Ca y est, nous y sommes, ultime chapitre de WIACD... Je suis contente d'être arrivée au bout de ce projet. Merci de m'avoir suivie dans cette première trad, merci pour vos si gentilles reviews, merci d'avoir supporté ces longues attentes entre les chapitres :)
Pour finir un LONG chapitre. J'espère que vous l'aimerez, parce qu'il est plein de clichés... J'ai dû me faire violence pour traduire l'un des passages... xD
Je reviens très vite avec une nouvelle trad, Tiva, en collab avec de supers auteures de ce site, car la fic est TRES longue. Mais c'est une petite pépite!
Je verse ma petite larme à l'idée de boucler cette fic...
Bonne lecture et vive les reviews!
DG : Merci :) JenAbs : Là tu vas être servie niveau Tiva! Gwen : Peut-être qu'en français tu aimeras plus ce dernier chapitre, non? Mwahaha! Lana : Merci beaucoup :) PBG : Oh la jolie review! Dans ce dernier chapitre : encore des trucs de couple, encore de la pizza, nos Tivas qui ne veulent pas se quitter, des tas de "je t'aime", tout ce que tu aimes! Chou : Merci :) P'tite-Cacahuete : ça y est, ça y est, la suite est là!
Scene twenty - For the first time (Pour la première fois)
We're gonna start by (On va commencer par)
Drinkin' old cheap bottles of wine (Boire de vieilles bouteilles de vin pas chères)
Sit talkin' up all night (S'asseoir et se raconter nos exploits toute la nuit)
Saying things we haven't for awhile (S'avouer des choses qu'on ne s'est pas dites depuis un moment)
Smiling but we're close to tears (En souriant, tout en étant au bord des larmes)
Even after all these years (Même après toutes ces années)
Just now got the feeling (Mais maintenant on aura enfin le sentiment)
that we're meeting (de vraiment se connaître)
For the first time (Pour la première fois)
Personne ne fut raiment surpris de voir Tony et Ziva arriver ensemble au NCIS le lundi matin, les deux paraissant bien plus heureux qu'on ne les avait vu depuis un très long moment. Ils s'arrêtèrent après avoir manqué de percuter Gibbs, qui quittait l'openspace au moment où ils y entraient. Il les observa tous les deux, remarqua leurs regards heureux et apaisés. Il se contenta de secouer la tête.
- Souviens toi de ce que je t'ai dis Dinozzo.
Il avait dit beaucoup de choses, râla silencieusement Tony.
- Patron?
Il regarda Ziva, puis se concentra de nouveau sur Tony en désignant la jeune femme d'un doigt.
- Tu lui brises le cœur, je te brise la nuque.
Après cela Gibbs se fraya un chemin entre eux deux, laissant derrière lui un agent sénior assez effrayé et un agent probatoire plus que surprise. McGee quant à lui essayait de ne pas rire, et de faire comme si il n'avait rien entendu de cette conversation.
La journée fut longue, et pleine de paperasse. À un moment Abby apparut, sous le prétexte d'une affaire d'ordinateur à régler avec McGee, mais elle passa tout son temps à étudier le moindre fait et geste de Tony et Ziva.
- Allez bon sang! S'énerva-t-elle après presque vingt minutes. Vous allez finir par faire ce genre de choses que font les couples oui ou non?
Tony et Ziva échangèrent un regard surpris, McGee secoua la tête, et bien sûr Gibbs choisit ce moment précis pour revenir dans l'openspace.
- Le genre de choses que font les couples, Abby? Demanda-t-il en haussant un sourcil. Qu'est-ce que tu veux? Que Dinozzo Attrape Ziva par la hanche et lui saute dessus en plein milieu du NCIS?
Les yeux de Tony brillèrent à cette idée, et Ziva froissa une feuille de papier puis la lui lança en pleine tête. Abby s'enfuit de l'openspace dès que Gibbs lui tourna le dos.
C'était une bonne et calme journée.
C'est pourquoi Tony fut si surpris de ne pas entendre Ziva dire le moindre mot durant tout le trajet jusqu'à son appartement, et par l'air sérieux qu'elle arborait.
- Tu cherches la solution à la faim dans le monde? Finit-il par dire après s'être garé devant son immeuble.
Elle se tourna pour le regarder, l'air totalement confuse.
- Quoi?
Tony soupira et coupa le moteur. Il retira la clé du contact et se tourna à son tour pour pleinement faire face à Ziva.
- Tu as été bien trop silencieuse tout au long du trajet, ce que je comprendrais si quelque chose d'horrible s'était produit, mais tout bien pesé, cette journée était plus que bonne. Alors crache le morceau David. Qu'est-ce qui préoccupe tant la belle Ziva?
Ziva sourit presque et jeta un œil aux alentours.
- Tu veux vraiment qu'on ait cette conversation dans la voiture?
- ... C'est pas faux, concéda Tony avant d'ouvrir sa portière.
Après tout certaines discussions n'étaient pas destinées à se tenir dans une voiture.
Il dut être patient, cependant. Une fois arrivés au bon étage, Ziva disparut dans la salle de bain pour prendre une douche, et Tony commença à réfléchir à ce qu'il allait commander pour le dîner. Il avait le sentiment que Ziva n'était pas d'humeur à cuisiner ce soir, et si ça demandait autre chose que de faire fonctionner le micro-onde, Tony ne pourrait pas vraiment s'en occuper.
Ziva sortit de la salle de bain au moment où Tony donnait un pourboire au livreur. Ses cheveux humides pendaient librement sur ses épaules, elle portait un jogging par-dessus un tee-shirt. Elle sourit légèrement quand elle vit les boîtes qui contenaient leur repas.
- Tu as faim?
C'était très agréable, pensa Ziva en s'asseyant pour manger. Aussi surprenant que ce soit, passer ses journées entières avec Tony n'était pas si énervant que Ziva l'avait cru à une époque. Bien sûr, il parlait énormément, et oui, elle aurait pu se passer des références cinématographiques qu'il faisait sans cesse. Mais après avoir passé un mois persuadé qu'elle n'en n'entendrait plus jamais aucune, elle pouvait certainement les supporter.
- Alors, commença Tony d'un ton se voulant neutre en pointant sa baguette chinoise en direction de Ziva. Tu as envie d'en parler ou je vais devoir te tirer les vers du nez grâce à mes regards enchanteurs et mes sourires charmeurs?
Ziva le regarda en levant un sourcil, retenant un sourire.
- Est-ce que ça sonnait mieux dans ta tête avant que tu ne le dises?
- Rien qu'un peu. À peine. Ne change pas le sujet.
