Je suis sincèrement désolée d'avoir été si longue... J'espère que vous ne m'en voulez pas trop et que vous n'avez pas oublié toute l'histoire!
Merci BEAUCOUP à tous pour vos reviews :)
Vous allez voir, un long chapitre plein de révélations.
Sinon, vive Noël, et vive les Secret Santas!
Bonne lecture et vive les reviews!
Scene seventeen - If you only knew (Si seulement tu savais)
It's 4h03, and I can't sleep (Il est 4h du matin, et je ne dors toujours pas)
Without you next to me (Car tu n'es pas à mes côtés)
I toss and turn like the sea (Je tourne et me retourne, comme une mer agitée)
If I drown tonight bring me back to live (Si je me noie cette nuit, ramène moi à la vie)
Breathe your breath in me (Donne-moi de ton air que je respire)
The only thing that I still believe in is you (La seule chose en laquelle je crois encore, c'est toi)
If you only knew (Si seulement tu savais)
Tony se retourna, grogna, et frappa son oreiller pour passer sa frustration. Ça ne marcha pas.
Punaise. Il jeta un œil à l'horloge. Il était presque trois heures du matin. Ca faisait cinq heures qu'il était ici, allongé dans ce lit. Mais rien n'y faisait. Il était toujours là à se retourner encore et encore, incapable de trouver le sommeil.
C'était ridicule.
Il refusait d'admettre que l'absence de Ziva de l'autre côté du lit était la cause de cette insomnie. Peu importe si c'en était la raison, l'admettre ne l'aiderait pas plus à dormir. Il savait qu'il n'avait aucune chance de convaincre Ziva de revenir. Même si l'idée était très tentante.
Tony finit par abandonner et se contenta de se retourner une fois de plus. Sur le dos il fixa le plafond, et commença à compter les moutons. Qu'est-ce que c'était bête comme idée. Il savait par expérience que ça ne marcherait pas. Il finissait toujours par perdre le compte et passait une quinzaine de minutes à tenter de se souvenir à combien il en était.
Ce soir, quoi qu'il en soit, ça n'avait aucune importance. De toute façon il ne dormirait pas.
Ziva soupira alors qu'elle finissait par abandonner. Elle repoussa les couvertures et sortit du lit. Il y avait une pharmacie en bas de la rue ouverte 24h/24 où elle trouverait certainement des somnifères...
Non, non, non. Elle secoua la tête pour rapidement se débarrasser de cette idée. Elle ne reprendrait pas de somnifères.
Bien sûr, rester là sans dormir n'était pas une meilleure idée. Elle s'effondra sur son canapé, essayant d'ignorer le fait qu'elle venait de s'asseoir là où elle clairement avoué à Tony qu'elle l'aimait. Elle attrapa son livre qui traînait sur la table basse, l'ouvrit, et tenta de se concentrer sur sa lecture.
Je me demande ce que Tony est en train de faire...
Cette soudaine pensée surprit Ziva, et elle porta ses yeux sur l'horloge accrochée au mur. Il était 3h30, à peu de choses près. Il ne faisait aucun doute que Tony dormait. Elle lutta avec elle-même pour repousser de sa tête les images de l'appartement de Tony explosant suite à une fuite de gaz, ou celles d'un cambriolage, où encore de quelqu'un s'endormant une cigarette à la bouche, faisant brûler tout l'immeuble... Il était déjà assez difficile pour elle de faire face à ces images dans son sommeil. Elle n'avait pas besoin de les voir envahir son cerveau quand elle était éveillée.
Se concentrer sur son livre devint de plus en plus difficile alors que le besoin de sommeil se faisait de plus en plus ressentir. Elle allait être épuisée demain... Mais ça n'aurait guère d'importance puisqu'elle n'était toujours pas autorisée à retourner sur le terrain. Ce n'était pas comme si elle devrait fournir un grand effort physique, mais tout de même. Gibbs ne serait certainement pas ravi de la voir s'endormir à son bureau.
- ...Vous avez l'air de deux déterrés.
