Chapitre 2 : Le poids du deuil
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Emma ne bougeait pas, le regard rivé sur ce cercueil qu'elle ne voyait plus. Quatre jours à chasser Peter Pan, à forcer Regina à une résurrection, à traquer la moindre solution qui aurait ramené Henry parmi eux. Et même Gold, le Ténébreux, pourtant plus puissant que quiconque, n'avait pu répondre à ses exigences. Une pluie fine tombait sur le cimetière où toute la ville s'était réunie pour pleurer la perte d'un être cher, d'un enfant que tous ici, avaient aimé.
Il n'y avait plus de larmes, plus de sanglots étouffés, pas même un râle de chagrin retenu. Emma gardait ses mains jointes devant elle, immobile tandis que la fée bleue terminait son sermon. De retour à Storybrooke depuis la veille, la Sauveuse n'avait pas dormi, ni mangé. La ville des Contes de fée où chacun partait en quête d'une fin heureuse n'avait plus rien de magique.
Le conte de la Sauveuse se terminait abruptement, tristement, sur un drame indélébile que nul ne saurait effacer. La mâchoire serrée depuis des jours maintenant, Emma n'avait plus envie de réfléchir, de chercher désormais. Bien sûr, elle n'était pas la seule à souffrir de cette perte et tout le monde autour de ce cercueil avait perdu un peu d'eux-mêmes en perdant Henry. Le regard toujours rivé sur le cercueil de son fils, elle le vit descendre au fond de ce trou creusé dans la terre. Il appartiendrait à un monde inaccessible, un monde où même les plus puissants héros des contes ne pouvaient aller… Alors elle tourna les talons, les cheveux trempés par la pluie et se dirigea vers sa voiture jaune. Elle n'avait plus envie de parler, ne souhaitait plus discuter, ni négocier et encore moins quémander. Le temps de la féerie s'était écoulé, l'époque où l'espoir et l'optimisme comptaient encore avait pris fin. Arrivée à la hauteur de sa portière, quelqu'un l'interpella :
— Tu t'en vas ?
Emma tourna les yeux vers Regina dont les traits fatigués révélaient autant de peine que de souffrance morale. Son regard demeura sur elle un instant et la détailla sans vraiment la voir. Froid, il finit par se détourner sans qu'elle n'ait prononcé le moindre mot. Elle grimpa dans sa voiture et démarra pour prendre l'avenue principale de la ville. S'en allait-elle ? Storybrooke n'existait plus que dans ses souvenirs, des rappels maintenant trop douloureux pour être supportés jour après jour. Alors, elle n'avait plus sa place dans cette ville où rien ne la retenait désormais. Elle avait perdu son fils, son garçon qu'elle avait mis au monde, sa lumière au bout d'un tunnel sans fin, l'espoir d'une vie meilleure.
Après avoir vu la coccinelle de la Sauveuse disparaître à l'angle du cimetière, Regina rejoignit sa Mercedes et s'assit derrière le volant sans démarrer. Son regard repartit vers l'endroit où son fils venait d'être enterré. On lui avait enlevé Daniel, elle avait tué son propre père et Blanche avait assassiné sa mère. Aujourd'hui, le destin lui arrachait Henry. Pour la Reine, la vie meilleure qu'elle avait tentée de se construire dans ce monde s'écroulait tel un château de cartes et plus rien ne pourrait jamais raviver la légère étincelle de lumière qui avait ranimé son cœur noir, meurtri par le deuil.
Plus loin, Mary-Margaret monta près de David qui s'efforçait de retenir son profond chagrin. Elle ne pouvait sécher ses larmes. Elle avait perdu son petit-fils mais aussi sa fille qu'elle venait de voir partir. Comment la vie pouvait-elle être si cruelle envers eux. Ils avaient tout fait pour sauver Henry mais le père de Gold avait réussi là où ils avaient échoué.
David démarra sans un mot en direction du centre-ville. Les funérailles passées, que feraient-ils maintenant que leur fille était partie ?
— Peut-être devrions-nous réétudier l'idée de repartir dans la Forêt Enchantée, tenta-t-il.
Blanche le regarda, les yeux emplis de larmes.
— Tu as perdu l'esprit ?
David ne savait plus… Peut-être effectivement l'avait-il perdu, peut-être cherchait-il simplement une échappatoire pour fuir la douleur qui les chevillait tous. Storybrooke était le berceau de trop de souvenirs et de trop de combats vains maintenant qu'Henry était mort.
