Bonjoir! Voici le chapitre 2 de Unvanquished. Comme toujours, merci à chezchuckles pour m'avoir autorisé à traduire, à Hélo pour avoir corrigé et à chaque lecteur et reviewer pour avoir pris du temps pour lire. N'hésitez surtout pas à laisser des reviews, c'est le seul écho que j'ai de mon travail.
Disclaimer: Rien à moi, même pas cette fic, bla bla bla.
Enjoy!
Unvanquished - chapitre 2
Elle était assise dans sa cellule du secteur d'isolement préventif de la prison pour femmes de Bayview. La prochaine étape serait la maison de Correction de Bedford Hills, si elle y arrivait –sécurité maximale. Elle ne pensait pas que le procès allait jouer en sa faveur, mais elle ne pensait pas arriver à Bedford Hills vivante non plus.
Elle l'avait épousé.
Des larmes coulèrent sur son visage et elle se mordit violemment l'intérieur de la joue pour les arrêter. Elle tourna le dos à la porte et s'essuya les yeux, fixant le mur opposé à sa couchette.
Elle n'avait pas été libérée sous caution. Le procureur avait prétexté un risque de fuite important puisque Castle avait l'argent et les moyens de la faire sortir du pays, et même si son avocat avait proposé la restitution de son passeport et l'assignation à résidence, cela n'avait pas suffi.
Beckett était presque sûre que ça avait toujours été le plan.
Un jour, un garde la réveillerait avec l'ordre de la transférer dans la section générale. Elle résisterait –essaierait de protester – le confinement était pour sa propre protection – mais à la fin le garde la retirerait de la sécurité relative de sa cellule et la mettrait au milieu des autres.
La sécurité était minimale là bas, beaucoup plus de liberté de mouvement entre les prisonniers. Les papiers seraient faux, on finirait par le découvrir, mais d'ici là, Beckett aurait été battue à mort dans sa cellule collective ou elle se serait faite égorger en sortant des toilettes.
Elle savait comment ça se passait.
Elle l'avait épousé.
Elle allait faire de lui un veuf.
Son avocat lui tendit une note cet après-midi durant leur rendez-vous.
Amy et Greg.
C'était de la part de Castle, et c'était supposé lui donner espoir, mais cela ne fit que la paniquer.
Il ne pouvait pas –il ne pouvait pas – envisager de la faire évader.
Son genou était tellement raide que Simmons dû la porter à travers le hall jusqu'à l'infirmerie. L'infirmière ausculta sa rotule et fit une radio. Juste de grosses contusions, probablement un étirement des ligaments.
On lui donna une attelle et son temps à l'extérieur fut doublé pour la rééducation. Le soleil contre le sommet de son crâne fit battre son cœur plus vite dans sa poitrine, comme une colombe s'écrasant dans un filet.
Elle étouffa la sensation.
Les visites étaient autorisées de 9h à 14h les samedis, mais Castle était là dimanche après-midi –encore- et il avait une expression qu'elle n'aimait pas. Elle était mal à l'aise.
La vitre de sécurité entre eux était couverte de centaines de traces de mains, mais Rick y posa son avant-bras, ses doigts entourant les contours du visage de Kate, et il se rapprocha, ses yeux lui faisant l'amour.
Elle attendit une seconde, le corps rigide dans sa chaise, puis elle prit le téléphone orange sur le côté et le porta à son oreille, sentant la sueur de toutes les femmes incarcérées avant elle qui n'avait pas été lavée.
-Kate, souffla-t-il.
Elle ferma les yeux devant la beauté de son visage, se battit pour juguler ses émotions, chacune d'entre elles, les mettant à terre si elle ne pouvait pas les tuer dans l'œuf.
-Kate.
La force de sa voix, son ton indiquant que tout irait bien lui firent ouvrir les yeux.
Les doigts de l'écrivain caressèrent la vitre et elle pouvait le sentir, peau contre peau, comme s'il n'y avait rien du tout entre eux.
Elle fut prise pendant la nuit.
(C'était le refrain de sa vie, de toute sa vie : elle fut prise pendant la nuit. Sa mère, Beckett elle-même dans l'entrée de Castle, et maintenant ici.)
Elle se réveilla, la bouche raidie par les cauchemars, et découvrit qu'elle était poussée à travers la porte le long du grand couloir, des visages se pressant contre les vitres de sécurité, vers un autre couloir qui menait à la foule de la population générale, et Beckett –pour la première fois en deux semaines- pensa qu'elle allait mourir.
