Bon dimanche à tous! Et bonne rentrée à tous ceux qui reprennent cette semaine. J'ai une pensée pour vous :) Moi j'ai encore quelques semaines de tranquillité ;)
Aujourd'hui Tony et Ziva font tous les deux tout pour revenir à la normal, mais ça n'est pas facile... Et vous allez retrouver quelques souvenirs de Ziva, que personnellement j'ai adoré :)
Merci beaucoup pour vos reviews!
PBG : Merci pour ces supers reviews :) DG : contente que tu ne te lasses pas! Chou05 : Merci beaucoup beaucoup :D MarionNCISlove : Voilà la suite! Ravie que la référence t'ait plu.
Scene Thirteen - Paradise (Paradis)
Every time she closed her eyes (Chaque fois qu'elle fermait ses yeux)
She saw what could have been (Elle voyait comment les choses auraient pu être)
Well nothing hurts and nothing bleeds ( Mais plus rien ne fait mal et plus rien ne saigne)
When covers tucked in tight (Quand les couvertures la bordent fermement)
Funny when the bottom drops (C'est drôle de voir comment quand elle tombe)
How she forgets to fight... to fight (Elle oublie de se battre... de se relever)
And it's one more day in paradise (Et c'est un jour de plus au paradis)
One more day in paradise (Un jour de plus au paradis)
- ... J'ai peur d'entendre ta réponse quand je vais te demander pourquoi tu as le DVD de La mélodie du Bonheur.
Tony se saisit en riant du DVD que Ziva avait dans les mains.
- Rien ne vaut les classiques Ziva. Viens, on a le regarder.
Pour tout réponse, Ziva lui lança un regard septique.
- Tu m'as bien dis que c'était ton film préféré, non? Va faire du popcorn, je lance le film, et on pourra s'installer pour le regarder.
Ziva leva les yeux au ciel, mais sourit alors qu'elle se rendait dans la cuisine. Un large sourire fendit le visage de Tony tandis qu'il ouvrait le boîtier et en sortait le DVD. Sa tentative de rendre cette journée aussi normale que possible se passait étonnamment bien. Il avait réussi à se retenir de demander à Ziva en quoi elle avait pensé que ce serait une bonne idée pour elle d'emménager dans son appartement. Il n'avait rien dit de plus au sujet des somnifères. Il n'avait posé aucune question concernant le mois qui venait de s'écouler. Ils avaient commandé des pizzas pour le déjeuner, et chinois pour le dîner, occupant le temps qu'ils ne passaient pas à manger à regarder un à un les films que Tony avait inscrit sur la liste des "Films que Zia doit voir avant que je ne meurs".
ça avait été un peu gênant de voir Ziva découvrir la feuille sur laquelle il avait établi cette liste, et ce titre qu'il lui avait donné. Tony avait pris soin de garder cette liste au fond de sa poche après ça.
Il était presque 20h à présent, et Tony avait bien vu que Ziva commençait à se lasser de ses films. Il lui avait fallu un peu de temps pour remettre la main sur La mélodie du Bonheur qu'il avait acheté il y a plusieurs années, simplement car il s'agissait d'un classique. Il avait su que le regarder plairait à Ziva.
L'odeur du popcorn gagna le salon, et le sourire de Tony s'agrandit. Il se tenait au centre du salon, près à insérer le DVD dans le lecteur, à regarder ce film avec Ziva, qui était dans la cuisine, en train de faire du popcorn.
Si un étranger les voyait en cet instant, il ou elle aurait facilement pu penser qu'ils étaient en couple. Tony aurait presque voulu qu'un étranger les surprenne dans ce moment.
Ils posèrent le saladier de popcorn entre eux deux sur le canapé. Tony était confortablement installé à un bout du canapé, et Ziva pelotonnée à l'autre bout, ses bras fermement croisés sur sa poitrine.
- J'ai vraiment haï ce film pendant des années, murmura-t-elle alors que les premières images apparaissaient. Tony lui lança un regard surpris.
- Vraiment?
Ziva acquiesça doucement, affichant un regard vague.