— On n'a plus rien à faire ici, fit-il.
— Et Emma ?!
— Emma est partie Blanche ! Elle ne reviendra pas !
Blanche ramena ses doigts sur ses lèvres, bouleversée par ces mots qui rendaient cette vérité si réelle. D'autres larmes roulèrent sur ses joues.
— Non… Je ne veux pas croire qu'on ne reverra plus notre fille… Tu m'entends ? On a perdu Henry mais Emma est en vie elle !
— On est piégé ici, rappela David. On n'a aucun moyen de sortir de Storybrooke.
Puis il réalisa une chose.
— A moins bien sûr que ce soit finalement notre salut à tous de passer cette ligne maudite pour oublier qui nous sommes et être capables de reprendre notre vie.
— Oublier Henry ? résuma Blanche-Neige. C'est ça ta solution ?!
David réalisa la portée de ses propos et lança un regard désolé à sa compagne. Il posa sa main sur sa cuisse.
— Pardonne-moi Blanche, je suis… Je suis tellement désolé. J'aimerais être à la hauteur mais… Je perds pied.
Mary-Margaret ne répondit pas. Ce qu'elle ressentait était certainement la pire des douleurs qu'une mère puisse percevoir. Même si Emma n'était pas « morte », elle l'avait vue souffrir de la perte d'Henry, deuil qu'elle aurait voulu porter avec elle, mais Emma ne lui laissait pas la chance d'être présente, ni de rattraper toutes ces années perdues loin les uns des autres. Les fins heureuses d'Henry venaient de disparaître avec lui…
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Storybrooke dépérissait même si quelques habitants tentaient de poursuivre leur vie.
Granny avait gardé le restaurant ouvert et Ruby faisait de son mieux pour assurer le service du matin et du midi. Mais quand la nuit tombait, alors Storybrooke ressemblait à une ville fantôme.
Le commissariat, la Mairie et la boutique de Gold n'ouvraient plus. Car pour ce dernier, la perte d'Henry avait signifié des accusations incessantes de son fils. Son départ de Storybrooke avait suivi celui d'Emma Swan dès le lendemain. Belle ne parvenait pas à le consoler tandis qu'il cherchait vainement un moyen de localiser Baelfire. Cependant conscient de la situation, comment parviendrait-il à le ramener près de lui s'il le retrouvait ? Alors Gold se rappelait de la medium qu'il avait croisée des années auparavant. Cette dernière avait eu raison : Henry avait causé sa perte, une perte qu'il n'aurait imaginée aussi cruelle.
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Jamais Regina ne s'en remettrait. Les jours passaient et la Reine dépérissait. La douleur était trop vive, trop lancinante. Le manque, insoutenable. Chaque seconde dans cette ville, où qu'elle aille, lui rappelait son fils que rien, pas même la magie, lui rendrait.
Alors elle s'enfermait dans la crypte où gisait son défunt père, seul lieu isolé de tout ce qui pouvait lui rappeler ses erreurs et ses manquements de mère auprès d'Henry. Dieu que les souvenirs étaient cruels quand la perte d'un être cher ravivait autant de regrets que de remords, des fautes que Regina ne se pardonnerait jamais. Elle qui avait toujours nié être la Méchante Reine culpabilisait maintenant d'avoir menti à son fils, de ne pas avoir assumé qui elle était pour mieux se faire pardonner ses actes. Ce pardon, elle ne l'obtiendrait jamais. Son cœur dans sa main, Regina aurait pu le détruire et faire cesser les maux qui la rongeaient depuis des semaines. Mais pour Henry, pour sa mémoire, elle ne le ferait pas. Peut-être était-il là le prix à payer pour la magie ou pour le Sort Noir, peut-être Rumplestiltskin lui avait-il menti en lui disant que le cœur d'un être cher devrait être sacrifié. Peut-être était-ce le cœur d'Henry qui avait payé ce dû destiné à assouvir sa vengeance… Regina n'aurait sans doute jamais les vraies réponses mais une chose, une seule devait être faite si elle devait un jour mourir : elle devait venger son fils, retrouver Pan et lui reprendre le cœur de son petit garçon.
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David était inquiet. Mary-Margaret ne se nourrissait pas assez et sa perte de poids était significative. Il faisait la cuisine et s'occupait de leur appartement pour la décharger de ses contraintes qui, pourtant, lui auraient fait le plus grand bien de les accomplir.
