Après plus d'un an d'absence voici la suite...
Un grand merci à Adara94 pour ses gentils commentaires et surtout pour m'avoir rappelé que j'avais réussi à sauver plusieurs chapitres de cette fanfiction de deux crashs d'ordinateurs successifs !
Comme quoi l'équipe du Caméléon, ce sont des survivants, des vrais ! :)
Bonne lecture à tous !
Miss Parker avait eu l'occasion de douter de sa décision plusieurs fois depuis que Sorc'ha les avait laissés, mais le regard attentif de Debbie l'empêchait de faire marche arrière. Elle n'en avait pas le droit. Elle avait laissé Broots parler avec les vigiles qui avaient examiné leurs valises durant plusieurs minutes angoissantes pour le petit homme. A vrai dire, elle se sentait étrangement décalée par rapport à la réalité. Ils finirent par franchir la zone d'enregistrement et entrèrent dans le terminal. Moins d'une heure plus tard, ils embarquaient sans difficulté supplémentaire.
_ Vous allez bien, demanda Broots soucieux. Vous semblez un peu...absente, continua-t-il.
_ Je vais bien, fit-elle d'un ton coupant. Il est juste très tard et je suis fatiguée, dit-elle avant de se tourner de son coté et de fermer les yeux.
_ Nous devrions tous essayer de faire un somme, dit Broots à Debbie qui se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête. Instinctivement, tous deux pressentaient le dilemme qui déchirait encore la jeune femme. Roulée en boule sur son siège, celle-ci chercha en vain le sommeil pendant plusieurs heures. Elle finit par se leva et fit quelques pas dans l'allée centrale. Les deux tiers des passagers somnolaient ou tentaient de trouver le sommeil. Les autres, des écouteurs visés sur les oreilles, les yeux rivés sur le petit écran fixé sur le siège devant eux, ne lui jetèrent pas un regard. Elle se sentait seule au milieu de tous ces inconnus, dangereusement isolée et désarmée. Quelqu'un lui tapota l'épaule et elle sursauta :
_ Je t'ai réveillée en me levant, demanda Miss Parker. Debbie hocha négativement la tête.
_ J'ai du mal à dormir. Avec tout ce qui se qui s'est passé aujourd'hui...
Miss Parker passa une main dans les cheveux de la jeune fille, reproduisant inconsciemment les gestes que sa mère employait pour la réconforter. Debbie la laissa faire et l'entraîna vers leurs sièges. Broots n'avait pas changé de position et ronflait doucement. Quelques minutes plus tard, elle s'endormit finalement, succombant à la fatigue et aux tensions des jours précédents. Sa main serrait étroitement celle de Debbie dont la tête était appuyée au creux de son épaule. Elle ne se sentait plus seule, peut-être pour la première fois depuis que Thomas avait été tué.
_Vous allez embarquer sous votre véritable identité, expliqua Sorc'ha en tendant à Sydney un billet sur lequel son nom était inscrit. Nous allons essayer de faire diversion et renforcer nos identités d'emprunt.
_ Nous allons à Paris, remarqua Sydney. Je suppose que ce n'est pas notre destination finale, n'est ce pas ?
_ Non, admit Sorc'ha. Nous rejoindrons Bruxelles en voiture puis nous reprendrons l'avion pour Caracas où nous passerons quelques jours en attendant que nos papiers de naturalisation nous soient délivrés, de là, nous continuerons jusqu'au village, sans autres étapes. Il est vital que notre couverture soit parfaite. Il faut que personne ne puisse douter de l'existence de Julien Franel et de sa fille Sophie. De plus, ces identités pourront peut-être nous être utiles dans l'avenir. Julien Franel est déjà connu au Venezuela pour être un fervent défenseur de la forêt amazonienne et un généreux philanthrope.
_ Vous avez déjà utilisé ce pseudonyme, demanda Sydney, curieux.
_ Seulement comme faire-valoir. Vous êtes le premier à l'incarner. Nous avons pensé que quelqu'un qui a déjà tellement investi dans ce pays pouvait légitimement demander sa naturalisation auprès des autorités compétentes. Elles n'y ont d'ailleurs opposé que peu d'obstacles. Et nous n'aurons qu'à emprunter le río Orinoco pour franchir la frontière colombienne sans nous faire remarquer.