Tony posa ses baguettes, accordant toute son attention à Ziva.
- Pourquoi étais-tu si bouleversée quand on a quitté le NCIS?
Ziva soupira et posa ses baguettes à son tour. Ce n'était pas plus mal, elle n'avait pas vraiment faim.
- Je n'étais pas bouleversée, dit-elle après un moment, s'attirant un regard surpris. Vraiment, je ne l'étais pas, c'est juste que... ce week-end était très agréable. Meilleur que tous les week-ends que j'ai passé ces derniers temps. Et je... je ne veux tout simplement pas que ça s'arrête.
- Qu'est-ce qui te fais croire que ça va cesser? Demanda aussitôt Tony.
- Les choses... commencent à rentrer dans l'ordre, enfin. Tu n'es pas... mort, je suis pleinement de retour au NCIS. Mes cauchemars se font... moins fréquents, enfin. Et "l'ordre des choses" c'est... c'est que tu cesses de passer toutes tes nuits chez moi.
Elle fut surprise de voir que ça faisait sourire Tony.
- Qui a dit que "l'ordre des choses" ne pouvait pas être modifié?
C'était la question la plus surprenante que Ziva n'avait jamais entendu.
- J'ai décidé qu'on allait créer un nouvel ordre des choses. Parce que j'aime assez la manière dont on a vécu ces deux derniers jours. Je ne sais pas pour toi, mais j'aime bien vivre ici avec toi. J'aime vraiment bien. Ça ne me dérangerait pas que... tous les week-ends qu'il nous reste à vivre ressemblent au week-end que l'on vient de vivre.
Un léger sourire amusé étira les lèvres de Ziva. C'était drôle, d'écouter ce phobique de l'engagement dire des choses comme pour toujours, ou jusqu'à la fin de nos vies. C'était des expressions qu'il avait beaucoup utilisé ces deux derniers jours. Peut-être devait-elle les prendre comme des signes d'à quel point tout cela lui tenait réellement à coeur.
Le sourire de Tony s'agrandit lui aussi tandis qu'il se levait et tendait une main vers Ziva. Elle glissa sa paume dans la sienne, laissant ses doigts se serrer autour de sa main pendant qu'il la tirait vers lui. Il enroula un bras autour de sa taille et se pencha vers elle pour déposer un léger baiser sur ses lèvres. Il eut à peine le temps de s'écarter que Ziva se rapprochait de nouveau, réduisant à néant l'espace qui les séparait afin de partager un baiser cette fois beaucoup plus intime et profond, et qui dura bien plus longtemps. La tête de Tony lui tournait quand ils finirent par se séparer.
- Et bien... C'était...
- Bien? Tenta Ziva dans un sourire timide.
Tony sourit.
- Beaucoup mieux que bien. Beaucoup, beaucoup mieux.
Ziva ferma les yeux, souriant toujours. Elle reposa sa tête contre l'épaule de Tony et prit une grande bouffée d'air, respirant son odeur.
- Je t'aime, murmura-t-elle après un moment.
C'était merveilleux de voir combien ces mots lui paraissaient naturels.
Tony enroula son autre bras autour de Ziva, la tenant fermement il enfouit son visage dans ses cheveux.
- Moi aussi je t'aime.
En deux mois Ziva était descendue dans la cave de Gibbs plus de fois que depuis son arrivée aux Etats-Unis. Tony n'était pas sans reste non plus depuis son retour.
Mais ce fut une vraie surprise de les voir tous les deux descendre en même temps les escaliers qui menaient à sa cave.
Depuis son bateau Gibbs leva les yeux, un fin sourire étirant le coin de ses lèvres.
- On dirait que je suis cerné.
Deux regards sérieux lui répondirent.
- Allez... Il soupira, posa son morceau de papier de verre, et lança un autre regard à Ziva. Vous n'êtes pas ensemble depuis assez longtemps pour que Ziva n'apprenne qu'elle est enceinte, ça ne peut pas être la raison de votre visite. Donc qu'est-ce qui vous amène?
- Et bien... Tony dansa d'un pied sur l'autre, en serrant fermement ses mains dans son dos. Nous... Enfin je... heu... Ziva-veut-te-dire-quelque-chose.
Après ça il fit aussitôt demi tour, se dirigeant vers les escaliers.
- C'est hors de question, déclara Ziva en l'attrapant par le bras et en le forçant à revenir à ses côtés. Tu ne me laisses pas toute seule ici, surtout que c'était ton idée...
- Hey, personne ne t'a demandé d'être d'accord avec moi!
- Quelqu'un va enfin me dire de quelle idée il s'agit? Cria presque Gibbs.
Il retint un sourire quand Tony et Ziva se retournèrent dans un même geste pour lui faire face.
- Très bien, soupira Tony en passant une main dans ses cheveux. On euh... On aimerait...
- Emménager ensemble, finit par dire Ziva, comprenant que Tony n'oserait pas terminer sa phrase.
Gibbs leva un sourcil, les regardant l'un après l'autre. Il lui semblait inconcevable que la femme qu'il avait devant lui était la même que cette officier du Mossad, si sauvage, si imprévisible, qui il y a cinq ans était entrée dans l'openspace. Tout comme il lui semblait inconcevable que ce Tony soit aussi le playboy qu'il avait pris sous son aile des années auparavant, cet agent plein d'envies, parfois folles, en qui on pouvait avoir confiance pour certaines choses, mais à qui il valait mieux ne pas du tout faire confiance pour d'autres aspects de sa vie.
Le fait que se soient les mêmes personnes était totalement impensable.
- J'avais l'impression que tous les deux vous viviez déjà ensemble, dit-il en reprenant son papier de verre et en se remettant à son travail. Ça fait des semaines que j'attends que vous m'annonciez que l'un de vous a changé d'adresse. Alors, qui emménage chez qui?
Tony et Ziva échangèrent un regard surpris.
- Et bien... L'appartement de Tony est plus grand, et je n'ai pas tant d'affaires que ça...
Pendant que Ziva parlait, Tony vint enrouler l'un de ses bras autour de sa taille, et la serra légèrement contre lui. Ce geste n'avait rien d'extraordinaire, mais Gibbs pouvait percevoir un certain sentiment d'appartenance. Il pouvait dire que le jeune homme appréciait cela.
Et Ziva aussi visiblement. Elle n'avait encore rien fait pour repousser son bras.
Ziva et Abby sursautèrent quand un bruit sourd puis une poignée de jurons résonnèrent dans l'appartement.
- Hey! Faites attention à ce que vous dites! Cria Abby en riant, pendant que Ziva se glissait hors de la chambre et entrait dans le salon.
