Chapitre 3
-HODYYYYYYYYYYYYYYYY !
Une vague de haky déferla tellement brusque, tellement incontrôlée que Luffy et Shiraoshi durent s'en protéger avec leurs bras. Luffy c'était placé devant la princesse sirène pour la protéger de se déferlement de puissance destructrice mais même lui fut secoué par ce déchaînement.
C'était de la force pure, mortelle et haineuse.
-Orihime... Shiraoshi... Mon île... Fukaboshi...
Mizùmi bougea, imperceptiblement, cela créa une nouvelle vague de force pure qui déferla sur Hody comme une tempête. L'homme-poisson l'ignora, cela ne semblait même pas l'atteindre, la drogue faisait toujours effet sur lui.
Le triton de Mizùmi étincela brièvement puis devient noir, entièrement.
Hody riait toujours, encore, encore, il considérait l'humaine comme si elle n'était qu'un pauvre petit poisson sans importance, et avoir cloué son bec au prince le remplissait d'une joie sadique. Pourtant, quand il sentit le trident s'enfoncer dans son torse, il ravala brusquement son rire.
-Tu vas payer! Hurla Mizùmi, Tous ces gens! Toute cette douleur!
Son haki était tel une puissante vague irrésistible qui empêchait Hody de bouger, la force de chacun des coups qu'elle lui portait était emprunte d'une rage incontrôlable. Elle voulait qu'il meurt, elle ne réfléchissait plus, ne pensait plus. Elle frappait encore et encore, sans s'arrêter sans même prendre le temps de respirer.
Toute l'eau autour d'elle était devenue écarlate mais elle continuait toujours.
Mizùmi n'existait plus Mizùmi était devenue la haine.
-Onee-san...
L'appel avait été proféré d'une toute petite voix, presque effrayée. Mizùmi se stoppa net. Elle se retourna lentement et vit Shiraoshi, larmoyante, qui la regardait avec des yeux terrifiés. Elle se rendit alors compte qu'elle était allée trop loin.
Mizùmi ne prit pas le temps de vérifier l'état de Hody, en reprenant conscience de ce qui l'entourait elle venait de se rendre aussi compte que Fukaboshi courait un grave danger! La jeune fille se mit à nager en direction des fonds marins du plus vite qu'elle put. Il lui sembla entendre un bruit désagréable, puis sa bulle éclata, mais elle ne fit pas attention. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre plus de temps, la vie de Fukaboshi était en danger ! Car, Fukaboshi, en plus d'être un homme-triton, était un homme-requin, mais depuis sa naissance on avait remarqué qu'il lui manquait le spiracle pour respirer en étant immobile dans l'eau, alors si jamais il se tenait immobile ou s'il était inconscient dans l'eau, ses branchies ne fonctionnaient plus et il étouffait!
Après quelques mètres, elle l'aperçut, flottant sans signe de vie. Elle s'approcha de lui en quelques brasses, il n'y avait qu'une solution pour forcer ses branchies à repartir : souffler dans sa bouche pour forcer l'air à circuler et réactiver le système des branchies. Mizùmi n'hésita pas, elle voulait à tout prix le sauver. Alors, elle posa ses lèvres sur celles de Fukaboshi puis elle souffla tout l'air de ses poumons dans la bouche de l'homme-triton. Elle força de toutes ses forces, jusqu'à en avoir des papillons dans les yeux, durant d'interminables secondes, elle crut qu'il ne se réveillerait jamais. Elle n'avait presque plus d'air, elle sentait son corps perdre ses forces et ses poumons se contracter tandis qu'elle commençait à suffoquer.
Mais, soudain, il se redressa et ouvrit les yeux.
-Toi? Souffla-t-il, incrédule et haletant en la voyant.
Elle se contenta de lui sourire, elle ne pouvait pas parler sous l'eau, ni respirer. Doucement son esprit commença à vaciller tandis que tout devenait noir autour d'elle.
-Mais tu es blessée! S'écria Fukaboshi qui venait de la prendre dans ses bras.
Ah, c'était pour ça qu'elle avait si mal dans le dos. Elle ne voyait plus que le visage incroyablement grave et inquiet de Fukaboshi.
-Arrête d'être aussi sérieux Boshi, murmura-t-elle tandis que ses yeux se fermaient d'eux-même.
