Je suis un peu sur tous les fronts en ce moment... mais je suis de retour par ici. Je m'excuse de vous avoir fait attendre ce chapitre si longtemps. J'espère qu'il vous plaira!
Un ENORME MERCI pour chacune de vos reviews, c'est toujours un ENORME plaisir!
P.S : Pour l'update d'Ava Zivdid, non, pas de nouveau chapitre. J'ai simplement fais quelques mises à jour, reposté des chapitres que j'ai corrigé, et ça a fais comme si j'avais posté un nouveau chapitre.
P.P.S : Ah! Et si ça n'est pas encore fais, allez lire Plume! PBG vient tout juste de finir sa fic, qui vaut la peine que vous la lisiez!
Bonne lecture et vive les reviews!
Scene sixteen - Twilight.
Never cared never wanted (Ça m'a toujours été égal, je n'ai jamais voulu)
Never sought to see what flaunted (Je n'ai jamais aspiré à voir ce qui été affiché au grand jour)
So on purpose so in my face ( Même exprès, même sur mon visage)
Couldn't see beyond my own place (Je ne pouvais pas voir au-delà de ma propre place)
And it was so easy not to behold (Et c'était si facile de ne pas me focaliser)
What I could hold (Sur ce que je pouvais posséder d'autre)
But you taught me I could change (Mais tu m'as montré que je pouvais changer)
Whatever came within these shallow days (Quoi qu'il arrive durant ces jours si superficiels)
And I will never see the sky the same way (Et je ne verrais plus jamais le ciel du même oeil)
And I will learn to say good-bye to yesterday (Et j'apprendrai à dire au revoir au passé)
And I will never cease to fly (Et je ne cesserai jamais de voler)
if held down (Même si je suis maintenue à terre)
And I will always reach too high cause I've seen (Et je viserai toujours plus haut, parce que j'ai vu)
Cause I've seen twilight (J'ai vu le crépuscule)
Ziva ouvrit soudainement les yeux, un faible halètement de peur s'échappant de ses lèvres. Elle fut désorientée pendant un temps. Pourquoi se trouvait-elle dans son appartement, dans sa propre chambre?
Elle reconnut le poids des bras de Tony, fermement enroulés autour d'elle. Les souvenirs de la nuit passée lui revinrent en mémoire. Elle grogna et enfonça son visage dans l'épaule de Tony, remarquant toutefois toute l'ironie que contenait cette action.
Elle avait su dès le début, bien sûr, que avouer à Tony tout ce qu'il s'était passé en son absence ne l'empêcherait pas de faire un autre cauchemar, comme chaque nuit depuis qu'elle avait appris la supposée mort de Tony. Mais au moins ce rêve, un mélange de souvenirs réels et de souvenirs des cauchemars qu'elle avait fait, ne l'avait pas fait se réveiller en hurlant.
Après un moment Ziva osa relever la tête, et remarqua que Tony dormait toujours. Elle se libéra de ses bras avec précaution, et rit légèrement quand il grogna dans son sommeil et resserra sa prise autour d'elle, refusant de la laisser partir. Après quelques minutes elle réussit à se libérer et glissa silencieusement dans le salon. Elle ne pouvait empêcher les souvenirs de la nuit dernière de lui revenir en mémoire.
Ils avaient passé presque une heure à pleurer, puis Tony l'avait prise dans ses bras, ignorant ses faibles protestations tandis qu'il la serrait contre lui. Il l'avait portée jusqu'à sa chambre et l'avait posée sur le lit, la serrant toujours contre lui alors que ses sanglots avaient cessé doucement et s'étaient remplacés par une respiration laborieuse entrecoupée de hoquets. Ils étaient tous les deux physiquement et émotionnellement épuisés. Le sommeil avait fini par s'emparer de Ziva, et elle avait glissé dans l'inconscience pour deux bonnes heures, jusqu'à ce que ses cauchemars ne reviennent la hanter.
À présent elle se tenait au milieu de son salon, ses yeux balayant inlassablement l'espace du regard alors que les souvenirs de ce qui s'était passé ici la veille au soir lui revenaient en mémoire. Ses joues s'empourprèrent.