- Sérieusement McGee, fais gaffe, je crois qu'elle aime ce truc plus qu'elle ne m'aime moi...
- Ce n'est pas difficile, fut tout ce que réussit à dire McGee tandis que Tony et lui passaient avec précaution la table basse de Ziva par la porte d'entrée.
Ziva n'avait eu aucun mal à se délaisser de la plupart de ses meubles. Il s'agissait principalement d'affaires de seconde main qu'elle avait récupéré à son retour de Somalie.
Mais ce n'était pas le cas de la table basse. Elle n'allait en aucun cas se débarrasser de sa table basse.
- Ne la laisse pas tomber, Tony avertit McGee, alors qu'ils réussissaient enfin à rentrer la table basse dans le salon. Je pense sincèrement que si on la casse elle va me laisser tomber.
- C'est très plausible en effet, admit Ziva dans un sourire.
Ils posèrent la table basse, et McGee s'écroula sur le canapé en cherchant désespérément de l'air.
- Allez le Bleu, elle a une bibliothèque aussi.
- Je ne suis pas assez payé pour faire ça, râla McGee en se forçant à se relever.
Il suivit Tony jusque dans le hall.
- Tu crois qu'on devrait les aider? Demanda Abby en penchant la tête pour suivre les deux hommes du regard.
Ziva réfléchit un moment.
- Et bien... on doit vider tous les cartons. C'est du boulot aussi. Ça demande beaucoup de concentration.
- Tu as raison Ziva. Tu as raison.
Elles rirent et recommencèrent à déballer les affaires de Ziva. Elles furent interrompues par un autre bruit sourd, et cette fois c'est McGee qu'elles entendirent jurer.
- Wouah, je ne savais pas que McGee avait un tel vocabulaire, déclara Abby.
Elle se mordit la lèvre pour essayer de se retenir de rire.
- Tony a une mauvaise influence sur lui.
- Vous allez vraiment rester assises là toute la journée vous deux, à vous moquer de nous? Demanda Tony en cherchant Tim des yeux, qui était toujours en train de jurer.
- Voyons McGee, il y a des enfants qui vivent à cet étage, ils n'ont pas besoin de toi pour enrichir leur vocabulaire.
Dans un ensemble de jurons et de pas hésitants qui manquèrent de les faire tomber, Tony et McGee réussirent finalement à placer la bibliothèque dans l'appartement.
- Sérieusement Ziva, tu es la seule personne que je connais qui a encore une bibliothèque en chaîne massif. Tu ferais bien de nous rejoindre au vingt et unième siècle, tu ne crois pas?
- Gibbs a une bibliothèque.
- Okay, je laisse tomber.
Ce fut un soulagement quand ils eurent fini d'installer tous les meubles encombrants. Il ne leur restait plus que quelques boîtes de vêtements et de livres, les dernières étant beaucoup plus nombreuses que les premières.
- Je crois qu'elle a autant de livres que tu as de DVDs et de cassettes vidéo.
- Sans doute le Bleu, je veux bien le croire.
Abby se mit à rire, et Ziva la rejoint rapidement, leurs rires résonnant dans l'appartement. Tony ferma les yeux quelques instants, savourant simplement ce moment.
- Tu sais, je n'aurais jamais cru qu'elle serait un jour à nouveau si heureuse, dit McGee en déplaçant un carton de livres dans un coin. Après le euh... l'enterrement...
Tony cilla légèrement, et McGee aussi.
- Après ce qu'il s'est passé, j'ai vraiment cru qu'elle ne serait jamais plus capable d'être si heureuse.
- McGee...
Ce n'était pas vraiment quelque chose que Tony avait envie d'entendre. Ça faisait deux mois. Ziva commençait enfin à passer à autre chose. Tony n'avait pas vraiment envie qu'on lui rappelle ces deux derniers mois.
- Je sais, je sais. Je dis simplement que, après tout ce qu'il s'est passé... Je suis content qu'elle ait réussi à survivre à tout cela.
Un autre éclat de rire emplit l'appartement, et Tony sourit.
- Oui. Moi aussi.
Un fort sursaut secoua le corps de Ziva et ses yeux s'ouvrirent brusquement. Elle respirait difficilement par courtes bouffées d'oxygènes rauques. Elle lutta pour se libérer des bras de Tony qui la serraient trop et l'emprisonnaient, alors qu'il dormait toujours. Elle n'avait pas envie de le déranger avec cette crise d'angoisse inévitable qu'elle sentait monter en elle. De courts flashs désordonnés passaient devant ses yeux alors qu'elle tentait de gagner la salle de bain. Elle réussit à atteindre la porte avant de s'écrouler contre le bois de celle-ci. Elle ferma les yeux et se rappela qu'elle devait respirer calmement, cesser de chercher ainsi désespérément à engloutir une bouffée d'air, ça ne ferait qu'empirer les choses...
Le son de quelques coups toqués légèrement contre le bois surprirent un peu Ziva, qui se releva difficilement. Elle ouvrit la porte et fit apparaître de l'autre côté un Tony plus qu'inquiet. Ils restèrent un long moment à simplement se regarder avant que Ziva ne soupire, et ne baisse ses yeux au sol.
- Je suis désolée, murmura-t-elle, sa voix craquant légèrement.
Tony soupira et avança d'un pas. Il enroula ses bras autour de son corps maigre et tremblant et la serra fermement.
- Tu n'as aucune raison d'être désolée, murmura-t-il au creux de son oreille en la serrant toujours, une main perdue dans ses cheveux.
- Tu sais très bien que tu n'as aucune raison de t'excuser.
Elle haussa les épaules et enfouit son visage dans son épaule.
- De quoi est-ce que tu as rêvé? Demanda Tony après un moment, resserrant un peu sa prise autour de son corps quand un sanglot étranglé tenta de se frayer un chemin au travers des lèvres de Ziva. Zi...
Elle secoua la tête et s'écarta, frottant ses yeux sans ménagement.
- Rien, rien... tu devrais retourner te mettre au lit...
- Ziva...
Sa respiration se coinça dans sa gorge, et Tony se tut aussitôt, s'en voulant de l'avoir poussée un peu trop loin. Il détestait vraiment la bousculer ainsi, il n'avait pas eu à le faire depuis quelques temps, mais il ne voulait pas qu'elle pense qu'elle avait raison de recommencer ainsi à s'enfermer sur elle-même.
- Allez, finit-il par lâcher dans un soupire en remontant son bras autour de ses épaules.