Deux paires d'yeux fatigués se levèrent pour se poser sur Gibbs. McGee était satisfait que leur patron ait enfin dit tout haut ce qu'il pensait tout bas. Il était évident que ni Tony ni Ziva n'avaient fermé l'œil de la nuit. Les traits de Tony semblaient encore un peu plus tirés que ceux de Ziva, mais elle n'était pas sans reste.
- Oh allez Boss, tenta de plaisanter Tony. Tu sais aussi bien que moi que tu n'as jamais vu deux plus jolis visages que les nôtres.
Gibbs leva un sourcil. Tony se contenta de sourire tandis qu'il reprenait son travail. Après un moment Gibbs se retourna pour regarder Ziva, qui se contenta d'hausser les épaules avant de se remettre à la tâche elle aussi. Gibbs était loin d'être un idiot. Il savait qu'il s'était passé quelque chose la nuit dernière. Quelque chose qui avait empêché deux de ses agents de fermer l'œil.
Même si aucun des deux n'accepterait de l'admettre.
La journée se passa tranquillement, au plus grand soulagement des deux agents épuisés. Tony passa la majeur partie du temps à rattraper toute la paperasse qui s'était accumulée en son absence. Ziva réussit enfin à écrire le rapport sur sa mission sous couverture, quelque chose qu'elle aurait probablement dû faire depuis une semaine. Mais avant aujourd'hui elle n'avait pas eu le courage de se replonger dans chaque détail de cette mission. Une fois son rapport terminé, elle ne trouva rien de plus pour s'occuper. Elle fut soulagée, et un peu surprise elle devait l'avouer, quand elle reçut un mail d'Abby lui demandant de descendre immédiatement dans son labo.
Peu importe. Elle avait appris il y a longtemps déjà qu'il ne valait mieux pas questionner Abby.
Quand Ziva entra dans le labo, Abby était assise à son bureau en train de furieusement taper sur son clavier. Les yeux de la Gothique bondirent sur Ziva alors qu'elle se glissait silencieusement dans le bureau. Avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir Abby sauta de sa chaise et combla l'espace qui les séparait en se jetant dans les bras de l'israélienne. Elle enroula ses bras autour de son cou et la serra fermement. Ziva chancela un peu, légèrement surprise, mais parvint tout de même à lui rendre son étreinte.
- Abby...?
- Désolée, dit rapidement Abby en s'écartant. C'est devenu une sorte de réflexe tu sais, je devrais travailler sur cette mauvaise habitude...
- Ça va Abby, la rassura Ziva.
Elle espérait quand même sincèrement qu'Abby réussirait à rompre cette habitude. Elle n'avait pas très envie d'être attaquée de la sorte chaque fois qu'elle entrerait dans le labo.
- Tu voulais me voir?
- Oui. Deux secondes.
Abby courut jusqu'à son ordinateur, tapa quelque chose rapidement, puis se redressa pour faire face à Ziva.
- J'étais en train de discuter avec McGee. Il m'a dit que Tony et toi aviez l'air de ne pas avoir dormi du tout cette nuit...
- McGee et toi répandez les rumeurs plus vite que des grands-mères autour d'un thé, la coupa Ziva d'un air amusé.
Abby ne sourit pas.
- Ce n'est jamais bon signe quand quelqu'un ne dort pas de la nuit Ziva. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose?
Ziva sentit son sourire se dissiper doucement. Elle soupira, ferma les yeux, et laissa retomber ses épaules.
- Ce n'est rien Abby, vraiment.
Nous nous sommes seulement avoués que nous nous aimons mais que nous ne pouvons pas vivre ensemble. Rien de vraiment important, n'est-ce pas?
- Je ne te crois pas.
Ça ne l'étonnait pas.
- Attend...
Le regard d'Abby s'assombrit alors qu'une nouvelle pensée traversait son esprit.
- Oh mon dieu. Tu avais rendez-vous chez le médecin hier. Est-ce qu'il a dis quelque chose, tu ne vas pas bien? Oh mon dieu, tu n'est pas mourante hein, parce que je ne pense vraiment pas que l'un d'entre nous pourrait survivre à...
- Abby! Tenta Ziva pour couper la jeune femme à présent paniquée sans trop la brusquer. Calme toi. Je ne suis pas mourante, le médecin m'a même autorisée à reprendre le travail. Tout va bien.