Assis près d'elle, il passa sa main dans ses cheveux bruns et tenta :
— Tu devrais manger un peu… Si Emma revient et qu'elle te voit dans cet état là…
Blanche se redressa, son regard marqué de colère dans celui de David :
— Si Emma revient ? Si Emma revient ?! Tu ne cesses de me répéter ces mots mais elle n'est toujours pas là David. Elle ne reviendra pas. Elle n'a pas donné de nouvelles et n'a pas répondu à nos appels !
— Elle a besoin de temps.
— Combien de temps encore ? Combien ? répliqua-t-elle. Un mois, un an, dix ans ? On ne se remet jamais de la perte d'un enfant, tu le sais !
David ne savait comment réconforter sa femme. Si lui souffrait de la mort d'Henry et du départ d'Emma, il avait l'impression que Blanche souffrait cent fois, mille fois plus que lui. Il entendit frapper à la porte et se leva :
— Je reviens…
Blanche venait de se redresser, tremblante, comme si Emma se tenait / au cas où Emma se tiendrait derrière cette porte pour exaucer le vœu de son retour.
Mais David ouvrit sur Regina et il constata alors combien la Reine avait changé en seulement quelques semaines. Ses traits fatigués, ses joues creusées et ses yeux cernés témoignaient d'une peine à laquelle personne, sans doute, n'avait songé.
— Regina, fit-il…
Blanche arriva sans attendre et ouvrit la porte.
— Entrez, ne restez pas dehors…
Regina entra, peu étonnée de constater l'état pitoyable dans lequel se trouvait Blanche et très comparable au sien malgré quelques efforts de maquillage.
— Je venais prendre de vos nouvelles, tenta-t-elle. Henry aurait voulu que je le fasse.
La voix de la Reine avait craqué sur ces mots, un changement de ton qui n'avait échappé ni à David, ni à Blanche-Neige.
— On fait aller, tenta d'abréger David. Vous voulez vous asseoir ?
Les mains enfouies dans ses manches, Mary-Margaret suivit Regina des yeux et s'assit avec elle autour de la table.
— Avez-vous eu des nouvelles d'Emma ? demanda-t-elle aussitôt.
— Non, répondit Regina.
Un court silence s'installa. Depuis l'enterrement d'Henry, Blanche-Neige, David et la Méchante Reine ne s'étaient même pas croisés dans la rue pour la simple raison que les deux femmes ne sortaient presque jamais.
— Je réfléchis à un moyen de retrouver Pan, tenta-t-elle. Mais pour cela, je vais avoir besoin de votre aide.
Blanche-Neige fronça les sourcils :
— Vous songez encore à vous venger ? Ça ne vous a donc pas suffi ce qu'il s'est passé au Pays Imaginaire ?
Malgré ces accusations que Regina comprenait, elle répondit avec calme :
— Le cœur de mon fils bat dans le corps de cet homme. Je ne peux l'accepter, je ne pourrais vivre avec cette idée Miss Blanchard.
David intervint, la main sur la cuisse de sa compagne.
— Je peux comprendre, dit-il. Qu'attendez-vous de nous ?
Mais Mary-Margaret intervint encore :
— Avant qu'on vous aide, c'est à vous de nous aider ! Aidez-nous à ramener Emma à Storybrooke.
Regina la regarda :
— Je comptais vous demander son adresse.
— Elle n'habite plus à Boston, répondit Blanche-Neige qui s'était adoucie sur l'accord de la Reine. On a essayé de la retrouver avec l'aide d'un détective privé mais il ne sait pas où elle est.
— Il me faut un objet qui lui ait appartenu.
Blanche-Neige réfléchit un instant et se leva.
— Attendez, elle a laissé quelque chose avant de partir, le seul bien que nous lui avions laissé quand elle était encore qu'un bébé.
Après un moment, Blanche revint avec la couverture de bébé laissée par Emma, cette même couverture dans laquelle, vingt-neuf ans plus tôt, David et elle avaient dû abandonner leur fille dans l'arbre magique taillé par Geppetto.
— Tenez, c'est une serviette brodée à son nom.
Regina la prit, satisfaite.
— Je vous remercie.
— Quel est votre plan maintenant ? demanda David.
— Aller chercher Emma car je pense qu'à nous deux, nous pourrions retrouver Pan.
— Je refuse que vous l'entraîniez dans votre soif de vengeance, intervint Blanche.
— C'est mal connaître votre fille que de croire qu'elle ne cherchera pas à se venger quand elle sera en état de le faire, répondit Regina.
— Qu'est-ce qui vous fait penser que vous la connaissez mieux que moi ? demanda Mary-Margaret.
