Chapitre 9 : Ce que les corps exigent…

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Toujours dans la cuisine, Regina s'était retenue de demander à Emma de rester. Elle savait depuis de longues semaines combien il était éprouvant de chasser ses pensées impures de son esprit « mauvais ». Son attirance pour la Sauveuse semblait grandir de jour en jour. « S'aggraver » était d'ailleurs le terme adéquat car la Reine pensait, à tort, que son fils aurait été choqué de découvrir une relation intime entre ses deux mères. Alors Regina se laissait contrôler par une pudeur étrange qu'elle n'aurait pas eue si son fils n'était pas mort.

Comme chaque soir, elle but sa tisane avant de rejoindre l'étage et leur chambre. Comme chaque soir, elle prit le temps de s'apprêter pour la nuit avant de rejoindre leur lit. Regina savait combien il lui était difficile de trouver le sommeil avant que son épuisement l'emporte. Alors elle récupérait un livre de magie au hasard, le parcourait et le fermait avant d'éteindre les lumières et de fermer les yeux. Dès lors et malgré elle, elle laissait libre cours à ses pensées vagabondes dans l'attente de l'arrivée de la Sauveuse dans leur lit. Puis comme chaque soir, elle entendit la télévision du rez-de-chaussée s'éteindre avant qu'Emma ne rentre dans la pièce. Elle ne bougea pas et, les yeux clos, entendit Emma ôter ses vêtements avant de la sentir se glisser derrière elle.

Emma avait fait attention à ne faire aucun bruit parce qu'en général et depuis quelques semaines, Regina parvenait à s'endormir toute seule. Plus besoin de magie, ni d'extraire ses souvenirs douloureux pour lui permettre de fermer les paupières sans risque. Mais la Sauveuse mettrait encore de longues heures à trouver le sommeil. Certains soirs, le désir envers Regina devenait plus fort que sa tristesse ou son chagrin. Fallait-il qu'elle en vienne à songer à son fils pour parvenir à se contenir ? Emma croyait devenir folle. Quand ses remords, ses regrets et sa peine s'atténuaient, son attirance pour la Reine prenait le pas et la hantait tout autant. En sous-vêtements sous le drap, elle tourna les yeux vers Regina qui lui tournait le dos. Dormait-elle ? A en juger sa respiration plutôt régulière, elle pouvait le croire. Alors très doucement, elle osa s'approcher simplement pour passer un bras autour d'elle. Après tout, elle avait déjà fait ce geste à plusieurs reprises et il ne signifiait pas forcément une envie soudaine et déplacée. Parce que là était tout le paradoxe de leur relation. Emma avait conscience de nourrir un lien avec Regina dépassant le stade de l'amitié parce qu'elles s'embrassaient, se tenaient la main, se câlinaient à certains moments. Mais la question du sexe n'avait jamais été soulevée… Pourtant, le désir était bien présent pour Emma qui restait humaine en dépit de tout ce qui s'était passé. Son bras autour d'elle, juste dans son dos, elle pouvait respirer les parfums envoûtants et à la fois réconfortants de la Reine. Dans sa nuisette de satin, Regina éveillait des idées dont elle n'avait pas conscience dans l'esprit d'Emma.

Quand elle sentit Regina bouger à peine, se coller un peu plus à elle, elle demeura immobile et attendit. Mais plus les secondes passaient, plus elle avait envie. Du bout de ses doigts, elle longea le bras nu de la Reine, s'occupa comme elle le pouvait dans l'espoir de combler quelques-uns de ses projets. Son cœur tapait plus fort, bien loin d'être prêt à dormir lui aussi. Emma s'accouda. Regina ne bougeait toujours pas et ses yeux semblaient fermés à en juger son profil. Peut-être alors pouvait-elle se contenter d'un câlin comme ceux qu'elles avaient déjà partagés ? Juste un rapprochement tendre, sans gestes osés, ni audacieux. Elle se pencha sur elle et déposa ses lèvres dans son cou, là où les parfums abondaient. La chaleur sous le drap grimpait, mais Emma s'évertuait à ne pas y penser ni à s'attarder sur des suggestions que son esprit mal placé lui présentait. Les lèvres près de son oreille, elle sentit la Reine vaciller et murmura :

— Tu dors ?

