Voili voilou le nouveau chapitre. Deux petites choses sur celui-ci avant que vous ne le lisiez :

- L'auteur y donne pour la première fois un surnom à Ziva : Zizi. En anglais ça passe très bien, mais pour une raison assez évidente j'ai préféré remplacer ce surnom par "Zi" dans la traduction.

- Dans la "vo" à un moment Tony s'adresse à Ziva et utilise une expression américaine que celle-ci ne comprend pas. Ce qui est drôle c'est que j'ai eu beau chercher et chercher... Je ne l'ai pas comprise non plus. Et l'auteur ne m'a pas répondu. J'ai donc choisi de remplacer cette expression par une référence à un film que Ziva n'aurait pas vu et ne comprendrait donc pas. Je me suis un peu creusé la tête parce que sur ce point je suis loin d'égaler Tony. Enfin vous verrez, j'espère que ça passera.

Bonne lecture et vive les reviews! :)


Scene twelve - What about now (Et maintenant?)

Shadows fill an empty heart (Les ombres emplissent un coeur vide)

As love is fading (Alors que l'amour s'en va doucement)

From all the things that we are (De toutes les choses que nous sommes)

But are not saying (Mais que nous ne nous avouons pas)

Can we see beyond the stars (Peut-on voir au-delà des étoiles)

And make it to the dawn?(Et redonner vie à notre amour?)

- Non.

- Ziva...

- Non, il n'en n'est pas question Tony. Non. Je ne laisserai personne me ridiculiser à ce point.

- Zi, il n'est pas question de te ridiculiser. C'est la politique de l'hôpital.

- Bien sûr que c'est totalement ridicule. Je ne m'abaisserai pas à ça, et je ne changerai pas d'avis.

Tony soupira, et frotta son visage de ses mains.

- Allez Ziva, Gibbs nous attend en bas et tu sais à quel point il est impatient. Si on ne se dépêche pas il va probablement partir sans nous. Contente-toi de t'asseoir dans cette chaise roulante et laisse moi te pousser sur les quelques mètres qui séparent ta chambre de l'ascenseur, puis les quelques mètres entre l'ascenseur et la sortie. S'il te plait?

- Non.

La décision de Ziva était prise, elle ne reviendrait pas dessus. Une fois de plus Tony n'aurait pas dû être surpris. Ils avaient passé les dix dernières minutes à se disputer au sujet de ce fauteuil roulant. Elle refusait de se montrer faible. Tony était déterminé à la faire suivre la politique de l'hôpital. Et il devait bien l'admettre, à aussi le laisser prendre soin d'elle, même juste un tout petit peu.

- En plus, te connaissant, tu me pousserais droit dans un mur, juste histoire de rire.

- Ok, ça ce n'était pas drôle. Tu crois vraiment que je conduirais intentionnellement une femme blessée droit dans un mur?

Ziva leva les sourcils à l'entente de cette dernière phrase, visiblement pas dupe de son air innocent. Elle n'avait décidément pas une grande confiance en lui.

- Ziva, je te promets que je ne t'enverrai pas droit dans le premier mur qui vient. Je veux juste qu'on aille jusqu'à l'ascenseur, et qu'on descende rejoindre Gibbs à sa voiture. Je ne ferai aucune blague. Aucun humour douteux. Rien que nous deux et ce fauteuil roulant vers l'infini et au-delà!

L'air de manque de confiance évident qu'affichait Ziva se transforma en un air perdu que Tony accorda au fait qu'elle n'avait pas compris ce qu'il venait de dire.

- Quoi, tu n'as jamais entendu cette phrase auparavant?

Elle secoua la tête.

- Mmmh... J'ai encore pas mal de films à te montrer à ce que je vois. Quoiqu'il en soit, grimpe dans cette chaise, Zee-vah, allez.

Ziva soupira, jeta un œil au fauteuil roulant comme si celui-ci allait lui jouer un sal tour.

