Vous êtes prêt? Alors accrochez vous! Et menottez-vous à votre stock de mouchoirs! Car un très long chapitre vous attend. Un chapitre qui a été éprouvant à traduire, alors je suis sûre qu'il ne vous laissera pas indifférent. C'est LE chapitre tant attendu, LE point culminant de la fic.

Un début de chapitre difficile mais une scène qui finit tout en douceur. Timmy qui s'inquiète, et ça donne un joli moment. Encore une belle scène Zabby aussi. Un chapitre très complet et très riche en événements! Ce chapitre est un pur régal. Puis tout s'emballe pour Ziva, un nouveau cauchemar, et c'est saisissant. Mais Tony est là. Et cette fois il ne laissera pas Ziva se taire. Il parle pour la faire parler... Et... Il finit presque par regretter.

Gros merci à tous pour vos reviews! Merci merci! Si vous n'avez pas encore bouclé votre ceinture, faites le maintenant. Si vous aimez la première partie de ce chapitre, la deuxième va vous enchanter! Let's go!

Bonne lecture et vive les reviews!


DG : :D L'attente jusqu'à "demain" n'a pas été trop longue? Kendy92 : Merci :) Tu as ton stocke de mouchoirs à portée de main? Parée? Parce qu'aujourd'hui il va y en avoir de la réalisation! Gwen : Ouf! L'overdose n'est pas encore pour tout de suite! Abby est de retour dans ce chapitre :D gomar : Merci! Cette fic est une traduction de la fic de FS-13. Sinon j'écris aussi mes propres fics, en français. Elles sont disponibles sur mon profil. chou05 : ça y est ça y est! Ziva va craquer! Voici LE chapitre. marionNCISlove : *Se cache derrière FS-13* Mais c'est pas moi! C'est elle qui a écrit ça comme ça! J'y suis pour rien! Moi aussi je subis! Amy : Elle va lui dire, elle va lui dire! Argh 3 Elle va enfin lui dire. PBG : Encore un rêve boulversant dans ce chapitre, et Ziva continue de tourner en rond. Ton petit coeur va se serrer très fort. Tu veux un défibrilateur?


Scene fifteen - The Beauty and The Tragedy

For I am finding out that love(Parce que je comprends que l'amour)

will kill and save me (est ce qui me tuera et me sauvera)
Taking the dreams that made me up (Prend les rêves qui me composaient)
And tearing them away (Et arrache les de moi)

But the same love will take (Car c'est le même amour qui prendra)

this heart that's barely beating (Ce coeur qui bat à peine)
And fill it with hope beyond the stars (Et le remplira d'espoir jusqu'à l'infini)
Only love (Seulement l'amour)

- Ça ne te dérange pas si je dors sans mon tee-shirt cette nuit Zee-vah? Demanda Tony d'un ton taquin en sortant de la salle de bain. Tu n'en seras pas toute excitée et incapable de dormir, dis moi?

Ziva leva les yeux ciel, et ignora les taquineries de Dinozzo.

- Honnêtement Tony, je t'ai déjà vu nu auparavant, et résister à ton charme n'est vraiment pas une tâche difficile.

Elle ne le regardait pas, mais elle pouvait sans problème imaginer son torse se dégonfler alors qu'il cessait de retenir son souffle. Il faisait étonnamment chaud, vu que l'on n'était que début avril. Si Ziva avait accordé moins d'importance aux cicatrices qui recouvraient ses bras, elle aurait volontiers revêtis un débardeur. Avec la température qu'il faisait, elle pouvait prédire que cette nuit dans son sommeil elle finirait par repousser les couvertures…

- Allez Zi, regarde ça, et dis moi que je ne suis pas le plus bel homme que tu n'aies jamais vu.

Ziva secoua la tête, et sourit en se retournant pour regarder Tony. Parfois il pouvait se montrer si…

Sa tête se vida de toute pensée quand ses yeux se posèrent sur la cicatrice circulaire encore rose au milieu de sa poitrine.


Il se jeta sur Ziva et elle sentit son poids s'abattre sur elle. Elle s'écroula au sol… Elle se releva pour le trouver allongé par terre, du sang recouvrant sa veste…

- Allez, ne me regarde pas comme ça. Tu ne penses quand même pas que c'est ce qui va me tuer? … Tu ne peux pas te débarrasser de moi si facilement.


Ziva sentit son estomac se serrer. Elle avait vaguement conscience qu'elle avait cessé de respirer, mais ne parvenait pas à faire quoi que ce soit qui aille à l'encontre de ce fait. Tony la regardait, de la peur dans les yeux, alors qu'elle palissait à vue d'œil et commençait dangereusement à vaciller. Il fallut un moment à Tony pour réaliser ce qui avait provoqué une telle réaction de la part de Ziva. Il sortit rapidement un tee-shirt de sa commode, et l'enfila en traversant la pièce à grandes enjambées. Il posa ses mains sur les épaules de Ziva et sentit les tremblements qui parcouraient son corps.

- Ziva. Hey, Ziva.

Elle redescendit soudainement sur Terre, avala une grande bouffée d'oxygène et cligna plusieurs fois des yeux en relevant la tête pour regarder Tony. Après un moment, ses yeux descendirent jusqu'à son torse maintenant recouvert.

- Quoi, je t'ai fais te sentir complexé? Se força-t-elle à dire avec humour.

Tony pouvait entendre qu'elle avait la gorge serrée.

- Allez, soupira-t-il en réalisant qu'une fois de plus elle se refuserait à parler de ce qui la rendait faible. Mettons nous au lit.

Il glissa sous les couvertures et les laissa relever pour que Ziva le rejoigne. Elle hésita un moment, mais finit elle aussi par grimper dans le lit, restant toute fois tout au bord du matelas, aussi loin de Tony que possible. Tony regarda son dos avec une pointe de tristesse puis éteignit les lumières, les plongeant dans l'obscurité.

- Bonne nuit, murmura-t-il en ajustant sa position sur l'oreiller.

- Bonne nuit, répondit Ziva à contre cœur.

Tony observa sa silhouette alors que sa respiration se calmait peu à peu, que son corps se relaxait, et que le sommeil s'emparait d'elle. Quand il fut sûr qu'elle se soit endormie, il tendit son bras entre leur deux corps et attrapa sa main. Il enlaça leurs doigts en douceur et serra légèrement sa main. Il ferma les yeux sachant que ça n'était qu'une question de temps avant qu'un nouveau cauchemar ne la fasse hurler dans son sommeil et ne les réveille tous les deux.


- Mort d'un quartier-maître, prenez vos affaires.