Comment Regina le pouvait, comment le pourrait-elle ? Les assauts de la Sauveuse venaient de balayer toutes ses tentatives de repos. D'habitude, Emma se contentait de l'enlacer, de la serrer dans ses bras, ce qui avait déjà un effet grisant sur la Reine, mais les caresses qu'elle venait de lui infliger, ses baisers délicieux, venaient d'avoir raison de ses dernières forces. Les frissons qui parcouraient Regina sous les doigts d'Emma venaient de raviver son désir si déplacé, pensait la Reine. Elle tourna doucement son visage et trouva la chaleur du souffle sucré de la Sauveuse, ses lèvres à quelques centimètres des siennes. Son visage enjôleur au-dessus du sien, ses traits à la fois durs et insolents se reflétaient sous la fine lumière des lampadaires à l'extérieur. Regina releva sa main vers la joue d'Emma et répondit d'une voix chaude qui trahit ses émotions :

— Non…

Quand Regina la regardait ainsi, la touchait de cette façon, Emma se sentait plus faible encore, tout à fait vulnérable face à ses charmes. La Reine devenait irrésistible. Elle se pencha à nouveau sur elle et ne put faire autrement que de l'embrasser. Goûter à ses lèvres pulpeuses, à peine humides et chaudes comblait un peu son désir, mais le renforçait aussi. Son souffle s'écourtait, s'accélérait. Regina approfondissait le baiser, le rendait à la fois doux et savoureux. Et plus il durait, plus il s'intensifiait. Elle la sentit s'allonger sur le dos, garder sa main dans ses cheveux. Emma succombait un peu plus chaque seconde. Sa main s'égara sur son flanc et descendit sur sa hanche. Ses doigts s'y refermèrent, s'y agrippèrent dans une vague soudaine de désir brûlant. Alors le tissu remonta, découvrit sa cuisse.

Entre frissons et plaisir, la Reine perdait l'esprit. Ses envies prenaient le pas sur sa pudeur tandis que ses lèvres se refermaient sur celles de la Sauveuse dont l'audace la charmait. Comment pourrait-elle résister sous ses mains baladeuses ? Où trouverait-elle la force de la repousser si Miss Swan s'évertuait à accentuer ses folles envies ? Sous les paumes conquérantes d'Emma, Regina se consumait sous ses caresses d'une lenteur délicieuse. Pouvaient-elles seulement aller plus loin ? Etait-ce raisonnable ? Pourquoi diable se posait-elle tant de questions ? Pourquoi ne se laissait-elle pas simplement envahir par les parfums enivrants de la Sauveuse ? Sa tête bascula en arrière quand les lèvres d'Emma descendirent dans son cou. Regina ne pouvait décemment plus réfléchir. Elle sentit les doigts d'Emma faire tomber la bretelle de sa nuisette et ses lèvres tracer un chemin brûlant sur le haut de sa poitrine. Malgré toute sa pudeur, Regina ne pouvait se résoudre à l'arrêter. Emma lui faisait redécouvrir des sensations si grisantes, si extatiques, des émotions que Regina avait oubliées. Quand elle perçut les lèvres de la Sauveuse se refermer sur son mamelon, sa main agrippa doucement ses cheveux dorés. Son cœur tapait si vite, les vertiges qui la prenaient étaient si euphorisants…