- Tu as conscience que je suis parfaitement capable de quitter cet hôpital par mes propres moyens, en marchant, n'est-ce pas? Que cette mesure de précaution est totalement inutile?

- Tout à fait. L'infirmière qui a apporté le fauteuil comprend elle aussi. Chacun des patients présent à cet étage et qui a entendu notre conversation en a conscience. Maintenant veux-tu bien t'asseoir dans le fauteuil et faire ce qu'on te dit de faire, pour une fois?

Ziva émit un autre soupir de frustration et glissa à contre coeur hors de son lit. Elle grimaça tandis qu'elle avançait d'un pas. Si Tony n'avait pas eu si peur qu'elle ne l'insulte et ne le frappe, il aurait avancé l'idée qu'elle reste dans le fauteuil roulant même après avoir quitté l'hôpital.

Une fois que Ziva fut installée, avec ses deux bras fermement croisés sur sa poitrine et un air de frustration absolue d'affiché sur son visage, ils se dirigèrent vers le couloir, sans qu'aucun d'eux ne dise un mot. Tony réfléchissait encore et encore à ce qu'il était sur le point de faire.

ça faisait à peine une semaine que Ziva avait été poignardée. Elle venait de signer une décharge pour pouvoir quitter l'hôpital, contre l'avis des médecins. Simplement car elle n'en pouvait plus de sa chambre d'hôpital. Les médecins avaient cependant réussi à imposer certaines conditions à sa sortie précoce de l'hôpital. Elle n'était pas autorisée à retourner travailler tant que es médecins ne l'y avaient pas autorisée. Gibbs avait déjà promis de la mettre dans le premier avion en direction d'Israël si elle pensait seulement à se montrer au NCIS sans l'accord des médecins. Elle devait également rester en compagnie de quelqu'un tant qu'elle ne serait pas autorisée à vivre seule.

Et alors que Gibbs avait déjà réglé ce problème lui aussi en proposant à Ziva de rester chez lui, Tony avait une autre idée en tête.

Mais tout d'abord, il devait les emmener Ziva et lui dans un endroit d'où elle ne pourrait pas s'enfuir dès qu'il amorcerait la conversation. L'ascenseur avait à peine entamé sa descente que Tony enfonça le bouton d'arrêt d'urgence, et que la cabine métallique s'immobilisa dans un bruit sourd.

- Tony, je pense que tu fais erreur. On n'est pas au NCIS.

- Non, on n'y est pas, concéda doucement Tony. Mais on doit parler, et je refuse que tu évites une fois de plus la conversation. De plus, aouta-t-il d'un sourire malicieux, quelques unes de nos meilleures conversations se sont déroulées dans un ascenseur.

- Quelques unes de nos pires aussi.

- C'est vrai, mais... On va éviter d'y penser.

Ziva haussa les sourcils, et les épaules.

- Bien. De quoi veux-tu que nous parlions?

Tony prit une grande bouffée d'oxygène, et hésita un long moment avant de prendre la parole.

- Je...Je euh... Je-pense-que-tu-devrais-rester-chez-moi-au-lieu-d' aller-chez-Gibbs.

Il avait prononcé ces mots en toute hâte. Tony aurait été surpris que Ziva ait compris ce qu'il venait de dire. Mais une fois de plus, Ziva étonna Tony.

- Hein? Demanda-t-elle d'un ton neutre en serrant les dents. Et pourquoi devrais-je faire ça? Gibbs est plus que capable de m'accueillir chez lui...

- Et bien... Admit Tony en frottant l'arrière de sa tête. Ce que je veux dire c'est que, Gibbs ne sera certainement pas souvent là, il va passer la plupart de son temps au travail, et les médecins ont dit que... tu sais, tu n'es pas censée rester... rester seule...

- Je n'ai pas non plus besoin d'une babysitter Tony, l'interrompit durement Ziva. Tout se passera bien avec Gibbs. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter.

Tony soupira d'exaspération.