Le cœur de Ziva se serra douloureusement, et elle releva la tête alors que Gibbs arrivait dans l'openspace. Elle avait l'impression que ses poumons se tordaient dans sa poitrine, et pendant un horrible moment, elle ne parvint à respirer.

- Euh… Gibbs? Bafouilla-t-elle rapidement, se précipitant devant le bureau de Gibbs. Je sais que techniquement je n'ai pas encore été autorisée à aller sur le terrain...

- Non Ziva.

Exactement la réponse à laquelle elle s'était attendue.

- Mais...

- On a fait un marché, tu te souviens? Lui rappela doucement Gibbs. Tu restes assises ici et tu fais de la paperasse. Je ne t'empêche pas de rentrer chez toi. Je ne suis pas contre l'idée de te mettre à la porte et de demander à la sécurité de ne pas te laisser revenir tant que tu n'y es pas médicalement autorisée. C'est clair?

Ziva sentit son corps s'affaisser quand elle réalisa qu'elle n'allait pas gagner ce combat. Gibbs attrapa son sac et la contourna, laissant sa main frôler la sienne au passage. Elle se retourna pour les voir partir, ses yeux se posant sur Tony qui la regardait avec inquiétude.

- Tu attends une invitation Dinozzo? L'interpella Gibbs, rompant l'instant.

Tony sursauta et après un léger signe de la tête envers Ziva courut pour rattraper Gibbs et McGee, glissant dans l'ascenseur juste avant que ses portes ne se ferment.

- Mort d'un quartier-maître, prenez vos affaires.

Ziva frémit alors que ces mots résonnaient dans sa tête, une copie conforme de la phrase qui avait hanté ses rêves la nuit précédente. Ça n'était vraiment rien d'autre que la routine. Ils se rendaient sur une scène de crime, commençaient à tout examiner, puis tout ce qu'elle savait, c'est que quelqu'un sortait une arme et les visait. Ensuite il y avait un coup de feu, et Tony s'effondrait, un trou large de la taille d'une balle ornant son front.

Ce n'était pas comme si ça ne pouvait pas arriver. Plusieurs fois l'un d'entre eux avait déjà été blessé sur une scène de crime. Des coups de feu étaient possibles. Probables même.


- Elle ne va pas mieux, n'est-ce pas?

Tony tourna la tête pour regarder Tim alors qu'ils s'arrêtaient à un feu rouge.

- Je ne vois pas de quoi tu parles McGoo, répondit-il d'un ton léger.

Il n'avait pas envie de parler de Ziva. Et encore moins de parler de Ziva avec McGee.

- Je sais que tu n'es pas bête Tony. Elle a réagi comme si quelqu'un la visait avec une arme quand Gibbs nous a dit de prendre nos affaires. Elle ne peut pas supporter l'idée que tu sois hors de sa vue, je me trompe?

Tony soupira et passa une main sur son visage. Il enfonça la pédale d'accélérateur quand le feu passa au vert.

- C'était pareil la semaine dernière, quand on est allé attester le suicide de cet homme. Elle n'a rien dit, mais elle a détesté être laissée seule au NCIS.

- Elle a simplement horreur de la paperasse McGee, tu le sais bien. Elle ne peut pas rester inactive très longtemps.

- Elle ne serait certainement pas contre un peu de paperasse si tu restais assis en face d'elle.

Tony ne sut pas quoi répondre à cela.

- Avoue le Tony, on sait tous qu'elle ne va guère mieux.

- Bien, d'accord, elle ne va pas bien, finit par dire Tony en perdant patience. Satisfait?

- Non, répondit calmement McGee. Ton retour était supposé ramener les choses à la normale. Même la Somalie n'a pas tant affecté Ziva. Je n'aime pas voir la voir dans cet état.

- Et bien je suis désolé de ne pas pouvoir sortir ma baguette magique et tout arranger en un clin d'œil, lâcha Tony d'un ton sarcastique. J'avance à l'aveugle dans cette histoire McGee. En dehors du fait qu'elle ait emménagé dans mon appartement et se soit installée à mon bureau, qu'elle ait quasiment tué mon remplaçant, je n'ai aucune idée de ce qui a pu se passer en mon absence. Elle refuse obstinément d'aborder le sujet. Chaque nuit elle fait des cauchemars, et chaque nuit elle refuse de m'en parler. Et quand j'essaie de la forcer à dire quelque chose, elle se referme comme une coquille d'huitre et ne m'adresse plus la parole pendant des heures. Je n'ai plus la moindre idée de comment je dois agir.

- Tu n'as jamais été du genre à avoir des plans d'action, releva Tim, essayant de rafraîchir un peu l'air ambiant.

Il n'avait jamais vu Tony si sérieux auparavant. C'était assez déstabilisant, extrêmement perturbant, de ne pas entendre Tony lui rabattre le caquet avec une réplique bien saisie.

- J'aimerais pouvoir aider, finit-il par dire. Sincèrement. Je suis sûr que pendant ton absence il s'est passée beaucoup plus de choses que je n'en n'ai vu. Et honnêtement, je n'ai pas le sentiment que ce soit à moi de te raconter le peu que j'en ai vu. C'est l'histoire de Ziva. C'est à elle de te raconter.

- Elle refuse de m'en parler McGee, tu as eu une absence au moment où j'ai dit ça?

- Elle te parlera quand elle sera prête, répondit simplement McGee.

Un conseil si simple, si bête. Tony avait horreur de ça.

- Et qu'est-ce que je suis supposé faire en attendant, bon sang? Me tourner les pouces et la regarder se réveiller en hurlant au milieu de chaque nuit tout en sachant que c'est de ma faute?

- Tu ne sais même pas de quoi elle rêve. Ça pourrait être n'importe quoi. On ignore encore beaucoup du passé de Ziva.

McGee se tut un moment, sachant qu'il se dirigeait vers un sujet tabou.

- Peut-être qu'elle continue de rêver de la Somalie.

- Je sais qu'elle rêve encore de la Somalie. Mais pas toutes les nuits. Et elle accepte de me parler quand elle fait ce genre de rêve.

À l'entente de ces quelques mots McGee leva un sourcil et regarda Tony d'un air incrédule.

- Combien de fois exactement avez-vous partagés un lit vous deux?

Tony cilla.

- Et bien, tu sais... On se retrouvait pour regarder un film, on finissait par s'endormir sur le canapé et euh... ça finissait juste par arriver, tu comprends?

McGee n'avait pas l'air convaincu.

- Ne me regarde pas comme ça McSuspicieux. On n'a jamais couché ensemble.

McGee acquiesça doucement.

- Je te crois, si ça avait été le cas, je n'aurais jamais entendu la fin de ta phrase, admit-il après un moment.

