Bonjoir! Voici le chapitre de la semaine, chapitre qui parle du pays où j'ai habité un an, les Emirats Arabes Unis, donc c'est forcément un bon chapitre parce que les EAU c'est le bien. Si si. Bref, comme toujours, un gros merci à chezchuckles, à Hélo, aux lecteurs et aux reviewers, et laissez une review bla bla vous connaissez la chanson.

Disclaimer: Même l'appart où on habitait aux EAU n'était pas à nous...

Enjoy! :)


Unvanquished - chapitre 5

Samedi. Il bougea sur le siège en plastique orange et pressa ses paumes humides de sueur sur le comptoir. Ses yeux scannèrent la vitre à sa recherche, mais elle n'était pas encore apparue.

Allait-elle venir ? Elle n'avait pas semblée enchantée par l'idée, et il ne pouvait pas prendre le temps de tout lui expliquer parce qu'elle était espionnée tout le temps, constamment, et il devait se contenter de lui donner des indices cryptés.

Il serra le poing et baissa les yeux vers le comptoir. Elle devait –il avait besoin qu'elle-

Il avait besoin d'elle.

Une tape sur la vitre lui fit lever la tête ; elle était debout mais s'appuyait lourdement contre la cloison, les yeux hagards, les doigts recroquevillés contre la vitre. Elle se laissa tomber sur le siège devant celui de l'écrivain. Le cœur de Castle s'accéléra et il décrocha le téléphone, la vit s'accrocher au combiné pendant un instant avant de l'amener à son oreille.

-Castle, dit-elle, et bien que sa voix n'était pas pâteuse, la pesanteur dans chaque syllabe, l'effort qu'elle faisait pour parler lui fit serrer les poings à nouveau.
-Hey, hey, mon amour.

Il sentit l'espoir venir à la vie dans sa poitrine et il se pencha avidement en avant, les paumes sur la vitre, le plus près possible.

-Ça marche. Merci. Merci mon dieu.

Les yeux de Kate étaient des puits sombres et accusateurs ; elle tenait à peine le coup.

-Je sais. OK, je sais, dit-il, luttant contre le sentiment de panique qui s'emparait de lui à la vision de Kate dans cet état.

Ses pommettes étaient tellement prononcées que des traits d'ombre creusaient son visage. Sa bouche était plus fine, ses cheveux ternes. Il savait que les pilules allaient avoir cet effet, savait que c'était un processus, préparant son corps pour la dose létale finale tout en établissant un motif médical officiel pour sa disparition éventuelle, mais c'était plus dur que ce à quoi il s'attendait.

-C'est trop, grogna-t-elle.

Elle leva le bras vers la vitre et le squelette à nu sous sa peau lui fit subitement la voir toute entière, tout ce qu'elle cachait sous l'uniforme orange, et l'effet épouvantail le fit se lever à moitié de sa chaise.

-Kate. Mon dieu Kate –tu es beaucoup trop maigre –pourquoi est-ce que tu ne mange pas ? Pourquoi diable-
-On doit a-arrêter, je ne peux pas le faire, murmura-t-elle dans le téléphone.

Il agrippa le cordon du téléphone, se rassit et se pencha en avant pour lui chuchoter.

-Tu le dois. Tu le dois. Je sais, je vais essayer de le faire bien, mais tu dois y arriver, Kate. S'il te plaît.

Les doses –si les doses n'allaient pas, elle allait faire un arrêt cardiaque avant que tout soit prêt, mais oh mon dieu, oh mon dieu, il ne pouvait pas récupérer ces pilules-

C'était déjà trop tard.


Il était allé à la bibliothèque publique et y avait fait ses recherches ; il n'était pas totalement stupide. Une vie à écrire des polars et des scénarios pour de soi-disant crimes parfaits avaient conditionné son cerveau à penser astucieusement, et ce qui semblait être une vie à faire partie de l'équipe de Beckett lui avait donné les tuyaux des procédures de police.

