Chapitre 7

Mizùmi avait repris son ancien prénom, celui que sa mère lui avait donné la première fois qu'elle l'avait prise dans ses bras. Elle n'avait pas de queue, pas de branchies, pas de palmes, elle était humaine, elle l'avait enfin accepté et enfin elle avait accepté d'être Umiko, la fille de l'océan et non une sirène.
Sa gorge était nouée par l'appréhension mais elle ne doutait pas. La présence de Fukaboshi à côté d'elle la rassurée quand même un peu. C'était un cérémonie traditionnelle, elle ne pouvait y échapper elle le savait. Umiko inspira, fit un pas, puis un autre et elle se retrouva soudain éclairait par la lumière des arbres maritimes, et, à ses pieds, quelques mètres plus bas, une foule d'hommes poissons qui la fixaient. Fukaboshi se positionna à ses côtés, il pressa sa main dans la sienne avant de s'adresser à la foule, son peuple.

-Peuple Homme-Poisson, aujourd'hui est un grand jour, car aujourd'hui... Je vous présente celle qui deviendra mon épouse. Umiko!

La déclaration de Fukaboshi créa un trouble parmi les Hommes-Poissons, certaines croyaient à une plaisanterie, d'autre une tentative de manipulation certains croyaient même que Fukaboshi avait été ensorcelé, en tout cas, le grondement de la foule devient de plus en plus tumultueux. Le prince regardait la scène sans trop savoir comment réagir, si son peuple n'arrivait pas à accepter Umiko, jamais ils n'arriveraient à accepter les humains. Contre toute attente, se fut celle qui aimait qui prit la parole.

-Peuple Homme-Poisson, je suis Umiko, certains d'entre-vous se souviennent de moi quand j'étais enfant, d'autre se souvienne peut-être aussi que j'ai participé au sauvetage de votre île il n'y a que quelques jours... Mais pourtant, tout ce que vous retenez c'est que je suis humaine. ça vous dégoûte, vous pensez que je cherche à manipuler Fukaboshi, que les humaines veulent vous anéantir. Croyez ce que vous voulez, pour moi la seule chose qui compte c'est que j'aime Fukaboshi. Et je ne laisserais personne se mettre en travers de mon chemin, ni les humains, ni les hommes-poissons, en disant cela Umiko avait regardait Neptune. Je trouve cette haine ridicule, elle ne fait que blesser et détruire. Aujourd'hui j'ai décidé de construire, avec Fukaboshi, notre union marquera le début d'une nouvelle ère.

Fukaboshi se tourna vers Umiko à la fois abasourdit et impressionné.

-Je suis Umiko, une humaine, et j'aime Fukaboshi, un homme-triton! Et personne, pas même le gouvernement mondial ne pourra m'empêcher de dire le contraire.

Et comme pour prouver ses dire, elle se jeta au cou de Fukaboshi et l'embrassa, celui-ci d'abord surpris, se ressaisit très vite et l'embrassa à son tour en l'enlaçant entre ses bras.
La foule en-bas se fit soudain silencieuse. On n'entendait même plus leurs respirations. Puis, soudain, un rire, celui d'un gamin au chapeau de paille, suivit par l'applaudissement d'un paladin des mers, puis un autre homme-poisson se joignit à eux, puis un autre, et encore un autre, en quelque secondes se fut une véritable ovation qui s'éleva.
Les hommes-poissons recommençait à croire.

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Luffy marchait à ses côtés, elle avait l'impression qu'il avait beaucoup mûri dernièrement, déjà le fait qu'il veuille rester un an de plus sur l'île et puis aussi le fait qu'il ait voulu être celui qui l'accompagnerait. Peut-être était-ce en rapport avec sa relation avec Zoro... Depuis qu'ils étaient ensemble Luffy agissait de façon plus... Mature, c'était assez perturbant pour ses nakamas qui avaient plus l'habitude de le voir agir de façon irréfléchie.
Luffy observa sa nakama à son bras, il l'avait aidée à rejoindre son île et maintenant c'était le grand jour. Même s'il préférait Zoro il devait bien avouer qu'elle était jolie, elle portait une robe, non pas blanche mais dorée, de la couleur du soleil, non pas jaune fluo mais jaune chaud, avec des nuances d'orange parfois claires parfois foncées. Sa robe partait de sa poitrine et s'enroulait autour de sa taille en laissant de la peau nue à plusieurs reprises avant de tomber en une jupe froncée qui lui arrivait aux genoux. Elle avait sa main posée sur son bras. Lui était exceptionnellement habillé en un costard noir, pas très confortable mais Nami avait insisté pendant des heures pour qu'il le mette, par contre il avait tout de même réussi garder son chapeau de paille. Son chapeau c'est sacré !