Tony sourit presque. La vérité était que si il avait, dans une sorte d'univers parallèle, couché avec Ziva, ça n'aurait pas été quelque chose qu'il aurait crié à voix haute au beau milieu de l'openspace. Et pas seulement à cause de l'étrange capacité que pouvait avoir Ziva à le menacer avec le moindre objet se trouvant sur son bureau. Ziva serait plus qu'un flirt d'un soir. Elle n'était pas le genre de femme qu'on brandissait sur son tableau de chasse. Elle était bien top spécial pour ça.


Abby ne fut pas surprise de voir Ziva arriver dans son labo. Elle avait déjà agi ainsi les deux fois précédentes où elle s'était retrouvée seule dans l'openspace. Soit elle ne supportait pas de rester seule, soit elle ne supportait pas l'absence de Tony. Quoi qu'il en soit, elle finissait toujours par descendre voir Abby pour se changer les idées.

- Hey Ziva, dit Abby en plaçant rapidement un sourire sur ses lèvres, ne voulant pas que l'israélienne pense que quelque chose n'allait pas. Quoi de neuf?

- Comment ça "neuf"? Demanda Ziva sans comprendre.

Abby rit.

- Qu'est-ce qui t'amènes?

- Oh.

Ziva avait toujours l'air un peu confuse.

- Les euh... Les autres sont partis sur une scène de crime, je m'ennuyais toute seule en haut. J'ai vraiment hâte que les médecins m'autorisent à reprendre le travail pour que je puisse moi aussi me rendre sur le terrain...

- Je suis désolée, répondit Abby compatissante. Regarde les choses sous cet angle : Si tu t'étais rendue sur la scène de crime tu n'aurais pas pu descendre me voir et prendre du bon temps en ma compagnie. On peut toujours voir les choses sous un meilleur jour, tu ne trouves pas?

Ziva sourit doucement.

- Tu as raison.

Elle balaya le labo d'un œil nerveux, se balançant d'un pied sur l'autre. Un comportement si étrange pour une femme d'ordinaire si forte. Abby la regarda faire un moment, puis orienta la conversation vers un sujet plus sérieux.

- Comment tu vas?

Ziva reposa ses yeux sur Abby, et tenta rapidement de faire réapparaître un sourire sur ses lèvres.

- Je vais bien. Je pense sincèrement que je suis capable de retourner sur le terrain maintenant. Mais Gibbs s'entête à refuser de me laisser les accompagner tant que je n'ai pas l'accord du médecin.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, Ziva.

Le sourire que Ziva avait tenté d'afficher s'effaça, et elle afficha une expression indéchiffrable.

- Je... ne vois pas ce que cette question peut pouvoir signifier d'autre, finit-elle par dire faiblement.

Comme si Abby était assez bête pour gober ça.

- Je veux savoir comment tu vas dans ta tête, dit Abby en levant une main et en tapant le bout de son index sur la tempe de Ziva. Je pense qu'il y a de quoi beaucoup plus s'inquiéter à ce sujet que sur le fait que tu aies été poignardée la semaine dernière. Mais ça ne veut pas dire que je ne m'inquiète pas également à ce sujet, hein, ajouta-t-elle rapidement. Mais avant ça tu allais déjà mal depuis un bout de temps, et je ne pense pas que ce soit quelque chose qui ait changé.

Ziva ne sut pas comment intervenir pour couper Abby dans son flot de paroles, même si elle n'avait absolument aucune envie de s'entendre dire à quel point elle avait été instable mentalement ces six dernières semaines.

- ... et je peux dire à la vue de ton regard que tu as une fois de plus complètement perdu le fil de la conversation, conclut Abby dans un soupire lasse. Donc je vais simplement te reposer la question : comment tu te sens Ziva?

Le silence s'empara de la pièce. C'en était presque dérangeant. Ziva ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, essayant de formuler une réponse.

- Je... ne sais pas, réussit-elle finalement à dire, s'attirant un regard inquiet et surpris.

- Tu... ne sais pas comment tu vas?

Ziva pouvait comprendre que sa réponse soit perturbante.

- La journée je vais... bien, vraiment. Je peux croire que tout est normal, qu'il ne s'est rien passé, mais...

Maintenant qu'elle avait commencé à parler, s'arrêter lui paraissait difficile.

- Mais je continue de faire des cauchemars, et quand je me réveille, même si il est juste là, il me faut toujours un moment pour me reconnecter avec la réalité, pour me rappeler qu'il n'est pas mort. Je ne sais pas si je supporterais de me réveiller sans trouver Tony à mes côtés.

Abby écoutait, et sentait le cœur de Ziva se briser à mesure qu'elle parlait. Elle savait que la jeune femme luttait toujours pour se faire à l'idée des récents événements qui avaient bousculé son quotidien. Mais l'entendre le dire rendait tout cela bien trop réel.

- Oh... Ziva...

Après ces quelques mots, la gothique se jeta sur son amie et enroula ses bras autour du cou de Ziva pour la serrer aussi fort que possible.

- Ça va aller, murmura-t-elle au creux de son épaule. Tu vas voir, ça va aller, tu vas t'en sortir.

Comme si Ziva envisageait que sa vie puisse un jour "aller bien", être normale.


Tony posa son coude sur son bureau, et sa tête dans sa main. Il regarda Ziva avec insistance. La jeune femme tapait furieusement sur son clavier, étudiant les comptes bancaires de leur victime. Tony était censé joindre un membre de la famille pour les prévenir. La sœur de la victime en l'occurrence. Mais chacun des coups de fil qu'il avait passé l'avait mené à une boîte vocal, il était à cours d'option.

Il continuait de ressasser cette conversation que McGee et lui avaient eu dans le camion. Ça ne lui avait pas paru si important sur le coup, mais en repensant à toutes les informations qu'il avait déjà réussi à collecter concernant le mois qui venait de s'écouler...

Je suis désolé, répéta-t-il pour la millième fois dans sa tête. Parce que Ziva refusait de l'entendre s'excuser à voix-haute.

Gibbs sortit du MTAC et retint un soupire, balayant du regard l'openspace quelques mètres plus bas. Ses yeux se posèrent sur Ziva, et une image du visage choqué qu'elle avait affiché plus tôt quand il avait refusé qu'elle les accompagne sur la scène de crime lui traversa l'esprit.

Elle réussissait très bien à agir comme si tout allait bien. Mais il n'était pas bête.

- Du nouveau? Demanda-t-il en arrivant dans l'openspace.

Tony se redressa subitement, comme sortant de sa transe, et répondit rapidement.

- Je n'ai toujours pas réussi à joindre la famille de la victime.

- Rien de particulier dans ses relevés bancaires.

