Chapitre 8
Sous les yeux ébahis de la foule, après avoir avalé ce mystérieux produit, les jambes d'Umiko disparurent, brusquement, laissant place à une queue de sirène. Une vraie queue de sirène, d'un blanc pur et nacré mais pailleté d'or. Umiko se mit à rougir, elle avait une vraie queue de sirène !
La foule qui avait assisté à toute la scène ouvrit de grands yeux ébahis devant le miracle qui venait de se produire devant eux. Le rire de Luffy se mit à retentir, Umiko était vraiment une mugiwara.
Sauf qu'Umiko perdit l'équilibre et plongea plus tôt que prévu dans l'eau, heureusement, Fukaboshi la suivit et ils se retrouvèrent à nager côte à côte sous l'eau. Ils entamèrent alors un ballet maritime plein de sensualité, se tournant autour, se caressant puis s'éloignant, pour revenir à nouveau échanger un baiser. Umiko se sentait tellement bien, nager avait toujours était un bonheur et le faire avec une queue de sirène relevait presque du fantasme tellement c'était agréable, elle n'avait jamais eu autant l'impression de ne faire qu'un avec l'eau. Elle se sentait ainsi, aussi, plus proche de Fukaboshi qui s'amusait à se plaquer contre elle sous l'eau et ils nageaient alors ainsi : l'un sur le dos, l'autre sur le ventre. Et leurs mains ne se quittaient jamais.
Finalement, ils arrivèrent sur l'île qui se trouvait au centre de la crique, mais la végétation masquait tout regard mal avisé et laissait une plage discrète pour les amoureux. Alors qu'Umiko se hissait dessus avec quelques difficultés sa queue disparut laissant à nouveau place à ses jambes humaines.
-Oh non! Je suis désolée Boshi, fit-elle l'air vraiment triste.
-T'inquiète pas, j'ai moi aussi une surprise, la rassura-t-il en souriant.
Et il avala lui aussi une drôle de concoction qui ressemblait étrangement à la sienne. Et alors, sous les yeux ébahis d'Umiko, la queue de Fukaboshi se transforma en deux jambes musclées d'humain et étrangement, sa taille diminua aussi jusqu'à faire la taille d'un humain, d'un grand humain de deux mètres, mais quand même.
La jeune femme n'arrivait pas à y croire, elle posa sa main sur les jambes de Fukaboshi et caressa la chair avec étonnement. Mais celui-ci emprisonna ses lèvres dans les siennes et l'embrassa fougueusement, ne lui laissant pas le temps d'admirer sa transformation.
-Maintenant je ne suis plus un triton, susurra-t-il avec un sourire coquin.
Umiko lui rendit son sourire et son baiser, en quelques secondes ils étaient aussi nus, l'un comme l'autre, que le jour de leur naissance. Bien que Fukaboshi semblait un peu mal à l'aise, il prit les choses en mains rapidement.
-lemon-
Umiko sentit le rouge lui monter aux lèvres tandis que les caresses de Fukaboshi se faisaient de plus en plus intimes, elle-même s'amusait à parcourir le corps de son amant avec ses doigts et ses lèvres. Elle passait ses mains dans ses cheveux tout en l'embrassant, elle se plaqua contre lui pour sentir tout son corps et surtout son membre dur contre sa cuisse. Elle était tellement excitée, et il lui semblait tellement vivre un rêve, elle avait toujours été persuadée qu'ils ne pourraient jamais faire l'amour et pourtant, à cet instant précis ils allaient le faire.
Fukaboshi appréhendait de ne pas être à la hauteur mais les joues rouges et les regards que lui lançaient Umiko lui faisaient comprendre qu'il s'en sortait plutôt bien. Même s'il lui était déjà arrivé d'être excité par celle qu'il aimait, jamais il n'avait ressenti de telles sensations, c'était comme s'il la désirait tellement qu'il pourrait en mourir. Alors sans prévenir il la pénétra.
Umiko se crispa sensiblement puis, se détendit légèrement.
-Ça va? Demanda Fukaboshi.
-Ouii...
