Coucou! Désolée d'avoir été si longue... mais entre les fêtes de fin d'année, les partiels, des problèmes de santé... me revoilà seulement.

Avant dernier chapitre de cette fic. Profitez bien, car le suivant et dernier est à mon goût décevant. Enfin, on n'y est pas aujourd'hui! Encore un peu de péripéties tivaïennes avant ça. On se rapproche à vitesse grand V du happy end :)

Dites moi ce que vous en pensez. J'adore vos reviews :) Merci beaucoup!

Bonne lecture et vive les reviews!


Moufleyte : Ils ne font pas demi-tour ils... marchent sur des oeufs xD Ils sont terrorisés les pauvres. Des menaces? Mwahaha! Même pas peur! JenAbs : La réponse à tes questions dans ce chapitre. Contente que tu aimes :) DG : Désolée je t'avais dis que je posterai plus tôt, mais en fait j'étais pas si guérie que ça... Mais voilà la suiteuh! P'tite-Cacahuete : Merci :) Chou05 : Merci à toi d'être toujours une fidèle lectrice et revieweuse! AgentTonyDinozzo : Hé! Je n'aime pas me faire slapper! Et puis tu n'es pas mort hein, tu es même avec Zee-vah... MarionNCISlove : Merci beaucoup! *Nanou' est contente* loulou61amy : Merci beaucoup :) Je suis contente que tu aimes mes fics. N'hésite pas à donner ton avis plus souvent! Malheureusement la fin de cette fic est proche... PBG : Mirci! Du bon Tiva dans ce chapitre aussi. Et des réveils aussi :) A : Merci beaucoup :) J'y travaille... Ne désespère pas, ça va arriver... Un jour... xD Gwen : ça y est, je suis d'attaque! Pour PPC aussi. Merci :)


Scene nineteen - May I (Je peux?)

There you stand open heart, open doors (Tu te tiens là, les portes de ton coeur grandes ouvertes)
Full of life with a world, that's wanting more (Pleine de vie, avec le monde qui en veut encore plus)
But I can see (Mais je peux voir)

where the lines start to fade (Où les lumières commencent à s'éteindre)
The day is done and your smile (La journée est terminée et ton sourire)
Has gone away… (A disparu…)

May I hold you as you fall to sleep (Je peux te serrer pendant que tu t'endors?)
When the world is closing in, (Quand le monde se referme autour de toi)
And you can't breathe? (Et que tu ne peux plus respirer?)
May I love you, may I be your shield (Je peux t'aimer? Je peux te protéger?)
When no one can be found (Quand personne d'autre n'est là pour toi?)
May I lay you down? (Je peux t'allonger à mes côtés?)

L'enquête était bouclée, les rapports rédigés, tout avait été réglé. Il ne leur restait plus qu'une chose à faire, rentrer chez eux.

Ou plutôt, si vous vous appelez Tony Dinozzo, rentrer chez vous et vous demander si la femme que vous aimez allait accepter de vous y accompagner et être aussi honnête avec vous que la nuit passée.

L'ambiance était tendue quand Tony arrêta la voiture devant l'appartement de Ziva. L'italien serra fermement le volant, se demandant ce qu'il était censé faire à présent. Dire bonne nuit et faire demi tour? Demander si il pouvait monter? Lui demander si elle en avait envie?

- Tu ne... montes pas?

La question posée par Ziva sur un ton hésitant sortit Tony de sa rêverie, et il se tourna aussitôt vers elle. Elle le regardait d'un air peu assuré, se posant visiblement autant de questions que lui.

- Est-ce que tu euh... veux que je monte? Demanda-t-il après un moment, surpris.

Il n'avait pas pensé que ça serait si facile.

- Si ce n'est pas ce que tu veux, je le comprendrais, je... me demandais juste, finit-elle faiblement, ses joues s'empourprant un peu.

Maintenant Tony avait l'impression qu'ils étaient deux adolescents sur le point de s'embrasser pour la première fois. Et, comme quand ils étaient adolescents, quelqu'un devait faire le premier pas.