- J'ai fini d'étudier ses relevés téléphoniques. Un numéro en particulier revient souvent. Je suis en train de le tracer.

Gibbs acquiesça et avança jusque devant le bureau de Ziva. Il y posa la paume de ses mains et se pencha jusqu'à ce que ses yeux soient à la hauteur de ceux de la jeune femme.

- Hey.

Des yeux acajous se posèrent sur Gibbs.

- Rentre chez toi, ordonna-t-il doucement. Et pas la peine de protester, ajouta-t-il quand elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose.

- Etant donné que tu es toujours en arrêt maladie, je me réserve le droit de te renvoyer chez toi quand l'envie me vient.

Ziva n'allait cependant pas partir sans protester un minimum.

- Je ne veux pas vous laisser faire tout ce travail sans mon aide.

- C'est mon problème, pas le tien. Rentre.

Après ces derniers mots il se dirigea vers son bureau. Ziva regarda Tony, qui était toujours assis derrière son bureau et affichait un air surpris et apeuré.

Tony ne rentrait pas chez lui. Il n'y avait que Ziva. Ziva rentrait seule chez Tony.

Seule.

Elle attrapa sa veste lentement, et sortit son téléphone portable alors qu'elle rejoignait l'ascenseur. Car Tony et elle étaient venus ensemble dans la même voiture ce matin.

C'est sur une impulsion qu'elle avait donné son adresse et non celle de Tony au chauffeur de taxi. Après tout, elle n'avait aucune idée de dans combien de temps Tony allait rentrer du NCIS. Ziva savait qu'elle ne supporterait pas de rester assise chez lui, et son appartement devait toujours être nettoyé. Elle y avait laissé un vrai foutoir.

Ou pas... Songea-t-elle en faisant le tour de son salon, étonnée. Tout ce qu'elle avait détruit il y a quelques semaines avant de quitter les lieux avait été réparé et nettoyé. Sa table basse avait été remplacée, par ce que Ziva identifia rapidement comme une belle table en bois artisanale.

Gibbs.

Ziva se dirigea vers la cuisine pour constater que là aussi le ménage avait été fait. Le mur qu'elle avait recouvert de vin avait été repeint. Elle fut secouée par une vague d'émotions qu'elle ne pouvait clairement identifier. Quand Gibbs avait-il trouvé le temps de faire tout ça?

Se sentant soudainement prise d'un vertige, Ziva se traîna jusqu'au salon, et s'effondra dans le canapé. Elle s'y recroquevilla. Parfois elle se demandait vraiment ce qu'elle avait fait pour mériter la présence de si gentilles personnes dans sa vie.

N'ayant rien de particulier à faire, Ziva posa sa tête sur l'accoudoir du canapé, et ferma les yeux. Rien que quelques secondes, ça ne pourrait pas li faire de mal...


Ziva ouvrit grand les yeux. Elle était dans l'appartement de Tony. Dans le lit de Tony. Seule.

- Tony? Appela-t-elle d'une voix endormie en s'asseyant.

Elle portait le tee-shirt NCIS de Tony, trois fois trop grand pour elle. Elle avait opté pour ce genre de pyjama quand Tony était... parti. Mais elle avait arrêté quand il était revenu.

- Tony? Réessaya Ziva quand elle ne reçut aucune réponse.

Elle sortit du lit, et traversa la chambre d'un pas hésitant. Un rapide tour de l'appartement confirma ses pensées, elle était effectivement seule. Tony n'était pas là.

Alors où était-il?

Le portable de Ziva, abandonné sur le plan de travail de la cuisine, sonna soudainement. Elle sursauta, puis se dépêcha de l'attraper pour répondre.

- David, dit-elle, légèrement essoufflée.

- Hey Ziva! Elle fut soulagée quand elle entendit la voix chaleureuse d' Abby lui répondre. Ecoute, je sais que je t'appelle vraiment à la dernière minute et que tu as certainement déjà des projets, mais je me demandais si ça te plairait qu'on sorte un peu toutes les deux. Tu sais, ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu en dehors du travail, et j'ai toujours du mal à ne rien faire durant mes jours de congés, davantage depuis...

- Abby! La coupa Ziva, réalisant que c'était la seule possibilité pour que la gothique la laisse en placer une. Est-ce que tu sais où est Tony?

Abby se tut aussitôt. Ziva n'entendit plus que le silence pendant cinq bonnes secondes. Quand Abby reprit la parole, sa voix s'était assombrie.

- Tony est... mort, Ziva. Tu te souviens?

Ziva eut le sentiment que quelqu'un venait de la cogner en plein estomac.

- Qu... Quoi? Réussit-elle à articuler après un moment. Qu'est-ce que tu dis?

- On lui a tiré dessus. Tu étais à ses côtés. Tu ne te rappelles pas?

Ziva secoua rapidement la tête, bien qu'Abby ne puisse pas la voir.

- Non, il... Je veux dire, il était mort, mais c'était un mensonge. Vance et... et l'Agent Conrad, ils... c'était un mensonge Abby, finit-elle dans un murmure.

- Ziva tu vas bien?

Abby avait l'air inquiète à présent.

- Tu as encore fait un mauvais rêve?

Un rêve. Ce mot glaça le sang de Ziva. Ça avait eu l'air trop beau pour être vrai. Etait-il possible que...?

- Ziva? Appela Abby d'une voix paniquée, mais celle-ci ne parvint pas jusqu'aux oreilles de Ziva. Ziva, tu es toujours là? Qu'est-ce qui ne va pas...?

Le téléphone portable lui glissa des mains, et vint s'échouer au sol. La voix d'Abby résonnait dans sa tête, rejointe par celles de Gibbs, McGee, et Ducky, chacun lui exprimant leur inquiétude et lui offrant du réconfort.

Puis la voix de Tony apparut, forte et claire, surpassant les autres.

- Tout ça n'était qu'un rêve.


Ziva ouvrit grand les yeux, essoufflée. Elle attendit, comme habituellement, que les bras de Tony l'enveloppent et qu'il la serre contre lui, lui murmurant qu'il était là, que tout allait bien...

Ça n'arriva jamais. Ziva regarda rapidement autour d'elle, ne remarquant même pas qu'elle était dans son propre appartement. Tout ce qu'elle voyait c'est qu'elle était seule.

Tony n'était pas là.

Non, non, non...

Encore à moitié prisonnière de ce terrifiant cauchemar, cauchemar dans lequel Tony était bien mort, elle se releva rapidement, respirant à peine. Son manque d'attention et sa précipitation la firent se prendre les pieds dans sa table basse, et tomber au sol. Elle se redressa en toussant, enfonçant ses mains dans le tapis pour supporter son poids.