Il la dirigea gentiment vers le lit. Elle s'y laissa tomber et remonta ses genoux contre sa poitrine, se pelotonnant sous les couvertures. Tony fit le tour du lit puis se glissa à son tour sous les draps. Il enroula ses bras autour de son corps crispé.
Il ne fallut pas longtemps avant que Ziva ne lâche le morceau.
- C'était la fusillade, encore une fois, murmura-t-elle après un moment, d'une voix tremblante. Tout ce que je pouvais entendre c'était ta voix me répétant "tu ne peux pas te débarrasser de moi aussi facilement".
Tony grimaça. Ce qu'il avait dit ce jour là lui paraissait si bête à présent.
- Ces mots m'ont hantée après... après. Ça continue de me faire mal de les entendre.
Bon sang. Il était vraiment un idiot.
- Je suis désolé, murmura-t-il.
Tony enfouit son visage dans ses cheveux et pressa ses lèvres sur le dessus de sa tête.
- Je ne savais pas...
Mais Ziva secoua la tête.
- Tu n'as aucune raison de t'excuser, l'informa-t-elle, répétant ses propres mots.
Il émit un rire creux.
Soudain Ziva se dégagea de leur forte étreinte, et se retourna pour faire face à Tony. Avant qu'il ne puisse poser la moindre question, elle supprima l'espace qui les séparait et pressa ses lèvres contre les siennes dans un doux baiser. Tony réagit sans réellement y penser, mêlant ses lèvres aux siennes. Il fut surpris quand il sentit ses lèvres s'ouvrir et sa langue venir glisser le long de ses lèvres, réclamer l'entrée de sa bouche. Tony la laissa faire, une fois de plus sans trop y penser.
Puis elle s'écarta, un léger sourire aux lèvres.
- Tu vas encore me dire que ça n'est que ton genou? Demanda-t-elle tandis que son sourire s'étirait.
Tony eut beau y mettre toutes ses forces, il ne réussit à prononcer une réponse. Heureusement pour lui il n'avait pas à y porter davantage de préoccupations, Ziva avait déjà recommencé à dévorer ses lèvres, avec plus de passion cette fois. Elle le força ensuite à rouler sur son dos pour qu'elle puisse se placer au-dessus de lui. Elle continua de l'embrasser tandis que ses mains erraient plus bas. Il sentit l'une de ses mains glisser doucement sur sa cuisse pendant que de l'autre elle jouait avec l'élastique de son boxer.
Oh mon dieu, grogna silencieusement Tony. Il résista au désir qu'il avait d'attraper le bas de son tee-shirt et de l'en débarrasser rapidement, préférant adopter un comportement plus responsable. Il s'écarta.
- Ziva...
Elle lui lança un regard qu'il ne reconnut que trop bien. Un regard qu'elle lui avait souvent lancé juste après son arrivée au NCIS, à l'époque où elle pensait encore que séduire Tony était le seul moyen de lui faire faire quoi que ce soit.
Bien que ce regard soit absolument sexy, et qu'elle ait déjà réussi à bien l'exciter, Tony haït ce regard en cet instant.
- Un problème? Murmura-t-elle, d'un voix grave et rauque.
Elle ne lui donna aucune occasion de répondre, préférant de nouveau presser ses lèvres contre les siennes. Tony se força une fois de plus à s'écarter, bien conscient qu'il n'aurait certainement pas la force de la repousser encore une fois.
- Pas maintenant, Zi. Pas ce soir.
Elle ne semblait pas énervée, c'était déjà ça. Confuse, certainement, mais elle ne le montra pas.
- Parce que ce soir n'a vraiment rien à voir avec demain soir, c'est ça?
- En fait, oui.
Bon sang, qu'est-ce que c'était dur de rester concentré quand elle le regardait comme ça.
- Parce que demain soir, du moins je l'espère, tu n'auras pas eu une crise d'angoisse moins de cinq minutes avant qu'on fasse ça, parce que tu n'auras pas rêvé que j'étais mort.
- Ça n'a rien à voir avec ça, argumenta Ziva, soudainement frustrée.
Tony soupira et ramena ses mains sur ses hanches.
- Si, ça a tout à voir. Tu es troublée, tu es encore sous le choc...
- Peut-être que j'ai simplement envie de coucher avec toi, est-ce que cette idée t'a traversé l'esprit?
Tony sourit à moitié et enroula ses bras autour de sa taille. Il les fit rouler pour qu'ils soient de nouveau face à face, allongés dans le lit. Il garda ses bras autour d'elle.
- Je peux dire sans me tromper que tu as envie de coucher avec moi, l'informa-t-il. Je pense juste que ça n'est pas une bonne idée. Pas ce soir.
- Depuis quand penses-tu que le sexe n'est pas une bonne idée?
Il lui adressa un autre petit sourire puis se pencha vers elle. Il l'embrassa légèrement puis s'écarta avant qu'elle ne puisse tente quoi que ce soit.
- Depuis ce soir. Tu sais que je t'aime et tu sais que j'ai envie de toi. Mais je ne veux pas que ça se passe comme ça. Pas après une crise d'angoisse, quand tu n'as pas les idées claires. La première fois qu'on fera l'amour, je ne veux pas que ce soit à cause d'un mauvais rêve dans lequel je suis mort. Je ne veux pas que ce soit simplement pour te prouver que je suis vivant et que je suis bien là. Ce sera simplement parce que tu auras envie de moi.
Ziva le regarda un long moment, la colère, la tension, quittant doucement ses traits. Finalement son corps se relaxa et elle soupira. Elle ferma les yeux et se rapprocha de Tony jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucun espace entre eux. Tony enfouit son visage dans ses cheveux, et la serra fermement.
- Je t'aime, murmura-t-il. Tu le sais, n'est-ce pas?
Elle acquiesça, soudainement trop fatiguée ne serait-ce que pour articuler quelques mots. Elle réussit tout de même à finalement lui répondre.
- Je t'aime, moi aussi.
La première fois qu'ils firent l'amour ce fut quelque chose de sensuel, de lent, et ce fut uniquement parce que l'un comme l'autre l'avaient voulu. Aucun d'eux n'étaient prêts de l'oublier.
Abby et Ziva échangèrent un regard triste contenant une légère pointe de dégoût avant de chacune se tourner vers leur autre moitié. McGee tentait difficilement de rester assis correctement, et Tony les regarder avec de grands yeux, brillants plus que d'habitude.
- Hey Mc... Mc... Personne, regarde, Abby et Ziva sont là!
- On ne peut pas vous laisser seuls, ne serait-ce que pour une minute, soupira Abby en aidant McGee à descendre du tabouret.