Aurais-tu avoué à Gibbs, alors que tu aurais pu le dire à tant d'autres personnes, que tu aimais ta partenaire décédée?
Oh bon sang. Qu'avait-elle fait?
- Hey.
Elle sursauta et fi aussitôt volte-face. Elle fut surprise de découvrir Tony se tenant devant elle, la regardant d'un air sérieux. Ziva ouvrit et referma la bouche deux-trois fois, essayant de trouver quoi dire. Tony serra les dents un moment.
- Ecoute, finit-il par dire, à propos de ce qu'il s'est passé... hier soir...
- Non, le coupa Ziva d'une voix rauque, ce simple mot lui brûlant la gorge.
Tony se tut au milieu de sa phrase et cligna quelques fois des yeux.
- Je...n'ai pas envie de parler de ça. Pas maintenant. S'il te plait, ajouta-t-elle d'une voix faible, presque inaudible.
Cela fit frémir Tony. Cependant il ne pouvait pas abandonner si facilement.
- Quand alors? Demanda-t-il doucement. Quand va-t-on en parler?
Ziva laissa son regard se perdre dans son salon, ses muscles se contractant sous le poids des souvenirs de la veille qui revenaient la frapper.
- Ce soir, finit-elle par dire. Après le travail. À ton appartement.
Tony acquiesça lentement. Il pouvait accepter cette idée.
- Ce soir, alors, répondit-il doucement. Honnêtement il n'aimait pas l'idée de repousser cette conversation si loin. Mais elle était d'accord pour en parler plus tard, dans pas si longtemps que ça. C'était mieux que rien.
- Ce soir. Je te le promets, ajouta-t-elle après un moment, semblant remarquer qu'il avait du mal à lui faire confiance.
Ils passèrent à l'appartement de Tony pour qu'il se douche et revêtisse des vêtements propres, puis se rendirent directement au NCIS. Ziva dut lutter pour ne pas réagir aux nombreux regards que lui lançait McGee du coin de l'œil. Elle se rappela subitement sa conversation téléphonique avec Tony la veille, elle le réentendait crier à McGee de tracer son portable. Elle grimaça. Merveilleux. McGee savait que quelque chose s'était passé la nuit dernière, ça ne faisait aucun doute. Ce qui bien sûr voulait dire que Gibbs savait lui aussi. Ziva tenta d'ignorer la façon dont ses joues s'empourprèrent à cette pensée. C'était officiel, la situation ne pouvait pas être pire.
Ziva occupa sa matinée en lisant enfin les mails qu'elle avait reçu ces deux derniers mois et qu'elle avait soigneusement évité d'ouvrir jusque là. Elle fut surprise d'en découvrir un de son père, qui lui offrait ses condoléances pour "le récent décès de l'Agent DiNozzo." Ziva hoqueta, surtout car contrairement à ce qu'il pouvait laisser entendre, son père ne savait pas toujours tout sur tout. Pour la défense d'Eli, il n'était pas si loin que ça de la vérité. Le fait qu'il ait su que Tony était hypothétiquement mort l'impressionnait. Ziva lui répondit par un mail court et bien formulé, où elle y corrigea son erreur et le remercia tout de même pour son attention. Ensuite elle continua de vider sa boîte mail.
- Que veut Papa David cette fois? Demanda Tony d'un ton taquin alors que Ziva ouvrait un énième mail.
Elle lui lança un regard surpris.
- Comment as-tu...
- Tu as ton air "je suis en train d'écrire un mail à mon père" d'affiché sur le visage. Ce n'est pas un air que je vois très souvent, mais il apparaît de temps en temps.
- Je n'ai pas une expression particulière quand j'envoie un mail à mon père.
- Si, en fait tu en as une. Sinon comment j'aurais pu savoir que tu viens juste de lui écrire?
- Et bien si tu vais été McGee tu aurais pu installer un genre de logiciel sur mon ordinateur qui te permettrait de m'espionner et de voir ce qui s'affiche sur mon écran...
- Mais je ne suis pas McGee.