- Ok Ziva, tout se passera bien la journée. Mais dis moi, la nuit, comment comptes-tu faire? Je n'ai pas vraiment envie de traverser la ville au beau milieu de la nuit parce que tu n'arrives pas à dormir.

Le visage de Ziva vira au rouge alors que Tony exprimait enfin ce qu'ils évitaient tous deux de dire depuis la semaine dernière; son apparente incapacité à dormir si Tony n'est pas à ses côtés.

La situation ne s'était pas... améliorée ces derniers jours, c'était le cas de le dire. Les choses n'avaient pas été plus simples. Tony ne savait pas réellement comment décrire cela.

Les deux premières nuits Tony s'était faufilé dans sa chambre après qu'elle se soit endormie, et était resté à ses côtés, attendant que d'inévitables cauchemars ne la tirent du sommeil. La quatrième nuit, Ziva était restée éveillée, sans bouger, jusque 3h du matin. Jusqu'à ce que Tony finisse par perdre patience et se glisse dans sa chambre. Cette nuit là Ziva le surprit quand elle se contenta de lui lancer un regard contenant une légère pointe de rébellion, et de lui tourner le dos avant de finalement fermer les yeux.

Elle s'était subitement réveillée à peine deux heures plus tard, suite à un cauchemar dont elle avait refusé de parler, préférant garder ça pour elle alors qu'elle tremblait et pleurait presque au milieu de ses draps. Tony avait essayé de la réconforter pendant cinq bonnes minutes, avant de se dire que sa première décision avait été la bonne. Et comme il l'avait fait lors de la première nuit, il avait grimpé dans le lit à ses côtés. Il l'avait serrée contre lui jusqu'à ce qu'elle se soit suffisamment calmée pour se rendormir.

Après cela, Tony ne considéra même plus l'idée de laisser Ziva passer une nuit seule dans sa chambre. Quand les heures de visite prenaient officiellement fin, et que Ziva commençait à chercher le sommeil, Tony se glissait dans sa chambre et restait à ses côtés, quelque soit le regard qu'elle lui lançait dans ces moments. Et chaque nuit, sans exception, elle était réveillée par des images qui venaient hanter son esprit. Chaque fois elle refusait d'en parler, même si elle finissait par accepter les gestes de réconfort que Tony était prêt à lui offrir.

- Tu n'auras pas à traverser la ville au milieu de la nuit. Ta présence ne m'est pas indispensable pour m'endormir.

- Parce que ces quatre dernières nuits tu n'as pas eu besoin de moi peut-être? Demanda Tony, s'attirant un regard foudroyant. Je n'essaie pas de te jouer un sal tour Ziva. Viens simplement t'installer chez moi quelques temps. Laisse moi prendre soin de toi. Pour une fois. S'il te plait.

Pour toute réponse Ziva renfonça le bouton d'arrêt d'urgence. L'ascenseur se remit en marche, et les descendit au bon étage. Ziva se leva alors que les portes s'ouvraient, s'apprêtant à quitter la cabine métallique, et Tony par la même occasion. Mais l'italien la rattrapa rapidement et se saisit de son poignet pour la retenir. Le fait qu'elle ne le repousse pas le surprit légèrement. Il fut surpris, mais soulagé.

Ils restèrent un long moment à se fixer, la ferme décision qu'avait prise Ziva s'émiettant doucement tandis qu'elle regardait les yeux verts de Tony. Pour être honnête, elle n'avait aucune envie de rester chez Gibbs. Elle voulait pouvoir regagner son propre appartement, même si il devait y régner une vraie pagaille. Elle en avait assez de toujours dépendre de quelqu'un. Elle voulait rentrer chez elle.

Le problème, c'est qu'elle devait admettre que Tony était dans le vrai. Elle serait certainement incapable de dormir, sans sa présence à ses côtés.

- Bien, finit-elle par lâcher, lasse de se battre avec lui. Je vais... rester chez toi deux ou trois jours. Mais pas un deux plus, tu m'entends?

- ça me va, dit Tony dans un léger sourire. Allons-y.