Elle passa un de ses bras par-dessus ses épaules pour mieux supporter son poids. McGee tenta de garder l'équilibre, peinant déjà à soutenir le regard d'Abby.
- Mmm... Bby?
- Oui Timmy, c'est Abby, dit-elle en se retenant de rire et en lançant un regard amusé à Ziva. Tu veux un peu d'aide pour ramener Tony à la maison?
- Non, tu as déjà bien à faire avec McGee. Je vais m'occuper de Tony.
- Bonne chance, lâcha Abby en commençant à guider McGee vers la sortie.
Ziva secoua la tête, puis se retourna vers son compagnon ivre.
- Allez Tony, c'est l'heure d'y aller.
- Pourquoooiii? Râla Tony, mécontent de voir Ziva le tirer de son tabouret.
- Parce que le barman en a marre de toi.
Tony rit alors qu'il se laissait tomber contre Ziva. Elle réussit difficilement à le rattraper avant qu'ils ne s'écroulent tous les deux au sol.
- Oups. Désolé Zee-vah.
- Pas de problème, soupira-t-elle en marchant vers la porte.
Tony tituba légèrement, manquant encore une fois de faire tomber Ziva.
- McGee et toi n'êtes pas prêts de vous refaire une "soirée entre mecs", l'informa-t-elle un brin énervée.
- Oooohhhh, mais j'aime sortir avec Timmy.
Ziva soupira, se retenant difficilement de sourire.
- Tony, est-ce que je dois craindre que tu ne me trompes avec McGee?
- Non, répondit-il, paraissant offensé. J'apprécie Timmy, mais toi je t'aime. Il y a une différence.
Ziva rit.
- Ne t'inquiète pas Tony, je plaisantais. Je sais que tu ne me tromperais pas.
- Bien. Je t'aime.
- Je t'aime aussi.
Elle l'installa dans la voiture, ferma la portière en secouant la tête, puis fit le tour de la voiture jusqu'à la place conducteur.
- Hey, hey, tu ne peux pas conduire, protesta Tony quand il vit Ziva s'asseoir derrière le volant. Tu, tu es dangereuse quand tu conduis.
- Je te jure que tu ne conduirais pas mieux que moi si tu prenais le volant maintenant, déclara Ziva en démarrant la voiture. Reste assis et ferme les yeux, on sera à la maison avant que tu le saches.
Tony émit un son de mécontentement mais fit ce qu'elle lui avait dit. Ziva réussit à les ramener chez eux en un seul morceau. Il s'agit ensuite de réussir à faire grimper les huit étages à Tony, parce que bien sûr l'ascenseur avait choisi ce soir pour tomber en panne.
- Où est-ce qu'on va? Demanda soudainement Tony en étudiant les alentours.
- On va à notre appartement, Tony. Et tu vas aller te coucher.
- Mais je ne veux pas aller me coucher.
- Et bien heureusement pour moi, je me fiche de ce que tu veux.
Il fallut presque vingt minutes pour amener Tony jusqu'à l'appartement. Il passa le plus clair de ce temps à blablater des choses incohérentes sur McGee et des cacahuètes, Ziva ne demanda pas d'explications là-dessus.
- Au lit!
Il rit quand Ziva le traîna jusqu'à leur chambre et entreprit de le laisser tomber sur le lit. Il commença à sauter sur celui-ci.
- Ne saute pas sur le lit Tony, râla-t-elle doucement.
Il fit la moue.
- Tu es une méchante maman.
- Je suis ta petite amie Tony, pas ta maman.
Elle attrapa son t-shirt et son pantalon de jogging qui traînaient sur le bureau et les lui lança.
- Change toi.
- Tu me déshabilles?
Ziva soupira et leva les yeux au ciel, puis s'approcha.
- Uniquement parce que tu es ivre, déclara-t-elle sérieusement alors qu'elle lui enlevait la veste de son costume et commençait à déboutonner sa chemise.
Elle fut distraite un moment quand il se redressa soudainement et pressa ses lèvres contre les siennes. Elle recula brutalement, un air de dégoût tordant son visage.
- Oh, tu ne veux pas m'embrasser?
- Tu empestes l'alcool, c'est dégoûtant. Et tu es ivre. On ne fait rien de ce genre ce soir.
- Ooohhh...
Elle sourit et lui retira sa chemise. Elle attrapa son t-shirt, et le lui passa.
- Tu te débrouilles tout seul avec ton pantalon, dit-elle en reculant d'un pas, amusée par ses cheveux en broussaille et ses yeux brillants.
Elle ne réussissait pas à être en colère après lui quand il était ivre, il était tellement mignon.
- Oh, très bien.
Il soupira et entreprit de se lever. Ziva se retourna pour partir mais ne fut pas très surprise quand il lui attrapa le poignet et le retint.
- Hey Zee-vah?
- Oui Tony?
- Est-ce que tu veux m'épouser?
Ziva sourit, un rien tristement, puis se retourna pour regarder Tony et libéra au passage son poignet de sa prise.
- Repose-moi la question quand tu seras sobre, fut tout ce qu'elle dit avant de quitter la pièce.
Elle se rendit dans la cuisine, sortit un verre du placard qu'elle remplit d'eau. Elle fut surprise de découvrir Tony se tenant sur le pas de la porte quand elle se retourna. Il affichait un air on ne peut plus sérieux. Il lui tendit un petit écrin de velours.
- Je suis sobre.
Abby attendait Ziva avec grande impatience le lendemain matin.
- Il t'a demandée? Il t'a demandée? Répéta-t-elle avec énergie, se plantant face à Ziva tandis qu'elle s'asseyait.
Ziva lui lança un regard abasourdi.
- Attend... tu savais?
- Bien sûr! Tu ne pensais quand même pas que Tim allait sortir seul avec Tony et s'enivrer totalement, n'est-ce pas? Demanda Abby, incrédule. Franchement Ziva, tu devrais le connaître depuis le temps.
Ziva posa ses yeux sur McGee, qui souriait, puis regarda Tony, qui se retenait visiblement de rire.
- Allez, montre nous!
Ziva tentait toujours d'intégrer les derniers événements quand elle passa un doigt dans la chaîne de son étoile de David, la sortant de sous son haut, pour montrer à Abby ce qui y avait ajouté.
- Oh, wouah, c'est magnifique, lâcha-elle dans un soupire, un sourire étirant ses lèvres.
- Tu ne l'avais pas vu avant?
- Non. Tony a déclaré que tu serais la première à la voir. C'est assez romantique en fait...
- Ce n'est pas forcément un pas intelligent qu'à fait là Dinozzo, mais au moins il a réussi du premier coup, dit Gibbs en arrivant dans l'openspace.