Tony prit une seconde pour considérer cette idée avant de poursuivre.
- Dieu merci. Il s'attira le regard de McGee. Peu importe, je me répète : qu'est-ce que Papa David a à dire cette fois?
- Pour tout te dire il m'offrait ses condoléances pour ta soi-disant mort.
Tony fronça les sourcils.
- Vraiment? Demanda-t-il, légèrement intrigué.
- Oui. Ses mots exacts sont "J'ai été assez surpris d'apprendre le récent décès de l'Agent DiNozzo. C'était une tête de mule bornée, je ne le pensais pas capable de mourir un jour."
Tony se redressa à l'entente de cette description.
- Oui, j'imagine bien ton père dire ça, marmonna-t-il avant de se replonger dans son travail en continuant de grommeler "bâtard égocentrique" dans sa barbe.
Un autre jour, Ziva aurait souris, principalement car elle pensait la même chose au sujet d'Eli David. Mais elle n'était pas d'humeur à rire aujourd'hui. Elle ne voulait quasiment qu'une seule chose, retourner se coucher, se pelotonner sous les couvertures, et oublier pendant un temps toute cette réalité dérangeante.
Tony tapait sur son clavier, sans réellement prêtait attention à ce qu'il écrivait. Il avait espéré divertir un peu Ziva en lui demandant ce que lui voulait son père. Il ne s'était pas attendu à ce que Eli David ait eu connaissance du fait qu'il avait été mort pendant un mois. Habituellement, ses emails qui apparaissaient une fois tous les deux trois mois ne consistaient en rien de plus que "Rien de nouveau" et "J'espère que tu te portes bien". Cet email plus long que les habituels ne leur avait pas offert la distraction qu'il avait recherché.
Aurais-tu avoué à Gibbs, alors que tu aurais pu le dire à tant d'autres personnes que tu aimais ta partenaire décédée?
Les mots continuaient de tourner dans sa tête, refusant de le laisser en paix. Aimais. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. Même si Tony pensait qu'il ne devait pas perdre son temps à chercher un sens caché à ces mots. Elle avait dit ça sous le coup de l'émotion. De la colère. Elle avait dit ça simplement sous l'effet de la rancune qu'elle avait ressenti.
Mais tout de même... Même sous l'effet de la colère, dire qu'elle l'aimait n'était pas une parole à prendre à la légère.
Aimais.
Tony résista à son envie pressante de grogner et de laisser sa tête tomber sur son bureau. Il ne savait plus ce qui le troublait le plus. Le fait qu'elle ait admis qu'elle l'aimait... ou le fait qu'elle se soit totalement renfermée sur elle-même depuis. Comme si tout ce qu'il s'était passé hier soir ne suffisait pas.
Ziva sursauta légèrement quand son téléphone sonna, et l'attrapa rapidement. Elle décrocha et approcha l'appareil de son oreille.
- David.
Elle écouta un moment avant de froncer les sourcils et de jurer en hébreu.
- Non, non, désolée, je serai là dans une dizaine de minutes.
Elle referma son téléphone et sauta de sa chaise. Elle attrapa sa veste et afficha un air ennuyé.
- Un problème? Demanda Tony curieux, en penchant un peu sa tête sur le côté.
Ziva le regarda du coin de l'œil en enfilant sa veste.
- J'ai... J'avais oublié que j'avais rendez-vous chez le médecin aujourd'hui, murmura-t-elle en commençant à se diriger vers l'ascenseur.
Tony lança un regard presque suppliant à McGee.
- Je vous couvrirai auprès de Gibbs, lâcha le jeune homme dans un soupir en dissimulant un léger sourire.
Tony le remercia d'un hochement de tête avant de bondir à son tour de sa chaise, d'attraper sa veste, ses clés de voiture et de rattraper Ziva. Il réussit à se glisser dans l'ascenseur juste avant que les portes ne se referment. Ziva lui lança un regard surpris.
- Que...
- Je t'y conduis, dit-il simplement.