Le prince se mit à bouger, les sensations qu'il ressentait étaient merveilleuses et, combinées à l'idée qu'il ne fasse plus qu'un avec Umiko, il vivait au paradis. Il commença des allers-retours en elle, d'abord doucement et lentement puis de plus en plus vite. Leurs mains étaient étroitement liées, leurs corps ne faisaient plus qu'un, leurs respirations et les battements de leurs coeurs étaient sur le même rythme.
Ils atteignirent l'orgasme en même temps. Umiko serra Fukaboshi de toutes ses forces et, haletant, ils s'embrassèrent à nouveau comme si leur vie en dépendait pendant de longues minutes.
-fin lemon-
Ils se laissèrent finalement retomber, l'un à côté de l'autre, complètement essoufflés, les joues rouges mais se souriant avec bonheur.
-C'est plutôt bien de faire l'amour, plaisanta Fukaboshi.
Au même moment sa queue réapparut.
-Eh ben, c'était limite! commenta Umiko.
-J'en ai d'autres, fit le prince avec un clin d'œil malicieux.
-On devrait remercier Chopper, plaisanta Umiko.
-Et mère.
-Oui.
Umiko lui sourit et l'embrassa à nouveau. Puis, blottie contre lui elle observa la paysage paradisiaque autour d'eux, la plage, la mer à perte de vue et le corps de Fukaboshi contre elle. C'était parfait. Elle se releva légèrement pour atteindre son oreille, qu'elle s'amusa à mordiller puis lui chuchota :
-Je t'aime.
Fukaboshi était paresseusement allongé sur le lit, un air béat sur le visage, Umiko pensa que comme ça il ressemblait un peu à Luffy. L'homme triton avait délicatement posé sa tête sur le ventre de son épouse et le caressait amoureusement.
-Tu sais, il va pas partir, plaisanta Umiko.
-Chuut, tu crois que se sera une fille ?
Umiko sourit, Fukaboshi avait toujours été un peu trop sérieux mais apparemment, l'idée d'être papa l'avait rendu complètement gâteux. Et oui, elle était enceinte, depuis seulement deux mois mais son ventre avait déjà bien gonflé et rendait son état plus que flagrant.
-Chopper pense que vu l'état de mon ventre ce sera plutôt des jumeaux, expliqua-t-elle.
-Hm, mais des filles ou des garçons ?
-Ça on peut pas savoir, fit-elle en riant.
Fukaboshi caressa le ventre en réfléchissant.
-L'un ou l'autre je ferais tout pour être un bon père pour eux.
Umiko savait qu'il pensait à son père, même si elle partageait son avis, elle savait aussi que pour Neptune le choix n'avait pas dû être facile à prendre, mais il était encore moins facile à pardonner.
Surtout pour son fils.
Quand il se réveilla, il se sentit complètement moulu comme s'il avait fait une séance intense d'entraînement. Il ouvrit les yeux, regarda sa chambre avec difficulté, elle était en désordre.
Soudain, il se souvint.
-Umiko !
Fukaboshi se releva brusquement et malgré ses bleus et ses difficultés à se déplacer il se précipita dans la salle du trône pour retrouver son père.
Il y était, le visage ravagé par le chagrin, mais ce n'était rien face à l'état de son fils de douze ans qui, en plus d'être couvert de bleus, avait des traces flagrantes de larmes sur ses joues.
-Père! Quelqu'un a enlevé Umiko! S'écria Fukaboshi.
Neptune le regarda, les yeux emplis de larmes et l'air désespéré.
-N... Non...
Fukaboshi recula, faillit tomber, ça ne pouvait pas être vrai! Comment avait-il pu faire ça?
-Je suis désolé...
Son père avait parlé, sans même le regarder. Fukaboshi ne lui répondit pas, il sortit de la pièce sans se retourner, les poings serrés par la rage et le désespoir. Il avait fait enlever Umiko, elle devait sûrement se trouver maintenant quelque part dans le monde des humains. Umiko, seule, loin de lui. Tout ça à cause de leur monde fait de peur et de chimère, tout ça parce qu'il n'avait pas été assez fort pour la protéger.