Mais Simmons la mena dans une autre direction que celle de la porte encore fermée Beckett pouvait voir à travers les barreaux des rangées de cellules de femmes dans le noir –couvre feu oblige.
Elle n'avait aucune idée de la forme que pouvait prendre son ennemi, mais elle savait d'où il venait.
Et elle en était éloignée.
Elle trébucha contre Simmons et la garde eut un mouvement de recul, immédiatement alerte et sur ses gardes, mais Beckett se contenta de grimacer et frotta lentement sa rotule, essayant de se débarrasser de la douleur qui revenait de temps en temps.
-Bouge, Beckett, ordonna Simmons sans animosité.
Les gardes n'étaient jamais méchants, vraiment. Ils faisaient leur boulot, faisaient en sorte qu'il soit le plus supportable possible, et rentraient chez eux retrouver leurs familles.
Beckett continua d'avancer.
Quand –au bout de ce nouveau couloir- Simmons ouvrit une porte blanche opaque sans vitre, Beckett commença à penser –une fois de plus- que c'était la fin.
Elle prit une profonde inspiration devant la porte, mais Simmons n'allait pas l'accompagner à l'intérieur à la place, elle incita Beckett d'un petit coup de coude et lui donna –était-ce l'ombre d'un sourire ?
Elle avait pensé que Simmons l'appréciait, et maintenant-
Oh.
Oh mon Dieu.
Castle.
Pendant que Kate restait figée sur le seuil, la porte se referma derrière elle et la poussa dans la pièce. Castle, anxieux et impatient de plaire en se tenant là seul, la rejoignit avec un sourire de désir sur le visage.
La pièce sentait les produits chimiques. Le genre de produits que Sunshine Cleaners utilisait quand les techniciens en avaient fini avec une scène de crime. Ça sentait les fluides corporels lourdement masqués et supprimés avec expertise. Avec un pincement au cœur, elle réalisa que cela lui rappelait Lanie.
Castle était presque devant elle à présent. Elle ne ferait pas un pas en avant. Elle ne le pouvait pas. Ceci –ce devait être un rêve ?
Les mains de l'écrivain sur son visage, sa bouche sur la sienne, et la chaleur humide l'enveloppèrent en un instant. Elle gémit et la langue de Castle s'invita dans la brèche, énergique et exigeante et tout ce dont elle avait besoin, tout il était tout.
Oh.
Visite conjugale.
Elle se laissa aller à ce moment là, le plâtre fragile autour de son esprit réduit en poussière et elle se jeta dans le baiser avec la force de la démolition, le sentit l'entourer de ses bras avec un grognement qui envoya de l'électricité dans sa colonne vertébrale et dans son ventre.
-Kate, gronda-t-il.
-Oui, oui, approuva-t-elle, à n'importe quoi, rien de plus, absolument tout.
Il pressa ses doigts dans ses hanches avec un grognement frustré, l'éloigna alors même qu'il passait sa langue sur le côté de son cou.
-Je voulais…
Il fit courir ses dents le long de sa jugulaire, elle chevaucha sa cuisse.
-Je voulais un peu de romance…
-Qu'elle aille se faire foutre.
Il était là elle le voulait. Il éclata de rire, essoufflé, et leva la tête pour la regarder, un désir vigilant dans ses yeux comme des puits sans fond.
-Toi d'abord. Mais regarde-
Il la poussa sur le côté, sans la lâcher. Leurs mains étaient entrelacées et ce n'était absolument pas acceptable elle avait besoin qu'il la presse contre cette satanée porte qu'elle venait de traverser et qu'ils se-
Oh. Oh il y avait un lit.
-Tu as amené… amené des draps de la maison.
Sa voix se brisa et elle cacha son visage dans le cou de Castle.
-On non, ne pleure pas. Si tu pleures, je ne serai pas capable de te faire toutes ces choses que j'ai rêvé de te faire ces quatre derniers mois.
Elle rit à ça, fort et cassant, mais ça marcha. Elle passa sa langue sur son cou, goûtant l'anxiété salée et le musc d'excitation sur sa langue.
-Tu sens bon.
-Ouais, mais est-ce que j'ai bien fait ? grogna-t-il, ses mains sur les coudes de la jeune femme pour l'attirer à lui.