Emma se laissait emporter par le feu de l'instant. Les réactions de Regina, ses quelques soupirs retenus n'avaient fait que la conforter dans son désir. Elle n'avait pu se résoudre à cesser son avancée. La peau de la Reine sous sa langue avait un goût sucré, doux et velouté. Aussi chaude que son corps l'était, elle glissait sous ses lèvres avec délice. Regina ne la stoppait pas tandis qu'elle suçotait son téton, s'attachait à le durcir pour accroître l'excitation. A cet instant, plus rien d'autre que ce moment avec Regina ne comptait. Pour la première fois depuis des semaines, depuis trop longtemps, aucune pensée parasite ne venait la tourmenter. Tout devenait évident, étourdissant à force d'excitation. Sa main lâcha la bretelle et longea son flanc. Elle sentit le corps de la Reine se cambrer sous le sien, l'épouser complètement. Sa main s'agrippa à sa cuisse, la lui releva pour la plier. Elle délaissa son sein pour remonter dans son cou, le souffle brûlant et court. Son lien avec Regina prenait tout son sens, la nécessité de la garder à ses côtés devenait bien réelle. Ses lèvres se refermèrent autour de son lobe, retracèrent le contour de son oreille dont elle appréciait la petite taille fragile. Elle aurait pu la conquérir comme ça pendant des heures durant, toute la nuit si seulement le désir ne l'avait pas dévorée au point d'en être douloureux. Alors, sa main s'égara entre ses cuisses et un autre soupir s'échappa.

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Le soleil perçait à travers les rideaux de la chambre de la Reine tandis que cette dernière se relâchait doucement sur le corps de la Sauveuse. Ses lèvres glissaient dans son cou, ses narines s'imprégnaient de ses parfums délicieux. S'il existait bien une chose plus magique que la magie elle-même, c'était cet instant d'après, pensait Regina, ce moment si particulier après l'orgasme où plus rien ne venait embrumer son esprit serein. Son corps chaud, nu épousait celui de la Sauveuse, ses pensées plus calmes bercées par les doigts d'Emma qui caressaient son dos. Sa joue se reposa alors sur le creux de son épaule tandis qu'elle s'imprégnait de ces secondes si rares et si précieuses. Ses doigts sur la clavicule de la Sauveuse s'ouvraient et se fermaient lentement.

— Chaque jour devrait finir comme la journée d'hier et commencer comme ce matin, dit-elle.

Emma esquissa un sourire sur ces paroles justes. Après une nuit aussi exaltante, pleine de plaisirs et d'excitation, elle ne voulait plus se lever, ni se dégager du corps de Regina. Celle-ci avait finalement succombé à ses assauts et l'avait fait encore et encore, sûrement six ou sept fois au total. Mais la Reine avait dissimulé bien d'autres atouts en plus de sa beauté hypnotique. De tels charmes qu'Emma ne cessait d'en redemander… Sa main dans son dos revisitait la douceur de sa peau, la forme légère et courbée de ses omoplates, la finesse de son flanc. Comment avait-elle pu vivre sans jusque-là ?

— Il suffirait d'arrêter le temps en dehors de cette chambre, suggéra-t-elle.

Regina se redressa et plissa les yeux dans ceux de sa Sauveuse.

— Ce serait très mal Miss Swan…

Le sourire d'Emma devint plus malicieux devant l'expression faussement moralisatrice de sa Reine. Elle lui repoussa quelques cheveux bruns pour pouvoir détailler son beau visage.

— Et je serais obligée de dire que c'est ta faute, après…

Charmée, La Reine sourit à son tour et ramena sa joue à sa place au creux de l'épaule de la Sauveuse.

— Ce qui sera embarrassant car il me faudra expliquer les raisons qui m'auront poussée à figer la ville dans le temps une seconde fois.

Emma passa un bras sous sa tête pendant que l'autre enveloppait Regina. Sa main ne cessait d'aller et venir dans son dos. La Sauveuse se plaisait à se rappeler leurs étreintes de la nuit et s'attardait sur les émotions agréables de ce moment avec Regina. Pour une fois, elle se sentait à peu près apaisée et sereine. Son esprit ne se focalisait pas sur la perte d'Henry, mais se laissait aller lui aussi. Le regard rivé sur le plafond, songeuse, elle demanda :

— Est-ce que tu l'avais déjà fait avec une femme ?