Il avait découvert que bien que la liste des pays sans procédure d'extradition était longue, elle correspondait également à celle des pays que la CIA jugeait dangereux pour les voyageurs. Il considéra la Côte d'Ivoire et même le Népal et les Emirats Arabes Unis, puisque ces pays étaient neutres et magnifiques, mais ce qui en ressortit fut que l'idée de vivre avec une femme mystérieuse (Beckett) en semi-réclusion en tant que Richard Castle était bien plus attrayante que de fuir.

Beckett parlait plusieurs langues, il le savait, et il était très tenté par la Russie, mais il devait d'abord lui demander –après qu'il ait passé une semaine à prendre soin d'elle dans son chalet des Alpes Suisses.

OK, non, ça c'était un rêve. Il n'avait pas de chalet. Mais il pouvait en avoir un facilement, et Alexis avait prévu de faire un semestre à l'étranger dans le cadre de ses études de médecine, donc ils pourraient tous se voir assez régulièrement. Il voulait croire les changements ne seraient que minimes.

Il commençait à croire que ça allait marcher, même avec sa relative célébrité qui les poursuivait, et le crime spectaculaire dont elle était accusée.

Il commençait à croire que ça pourrait vraiment arriver.

Kate Beckett allait mourir dans cette prison ou sinon –eh bien, elle allait mourir dans cette prison. De sa manière à lui ou de la leur.


Il avait amené des draps et cette chose en soie élimée qu'elle aimait tellement –un peignoir dans une vie antérieure, sûrement, mais maintenant il était tellement fin qu'il la cachait à peine à son regard. Pas de ceinture ; ils avaient refusé qu'il en amène une.

Il se tenait maladroitement dans le couloir du côté de la prison, puis vint s'asseoir sur le lit, puis se releva pour l'attendre au milieu de la pièce, puis il se redirigea vers le lit mais la porte s'ouvrit.

Elle trébucha dans ses bras et s'agrippa, ses doigts comme des serres dans ses biceps, son visage contre la poitrine de l'écrivain tandis que des larmes jaillissaient de ses yeux.

-Rick, souffla-elle et sa voix était faible, son cœur erratique et irrégulier dans son cou tandis que son pouls battait contre la peau de Castle.

Les doigts de la jeune femme parcoururent son ventre tandis qu'elle pleurait, ses mains au niveau du jean de son partenaire.

-Kate, non, chérie, tu-
-Meurs d'une manière ou d'une autre. Je te veux. S'il te plaît, ne me dis pas non.

Le cœur de l'écrivain manqua un battement à ces mots et il céda, se mordant la lèvre pour ne pas sangloter son nom, essayant de tenir bon.

-Jamais, jamais je ne te dirai non.
-Je n'arrive pas à croire que tu fais ça, murmura-t-elle, si faible même en ce moment, si fragile.

Il n'avait jamais imaginé qu'elle puisse devenir fragile, mais c'était le cas.

-Ce n'était pas censé faire effet aussi vite, souffla-t-il contre sa mâchoire.

Il pouvait sentir avec sa langue à quel point ses os pointaient sous sa peau fine comme du papier.

-Pourquoi es-tu si –pourquoi tu ne manges pas, Kate ? Mon dieu. Tu es émaciée.

Elle grogna et secoua la tête.

-Kate. Bébé, s'il te plaît. Mange s'il te plaît.
-Je ne peux pas. Il y a des trucs dedans. De mauvais trucs.

L'horreur de sa constatation –la pire partie ? Il n'avait aucune idée de si c'était vrai, ou si c'était de la paranoïa engendrée par les pilules. Il amena son crâne à sa poitrine et ferma les yeux, pressa son corps trop mince contre le sien et pria pour un miracle.


Le bassin de Kate saillait nettement de son corps, mais il suça les courbes nettes avec sa bouche, passant ses dents contre l'os. Elle s'arqua faiblement, mais ses cuisses s'accrochèrent aux épaules de Castle, serrant, et il dut presser ses paumes contre ses jambes et la maintenir.

