Bonjour ou Bonsoir ! Je n'ai pas pu poster le chapitre plus tôt n'ayant pas eu Internet pendant quelques jours mais me revoilà ! J'espère que ce chapitre vous plaira ! Il est un peu plus court alors pour me faire pardonner, je publierai la suite demain dans l'après-midi :)

Merci pour vos reviews et lectures et merci aux followers ! Merci à Lycann à qui je n'ai pas pu répondre par message privé. Je suis contente que mon histoire t'intrigue et j'espère que la suite satisfera ta curiosité. Pour répondre à ta question, Hermione a deviné qu'ayant atterri à cet endroit, ça ne pouvait être qu'à l'époque où Jedusor travaillait là-bas, mais évidemment son intuition va se confirmer par la suite... Plus d'action dans les chapitres suivants, promis ;) Et merci à Ash à qui je n'ai pas pu répondre non plus ! Je vous souhaite une bonne lecture !

M. Beurk se révéla être revenu seul. Ses sourcils se fronçaient à l'extrême tandis qu'il me transperçait de ses iris grises.
- M. Jedusor y est pas disponible.
Réprimant un soupir de soulagement, j'offris à mon interlocuteur un sourire d'excuse :
- Ce n'est pas grave. Je reviendrai une prochaine fois !
Rien ne m'importait plus, en effet, que de sortir d'ici le plus vite possible. M. Beurk, cependant, ne semblait pas partager le même souhait que moi :
- Non, miss, restez.
Je demeurai sans voix, un long moment. Aucun de nous ne paraissait prêt à poursuivre le dialogue ; l'instant fut en suspens, le temps s'était arrêté. Je soupçonnai que l'homme devait savourer mon appréhension. Il laissa encore flotter le silence, puis se décida à me préciser sa pensée :
- J'voudrais pas qu'une n'velle recrue nous échappe, c'srait dommage. Restez miss…
- Granger. Hermione Granger.
- Miss Granger. 'Tendons qu'M. Jedusor y revienne, et Barjow aussi. Mais j'redoute les mauvais coups, alors miss, restez. J'du boulot pour vous.
- Ah, du travail ! fis-je, tentant de paraître ravie.
- C'pas rémunéré, c'juste un test… tester vot' efficacité.
- C'est… Ce sera parfait. Que dois-je faire ?
- Venez.
Mon état intérieur démentait mon enthousiasme, et ce fut bien peu rassurée que je me contraignis à suivre M. Beurk dans la pièce attenante. L'embrasure de la porte me faisait voir un trou noir, béant, profond comme un abîme. Dans quoi me suis-je fourrée ? me demandai-je. Je ne pouvais cependant plus reculer. Je songeai à Harry ; il n'aurait pas hésité, lui, surtout si cela était lié à une mission de Dumbledore. Je gardai son image en tête tandis que je pénétrai à la suite de l'homme dans une pièce plongée dans la pénombre.
- La flamme elle s'est 'core éteinte, coquine va.
La lumière de bougies éclaira bientôt ce que je découvris être un local exigu, dont des étagères encombrées de papiers ornaient les murs. Des dossiers traînaient à terre, des plumes, ainsi que d'autres choses non identifiées, dont je préférai ne pas connaître le nom. Une sorte de bureau, de très petite surface, était collée à une des étagères. Les bougies se trouvaient au sol, et créaient dans la pièce une lueur bleutée ; le plafond m'était invisible, plongé dans le noir. Il n'y avait aucune fenêtre. Une odeur me parvint aux narines, un mélange d'encens et de moisissure. Je me tournai vers M. Beurk. Il laissait son regard errer dans le local, comme s'il contemplait une beauté perdue, abîmée, et regrettait profondément sa dégradation. J'attendis une parole de sa part.
- Salle des archives, dit-il enfin.
- Oh, fis-je inutilement.
- J'fais des efforts pour la ranger, c'te pièce, mais c'te chose y est pas facile. J'ai t'llment d'choses à faire. Y a pas qu'ranger dans la vie. Ici, tous dossiers des clients. Important. Très important. Vous allez ranger t'ça.
- Excusez-moi ?
- C'le boulot du personnel. Miss, classez ces dossiers par ordre alphabétique. L'étagère des A est là. Bon boulot.
J'eus à peine le temps de dire quelque chose qu'il se dirigeait vers le fond de la pièce, murmura d'inintelligibles paroles ; une porte apparut sur l'unique surface de mur qui n'était pas recouverte d'étagères. Il l'ouvrit, pénétra dans une salle voisine, la referma ; j'étais seule. La porte, quant à elle, disparut aussitôt que j'esquissai un pas dans sa direction.
Un terrible sentiment de prise au pièce me submergea et fit renaître ma panique. J'allai vers la porte qui menait à la boutique ; fermée à clé. Je n'étais pas claustrophobe, cependant la pièce éveillait en moi une angoisse profonde, l'impression de me retrouver enfermée dans une cage. J'inspirai et expirai lentement, m'efforçant au calme. Céder à la panique ne résoudrait rien. Je devais prendre mon mal en patience. On n'allait pas me laisser ici, M. Beurk repasserait par la salle des archives, à coup sûr, et là je réclamerai mon droit. En attendant, autant que je fasse le travail qu'il m'avait confié ; l'humeur du gérant ne serait pas plus belle si je languissais paresseusement. Je me dirigeai vers l'étagère des A qu'il m'avait désignée. Milicent Gregor, Jonathan Derwich, Megan Soviet ; tout me laissait croire que M. Beurk, question rangement, avait énormément de progrès à faire. Je soupirai. En ramassant quelques dossiers à terre, je notai que certains noms étaient presque invisibles, l'encre atténuée par le temps et son mauvais traitement.
Courage, Hermione. C'est beaucoup moins terrifiant que de te mesurer à Voldemort. Tu ne vas pas te plaindre. Tu as craint le pire… Le pire n'est pas arrivé. Pour l'instant.
J'avais faim, cependant, mais je devais me résoudre à ne pas recevoir de nourriture dans l'immédiat ; vu le niveau de politesse de M. Beurk, cela m'étonnerait qu'il prêtât attention à ce genre de détails.
Décidée à prendre mon mal en patience - et de la patience, j'en avais à revendre -, je m'installai au bureau, une pile de parchemins froissés et malodorants devant moi, et commençai mon classement.

