des somnifères. Elle n'avait pas touché à ces fichues pilules depuis la Somalie. Elle avait espéré ne jamais avoir à en reprendre.

- Et donc... Tu te sens comment? Demanda enfin Abby. Elle posa la tasse sur la table de chevet, comprenant que Ziva n'allait pas la boire. Ziva prit quelques secondes pour évaluer l'état dans lequel elle était. En dehors des vertiges habituels qu'elle subissait toujours après avoir pris des somnifères, elle pouvait dire qu'elle se sentait relativement bien.

Elle aurait volontiers dit ça à Abby, mais les souvenirs de l'enterrement commençaient à lui revenir à l'esprit. L'enterrement. L'enterrement de Tony. Oh bon sang.

Ziva grogna quelque chose, et laissa tomber sa tête entre ses deux mains.

- Ziva? L'interrogea Abby, posant une main sur les épaules de la jeune femme. Qu'est-ce qui ne va pas?

Il fallut une bonne minute à Ziva avant qu'elle ne trouve les mots les plus appropriés pour répondre à cette question.

- Hier... Oh mon dieu... Que s'est-il passé? Demanda Ziva.

Abby ne répondit pas. Elle préféra s'asseoir plus confortablement aux côtés de Ziva. Elle passa doucement ses deux bras autour du corps frêle de son amie.

- Personne n'a rien dit de mal sur toi, dit Abby après un moment, réalisant que le câlin seul ne suffirait pas à rassurer l'israélienne. Personne, ne t'inquiète pas.

- Si avant ça personne ne pensait que j'étais folle, ils ont maintenant toutes les raisons de le penser, marmonna Ziva en passant une main dans ses cheveux. Abby émit un son qui montra bien son désaccord.

- Personne ne pense que tu es folle Ziva, et personne ne l'a jamais pensé.

Ziva laissa un rire jaune s'échapper de sa gorge. Tony ne l'appelait pas "crazy ninja chic" pour rien...

L'avait appelée. Tony ne l'avait pas appelée comme ça sans raison. Jamais plus il ne l'appellerai ainsi.

- Tout le monde comprend Ziva, c'est normal, reprit Abby.

- Normal. C'est ça. Abby, je n'ai vu personne d'autre s'effondrer et se mettre à sangloter comme une enfant de trois ans. Ziva se tut un instant avant de reprendre. Pas même toi.

- Ce n'est qu'une question de moment et de lieu, répondit Abby simplement. Je me suis effondrée quand j'ai appris la nouvelle. Et avant l'enterrement. Et après, pendant que les autres s'occupaient de toi. Et il y a cinq minutes encore, avant que je ne vienne voir si tu étais réveillée.

Maintenant que Ziva se trouvait très proche d'Abby, elle pouvait en effet voir que ses yeux étaient rouges et encore un peu humides.

- Le bon moment et le bon lieu, répéta Ziva dans un murmure.

Abby hocha la tête en signe d'acquiescement, pensant avoir réussi à calmer Ziva. Mais celle-ci reprit la parole.

- Et son enterrement n'était ni le bon endroit ni le bon moment, n'est-ce pas? Abby hésita suffisamment longtemps à répondre pour que Ziva comprenne qu'elle supposait juste.

- Je devrais y aller, dit-elle soudainement, s'éloignant d'Abby et repoussant les couvertures. Elle se leva. Ses jambes tremblèrent pendant quelques secondes après qu'elle se soit redressée.

- J'ai dormi pendant combien de temps?

- Euh... environ dix-huit heures. Je crois que tu avais besoin de sommeil, dit Abby.

Ziva choisit de ne pas répondre à ça, et préféra attraper son sac de voyage. Elle fouilla à l'intérieur, à la recherche de vêtements propres. Le miroir dans lequel elle avait violemment lancé sa brosse la veille avait été remplacé.

- Où est-ce que tu vas? Demanda Abby en se levant à son tour, regardant Ziva chercher des habits.

- Chez moi. J'en ai marre d'occuper cette chambre chez Gibbs et d'être traitée comme si j'avais besoin d'une babysitter.

- Gibbs se faisait simplement du souci pour toi, Ziva. Il s'en fait encore d'ailleurs. Tu crois vraiment qu'il va te laisser partir?

Ziva ne répondit pas, choisissant de se concentrer sur ce qu'elle faisait. Abby se rassit sur le lit, croisa ses jambes et but une gorgée du thé devenu tiède.

- ça ne va pas le faire, dit-elle après un moment.

Ziva s'immobilisa alors qu'elle enfilait un T-shirt et regarda Abby par dessus son épaule. La gothique la fixait d'un air sérieux.

- Pardon?

- Ce qu'il s'est passé à l'enterrement, c'était un signe. Tu ne vas visiblement pas bien Ziva. Si tu continues d'agir comme tu le fais, tu vas finir par t'effondrer de nouveau. Tu dois faire face à la douleur Ziva. Arrête de faire comme si elle n'existait pas.

