Hello !

Je vous remercie beaucoup pour vos commentaires, c'est super gentil !

Bonne lecture ;)


Denpasar, aéroport et également chef-lieu de la province de Bali, accueillait ses nouveaux arrivants avec un joli 29°C, un très doux vent et un soleil au rendez-vous.
Ils étaient tous ravis d'avoir débarqués enfin sur la Terre promise après un très long vol.
Pour certaines personnes, le voyage avait été insupportable, le plus horrible du siècle et ce fut, remettant ses lunettes de soleil sur le nez, dans une humeur morose et grise que l'agent immobilier américain débarqua sur le sol balinais, le visage tiré. Ses yeux étaient en pire état encore, son moral était au niveau zéro, non au niveau -273°C. Il ne sentait pas sa colonne vertébrale, des courbatures le saisissaient de partout et il avait un caractère de chien.

Elle, par contre, rayonnait comme le soleil. Un sourire satisfait et imperceptible naissait sur ses lèvres, elle était visiblement contente d'avoir pu échapper à ses adversaires, aux autorités fédérales américaines mais elle ne demeurerait pas impunie.

Il lui pourrirait la vie !
Il ferait un bon geste citoyen et lui pourrirait la vie de façon à ce qu'elle ait marre de lui jusqu'à la moelle. Elle le vomirait et elle ne gagnerait pas cette bataille ! Surtout après lui avoir gâché son vol de vingt-sept heures ! Il ne savait pas ce qu'on faisait exactement à Guantanamo mais elle lui avait fait subir un traitement digne de cette prison. Une odieuse femme.
Un monstre du KGB. Une représentante d'Hadès.

Shikamaru ruminait de sombres pensées lorsque la jeune femme, jetant un œil panoramique avec ses yeux de faucon, se tourna vers lui, curieuse.

- Alors ? On prend un taxi ?
- Cessez de m'ennuyer. J'étais censé vous aider à passer la frontière, maintenant vous êtes priée poliment de sortir de ma vie.

Ces propos s'étaient échappés de sa bouche à son insu.

Son cerveau disait tant de mal sur la blonde mystérieuse depuis des heures que ses cordes vocales avaient exprimé haut et fort son opinion négative sur son accompagnatrice. L'humeur de cette dernière changea tout de go. Si quelques minutes auparavant, elle irradiait de satisfaction, actuellement, son ciel s'assombrissait brusquement et menaçait de faire pleuvoir un déluge. Déluge qui s'abattrait sur Shikamaru, évidemment.
D'accord, il était vrai qu'elle lui avait simplement demandé son aide pour quitter le sol américain sans que ses faits bancaires ne permettent à ses poursuivants de la retracer mais il n'allait pas réellement l'abandonner ici, la livrer à elle-même dans un pays étranger, aux us et coutumes étrangers, à la langue inconnue.
Même si ses poches étaient pleines de dollars, elle n'allait pas pouvoir survivre sur une terre dont elle ne connaissait rien. Elle avait besoin d'un traducteur, de quelqu'un qui connaissait le quotidien. Oui, en Europe, elle débarquait où elle voulait quand elle le voulait et seule, mais Bali n'était pas l'Europe ! Comment se comporter, communiquer avec les habitants si elle n'avait aucune base en balinais et eux en anglais ?
Elle avait besoin de lui comme pied à terre. Comme le faire revenir sur sa parole ? Il la craignait, ça elle l'avait bien saisi. Quitte à salir un peu plus sa réputation, autant en jouer pour obtenir ce qu'elle désirait.

- Très bien, je note.
- Je note ? Ça veut dire quoi, ça ? releva, brûle-pourpoint, l'agent immobilier dépourvu de son assurance.

Touché. Elle l'avait dans la poche si elle jouait de la personnalité criminelle qu'il lui attribuait. Sans révéler un air victorieux, elle soutint son regard avec neutralité et froideur, de sorte que ses ardeurs de rébellion se refroidirent immédiatement.

- Quelqu'un va venir nous chercher, parvint-il à articuler, la gorge nouée.