- Oh. D'accord. Bien.
Abby prit un moment pour se reprendre.
- Très bien. Alors pourquoi Tony et toi n'avez pas dormi la nuit dernière?
Avant que Ziva ne puisse répondre, les yeux d'Abby s'assombrirent une fois de plus, alors qu'une nouvelle idée lui venait à l'esprit.
- Oh. Oh. Est-ce que tous les deux vous avez...
- Non!
Ce fut au tour de Ziva de paraître légèrement hystérique alors qu'elle coupait une fois de plus la parole à Abby.
- Je suis retournée vivre dans mon propre appartement hier soir, Abby. Les médecins m'ont dit que je n'avais pas besoin de rester plus longtemps sous la surveillance de quelqu'un.
- Oh.
Abby semblait légèrement déçue à présent.
- Et bien ce n'est pas aussi bien que ce à quoi j'avais pensé. Quel est le problème dans ce cas? Tu t'étais habituée à avoir Tony continuellement à tes côtés, à un point que son absence hier soir t'a paru des plus étranges?
- Je...Quelque chose comme ça, oui, finit par avouer Ziva, se disant qu'il valait mieux laisser Abby penser ce qu'elle voulait plutôt que de tenter d'expliquer ce qu'il se passait dans sa tête.
Ziva aurait été bien incapable d'expliquer ce qu'il se passait dans sa tête. Elle peinait elle-même à y donner un sens.
- Prend une photo le Bleu. Ça fera durer le plaisir.
McGee sursauta, et reporta rapidement ses yeux sur son écran d'ordinateur. Et dire qu'il avait pensé être discret...
- Tu as envie de dire quelque chose pour ta défense?
- Euh, non. Rien. Il n'y a rien.
Ce fut au tour de Tony de porter ses yeux sur son collègue, attendant que son regard ne fasse craquer le petit Bleu et qu'il se sente obligé de parler.
- Je me... demandais juste... tu sais, si tu allais bien. Ziva et toi vous semblez tous les deux... ailleurs aujourd'hui. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose cette nuit?
Tony ouvrit la bouche pour répondre non, dire à McGee de cesser de dire de telles âneries. Mais...
- Elle rêve que je meurs.
McGee sentit sa mâchoire tomber, mais il ne sut pas si c'était dû à ce que venait de dire Tony, ou au fait que son collègue venait de répondre honnêtement à sa question.
- Toutes les nuits depuis que je suis revenu. Elle est restée chez moi. Tu sais, les médecins avaient demandé à ce qu'elle reste en compagnie de quelqu'un. Elle devait s'installer chez Gibbs, mais... mais quand elle était encore à l'hôpital j'ai dû rester toutes les nuits à ses côtés parce qu'elle ne pouvait pas dormir si je n'étais pas là. Alors je l'ai convaincue de s'installer chez moi, et non chez Gibbs. Et chaque nuit... Toutes les nuits... Elle s'est réveillée en hurlant, et elle a toujours refusé de me dire pourquoi. J'ai fini par apprendre que c'étais parce qu'elle rêve que je meurs.
McGee fixa Tony, se demandant si son collègue avait seulement conscience qu'il était en train de lui parler.
- L'autre nuit, quand Gibbs l'a renvoyée chez elle... Elle est allée à son appartement, elle s'est endormie... Et elle a fait ce sal rêve où tout ce qu'il s'est passé ces quinze derniers jours n'était qu'un mensonge, que j'étais vraiment mort. Et elle a paniqué. Elle m'a appelé, en pleine crise d'angoisse, elle pouvait à peine respirer... Je ne l'avais jamais vue dans un tel état auparavant McGee. Je veux dire, elle... C'est Ziva. Elle ne se met pas dans des états pareils. Elle ne panique pas, ne fait pas des crises d'angoisse. C'est Ziva.
McGee devait l'admettre, il avait du mal à imaginer Ziva en pleine crise d'angoisse. Cette image sonnait faux dans sa tête.