— Non, répondit la Reine d'une voix éreintée… Mais je sais que jamais plus je ne voudrais goûter à autre chose qu'à ce que tu m'as offert cette nuit…

Emma entendit son cœur taper dans sa poitrine sur ces mots directs. D'ailleurs, Regina avait dû capter son rebond furieux depuis sa position sur sa poitrine. Elle baissa les yeux sur elle et déposa un baiser sur sa tête. Même ses cheveux sentaient bon, aussi doux que de la soie. Elle redressa le visage et reprit :

— Tu sais que tu peux me le dire si tu l'as déjà fait avec une autre femme, je vais pas me vexer.

La Reine redressa son visage sur cette question réitérée. Elle s'accouda de part et d'autre du visage de sa Sauveuse dont elle ne lassait plus de redessiner les traits de son regard.

— Pourquoi te mentirais-je ?

— Pour me faire plaisir, répondit Emma.

Réponse qui était tout à fait judicieuse, songeait Regina.

— Sais-tu seulement depuis combien de temps personne ne m'avait fait jouir comme tu l'as fait, Miss Swan ?

Emma détourna les yeux et soupira. Regina prononçait des mots qui mettaient le feu en elle et soufflaient sur des braises restées incandescentes.

— Est-ce que tu sais que t'es en train de me redonner envie, là ?

Rares étaient ceux qui avaient un jour vu l'étincelle brune et brillante dans le regard de Regina dont l'expression était devenue plus coquine.

— L'avantage d'être restée belle et jeune, c'est aussi de rester insatiable en amour…

Emma ne quittait plus son sourire sur ce bref résumé et se réjouissait de cette annonce. Elle releva la tête et captura les lèvres de sa Reine entre les siennes.

— Tu l'auras voulu, souffla-t-elle dans le baiser.

Alors qu'elles approfondissaient le contact de leurs lèvres, toutes les deux prêtes pour une autre étreinte, la sonnette retentit et Emma dut s'arracher bien malgré elle à ce baiser.

— Merde ! lâcha-t-elle.

Elle tourna les yeux vers le réveil et ajouta :

— Putain, il est déjà neuf heures !

Ce qui signifiait que l'équipe d'ouvriers arrivait pour continuer les travaux. Emma fut dépitée. Comment avait-elle pu oublier leur retour ? Maintenant, elle se retrouvait coupée dans son élan, dans ses envies et dans son désir inassouvi.

— Il faut que je descende, fit-elle à Regina d'un regard désolé.

Elle posa tout de même ses lèvres sur les siennes pour un autre baiser qu'elle fit durer un peu, juste assez pour garder leur goût savoureux.

— Je suis désolée, ajouta-t-elle.

Mais Regina la retint par le bras et la tira sur elle tout en basculant sur le dos…

— Attends Miss Swan…

Comment Emma pouvait-elle résister ? Quand la Reine faisait preuve d'autant d'autorité, elle se devait d'obéir, surtout si elle ne portait aucun vêtement… Alors, elle renouvela le baiser, le rendit plus profond, teinté d'envie. Les mains de la Reine dans son dos, glissaient jusqu'à ses reins et flirtaient avec ses fesses. De longs frissons traversèrent son corps déjà animé, éveillé et réchauffé. Jamais, elle ne se lasserait des sensations que Regina lui faisait percevoir. Son être semblait revivre sous ses caresses, sur ses lèvres, à travers chacun de ses mots doux. Mais la sonnette d'entrée retentit encore et perturba cet instant.

— Il faut que j'y aille, fit-elle sur ses lèvres.