Elle bougea ses hanches contre lui, haletant quand il glissa un genou entre ses cuisses en représailles. La paume de l'écrivain était brûlante sur le bas de son dos, pressante, et elle se colla à lui, agrippant sa chemise tandis qu'il réglait ses hanches à son rythme.
-Tellement bien, bégaya-t-elle, bouche ouverte au niveau de sa chemise, sa langue mouillant le tissu jusqu'à ce qu'elle puisse sentir la chaleur de sa poitrine en dessous.
L'autre main de Castle se posa sur sa hanche, glissant le long de sa cuisse pour la stabiliser, ses doigts rigides sur son muscle. Elle déboutonna sa chemise, se débrouillant pour finalement poser ses lèvres sur sa peau nue, le rythme de son cœur contre elle.
-Je t'aime, chuchota-t-il, et la pause dans sa voix pouvait passer pour de la peine, ou pour de l'excitation.
Elle s'obligea à penser que c'était la deuxième option et lui fit un suçon sur la poitrine, ses dents attrapant le bord de son pectoral tandis qu'il bougeait ses hanches contre lui. La main de l'écrivain se déplaça, sa bouche se posa sur sa tempe, expira un souffle chaud contre sa joue, trouva ses lèvres pour un baiser maladroit.
Le corps de Kate chanta.
Il caressa son genou, doucement, évaluant les dommages tandis qu'elle dormait/récupérait dans le lit. Ils avaient éteint les lumières au plafond, les tubes néons aveuglants, mais une lueur bleue émanait d'autour des deux portes –celle par laquelle elle était passée, et celle par laquelle il était venu.
Son genou, même dans la pénombre, était légèrement enflé et noir aux contours. Probablement un violet foncé, mais il avait l'air mal en point. Elle avait tremblé quand il avait passé la main derrière son genou pour la rapprocher de lui, mais elle ne l'avait pas laissé s'arrêter pour demander, pour imaginer, pour se sentir coupable. Elle l'avait trouvé et l'avait rapproché, et il s'était perdu dans le feu qui les consumait.
Castle remonta le long du corps de la jeune femme et s'allongea à ses côtés, passant précautionneusement un bras sous son cou jusqu'à ce qu'il puisse la serrer contre lui. Elle se rapprocha facilement, et s'il fermait les yeux, ils étaient de retour au loft, un vendredi soir passé à la maison, la respiration de Kate altérée à cause de lui mais maintenant rassasiée et apaisée.
Ils avaient eu une vie ensemble. C'avait été bien.
Les doigts de la policière se plièrent contre sa poitrine, commencèrent à bouger.
Il sourit à la sensation et ouvrit les yeux. Mais c'était l'obscurité bleutée qui l'accueillit et non l'ambre doré de la nuit à l'extérieur de sa chambre, et le sourire s'évanouit, brisé et inapproprié. Les doigts de la jeune femme firent un cercle autour du nombril de l'écrivain son corps se rapprocha.
-C'est pour ça que tu m'as épousée ?
Il laissa échapper une bouffée d'air, de rire ou de déconcertement, il ne pouvait pas en être sûr, et plia son bras pour approcher sa bouche de la sienne.
-Pour avoir accès à ton corps ? Absolument. Je me sentais en manque, Beckett.
Quelque chose dedans la gênait il pouvait le sentir à son hésitation, la tension qu'elle essayait de masquer en laissant glisser ses cuisses le long des siennes, mais il la stoppa en posant une main sur sa hanche.
-Quoi, souffla-t-il. Dis-moi.
Elle secoua la tête et ouvrit la bouche pour l'embrasser à la place.
-Dis-moi pour que je puisse l'arranger, faire en sorte que ça aille mieux.
-Ne m'appelle pas Beckett, dit-elle rapidement en lui grimpant dessus dans toute sa gloire, les mains sur la poitrine de Castle.
Elle avait vraiment l'air de Beckett en cet instant, et il ne savait pas pourquoi, mais il ne le referait jamais.
-Kate.
Elle hocha la tête et la baissa pour presser un baiser sur le sourcil de l'écrivain, au centre de son front, sur l'aile de son nez.
-Kate ici, murmura-t-elle contre sa peau. Beckett en dehors. Kate ici. Avec toi.
En dehors- ? Oh. En prison.
Merde. Oh merde, sa femme, sa femme-
Même quand elle entrelaçait leurs doigts ensemble, les bras étendus de chaque côté, même quand elle se pressait contre lui, le maintenant immobile, elle était toujours captive, enfermée.
Kate était en prison.