Ziva suivit Tony à l'extérieur, jusqu'où Gibbs les attendait, appuyé contre sa voiture. Il leva les sourcils quand il vit Ziva marcher vers lui.

- Tu n'étais pas censée utiliser un fauteuil roulant?

Ziva grimaça alors qu'elle prenait seulement conscience qu'elle avait effectivement abandonné la chaise roulante. Elle regarda Gibbs et Tony un moment, puis haussa les épaules, incapable de formuler une réponse correcte. Gibbs haussa les épaules à son tour avant de grimper derrière le volant. Ziva s'assit sur le siège passager, laissant Tony prendre place à l'arrière. Ziva prit la parole alors que Gibbs démarrait le véhicule.

- Le plan a un peu... changé, Gibbs. Il tourna son visage vers elle et regarda l'israélienne d'un air étonné.

- Je t'ai déjà causé assez... d'ennuis, ces deux dernières semaines. Et Tony a proposé que je reste... chez lui ces prochains jours, au lieu de chez toi.

- Ah bon? Questionna Gibbs en jetant un œil à Tony par le rétroviseur. Tu es sûre Ziva? ça ne me dérangeait pas de t'accueillir quelques temps...

Etait-elle sûre? Bien sûr que non.

- J'en suis sûre.

Ce n'était pas comme si elle avait vraiment le choix vue la situation.

Le trajet jusqu'à l'appartement de Tony se fit en silence. L'italien passa la majeure partie du temps à se demander comment il allait réussir à convaincre Ziva de rester chez lui plus de deux-trois jours. Gibbs quant à lui se demandait comment Ziva allait expliquer à Tony que la plupart de ses affaires se trouvaient déjà dans son appartement.

Hélas cette idée n'effleura pas Ziva avant qu'ils n'atteignent l'appartement de Tony. Elle se glaça sur place quand elle y pénétra, et que la première chose qu'elle vit fut ses baskets, nonchalamment déposées près du canapé.

Oh non...

Bien sûr, Tony n'était pas repassé chez lui depuis son retour. Il s'était d'abord rendu au NCIS, puis directement à l'hôpital. Il n'avait pas revu son appartement, ni les affaires que Ziva y avait ajouté. La seule personne qui savait que Ziva vivait dorénavant chez Tony était Gibbs. Et passer récupérer les affaires de Ziva avant l'arrivée de Tony ne lui était pas venu à l'esprit, il avait eu bien d'autres choses à penser.

Ils restèrent sur le seuil un moment, les yeux de Tony se posant sur ce qu'il reconnut immédiatement comme étant les chaussures de Ziva, son livre préféré, sa veste... Ziva évita sciemment son regarda, essayant d'ignorer le rouge qui empourprait peu à peu ses joues.

Après un moment, dans un élan volontaire de normalité, Tony avança de quelques pas dans son appartement, se débarrassa de ses chaussures et jeta sa veste sur le dossier du canapé.

- Alors, on déjeune?

Ziva résista difficilement à son envie pressante de faire demi-tour et de s'enfuir sur le champ, de rappeler Gibbs et de le supplier de rester chez lui finalement.

- Qu'est-ce que tu as... envie de manger? Demanda-t-elle aussi naturellement qu'elle le put. Tony sortit un verre d'un placard, et se servit un peu d'eau

- Et bien, si ça ne te dérange pas que je prenne une douche rapidement, je pensais à commander des pizza?

- Oui. Des pizzas... Pourquoi pas.

Ce n'était pas comme si Ziva avait faim.

- Bien! Tony vida son verre et tapa dans ses mains, souriant alors qu'il se dirigeait vers sa chambre. Ziva soupira et s'effondra sur le canapé, elle enterra son visage dans ses mains.

Le ventre de Tony se serra tandis qu'il entrait dans sa chambre, et que la première chose qu'il aperçut fut la photo posée sur sa table de chevet. Celle qu'Abby avait prise d'eux deux, il y a des mois. La même que celle que Tony avait placé dans son portefeuille.