Il semblait que ça allait devoir être lui, ce quelqu'un.

Il trouva une place où se garer et coupa le moteur. Il sortit de la voiture et en fit rapidement le tour pour aller ouvrir sa porte à Ziva, en affichant son plus beau sourire. Elle leva les yeux au ciel et sortit à son tour de la voiture, précisant au passage qu'elle aurait été capable d'ouvrir la porte toute seule.

Le silence embarrassant était rompu.

Ils se chamaillèrent jusqu'à l'appartement de Ziva, essayant de décider s'ils allaient commander chinois ou italien. Tony était vraiment plus d'humeur à manger une pizza, mais il savait que Ziva adorait la nourriture chinoise. Il mangerait chinois si c'était ce qu'elle voulait. Elle sembla comprendre qu'il ne faisait que suivre son avis et continua donc cette chamaillerie, surtout pour éviter de retomber dans ce silence pesant. Et pour éviter cette conversation qu'ils savaient tous les deux devoir avoir.

Finalement ils préfèrent tirer au sort.

- Face, pizza, pile, chinois, déclara Tony en entrant chez Ziva et en sortant une pièce de sa poche.

Il la lança d'un geste expert.

Il fut heureux, mais également un peu déçu quand la pièce afficha face. Il commanda une pizza moitié végétarienne moitié supplément de viande, pendant que Ziva cherchait désespérément quelque chose à boire. Il lui restait une demi bouteille de soda et deux bouteilles d'eau dans le frigo...

Et c'est tout. L'image du pack de bières dans le frigo de Tony lui revint inévitablement à l'esprit, avec ce post-it qu'elle avait bien lu un millier de fois. Ces quelques mots que Tony avait rapidement griffonné : Pour Ziva.

- Wouah Ziva, ton frigo est vraiment vide.

Elle sursauta en entendant la voix de Tony derrière elle et fit aussitôt volte-face.

- Désolé, je ne voulais pas te faire peur...

Il se tut un moment, son visage prenant un air plus sérieux.

- Quelque chose ne va pas?

- Non.

Elle secoua rapidement la tête.

- Non, ce n'est rien. Désolée, apparemment je n'ai rien d'autre à boire.

Tony haussa les épaules, visiblement toujours un peu inquiet.

- Ce n'est pas grave, ne t'en fais pas. Et puis tu sais, je te dois toujours un pack de bières. Si tu veux je peux aller jusqu'au magasin le plus proche et en acheter un...

Ziva tenta de repousser les images qui lui sautaient aux yeux. La voiture de Tony se faisant percuter par un chauffeur de quatre-vingt ans, un voleur armé entrant dans le magasin et descendant tous les témoins...

- C'est comme tu veux. Mais si tu as envie d'une bière, je peux te passer de l'argent.

- Le truc quand je dis que je te dois un pack de bières, c'est que c'est moi qui l'achète, lâcha Tony dans un sourire en attrapant sa veste et ses clés.

- Je reviens dans une minute.

La porte s'était à peine fermée derrière lui que Ziva paniquait déjà. Elle tenta de s'occuper. Elle sortit des assiettes et des serviettes en papier, farfouilla dans sa bibliothèque pour voir si elle avait toujours l'exemplaire de Pirates des caraïbes de Tony. Il lui avait prêté il y a plusieurs mois quand un soir ils avaient voulu le regarder ensemble, mais que Ziva s'était endormie moins d'une demi heure après le début du film. Elle fut étrangement satisfaite de remettre la main dessus. Ce film est La mélodie du bonheur étaient les seuls films qu'elle avait dans son appartement. Elle savait que Tony préfèrerait regarder son film plutôt que son préféré.

Dix minutes. Et Tony n'était toujours pas là. Elle attrapa son téléphone et le déverrouilla, enfonça trois fois la touche d'appel rapide avant de comprendre ce qu'elle faisait. Elle sursauta quand la sonnerie du portable de Tony retentit soudainement sur la table basse. Cet imbécile, il avait oublié son portable...