Un grand silence régnait sur la place pendant qu'Umiko, appuyée sur Luffy, marchait jusqu'à l'autel. La cérémonie était quasi-semblable à celle des humains. Mais plutôt que de se faire accompagner par Neptune, son père adoptif, -elle n'arrivait pas encore à tout accepter- elle avait préférée accepter l'offre de Luffy qui avait voulu l'accompagner en tant que son capitaine et surtout en tant que son ami. Et puis il lui était très reconnaissant car il y allait avoir un banquet à la fin avec 'pleiiiins de viaaaandes' d'après Luffy, Umiko se demanda soudain si Fukaboshi ne l'avait pas fait chanter son capitaine avec...

Ce fut un homme-poisson qu'elle ne connaissait pas qui présida la cérémonie. Elle ne l'écoutait pas vraiment, tout son esprit était dirigé vers celui qu'elle aimait, son regard dévisageait sans cesse Fukaboshi, il se tenait là, à quelques centimètres d'elle, la dépassant de plusieurs têtes mais toujours aussi beau. Son torse musclé était toujours à l'air libre et ses cheveux bleus semblaient agités par un vent inexistant tandis que ses yeux ne la quittaient pas non plus.

Puis, l'homme-poisson leur demanda l'autorisation de procéder à la cérémonie des âmes-coeurs. Fukaboshi prit sa main dans la sienne et la serra tendrement, ils se noyèrent dans leurs yeux et le monde sembla disparaître au loin. Ils allaient enfin être unis pour toujours.
Car la cérémonie de mariage des hommes-poissons, bien que presque similaire à celle des humains, était plus rare car elle avait une différence de taille : une plante nommée 'l'âme-coeur'. Cette fleur, déjà difficile à se procurer car elle ne pousse que dans les profondeurs marines dans une grotte bien spéciale, avait une caractéristique tout aussi spéciale : elle marquait la peau définitivement de ceux qui la touchaient. Les hommes-poissons l'utilisent donc comme bague de mariage éternelle et c'est aussi pour cela que peu d'hommes-poissons se mariaient car l'engagement était beaucoup plus grand et beaucoup plus définitif qu'un simple mariage humain.
Mais Umiko était prête, elle avait l'impression que sa vie prenait enfin tout son sens. C'était comme si elle était née pour vivre cette journée. Fukaboshi ne la lâchait pas, il semblait tout aussi serein qu'elle. Le maître de cérémonie arriva, il avait mis des gants blancs et tenait une plante rouge haute d'une dizaine de centimètres dont les pétales violettes se balançaient doucement au rythme du vent.

Le silence se fit sur la place, plus personne ne parlaient, tous attendaient religieusement.

Umiko frissonna quand la plante toucha sa peau, mais elle ne lâcha pas la main de Fukaboshi.

L'âme-coeur serra leurs poignets avec force, tellement fort qu'Umiko ne sentait plus son poignet puis, puis la fleur se mit à faner et tomba au sol sans bruits.

Umiko se jeta dans les bras de Fukaboshi, il la souleva dans les airs et leurs lèvres se lièrent sous les applaudissements de la foule et les rires de leurs amis et de leur famille. Ils vinrent tous, un par un les féliciter et admirer la marque noire qui serpentait sur leurs poignets en forme de liens qui les entouraient et semblaient se continuer sur le poignet de l'autre.
Cette marque était faite pour eux : complète seulement avec sa moitié.

-Ça va être l'heure de la cérémonie du crépuscule! Déclara le maître de Cérémonie.

Immédiatement tout le monde se pressa à la crique de l'île, les mugiwaras y allèrent aussi, curieux de ces coutumes qu'ils ne connaissaient pas mais heureux de voir leur amie se marier.
La lumière des arbres se mit à baisser légèrement, elle ne s'éteignait jamais entièrement, mais en fin de journée elle diminuait toujours un peu. Fukaboshi et Umiko se tenaient donc ainsi, toujours main dans la main, au bord de la crique, prêts à plonger. Mais avant cela la jeune femme avala quelque chose.

-C'est une surprise, fit-elle avec un clin d'œil mystérieux.