Ils embarquèrent avant que Sydney puisse poser d'autres questions. Une fois dans l'avion, la jeune voyante s'enroula dans la couverture fournie par l'hôtesse et ferma résolument les yeux. Quelques minutes plus tard, malgré le bruit des autres passagers, elle était profondément endormie. Sydney reconnut là une technique d'auto-hypnose semblable à celle que Jarod utilisait enfant pour faire abstraction des caméras qui le filmaient sans cesse. Il en prit son partie et ferma les yeux à son tour. Les souvenirs revinrent en force, plus forts que jamais. Il revit ses parents, son frère, tous ceux qu'il avait perdus au fil du temps à cause de la cruauté et de la malfaisance humaine. Il finit par s'endormir et rêva qu'il était perdu au milieu de la jungle, poursuivi par un monstrueux jaguar.
_ Réveillez-vous, dit Sorc'ha, quelques heures plus tard. C'est l'heure du petit-déjeuner.
Elle semblait détendue et heureuse.
_ Ma mère avait des origines françaises, expliqua-t-elle. Elle en était très fière et nous avons visité la France lorsque j'avais quatre ou cinq ans. J'en ai gardé un très bon souvenir.
_ Jacob et moi avons fait un bref passage par Paris avant d'être emmenés en Amérique, après la guerre, dit Sydney malgré lui.
_ Vous n'y êtes jamais revenu depuis, devina la jeune fille.
_ Pour moi, la vue de la tour Eiffel et de l'Arc de triomphe reste inextricablement liée à notre retour des camps de concentration. Il y avait partout dans les rues des gens qui riaient et chantaient alors que nous avions perdu nos parents, notre maison, tout ce que nous avions. Nous n'étions que des enfants, et nous étions déjà seuls au monde.
_ Mais cela s'est bien fini, n'est ce pas ?
_ Notre oncle avait émigré en Amérique quelques années auparavant. Il s'y était marié et sa femme et lui nous ont bien accueillis lorsqu'ils ont su que nous avions survécu. Ils nous ont toujours considéré comme leurs propres enfants.
_ De braves gens, remarqua Sorc'ha.
_ Oui, surtout que nous n'étions pas toujours faciles à vivre, sourit Sydney. Heureusement, ils sont morts avant de voir ce que nous sommes devenus au Centre. Ils auraient été dévastés s'ils avaient appris ce dont je me suis montré capable.
_ Ne vous faites pas trop de reproches, Docteur. Jarod vous a pardonné, il y a longtemps, maintenant. Vous devriez faire de même car malgré ce que vous pensez, vous avez été comme un père pour lui toutes ces années; je sais tout ce que vous avez fait, tous les risques que vous avez pris pour le protéger. Aux moments critiques, vous avez toujours su écouter votre conscience.
Sydney laissa son regard dériver vers le hublot derrière lequel s'étalait un océan de nuages. Il aurait aimé en être aussi persuadé que son interlocutrice.
Lyle fulminait, ses yeux froids lançant des éclairs :
_ Willy, Broots ne peut pas s'être évaporé dans la nature comme par enchantement. C'est un geek, une épave tremblante et geignarde, par un spécialiste de la fuite ou de l'évasion.
_ Nous surveillons les mouvements sur sa carte de crédits, tous nos agents ont son signalement et celui de sa fille. Mais pour l'instant, ils sont introuvables.
_ Nous devrions garder un œil sur Miss Parker et Sydney. A un moment ou à un autre, cet imbécile va s'affoler et prendre contact avec eux. Où sont-ils d'ailleurs ? Je n'ai rencontré aucun de ces intéressants personnages aujourd'hui.
_ Aucun d'entre eux n'a été vu au Centre aujourd'hui. Le Nettoyeur attendit que son patron tire les conclusions qui s'imposer de la situation. Les yeux de Lyle s'obscurcirent encore davantage et Willy recula d'un pas en arrière, d'un mouvement purement instinctif qui fit naître un sourire déplaisant sur les lèvres de son vis-à-vis.
_ Les choses deviennent enfin plus logiques. Apparemment, nos chasseurs de Caméléon ont changé de camp. Je dois discuter de ce nouvel état de fait avec Mr Raines.