Elle râla, verrouilla son téléphone et le jeta, avant de faire la seule chose qui lui vint à l'esprit : les cent pas.

Il ne faut pas dix minutes pour se rendre jusqu'au magasin, il devrait être rentré depuis longtemps maintenant. Peut-être... Peut-être qu'il a eu des problèmes avec sa voiture. Sa voiture a dû tomber en panne. Ou peut-être que la queue était plus longue que prévue au magasin, il doit y avoir du monde à cette heure, non? Je suis sûre qu'il va bien. Tony va très bien.

Elle devait juste continuer de se répéter ça. Tony allait très bien. Il s'était juste rendu au magasin. Il allait très bien.


Toc-Toc-Toc.

Elles se séparèrent à l'entente des quelques coups donnés sur la porte d'entrée de Ziva. Le regard de cette dernière se perdit quelque part entre la porte et Abby, qui aperçut nettement le trouble qui s'emparait de son amie.

- Peut-être que mon voisin s'est encore enfermé dehors, murmura Ziva en se dirigeant vers la porte.

Son estomac se renversa quand elle regarda par le judas et vit Gibbs qui se tenait sur le pallier.


Le sang de Ziva se glaça dans ses veines tandis que quelqu'un toquait contre sa porte d'entrée. Des tas d'images revenaient hanter son esprit : un accident de voiture, des cambrioleurs armés, une explosion...

Toc-Toc-Toc.

Les coups recommencèrent, plus insistants cette fois, et Ziva sut qu'elle devrait répondre. Son voisin avait vraiment dû s'enfermer dehors, il devait avoir besoin de son aide...

Les coups cessèrent pendant deux minutes, puis elle entendit soudainement la poignée tourner et la porte s'ouvrir. Tony arriva, un pack de bières et une boîte à pizza à la main.

- Hey, pourquoi est-ce que tu n'as pas ouvert au livreur? Demanda-t-il en fermant la porte.

Ziva sortit de sa transe et traversa rapidement la pièce pour s'emparer de quelque chose. Tony lui tendit gentiment le pack de bières.

- Alors... Dit doucement Ziva en se dirigeant vers la cuisine.

Sa tentative d'agir normalement ne la rendait que plus étrange.

- Ça euh... t'as pris plus longtemps que je l'aurais cru.

Tony posa les pizzas et releva la tête.

- Oh. C'est que euh, le magasin en bas de la rue était fermé, une fuite d'eau je crois... je ne sais plus. Mais j'ai dû aller un peu plus loin, et il y avait la queue, alors...

- Ce n'est pas grave, dit rapidement Ziva. Je me demandais juste... tu avais laissé ton portable ici.

- Oui, j'ai remarqué. J'ai voulu t'envoyer un message, pour te prévenir, mais...

Sa voix s'éteignit, et Ziva commençait vraiment à se demander pourquoi elle avait posé la question.

- Et... si on mangeait, non?

Ils commencèrent à manger leur pizza en silence. Finalement, incapable de supporter ce silence plus longtemps, Ziva reprit la parole.

- Tu sais, j'ai toujours ton DVD de Pirates de caraïbes. Peut-être que quand on aura fini de manger tu pourras enfin me faire voir ce film en entier.

Un sourire étira le visage de Tony.

- Super! J'avais complètement oublié que tu l'avais, tu sais. Tu ne l'as toujours pas regardé?

- Et bien Tony j'avais mieux à faire pour occuper mon temps que de regarder un film que tu m'avais recommandé. Je n'aurais pas assez de temps avec une vie entière pour regarder tous les films que tu m'as recommandés.

- Nos vies sont trop courtes.

Ziva leva les yeux au ciel et secoua la tête, même si elle souriait. Elle avait honte à présent d'avoir paniqué un peu plus tôt. Elle n'avait eu aucune raison de réagir ainsi, elle s'était emportée. Tony n'allait pas mourir simplement parce qu'elle le perdait de vue. Pour ce qu'elle en savait, il était après tout aussi bien possible qu'il meurt alors qu'il se tenait juste à ses côtés.