Tony. Ce nom flasha au travers de son esprit embrouillé. Appeler Tony.

Mais Tony était-il réellement vivant?

Contente-toi d l'appeler!

Ziva réussit à se traîner jusque contre le mur, elle s'y adossa et se battit pour sortir son portable de sa poche. Ses poumons étaient en feu, elle ne parvenait plus à respirer.

Elle appuya deux fois sur la touche de raccourci d'appel, et se dépêcha de coller son téléphone contre son oreille. Ça sonna deux fois.

- Dinozzo.

Le son de sa voix ne lui apporta pas le soulagement qu'elle avait espéré.


Gibbs ne releva pas la tête quand il entendit sonner le téléphone de Tony. Mais quand après avoir répondu le jeune homme bondit de sa chaise, l'air paniqué, Gibbs sut qu'il y avait un problème.

- Ziva? Qu'est-ce qui ne va pas?

Réalisant qu'il avait attiré l'attention de ses collègues, Tony contourna rapidement son bureau. Il avança jusqu'aux grandes fenêtres et parla plus doucement. McGee jeta un œil à Gibbs, qui continuait de fixer son agent sénior. Il ne savait que trop ce que cela faisait de recevoir un appel d'une Ziva totalement paniquée quand on ne s'y attendait pas.

Tony fit soudainement volte-face, et revint vers eux en quelques grandes enjambées.

- McGee! Trace le portable de Ziva, tout de suite!

Si McGee trouva cette demande un peu brutale, il ne le laissa pas paraître et se mit aussitôt au travail. Tony attendit, piétinant d'impatience.

- Selon les coordonnées GPS elle est à son appartement.

C'était tout ce que Tony avait besoin d'entendre. Il partit au pas de course, préférant emprunter les escaliers plutôt que l'ascenseur. Gibbs et McGee le regardèrent s'en aller, se demandant ce qui avait bien pu se passer.

- Allez Zi, parle-moi, ne t'arrête pas, bafouilla Tony en dévalant les escaliers. Pour toute réponse il entendit une faible toux. Ziva...

- Je... Je...

Elle toussa encore une fois, d'une voix tremblante. Tony tenta d'ignorer la vague de culpabilité qui s'emparait de lui. Si seulement il pouvait simplement claquer des doigts et apparaître là où elle était...

- Que s'est-il passé? Demanda-t-il en traversant rapidement le parking, manquant de passer devant sa voiture sans la voir.

- Rien... Rien.

C'était la chose la plus cohérente qu'elle ait dite depuis le début de la conversation.

- Il ne s'est rien passé? Demanda Tony en ouvrant la portière de la voiture et en sautant à l'intérieur.

Il mit son téléphone sur haut-parleur et le jeta sur le siège passager.

- Est-ce que tu es blessée? L'interrogea-t-il tandis qu'il démarrait la voiture.

Il quitta sa place de parking en marche arrière et quitta le NCIS le plus vite possible.

- Non... Le murmure était faible et grave.

Tony contourna une bonne quinzaine de règles du code de la route rien qu'en quittant le Navy Yard.

- Tu es chez toi? Finit-il par demander, réalisant que l'interroger sur son état pour tenter d'en savoir plus ne le mènerait nul part.

- O... Oui.

Avec son pied il enfonça la pédale d'accélérateur, tout en ne sachant pas s'il était possible pour lui d'aller encore plus vite. Il ne prit pas le temps de se poser cette question.

- Tu t'es rendue directement chez toi, quand tu as quitté le NCIS?

Pas de réponse, rien qu'un sanglot à peine retenu.

- Ziva, est-ce que après avoir quitté le NCIS tu es allée directement chez toi?

- Je... Oui.

Au moins, elle lui avait répondu. Tony ne s'était jamais rendu compte auparavant de la vitesse qu'il pouvait atteindre avec sa voiture. Le trajet jusque chez Ziva aurait dû lui prendre une vingtaine de minutes. Tony s'y rendit en cinq minutes. Il n'attacha aucune importance à l'endroit où il se gara, se dépêchant de sauter hors de la voiture pour se jeter dans l'immeuble.

Tony était sur le point de mourir d'inquiétude quand il arriva chez Ziva. La jeune femme était recroquevillée contre le mur qui faisait face au canapé. L'un de ses bras était enroulé autour de ses genoux remontés contre sa poitrine, et de l'autre elle tenait le téléphone contre son oreille, ses doigts fermement pressés autour de l'appareil. Elle avait fermé ses yeux et était pâle comme un linge. Sa respiration était laborieuse et tout son corps tremblait. Elle ne sembla pas remarquer l'arrivée de Tony.

- Ziva?

Rien. Tony s'agenouilla devant Ziva, et posa une main sur sa joue. Ce geste doux eut l'effet désiré. Ziva ouvrit des yeux plein de larmes, et son regard vague rencontra le sien.

Ils restèrent un long moment à simplement se regarder. Puis Ziva baissa son bras, referma le téléphone et le laissa tomber au sol à ses côtés. Elle vint placer sa main sur celle de Tony, toujours sur sa joue. Enfin, à la plus grande surprise de Tony, Ziva se jeta dans ses bras et attrapa sa veste à pleine main pour l'approcher d'elle au maximum. Elle enterra son visage au creux de son épaule. Malgré l'effet de surprise, Tony passa ses bras autour du corps frêle et tremblant de Ziva, et la serra fermement, ne voulant et ne pouvant la laisser s'éloigner.

Ziva ne dit rien, et Tony ne sut pas vraiment quoi dire dans une telle situation. Il n'avait pas la moindre idée de par où commencer. Alors il se mit à gentiment la bercer tandis qu'elle peinait encore à respirer. Ses tremblements secouaient aussi le corps de Tony. Il passa une main dans ses cheveux, déposa plusieurs baisers sur le dessus de sa tête. Il aurait été prêt à donner sa vie pour lui ôter toute cette peine.

Mais n'était-ce pas comme ça que toute cette histoire avait démarré?

- Ziva, murmura-t-il après plusieurs minutes, sa prise autour d'elle se resserrant davantage.

Ses doigts étaient toujours emmêlés dans ses cheveux, maintenant sa tête contre son corps.

- Tu peux te lever?

La seule réponse qu'il reçut fut une respiration rauque et tremblante.

- Allez Zi...

Il leur fallut un peu de temps, mais Tony finit par réussir à tous les deux les faire tenir debout. Même si il supportait la majeure partie du poids de Ziva tandis qu'ils se dirigeaient vers le canapé. Ziva se raccrocha à lui jusqu'à ce qu'ils soient assis. Tony, sans réellement réfléchir, l'amena sur ses genoux, ses bras toujours fermement enroulés autour de son corps.