- Tali, c'est elle qui aimait ce film. Quelqu'un le lui avait offert pour ses six ans. Elle nous a forcé Ari et moi à nous asseoir et à le regarder avec elle, en boucle, toute la journée. Elle a dit que c'était son anniversaire, et qu'on devait donc faire ce qu'elle voulait. Et elle savait ce qu'elle voulait, qu'on regarde ce film avec elle. Encore, et encore, et encore. J'avais douze ans, et Ari en avait quatorze, tu imagines bien à quel point cette idée nous déplaisait. Après que Tali soit allée se coucher ce soir là, on a trouvé le film et on l'a balancé par la fenêtre du deuxième étage. Quand ma mère l'a découvert, elle nous a forcé à acheter un autre exemplaire de ce film à Tali. Et elle nous a forcé à nous asseoir un samedi, et à le regarder. Toute la journée. Encore.
Tony rit doucement.
- Je crois que si même comme ça elle n'avait pas réussi à te faire aimer ce film, rien d'autre n'aurait pu.
- Oh je détestais toujours ce film après ça. A chaque fois que Tali proposait de regarder ce film, je m'arrangeais pour devoir me rendre ailleurs. Je trouvais toujours une bonne excuse pour ne pas avoir à regarder ce film avec elle.
Un léger, triste sourire étira les lèvres de Ziva alors que les souvenirs se succédaient.
- Elle l'a amené à Tel-Aviv un week-end et m'a fait promettre que je m'assiérais et le regarderais avec elle avant qu'elle ne s'en aille. J'ai caché le DVD pendant qu'elle dormait, et elle a fini par rentrer à la maison sans ce film parce que je refusais de lui dire où je l'avais mis. Elle est morte un mois plus tard. Un jour en faisant le ménage je suis retombée sur le DVD... Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai décidé de le regarder, j'avais passé tellement de temps à chercher toutes sortes d'excuses pour ne pas le regarder quand elle était encore là. Mais j'ai mis le DVD dans le lecteur, et je l'ai regardé... Et je n'ai pas réussi à me souvenir pourquoi je détestais tant ce film.
Tony serra les dents et reporta son attention sur le film. Il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas si Ziva attendait de lui qu'il dise quelque chose en réponse à cette histoire inattendue. Elle parlait très peu de sa sœur, après tout. Peut-être parfois ressentait-elle simplement le besoin de dire quelque chose, de raconter une partie de ce passé, de faire savoir qu'à un moment Tali David a existé.
Ziva s'endormit vers la moitié du film, ce qui ne surprit pas vraiment Tony. Il pouvait seulement imaginer à quel point elle devait être fatiguée. Dormir était difficile quand vos heures de sommeil étaient emplies de cauchemars. Tony ne s'embêta pas à regarder la fin du film. Il éteignit la télévision et se leva. Il prit le temps de s'étirer un peu puis prit délicatement Ziva dans ses bras. Elle remua un peu, murmura quelque chose en hébreu, mais ne se réveilla pas. Tony la porta jusqu'à sa chambre et l'installa sur le lit. Il remonta les couvertures sur son corps maigre. Après une seconde d'hésitation il déposa un léger baiser sur son front, et ne parvint à retenir le léger sourire qui étira ses lèvres.
- Dors bien Ziva.
Il quitta la pièce et se dirigea vers le salon. Il sortit le DVD du lecteur, et se décida à regarder ce qui pouvait bien passer à la télévision à cette heure, jusqu'à ce qu'il s'endorme à son tour.
- McGee, tu as vu Tony? Demanda Ziva en entrant dans l'openspace, ses yeux passant de son bureau à celui de Tony, avant de se poser sur McGee. Il leva les yeux de son ordinateur, clairement perturbé par cette question.
- Qui ça?
- Tony.
La compréhension n'apparut pas sur les traits de McGee à l'entente de ce nom.
- Tony Dinozzo.
Toujours rien.
- L'Agent Très Spécial Anthony Dinozzo.
Rien.
- L'homme qui colle tes doigts sur ton clavier chaque fois qu'il n'a pas le moral. Allez, McGee, tu sais où il est oui ou non?
- Je ne sais même pas de qui tu parles Ziva.
