Bonjoir! Voici le chapitre de la semaine, qui est l'exemple de l'angst version Unvanquished. Comme toujours, merci à chezchuckles, Hélo, les lecteurs et les reviewers de leur intérêt pour la fic (enfin, surtout pour les lecteurs et les reviewers là). Vous connaissez la chanson, une review ça fait plaisir et c'est le seul écho que j'ai du boulot qu'on fait Hélo et moi, bla bla. Ah oui, petit point pour éclaircir une notion du chapitre: les Nazi Low Riders sont un gang de skinhead nazis qui a ses origines en prison mais qui rayonne désormais jusque dans les rues. Voici donc le chapitre.

Disclaimer: LOL.

Enjoy! :)


Unvanquished - chapitre 4

Elle se rendit compte que sa jambe avait un tic nerveux, son pied tapant violemment de haut en bas, faisant trembler le banc. Beckett pressa sa paume sur son genou, laissant la douleur l'envahir ; elle arrêta de faire bouger la table.

Un regard salace jeté dans sa direction, le son de pas arrivant dans sa direction; Beckett garda la tête baissée.

On était mercredi –le pudding à la banane. Elle avait déjà posé le sien sur le plateau du leader du groupe des White Power ; elle n'avait plus rien à négocier. Du lait, mais elle l'avait bu en faisant la queue pour qu'on ne puisse pas lui prendre. Elle en avait besoin ; les os de ses poignets étaient si proéminents qu'elle se faisait peur à elle-même.

Le dosage de Castle était vraiment erroné à cause de ça. Il n'avait aucune idée du poids qu'elle avait perdu. Les matins étaient une bataille; c'était comme si elle se noyait.

Le déjeuner, mais elle était toujours à la traîne, trouvait toujours ça dur de garder ses yeux ouverts. Elle avait du mal à contrôler son corps, du mal à prévoir les attaques avant qu'elles ne viennent.

L'isolement n'était pas si isolé.

Une quinte de toux au bout de la table fut son seul avertissement.

La bataille pour la nourriture débuta.

Elle attrapa le poing avant qu'il n'atteigne son plexus solaire, se débrouilla pour faire passer son assaillant par-dessus son bras et le lancer par terre. Beckett se leva du banc et trébucha sur la femme, se retrouvant à genoux.

La douleur se propagea jusqu'à sa hanche ; elle serra les dents et se mordit furieusement l'intérieur de la lèvre, tirant assez de sang pour retrouver le contrôle de son corps.

Le coup de pied visait haut, mais Kate leva son avant bras à temps, attrapa le pied et le tordit. Un coup de pied fouetté dans son dos la mit à nouveau à terre; elle roula sous la table, jusqu'à l'autre côté. Une main sur son T-shirt la ramena violemment sur ses pieds ; White Power avait un rictus sur le visage.

-Hey, Pudding.

Beckett leva les deux mains et frappa les côtés du visage de la femme, sentit sa poigne faiblir, lui donna un coup de coude pour s'échapper et la contourna. Elle atteignit l'autre bout du réfectoire où le garde gardait précautionneusement les yeux ailleurs que sur elle.

Mercredi. Elle avait oublié. Simmons était en congé aujourd'hui. Merde, elle était foutue.

Beckett atteignit la chaîne entourant le réfectoire, s'appuya contre, et se défendit.


Locke manipula lentement son épaule ; Beckett siffla de douleur et reposa sa tête sur la table d'examination.

L'infirmière secoua la tête et gloussa. Gloussa.

Beckett voulait sortir d'ici.

-J'ai besoin d'une dose de cortisone, gémit-elle en repoussant les larmes.

La douleur allait –elle être supportable.

-Vous pensez, hein ?

Les doigts de Locke palpèrent le gonflement.

-Je le sais. J'ai déjà eu une blessure comme ça. A l'entraînement.
-Ah oui. Vous êtes celle qui était flic.