Les trois frères avaient fait la promesse de protéger leur sœur, de devenir fort pour qu'un jour ils puissent voir le soleil. Leur mère leur avait demandé de ne pas haïr celui qui l'avait tué, mais Fukaboshi ne put pas.
Un humain l'avait tué, après tout ce que sa mère avait fait! Sa mère avait voulu qu'il soit heureux, il fit semblant. Devant son père, devant ses frères et sa sœur, devant le royaume entier il se força à sourire, il était le prince, il devait sauver son royaume. Mais lui, la seule personne qui pouvait le sauver avait été enlevée par son propre père!
Avec Ryuuboshi et Manboshi ils s'entraînèrent pendant de longues heures, le visage de leur mère entrain de mourir les hantaient tous les trois et aucun d'eux ne voulait plus voir quelqu'un mourir. Sauf que Fukaboshi, quand ses frères arrêtaient, à bout de force, lui il continuait. Même quand ses membres se mettaient à trembler, même quand la sueur l'empêchait de voir, même quand il était au bord de l'évanouissement, il continuait. Car quand le visage de sa mère disparaissait de son esprit, c'était celui d'Umiko qui le hantait à son tour. Et, alors que ses frères s'asseyaient, il se relevait et continuait, encore et encore. Plus d'une fois après ses entraînements intensifs il s'endormit sans s'en rendre compte à même le sol, plus d'une fois il se blessa à force de vouloir contrôler les ondes marines mais jamais il n'abandonna.
Il voulait devenir fort pour honorer la promesse faite à sa mère. Elle avait toujours été courageuse, plus que son père qui malgré sa force et sa taille avait toujours eu plus de mal qu'Otohime à se soulever contre les vielles coutumes. Il allait permettre aux hommes-poissons de vivre sur la terre ferme, sous le soleil. Et ainsi, il pourrait retrouver Umiko et alors, il serait devenu assez fort pour la protéger n'importe où qu'elle soit.
Malgré son apparence sérieuse et calme, à l'intérieur de lui bouillait une rage qu'il essayait d'étouffer mais il n'y arrivait pas. Ou seulement la nuit. Car quelque fois, il quittait le palais Ryûgû et allait se baigner. Une fois dans l'eau, les yeux fermaient, il pouvait s'imaginer nager avec Umiko comme ils le faisaient quand elle était encore là. Parfois, il arrivait même à sentir son contact, il pouvait rester des heures ainsi, sous l'eau, sans ouvrir les yeux de peur que quand il les ouvre tout soit fini.
Car quand il ressortait, sa rage revenait, encore plus forte.
Fukaboshi se tenait au milieu de la place, sur l'île des hommes-poissons. Il leur avait fallu attendre longtemps, mais maintenant ils avaient passé un cap, les humains et eux, pouvaient tout recommencer, ils allaient oublier leur vieille rancune et repartir à zéro.
Pour commencer, il s'était marié avec une humaine. Le mariage avait fait quelques vagues bien sûr, mais elle faisait partie de l'équipage de chapeau de paille, ceux qui les avait sauvés contre leur propre folie, et elle avait été l'Umiko qu'ils avaient tous connue quand elle était enfant. Et puis, ils avaient bien été autorisés à donner leur sang aux humains et vice versa, donc pourquoi pas se marier?
Mais aujourd'hui, ils étaient allé plus loin. Fukaboshi avait passé une main sur les hanches d'Umiko dans un geste de possession un peu puéril, et dans son autre main, serré contre son torse, il tenait un bébé. Mi-humain, mi-homme-poisson.
-J'ai l'honneur de vous présenter mes enfants ! Fit Fukaboshi d'une voix forte pour que tout le monde puisse l'entendre même à l'autre bout de la place.
Il y eut un silence, comme une hésitation de la part de la foule, puis l'équipage du chapeau de paille, qui se trouvait encore là, se mirent à hurler, à siffler, à rire ! Ceux qui doutaient encore des résultats d'une telle situation étaient partagé mais de plus en plus d'hommes-poissons se joignirent aux applaudissement. Ce fut d'abord les enfants, puis les adultes, un à un, rejoignirent la liesse générale. Et finalement, ce fut la foule entière qui se mit à applaudire.