Avec ça, McGee reporta son attention sur son ordinateur, alors que la mâchoire de Ziva était sur le point de heurter le sol.
- Quoi?
Gibbs pénétra dans l'openspace, et Ziva se tourna immédiatement vers lui.
- Gibbs, vous savez où est Tony? Demanda-t-elle d'un ton un peu désespéré. Gibbs regarda la jeune femme et leva un sourcil, visiblement pris de court par cette question.
- Tony qui?
Ce n'était pas vraiment la réponse qu'avait attendu Ziva.
- Tony, Gibbs... Elle se tut d'elle même, réalisant qu'elle ne savait pas quoi dire de plus. C'était une chose, que McGee prétende ne pas savoir qui est Tony, mais Gibbs?
- Ziva, tu te sens bien? Demanda McGee alors que Gibbs continuait de la regarder d'un drôle d'air. Son regard se perdit entre les deux hommes, avant de contourner Gibbs et de se diriger vers l'ascenseur.
- Abby.
La jeune femme en question leva la tête, un grand sourire fendant son visage à la vue de Ziva qui entrait dans son labo.
- Hey Ziva! Quoi de neuf?
Zia se rendit droit au but.
- Est-ce que tu as vu Tony quelque part?
Comme Gibbs et McGee, un air de confusion s'empara du visage d'Abby.
- Euh... Qui?
Ce petit mot fit perdre patience à Ziva.
- ça commence à devenir très énervant Abby. D'abord McGee, Gibbs, et maintenant toi? Ce n'est vraiment pas drôle, laisse tomber cette mauvaise blague.
- Quelle blague? Abby paraissait déconcertée à présent. Ziva, tu es sûre que tu vas bien?
- Je vais très bien, Ziva informa la gothique en perdant patience. J'irais même encore mieux si quelqu'un pouvait simplement me dire où est Tony.
- Mais qui est Tony?
- C'est... C'est Tony! Grand, les cheveux en bataille, des yeux verts, souvent insupportable, fan de films... Termina Ziva d'une voix faible en remarquant que l'air consterné d'Abby s'était transformé en un air inquiet.
- Tu... n'as vraiment aucune idée de qui je suis en train de parler?
Abby secoua doucement la tête. Ziva eut le sentiment que son coeur venait de cesser de battre. Comment pouvaient-ils avoir oublié Tony?
- Ziva...?
Ziva fit volte-face et quitta le labo avant que son amie n'ait le temps de la questionner davantage.
Ni Ducky ni Palmer ne se trouvaient en salle d'autopsie quand Ziva y arriva, à sa grande déception. Même si ça avait peu d'importance. Il n'y avait aucun doute que eux non plus ne devaient pas ce souvenir de Tony. Que ce passait-il? Se demanda Ziva alors qu'elle s'écroulait sur un tabouret, son coeur battant entre ses côtes. Ont-ils vraiment tous oublié qui est Tony? Pourquoi suis-je la seule à me souvenir de lui? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond?
- Tu ne peux pas te débarrasser de moi si facilement...
Elle redressa brutalement la tête alors que la voix de Tony résonnait dans la pièce. Elle se releva et balaya rapidement la pièce des yeux.
- Tony?
Elle tourna lentement sur elle-même, ses yeux tombant finalement sur les tiroirs en métal alignés dans le mur du fond de la salle d'autopsie. Ziva resta un long moment à les regarder, puis, bien qu'elle ne sache pas vraiment ce qui l'y poussait, elle avança vers ces tiroirs. Sa main s'enroula toute seule autour de la poignée d'une de ces portes. Et elle l'ouvrit, tira la table métallique, puis repoussa le drap qui recouvrait le corps qui reposait là.
Son coeur bondit dans sa poitrine quand elle vit qu'il s'agissait de Tony.
- Oh mon dieu...
Elle leva une main et la posa contre la porte de métal. Mais sa main glissa et elle tressauta. Jetant rapidement un œil à la paume de sa main elle découvrit que celle-ci était couverte de sang. Ses yeux glissèrent sur la porte en métal et son estomac se serra quand elle vit de grosses taches de sang. Elle reporta rapidement ses yeux sur Tony, mais ne le trouva pas, il avait disparu.