- Zi? Essaya-t-il d'une voix hésitante après un moment.

Il ne fut pas surpris qu'elle ne lui réponde pas. Ce n'était pas le meilleur moment pour la forcer à parler, attendre d'elle qu'elle...

Le portable de Ziva sonna et ils sursautèrent tous les deux. Après quelques sonneries Tony s'écarta en douceur de Ziva, et se leva pour aller récupérer le téléphone préalablement abandonné.

- Téléphone de Ziva David.

- Comment elle va Dinozzo? Demanda Gibbs, allant droit au but.

Tony soupira, retenant le "elle va bien" qui manqua de s'échapper de sa bouche.

- Mal, mais tu t'en doutais, non, Boss?

Gibbs mit un long moment avant de répondre.

- Force là à parler, finit-il par dire avant de raccrocher.

Tony reposa le téléphone et se tourna vers Ziva.

- Hey.

Elle releva les yeux pour le regarder, et pour une fois elle ne se força pas à mentir concernant l'état dans lequel elle se trouvait. Même elle cette fois ne pouvait nier que quelque chose n'allait pas. Mais elle pouvait toujours tenter d'éviter cette conversation.

- Tony, je n'ai pas envie d'en parler...

- Tu sais Ziva, là je me fiche bien de ce que tu veux.

Le ton dur qu'il avait employé la surpris suffisamment pour qu'elle se taise, au moins pour un moment.

Elle se releva lentement, ses yeux ne quittant jamais ceux de Tony.

- Que s'est-il passé?

- Rien de... Commença à dire Ziva.

Mais Tony refusa cette réponse. Il en avait assez.

- Si ça n'était rien alors pourquoi m'as-tu appelé et donné l'impression d'être au beau milieu d'une crise d'angoisse? Pourquoi est-ce que j'ai enfreins une bonne cinquantaine de lois du code de la route en venant jusqu'ici, et pourquoi je t'ai trouvé recroquevillée sur le sol de ton salon? Pourquoi t'es-tu accrochée à moi comme si ta vie en dépendait?

- Arrête...

- Que s'est-il passé ce soir, Ziva? Que se passe-t-il toutes les nuits? De quoi rêves-tu pour te réveiller chaque nuit en hurlant, qu'est-ce qui fait qu'à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit je ne peux pas me trouver à plus de dix mètres de toi? Que s'est-il passé pendant que j'étais parti?

- Tais-toi! Cria soudainement Ziva, se tournant pour ne plus voir Tony.

Il l'attrapa par l'épaule avant qu'elle ne puisse s'enfuir, mais il sut qu'il ne valait mieux pas la forcer à se retourner pour le regarder de nouveau.

- Non Ziva, je ne vais pas me taire. Tu ne peux pas simplement prétendre que tout ceci n'a jamais existé. Je n'ai rien dit quand tu es revenue de Somalie et que tu as refusé de nous dire ce qu'il s'était passé là-bas. Tu ne nous as jamais rien dit mais tu t'en es sortie. Mais cette fois ça ne marche pas, tu dois faire quelque chose Ziva. Parce que tu ne vas pas mieux.

- Et quoi alors? Tu penses que parler m'aiderait?

Il ne fut pas surpris quand Ziva tenta de lui échapper. Mais il refusa de la laisser partir.

- Ce sera toujours mieux que ne rien dire, car cette solution ne te mène visiblement à rien.

- Qu'est-ce que tu en sais? Déclara aussitôt Ziva, d'une voix étonnement stable, même si Tony pouvait la sentir trembler sous sa main.

- J'ai vu tout ce qu'il s'est passé depuis mon retour, répondit Tony. Ce que j'ignore, c'est tout ce qu'il s'est passé pendant que je n'étais pas là. Qui t'a dis que j'étais mort? Est-ce qu'ils ont envoyé un agent, ont-il demandé à un docteur de te le di...

- Tais-toi, Tony, le pria Ziva, comme si on la torturait.

Mais Tony continua.

- Que s'est-il passé avec mon remplaçant? McGee m'a dit que c'était un con, mais qu'a-t-il fait pour que tu en viennes presque à le tuer? Pourquoi tu t'es installée à mon bureau, pourquoi as-tu emménagé dans mon appartement? Quand as-tu recommencé à prendre des somnifères?

- Tais-toi!

Mais Tony n'était pas décidé à se taire.

- Qu'est-il arrivé quand tu étais en mission sous couverture? Comment t'es-tu faite poignarder? Qu'essayais-tu de faire? Je veux t'aider Ziva, mais pour ça tu dois me laisser t'aider. Tu dois me parler, sinon je ne peux rien faire.

L'espace d'une demi seconde Tony sentit encore Ziva trembler sous sa main, jusqu'à ce qu'elle ne se libère soudainement de son emprise. Elle se retourna et se mit à crier.

- Je ne t'ai jamais demandé de m'aider!

Tony, ne s'étant pas du tout attendu à ce cri, resta muet.

- Je ne t'ai jamais demandé de mettre ta vie en danger pour moi, je ne t'ai jamais demandé de venir me chercher en Somalie, je ne t'ai jamais demandé de me pousser à terre et de te prendre cette balle, je ne t'ai jamais demandé de prendre soin de moi!

Tony ouvrit et referma sa bouche plusieurs fois, ne sachant plus vraiment comment agir. Un feu semblait brûler dans les yeux de Ziva, et soudain il se revit devant les locaux du Mossad alors qu'elle l'accusait furieusement d'avoir tué son petit-ami.

Et apparemment elle n'avait pas terminé.

- Qu'aurais-tu fait Tony?

Ce brusque changement dans ses questions le surprit.

- Et si tu ne m'avais pas fait tomber, si je m'étais pris cette balle? Et si j'avais été celle qui avait simulé sa mort? Qu'aurais-tu fait?

- Je... Je...

Ziva continua, ne lui laissant pas plus de temps pour répondre.

- Comment aurais-tu réagi si Gibbs s'était pointé chez toi à six heures du matin pour te dire qu'il y avait eu des complications durant la nuit, et que j'étais morte?

Tony sentit son estomac se serrer à cette pensée. Il faisait toujours des cauchemars du jour où Gibbs lui avait annoncé que Ziva était morte. Il ne ferait certainement pas aussi bien face une seconde fois.

- Est-ce qu'Abby aurait dormi sur ton canapé cette nuit là après avoir quitté l'hôpital? Est-ce que Gibbs aurait insisté pour que tu t'installes chez lui une fois qu'il t'aurait appris la nouvelle, parce qu'il n'aurait pas voulu pas te laisser seul? Est-ce que McGee se serait remis à bafouiller et aurait évité de prononcer mon nom, est-ce que Ducky aurait essayé de jouer le psychologue? Aurais-tu arrêté de dormir car ça aurait été le seul moyen pour éviter de faire des cauchemars, ces putain de cauchemars où tu m'aurais vu saigner sous tes mains pendant que la seule chose que tu parvenais à me dire était de tenir le coup?