- Elle est retournée vivre chez elle hier soir. Et je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. C'était si étrange de ne plus l'avoir là à mes côtés. Tout ce que je réussissais à faire c'était me demander si elle allait bien, si elle elle réussissait à dormir, si elle était en train de faire un cauchemar...
La voix de Tony s'éteignit, ses yeux étaient perdus au loin. McGee fronça les sourcils.
- Tony?
- Hum? Répondit l'italien à l'appel de son nom.
- Est-ce que Ziva et toi avez réalisé que vous êtes amoureux l'un de l'autre?
McGee fut surpris que l'agent sénior ne tombe pas immédiatement dans le déni, lui ordonnant de la boucler, qu'il n'avait aucune idée de quoi il parlait.
- Oui. Je crois, oui.
McGee ouvrit la bouche sous le coup de l'étonnement.
- Ce qui est loin d'arranger toute cette situation, je dois dire.
- Je... Tu...
Tony émit un rire rauque quand il vit l'air choqué et perplexe qu'affichait le Bleu.
- Il s'est passé beaucoup de choses l'autre soir McGee. Dommage que tout cela ne puisse aboutir à rien.
Gibbs ne pouvait pas honnêtement dire qu'il fut surpris quand il entendit un léger bruit de pas indiquant que quelqu'un descendait dans sa cave. Il se tourna juste à temps pour voir son agent sénior arriver en bas des escaliers.
- Dinozzo, l'accueillit-il sèchement.
- Boss, répondit Tony avec un signe de la tête.
Il contourna lentement le bateau à moitié terminé de Gibbs, ses mains bien enterrées au fond de ses poches.
- Euh... joli bateau.
- Belle entrée en matière.
Tony rit doucement. Sa tentative d'être crédible était rapidement tombée à l'eau. Bien sûr Gibbs n'y avait pas cru une seconde.
- Tu vas enfin m'expliquer pourquoi David et toi semblez ne pas avoir fermé l'œil la nuit dernière?
Tony soupira et passa une main dans ses cheveux.
- Apparemment Ziva et moi avons fait l'objet de toutes les conversations du NCIS aujourd'hui, murmura-t-il, seulement à moitié amusé.
Gibbs posa le bout de papier de verre qu'il avait dans la main, et regarda son agent sénior errer dans sa cave. Ce comportement le ramenait étrangement quelques semaines en arrière, quand il avait regardé Ziva, ivre, agir exactement de la même manière.
- Elle... Elle a fini par tout me raconter, finit-il par dire, ses yeux posés sur le plafond comme si c'était à lui qu'il s'adressait et non à Gibbs. Tu sais, concernant ce qu'il s'est passé pendant que je... que j'étais parti.
- Tout? Répéta Gibbs, un peu surpris. Il s'était attendu à ce que Ziva ne revienne jamais en détail sur tout ce qu'il s'était passé pendant ce laps de temps.
- Et bien je suppose qu'elle m'a tout dit... Enfin, il se peut qu'elle ait laissé certaines choses dans l'ombre. Mais ce qu'elle m'a raconté est déjà assez conséquent, donc je pense qu'elle m'a tout dit.
Gibbs acquiesça doucement. Tony se frotta la nuque d'une main, regardant toujours le plafond alors qu'il continuait d'errer dans la cave.
- Elle euh... elle m'a parlé de hum... de son overdose de somnifères. Et... de tout ce qui a suivi.
- Ah.
Gibbs acquiesça une nouvelle fois.
- Oui, dans ce cas elle t'a tout dit.
Tony hocha la tête lui aussi. Il soupira tandis qu'il reposait enfin ses yeux sur son patron.
- Elle s'est réinstallée chez elle hier soir.
- Ça faisait plus d'un mois qu'elle n'y était pas allée.
Sans compter les autres nuits. Mais Tony songea qu'il ne valait mieux pas revenir sur ce sujet.
- Le médecin a dit que ce n'était plus la peine qu'elle reste sous la surveillance permanente de quelqu'un. Alors elle a ré-emménager dans son appartement.
- Je vois.
Gibbs se tourna vers son établi, attrapa sa bouteille de bourbon et s'en servi un verre.
- Laisse moi deviner. Tu n'as pas dormi hier soir parce qu'elle n'était pas au lit avec toi.