Tout était possible après tout. Mais elle ne pouvait pas envisager cela.

Tony observa Ziva manger, ou plutôt tandis qu'il mangeait il l'observa retirer un à un les aliments présents sur sa part de pizza avant d'en avaler quelques bouchées et de jouer avec la croûte.

- S'il te plait dis-moi que tu ne vas pas ne manger que ça? Dit-il quand elle repoussa son assiette.

Plus de la moitié de sa part s'y trouvait toujours.

- Je n'ai pas très faim, murmura-t-elle en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille.

Tony soupira et se stoppa dans son geste alors qu'il allait attraper une troisième part de pizza.

- Je suis désolé pour tout à l'heure, dit-il calmement.

Il reprit la parole avant que Ziva ne puisse protester.

- Je n'aurais pas dû oublier mon téléphone, je n'ai pas du tout respecté la règle numéro trois, Gibbs passerait une semaine entière à me slapper s'il savait.

- Ce n'est pas grave du tout Tony, vraiment.

C'est ça. Et McGee était un playboy.

Ils transportèrent les bières et la pizza dans le salon et lancèrent le film. Tony fut étonnamment surpris de voir que Ziva faisait un réel effort pour rester éveillée. Mais il devait admettre qu'il n'aimait pas la voir s'installer à l'autre bout du canapé, aussi loin de lui que possible. Son visage garda un air distant et soucieux tout au long du film, au point que Tony se demanda si elle regardait vraiment le film.

Celui-ci se termina et la situation devint tendue. C'est habituellement à ce moment que Tony souhaitait une bonne nuit à Ziva et rentrait chez lui. Sauf qu'il n'avait là aucune envie de rentrer chez lui.

Et il n'avait pas la moindre idée de ce que Ziva voulait qu'il fasse.

Ils se tenaient tous les deux debout au milieu du salon, se regardaient avec hésitation, sans savoir quoi faire.

- Est-ce que je peux dire que je n'ai pas vraiment envie de partir? Finit par demander Tony, passant outre ses peurs.

Un léger sourire hésitant étira les lèvres de Ziva.

- Je n'ai pas vraiment envie que tu partes non plus. Mais... tu devrais.

Tony retint difficilement un grognement.

- Pourquoi? Je ne veux pas partir, tu ne veux pas que je parte. Si je pars, aucun de nous ne va réussir à dormir cette nuit, pourquoi nous faire subir ça? Pourquoi ne pas simplement me laisser rester?

Une lueur de surprise, de sympathie, et de regret traversa les yeux de Ziva.

- Parce que, Tony, j'ai fais une crise d'angoisse quand tu n'as quitté ma vue qu'une vingtaine de minutes. Et j'ai besoin d'apprendre à ne plus réagir comme ça. Ce que je ne réussirai pas à faire si nous continuons de passer toutes nos nuits ensemble. Car on ne pourra de toute façon jamais passer chaque seconde du reste de nos vies aux côtés de l'autre.

- Bien sûr que si, répondit aussitôt Tony. Et puis ça ne me dérangerait pas du tout que tu restes constamment dans mon champ de vision. Ce serait la meilleure vue qui soit.

- Tony tu dis n'importe quoi.

- Mais ça me va.

Tony commençait à s'impatienter. Une fois de plus elle essayait de minimiser leur relation pour mieux pouvoir la nier. Ça devait cesser.

- Tu te souviens de ce moment où je t'ai dis que je t'aimais? Généralement ces mots contiennent un gros sous-entendu. Quelque chose comme "Je veux passer le reste de ma vie avec toi". Alors si ça veut dire ne plus jamais te laisser quitter ma vue, très bien. Je suis plus que ravi à cette idée.

Ziva chancela un moment, passa une main dans ses cheveux.

- Tu continues de dire n'importe quoi, répondit-elle après un moment.

Mais Tony pouvait voir ses bonnes résolutions commencer à faillir.