Willy acquiesça et sortit rapidement. Pendant les quelques secondes qu'il lui avait fallu pour rejoindre la porte, il avait eu la désagréable impression de sentir physiquement sur ses épaules le poids du regard de son supérieur. Il se promit de l'éviter quelques heures. Le temps que le Cannibale trouve une autre cible sur laquelle passer son mécontentement.
Angelo avait déjà eu l'occasion de voir des paysage semblables en photographie mais il ne se lassait pas de regarder le monde réel et gardait les yeux fixés sur le paysage qui défilait autour de lui. Christobal, malgré son cynisme habituel ne pouvait pas s'empêcher de sourire devant l'enthousiasme de son compagnon. Angelo était bien connu de l'ensemble des voyants qui avaient tous un jour ou l'autre collaboré avec lui, mais Christobal et Sorc'ha avaient développé une profonde amitié avec l'empathe. Il avait aidé Sorc'ha à s'échapper du Centre alors qu'elle attendait sa petite fille et avait gardé contact avec eux après leur évasion, leur fournissant de précieuses informations.
Christobal n'avait pas été sûr qu'il serait au point de rendez-vous jusqu'à ce qu'il aperçoive l'éclat de ses yeux dans l'obscurité. Il avait parfaitement conscience qu'Angelo aurait pu quitter le Centre par lui-même depuis de nombreuses années et ne savait pas très bien ce qui l'avait poussé à se joindre à eux cette fois-ci.
_ Ne le prends pas mal, amigo, mais pourquoi as-tu choisi de quitter tes conduites de ventilation ?
_ Le Centre est devenu dangereux, fit l'autre tout en continuant de dévorer des yeux les prairies de la Caroline du Sud qu'ils traversaient. Très dangereux.
_ Ça, ce n'est pas un scoop. Le Centre essaye d'avoir notre peau depuis quatre ans.
_ Plus dangereux qu'avant, insista Angelo, posant enfin les yeux sur son interlocuteur. Raines...il prépare quelque-chose de mal. J'ai vu la Mort.
Christobal garda le silence. Cela décrivait assez bien ce qu'on avait pu tirer des cinq voyants suivant le projet Chaos.
_ Nous aussi, mi amigo. Nous aussi.
Émilie ouvrit les yeux et les referma aussitôt. Il y avait quelqu'un qui lui était inconnu dans la chambre qu'elle occupait depuis presque deux semaines. Elle déplaça doucement sa main jusque sous son oreiller, là où hier soir encore se trouvait un pistolet.
_ C'est ça que tu cherches, demanda une voix féminine un brin amusée. Émilie abandonna l'idée de feindre le sommeil et ouvrit à nouveau les yeux. L'arme se balançait à vingt centimètres de son visage, suspendue à l'index d'une femme brune d'une vingtaine d'années. Je me présente, Camilla pour te servir. Tu pourrais me dire où tu planques le café ? Je le cherche depuis une demi-heure et je n'ai toujours pas réussi à lui mettre la main dessus.
Déstabilisée, l'esprit encore embrumé par le sommeil, Émilie se leva, se dirigea machinalement vers le coin cuisine et sortit le paquet de café du frigidaire. Elle s'effondra sur une chaise et regarda l'autre remplir le réservoir de la cafetière d'eau et garnir le filtre de trois larges cuillères de café en poudre avant d'allumer l'appareil et de s'asseoir sur la chaise face à la sienne. Visiblement, son invitée matinale n'avait pas de mauvaises intentions. Elle aurait probablement pu la tuer plusieurs fois avant qu'elle ne perçoive sa présence.
_ Qui êtes-vous ? Émilie savait qu'elle se montrait un peu abrupte, mais l'inconnue avait pénétré chez elle avec une facilité déconcertante et une aisance qui la rendait mal à l'aise.
_ Hum, on peut dire que je suis ton ange gardien. Je garde toujours un œil sur toi.
_ C'est toi qui me passe ces appels énigmatiques à chaque fois que les Nettoyeurs me serrent d'un peu trop près, n'est ce pas ? La fille acquiesça brièvement. C'est Jarod qui t'envoie ?