Regina sourit dans le baiser…

— Je te laisse y aller… Uniquement parce que j'aime te voir transpirer.

Emma l'embrassa une ou deux secondes de plus et s'écarta de son petit corps irrésistible. Elle se glissa sur le bord du lit.

— Tu m'as fait transpirer toute l'eau de mon corps, cette nuit…

Elle se leva et partit directement dans la salle de bains. Elle attacha ses cheveux rapidement et enfila ses sous-vêtements avant de mettre un jeans troué et un débardeur. Nul besoin de douche ce matin puisque en effet, elle transpirerait dans l'heure suivante. Elle ressortit de la pièce, Regina s'était levée et couverte d'un de ses peignoirs de satin. Emma s'approcha d'elle, aimantée, toujours plus attirée surtout depuis leur nuit d'extase. Elle l'aida à fermer les pans de son vêtement devant sa poitrine.

— Couvre les, y a des hommes qui attendent devant la porte…

Regina se mordit le coin de sa lèvre en constatant la réaction possessive et jalouse de la Sauveuse, un détail qu'elle n'avait pas constaté mais qui lui plaisait particulièrement. Elle la vit sortir et descendre au rez-de-chaussée où très vite les voix masculines des nains résonnèrent depuis le salon encore en travaux. La Reine devait, elle aussi, penser à ses obligations de Maire en y songeant, car être la Méchante Reine ne l'exemptait pas de ses responsabilités…

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Malgré sa fatigue, l'humeur de Regina fut proportionnelle à sa nuit passée dans les bras d'Emma.

Garée devant la mairie, elle fut d'humeur à rejoindre le Granny's pour s'offrir un café.

— Bonjour Madame le Maire, entendit-elle en croisant Archie Hooper.

— Bonjour Archie, répondit-elle d'un sourire.

Elle continua sa route, enthousiaste, saluant finalement d'elle-même ceux qu'elle croisait et reconnaissait. Une fois entrée dans le restaurant, elle s'installa directement derrière le comptoir et vit Ruby approcher :

— Madame le Maire… Je vous sers quoi ce matin ?

Regina plissa les yeux, songeant que son appétit était au beau fixe ce matin.

— Un grand café crème, une part de tarte à la framboise et un beignet aux pommes.

Ruby fut surprise par tant de légèreté dans le ton de la voix de Regina Mills dont l'humeur joyeuse n'échappait à personne depuis qu'elle était entrée dans le restaurant.

— Regina, salut ! fit Blanche en venant s'asseoir près d'elle.

— Bonjour Mary-Margaret.

Blanche ôta son bonnet, son écharpe, ses gants de laine et commanda son café habituel tandis que David entrait à son tour après avoir garé la voiture. Tandis qu'il saluait d'autres de leurs amis, Blanche en profita pour parler avec la Reine.

— Alors, tu as pu parler à Emma pour le réveillon ?

— Miss Swan accepte que nous réveillonnions ensemble. Nous ferons le sapin dès que le salon sera prêt.

— Il n'y a plus beaucoup de travaux, d'après David.

— Non, confirma Regina. Et j'attends l'accord d'Emma pour que nous achetions de nouveaux meubles.

— C'est parfait, commenta Blanche, enthousiaste. On va pouvoir se réunir pour les fêtes de fin d'année.

Dans le restaurant, les regards des gens présents se posaient parfois sur le petit groupe que Regina, David et Blanche formaient. Jamais, cette scène ne s'était déroulée. Personne n'avait encore jamais vu les Charmant discuter ainsi avec la Méchante Reine.

Derrière le comptoir, Granny les guettait par-dessus ses lunettes tout en préparant la pâte pour sa nouvelle tarte.

— Tu crois qu'on doit s'attendre à une malédiction ou un autre sort maléfique, demanda-t-elle à Ruby.