Le regard qu'il lança à Ziva lui fit comprendre qu'il savait lui aussi depuis un moment déjà.
- Il y a une première fois à tout je suppose.
- Tu es en train de dire que j'ai tout gâché Boss?
Gibbs se contenta de regarder Tony, qui sourit bêtement.
- J'ai compris.
Gibbs leva les yeux au ciel avant de se retourner vers Ziva, qui écoutait à présent le monologue sans fin d'Abby sur tout ce qu'il fallait faire d'ici le mariage.
- Vos avez choisi une date, n'est-ce pas? Demanda-t-elle soudainement, se coupant d'elle-même.
- Abby, il m'a fait sa demande hier soir, on n'y a pas vraiment réfléchi...
- Mais vous devez choisir une date! Protesta une fois de plus Abby, en sautant du bord du bureau de Ziva. C'est la chose la plus importante. C'est comme ça que tu décides quel genre de vêtements tu vas porter, de la couleur, de si le mariage va se tenir à l'intérieur ou à l'extérieur...
- L'idée de se marier en secret sonne de mieux en mieux, soupira Tony avant de rire et de passer une main dans ses cheveux.
Ziva, bien sûr, entendit son commentaire. Elle se retourna pour regarder Abby, qui sautait sur place en souriant et en faisant des clins d'œil à Tony.
- Et surtout tu dois trouver qui va être ta demoiselle d'honneur...
- Tu veux dire que tu ne t'es pas déjà autoproclamée demoiselle d'honneur? Demanda Ziva, sincèrement surprise.
Abby cessa de sauter sur place et se tourna face à Ziva, la bouche ouverte.
- V... vr... vraiment? Bafouilla-t-elle après un moment.
Ziva acquiesça. Après un moment les lèvres d'Abby s'étirèrent dans un grand sourire.
- Ohmondieu, oui! Cria Abby en se jetant sur Ziva et en enroulant fermement ses bras autour du cou de la jeune femme. Elle la serra de toute sa force. Tony put voir Ziva qui commençait à réellement pâlir.
- Euh... Abby? Tu as peut-être envie de la laisser respirer, sinon elle ne va pas survivre jusqu'au jour du mariage.
- Oh, c'est vrai! Remarqua Abby en s'écartant de Ziva, et en recommençant à sauter sur place.
Ziva secoua la tête et sourit. Parfois faire plaisir à Abby était vraiment très facile.
Gibbs releva la tête du bateau qu'il ponçait, surpris d'entendre de léger pas descendre ses escaliers, des pas qui n'étaient pas suivis d'autres. Il était très rare de voir Ziva et Tony l'un sans l'autre dernièrement.
Elle s'arrêta sur la dernière marche, ses yeux acajous rencontrant les siens. Après quelques instants Gibbs lui tendit un morceau de papier de verre. Ziva sourit tandis qu'elle avançait dans la cave, se saisit du morceau et commença à travailler.
Ils poncèrent en silence pendant un temps, aucun d'eux ne pensant à la dernière fois qu'ils avaient fait cela. Ça appartenait au passé, un passé sombre. Ce n'était pas la peine de revenir dessus.
- J'ai parlé à mon père aujourd'hui.
Gibbs cilla, la surprise réussissant à se dessiner sur ses traits.
- Ah oui? Et comment ça s'est passé?
- Et bien, il... n'est pas très surpris par l'homme que j'ai choisi pour être mon mari.
- Tu t'attendais à ce qu'il le soit?
Ziva secoua la tête, en rythme avec sa main qui continuait de monter et de descendre le long du bateau.
- Alors je suppose qu'il ne fera pas une petite apparition au mariage.
Elle secoua la tête une fois de plus.
- Mmm. C'est probablement mieux ainsi. Il arrive toujours quelque chose de mal quand il est dans le coin.
- Tu as remarqué aussi?
Gibbs émit un rire rauque.
- Je ne m'attendais pas à ce qu'il vienne. Et c'est certainement mieux comme ça, il n'est pas... le plus grand fan de Tony.
Car pourquoi Eli David se préoccuperait-il rien qu'un tant soit peu de l'homme qui était quasiment la seule raison qui faisait que sa fille était encore en vie?
- Ça ne me dérange pas tant que ça. Quand j'en venais à imaginer me marier un jour, je n'étais jamais suffisamment bête pour imaginer qu'il serait là pour voir ça.
- Tant pis pour lui.
Gibbs, bien sûr, aurait été prêt à tout donner pour pouvoir conduire sa fille jusqu'à l'autel, la voir se marier. Ça le mettait en rogne de voir qu'Eli manquait cette unique occasion parce qu'il n'apprécie pas l'homme que sa fille va épouser. Mais s'énerver n'allait aider Ziva en rien.
- Enfin, ça me laisse avec un... un problème, si je puis-dire.
Gibbs cessa de poncer et se retourna pour regarder Ziva, qui avait elle aussi cessé de poncer. Elle se contentait de fixer le bateau à présent.
- Ce serait... bien si j'avais quelqu'un pour me conduire jusqu'à l'autel. Comme je l'ai dis plutôt, je n'ai jamais compté sur mon père pour être là pour le faire. Mais maintenant... maintenant j'ai quelqu'un qui est bien mieux que mon père.
Elle releva légèrement la tête pour regarder Gibbs du coin de l'œil, un petit sourire triste étirant ses lèvres.
- Je sais que je ne suis pas Kelly, mais peut-être... si tu en avais envie...
Sa voix mourut d'elle-même alors que Gibbs s'approchait. Il enroula ses bras autour de son corps frêle et la serra fermement.
- Tu es ma fille, Ziva, murmura-t-il au creux de son oreille. Et je serais honoré de te conduire jusqu'à l'autel.
Ziva lâcha un profond soupire et posa sa tête sur son épaule. Elle leva les bras pour lui rendre son étreinte, un doux sourire se dessinant sur ses lèvres.
Quand McGee sortit de l'ascenseur il fut surpris de voir Tony assis dans l'openspace, seul. Ziva était pourtant bien là quand il était descendue dans le labo d'Abby une heure plus tôt.
- Où est ton autre moitié? Demanda-t-il en entrant dans l'openspace.
Tony était semi allongé sur sa chaise, les mains derrière la tête, en train d'admirer le plafond.
- Elle a dit qu'elle devait faire quelque chose. Avant qu'elle ne parte elle était au téléphone avec son père, donc je pense qu'elle est partie voir Gibbs.
McGee cilla.
- Mince. Comment ça s'est passé avec son père?