_ Presque, mais tu n'as aucun reproches à lui faire, il n'y ait pour rien le pauvre. Lorsqu'il nous a raconté comment Lyle t'avait défenestrée, il y a quelques mois, nous nous sommes dit que ce serait une bonne chose qu'il y ait quelqu'un pour veiller sur toi. Un pistolet ne te sera d'aucun secours si quelqu'un arrive à te le subtiliser avant que tu ais repris conscience.
Émilie devait bien en convenir, mais elle ne pouvait l'admettre devant cette fille qui semblait avoir quatre ou cinq ans de moins qu'elle-même. Maintenant qu'elle était mieux réveillée, son instinct de journaliste reprenait le dessus et elle avait noté quelque-chose dans ce que venait de lui dire son interlocutrice :
_ Qui est ce « nous » ?
_ Pas d'affolement. Il ne s'agit pas d'une secte, plaisanta l'autre. Jarod nous a aidé à nous échappé du Centre et nous pensons qu'il est temps de lui renvoyer l'ascenseur en prenant soin de lui et de ses proches. Nous pouvons vous mettre à l'abri. Tu n'aimerais pas que ta famille soit rassemblée et hors de danger ?
Camilla essayait de la prendre par les sentiments, et n'était pas loin de réussir. Mais la jeune femme s'était jurée de ne pas prendre de repos avant d'avoir mis la main sur une information capable de mettre le Centre à genou. Quelque soit la distance qui la séparait encore de son but, elle ne pouvait pas abandonner. Depuis que l'assassin de Kyle avait failli la tuer, elle n'avait jamais dévié de cet objectif.
_ Je dois me déplacer souvent pour vérifier une piste ou une autre. Je ne peux pas me contenter de rester cachée aussi tentante que soit ton offre.
Les yeux bleu sombre de la jeune femme la dévisagèrent une fois de plus, plein de commisération :
_ Tu as eu une enfance très solitaire, n'est ce pas ? Ta mère et toi étiez toujours en fuite, toujours en mouvement. Vous ne pouviez compter que l'une sur l'autre. Elle ferma les yeux et respira profondément avant de continuer : j'ai vécu au Centre pendant plus de dix ans. Ce que l'on nous faisait là-bas n'est même pas imaginable. Mais cela nous a appris qu'ensemble nous étions plus forts qu'isolés. Lorsqu'un gardien s'excitait un peu trop sur l'un d'entre nous, il y en avait toujours un autre pour détourner son attention. Plusieurs d'entre nous auraient été battus à mort sans ça. Comprends-tu où je veux en venir ?
Émilie la fixa, horrifiée, avant d'acquiescer d'un mouvement machinal.
Camilla comprit qu'elle avait marqué un point décisif et n'hésita pas à profiter de cet avantage :
Nous sommes bien équipés et nous avons un solide réseau d'informateurs et de contacts. Tu pourrais tout aussi bien continuer ton enquête, avec l'aide de personnes tout aussi motivées que toi à voir le Centre tomber. Ils seront tes yeux et tes oreilles et tu pourras enfin profiter un peu de ta famille.
La cafetière avait terminé son office. Camilla se leva, récupéra deux tasses dans le placard au-dessus de l'évier et les remplit avant d'en poser une devant Émilie. Elles burent en silence, perdues l'une comme l'autre dans leurs pensées. Lorsqu'elle eut fini, Camilla prit le temps de laver sa tasse avant de reprendre :
Je te laisse la journée pour réfléchir. Si tu acceptes mon offre, tu pourras me trouver à la gare routière, vers dix-sept heures.
_ Et si je choisis de rester ici, demanda Émilie sur un ton de défi.
Camilla sourit sous cape avant de faire face à sa protégée :
_ Et bien, l'un de mes amis, Christobal, peut toujours faire un crochet par ici. Et il a une théorie sur les coffres de voiture qui ne te plairait pas beaucoup.
Sur ce, elle sortit, non sans récupérer un petit sac de voyage et l'impressionnant trousseau de passe-partout qui lui avait permis de franchir sans difficulté la porte blindée de l'appartement. Émilie l'entendit verrouiller à nouveau la porte, une fois dans le couloir. Elle ne put s'empêcher de rire de l'ironie de la situation.