Il détourna les yeux de la photo, refusant d'imaginer ce que ça avait dû être pour Ziva de regarder cette photo tout en pensant qu'il était décédé. Ses yeux se posèrent alors sur une boîte de médicaments, qui se trouvait aux côtés de la photo.

Oh non...

- Hey.

Ziva ouvrit les yeux et découvrit Tony juste devant elle. Elle ouvrit la bouche pour lui demander pourquoi il n'était pas sous la douche, mais elle vit ce qu'il tenait dans sa main.

- Oui? Demanda-t-elle d'un ton hésitant, sachant déjà très bien quel genre de questions il allait immédiatement lui poser.

- Tu as pris des somnifères.

ça n'était pas une question. Tony fut surpris d'entendre Ziva se mettre à rire.

- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle?

- J'ai passé les trois, voire quatre, dernières semaines à vivre dans l'appartement d'un homme que je croyais mort, et la seule chose qui t'inquiète c'est le fait que j'ai pris des somnifères?

Tony serra les dents. ça ne le faisait pas rire.

- Oui, c'est ce qui m'inquiète. Pourquoi est-ce que tu as pris des somnifères?

- Et bien Tony, d'habitude, quand quelqu'un prend des cachets pour dormir, c'est parce que quelque chose, d'interne ou d'externe, l'empêche de trouver naturellement le sommeil.

Sarcasme. Très bien, maintenant elle était sur la défensive. Mais Tony n'allait pas baisser les bras si facilement.

- Tu crois que c'était vraiment une bonne idée?

Elle soupira d'exaspération tandis qu'elle se relevait pour faire face à Tony.

- Je ne suis pas bête, je sais comment prendre des somnifères. J'en avais déjà pris avant.

- Oui, c'est justement ce qui m'inquiète.

Ziva lui prit la boîte des mains, et se retint de la lancer aussi fort qu'elle le pourrait sur Tony.

- Je pensais que tu allais prendre une douche?

La conversation était terminée. Tony entreprit de faire demi-tour, mais auparavant il se saisit rapidement de la boîte de médicament, avant que Ziva n'ait pu contrecarrer son geste. Peut-être que Ziva réagissait un peu moins vite simplement parce qu'elle était blessée.

- Hey! Qu'est-ce...

Tony l'ignora et regagna sa chambre pour y attraper une tenue de rechange. Il ne s'attarda pas sur le fait que les vêtements de Ziva étaient venus se mélanger aux siens. Il se dirigea droit vers la salle de bain, ferma la porte derrière lui et la verrouilla. Il déposa ses vêtements sur le bord du lavabo, et ouvrit la boîte de médicaments. Il en vida le contenu dans la cuvette des toilettes alors que des images lui revenaient en mémoire.


- Tu as déjà tenté de te suicider?

Cette question ne tombait pas vraiment comme un cheveux sur la soupe. La journée avait été longue, notamment car un agent du NCIS s'était suicidé. Tony était fatigué, et n'avait pas eu envie de passer par quatre chemins pour poser cette question. Ziva cligna des yeux, cette question la prenant clairement par surprise. Tony fut toutefois encore plus surpris quand Ziva lui donna une répons honnête.

- Oui.

Tony faillit en perdre sa mâchoire. Non seulement elle avait été honnête, mais en plus de ça elle lui avait répondu "oui"...

- Vraiment?

- Pourquoi est-ce que je mentirais sur un tel sujet Tony? dit-elle sur un ton presque ennuyé.

- Tu ne le ferais pas, je n'étais pas en train de dire que... j'ai juste... enfin je veux dire... bredouilla Tony alors qu'il essayait d'exprimer ce qu'il avait vraiment voulu dire. Je ne pensais pas que tu me donnerais une réponse honnête, finit-il par admettre.

Ziva haussa les épaules, et prit le temps d'avaler une gorgée de sa bière.

- C'était... il n'y a pas si longtemps que ça, en fait. Mais ça me paraît vieux, vu tout ce qu'il s'est passé depuis. Et je n'ai pas honte de ce que j'ai fait.