Et il n'avait pas menti.
Un homme, vêtu d'une grande tunique blanche crème qui recouvrait un pantalon en toile marron, probablement entre la trentaine et la quarantaine les accueillit avec un sourire courtois et s'enquit, à la déduction de Temari, du voyage auprès du Nara qui répondait sans aucune difficulté linguistique. Le fourbe.
Il pouvait la dénoncer aux autorités balinaises sans qu'elle ne puisse se défendre ?! La panique engendrée par cette réalisation s'évanouit aussitôt qu'elle songea à la tête apeurée qu'il avait arborée l'instant d'avant. Il la craignait trop pour tenter quelque chose d'aussi stupide. Elle pouvait être rassurée de ce point de vue-là d'autant que les deux hommes communiquaient plutôt avec entrain, de bonne humeur même.
L'agent immobilier lui jeta un regard rapide pour lui signifier qu'elle devait le suivre et elle ne se fit pas prier, pas question de rester seule dans cet aéroport. Elle prit place dans la petite voiturette que conduisait le Balinais tandis que le Nara prenait place à ses côtés, toujours en discutant courtoisement.
Il lui semblait qu'il faisait exprès de la tenir à l'écart de leur conversation et elle lui fit bien comprendre qu'elle ne tomberait pas dans son piège. Elle détourna la tête pour observer le paysage balinais inconnu.

L'Île des Dieux, comme on plaisait à la surnommer, était une magnifique province d'un archipel en Indonésie, charmait la jeune femme par ses rizières, ses volcans, ses montagnes et son lac. La ville et l'aéroport étaient déjà bien loin derrière eux et elle percevait déjà les éléments naturels qui annonçaient la côte.
La mer.
Oui, la mer n'était pas absente de ses escapades et elle avait eu le loisir de profiter pleinement des plages paradisiaques mais la simple idée de tremper ses mollets dans l'eau indonésienne, éloignée et délivrée de ses traqueurs, l'esprit léger, la mettait de bien meilleure humeur.

Elle était radieuse à nouveau, qu'est-ce que cela cachait ?
Elle lui préparait quelque chose de fourbe, encore ? Cela semblait logique. Quelle galère.
Il était enchaîné à ses chevilles, soumis à ses ordres, esclave de ses pensées. Qu'allaient-ils faire maintenant ? Allait-elle le traîner par toutes les contrées jusqu'à ce qu'Interpol les retrouve ? Allait-il devoir se saigner pour subvenir à leurs besoins si Bonnie faisait la radine ? Quelle galère.

Après une vingtaine de minutes de route, le paysage avait totalement délaissé le manteau verdoyant pour des terres ensablées. Ils quittèrent le petit centre-ville de Sanur et remontèrent une petite montagne qui leur offrait une certaine tranquillité. Il y avait des petites cases çà et là, des enfants jouaient dans la rue gaiement, d'autres sortaient de la pêche, accompagnaient un parent et quelques touristes revenaient également de la plage prisée qu'offrait Sanur.
Où est-ce que la voiture s'arrêterait ?

Temari n'eut pas à poser à voix haute sa question que leur conducteur s'engageait dans un petit sentier intime, qui passerait presque inaperçu et elle découvrit avec stupeur qu'à mesure ils avançaient, une belle allée se dessinait, bordée de fleurs tropicales. Sa surprise s'accrut lorsqu'elle vit se dresser une superbe demeure au design saisissant.
Deux étages s'érigeaient, alliant bois noir et béton avec raffinement, exotisme et urbanisme et ouvraient ses grandes portes comme des bras chaleureux.

Shikamaru sortit de la voiture avec toute sa nonchalance habituelle, remettant ses lunettes sur ses yeux si fragiles face à la violence du soleil et passa une main sur son front ruisselant de sueur. Ah, l'humidité était une chose non négligeable à Bali, il allait devoir s'y habituer de nouveau. De plus, voyant la réaction plutôt grandement positive de Bonnie, il devinait qu'il allait passer un moment à Sanur. Galère, pas que cela le dérangeait car il appréciait beaucoup sa maison et les Balinais mais cohabiter plus longtemps encore avec Bonnie le désenchantait grandement.
Ladite Bonnie accordait un sourire poli au conducteur avant qu'il ne le remercie pour leur course et se fasse interpeller par l'homme avec qui il s'entretenait à Miami. Temari saisit sans problème qu'avec cet inconnu, Shikamaru était beaucoup plus amical qu'avec le conducteur qui repartit avec sa voiture, ce qui sous-tendait une bonne amitié. Et comme avec le chauffeur de taxi, l'agent de Miami s'entretint avec le nouvel arrivant dans un balinais parfait qui l'exclut de la compréhension de la discussion.

- Salut, vieux frère !
- Alors comme ça tu reviens au bercail sur un coup de tête ?

Les deux hommes s'embrassèrent amicalement, par de grandes tapes dans le dos, soutenant leurs épaules, riant joyeusement. Temari était assez intriguée à vrai dire. Elle ne connaissait pas le Nara depuis très longtemps mais elle ne l'avait, jusqu'ici, pas vu rire et c'était tout à fait...troublant. Grincheux savait rire ?