Comment Gibbs pouvait-il savoir que Ziva et lui avait dormi dans le même lit? Tony n'allait pas s'aventurer à poser la question.
- Je ne suis qu'un imbécile, n'est-ce pas?
Gibbs rit doucement et avala son verre de bourbon d'un trait.
- Tu veux que je te dise la même chose que j'ai dite à Ziva quand elle a prétendu devenir quelqu'un de faible?
- Je ne sais pas... C'est quelque chose que j'ai envie d'entendre?
Pour toute réponse Gibbs frappa légèrement l'arrière de la tête de Tony.
- Tu n'es pas un imbécile, Dinozzo. Tu es juste amoureux.
Tony émit un drôle de son. Il ne savait pas ce qui le surprenait le plus : que Gibbs vienne réellement de dire ça, ou que Ziva n'ait pas totalement paniqué quand Gibbs lui avait dit la même chose.
- Et ça ne te dérange pas, Boss?
Gibbs mit tant de temps à répondre qu'il avait fini par penser qu'il ne dirait rien.
- Je vous ai observé tous les deux pendant très longtemps Dinozzo, finit-il par dire, surprenant Tony davantage. Quelles que soient les circonstances, quel que soit le temps que ça prendra, vous réussirez toujours à trouver un moyen de vous rapprocher l'un de l'autre. Ça me surprend, vraiment.
Il secoua la tête, paraissant un brin amusé, si Tony devait qualifier le visage qu'il affichait d'un adjectif.
- Peu importe ce qu'il va se passer, ça va se passer, que les règles l'autorisent ou non. Et puis tu ne vas pas laisser une liste de règles bidon dicter ton comportement jusqu'à la fin de tes jours, si?
Tony faillit en perdre sa mâchoire.
- Mais elles sont... Enfin, tu...
L'air qu'affichait Tony fit doucement sourire Gibbs.
- Règle cinquante et un, Dinozzo.
Tony cligna des yeux. Il y avait cinquante et une règles maintenant?
- Parfois tu as tort, précisa Gibbs face à l'air perdu de son agent. Si, par le plus grand malheur, tu devais mourir demain, ou même, si Ziva devait mourir...
Tony cilla à cette pensée.
- Voudrais-tu vraiment mourir sans avoir eu le temps de davantage tirer les choses au clair avec elle? As-tu envie qu'elle meurt avant que tu n'aies eu le temps de lui dire combien tu l'aimes?
Lentement, très lentement, les lèvres de Tony s'étirèrent en un sourire. Il était plutôt clair que Gibbs venait de lui donner sa bénédiction. C'était étonnant.
-Merci, Boss.
Après ces quelques mots il se dirigea vers les escaliers.
- Dinozzo.
Il s'arrêta, un pied sur la première des marches. Il se tourna vers Gibbs, qui le fixait d'un air sérieux à présent.
- Si tu lui brises le cœur, je te brise la nuque. Est-ce que je me suis bien fait comprendre?
Même si la menace était bien réelle, Tony rit doucement.
- Compris patron.
Gibbs rit en regardant Tony s'en aller. Il espérait vraiment qu'il se rendait chez Ziva. Parce que si tout cela durait plus longtemps, Gibbs allait vraiment devoir en prendre un pour taper sur l'autre.
Toc - Toc - Toc - Toc - Toc...
Ziva soupira alors que les coups frappés contre sa porte la forçaient à sortir du lit. Elle attrapa son polo du NCIS et l'enfila pour couvrir ses bras nus. Pour ainsi cacher les cicatrices qui marbraient ses bras de la vue de qui que ce soit. Peu importe qui était son visiteur, il n'avait certainement pas envie de voir ça.
Toc - Toc - Toc...
- La patience est une vertu, murmura-t-elle alors qu'elle s'approchait de la porte et jetait un œil par le judas.
Elle fut surprise de découvrir Tony se tenant de l'autre côté. Il dansait nerveusement d'un pied sur l'autre tout en continuant sans cesse de toquer.
- Je peux t'aider? Demanda-t-elle aussi calmement qu'elle le put, étant donné les circonstances.