Ethan avait pris l'avion pour la première fois, quelques mois plus tôt. Il n'aurait jamais fait ce voyage vers l'Europe si les voix ne le lui avaient pas demandé de manière aussi insistante. Il n'avait même pas pu finir le mot d'adieux qu'il voulait écrire à l'adresse de Miss Parker pour lui expliquer son départ. Depuis, il n'avait quasiment fait que sauter d'un avion ou d'un train à un autre. La piste qu'il suivait lui avait déjà fait traversé deux fois l'Europe. Il avait séjourné quinze jours à Prague, avant de partir pour Madrid, puis rejoint Londres, passé une semaine à Genève, quelques jours à Rome pour enfin atterrir à Luxembourg où il avait provisoirement établi son camp de base. Son don l'avait lancé sur la piste de dépôts de documents enfermés dans les coffres de différentes banques toutes plus confidentielles les unes que les autres. Il avait l'intuition que certains de ces documents avaient été dissimulés par sa mère biologique, mais plusieurs coffres avaient été ouverts bien après le décès de cette dernière. Heureusement, la femme qui avait effectué l'opération, à chaque fois sous un nom différent, avait respecté le protocole d'accès établi par Mme Parker il suffisait de connaître le numéro du coffre et le mot de passe correspondant pour pouvoir en demander l'ouverture. Tous ces documents étaient maintenant numérisés et enregistrés sur un clef USB, mais même s'il avait déjà eu l'occasion de les consulter, Ethan ne comprenait pas bien de quoi il était question. Il en était venu à la conclusion que de toutes les personnes qu'il connaissait, seuls Miss Parker et Jarod pourraient tirer quelque-chose des données hétéroclites qu'il avait rassemblées. Le problème était à présent de les localiser. Alors qu'il s'y employait depuis plusieurs jours déjà, Ethan ne parvenait à obtenir aucune certitude à ce sujet. C'était comme si une gigantesque lame de fond avait brusquement surgi de profondeurs inconnues pour tout emporter sur son passage. Mais le jeune homme ne se décourageait pas. Il savait que tôt où tard la vague passerait.
Émilie attendit le dernier instant pour prendre sa décision, mais finalement elle décida de suivre sa première impulsion qui avait été de faire confiance à Camilla. La gare routière d'Atlanta était bondée, et la jeune femme tentait vainement de localiser sa visiteuse lorsque Camilla se matérialisa à ses cotés :
_ En fait, on a pris le même bus pour venir, expliqua la voyante avec un sourire. Je devais être sûr que tu ne prendrais pas le large.
_ Satisfaite, demanda Émilie d'un ton un peu sec. Elle avait un peu l'impression d'être considérée comme une enfant.
_ Presque, répondit son interlocutrice qui examinait la foule avec attention. Je pense que nous avons pris les Nettoyeurs de vitesse. Nous devrions quand même dégager de là.
_ Et pour aller où, s'impatienta à nouveau Émilie.
_ l'aéroport Hartsfield-Jackson, répliqua gaiement Camilla en se dirigeant vers une voiture qui ,garée de l'autre coté de la rue, faisait des appels de feu. Elle attendit qu'Émilie soit montée avant de s'installer à son tour à l'arrière. Émilie, je te présente Christobal et Angelo.
_ Tu es l'ami dont Jarod m'a si souvent parlé, n'est-ce pas, dit Émilie en tendant spontanément à l'homme qui avait braqué ses yeux si clairs sur elle.
_ Tu es la petite sœur de Jarod, fit Angelo en prenant sa main. Émilie ?
_ Oui, c'est moi, confirma la jeune femme avec un sourire.
_ Démarres Christobal, ordonna Camilla, les yeux rivés sur deux fourgons de couleur sombre qui convergeaient dans leur direction. Ce n'est le moment de se faire remettre en cage.
_ Il n'y a pas de risque, assura tranquillement l'autre voyant en manœuvrant habilement entre les différentes files de voitures. Leurs poursuivants, ralentis par la circulation, disparurent bien avant qu'ils prennent la direction de l'aéroport.
Angelo pressait sa main d'une manière qui se voulait rassurante, mais Émilie ne pouvait se retirer de l'esprit que les requins étaient toujours sur leurs traces.