Ziva resta encore immobile un moment, puis finit d'enfiler son T-shirt. Elle se laissa ensuite tomber sur le lit, reposa ses coudes sur ses genoux en enfouit son visage dans ses mains. Elle ne voulait pas faire face à la douleur qu'elle savait ressentir. Elle voulait l'enfouir profondément, loin dans sa tête. Le plus loin qu'elle le pourrait, quelque part entre la Somalie, Ari et Tali... Elle voulait pouvoir oublier. Ignorer ce surplus d'émotions qui menaçait de s'emparer d'elle. Elle ne pouvait pas laisser ces sentiments prendre le contrôle de sa personne.

Elle préférait fuir.

Abby s'approcha de Ziva et la serra une fois de plus dans ses bras, dans une étrange étreinte puisqu'elle se trouvait derrière l'israélienne. Elle reposa sa joue sur son dos.

- Je sais que ça te paraît absurde pour le moment, dit-elle calmement, repoussant les larmes qui menaçaient encore une fois de s'échapper de ses yeux. Des larmes qui n'aideraient pas Ziva à aller mieux. Mais ça va aller Ziva. Tu vas aller bien. Je sais que tu t'en remettras.

Ziva savait elle aussi qu'elle s'en sortirait, tant qu'elle gardait le contrôle sur ses sentiments.


- Vous vous moquez de moi, n'est-ce pas? Demanda Gibbs, jetant un œil aux dossiers de candidature que lui avait donné Vance.

- Je pense qu'une semaine est un temps convenable pour faire le deuil d'un agent.

Si Gibbs pouvait un jour coller son poing dans le visage du directeur, c'est maintenant qu'il aimerait pouvoir le faire. Une semaine était loin de suffire pour un deuil, très loin.

- Je vous connais Gibbs, vous ne voulez pas remplacez l'Agent DiNozzo. Mais ce n'est pas comme s'il allait revenir. Un jour vous allez devoir finir par le remplacer.

- Un jour. Mais pas aujourd'hui.

Pas si rapidement après l'enterrement. Pas après que Ziva ait disparu pendant tout un week-end, ne répondant pas à son téléphone, n'ouvrant pas la porte de son appartement quand quelqu'un allait toquer chez elle. Pas après qu'elle soit arrivée au NCIS ce matin en affichant une mine de déterré. Quoi qu'elle ait fait ce week-end, elle n'avait visiblement ni dormi ni pris soin d'elle.

- De tout façon l'Agent Timmons est en chemin à l'heure où nous parlons. Donc je crois que ça devra être aujourd'hui.

Si Gibbs avait pu tuer quelqu'un de son regard, le NCIS aurait perdu un autre directeur. Gibbs balança le dossier de Timmons sur le bureau et sortit de la pièce aussi calmement qu'il le put étant données les circonstances. Autant dire pas très calmement.


Les doigts de McGee volaient sur son clavier tandis que ses yeux dérivaient régulièrement vers la jeune femme assise à l'autre bout de l'openspace. Des cernes noirs se dessinaient sous ses yeux, et ses cheveux pendaient librement autour de son visage, dans un ensemble assez chaotique. Si elle avait remarqué que McGee l'observait, elle ne le montrait pas, restant concentrée sur son ordinateur.

McGee aurait aimé pouvoir sortir de sa tête l'image de Ziva sanglotant dans l'herbe, recroquevillée sur elle-même.

Ding!

Deux têtes se tournèrent en un seul mouvement vers l'ascenseur pour voir un homme en sortir. Il était grand, il mesurait au moins 1m80. Ses cheveux blonds étaient coupés courts et ses yeux d'un bleu glacé. McGee et Ziva suivirent ses mouvements des yeux alors qu'il arrivait dans l'openspace. Il s'arrêta devant le bureau de Ziva, la regarda. Ziva eut le fort sentiment qu'il était en train de la juger, et en mal.

- Je cherche l'Agent Gibbs, il est dans le coin?

- Il est avec le directeur, répondit Ziva d'un ton suffisamment froid pour que cet homme le remarque. Peut-on faire quelque chose pour vous?

L'homme émit un petit rire avant de faire volte-face. Je ne pense pas, chérie. Ziva fronça les sourcils alors qu'il se dirigeait vers le bureau de Tony. Il y déposa son sac, puis s'assit sur la chaise de Tony.

- Ce bureau est déjà pris.

- D'habitude les hommes morts n'ont pas besoin d'un bureau.

Cet homme eut la chance que Gibbs choisisse ce moment pour sortir du bureau du directeur. Ziva se força à reporter son regard sur son écran d'ordinateur, ses doigts heurtant le clavier avec plus de force que nécessaire. McGee se retint de lui dire de se calmer. Il n'avait pas envie de mourir lui aussi.