Elle était fatiguée. Elle n'avait vraiment qu'une envie, se remettre au lit, et dormir. Qu'est-ce que Tony pouvait bien vouloir?
- Je t'aime.
Il n'aurait pas pu trouver trois autres mots qui l'auraient plus surprise. Avant qu'elle n'ait eu le temps de pleinement enregistrer ce qu'il venait de dire, elle ouvrit la bouche, et ses yeux s'assombrirent sous le choque.
Voyant que Ziva ne répondait pas, Tony continua de parler.
- Je sais ce que tu es en train de te dire, tout ce que peuvent signifier ces quelques mots, surtout venant de moi. Je veux dire, ça fait six ans que tu me côtoies, tu me connais, tu n'as aucune raison de croire ce que je suis sur le point de te dire, mais... Je ne sais pas. Je ne vois aucune raison qui pourrait te pousser à me croire. Mais bon sang Ziva, je te jure, tout ce que je vais te dire est vrai. Je t'aime. Je t'aime tellement. Tu es intelligente et forte, tu es magnifique, et tu es une femme extraordinaire. Tu représentes tout ce que j'ai toujours voulu trouver dans une femme, et même plus. Et je... Je ne peux pas vivre sans toi. Je sais qu'à force d'être répétés les mots finissent par perdre de leur sens, mais je n'ai jamais cessé de le penser. Si ça avait été toi qui t'étais pris cette balle, si tu avais été celle que Conrad et son équipe avaient tuée, je n'aurais pas pu y survivre. Pas une seconde fois. Honnêtement je n'aurais certainement pas duré plus d'un mois. Parce que tu... tu es tout ça. Pour moi, tu es tout ça. Je ne veux jamais avoir à vivre sans toi.
Quand Tony eut fini de parler, la tête de Ziva lui tournait. Il parlait si vite, elle peinait à tout intégrer en une seule fois. Et maintenant il la regardait, les yeux brillants d'espoir, d'anxiété, et d'honnêteté. Ces yeux grands ouverts la suppliaient de le laisser entrer.
Dégage d'ici! Lui cria soudainement une voix du fond de sa tête, la faisant presque sursauter. C'était la partie rationnelle de son esprit, réalisa-t-elle après quelques secondes d'interrogation. Cette partie rationnelle qui n'avait cessé de devenir de plus en plus petite depuis qu'elle était arrivée en Amérique. Cette part qui avait totalement disparu depuis le mois dernier.
Elle était de retour à présent, et avait bien l'intention de se faire entendre.
- T-Tony, finit-elle par réussir à prononcer en secouant doucement la tête. On... On ne peut pas, c'est... c'est...
- C'est quoi? Demanda-t-il, gentiment. C'est contre les règles? Gibbs s'en fiche, Ziva, crois moi. Je reviens tout juste de chez lui, j'étais allé lui parler, j'avais besoin de tirer mes idées au clair. Il... Il a avancé de très bons arguments. Un jour on va tous finir par mourir. Et je ne sais pas ce que tu en penses, mais je ne veux pas mourir en ayant des regrets. Et laisser les règles de Gibbs commander indéfiniment ma vie, ce serait le plus grand regret de ma vie.
Ziva n'avait pas de réponses à ça. Tout ce qu'elle pouvait entendre à ce moment c'était les voix d'Abby et de Gibbs qui tournaient dans sa tête. Qui lui criaient de saisir cette seconde chance que la vie lui offrait.
Elle se força à se re-concentrer sur Tony, qui la fixait avec attention, et aussi beaucoup d'attentes.
Le silence se fit pesant entre eux deux. A chaque seconde qui passait, l'euphorie de Tony retombait davantage. Il ne savait pas vraiment ce à quoi il s'était attendu quand il s'était rendu jusque chez Ziva, ne respectant pas plus le code de la route que lorsqu'il s'était précipité dans cet appartement trois nuits plus tôt. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle se jette dans ses bras et lui répète elle aussi combien elle l'aimait. Ça aurait été bien top cliché, pas Ziva. Mais bon sang, une réponse aurait été gentille...
- Tony... On ne peut pas faire ça.
Avec ça, Tony sentit son cœur se briser. Il ne s'était certainement pas attendu à ça.