Beckett garda les yeux fermés, comme si le fait de ne pas voir l'air de jugement dédaigneux sur le visage de l'infirmière pouvait faire comme s'il n'existait pas.

-S'il vous plaît. Une dose de cortisone.

Elle serra les dents et donna un coup de pied contre la table d'examen tandis que Locke levait le bras de Beckett. Cette femme était une sadique.

-Laissez-moi finir l'examen et on verra.

Beckett resta silencieuse.


Quand le prisonnier de service lui donna son plateau repas à travers le trou, le lait éclaboussa. Beckett bu la petite flaque blanche dans le compartiment à couverts vide, puis mis son pouce dans la purée et chercha dans la texture crémeuse jusqu'à ce qu'elle soit sûre.

Elle mangea sa purée avec deux doigts et donna un coup d'œil au somnifère dans sa coupelle en papier blanc.

Castle avait des doses erronées, mais elle-

Il avait raison. Il n'y avait pas d'autre choix.

Elle ne supporterait pas six mois de plus. Et une fois que le procès serait commencé, elle se dit qu'il se passerait encore trois mois, vu que c'était une affaire d'importance.

Et puis ils la condamneraient, de cela elle était certaine. Peut-être qu'une prison de sécurité maximum serait mieux –moins de chances de se faire battre à mort par une prisonnière qui savait qui elle était. Mais elle n'allait pas pouvoir le savoir.

Beckett hésita avec la pilule pendant encore un moment, avant de la mettre dans sa bouche et de l'avaler avec le lait. Elle cilla devant la lumière au dessus de sa tête et écrasa la coupelle en papier dans sa main.

Elle utilisa son pouce pour fouiller dans la viande hachée, et sentit la piqûre contre sa peau, presque indétectable si elle ne l'avait pas cherchée.

Du verre. Du verre pilé.

Ils voulaient vraiment, vraiment la voir morte.


Simmons ne la regardait pas tandis qu'elle menait Beckett vers les téléphones des visiteurs. Beckett carra les épaules et essaya de deviner qui-

Oh mon dieu.

Elle s'arrêta au milieu du chemin et écopa d'un coup de coude sec dans ses côtes fêlées ; Simmons la jouait dure avec elle à cause des regards qui se posaient sur elles. Beckett se précipita en avant et se laissa tomber sur le siège de l'autre côté de la vitre qui la séparait d'Esposito.

Elle le fixa et il lui fit signe de décrocher le téléphone. Beckett déglutit et souleva le combiné, refusant de le regarder à nouveau.

-Tu dois partir.
-Ecoute-moi.
-Tu te mets en danger en venant ici.
-Je n'ai pas laissé Ryan venir, et il m'en veut, donc t'as plutôt intérêt à m'écouter.
-Appelle mon avocat. Parle-lui.

Elle bougea pour raccrocher, mais Esposito tapa sur la vitre, la faisant sursauter tellement violemment qu'elle grimaça.

-Beckett. Beckett, mets ton oreille contre ce téléphone. Beckett.

Elle prit le risque, lui jeta un coup d'œil.

Merde. Merde, elle l'avait fait pleurer.

Beckett replaça le téléphone contre son oreille et ferma son visage ; Esposito s'éclaircit la gorge et se frotta le front, cachant ses yeux. Elle ne dit rien.

-Tu sais que je suis aux Gangs maintenant ?

Elle hocha la tête ; il dut lever la tête pour la regarder et quand il le fit, elle essaya de sourire.

-Ça te va bien, Javi.
-Les grands pontes des Mœurs ont accepté un pot de vin.
-Ah ?

Mais elle le savait déjà, non ? Elle l'avait vu dans les yeux de ses chers compères hier au déjeuner.

-Je pense que les NLR ont fait pareil.
-Ouais, répondit-il. Merde. Les Nazi Low Riders – ils sont déjà venus te voir ?
-Javi. Ne dis pas un mot de tout ça à Castle.
-Tu sais que je ne peux pas faire ça. Ryan lui a déjà tout dit.