Tony haussa les épaules.
- Et bien la plupart de la conversation s'est faite en hébreu. Mais j'étais assis ici et elle était assise à son bureau, donc j'ai parfaitement entendu sa voix. Et je crois pouvoir dire que tout ne s'est pas bien passé. Il ne m'aime pas.
Il n'y avait aucune surprise à ça.
- Dans ce cas... tant pis pour lui. Je doute que Ziva n'avait envie qu'il vienne quoi qu'il en soit.
Tony n'était pas si sûr de ça. L'air déçu et peiné qu'elle n'avait pas réussi à cacher quand elle avait raccroché après cette désastreuse conversation lui prouvait bien le contraire.
- Il entraîne bien trop de problèmes quand il est dans le coin de toute manière. C'est probablement mieux qu'il ne vienne pas. Toute la fête aurait sûrement était gâchée.
Tony n'avait pas tort, et c'était malheureux pour Ziva. Son téléphone sonna avant que McGee n'ait le temps d'ajouter autre chose. Il l'attrapa rapidement, le déverrouilla, et découvrit un nouveau message.
"Je rentre à la maison. Tu veux que je passe acheter quelque chose à dîner?"
Tony réfléchit un moment avant de taper sa réponse.
"Tu sais quoi, je quitte le NCIS dès maintenant. Et si je faisais des pâtes? Tous ces plats à emporter commencent à me faire grossir."
Il venait tout juste de balancer son sac à dos sur son épaule quand il reçut une réponse.
"Bien sûr, c'est la faute des plats à emporter."
Il sourit.
"Vilaine. A tout de suite."
- Oh!
Il leva un doigt juste au moment où il allait quitter l'openspace et tourna sur ses talons pour faire face à McGee qui venait à l'instant de se rasseoir derrière son ordinateur.
- Avant que j'oublie, Abby-l'organisatrice-en-chef de mon mariage veut que je choisisse mon témoin. Tu es intéressé?
McGee releva la tête, clairement surpris.
- Quoi, moi? Être ton témoin?
Tony haussa les épaules.
- Ouais, enfin, ce n'est pas la fin du monde non plus, tu n'as qu'à écrire un petit discours sympa, je ne suis pas tellement d'humeur pour un enterrement de vie de garçon...
McGee leva un sourcil interrogateur.
- Oh ne me regarde pas comme ça. Tu veux être mon témoin ou non?
McGee sourit légèrement.
- Bien sûr Tony. J'adorerais être ton témoin.
- Super. On se voit demain.
Tony partit après ça, laissant derrière lui un McGee choqué.
Ziva se trouvait dans la cuisine en train de se faire du thé quand Tony se glissa dans l'appartement. Il sourit tandis qu'il traversait le sol recouvert de linoléum jusqu'à se tenir derrière elle. Il enroula ses bras autour de sa taille et posa son menton sur son épaule.
- Tu vas bien?
Ziva soupira et se retourna pour presser ses lèvres contre la joue de Tony.
- Je vais bien, promit-elle, et Tony ne put voir l'ombre d'un mensonge dans ses yeux.
- Où as-tu disparu après avoir quitté le NCIS?
- Je suis allée parler à Gibbs.
Bien sûr.
- Je trouvais juste de donner une chance à mon père, mais je ne me suis jamais vraiment attendue à ce qu'il vienne. Et honnêtement, je préfère que ce soit Gibbs qui me conduise jusqu'à l'autel.
- C'est très bien, je pense qu'on peut tous se passer de notre dose annuelle d'ennuis avec le Mossad.
Ziva rit et reposa son front contre celui de Tony.
- Alors, tu as enfin parlé à McGee?
- Oui j'ai parlé à McTémoin.
Ziva leva les yeux au ciel.
- Ce n'est pas le meilleur des surnoms que tu lui aies donné.
- Laisse moi un peu de temps, je vais trouver quelque chose.
Tony rit et écarta suffisamment Ziva de lui pour attraper une casserole. Après tout, il lui avait promis qu'il ferait des pâtes ce soir.
- Oh, et au fait, oui, c'est la nourriture à emporter qui me rend gros.
- C'est ça. Ça n'a rien à voir avec le fait que tu ne fais, disons ça comme ça, presque pas de sport?
Ziva sourit et pinça Tony à la taille, ce qui le fit sursauter.
- Okay, simplement parce que je ne me lève pas tous les jours avant aube pour courir 15km comme toi...
- Tu ne cours pas du tout.
- Ouais, peu importe. Je continue de dire que c'est de la faute des plats à emporter si je grossis.
- Peu importe ce que tu dis Tony. Peu importe.
Le soleil était chaud et haut dans le ciel, il tapait dans le jardin de Leroy Jethro Gibbs. Ziva avait insisté pour faire un petit mariage, quelque chose de simple. Les amis et la famille (les deux étant qui plus est interchangeables) réunis pour une petite cérémonie. Gibbs avait été plus qu'heureux de proposer son jardin pour cette occasion. Ducky l'avait même aidé à nettoyer, à planter quelques fleurs, pour embellir l'endroit.
A présent un grand arc se tenait à l'extrémité du jardin. Tony se trouvait sous celui-ci, ainsi qu'un prêtre et un rabbin face à lui. Un piano était installé dans un des coins du jardin. Leur vieille voisine, qui avait appris à aimer ses jeunes voisins comme ses enfants, était assise derrière celui-ci, prête à jouer.
La musique démarra et Tony prit une grande bouffée d'air.
Au bout de l'allée apparut d'abord la petite Amira Franks, tenant un bouquet de fleurs, et paraissant plus adorable que jamais dans sa petite robe blanche, pendant que sa mère se trouvait une place assise dans les rangs. Assis aussi parmi les autres, après beaucoup de bafouillages de la part de Tony, se trouvait Dinozzo Sénior. Il fait partie de la famille, avait dit Ziva. Il méritait d'assister au mariage de son unique fils.
Après Amira vint Ducky et Nettie la tante de Ziva, qui avait été plus qu'heureuse de faire le voyage depuis Israël, se tenant par le bras. Tony pouvait voir un couple dans ce duo. Ce fut ensuite au tour de McGee et d'Abby, la dernière devant être retenue de sautiller tout le long du chemin. Tony se mordit la lèvre pour se retenir de rire. C'était bien Abby.
Puis arriva Ziva.
Tony perdit son souffle quand il la vit. Ils n'avaient pas respecté les règles traditionnelles du mariage, ne s'étaient pas séparés ces dernières 24h. Abby était donc venue jusque chez eux à 4h du matin pour kidnapper Ziva, leur disant qu'ils pourraient se revoir au mariage.