- Tony? Tony!
Ses yeux se reposèrent sur les paumes de ses mains, toujours couvertes de sang, puis elle regarda de nouveau l'endroit où Tony se tenait encore il y a quelques instants. Elle se retourna rapidement, ses yeux se posant sur chaque recoin de la morgue. La pièce semblait tourner à présent.
- Qui?
- Tony qui?
- Mais qui est Tony?
- Tu ne peux pas te débarrasser de moi.
Deux mains l'attrapèrent et la tirèrent vers l'arrière...
- Ziva! Ziva!
Ziva ouvrit brutalement les yeux, un cri étranglé mourant dans sa gorge. Elle sentit deux mains serrer fermement ses bras, et pendant un moment elle paniqua, son esprit se déchirant entre ce rêve perturbant et la réalité.
- Non! Elle recula rapidement, s'assit, s'enfonçant le plus possible contre la tête de lit. Son corps tout entier tremblait. Tony la lâcha et leva ses mains, voulant lui montrer qu'elle ne craignait rien. Ziva le regarda, d'un air ahuri, alors que son esprit commençait à accepter l'idée qu'elle venait de se réveiller après un cauchemar. Que Tony était assis juste en face d'elle, à la regarder avec une vraie inquiétude. Personne ne l'avait oublié. Il n'était pas mort. Il n'était pas allongé dans un tiroir à la morgue.
Il était vivant.
Sa respiration regagna lentement un rythme normal et elle déglutit plusieurs fois, forçant son visage à regagner une expression neutre. Elle était quasiment sûre de ne pas avoir réussi.
- ça va? Finit par demander Tony après avoir selon lui donné à Ziva suffisamment de temps pour reprendre ses esprits.
Ziva passa une main dans ses cheveux, ses doigts arrangeant un peu ses boucles emmêlées.
- Oui. Je suis désolée de t'avoir réveillé. Dit-elle mécaniquement, d'une voix vide de tout sentiment. Cela ne fit qu'inquiéter Tony davantage.
- Ne le soit pas, ce n'est rien. Tu es sûre que tu vas...
- Je vais bien, Tony.
Cette dernière phrase clôtura la conversation.
Tony soupira et se releva pour regagner le canapé, mais de fins doigts s'enroulèrent autour de son poignet, le serrant presque douloureusement. Tony se retourna et regarda Ziva, qui fixait le sol avec détermination. Mais Tony pouvait voir dans la faible lumière provenant de la lune qui éclairait la pièce, l'appréhension, mais surtout la peur qui se dessinait sur les traits de Ziva.
- Tu veux que je reste? Demanda-t-il après un moment réalisant qu'elle n'allait pas oser le demander elle-même.
Elle acquiesça d'un léger signe de la tête, et Tony se rassit. Ziva se dépêcha de lui laisser plus de place pour qu'il puisse s'allonger, et il se glissa sous les couvertures. Ils restèrent allongés en silence un moment, jusqu'à ce que Tony ne tende ses bras vers Ziva et ne vienne les enrouler autour de sa taille pour ramener la jeune femme contre sa poitrine. Elle se tendit légèrement, et Tony s'attendit à ce qu'elle le repousse. Mais elle finit par se relaxer, et vint poser ses mains sur les siennes.
Abby passa le lendemain, alors qu'ils terminaient leur petit-déjeuner.
- Tes vrais talents sont gâchés, s'était lamenté Tony, comme il le faisait toujours lorsque Ziva cuisinait pour lui, alors qu'un large sourire s'étirait sur son visage et qu'il tenait dans ses mains une boîte pleine de cupcakes.
La première chose que fit Abby une fois entrée dans l'appartement fut de jeter ses bras autour du cou de Ziva, et de la serrer fortement contre elle. Tony vit rapidement les traits de Ziva se crisper sous l'effet de la douleur. Il faillit protester en voyant Abby non intentionnellement blesser la jeune femme qui souffrait encore de sa blessure. Mais Ziva secoua la tête, et Tony referma la bouche, laissant Abby étreindre la jeune femme.