Elle ferma les yeux et pressa les lèvres, essayant de lutter contre la vague de désespoir qui s'abattit sur elle. Elle ne voulait pas que Rick le sache. Pas ça, pas une chose de plus.

-Est-ce que tu sais le montant de la prime sur ta tête ?

Elle répondit par la négative.

-Cinq cent mille.

Elle ouvrit brusquement les yeux ; tout l'air brusquement aspiré de ses poumons, et elle fixa son ancien partenaire.

-Oh mon dieu.
-On doit te faire sortir de là, Beckett.


Ce soir il y avait quelque chose dans le lait ; Beckett ne savait pas si c'était des fluides corporels ou quelque chose de vraiment dangereux, mais elle essaya d'avaler son somnifère à sec.

Bien sûr, ensuite elle le vomit –estomac vide. Beckett grogna contre elle-même et frappa le sol de sa main, se redressa et se dirigea vers la porte. Elle appela la gardienne et fut soulagée de voir que Simmons était en service.

La gardienne partit appeler la maintenance, puis revint et lui glissa un morceau de pain ; elle avait l'air de comprendre que rien sur le plateau n'était comestible. Kate repêcha la pilule et réessaya. Cette fois ci elle resta à l'intérieur.

Simmons l'avertit d'aller se tenir au fond de la cellule et Beckett sauta sur ses pieds, le dos tourné à la porte, les mains écartées sur ses flancs. Elle fut ensuite menottée à l'anneau au sol à côté du lit pendant que quelqu'un de la maintenance nettoyait.

Avec le dernier mouvement de la serpillère, quelque chose glissa dans sa direction. Tandis que le manutentionnaire se détournait et la bloquait momentanément à la caméra, Beckett le récupéra et le cacha dans sa paume, le cœur battant trop fort.

Quand le garde revint et lui enleva les menottes, Beckett leva les deux mains vers la poitrine et frotta ses poignets endoloris. Elle n'avait qu'un moment, mais elle cacha le truc dans son soutien-gorge.

On dirait un message.


On était en train de la secouer pour la réveiller ; sa tête était douloureuse et sa bouche sèche. Elle ne pouvait pas bouger.

-Beckett. Debout.

Elle essaya de déplier ses jambes, mais elles ne répondaient pas. Quand elle essaya de se retourner, son corps résista, son bras comme du chiffon, elle ne pouvait pas le sentir. On la roulait. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien n'en sortit.

Il lui fallut toute son énergie pour prendre une inspiration ça n'allait pas. Ce n'était pas censé se passer comme ça.

-Beckett. Debout. C'est l'appel.

C'était tellement lourd. Son corps plongeait. Elle ne pouvait pas remonter à la surface. Elle laissa l'air s'échapper de ses poumons, dans un soupir qui s'étira pendant longtemps.


La cour était trop illuminée ; Beckett essaya de protéger ses yeux avec sa main mais la lumière passait au travers. La note était toujours dans son soutien-gorge ; c'était la première chose qu'elle avait vérifié quand elle s'était réveillée et avait pu bouger.

Cette fois-ci ils ne l'avaient pas emmenée à l'hôpital ; ils l'avaient gardée dans l'infirmerie de son aile.

Dangereux. Très dangereux. Castle -ou quelqu'un d'autre- ne mettait pas les bonnes doses. Elle avait perdu énormément de poids et son anxiété atteignait des sommets ; ça devait affecter son métabolisme. C'était de plus en plus difficile de se remettre des effets chaque jour.

Il était déjà 4h de l'après-midi et elle venait de se lever. Locke l'avait fait sortir pour faire des exercices pour son genou, mais personne ne regardait. Elle ne pouvait pas faire d'exercice même si sa vie en dépendait.

Beckett se pencha pour masser son articulation et sortit la note de son soutien gorge ; les doigts glissant de sueur.

Une feuille de cahier enroulée, (oh mon dieu, l'odeur de la maison, de sa maison avec lui) et écrit au crayon à papier-

De l'écriture d'Alexis :

Mercredi.