Il s'attira un autre regard de Ziva. Mais elle sembla savoir qu'argumenter ne servirait à rien. Elle préféra s'adosser contre la paroi de l'ascenseur, croiser ses bras et fixer les chiffres indiquant l'étage défiler jusque 0.
D'un côté, c'était un soulagement de quitter le NCIS quelques temps, de s'éloigner des regards inquisiteurs de McGee qui continuait de la regarder quand il pensait qu'elle ne le voyait pas. Mais d'un autre, Ziva avait compté sur le trajet jusqu'à l'hôpital pour apprécier un peu de solitude et mettre ses pensées en ordre. Tony se désignant comme son chauffeur jusqu'à l'hôpital venait perturber ses plans.
Le problème c'est qu'elle était heureuse que Tony ait décidé de l'accompagner.
Le médecin sourit quand Ziva se confondit en excuse au sujet de son retard. Apparemment elle n'était pas la première agent du NCIS à oublier un rendez-vous médical. Mais elle semblait être la seule à tant s'excuser.
- Bien... Dit doucement le médecin en examinant la cicatrice chirurgicale de Ziva.
Tony s'adossa contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine, et suivit les gestes du médecin d'un œil attentif.
- Tout semble en ordre. Je vous recommande d'attendre encore un peu avant de retourner sur le terrain, mais vous devriez pouvoir sans problème retourner au NCIS, du moment que vous restez assise derrière votre bureau.
Tony murmura quelque chose, mais le médecin ne le remarqua pas. Il attrapa un dossier et le parcourut des yeux.
- Ah... Je vous avais demandé de rester sous la surveillance de quelqu'un pendant votre rétablissement. Avez-vous réellement suivi cet ordre?
Ziva acquiesça doucement.
- J'ai passé la semaine... chez l'Agent DiNozzo.
- Bien, très bien. Je ne vois pas de raison particulière pour que vous continuiez à rester chez lui. Je pense que vous êtes en état pour retourner vivre chez vous.
Les muscles de Ziva se contractèrent et elle se redressa un peu. Tony le remarqua, mais il fut sûr qu'une fois de plus le médecin n'avait rien vu.
- Chez... moi? Réussit-elle à demander après un moment.
Le médecin acquiesça, ne se doutant pas d'à quel point cette nouvelle affectait sa patiente.
- Oui. Vous n'avez plus besoin d'être continuellement surveillée.
Tony vit un éclair de panique passer dans les yeux de Ziva. Il se décolla du mur et avança lentement jusqu'à se trouver aux côtés de la jeune femme. Elle n'essayait pas de cacher qu'elle n'aimait pas du tout l'idée de retourner s'installer chez elle. Tony devait admettre qu'il en était presque content. Elle savait aussi bien que lui que c'était son état psychique plus que son état physique qui l'avait fait rester chez lui cette dernière semaine.
- D'accord, alors... Merci beaucoup docteur, dit-elle, ne semblant toutefois pas si heureuse qu'elle aurait dû l'être.
Le retour au NCIS se fit dans un silence étrange. Leur trajet précédent s'était lui aussi fait en silence, mais dans un silence plus confortable. Cette fois Tony avait l'impression que Ziva le punissait en lui imposant ce silence. La jeune femme passa son temps à regarder par la fenêtre, d'un regard sombre et totalement indéchiffrable.
Elle resta silencieuse quand ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers le NCIS. Elle ne dit rien dans l'ascenseur, ni quand elle tendit à Gibbs le papier de l'hôpital qui l'autorisait à reprendre le travail tant qu'elle n'allait pas sur le terrain pendant encore une à deux semaines. Tony aurait été prêt à tout pour savoir ce qu'il se passait dans sa tête.
- Qu'est-ce qui fait qu'à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit je ne peux pas me trouver à plus de dix mètres de toi?
Ziva s'assit à son bureau et ferma les yeux quelques instants, prenant le temps de se recomposer un peu avant de se remettre au travail. Il avait raison. C'était un problème que Tony avait si gentiment mis en évidence hier soir. Elle ne supportait pas de s'éloigner de lui. Elle ne pouvait pas dormir sans qu'il soit à ses côtés. Elle n'allait en aucun cas pouvoir retourner s'installer dans son appartement. Pas sans lui.