Mes paupières supportaient de plus en plus difficilement le poids du sommeil. Ma vision se troublait ; les lettres de noms se mélangeaient, les Anna se transformaient en Nana, les McGregor en Recggor. Trois piles s'entassaient sur le bureau, devant moi, en un équilibre précaire sur la petite surface de bois : une de noms commençant par A, une de noms commençant par B, et une avec le reste. J'avais décidé de procéder deux lettres par deux lettres ; l'espace de mon bureau ne me permettait d'ailleurs pas davantage de possibilités. Je guettais sans cesse sur ma gauche, à l'endroit où M. Beurk avait fait apparaître la porte invisible. En vain ; il me paraissait être la seule âme vivante dans cette bâtisse. Mes membres étaient engourdis par un froid vicieux ; les bougies se consumaient à une rapidité folle, et me plongeait toujours plus dans le noir ; j'aurais bientôt besoin de ma baguette et de ce cher sortilège de Lumos.
Je baillai, des larmes de fatigue apparurent au coin de mes yeux.
Je n'en peux plus. Encore un dossier, et je m'endors. Je ne saurai rester éveillée une heure de plus.
Je pris donc le dossier suivant ; le nom que je lus titilla ma mémoire. Hepzibah Smith. Avais-je déjà entendu ce nom, qu'il m'était ainsi familier ? Tant de déjà-vu m'avaient assaillie que je ne doutais plus de moi ; je connaissais ce nom, peut-être même la personne.
Mais oui ! Harry en avait parlé… Lors de ses « cours privés » avec Dumbledore, lorsqu'il retraçait le passé de Voldemort… Celui-ci avait tué Hepzibah Smith, en ensorcelant son elfe de maison. La révolte prit possession de moi ; je feuilletai le dossier ; les dates de visites, les objets vendu et acquis défilèrent, et je devinai bientôt que la femme se trouvait encore vivante. Mes mains tremblèrent. Vivante ! J'avais le pouvoir de changer le cours des choses et d'empêcher son meurtre ; ce n'était pas par hasard, j'en étais persuadée, que le dossier d'Hepzibah Smith était tombé entre mes mains. Il y avait quelque chose de calculé ; je ne croyais naturellement pas aux prédictions, mais les coïncidences, elles, me poussaient à réfléchir. Je forçai mon esprit à me souvenir plus précisément de ce que Harry avait raconté au sujet de cet épisode de la vie de Voldemort ; mais je le sentais trop embrumé pour réfléchir correctement. Je plaçai le dossier d'Hepzibah Smith en évidence sur une des piles, et sans demander mon reste, ma tête s'affala sur le bureau ; je fus immédiatement emportée par le sommeil qui menaçait déjà depuis des heures.