— Nous avons toutes les deux perdues notre fils, rappela la Reine.
Blanche-Neige se retrouva plus confuse sur cette réponse. Elle ne parvenait pas à rester calme et à garder son sang-froid quand il s'agissait de sa fille ou de son petit-fils.
— Je sais trop bien où cela mène, dit Mary-Margaret. On a mal, on cherche un coupable et on pense qu'en le tuant on cessera de souffrir.
— Ce que vous appelez de la vengeance, Miss Blanchard, j'appelle ça de la justice. Henry mérite qu'on retrouve son cœur car si nous ne le faisons pas, d'autres petits garçons se verront le leur arracher.
Les émotions de Blanche-Neige étaient contradictoires en raison de son état de fatigue et dépressif.
— Je sais, concéda-t-elle en se levant.
Elle passa ses mains dans ses cheveux noirs.
— Je… Je ne veux pas perdre Emma alors que nous avons perdu Henry ? Pan est trop puissant…
— Nul n'est invincible, répondit Regina. Si Pan est plein de ressources, votre fille et moi pouvons accomplir bien des miracles si nous unissons nos forces. Mais pour cela, je dois la retrouver…
Blanche-Neige reporta son regard marqué de peine sur les traits de Regina. Jamais elle n'avait vu la Reine dans un tel état de faiblesse. Non pas qu'elle ne tenait pas debout, mais ses traits reflétaient la peine endurée ces dernières semaines. Blanche et David n'avaient pris aucune nouvelle, trop préoccupés par leur propre perte et leur propre chagrin dû à l'éloignement définitif d'Emma.
— Je sais que vous vous étiez rapprochées à Neverland, avoua Blanche.
Regina détourna les yeux un instant sur ce rappel, des souvenirs qu'elle n'avait pas oublié.
— En effet…
— Rapprochées dans quel sens ? interrogea David qui n'était plus certain des paroles de sa compagne.
Mary-Margaret hésita à répondre à David. Ce qu'Emma lui avait confié était une confidence qu'elle avait préféré garder secrète.
— Disons que nous avons pu discuter, intervint Regina sans rentrer dans les détails.
Blanche reprit :
— J'aimerais venir avec vous, pour aller la chercher et la ramener ici.
— Je viens aussi, dit David avec évidence.
— Laissez-moi déjà le temps de la trouver. Si nous devons sortir de Storybrooke, il me faudra réaliser plusieurs sorts qui nous permettrons de ne pas oublier qui nous sommes.
— Bien, alors faites ce qu'il faut et dites-nous si nous pouvons faire quoi que ce soit.
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Regina ne savait plus. La couverture d'Emma ne lui avait pas permis de localiser la Sauveuse comme elle avait pensé le faire. Elle n'était dans aucun Etat, aucune ville, aucun pays, comme « hors de portée » de son radar magique.
— Il doit forcément y avoir une explication, intervint Crochet que David avait tenu informé des plans de la Reine.
Le Capitaine faisait les cent pas dans le bureau de la Mairie où Regina avait réorganisé la pièce pour ses recherches.
— Il n'y en a qu'une, dit Regina. Emma n'est plus dans ce monde.
— Alors où est-elle ? demanda Blanche.
La seule idée qui venait à l'esprit de Regina était plus que folle tandis que tous la regardaient et attendaient sa réponse.
— Je ne suis pas sûre, s'agaça-t-elle en les accusant du regard.
— A quoi pensez-vous ? interrogea David.
— Et bien si elle a eu la même idée que moi, elle a très bien pu trouver un moyen de repartir.
— Dans le Pays Imaginaire ? s'affola Blanche.
— Pas dans la Forêt Enchantée, ironisa Crochet.
— Dans ce cas, c'est là-bas que nous irons ! dit aussitôt Mary-Margaret.
— Attendez, attendez, les interpella David en réfléchissant à cette hypothèse. Comment aurait-elle pu rejoindre le Pays Imaginaire sans le bateau de Crochet, sans aucun pouvoir ? Parce que vous savez qu'elle ne fait pas de magie.
— Vous sous-estimez la colère d'une mère qui a perdu son enfant, David, rappela Regina. Non seulement Emma a des pouvoirs, mais je lui ai appris à les utiliser quand nous étions à Neverland. Quant à savoir comment elle s'y est rendue, je suis sûre qu'elle aura trouvé un moyen.
— Dans ce cas ne perdons pas davantage de temps, lança Crochet en marchant vers la porte. Je vais préparer le Jolly Roger.