Ruby esquissa un sourire sur cette question qui dévoilait la méfiance et le recul de sa grand-mère. En effet, voir les Charmant à la même table que la Reine équivalait à mettre un loup dans une bergerie… Pourtant, aucun massacre n'avait lieu et le ton ne semblait pas monter entre les trois.

— Espérons qu'ils soient juste en train de parler, répondit Ruby.

— Parler ? questionna Granny, loin d'être dupe. Parler de quoi ? De leur repas en famille pour les fêtes de Noël ?

Ruby leva les sourcils et répondit :

— Je crois que c'est ce qu'ils font en effet.

Granny s'arrêta dans sa tâche et releva ses lunettes pour fixer sa petite-fille droit dans les yeux.

— Tu plaisantes ?

— Non, je crois vraiment qu'ils discutent de ce qu'ils feront pour les fêtes.

Granny en demeurait muette et désarçonnée. Si on lui avait dit un jour que la Méchante Reine s'assiérait à la même table que les Charmant, jamais elle n'aurait pu le croire. A cet instant, la clochette tinta et Crochet entra dans le restaurant. Il s'approcha du comptoir.

— Salut tout le monde, fit-il, je voudrais un grand café avec un peu de lait.

Il balaya la salle des yeux et fronça les sourcils en quand son regard s'arrêta sur Regina, David et Blanche. Cela faisait des semaines qu'il avait quitté Storybrooke pour reprendre la mer à bord de son bateau. Il avait songé à quitter ce monde, mais s'était résigné. Après les événements terrifiants qui avaient suivi son bref passager à Neverland, il avait préféré s'éclipser…

— On dirait que j'ai raté pas mal de choses depuis que je suis parti…

Ruby déposa son gobelet devant lui et commenta :

— Storybrooke nous réserve toujours des surprises.

Crochet n'en revenait pas.

— A ce stade-là, c'est plus une surprise, c'est un mirage ou un sortilège d'envoûtement…

Il fixa Ruby et demanda :

— Et où est Emma ?

— Chez Regina…

Crochet fronça les sourcils, de plus en plus perplexe et Ruby reprit.

— Oui, je sais ce que tu penses mais pour avoir suivi ce qui se passe depuis le début, c'est mieux ainsi pour tout le monde. La Sauveuse et Regina semblent avoir fait la paix et plus si affinités si tu vois ce que je veux dire !

Crochet manqua de s'étouffer avec sa gorgée de café et dut s'essuyer la barbe avant de rétorquer :

— Quoi ?

Avait-il bien entendu ?

— T'es en train de me dire qu'Emma et Regina sont…

Ruby acquiesça d'un signe de tête et Crochet n'en fut que plus agacé.

— Impossible ! Emma et Regina… Te rends-tu compte de ce que tu affirmes ?! Ce sont deux femmes, je te rappelle.

— Etonnant qu'un pirate dans ton genre en soit choqué !

— Je suis pas choqué, se défendit-il, mais ça ne se voit pas deux femmes qui restent entre elles… Ca ne dure qu'une nuit, voire deux, histoire de s'amuser un peu, mais c'est juste de l'amusement…

— Tu ne dois sans doute pas connaître les femmes aussi bien que tu le penses.

Crochet se redressa, touché dans sa fierté d'homme.

— Je les connais bien et je connais Emma. La compagnie d'un homme finira par lui manquer… Et il en sera de même pour notre chère Reine.

Ruby haussa les épaules.

— Et bien si tu crois aux contes de fées, revois tes classiques parce qu'elles semblent plutôt bien ensembles si tu vois ce que je veux dire !

Sur ces dernières paroles, Ruby retourna à son service. Elle ne préférait pas rentrer dans les détails avec Crochet. Blanche lui avait raconté combien la Méchante Reine et la Sauveuse s'étaient « cherchées » bien avant la mort d'Henry, à la même époque où Crochet avait lui aussi tenté ses chances avec Emma, mais pour une fois, la Reine avait gagné.

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A suivre..

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