- C'est si bon de te savoir sortie de l'hôpital, soupira Abby en s'écartant finalement, les yeux un peu humides. Comment te sens-tu?
- Je vais bien, Abby, se contenta-t-elle de répondre. Elle savait que si elle mentait et en disait davantage, Abby ne serait pas dupe. La gothique lança un regard dubitatif à Tony, ne paraissant tout de même pas très convaincue par cette courte réponse. Elle regarda ensuite Ziva de la même manière.
Tony s'absenta après quelques minutes, prétendant devoir aller faire quelques courses. Il attrapa ses clefs, et quitta rapidement l'appartement. Il avait à peine claqué la porte que Ziva sentit son coeur se serrer et qu'elle se trouva incapable de rester tranquillement assise. Abby la suivit alors qu'elle errait dans l'appartement, faisant le lit, rangeant la vaisselle, accrochant au porte-manteaux sa veste ainsi que celle de Tony alors qu'ils les avaient abandonnées sur le fauteuil la nuit précédente. Abby resta étrangement silencieuse durant tout ce temps.
- Tu ne vas pas bien, finit-elle par dire. Ziva se retourna pour la regarder et plaça rapidement un sourire innocent sur ses lèvres.
- Je ne vois pas de quoi tu parles Abby. Je vais...
- Tu ne vas pas bien, l'interrompit aussitôt Abby. Allez Ziva, admet le, tu ne vas pas bien. Tony est parti depuis à peine quinze minutes, et durant ce laps de temps tu n'es pas resté tranquillement assise plus de cinq secondes. Tu es inquiète du fait qu'il soit parti, n'est-ce pas? Parce que tu ne le vois plus, tu ne sais pas où il est, ce qu'il est en train de faire...
- A t'entendre on croirait que je le harcèle, la coupa sèchement Ziva.
- Il y a une différence entre harceler quelqu'un et se faire du soucis pour cette personne.
- Je ne m'inquiète pas pour Tony, lâcha Ziva d'une traite. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Pourquoi est-ce que j'en viendrais à...
- Ziva, pourquoi es-tu là? Demanda soudainement Abby, coupant Ziva en pleine phrase.
- Parce que les médecins refusaient de me laisser quitter l'hôpital si je ne restais pas vivre chez quelqu'un quelques jours, tu te souviens? Lui rappela Ziva calmement.
- Et Gibbs était plus que d'accord pour que tu restes chez lui, tu te souviens?
Ziva soupira. Elle avait espéré qu'Abby ne ramènerait pas ce fait dans la conversation.
- Tony continuait de se faire du soucis pour moi, j'ai accepté de rester chez lui deux ou trois jours histoire de le rassurer. Crois moi, je quitte cet appartement dès que possible.
- Ziva, tu n'es pas du genre à agir de manière à rassurer les autres, encore moins Tony, lui rappela Abby. Alors voudrais-tu me répondre franchement cette fois?
Ziva se renfrogna et croisa ses bras sur sa poitrine. Elle ne répondit pas.
- Ziva... Tu ne peux pas éviter éternellement ce sujet. Tôt ou tard, tu vas devoir accepter ce qu'il s'est passé pendant que Tony était... parti.
Ziva cilla au souvenir de ces quelques semaines.
- Pas nécessairement, protesta-t-elle faiblement. Les choses peuvent toujours naturellement... redevenir ce qu'elles étaient.
Abby lui répondit d'un triste sourire.
- Non Ziva. Je ne pense pas que ça se passe ainsi.
Ziva resta un long moment à fixer Abby avant de faire volte face et de se diriger vers le salon. Elle ne s'y assit pas cependant, préférant s'approcher du fond de la pièce et laisser ses yeux errer par la fenêtre. Abby suivit silencieusement l'israélienne, qui paraissait nerveuse.
- Je ne peux pas laisser les récents événements changer celle que je suis, murmura-t-elle doucement, surprenant Abby. Je ne peux... tout simplement pas.
- Pourquoi? Demanda Abby, consternée. Elle ne comprenait pas pourquoi Ziva résistait tant au cours des choses. Qu'y avait-il de mal à accepter le fait qu'elle ait des sentiments, qu'elle soit tout simplement humaine?