Maintenait il était tout juste 13h, et durant ces neuf heures qu'ils avaient passé loin de l'autre, Ziva s'était encore davantage embellie, quelque chose que Tony n'aurait même pas cru possible.
Son visage fin était encadré de boucles souples qui retombaient sur ses épaules. Sa robe, que Tony n'avait pas vu auparavant était simple, mais bien sûr magnifique. Tout comme elle.
Tout était parfait.
Voir Tony, debout au bout de l'allée, en train de lui sourire comme un enfant le matin de Noël, chassa tout l'air de ses poumons, et pendant un moment, elle non plus ne put respirer.
C'est alors que Gibbs enroula son bras avec le sien et se pencha pour déposer un baiser sur sa joue. Il resta près d'elle suffisamment longtemps pour lui murmurer "Tu es magnifique" avant qu'ils n'avancent jusqu'à l'autel.
Si on leur demandait plus tard, ni Tony ni Ziva ne serait capable de se rappeler de la cérémonie. Ils se rappelleraient seulement des vœux qu'ils avaient écrits l'un pour l'autre, ils se rappelleraient se les promettre pour toujours. Parce que de toute manière, c'est tout ce qui comptait.
Et Ziva, bien qu'elle ne l'avouerait jamais à personne, hormis Tony bien sûr, se rappellerait avoir regardé un bref instant l'autre bout du jardin juste avant que Tony ne dise "je le veux", et y avoir aperçu le visage de son père tapi dans l'ombre. Mais quand elle y regarda une deuxième fois, il n'était plus là.
Ziva soupira et se glissa au sol aux côtés de Tony. Il était adossé contre la baignoire, ses genoux remontés conte sa poitrine. Il passa un bras autour des épaules de Ziva, la rapprochant un peu plus de lui, et la serra fermement.
- Combien de temps il faut attendre?
- Trois minutes.
Ils inspirèrent profondément à l'unisson, échangeant un regard un rien paniqué.
- Après tout... dit Tony au bout d'un moment, ce n'est pas la pire des manières de démarrer un mariage, non?
Ziva rit légèrement, et posa sa tête dans le creux de l'épaule de son mari.
Son mari. Il était son mari. D'une certaine manière, cette pensée continuait de lui tourner la tête.
- Est-ce que tu... veux des enfants? Demanda-t-elle après un moment, d'une voix mal assurée.
Ils n'en n'avaient pas vraiment parlé. Ça ne faisait que deux mois après tout.
- Et bien, je ne vais pas te faire croire que je suis prêt à devenir père, admit Tony. Mais c'est toi, et c'est nous, et puis, c'est quoi le problème? On ne pourra ne faire que de magnifiques enfants.
Ziva rit une fois de plus, et ferma les yeux.
- Et toi alors? Tu es prête pour un petit Dinozzo courant dans tous les coins?
- J'arrive à peine à gérer le seul Dinozzo que j'ai pour l'instant.
Aïe. Tony rit. Ziva sourit et enroula lâchement son bras autour de ses genoux.
- Tu sais, dit soudainement Tony, l'année dernière à cette période de l'année, on s'asseyait encore l'un en face de l'autre dans l'openspace, et tu me menaçais de me tuer avec un trombone.
Ziva ne répondit pas, ne sachant pas trop où il allait avec ça.
- Comment on en est arrivé là?
- On a fait l'amour sans se protéger.
Il y eut un moment de silence, puis ils éclatèrent tous les deux de rire. Ils étaient en train d'éviter le vrai sujet de leur conversation. Ils en étaient là parce que Tony était mort, et que Ziva s'était effondrée.
Mais il en était ressorti quelque chose de plus beau que les mots ne pourraient le décrire.
- Je t'aime. Tu le sais, hein? Murmura Tony en pressant ses lèvres sur le haut de la tête de Ziva.
Elle sourit doucement et soupira.
- C'est sûr qu'après tout ça j'espère sincèrement que tu m'aimes.
- Merci, lâcha ironiquement Tony avant de l'embrasser de nouveau. J'essaie d'être sérieux là. Je t'aime, et peu importe ce qu'il va se passer, tu sais que je n'ai pas l'intention de te quitter, n'est-ce pas?
La conversation était soudainement devenue on ne peut plus sérieuse. C'en était énervant.
- Tony...
- Contente toi de me dire oui et embrasse moi.
Ziva leva les yeux au ciel et un sourire étira ses lèvres.
- Oui.
Elle pencha la tête et pressa ses lèvres contre les siennes.
- Content?
- Quand je suis avec toi? Toujours.
- C'est ça, répliqua Ziva en attrapant le poignet de Tony et en le tordant un peu. Ça fait trois minutes. En fait, ça en fait sept.
Elle ferma les yeux un moment, et prit une grande respiration avant de les rouvrir.
- Tu es prêt?
Tony se leva doucement, étira ses bras au dessus de sa tête, puis tendit une main vers Ziva.
- Prêt quand tu l'es chérie.
Ziva sourit et prit sa main, le laissant l'aider à se relever. Ils échangèrent un faible sourire avant de se tourner vers le petit bâtonnet blanc posé sur le bord du lavabo.
Leur futur.
Tony attrapa la boîte et Ziva le bâtonnet pour regarder le résultat.
- Deux lignes roses, dit-elle à Tony, et il parcourut rapidement la notice des yeux.
- Deux lignes roses...
Un grand sourire étiré ses lèvres.
- Enceinte.
Leurs yeux se croisèrent, et la boîte comme le bâtonnet furent vite abandonnés pour un baiser long et passionné.
- Je t'aime, murmura Ziva quand il s'écartèrent pour reprendre leur souffle, ses lèvres se mouvant contre les siennes.
Le sourire de Tony s'agrandit davantage, ce qu'il n'aurait pas cru possible.
- Je t'aime tellement, Tony.
- Je t'aime aussi Ziva. Pour toujours.
C'était dur à croire, alors qu'ils se tenaient là maintenant, à s'embrasser et savourer la bonne mais effrayante nouvelle, celle qu'ils allaient devenir parents, qu'il y a tout juste un an ils n'étaient rien de plus que des coéquipiers, des amis les bons jours. Il était dur de croire qu'il y a neuf mois Tony s'était jeté en travers de la trajectoire d'une balle, entraînant une série d'événements dévastatrice qui n'avait aucune chance d'aboutir à une fin heureuse.
Mais aujourd'hui ils étaient là. Vivants. Heureux. Mariés. Attendant un enfant.
Ensemble.
Voilà... Snif' Snif'...
