Bonjoir! Voici le chapitre de la semaine, plus que 2 chapitres après celui là et nous devrons à nouveau nous dire au revoir jusqu'à ce que je dompte ma flemme et traduise une nouvelle fanfic. Encore et toujours merci à Hélo qui supporte tout l'angst et qui corrige vaillamment mes fautes, merci à chezchuckles pour avoir écrit cette fic et m'avoir autorisée à la traduire et à la publier, merci aux lecteurs qui lisent (#CaptainObvious) et aux reviewers qui reviewent (et le sel c'est salé et l'eau ça mouille). [Insérer ici mon speech sur les reviews parce que j'ai la flemme de le faire].
Disclaimer: Le sel c'est salé, l'eau c'est mouillé, Castle c'est pas à moi, Unvanquished non plus. Voilà, c'était un disclaimer-haiku.
Enjoy!
Unvanquished - chapitre 7
Alexis avait du travail, un job elle ; s'excusa et lui embrassa la joue avant de partir, et il était suffisamment brisé pour faire quelques pas trébuchants dans sa direction avant qu'Esposito ne lui attrape l'épaule et ne le ramène.
Lanie les fit attendre dans son bureau ; le temps était leur ennemi. Javier le fixait, murmurant en espagnol, et Castle connaissait assez d'insultes pour savoir qu'il était habillé pour l'hiver. Il pressa ses poings contre ses yeux et essaya de ne pas penser, mais il était un putain d'écrivain, et tout ce que son imagination savait faire était penser.
L'hôpital ne leur avait pas encore livré le corps –Kate. Lanie disait que cela prenait du temps. Cela prenait du temps. Tout prenait du temps, mais on était mardi et le temps avait cessé d'être son ami.
Et il savait ce qui lui arrivait –si ça avait marché. Il le savait. Il pouvait tout voir.
La paralysie, une telle difficulté à respirer qu'elle se sentirait comme noyée, comme si sa poitrine était trop lourde, comme si elle n'allait plus jamais être capable de prendre une profonde inspiration.
Des gens autour d'elle, déconnectant les tubes, ne l'entendant pas crier –sa voix piégée dans sa tête, sa voix qui n'était rien.
Incapable de bouger, incapable de ciller ou de faire en sorte que quelqu'un la remarque, des gens lui passant à côté sans s'arrêter et son corps qui ne lui obéissait plus, puis des mains la transféreraient dans un sac noir, la fermeture éclair remonterait au dessus de sa tête en un flash, puis le noir. Et Castle n'avait jamais eu le temps de la prévenir de ce qui se passerait parce qu'il avait peur qu'elle ne le fasse pas-
Il avait fait le choix à sa place parce qu'il avait tellement besoin d'elle, et maintenant elle était seule, paralysée et effrayée dans le noir, seule.
Il entendit la livraison, le brancard qui s'approchait, et il sauta sur ses pieds pour la rejoindre, mais Esposito bloqua la porte et mit ses mains sur les épaules de l'écrivain dans une prise douloureuse, le forçant à se rasseoir sur le bord du bureau de Lanie.
-Tu ne vas pas risquer notre liberté à tous en sortant d'ici avant que Lanie ne soit venue nous chercher ; gronda Esposito. Tu aimes Beckett ; on a compris. Je ne vais pas te laisser tout ruiner pour nous maintenant.
Il s'assit, les poumons figés comme de la pierre. Comme ceux de Kate.
La morgue se vidait. Lanie était de garde de nuit de toute façon ; elle arrivait souvent tôt. Personne ne remarquerait, surtout en sachant que sa meilleure amie était morte-
Oh mon Dieu, aidez-les. Aidez-les. Kate.
Il pressa ses coudes contre ses cuisses et enfouit sa tête dans ses mains, essayant de respirer. Il n'arrivait pas à respirer. Kate ne pouvait pas respirer ; elle avait besoin – il avait besoin de la rejoindre, parce qu'elle était toute seule et elle ne pouvait pas bouger et il lui avait fait une chose terrible. C'était entièrement sa faute.
-De la poudre de zombie, souffla Esposito.
-Ferme ta gueule, Javier, grogna-t-il en levant la tête pour le fixer.
La mâchoire d'Esposito bougea, il ferma la main comme s'il voulait en faire un poing, mais il se tut. S'assit.
Ce fut Alexis qui vint le chercher ; il se précipita à sa suite, marchant rapidement, essayant désespérément de ne pas courir, et Alexis le conduisit le long du couloir, à travers une autre pièce, jusqu'à la chambre froide où les corps étaient conservés.
-Est-ce qu'elle va bien ? souffla-t-il.
-Papa, dit doucement Alexis en le regardant tendrement.