Ce qu'il s'était passé hier soir n'était pas un exemple parfait de pourquoi elle devait rentrer chez elle? Quitter l'appartement de Tony, s'éloigner de cet homme, regagner son indépendance qu'elle clamait autrefois avec tant de ferveur. Elle devait cesser d'être si pathétique, d'être cette femme faible qu'elle ne reconnaissait pas.
Elle avait besoin de redevenir celle qu'elle était.
La journée se passa sans encombres. Ils bouclèrent l'enquête dans la soirée, celle sur laquelle Ziva avait totalement oublié qu'ils travaillaient. L'idéal aurait été qu'elle puisse juste s'enfuir et retourner droit chez elle. Mais Tony l'avait conduite au NCIS ce matin, et elle devait encore aller récupérer ses affaire chez lui.
Et il y avait cette conversation qu'elle avait accepté d'avoir avec lui...
Elle attendit donc que Tony finissent d'écrire son rapport et attrape sa veste avant de se diriger vers l'ascenseur. Elle garda son regard rivé sur le sol et fit semblant de ne pas remarquer les regards inquiets que lui lançait Tony. Elle savait que son silence était énervant, et le mettait sur les nerfs. Mais il n'était pas sans tort non plus. Il ne lui posait aucune question après tout...
Finalement, ils quittèrent le NCIS. Ziva fit de son mieux pour éviter le regard de Tony dans l'ascenseur, ainsi que dans la voiture où elle continua de regarder par la fenêtre, son coude posé contre la portière et son menton dans sa main. Elle pouvait sentir le regard de Tony se poser régulièrement sur elle. Elle se mit à espérer de manière irrationnelle qu'ils n'arriveraient jamais à l'appartement de Tony.
Mais ils finirent par y arriver, bien sûr.
- Alors? Demanda Tony une fois qu'ils se trouvèrent tous les deux au milieu de son salon.
Ziva se tourna pour lui faire face, et le fixa de ce regard indéchiffrable qu'elle arborait depuis qu'ils avaient quitté l'hôpital.
- Que veux-tu savoir?
C'était tout ce qu'elle pouvait réussir à demander. Tony soupira, à la recherche des bons mots pour poser ces questions qui le taraudaient. Que voulait-il savoir? Bons sang... Elle aurait mieux fait de lui demander ce qu'il ne voulait pas savoir. Tant de choses avaient été dites la nuit dernière...
Finalement, seuls deux petits mots sortirent de sa bouche.
- Tes sentiments.
Le corps de Ziva se tendit autant que si Tony venait juste de lui asséner un coup. Elle serra les dents, et déglutit quelques fois. Bien sûr. Le seul sujet qu'elle avait espéré ne pas avoir à aborder.
- Que veux-tu savoir sur mes sentiments?
Sa tentative de repousser cette conversation, de faire comprendre à Tony qu'elle n'avait aucune envie d'en parler, passa inaperçue.
- Tu as dit à Gibbs que tu m'aimais.
Ça n'était pas une question.
- J'étais ivre. J'ai lui ai dis beaucoup de choses que je ne pensais pas.
Ça n'était pas strictement vrai... C'était même totalement faux. Mais Tony n'avait pas besoin de le savoir...
- Ziva je t'ai déjà vu ivre. Tu ne mens pas. Tu es juste un peu plus bavarde que d'habitude.
Bon sang, ne pouvait-il pas simplement laisser tomber? Ziva s'en voulait déjà suffisamment pour tout ce qu'il s'était passé, ce n'était vraiment pas la peine qu'il aggrave les choses en revenant sur le sujet, si?
- On ne peut pas... passer à autre chose? S'il te plait? Ajouta-t-elle pour accentuer ses mots.
Elle ne pouvait pas en parler, réalisait-elle. Avoir cette conversation était au-dessus de ses forces.
- C'est la seule question que j'ai à poser, l'informa calmement Tony. Le moins que tu puisses faire c'est y répondre. Je mérite au moins une réponse, tu ne crois pas?