Mais avant de s'évanouir elle put voir le visage de Fukaboshi prendre un air stupéfait, puis tout devint noir.
****
-Otohime ! C'est impossible ! S'évertuait à expliquer Neptune.
-Mon amour, je ne peux pas l'abandonner, fit Otohime en serrant le petit corps dans ses bras.
-Mais...
-Chut, fit doucement Otohime en caressant la joue de son mari, regarde-la plutôt, n'est-elle pas adorable?
Neptune rougit au contact de sa femme, puis il posa ses yeux sur le corps qui paraissait si vulnérable dans les bras de sa femme. Le bébé gazouilla et se mit à sourire puis avec ses petites mains, il tenta d'attraper les poils roux de sa barbe. Ses grands yeux étaient d'un bleu aussi profond que celui de la mer.
-Et si on l'appelait Umiko? Proposa Otohime.
-Oui, ce sera parfait.
Les deux nouveaux parents avaient à peine décider cela que quelqu'un rentra précipitamment dans la pièce.
-Reine Otohime ! Il vient d'éclore !
Immédiatement la petite reine, suivit du grand roi se précipitèrent à sa suite jusque dans une pièce sur la porte de laquelle était inscrit :'Couveuse'. Dedans, reposaient sous une lumière tamisés, plusieurs œufs translucides dans lesquels on pouvait apercevoir de vagues formes noirs. Mais l'un des œufs était déchiré et un bébé-triton reposait au sol, endormi.
Otohime s'approcha de lui et caressa ses premiers cheveux bleus, tout en tenant toujours Umiko dans ses bras.
-Mes deux petits anges, murmura t-elle sous le regard attendri de Neptune.
La petite Umiko continuait d'agiter ses petits points quand le bébé-triton tendit le sien à son tour, avec maladresse. Par hasard il réussit à attraper celui de Umiko, leurs deux mains se joignirent et ne se lâchèrent plus jamais.
*****
Mizùmi ouvrit les yeux avec difficulté, mais l'un des deux ne parvenait pas à s'ouvrir, en touchant avec ses doigts elle comprit qu'il était bandé. Mais le pire, c'était la douleur cuisante qu'elle ressentait dans son dos et surtout l'impression d'extrême faiblesse qui pesait sur tout son corps.
Elle regarda autour d'elle, elle se trouvait dans une des cabines du Sunny Go. Après maintes difficultés elle réussit à se redresser et à sortir sur le pont. Immédiatement, tous ses amis vinrent l'accueillir.
Après les avoir tous rassurés sur son état, elle leur posa une question :
-On va où ? Demanda-t-elle d'une voix encore faible.
-On allait partir, le cœur de Mizù se figea, mais on revient pour le festin finalement, fit Luffy avec un grand sourire.
Effectivement le bateau, qui d'ailleurs flottait au-dessous de l'eau grâce à une espèce de ballon gonflable, se dirigeait vers le palais Ryûgû dans une ambiance plutôt festive.
Mizùmi alla s'asseoir dans l'arbre pour se reposer un peu, quand Luffy avait commencé sa phrase elle avait bien cru qu'elle allait s'évanouir ! Partir ainsi, après tant d'années, sans pouvoir ne serait-ce que lui parler, elle ne s'en serait sûrement jamais remise. D'ailleurs elle aurait sûrement sauté dans l'eau plutôt que de partir sans rien tenter.
-Ça va Mizùmi? Demanda Robin en venant s'asseoir à côté d'elle.
-Oui, merci.
-Dis moi, n'y aurait-il pas quelque chose que tu nous cacherais? Demanda soudain l'archéologue avec son sourire mystérieux.
Mizùmi sentit soudain qu'il faisait très chaud.
-Je vois pas de quoi tu parles, tenta-t-elle de dire d'un air dégagé.
-Je suis désolée mais tes bandages ne cachent pas tes rougissements, fit remarquer Robin.
-Merde... C'est une longue histoire...
-J'aime les histoires, déclara Robin avec un clin d'œil.
Mizùmi savait qu'elle n'y échapperait pas, de toute façon il aurait bien fallu qu'un jour où l'autre ils l'apprennent. Mais alors qu'elle prenait une grande inspiration pour débuter son histoire, Chopper débarqua l'air passablement remonté.