Tony recula d'un pas, une autre image lui traversant l'esprit : Ziva, penchée sur lui, ses mains comprimant sa poitrine, les yeux plein de larmes alors qu'elle lui répétait avec colère de se taire, de garder ses forces, qu'il irait bien.

- Okay... Ziva...

Mais elle n'avait pas encore terminé. Loin de là même.

- Et l'enterrement. Qu'aurais-tu fais à ce putain d'enterrement? Te serais-tu effondré sur la pelouse, secoué par des sanglots incontrôlables, devant tout le monde? Et quand tu serais retourné au NCIS quelques jours plus tard, après avoir passé le week-end à éviter la moindre personne parce que tu avais honte du comportement que tu avais eu, quand tu aurais découvert que j'avais été remplacée, qu'aurais-tu fais? Comment aurais-tu réagi si mon remplaçant n'avait cessé de se moquer de moi, m'appelant par des noms dégradants, insultant ta partenaire décédée?

- Zi... Tais to...

- Qu'aurais-tu fais après que Gibbs t'ait renvoyé chez toi parce qu'il ne t'aurais plus fait suffisamment confiance pour te laisser au NCIS avec mon remplaçant? Tu serais rentré chez toi? Où m'aurais-tu insultée, aurais-tu balancé un verre de vin contre le mur parce que tu n'aurais plus pu canaliser ta colère? Aurais-tu cassé ta table basse, parce que tout détruire était la seule pensée qui encombrait ton esprit? Aurais-tu été si désespéré de briser quelque chose qui te rappelait ma présence que tu serais parti à la recherche de cette photo de nous deux que tu possèdes, simplement pour pouvoir la balancer elle aussi contre le mur et entendre le bruit du verre qui se casse? Et quand tu aurais enfin trouvé cette photo, te serais-tu encore une fois effondré en sanglotant parce qu'elle ne faisait que te rappeler tout ce que tu n'aurais jamais?

- Ne... Commença faiblement à protester Tony.

Il ne voulait rien entendre de plus. Il s'en voulait de plus en plus de l'avoir poussée à bout.

Mais Ziva continua.

- Aurais-tu quitté ton appartement et serais-tu entré dans le mien par effraction parce que tu ne pouvais supporter plus longtemps la vue du chaos que tu venais de créer? Parce que tu n'aurais plus supporter d'être entouré par celui que tu étais devenu? Te serais-tu enveloppé dans mes vêtements, mes couvertures, dormi sur mon oreiller, respiré mon odeur, te rappelant inlassablement que tu avais tout perdu, et que la seule personne que tu pouvais blâmer pour cela, c'était toi? Aurais-tu manqué de peu de t'évanouir sur une scène de crime parce que tu ne dormais plus, ne mangeais plus, parce que plus rien de tout ça n'importait pour toi, parce tu usais déjà toute ton énergie à simplement continuer de vivre? Te serais-tu endormi dans le camion sur le retour de cette scène de crime, obligeant McGee à te réveiller par la suite parce que tu hurlais dans ton sommeil? Gibbs t'aurait-il renvoyé chez toi, t'interdisant de revenir tant que tu n'aurais pas dormi une nuit entière? Qu'aurais-tu fait alors, parce que tu ne pouvais tout simplement plus fermer un œil sans te mettre à rêver de moi, me vidant de mon sang pendant que tu observais la scène, incapable de quoi que se soit? Aurais-tu recommencé à prendre des somnifères pour réussir à passer une bonne nuit de sommeil sans que mon image ne vienne encore te hanter?

Des larmes dévalaient les joues de Ziva à présent, sans visiblement qu'elle n'en n'ait conscience. Elle recula d'un pas, son regard toujours aussi meurtrier.

- Et qu'aurais-tu fait quand les somnifères auraient commencé à ne plus faire effet? Te serais-tu simplement allongé, et aurais-tu continué à avalé les achets un à un, jusqu'à ce que tu réalises que tu en avais trop pris? Est-ce que tu aurais appelé Gibbs à l'aide? Est-ce que, plus tard quand tu te serais réveillé à l'hôpital, Gibbs t'aurais dit que les médecins voulaient que tu ailles voir un psy, et qu'il avait du mal à trouver des arguments pour les en dissuader?

Le visage de Tony, qui avait commencé à pâlir quand Ziva avait admis avoir fais une overdose de somnifère, commençait à tourner au vert. Il se sentait mal.

- Arrête...

- Et quand Gibbs t'aurais une fois de plus forcé à emménager chez lui parce qu'il ne te faisait plus suffisamment confiance pour te laisser vivre seul, dans l'appartement d'une femme morte, te serais-tu saoulé dans sa cave et lui aurais-tu admis que tu avais fait une erreur, laissé passer ta chance trop de fois, attendu trop longtemps? Aurais-tu avoué à Gibbs, alors que tu aurais pu le dire à tant d'autres personnes, que tu aimais ta partenaire décédée? Aurais-tu profité de la première enquête qui serait arrivée au NCIS, des prostituées poignardées près du Navy Yard, par un marin? Aurais-tu insisté auprès de Gibbs pour qu'il t'envoie en mission sous couverture? Comme ça tu aurais pu attraper cet homme, voire plus, mettre ta vie en danger et enfin te sentir un peu vivant pour la première fois en un mois? Aurais-tu promis à Gibbs, promis à Abby que tout irait bien, tout simplement parce que tu savais que techniquement tu ne briserais pas cette promesse, car vous n'aviez pas la même définition de "aller bien"? Aurais-tu tenté d'appréhender seul le suspect, sans appeler Gibbs ou McGee à l'aide, parce que tu voulais mourir, parce que tu en avais assez de vivre sans la seule personne qui donnait un sens à ta vie?

Tony abandonna l'idée de lui demander de se taire. Ça ne servait à rien, elle n'écoutait pas. Et n'était-ce pas ce qu'il avait voulu, qu'elle parle? Cela ne faisait-il pas des semaines qu'il essayait de la faire parler?