- C'est juste que... je ne peux pas, répéta Ziva, campant sur ses positions. Abby fut sur le point de protester, mais Ziva se retourna pour la regarder, et elle vit des larmes se former dans ses yeux. Son coeur se serra encore davantage pour l'israélienne.
- Oh Ziva...
Elle s'approcha d'elle et enroula ses bras autour de Ziva avec beaucoup plus de précautions que la fois précédente. Et bien que Ziva n'ait aucune envie d'avouer par ses gestes ce qu'elle n'osait dire, qu'elle était en réalité faible, elle rendit son étreinte à Abby. Elle posa sa tête sur l'épaule de la gothique et ferma les yeux.
- Il n'y a rien de mal à être humaine, Ziva.
Si seulement Abby pouvait comprendre que justement, pour elle, c'était tout le contraire.
Tony entrouvrit la porte d'entrée, mais s'arrêta sur le seuil quand il aperçut Abby entrain d'étreindre Ziva. Tony se demanda de quoi les deux jeunes femmes avaient bien pu parler, alors que Abby murmurait encore quelques mots qu'il ne comprit pas à l'oreille de Ziva. L'israélienne ne répondit pas à ce qu'Abby avait bien pu lui dire.
Je vais aller étriper Vance et Conrad, décida-t-il vainement quand il vit Ziva s'accrocher à Abby, quelque chose que Tony n'avait jamais imaginé voir un jour. Peu importe à quel point la mort de Tony avait pu être utile, les conséquences en étaient bien trop grandes.
Ziva soupira lorsqu'elle sentit l'eau un peu trop chaude couler le long de son corps fatigué. Elle aurait aimé qu'avec l'eau puisse s'en aller tous les sentiments qu'elle ressentait. Mais ça aurait été trop facile.
Tony était assis sur le bord du lit quand Ziva sortit de la salle de bain. Il la fixait d'un air étrangement sérieux. Elle l'ignora et traversa la pièce pour aller chercher sa brosse.
- Si ça ne te dérange pas de me prêter un oreiller et une couverture, je pourrai aller m'installer sur le canapé...
- Ou on pourrait se partager le lit, répliqua Tony. Ce n'est pas comme si on n'avait jamais dormi ensemble, non?
Ziva s'immobilisa, la brosse coincée dans ses cheveux.
- On... pourrait, admit-elle après un moment. Le problème avec cette proposition c'est que cela revenait d'une certaine manière à admettre qu'elle était faible. Une chose pour laquelle elle n'était pas encore prête.
- Enfin... je ne veux pas te déranger, tu me supportes déjà toute la journée...
- Le canapé est défoncé Ziva, je ne laisserais pas mon pire ennemi y dormir.
Quoique, en ce moment Conrad et Vance pouvaient être considérés comme ses pires ennemis, et il pouvait envisager l'idée de leur prêter son canapé...
- On est juste deux amis qui vont dormir dans le même lit. Il n'y a rien de mal à ça n'est-ce pas?
Peut-être pas pour toi, grommela silencieusement Ziva, alors qu'elle se retournait enfin pour faire face à Tony. Il était debout maintenant, et son regard était encore plus sérieux que les secondes précédentes.
- J'ai déjà dormi en des endroits bien pires que ton canapé. Il fera l'affaire.
- Ziva.
Maintenant Tony paraissait presque blessé. Ziva fit la seule chose qui lui vint à l'esprit, elle essaya de faire une blague.
- Es-tu à ce point désespéré pour utiliser ce prétexte pour m'avoir dans ton lit Tony? Le taquina-t-elle, en souriant doucement. Son sourit disparut aussitôt quand elle vit que Tony restait stoïque.
Elle avait cédé uniquement pour lui faire plaisir, se répétait-elle alors qu'elle se glissait sous les couvertures aux côtés de Tony. Elle le laissa enrouler un bras autour de sa taille.
Même quand elle se réveilla à trois heures du matin, après avoir une fois de plus rêvé que Tony, mort, saignait continuellement sous ses mains, elle refusa d'admettre la vérité. Elle n'admettrait pas qu'elle était faible.