Fukaboshi tenait dans ses bras sa fille, la peau dorée et les cheveux d'un blond presque blanc, ses petites mains et ses petits pieds étaient palmés, il la leva bien haut sans la quitter du regard.
-Voici, Otohime !
La foule accueillit la nouvelle venue en hurlant de joie face au choix du prénom du bébé et à sa beauté. Elle semblait à la fois si humaine et si homme-poisson. Au paravent ils auraient pensé voir un monstre, mais aujourd'hui, face à cet être minuscule ne demandant que de l'amour, ils ne purent qu'applaudir plus fort.
Puis Umiko éleva à son tour leur deuxième bébé, le jumeau du premier, un petit garçon, quelques cheveux bleus parsemaient son crâne, et il semblait totalement humain mais si on regardait bien, on pouvait apercevoir six minuscules branchies, trois sur une épaule et trois sur l'autre.
-Et voici Fisher Tiger !
Umiko avait toujours apprécié cet homme, même si elle savait qu'il n'aimait pas plus les humains que les autres, même si quand elle l'avait vu la première fois elle avait cru un instant qu'il allait la frapper, mais après un instant d'hésitation il s'était contentait de lui ébouriffer les cheveux.
Il était un des premiers à avoir combattu ses propres démons intérieurs, et quand Jimbeï lui avait raconté ce qu'il s'était passé avec Koala, cela avait confirmé ce qu'elle avait retentis. Il avait été un homme bon et elle avait voulu lui rendre hommage, pour ainsi perpétuer ses efforts.
Umiko aperçu Jimbeï dans la foule qui n'arrivait plus à retenir ses larmes, son ami pouvait enfin reposer en paix.
Son bébé gigota et se mit à gazouiller, suivi de près par sa sœur, le publique sous le charme, continua d'applaudir un long moment, certains versèrent même quelques larmes en se souvenant de tout ce qu'ils avaient du traverser pour en arriver là.
Fukaboshi et Mizùmi s'embrassèrent. Homme-poisson et humain, enfin réunit, ils pouvaient recommencer à espérer.
Umiko regarda ses deux anges dormir profondément, se tenant la main même endormis.
-On dirait vous deux quand vous étiez bébés, plaisanta Neptune.
Depuis quelques temps leurs relations avec le Roi s'étaient améliorées, apparemment les enfants avaient un effet positif sur tout le monde.
Fukaboshi se rapprocha de sa femme et la serra de toutes ses forces.
-Reviens moi entière, lui demanda-t-il.
-Je te le promets, fit Umiko avec un sourire.
Ils s'embrassèrent en y mettant tous les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre. C'était leur denier baiser, ils ne voulaient pas se séparer mais ils le firent. Après un dernier regard Umiko rejoignit son équipage, elle avait l'impression qu'on lui arrachait une partie d'elle-même mais elle voulait connaître le monde, l'île était trop petite pour elle.
Et puis, elle savait que n'importe où qu'elle aille, n'importe quoi qu'elle fasse, qu'importe le temps que cela lui prendrait, elle savait que Fukaboshi l'attendrait et qu'au besoin il viendrait la chercher.
-JE T'AIME !
Son cri retentit, puissant, empreint de vérité et vibrant d'émotions.
Elle avait été une petite fille qui rêvait de devenir une sirène, maintenant elle était une femme qui avait épousé le prince des tritons et qui accompagnait le futur roi des pirates, belle promotion, pensa Umiko en regardant l'île s'éloigner.
-Les amis! Direction le nouveau monde! Hurla Luffy complètement surexcité.
-Yatta !
L'avenir était radieux. Elle avait enfin cessé de rêver.
Et voilà La fille de l'océan est finis! :D j'espère que ça vous a plus! :D
N'hésitez pas à laisser vos impressions dans le petit cadre blanc en-dessous ;)