Sans savoir pourquoi, le ton calme et réaliste qu'il employa énerva Ziva au plus haut point. D'un coup elle se mit à parler sans réellement avoir conscience de ce qu'elle était en train de dire.
- Oui, Tony, d'accord? Oui! J'ai dit à Gibbs que je t'aimais, je lui ai dit que je regrettais de ne pas avoir saisi toutes ces chances de te le dire qui s'étaient offertes à moi. Je lui ai dit que je regrettais de ne jamais t'avoir demandé ce que tu avais voulu dire quand tu m'as dit que tu ne pouvais pas vivre sans moi. Je lui ai dit que je m'en voulais car à présent je n'aurais plus jamais l'occasion de faire quoi que ce soit avec toi. C'est pourquoi je ne pouvais pas me faire à l'idée que tu étais mort, c'est ce qui m'a fait complètement perdre la tête. Parce qu'il a fallu que tu meurs pour que je réalise que j'étais amoureuse de toi, alors que je ne pouvais plus rien faire qui aille en ce sens!
Ne sachant quoi dire de plus, Ziva se tut et se sentit rougir suite à ce qu'elle venait d'avouer. Apparemment en ce moment elle aimait vraiment dire à voix haute ce qu'elle n'avait jamais osé avouer...
Tony, surpris, ne sut pas quoi répondre. Il resta à regarder Ziva avec attention, d'un air sérieux, pendant un long moment.
- D'accord.
Ce simple mot brisa le silence. Ziva cligna des yeux, un rien confuse.
- À ton tour.
- Je... Quoi? L'interrogea-t-elle au moment où elle pensait que les choses ne pouvaient pas devenir plus embarrassantes, confuses.
- Tu as dit que tu avais des questions, des choses que tu regrettais ne jamais avoir demandé. Et je t'ai posé beaucoup de questions dernièrement. Alors... à ton tour. Demande moi ce que tu veux.
- Que voulais-tu dire?
Tony n'avait pas besoin d'explications. Il savait exactement ce à quoi elle faisait référence. Un léger sourire triste étira ses lèvres alors qu'il baissait ses yeux vers le sol et passait une main dans ses cheveux.
- C'était déjà suffisamment horrible quand Gibbs t'a laissée en Israël. Je me rendais au travail jour après jour pour rester là à fixer ton bureau vide, en espérant qu'un jour par je ne sais quel tour de magie tu réapparaîtrais. Quand j'ai compris que tu ne reviendrais pas, j'ai commencé à sortir mon portable et à simplement regarder ton nom dans ma liste de contacts, essayant de trouver le courage de t'appeler. Je l'ai fait une fois, j'étais si fier de moi, mais je suis directement tombée sur ta boîte vocale. J'ai bien failli balancer mon portable de l'autre ôté de l'openspace.
Il émit un rire rauque au souvenir de ce moment, et releva un instant les yeux pour regarder Ziva, avant de les reposer à nouveau sur le sol.
- Mais même si c'était juste insupportable, de savoir que tu étais à des milliers de kilomètres de moi, au moins je savais que tu étais vivante. Certainement en train de faire des choses extrêmement dangereuses pour le Mossad. Mais tu étais en vie. Et peut-être qu'un jour tu... tu retrouverais la raison. Que tu aurais envie de revenir au NCIS. De revenir à mes côtés.
- J'ai gardé contact avec tout le monde, essayant de savoir si tu leur avais donné des nouvelles. Quand j'ai compris que personne n'avait entendu parler de toi, j'ai commencé à poser des questions. Je savais que même si tu me haïssais, tu n'avais aucune raison de continuer à ignorer Abby, McGee, ou même Ducky. Quand le temps à commencé à passer, mais que tu ne donnais toujours aucun signe de vie à qui que ce soit, on a commencé à enquêter. On savait tous que quelque chose n'allait pas. On s'inquiétait. Et puis Gibbs nous a parlé du Damoclès...
Les yeux de Tony affichaient un regard vide à présent, et soudain Ziva se rappela regarder son reflet dans un miroir, et voir dans ses yeux briller cette même lueur. C'était troublant.