Bien qu'en un an Tony ait eu le temps d'apprendre à connaître Ziva, sa franchise l'étonna. Il lui fallut un moment pour encaisser ce qu'elle venait de dire.

- Il y a combien de temps? Finit-il par demander, sans savoir s'il voulait vraiment connaître la réponse.

- Un peu plus d'un an.

En fait ça ne faisait vraiment pas longtemps.

- C'était environ six mois avant que je n'arrive au NCIS.

Ses yeux étaient posés sur Tony, mais son regard était absent à présent, alors qu'elle replongeait dans ce qui était certainement la pire période de sa vie. Une époque qui n'était pas si vieille que ça, songeait encore Tony.

- Pourquoi? Demanda-t-il après quelques instants, incapable de formuler autre chose, incapable de penser autre chose. Même s'il n'était une fois de plus pas vraiment sûr de vouloir connaître les raisons qui l'avait poussée à cela à l'époque. Mais sans trop savoir pourquoi il lui semblait qu'il valait mieux qu'elle continue de parler, plutôt que de la laisser dans ce silence. Ziva prit quelques secondes avant de répondre.

- Quand ma sœur est décédée, ma mère... elle m'a accusée de sa mort. Elle a dit qu'il aurait mieux valu que ce soit moi qui meurt. Et j'ai pensé la même chose. Il m'a tout de même fallu un an pour aller jusqu'à faire quelque chose qui aille dans ce sens. J'ai passé le premier mois qui a suivi la mort de Tali à chercher la revanche, par tous les moyens possibles. Mon père a fini par m'envoyer au Caire. Pendant les huit mois que j'y ai passé, j'ai essayer de rapprendre à vivre. Mais je ne me rappelle pas combien de fois j'ai souhaité mourir. Combien de fois sur le terrain j'ai hésité avant d'agir, offrant à mon adversaire un laps de temps qui aurait pu suffire pour me tuer, si à chaque fois un de mes partenaires n'était pas intervenu. Je ne m'attendais pas à être encore en vie le jour où arriverait le premier anniversaire de sa mort.

- Mais ce jour est arrivé, répondit Tony. De toute évidence, pensa-t-il.

- Oui, lâcha Ziva d'un rire creux. Je crois qu'il aurait été plus humain de me laisser mourir avant que ce jour n'arrive. Je ne me rappelle pas la raison précise qui a fait que j'ai dérapé. Tout ce que je sais c'est que quand je suis rentrée chez moi, l'idée d'avaler le reste de ma boîte de somnifères entre deux gorgées de bière me paraissait être la meilleure idée qui soit.

Tony grimaça, ce que remarqua Ziva.

- Tu vois où est le problème.

Ziva leva les yeux au plafond, et l'examina, pensive.

- J'ai au moins réussi à faire croire qu'il s'agissait d'un accident. Mon père a facilement accepté cette idée, refusant d'entendre que j'ai pu avoir tenté de me suicider. Quand je lui dit que ça n'était rien d'autre qu'un accident, il l'a cru.

Quel père, songea Tony.

- Comment... Je veux dire, qui t'a trouvée?

Ziva replaça ses yeux dans ceux de Tony, prenant le temps de le regarder avant de répondre.

- Ari.

Tony se renfrogna, sentant cet habituel élan de rage s'emparer de lui, comme chaque fois qu'était mentionné le nom de l'assassin de Kate.

- Je vois... Au moins une chose pour laquelle je peux remercier ce bâtard.

Ziva se tourna pour faire complètement face à Tony et le regarda d'un air étrange. Mais Tony se contenta de lui adresser un léger sourire et d'avaler une gorgée de sa bière.


- Alors, pizza?

Des yeux acajous rencontrèrent ses yeux verts, et pendant un moment Tony hésita, haïssant l'air perdu qu'elle arborait. Il était déterminé à rendre les choses aussi normales que possible. Au moins pour aujourd'hui.