Chapitre 6

La jeune fille crut avoir mal entendu, elle croyait être encore entrain de rêver, la petite fille abandonnée en elle hurlait d'accepter tandis que le reste de son corps restait sans réaction. Puis des larmes se mirent à couler le long de ses joues.

-C'est pas comme ça que font les humains? Demanda Fukaboshi qui s'inquiétait de sa réaction.

-Si, si, le rassura-t-elle en tentant d'essuyer ses larmes qui coulaient toujours plus.

-Alors, est-ce que tu acceptes? Lui demanda l'homme-triton en souriant de toutes ses dents pointues.

-Bien sûr!

Umiko se jeta dans ses bras et l'embrassa comme jamais elle ne l'avait embrassé, comme si c'était la dernière fois et la première fois qu'ils s'embrassaient. A cet instant précis, personne n'aurait été capable de les séparer.

-Mais, comment on va faire pour la cérémonie? On repart demain! S'écria soudain Umiko, inquiète.

-J'ai déjà demandé à Luffy, fit Fukaboshi avec un air fier.

-Il a dit quoi?

-''Vous ne vous êtes pas vu depuis dix ans, et le nouveau monde nous a déjà attendus deux ans, alors un an de plus ce n'est pas grave.'', répéta Fukaboshi.

-Un an?! S'écria Umiko tellement heureuse qu'elle était à présent presque sûre de rêver.

-Oui, il a dit ça, mot pour mot.

Elle ne pouvait plus s'empêcher de pleurer. Elle allait se marier, avec Fukaboshi! Et ils allaient pouvoir rester sur l'île pendant un an !

-Je reviens!

Umiko partit en courant de la pièce, Fukaboshi se contenta de sourire, il savait où elle allait.

La jeune femme se précipita en dehors du palais, là où se trouvait le Sunny Go, elle grimpa dessus à toute vitesse et rentra dans la salle commune où se trouvait tout l'équipage du chapeaux de paille. Ils étaient tous là, plutôt étonnés par son entrée fracassante.

-Merci les amis! Cria-t-elle en continuant de pleurer de joie.

Ses amis la regardèrent en souriant.

-C'est normal t'es notre Nakama! Fit Luffy avec son sourire idiot.

Tout le monde se leva et consola Umiko qui n'arrêtait plus de pleurer, Luffy riait tant qu'il pouvait tandis que Zoro dormait à moitié, Brook se mit à jouer une balade, Nami et Robin consolèrent leur amie, Sanji alla immédiatement lui chercher un chocolat chaud pour la réconforter et Chopper se demanda si elle n'avait pas attrapé une maladie, et Francky n'arrêtait pas de crier ''Sûper! Sûper!" Bref, Mizùmi aimait ses amis presque autant que son île, voire plus.
Elle connaissait maintenant le goût du bonheur.

*****

Umiko s'était présentée devant le forgeron, du haut des ses seize ans, pour lui demander de lui fabriquer un trident. L'homme, qui la connaissait depuis maintenant quatre ans, s'était contenté de rire et lui avait rendu son argent.

-Attends trois jours et reviens me voir, lui demanda-t-il avec un clin d'œil.

La jeune fille était alors repartie toute chamboulée. Dans le village tout le monde avait peur d'elle et l'évitait au maximum. Même si pendant ces quatre dernières années, leur animosité avec diminué, elle restait toujours vive.
Umiko gagnait maintenant assez pour avoir une chambre, enfin c'était un truc minuscule sous le toit de l'auberge, il y faisait trop froid en hiver et trop chaud en été, sans compter l'eau qui s'infiltrait, mais au moins elle ne dormait plus dehors.
En plus, elle avait trouvé une carte de Grande Line, elle avait même réussi à se situer dessus et à trouver un itinéraire pour retourner sur son île. Avec l'argent qu'elle avait réussi à récolter pendant deux ans elle avait sûrement de quoi tenir jusque là-bas, il ne lui manquait plus que son arme pour pouvoir se défendre et ne plus se laisser faire.
Plus jamais elle ne se laisserait faire.