Les mains de la jeune femme couraient dans le dos de l'écrivain, son corps appuyé contre le mur derrière le lit tandis qu'il avait la bouche à son nombril. Elle agrippa sa peau et il frotta son nez à la base de sa jambe, y plaçant un doux baiser.

Elle laissa échapper un sanglot et il leva la tête, mais les yeux de Kate étaient grands ouverts, pupilles dilatées, la bouche ouverte sur un essoufflement qui était magnifique et signe d'abandon. Il fit courir ses paumes sur les flancs de sa partenaire, étala ses mains par-dessus ses côtes, les doigts et les pouces recouvrant toute la surface de son corps. Il frotta la légère barbe de sa joue contre elle et elle se cabra contre lui.

Il sourit et entendit Kate lui souffler de bouger, mais il voulait prendre son temps avec elle, tout lui donner et la faire en vouloir plus. Il voulait remplacer la peur dans ses yeux par du feu –la manière dont il pouvait la capturer, et la faire brûler et s'embraser dans la nuit.

-Aime moi Castle, aime moi, aime moi-
-C'est déjà le cas, murmura-t-il et pressa un baiser contre sa peau, descendit ses mains le long de son torse.

Elle lui avait dit –mon dieu– elle lui avait dit il quelques mois avant tout cela, au milieu de leur passion, elle lui avait dit, je veux avoir cela. Et il avait ouvert les paumes le long de son ventre comme ça et elle lui avait pris les mains là, et c'est là qu'il avait su.

Il avait acheté la bague le lendemain, puis il avait perdu du temps, la transportant partout en attendant un moment magique qui n'était jamais venu.

Elle enroula ses doigts autour des oreilles de l'écrivain et le força à la regarder. Il avait du mal à respirer à travers le chagrin qui lui serrait la poitrine. Elle pressa une de ses mains contre la sienne sur son ventre, enlaça leurs doigts, et mena sa main à sa bouche, lui embrassant la paume.

Il la regarda dans les yeux, ces yeux tellement excités mais aimant et en deuil de lui.

-Rick. Ne t'arrête pas maintenant- je le veux aussi, tout de même. Mais d'abord-
-D'abord tout ça, murmura-t-il, et il savait qu'il était en train de pleurer mais il ne pouvait pas s'en empêcher.

Il baissa sa bouche vers celle de Kate et fit en sorte de la faire crier, la faire sangloter, la faire Kate et pas Beckett.

La faire oublier cet endroit et espérer pour un autre.


Il traça les lignes de son dos, penché au dessus d'elle ; ils avaient si peu de temps. Les bords de ses côtes cognaient durement contre sa main, donnant un aspect friable à sa peau. Il pouvait voir chaque courbe de sa colonne, vertèbre par vertèbre, comme un train le long de son dos.

Elle le regardait, la joue contre son bras, les yeux trop grands pour son visage. Il posa un léger baiser sur son épaule, faisant courir ses lèvres à travers l'ombre de la vallée de sa colonne vertébrale pour s'arrêter à son autre omoplate.

La main de la jeune femme se leva pour se poser maladroitement autour de sa tête, ses doigts caressant sa joue, ses sourcils, son pouce sur ses lèvres. Il lui embrassa la paume, bougea pour s'allonger à ses côtés pour qu'il puisse mémoriser son visage du bout des doigts.

Elle le regardait, les yeux affamés et envieux, lui demandant des promesses qu'il ferait avec joie mais qu'il n'était pas sûr de pouvoir tenir.

Tout de même.

Il posa sa paume sur sa joue et se pencha, respirant son souffle, partageant chaque tremblement de son cœur et sentant celui de Kate aussi.

-Kate.

Elle bougea alors, rampa contre lui, sur lui, blottie si serrée contre lui que sa peau commença à absorber celle de l'écrivain, son pouls se calquant sur le sien, et il espéra, il pria qu'elle résiste, qu'elle tienne le coup encore un peu.

-Encore deux jours, murmura-t-elle contre sa gorge.