- Et quand tu te serais réveillé à l'hôpital, parce que bien sûr Gibbs ne t'aurait pas simplement laissé mourir, comment te serais-tu senti? Aurais-tu étais déçu, déçu parce que tout ce que tu avais voulu c'était mourir, et que personne ne semblait vouloir respecter cette seule volonté? Et quand tu aurais entendu ma voix, la voix d'une femme morte, comment aurais-tu réagi? Aurais-tu paniqué, pensé que tu avais fini par vraiment perdre la tête? Aurais-tu été réellement persuadé d'être devenu fou? Et quand Abby se serait assise là et se serait adressée à toi comme si elle parlait à un enfant de cinq ans, t'expliquant que tout ça n'avait était que mensonge, un mensonge, comment te serais-tu senti, à ce moment là? Et quand ensuite tu m'aurais vu, vivant, sans aucun doute, et que tu aurais réalisé jusqu'où tu t'étais enfoncé ces six dernières semaines, tout ce que tu avais fait, comme te serais-tu senti? Qu'aurais-tu dis? Qu'est-ce que ça t'aurais fait de me regarder et de savoir que tout ce qu'il s'était passé le mois dernier était désormais totalement vide de sens? Complètement absurde!

Pour la première fois Ziva hésita à poursuivre et ses yeux fuirent Tony un moment. Mais son regard dur vint se replacer sur lui. Elle était déterminée plus que jamais à aller jusqu'au bout.

- Et qu'aurais-tu fait si chaque nuit tu avais continué de rêver de ma mort, de mon absence? Qu'aurais-tu fais si une nuit tu avais rêvé que je n'étais plus là, et que personne ne semblait n'avoir jamais entendu parlé de moi? Et si la nuit suivante tu avais rêvé qu'une bombe avait explosé parce que tu n'avais pas réussi à la désamorcer, et que j'étais morte, pendant que tu me regardais, impuissant? Et si tu avais rêvé que je quittais l'openspace avec McGee et Gibbs, et que tu recevais ensuite un appel qui t'informait qu'on m'avait tiré dessus sur la scène de crime, que j'étais morte? Et si ton cerveau avait fait le tour de tous les moyens possibles pour te torturer, si bien que tu te serais remis à rêver de ce jour où une balle avait traversé ma poitrine et où tu as cru que j'étais morte pour de bon? Et si un soir tu avais rêvé que tout ça n'était que mensonge, que j'étais réellement morte, si tu t'étais réveillé et que je n'avais pas été là, aurais-tu été pris d'une crise d'angoisse parce que tu ne parvenais plus à discerner la réalité du cauchemar?

Ils avaient fini par revenir au temps présent. Tony regardait Ziva avec précaution alors qu'elle tentait de reprendre suffisamment possession d'elle-même pour se rappeler de ce qu'elle avait voulu dire quand elle avait commencé cette avalanche d'hypothèses.

- Comment aurais-tu vécu tout cela Tony? Comment aurais-tu fais pour garder les deux pieds sur Terre? Aurais-tu envie d'en parler et d'être forcé de te souvenir et de souffrir à nouveau simplement parce quelqu'un n'a pas la moindre idée du terrain sur lequel il s'aventure quand il tente de te forcer à ré-aborder des choses que tu souhaites désespérément oublier? Voudrais-tu parler de tout cela Tony? Aimerais-tu?

Tony hésita un instant avant d'avancer doucement et de tendre une main vers la jeune femme. Mais Ziva ne le laissa pas faire. Elle attrapa son poignet, lui retourna le bras, et l'éloigna d'elle.

- Est-ce que tu as au moins réfléchi? Siffla-t-elle, les yeux brillants de larmes. Quand exactement est-ce devenu une bonne idée de pousser quelqu'un en dehors de la trajectoire d'une balle?

La première question qui demandait une réponse.

- Je... Je ne pouvais pas te laisser être blessée, réussit-il à dire malgré son état de choc. Je n'aurais pas supporté de vivre si... si tu t'étais pris cette balle et que tu étais morte...

- Alors à a place tu m'as fais vivre moi dans cette position? Le coupa Ziva. Tu t'es pris une balle qui m'étais destinée, en pensant que comme ça personne d'autre ne serait blessé? As-tu vraiment pensé que je n'avais pas de cœur et que je ne me dirais pas, tous les jours, que tu étais mort à cause de moi?

- Je... Je ne savais pas ce qu'il allait se passer.

- C'est ça, Tony! Tu ne savais pas, tu n'avais aucune idée des conséquences qu'aurait ton geste, tu n'as pas réfléchi, tu t'es contenté d'agir. Tu ne t'es jamais demandé en quoi ce geste nous affecterait, nous. Tu es un idiot qui ne réfléchis pas, qui s'en moque et qui est... est... égoïste! Tu n'aurais pas supporté de vivre dans cette réalité qui aurait pris place, alors tu as préféré me forcer moi à vivre dans cette réalité!

Tony devait admettre qu'il ne fut pas si surpris quand Ziva s'approcha soudainement de lui et lui envoya une droite en pleine poitrine. Il laissa les coups venir, ne s'embêtant pas à la faire s'arrêter, même quand les coups s'enchaînèrent et commencèrent à être ponctués de mots.

- Imbécile... Egoïste...

Continuant de le frapper, elle commença à trembler, des larmes venant une fois de plus lui brûler les yeux. Après quelques instants ses poings vinrent se poser contre sa poitrine et ses doigts s'enroulèrent fermement autour du tissu de sa chemise. Elle s'accrocha à lui comme elle l'avait fait quand il était arrivé un peu plus tôt.

- Je te hais, murmura-t-elle soudainement entre deux respirations laborieuses.

Elle avait l'impression que sa poitrine pesait des tonnes.

- Je te hais. Je te... hais.

- Je sais, se mit à murmurer Tony encore et encore. Je suis désolé. Je sais.

Elle ferma les yeux et reposa son front contre sa poitrine.

- Je te hais, murmura-t-elle encore une fois, d'une voix si frêle que Tony fut surpris qu'elle parvienne encore à articuler des mots.

Son corps tremblait si violemment sous l'effet des sanglots qui s'emparaient d'elle que ses genoux finirent par ne plus la porter, et Tony enroula rapidement ses bras autour d'elle. Il la prit dans ses bras et la pressa contre lui. Il ne dit rien, se contentant de la tenir. Il écarta quelques mèches de cheveux de son visage en douceur.

- Je suis désolé, finit-il par dire, sa voix tremblant elle aussi sous l'effet des larmes qui roulaient le long de ses joues et venaient se perdre dans les cheveux de Ziva.

Des larmes qu'il n'avait pas vu s'échapper de ses yeux.

- Je suis désolé. Vraiment désolé Ziva. Je suis désolé.

Pendant un long moment seuls les bruits causés par les sanglots incontrôlables de Ziva et les excuses pleines de larmes de Tony emplirent la pièce.


Alors? Satisfaits? ça va? Je ne vous ai pas tous perdu en chemin? Il vous reste assez de forces pour une petite review? J'accepte les grandes aussi :)