- Les êtres humains sont comme ça, ils vivent de sentiments.

Finalement, finalement, Ziva finit par baisser les armes.

- Il est tard. Peut-être qu'on devrait juste... aller se coucher.

Un léger sourire étira les lèvres de Tony. Il espérait sincèrement que chaque nuit passait avec elle ne nécessiterait pas un tel débat.


C'était étrange, et pourtant très confortable, de se réveiller dans les bras de Tony. Ce n'est pas comme si elle s'était réveillée dans ses bras tous les matins depuis un mois. Ziva supposa que c'était le fait de se réveiller après une nuit entière de sommeil, sans le moindre cauchemar passé à regarder Tony mourir, qui rendait ce réveil si agréable.

Et le meilleur dans tout ça, c'est qu'à aucun moment ses rêves n'avaient contenu la moindre allusion à un Tony à l'agonie. Pour tout dire, elle ne se souvenait pas du tout de quoi elle avait rêvé. Mais c'est ce qu'elle appréciait le plus. Si elle ne pouvait se rappeler de ses rêves, c'est qu'ils n'avaient pas dû être traumatisants.

Un faible grognement attira l'attention de Ziva. Elle jeta un œil par-dessus son épaule et ses yeux fatigués se posèrent sur Tony, qui était toujours profondément endormi. Il se rapprocha de Ziva, et enfouit son visage dans ses cheveux. Ziva ne put s'empêcher de sourire, rien qu'un peu. Elle aurait probablement dû se lever, se préparer pour aller courir, affronter cette journée...

Mais... non. On était samedi. Pour une fois elle avait bien le droit de traîner au lit un moment, non?

Après quelques minutes Ziva sombra de nouveau dans un sommeil confortable. Elle se laissa volontiers glisser une fois de plus dans l'inconscience, appréciant toujours autant le contact des bras protecteurs de Tony qui l'entouraient.

Quand Ziva rouvrit les yeux, elle était seule dans un lit froid. Encore troublée par les relents de son sommeil, elle s'assit rapidement et cligna plusieurs fois des yeux, balayant la chambre du regard.

- Tony? Appela-t-elle, essayant de ne pas paraître trop paniquée.

- Dans la cuisine.

Le soulagement la gagna d'un coup et elle bondit hors du lit. Elle frissonna quand son pied nu toucha le sol glacé. Découvrir Tony au milieu de la cuisine, devant les plaques chauffantes en train de cuisiner était une vue assez étrange.

- J'ai un peu peur de te demander ce que tu fais, lui lança-t-elle pour plaisanter.

Elle s'approcha de lui et jeta un œil dans la casserole. Elle rit quand il la repoussa.

- Certainement pas. Personne ne voit la préparation spéciale de Dinozzo avant qu'elle ne soit terminée.

- La préparation spéciale de Dinozzo? S'étonna Ziva, ce qui fit rire Tony.

- Oui, tu sais, je ne suis pas un vrai chef comme toi, mais je connais quelques bonnes recettes. J'en connais assez pour te préparer quelque chose de comestible, crois moi. Sers toi un verre de jus, va t'asseoir, et laisse moi faire ma magie.

- Une verre de jus? Répéta Ziva en haussant un sourcil.

- De jus d'orange.

- Je n'ai pas de...

- Je suis allée faire quelques courses ce matin, acheter deux-trois choses. Le jus est dans le frigo.

Ziva pencha la tête et sourit légèrement, avant d'aller ouvrir le frigo et de trouver le jus à l'endroit où Tony lui avait indiqué. Elle ignora la manière dont son estomac se tordit à la simple pensée de Tony quittant son appartement pendant qu'elle dormait. Ce n'était pas une affaire d'Etat après tout...

La préparation spéciale de Dinozzo s'avéra être une omelette, et même si Ziva ne l'admettrait pas, c'était l'une des meilleures qu'elle avait jamais mangé. Tony refusa de lui dire ce qu'il y avait mis, et ils passèrent la majeure partie du repas à se chamailler gentiment. Les deux eurent le sentiment qu'ils pourraient facilement s'habituer à ce genre de situation.