-Ouais, ouais, question stupide. Elle est nue et paralysée et couchée dans un frigo mortuaire et-
-Papa.
Il hocha la tête, la gorge serrée, et la suivit à l'intérieur.
Lanie était déjà en train d'ouvrir le sac noir. Il se précipita au côté de Kate et s'arrêta brusquement quand il la vit.
Morte. Elle avait l'air morte. Elle avait l'air morte. Et c'était sa faute.
Il tendit la main et lui caressa la joue ; elle avait les yeux fermés. Quelqu'un lui avait fermé les yeux. Oh, oh, dieu merci, quelqu'un lui avait fermé les yeux. Elle avait l'air froide et seule, mais quelque part-
Il pressa ses lèvres contre son front et fut rassuré de sentir la peau souple. Pas chaude, pas totalement, mais pas froide, pas morte non plus.
-Kate, murmura-t-il en tâtonnant pour trouver sa main sans regarder, les doigts caressant sa hanche nue, remontant le long de son flanc tandis qu'il la serrait. Kate, je t'aime, je t'aime. Je suis tellement désolé, mais tout va bien se passer. Tu vas t'en remettre.
-Castle, je dois faire ça, dit Lanie en le poussant.
Il leva les yeux de sa femme, vit que Lanie essayait d'atteindre Kate mais qu'il la bloquait.
-Oh, dit-il, et il se déplaça vers la tête de Kate en lui relâchant la main pour caresser ses tempes, lui embrasser le front à nouveau, mettant ses lèvres vers son oreille pour la rassurer.
-Kate. C'est moi. Ça va aller.
Pitié, faites que ce soit vrai.
Pitié, faites qu'elle soit vivante. Quelque part.
Lanie le regarda longuement, la seringue et l'aiguille dans ses mains semblant trop grandes, trop mortelles.
Il prit une inspiration. Il pensait qu'il serait peut-être mieux de ne pas dire à Kate ce qui allait se passer.
-Elle est probablement inconsciente en ce moment, dit Lanie.
-Alexis, grinça-t-il.
Sa fille vint derrière lui et l'enlaça, son menton sur l'épaule de son père.
-Elle est probablement inconsciente, papa. Lanie a raison. Lanie a dit qu'elle a eu une mauvaise crise, qu'elle avait vomi ? Elle est peut-être paralysée, mais je parie qu'elle n'est pas réveillée. Je parie qu'elle ne va pas savoir ce qui va se passer. OK ?
Il hocha la tête en direction de Lanie.
-OK.
-Un.
Lanie leva l'aiguille au dessus de la poitrine de Kate.
-Deux.
Son cœur commença à s'affoler ; il enfouit ses doigts dans les cheveux de Kate.
-Trois.
Elle plongea l'aiguille dans le cœur de Kate Beckett.
Rien ne se passa.
Il ferma les yeux et pria.
Alexis lui murmurait des choses, les mains par-dessus les siennes, essayant de l'éloigner.
-Ne me touche pas. Ne me touche pas. Kate.
Il baissa la tête contre la sienne, ne trouvait pas le courage de respirer.
Un sanglot lui déchira les entrailles et il pressa sa bouche contre son œil, sa joue, une litanie d'amour féroce émanant de lui.
-Caste, ça fait-
Et ensuite une inspiration, un râle, et Lanie se figea.
-Elle essaie de respirer, dit-il.
-Oh mon Dieu.
-Elle essaie de respirer. Lanie. Aide-la.
Il pouvait sentir son pouls à présent, erratique et étrange sous ses doigts. Il pouvait sentir le léger mouvement de son index contre sa paume.
-Je sais, je sais, Kate. Je suis là.
Il pressa sa bouche contre son poignet, le pouls fit un bond à son toucher.
-Oh mon Dieu, Kate. Je sais. Je sais.
Lanie le poussa sur le côté et prit le pouls elle-même, puis bougea à nouveau, ajustant les niveaux d'oxygène.
-Tu es vraiment chanceux qu'on ait justement cet équipement ici, Richard Castle.
Il n'en avait strictement rien à faire. Il s'en fichait. L'oxygène courait dans le corps de la jeune femme, un soupir et la vie, et il n'avait d'yeux que pour Kate.
Alexis revint dans la pièce ; ils avaient bougé Kate de la chambre froide à une salle d'autopsie vide, Castle l'avait habillée d'une blouse d'hôpital que Lanie avait trouvée, l'avait entourée des couvertures de survie que Ryan avait amenées. Castle n'avait jamais eu l'intention d'impliquer autant de monde ; il voulait simplement faire sortir Kate, le faire seul, les risques réduits à eux seuls, mais ils avaient créé une famille avec ces gens et il voyait désormais à quel point ça avait été injuste, de les laisser dans le noir.