David regarda Regina :
— Alors c'est décidé ? Nous y retournons ?
— Pan a pris mon fils, je ne le laisserai pas prendre votre fille.
Mary-Margaret fut troublée par ces paroles autant qu'elle réalisait qu'elle et David accordaient leur entière confiance à la Méchante Reine pour retrouver Emma. Elle espérait maintenant qu'elle dirait vrai.
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Emma sortit enfin de l'eau et marcha sur la rive au sable sombre. La nuit était tombée sur l'île qu'elle retrouvait après des semaines d'absence. Mais il ne s'agissait plus de sauver Henry ou de jouer aux aventuriers. Elle sortit la lame du fourreau dans son dos et s'engouffra dans l'épais feuillage de la jungle. Le visage aux traits fermés, elle ne comptait plus le nombre d'heures où elle n'avait pas dormi, de jours où elle n'avait fait que ressasser, ruminer et bouillonner. Des émotions bien trop intenses pour être contenues, trop dévastatrices pour être calmées. Il n'y avait plus qu'une image dans sa tête, une seule : Henry et son cœur maintenant dans la poitrine de Peter Pan. Le corps de son fils mort allongé dans la grotte et l'envol de son bourreau. Le jeu avait changé désormais et les règles ne seraient plus jamais les mêmes. Dans des gestes secs et vifs, elle découpait les feuilles et les branches devant elle, faisant attention à ne pas s'écorcher avec quelques épines mortelles. Sa fatigue ne se faisait plus sentir depuis une semaine ou plus. Ses nerfs et ses émotions la maintenaient debout, assez forte pour tout endurer. Après seulement quelques minutes de marche, elle se trouva sur une place dénudée d'arbre, un endroit où ils avaient sûrement campé à en juger les cendres noires au centre. Elle s'arrêta et fit volte-face en voyant trois sbires de Peter Pan l'entourer.
— A votre place, je fuirais, fit-elle sans vaciller.
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Ils étaient de retour sur cette île maudite, songeait Regina. Cette fois, elle avait prévu une tenue plus adaptée, un pantalon de randonnée et des chaussures de marche.
Devant elle, Crochet ouvrait la marche tandis qu'ils empruntaient l'un des chemins où ils étaient passés lors de leur premier voyage à Neverland. Mais contrairement à la dernière fois, les mines étaient plus tirées et les visages amaigris. Cette île représentait en quelque sorte leur échec bien que cette fois, la Reine se refusait au doute. Elle avait perdu son fils, elle ferait en sorte que Blanche ne perde pas, elle aussi, son enfant, quitte à y laisser sa propre vie. N'était-ce pas ce que Gold lui avait dit ? Qu'il vaincrait Pan parce qu'il était prêt à mourir pour sauver Henry ? Regina n'avait plus rien à perdre et peut-être était-ce pour cette raison qu'elle parviendrait à ses fins.
Après de longues minutes de marche, Blanche intervint :
— Comment savoir si elle est là ? demanda-elle.
La seconde suivante, Regina eut la réponse à la question de Mary-Margaret.
— Elle est là, confirma-t-elle.
Devant eux, gisaient trois corps d'enfants perdus. Blanche-Neige manqua de vomir et se tourna vers David qui l'étreignit aussitôt. Le Prince voyait avec quelle colère les corps avaient été mutilés, les yeux d'un des jeunes garçons encore ouverts après sa mort.
— Emma ne ferait jamais une chose pareille, lança-t-il à Regina. Elle n'en est pas capable !
La Reine le regarda :
— Imaginez qu'on ait arraché le cœur de votre fille que vous avez enterrée le mois dernier, David. De quoi seriez-vous capable ?
Regina se baissa sur le corps d'un des enfants qu'elle constata encore chaud.
— Elle ne doit plus être loin.
Crochet intervint :
— C'est le chemin de l'île du Crane.
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N/A: Désolée pour le délai de mise à jour. J'ai travaillé sur un ENORME projet SwanQueen et je suis heureuse de vous annoncer que le site international swan-queen (point) com a vu le jour hier soir (heure canadienne). Je vous invite à venir vous y inscrire, à partager votre passion du couple Emma/Regina, à poster vos histoires. J'ai d'ailleurs posté là-bas la fanfiction "Jeu de mains" qui était parue dans la revue de la Fondation Culture LGBT.
A bientôt pour le prochain chapitre et merci pour vos reviews, conseils, commentaires, soutiens =)