- C'est excellent, non? Demanda gaiement Tony quand Ziva eut terminé.

Ziva leva les yeux au ciel.

Ils passèrent le reste de la journée à tuer le temps. Ziva finit par reconnaître qu'elle avait vraiment besoin d'aller faire les courses, et Tony l'accompagna jusqu'au supermarché. Il en profita pour la taquiner quant au peu de malbouffe que contenait son cadis. Elle accorda un point d'honneur à l'ignorer, préférant conserver une image convenable en public.

C'est là qu'elle commença à se demander à quoi elle aimerait qu'ils ressemblent, tous les deux.

Ils mangèrent pizza au déjeuner, et ne furent jamais à court de conversation. Tony commença au bout d'un moment à se demander si il n'allait pas devoir s'en aller, mais Ziva ne lui fit jamais comprendre qu'elle préférerait qu'il parte.


- Ziva, tu as déjà envisagé, je ne sais pas... de décorer ton appartement? Demanda Tony en observant les lieux.

Il s'était déjà posé la question, mais c'était la première fois qu'il osait interroger Ziva. Elle n'avait fait aucun effort pour décorer son appartement, le rendre plus personnel, après son retour de Somalie. D'accord la dernière fois elle avait tout perdu quand son ancien appartement avait explosé, mais tout de même... On aurait pu croire que personne ne vivait dans cet appartement. Les quelques effets personnels présents auraient pu tenir dans une valise.

C'était assez effrayant.

- J'ai l'impression que je ne rentre ici qu'au milieu de la nuit pour dormir, et encore, ça dépend des fois. Alors pourquoi m'embêter à décorer?

- Et bien parce que... Tony haussa les épaules, essayant de trouver les bons mots pour exprimer ses pensées. Cet endroit est un peu déprimant.

- C'est pour quoi je ne reviens ici que pour aller me coucher.

Ziva prépara le dîner, un genre de plat au poulet dont Tony ne parvenait à prononcer le nom, mais qu'il adora quoi qu'il en soit. Il prit une fois de plus le temps de se lamenter sur le talent de cuisinière qu'avait Ziva et qui n'était pas assez exploité. Alors que la nuit tombait, personne ne s'interrogea quant au départ de Tony.

Ce qu'il apprécia.

Il était presque 23h quand les premiers signes de fatigue apparurent sur le visage de Ziva, et Tony baillait de plus en plus depuis une heure. Il était certainement l'heure d'aller se coucher.

- Tu n'as plus de vêtements propres, n'est-ce pas? Demanda Ziva après un moment, avec une certaine appréhension.

- Je pourrais passer à mon appartement demain récupérer quelques affaires.

Ce qui répondait à la question qui n'avait pas encore été posée. Tony allait rester dormir ici.


La seule pensée qui traversait actuellement l'esprit embrouillé de Ziva était qu'il faisait trop chaud. Une sac de toile sur la tête, elle était traînée à travers les décombres d'un couloir abandonné. Le sac la grattait et n'ajoutait aucun confort à sa situation. Elle avait été surprise de voir Saleem entrer en trombes dans sa cellule, la dévisager d'un air encore plus assassin que d'habitude, passer un sac de toile sur sa tête et la traîner jusqu'à la porte. Il lavait laissé totalement seule ces derniers jours. Honnêtement, elle avait cru qu'il allait la laisser mourir.

Alors qu'elle était complètement perdue dans ses pensées, elle avait été forcé de se rendre dans une autre pièce et de s'y asseoir. Soudainement le sac avait été ôté de sa tête, et elle s'était retrouvée assise face à... Tony. Elle fut abasourdie quand ses yeux verts rencontrèrent ses yeux bruns totalement vides d'espoir. Et tout ce à quoi Ziva pouvait penser était : mais que fait-il ici?

C'est là qu'elle entendit le son bien trop familier d'une arme dont on enlève la sécurité. Saleem se tenait juste à côté de Tony, son arme pressée contre la tempe de celui-ci.