- Que... Mais... Ziva enfin, si tu t'inquiètes pour... les règles de Gibbs... Il...
- Tony, ce ne sont pas les règles le problème, le coupa-t-elle gentiment. Ni Gibbs. C'est à propos de nous. Et du fait qu'on ne se tiendrait pas là maintenant si tu ne t'étais pas fait tirer dessus. Ce n'est pas de l'amour, c'est nous deux courant sur le peu d'adrénaline qui coule encore dans nos veines après tous ces événements qui nous ont fait côtoyer la mort d'un peu trop près.
- Mais tu... Tu as dis à Gibbs...
- J'étais ivre, Tony! Le coupa Ziva avant qu'il ne puisse en dire davantage. Je dis beaucoup de choses quand je suis ivre.
- Mais tu ne mens pas, répliqua doucement Tony, ses yeux tombant dans ceux de Ziva. Il soutint son regard.
- Je ne pense pas avoir menti quand j'ai dis ce que j'ai dis. Je te le répète, l'adrénaline...
Tony soupira, baissa la tête et regarda le sol. Après un moment il passa une main dans ses cheveux et secoua lentement la tête.
- Tu es effrayée.
Il ne pensait pas un jour en venir à dire ça de Ziva. Il fut étonné de la voir partir dans un rire creux.
- Tony... Rentre chez toi. Va dormir un peu. D'ici quelques semaines, toute cette histoire sera... terminée. Tout sera rentré dans l'ordre. On sera redevenu ce qu'on était.
Il détestait baisser les bras. Mais il savait qu'il n'arriverait à rien. Pas ce soir. Cependant il avait le sentiment d'avoir encore quelque chose à dire.
- Combien de fois tu crois que tu vas devoir répéter que "tout va rentrer dans l'ordre" avant de réellement commencer à le croire?
Elle choisit de ne pas répondre à cela.
- Bonne nuit, Tony.
Après ça elle ferma la porte.
- Un lieutenant est mort, prenez vos affaires.
Ziva releva la tête, une lueur d'espoir brillant dans son regard alors que ses yeux fatigués se posaient sur Gibbs, qui s'arrêtait devant son bureau. Finalement, il soupira.
- Très bien David, toi aussi, on y va.
Ziva sourit, sauta de sa chaise et attrapa son sac. Elle le lança sur son épaule. Gibbs jeta un regard à Tony qui voulait clairement dire "ne la quitte pas d'une semelle".
Plus facile à dire qu'à faire.
Il avait déjà été rejeté auparavant. Rarement, c'est vrai, mais de temps à autre une femme réussissait toujours à voir clair dans son jeu de playboy et le repoussait de son chemin.
Mais ça n'était pas si simple cette fois. Il n'avait pas simplement été repoussé. Il avait été rejeté par Ziva. La seule femme qu'il voulait dans sa vie plus que quoi que ce soit d'autre.
Le trajet jusqu'à la scène de crime se fit en silence. Ziva, calée sur son siège entre les deux hommes, souriait et tentait de donner l'air d'être heureuse d'être autorisée à retourner sur le terrain. Ce qu'elle était, bien sûr.
Mais les souvenirs de la nuit dernière restaient très vifs dans sa tête. Tony, se tenant sur le pallier de l'autre côté de sa porte, à toquer encore et encore, une lueur de vie brillant dans ses yeux comme elle n'en n'avait pas vue depuis longtemps. Sa voix rapide et excitée alors qu'il lui répétait qu'il l'aimait, qu'il voulait passer le reste de sa vie avec elle, qu'il ne pouvait pas vivre sans elle...
Stop! Ziva secoua la tête furieusement. Tout ça ne voulait rien dire. Ça ne pouvait pas avoir un sens. Ça ne pouvait pas.
C'était certainement agréable, d'être tous les trois de retour sur le terrain, faisant ce qu'ils savaient faire de mieux. Après ces deux derniers mois, ce sentiment de normalité était le bienvenu et était appréciable. Ziva prit des photos, Tony délimita le périmètre, McGee prit la déposition des témoins. Ils étaient tous de retour à ce qu'ils étaient.