-Mizùmi! Qu'est-ce que tu fais debout?!
-Je...
-Tu vas retourner dans ta cabine de suite ! Lui ordonna le renne au nez bleu.
-D'accord, fit Mizù toute penaude.
Le renne la suivit jusqu'à l'intérieur, puis après l'avoir fait asseoir, il retira le bandage qu'elle avait sur le visage.
-Ça a l'air de bien cicatriser, fit le médecin, on va le laisser à l'air libre maintenant. Pour ta blessure dans le dos il va falloir garder les bandages encore un moment par contre.
-D'accord.
-Luffy nous a expliqué que tu avais utilisé une dose massive de haki sous l'eau, c'est impressionnant que tu sois encore capable de bouger après ça, ajouta le renne.
-Ça fait longtemps que je m'entraîne.
-Peut-être que tu as la volonté du D toi aussi, plaisanta Chopper.
-Je crois que ça on ne saura jamais, j'ai été adopté, rajouta-t-elle devant le regard étonné de son ami.
-Pardon, je ne savais pas.
-C'est pas grave, le rassura Mizù en souriant.
Chopper lui sourit à son tour, puis après lui avoir laissé une pommade pour ses blessures, partit pour la laisser se changer.
Mizùmi se leva, puis s'approcha du miroir, elle laissa tomber sa robe au sol et observa les dégâts des précédents combats. Elle avait quelques bleus par-ci par-là mais rien de très grave, par contre la taille des bandages laissait penser qu'elle allait avoir une grande cicatrice dans le dos. Maintenant elle savait ce qu'avait signifié le bruit quand elle avait tourné le dos à Hody pour sauver Fukaboshi.
Puis son regard remonta jusqu'à son visage. Le coup de Decken avait laissé une cicatrice sur sa joue, moins pire que ce qu'elle avait imaginer mais bien visible, heureusement son œil n'avait pas été touché mais cela lui dessinait une ligne rougeâtre depuis l'œil jusqu'au bas de la joue.
Mizùmi préféra s'habiller plutôt que de s'apitoyer sur son sort, ce soir, c'était le dernier soir, autant faire en sorte qu'il soit inoubliable.
Elle sortit une robe de son armoire, elle était d'un bleu presque noir mais qui miroitait à la lumière, semblable au ressasses des vagues sur l'océan, la robe se fendait ensuite en un décolleté plongeant et était fendus du côté de la jambe gauche.
Une fois habillé, Mizùmi sortit de la cabine et rejoignit ses amis pour se rendre au palais.
Sanji n'arrêta pas de la complimenter, Zoro ne la vit même pas, trop concentré sur un certain capitaine. Robin avait oublié ce dont elles avaient failli parler, Francky lui donnait le bras et Nami parlait avec Camie en riant. Tout cela accompagné d'une mélodie de Brook et d'une danse d'Ussop et de Chopper, bref, l'ambiance était chaleureuse sur le chemin de l'allée.
Le banquet fut merveilleux, la nourriture et les boissons semblaient infinies et étaient tellement bonnes que Mizù crut qu'elle allait en mourir. Puis Nami lui lança un défi de saké que Mizù releva avec entrain.
-Hééééééé fais pas c'te tête toute bleuuuue, fit Nami, bien éméchée, à Fukaboshi.
Mizùmi se mit à rire devant la tête dépitée du prince qui semblait stupéfait par la capacité d'absorption de Nami. Puis la jeune fille remarqua la tenue de la navigatrice, presque nue, irrésistible, et elle réalisa quelque chose qui lui fit mal.
-J'vais faire un tour je reviens, lança t-elle à Nami.
-Ça marche! Zoro ramène tes fesses! Ordonna la navigatrice.
-Crèves!
Mizùmi n'entendit pas le reste de la charmante discussion car elle était déjà partie. Elle alla s'asseoir entre les piliers d'une des salles et posa sa tête contre l'un d'eux.
-Umiko?
Mizùmi se retourna par automatisme. Et vit Shiraoshi qui la regardait en souriant.
-Mais...Comment?
-Tu es ma grande sœur, c'est normal que je te reconnaisse, fit Shiraoshi en riant.
-Bah c'est pas le cas de tout le monde, regretta Mizùmi.
-Tu sais, ça a été très difficile pour lui...