Trois jours plus tard, comme prévu, elle se rendit chez le forgeron. Celui-ci, quand il la vit arriver, partit immédiatement chercher son travail et revient quelques minutes plus tard avec un paquet enveloppé. Umiko le prit dans ses mains, n'osant pas le déballer. Puis, elle enleva le papier, petit bout par petit bout jusqu'à ce qu'apparaisse l'éclat doré de son trident. Umiko le prit en main et admira le travail du forgeron, c'était une arme magnifique, bien plus belle que celles qu'elle avait vues jusqu'à présent. Le trident était couleur or mais ses reflets étaient d'un blanc comme le nacre, il avait même travaillé un endroit sur la garde où elle pouvait poser ses mains.
Une larme coula sur la joue de la jeune fille.
Elle remercia le forgeron, celui-ci lui demanda en échange de l'arme de ne jamais mourir et de faire attention à elle.

Elle avait essayé de tenir sa promesse mais cela n'avait pas vraiment marché, en tout cas elle n'était pas morte jusqu'à présent. Le lendemain, elle embarquait dans un bateau, et d'île en île elle avait réussi à atteindre les shabaody, mais elle avait mis du temps et l'argent lui avait souvent manqué et elle avait dû se résoudre à voler pour survivre. Elle avait aussi souvent dû faire face à la marine à cause de ses tendances à se débarrasser de ses ennemis de façon plutôt violente et surtout avec son trident, et aussi à cause des rumeurs qui couraient sur elle et sur son appartenance à la race des hommes-poissons.
Elle avait dû alors se résoudre à changer de prénom, Umiko était trop explicite, elle avait choisi Mizùmi, plus discret.
De toute façon, elle était prête à tout pour retourner sur son île.

Quatre ans plus tard, elle y arrivait enfin. Et c'est là-bas qu'elle rencontra Rayleigh, un pirate qui aimait les hommes-poissons. Après qu'elle lui ait raconté son histoire, il l'avait tout de suite prise sous son aile et l'avait présentée à Luffy et aux autres. Ils s'étaient tout de suite tous entendus et le voyage vers l'île avait été pour elle une renaissance.
Après dix ans d'exil, de solitude et de peur, elle avait enfin pu renouer des contacts avec des personnes sans qu'ils ne la regardent avec méfiance ou ne cherchent à savoir si elle était une femme-poisson.
Elle avait enfin des amis.

****

Alors que Mizùmi revenait dans sa chambre attribuée au palais, après une soirée agitée avec ses amis sur le bateau, (en même temps faire partie de l'équipage de Luffy impliqué plus de fêtes que de sommeil), elle remarqua un étrange paquet sur son bureau. Il était emballé dans un papier jaune orangée, elle le déballa sans attendre. Dedans, elle trouva une lettre ainsi qu'une petite boîte.
Mizùmi lut d'abord la lettre et quand elle eut finit elle ne prit même pas la peine d'ouvrir la boîte, elle courut immédiatement voir Chopper.

*****

Fukaboshi n'en croyait pas ses yeux. C'était un vrai miracle, enfin, à un détail ou deux près. Il se regarda sous toutes les coutures, intrigué. Il était au courant de toutes ces choses mais, étant un homme-triton, il n'avait jamais eu l'occasion d'utiliser tout cela.
Il décida donc d'aller demander des conseils. Il partit dans une autre chambre, dans laquelle se trouvaient Luffy et Jimbei, apparemment le jeune capitaine continuait à harceler l'homme-poisson pour qu'il vienne dans son équipage malgré les explications de celui-ci qui ne pouvait pas.

-Oh! Salut Fukaboshi! Fit Luffy en souriant de toutes ses dents comme à son habitude.

-Bonjour Prince, fit aussi Jimbeï.

-Bonjour, leur répondit-il, j'ai besoin de votre aide, demanda-t-il l'air très sérieux.

Il leur expliqua brièvement la situation, le plus sérieusement du monde mais quand il vit Luffy se mettre à rire au point de s'étouffer et Jimbeï essayer sans succès de se retenir, il perdit vite de sa superbe et se mit à rougir. Le prince sentit toute sa fierté royale s'envoler et se retrouva dans une situation très gênante.

-C'est pas drôle! S'écria-t-il, vexé.

Tout ceci n'eut que le mérite de faire redoubler les rire de Luffy et de déclencher ceux de Jimbeï qui ne pouvait plus se retenir.
Fukaboshi se dit qu'il aurait mieux fait de se taire...