- Agent Timmons? Demanda Gibbs à l'attention du nouvel arrivé alors qu'il pénétrait dans l'openspace. Les regards de McGee et Ziva glissèrent rapidement vers leur patron, puis vers l'homme aux cheveux blonds. Celui-ci répondit à la question de Gibbs par un hochement de tête et se leva. Il tendit sa main en direction de son nouveau patron, mais Gibbs ne prit pas la peine de serrer sa main.

- McGee, Ziva, je vous présente l'Agent Timmons. Le nouveau membre... de notre équipe.

Gibbs n'avait pas besoin de regarder ses agents pour savoir que cette dernière phrase les avait surpris et avait généré chez eux des regards de dégoût.

- Agent Timmons, voici les Agents Timothy McGee et Ziva David. J'espère que vous les apprécierez.

Après cela, Gibbs se dirigea aussitôt vers l'ascenseur. Ziva sauta sur ses pieds, jeta un regard noir à Timmons.

- Ne vous approchez pas de ce bureau, lâcha-t-elle avant de courir après Gibbs. Elle le rattrapa juste avant que les portes de la cabine métallique ne se referment. Gibbs s'était apparemment attendu à ce qu'elle le suive. Ses doigts étaient déjà prêts à baisser le bouton d'arrêt d'urgence. Il appuya dessus dès que les portes furent fermées.

- Moi non plus je ne l'aime pas, dit Gibbs avant que Ziva n'ait pu ouvrir la bouche. Il faut dire qu'elle ne savait pas encore vraiment ce qu'elle allait dire.

- J'ai passé les dix dernières minutes chez Vance à essayer de nous éviter ça. Mais on est coincé avec ce type.

Il attendit que Ziva intègre cette information. La lueur de rébellion qui avait brûlé dans ses yeux fatigués disparaissant doucement.

- Tu ne m'en veux pas? S'étonna Gibbs.

- Qu'est-ce que je pourrais dire? Répliqua Ziva doucement. Je savais... que Tony devrait être remplacé. Ce n'est pas une surprise.

- ça l'est quand même.

Ziva baissa les yeux vers le sol de l'ascenseur.

- Je ne m'attendais pas à ce que ça arrive si rapidement. Au moins ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, une semaine c'est déjà pas mal, non?

Gibbs ne répondit pas. Au bout d'un moment Ziva releva les yeux et le regarda de nouveau.

- Est ce que c'est ce que vous avez tous ressenti quand je suis arrivée et que j'ai remplacé Kate?

Une fois de plus, Gibbs ne répondit pas.

- Je sais maintenant à quel point vous m'avez tous haï.

- Personne ne t'a haï Ziva.

Elle eut un rire creux.

- Bien sûr.

Après cela elle contourna Gibbs, et appuya sur le bouton d'urgence. L'ascenseur se ralluma, et reprit sa montée. Gibbs se retint de briser le silence et de demander à Ziva si ça irait. Parce qu'il avait le pressentiment que non, ça n'irait pas.

James Timmons s'était déjà installé au bureau de Tony quand Ziva revint dans l'openspace. Elle s'arrêta devant lui, lança un nouveau regard noir à Timmons, qui la regarda lui aussi, avec un sourire satisfait.

- Je peux t'aider chérie? Demanda-t-il d'une voix condescendante. Ziva résista péniblement au besoin urgent de le frapper qu'elle ressentait. Pas maintenant. Pas tant qu'elle ne serait pas prête à risquer son travail, ou pas avant que Gibbs ne le renvoie.

- Mon nom est Ziva David, claqua-t-elle, serrant les poings. Vous m'appellerez Agent David, et rien d'autre. Vous êtes ici pour faire votre travail, alors faites le, sans la moindre autre remarque. Ainsi peut-être qu'on pourra tous finir cette journée sans s'entretuer.

Si Timmons avait entendu une rumeur concernant Ziva avant ce moment, la moindre rumeur, il aurait déjà écrit sa lettre de démission et l'aurait rendu avant même qu'elle n'ait fini de parler. McGee était lui même effrayé par Ziva, alors que ce n'était pas vers lui que la rage de l'israélienne était destinée. Mais Timmons se contenta de rire, et d'allumer l'ordinateur de Tony, attendant qu'il démarre.

- Du calme chérie. Nous n'avons aucune raison de nous entretuer, n'est-ce pas?

- Ziva, dit McGee rapidement, reconnaissant l'étincelle dangereuse qui dansait dans les yeux de l'israélienne. Elle regarda encore Timmons pendant un long moment avant de tourner les talons et de retourner s'asseoir avec rage derrière son bureau.

ça n'allait pas le faire, pensa-t-elle en s'asseyant. Elle serra les dents et jeta un autre regard meurtrier à l'homme qui s'était attribué le bureau de Tony. Elle n'avait passé que cinq minutes avec Timmons, et pourtant elle avait déjà une envie folle de le tuer. Comment était-elle supposée réussir à travailler avec un gars dans son genre?

Tout ça n'allait pas bien se terminer.


La suite dimanche prochain ;)