- Non!

Son cri strident fut étouffé par le son puis l'écho du coup que tira Saleem. Ziva eut le sentiment de pouvoir voir la balle s'enfoncer sous la peau de Tony, traverser son cerveau, tout en laissant un vrai champ de bataille derrière elle, avant de ressortir de l'autre côté de son crâne dans un jet de sang.

- Non!

Ziva ouvrit subitement les yeux, un halètement de choque, étranglé, s'échappant de ses lèvres. Elle resta une demi seconde à observer le plafond puis sortit du lit, son estomac se tordant atrocement. Elle réussit à peine à se traîner jusqu'à la salle de bain avant que ses genoux ne plient sous son poids, et qu'elle se retrouve pliée en deux au-dessus de la cuvette des toilettes, à vomir tripes et boyaux.

Un bras musclé s'enroula autour de sa taille et la ramena contre un large torse, pendant qu'une main ramenait doucement ses cheveux vers l'arrière.

Une fois son estomac vide, Ziva se laissa tomber contre Tony, cherchant avidement de l'air. Elle fut surprise de sentir des doigts écarter en douceur les quelques mèches de cheveux collées à son visage plein de sueur. Après un moment, Tony releva Ziva avec précaution. Elle chancela légèrement, mais réussit à se porter jusqu'au lavabo, contre lequel elle s'appuya de tout son poids. Elle sentit le regard inquiet de Tony lui brûler le dos tandis qu'elle cherchait désespérément le dentifrice et sa brosse à dent.

- Tu veux en parler? Demanda-t-il après un moment.

Ziva serra les dents et secoua la tête. Elle ne se sentait pas capable de parler, pas encore.

Tony attendit qu'elle ait fini de se laver les dents et qu'ils aient regagné la chambre pour revenir à la charge.

- Et maintenant?

Ziva se laissa tomber sur le lit, paraissant complètement vidée de toute énergie. Tony s'assit en douceur et la regarda passer une main dans ses cheveux puis frotter ses yeux fatigués.

- Un vieux cauchemar, finit-elle par murmurer, en clignant des yeux un peu plus que nécessaire. Un très vieux cauchemar, en fait. Quand je suis rentrée de... Somalie, je faisais deux types de cauchemars, toutes les nuits, pendant presque deux mois. Dans l'un j'étais simplement de retour en Somalie, et tout ce qu'il s'était passé, toi venant me chercher, Gibbs tuant Saleem... Tout ça n'avait jamais eu lieu.

Elle se tut un moment, et expira profondément.

- Quand je me réveillais après ce genre de cauchemars, je ne savais plus où j'étais, j'étais complètement désorientée. Le deuxième genre de cauchemars était plus... beaucoup plus traumatisant. Je... rêvais que... que Saleem te tuait toi... et McGee... et de temps en temps Gibbs également. Ça dépend d'à quel moment je me réveillais.

- Et... cette nuit...?

- Une version réduite du second rêve. Tu étais le seul à mourir.

Tony sentait qu'elle ne lui disait pas tout, qu'il y avait plus dans ce rêve. Mais le fait qu'elle ait bien voulu lui parler était déjà un miracle en soi, il n'allait pas la pousser pour qu'elle en dise plus.

- Ça n'a pas d'importance, finit par dire Ziva, en rampant sous les couvertures.

Tony hésita un moment avant de la rejoindre. Il l'attira contre sa poitrine et enroula ses bras autour de son corps. Il fut surpris d'aussitôt la sentir se relaxer dans cette étreinte. Après un autre moment d'hésitation, il pressa ses lèvres contre sa tempe.

- Je t'aime, murmura-t-il dans ses cheveux.

Si il s'était adressée à une femme lambda, elle n'aurait jamais réussi à entendre ce qu'il venait de dire. Mais sa ninja était loin d'être une femme lambda.

- Je t'aime aussi.


La suite dans les jours à venir ;) De nouveaux projets aussi.