Lorsque j'ouvris les yeux, j'ignorai d'abord ce qui m'avait réveillée. Puis je sentis une main sur mon épaule ; un vent de frayeur souffla en moi, je poussai un cri ; la main se retira. Je me levai, me retournai ; M. Beurk se tenait devant moi, baguette en main, seule source de lumière.
Tu vas te faire gronder ma petite , me disais-je, persuadée qu'il ne me pardonnerait pas facilement de m'être endormie sur ma ô combien importante tâche.
Visiblement, je me trompais, car il resta muet. Le halo de la lueur de sa baguette le rendait plus voûté et plus étrange encore ; j'étais loin de me sentir à l'aise. Etonnement, je ressentais une incroyable impression de repos malgré mon malaise ; j'avais dû dormir longtemps.
M. Beurk et moi restâmes longtemps immobiles, tels des statues de pierre. Enfin, il daigna faire un mouvement ; d'un signe de tête, il m'indiqua la porte qui menait à la boutique. Il s'y dirigea avant que j'eusse pu émettre un son. Docile, je le suivis, inquiète de son absence de réaction.
La boutique ne laissait pas présager que le matin était levé, au-dehors ; faute sans doute aux vitrines poussiéreuses. Le lustre au plafond baignait toujours la pièce d'une lumière sale, qui me parut flouter ma vision.

Je remarquai rapidement que M. Beurk et moi n'étions pas seuls. Une seconde, je craignis que Voldemort se trouvait devant le comptoir ; mais je réalisai vite que ce n'était nullement lui. L'homme que je voyais était de taille assez grande, mince, vêtu d'un long manteau noir. Sa figure, je la notai extrêmement pâle, malingre, pourvue d'un petit nez pointu, éclairée par des yeux bleu foncé ; ses cheveux d'un châtain foncé, tirant sur le noir, étaient noués en un catogan négligé. Il me fit penser à une chauve-souris bizarre, mal nourrie et dont l'état d'affamée ne pouvait la rendre que plus dangereuse encore. Je déduisis qu'il devait s'agir du cogérant, je le saluai donc ainsi :
- Bonjour, M. Barjow. Je suis Hermione Granger…
- Beurk m'a tout dit, m'interrompit-il.
Sa voix était rauque ; sa parole résonna plusieurs secondes entre les murs de la boutique, tel un lugubre écho.
- M. Jedusor étant indisponible, continua-t-il, nous ne pouvons confirmer votre propos, ni vous engager.
- Je comprends.
M. Barjow plissa le nez ; il semblait avoir le même tic que son compagnon.
- Vous devez savoir, miss, que nous n'engageons pas facilement.
- Je… Je m'en doute.
- Il nous faut vérifier votre… valeur.
Je le regardai sans comprendre, attendant une explication. Il ne m'en donna pas. Il se contenta de me désigner la sortie de la boutique d'un large geste du bras :
- Je vous en prie, après vous.
Voyant que j'hésitai et que je m'apprêtai à faire entendre ma voix, M. Barjow me coupa :
- Nous n'aimons pas trop les questions, miss Granger. Il va vous falloir apprendre l'obéissance.
Je n'appréciai guère son ton, cependant, je me tus. Je le suivis au dehors. L'air était d'un froid vif, mordant. Je frissonnai, regrettai de n'avoir pas de manteau ou de cape. Derrière moi, je sentais la présence de M. Beurk.
M. Barjow se mit à remonter la ruelle ; je ne pus que faire de même. Avec l'impression d'être une prisonnière entre ses deux geôliers, je marchai alors vers une destination inconnue.