- La vie a commencé à perdre de son sens après ça, admit Tony après un moment, les mâchoires serrées. Je continuais d'aller travailler, tous les jours, et quand je rentrais chez moi je me contentais de boire jusqu'à tout oublier. Ce qui était une très mauvaise idée, j'en avais conscience. Mais... je m'en fichais. C'était déjà dur de savoir tu étais quelque part de l'autre ôté du globe en train de vivre et de me haïr. Mais savoir que tu étais morte... Que tu étais même morte presque depuis le jour où tu nous avais quitté. Je ne pouvais pas supporter cette idée.
Après un moment de silence, Tony releva de nouveau les yeux. Il posa ses yeux dans ceux de Ziva, et cette fois il soutint son regard.
- Selon les rapports officiels je suis allé en Somalie pour reconnaître le terrain. Gibbs, Ducky, Abby et McGee eux pensaient que j'allais chercher la vengeance. Mais honnêtement... J'y suis allé parce que je ne pouvais plus vivre sans toi. Au moins en Somalie on pourrait dire que j'étais mort en essayant de faire quelque chose.
Ziva fut trop surprise pour penser à dire quelque chose. Après un moment elle se souvint qu'elle devait respirer, et commença de manière irrégulière à absorber de petites bouffées d'oxygène. Elle n'avait jamais posé de questions sur ce qu'il s'était passé quand elle avait été absente. Elle n'avait pas été sûre de vouloir savoir.
- Tony...
Il tenta faiblement de sourire, mais ne réussit pas vraiment.
- Ce n'est pas ce qu'il y a de plus drôle, vivre dans un monde où tu n'existes plus.
Ils restèrent un long moment à se regarder. Ziva ne savait pas vraiment quoi dire, ne parvenait pas à réfléchir suffisamment pour formuler quelque chose. Tony se contentait de la regarder. Attendant.
- Et maintenant? Finit par demander Ziva, d'une voix calme où perçait une pointe de regret.
D'une certaine manière, Tony comprit ce qu'elle entendait par ces quelques mots. Peu importe ce que par le passé ils avaient ressenti l'un pour l'autre, bien trop de choses les avaient alors empêcher d'être ensemble, dont leur patron pendant un temps. Ce qu'il s'était avoué ces dix dernières minutes n'aurait jamais dû être dit. Mais maintenant que c'était fait... ils devaient vivre avec. Et ils devaient faire en sorte que ça n'affecte pas leur travail.
- Maintenant... Je crois qu'on emballe tes affaires et que tu retournes vivre dans ton propre appartement.
Il avait été tenté de dire "là où tu es chez toi", mais quelque chose l'en avait empêché. Ziva acquiesça doucement, ses yeux posés sur le sol.
- Ok.
Vu le nombre de semaines que Ziva avait passé dans l'appartement de Tony, il leur fallut un certain temps pour rassembler et emballer toutes ses affaires. Bien que si plus tard Tony venait à trouver l'un des tee-shirt de Ziva pendu dans son armoire et qu'il oubliait de lui rendre, ça ne serait pas grave du tout...
Ils transportèrent les sacs jusqu'à la voiture de Ziva en silence, les déposant dans le coffre sans trop réfléchir.
- Tu veux que je te reconduise chez toi? Lui demanda Tony alors qu'elle fermait le coffre. Je pourrais appeler un taxi pour rentrer...
- Non, Tony, ça va aller.
Une certaine finalité dans le ton qu'elle avait employé fit comprendre à Tony qu'insister ne servirait à rien. A la place il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. Il enroula ses bras autour du corps frêle de Ziva, la ramena contre sa poitrine et l'y serra fortement.
Ils savaient tous les deux qu'il s'agissait du dernier moment qu'ils avaient. Dès que Ziva grimperait dans sa voiture et rentrerait chez elle, ils devraient redevenir de simples collègues, des partenaires qui se chamaillent, peut-être des amis certains jours.
Ils profitèrent donc au maximum de cet instant, refusant pendant un long moment de se séparer et de laisser l'autre s'en aller.