-Papa, dit gentiment Alexis. Il faut qu'on la bouge. L'école de médecine a une étude de cas ici dans trente minutes.
Il se pencha sur sa femme et pressa ses lèvres contre sa joue, caressa son oreille de sa bouche.
-On va te déplacer hors de là, Kate, ma chérie. OK ? On va te bouger. Reste concentrée sur ta respiration, essaie de respirer.
-Je te garde branchée sur l'oxygène, Kate.
Alexis desserra le frein de la bouteille d'oxygène et l'amena sur le côté du brancard.
-Papa, on l'amène dans le bureau de Lanie.
-Le brancard ne va pas tenir-
-Non, pas le brancard. Ils en ont besoin pour l'étude de cas. J'ai besoin que tu la prennes dans tes bras, et que tu me suives de près pour ne pas que l'oxygène ne se débranche.
-Oui, d'accord, dit-il en hochant la tête.
Alexis le regarda longuement, de la force dans les yeux, puis Castle passa lentement son bras sous le cou de Kate. Son corps bougea.
-Hey, je te tiens. Ça va aller. Je vais te porter, Kate.
Il passa précautionneusement son bras sous ses genoux ; son corps était tellement long qu'elle s'affaissa contre lui, mais tellement léger que c'était comme soulever un oiseau – tout en os creux et ailes brisées. Il l'ajusta contre lui, amena sa tête contre son épaule, puis passa son bras dans son dos. Alexis plia la couverture de survie et la posa sur les genoux de Kate. Castle ferma les yeux et pressa ses lèvres contre la joue de sa femme, murmurant dans son oreille pendant un moment, des mots qui n'avaient aucun sens il en était sûr, mais il ne pouvait pas la laisser penser qu'elle était seule.
Alexis hocha la tête et poussa la bouteille d'oxygène vers la porte.
-Si je vois quelqu'un, papa, on va devoir trouver une pièce vide et s'y cacher. OK ? Donc fais attention.
-Oui.
Elle tourna la tête pour le regarder, sa fille si belle et si courageuse.
-Tu peux le faire.
Il inspira longuement, l'odeur âcre de la morgue dans ses narines, mais ses bras si occupés.
-Je peux le faire, lui dit-il.
A toutes les deux.
Il ne pouvait pas la lâcher ; ses bras ne semblaient pas lui obéir. Il s'appuya contre le mur en s'asseyant sur le sol du bureau de Lanie, les jambes étendues devant lui et Kate serrée contre lui. Il la serrait contre lui parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre. La bouteille d'oxygène était sur le sol à côté d'eux, attachée au petit tube, la canule, qui lui entrait dans le nez. Elle était toujours entourée de la couverture de survie ; elle faisait un bruit affreux à chaque fois qu'il bougeait. Son postérieur et ses jambes étaient engourdis, mais il ne pouvait pas la lâcher. Il pressa ses lèvres contre le cou de la jeune femme, les yeux fermés, respirant son odeur, prenant son pouls avec sa bouche.
Lanie venait les voir périodiquement ; Alexis avait suggéré qu'ils se mettent hors de vue de la porte, donc ils étaient derrière le bureau de Lanie. Ryan et Esposito étaient au loft pour récupérer les valises qu'il avait faites il y a des lustres.
Dans l'espoir qu'elle se réveille. Dans l'espoir qu'elle soit capable de respirer suffisamment en étant paralysée pour ne pas causer de dommage cérébral permanent. Dans l'espoir que les doses de toxine qu'il lui avait administrées –un somnifère à la fois- avaient marché et lui avaient permis de mettre en place une légère résistance au poison pour ne pas que ses organes vitaux ne succombent.
Il inspira et fit courir sa main le long de son bras, sans pouvoir s'empêcher de poser sa paume sur son ventre, frottant ses doigts contre la blouse.
-Kate, murmura-t-il. J'ai besoin que tu te réveilles. J'ai besoin que tu ouvres les yeux et me regardes.
Il plaça un baiser sur sa pommette, se baissa vers sa bouche pour y rester au dessus, incapable de la priver de son souffle fragile pour ne serait-ce qu'un instant.
-Kate, s'il te plaît.
Il frotta sa joue contre le haut de sa tête, séchant les larmes renégates, puis posa un léger baiser sur la courbe de sa mâchoire. Il pouvait sentir son pouls s'emballer où qu'il posait sa bouche.
-Je te sens, Kate. Je te sens, tu essaies de bouger. Respire, chérie. Contente-toi de respirer et le poison s'en ira. Je te le promets. Il s'en ira tant que tu continues de respirer.