McGee pouvait dire cependant que tout n'était pas encore revenu à la normale. Il garda un œil sur Tony et Ziva tandis qu'il questionnait les témoins. Sur cette scène de crime ils étaient loin de se charrier comme deux gamins, comme ils l'avaient pourtant si souvent fait. À vrai dire ils n'essayaient même pas de se parler. Ils semblaient même s'éviter, ce qui n'était jamais bon signe. McGee soupira. Il commençait sérieusement à se demander si les choses rentreraient un jour dans l'ordre.
- Quelle merveilleuse vue, soupira de satisfaction Ducky alors qu'il approchait de Tony et Ziva. Les deux lui lancèrent un regard étrange.
- Tu apprécies tant que ça la vue de cadavres Ducky?
- En fait, je faisais référence à vous deux travaillant de nouveau côte à côte sur une scène de crime, rit doucement Ducky en s'agenouillant près du corps. Bon retour sur le terrain Ziva.
Ziva réussit à afficher un léger sourire.
- Merci Ducky. C'est très agréable d'être de retour.
- Je l'imagine bien, tu as toujours eu du mal à rester assise derrière un bureau...
Ziva recommença à prendre des photos alors que Ducky commençait à examiner le cadavre. Tony tenta de s'atteler à délimiter le périmètre, mais il passa la majeure partie de son temps à observer Ziva. Il ne pensait à rien de particulier, il se contentait de la fixer, ce qui pouvait paraître un peu bête, mais bon sang, elle ne semblait pas du tout s'en apercevoir, alors pourquoi s'en priver?
Tout aurait été tellement plus simple si Tony avait seulement pu se convaincre que tout finirait réellement par revenir un jour à la normal.
- Tu penses vraiment que les choses vont redevenir ce qu'elles étaient?
Ziva porta son regard sur Tony, qui l'observait d'un air sérieux.
- Regarde la route, lui ordonna-t-elle doucement en reportant son regard sur le paysage. Tony grogna dans sa barbe.
- La reine du volant me dit à moi de garder mes yeux sur la route. On aura tout vu.
Il leva les yeux au ciel. Il jeta ensuite un œil au feu tricolore juste au moment où celui-ci passait au vert. Il enfonça l'accélérateur, et ils reprirent leur chemin.
- Alors, tu n'as pas répondu à ma question.
- Je ne sais pas ce que tu veux m'entendre dire.
Honnêtement... Tony ne savait pas non plus ce qu'il voulait l'entendre lui répondre. Le reste du trajet se fit en silence.
Génial... très bonne idée Gibbs, d'envoyer tes deux agents qui ne s'entendent visiblement pas vérifier ensemble la maison de la victime...
Tony se demanda si Gibbs n'avait pas fait exprès. Certainement. C'était exactement le genre de chose que ferait le renard argenté.
Ils s'arrêtèrent au milieu de l'allée quand ils aperçurent la porte d'entrée de la maison légèrement entre-ouverte. Ils échangèrent un regard rapide, et sortirent leurs armes de leur holster tandis qu'ils continuaient doucement d'avancer vers la maison. Ils s'arrêtèrent encore une fois juste devant la porte, puis Tony ouvrit celle-ci en grand d'un coup de pied. Ils pénétrèrent à l'intérieur, brandissant leurs armes devant eux à mesure qu'ils avançaient.
Ziva entrevit un mouvement du coin de l'œil puis entendit un coup de feu. Son instinct la fit l'esquiver, mais elle leva tout de même son arme. Elle tira aussitôt, tandis que leur suspect disparaissait dans la cuisine
- Hey! Stop! Lui cria Tony, en le suivant de près.
Ziva ignora la peur immense qui s'empara d'elle, la façon qu'eut son estomac de se serrer, et elle se mit elle aussi à courir après leur suspect.
Les secondes qui suivirent étaient un immense trou noir pour Ziva. La seule chose qu'elle savait, c'est qu'elle était maintenant dans la cuisine, face à leur suspect qui s'y terrait. Son arme était levée, et il la pointait en direction de Tony...
Un coup de feu résonna dans l'air.
Respirez un bon coup! N'AIPMiser pas trop! Respirez!