- Dis donc... je comprends pourquoi tu es venu. Tu sors le grand jeu ?
- C'est-à-dire que...
- Je te comprends. Elle a l'air d'en valoir la peine.
- Non, Balraj, ce n'est ...

Shikamaru interrompit sa phrase, se souvenant du contrat qui le liait à Bonnie. Comment allait-il expliquer qu'il la suivait à contrecœur, parce qu'il n'avait pas le choix et qu'il s'agissait d'une question de vie ou de mort ? On le connaissait célibataire, fils unique et prétexter qu'elle était sa cousine... lorsque sa mère reviendrait, elle réfuterait tout et cela créerait encore des galères. Autant ne pas nier.
Sous les yeux écarquillés de son ami, l'agent soupira lui faisant comprendre qu'il avait raison.

- C'est une super nouvelle d'autant que la mienne n'est pas géniale.
- De quoi tu veux parler ?

On les avait déjà retrouvés ? Mais...déjà ?! Où allaient-ils aller maintenant ? Repartir pour fuir déjà ? Mais où ? Et quand cesseraient-ils de parcourir le monde ? Le dénommé Balraj perdit encore des couleurs alors qu'il cherchait les mots pour annoncer à son ami la mauvaise nouvelle.

- Que se passe-t-il, Balraj ?

Le Balinais baissa la tête, afficha une mine compatissante avant de prononcer les mots qui transpercèrent l'agent immobilier. Temari le vit soudainement devenir livide, manquer de vaciller et fronça immédiatement les sourcils, soupçonnant quelque chose de grave.

- Shikamaru ? s'enquit-elle, son regard ingénieux transitant entre l'homme et le Nara.

Ce dernier sortit brusquement de sa bulle et se rappela de sa présence. Il se tourna vers elle, complètement abasourdi, désemparé et elle commença à imaginer de multiples scénarios dans sa tête. Shikamaru se refusait à assimiler la nouvelle tant celle-ci était insoutenable. On pourrait le lui répéter une centaine de fois, il n'en reviendrait toujours pas.

Maintenant, il était dans la pire des galères au monde.
Aucun auteur sadique n'aurait jamais imaginé un tel scénario pour son personnage. Le Royaume d'Hadès s'était réellement ouvert à lui. Le gouffre s'était formé, s'était approfondi et ne disparaîtrait jamais. Il ne sut pas où il trouva la force d'articuler sa pensée désorganisée. Pourtant, il devait mettre au courant la jeune femme qui s'inquiétait à mesure que son silence s'allongeait.

- La... la situation ... s'est... a...empiré, avoua-t-il.
- Que se passe-t-il ?

Sa voix tremblait presque sous sa peur non dissimulée, il serra ses mains l'une contre l'autre, humecta sa lèvre inférieure, passa une main sur son visage, sentant un mal de ventre le saisir. La nausée, la fièvre, une paralysie faciale semblaient s'acharner sur lui tant il se sentait mal et c'est la lèvre tremblante qu'il ouvrit la bouche prêt à expliquer leur maudit sort à la jeune femme dont la patience avait atteint ses limites.
Seulement le son qui s'échappa de sa bouche fut drôlement plus bruyant et strident qu'il aurait dû l'être et il figea les trois jeunes trentenaires qui cessèrent de respirer.

- SHIKAMARU DAISUKE YOSHINOBU NARA ! s'époumona une voix forte, sa propriétaire fonçant telle une tornade vers eux.

Le décompte s'était enclenché. L'ouragan était lâché. La catastrophe serait dévastatrice.

Shikamaru déglutit, voyant son pire cauchemar s'avancer à grands pas avec la vitesse d'un TGV, relevant de la poussière sous ses talons, ses beaux cheveux bruns fouettés par son élan vif, ses yeux marron lançant des éclairs mortels. Il allait passer un sale quart d'heure. Un hyper mauvais sale quart d'heure.
Ladite tempête cyclonique fonça sur l'agent immobilier, le saisit par le col avec violence et brutalité et une chose plus horrible encore se fit : elle ouvrit la bouche. Et un flot de paroles et de son strident, perçant et douloureux pour les tympans jaillit :

- COMMENT AS-TU PU ME FAIRE ÇA ?!

Shikamaru ne tenta même pas de répondre car il ne put formuler une réponse ni même essayer de la sortir de sa bouche tant la figure maternelle le secouait comme un faible prunier. Elle était véritablement en pétard. Il paierait lourdement les conséquences. Galère.

- TU N'ES QU'UN ENFANT INGRAT ! TU NE ME DONNES AUCUNE NOUVELLE, JE DIS BIEN AUCUNE NOUVELLES, TU NE RÉPONDS PAS À MES APPELS, TU REFUSES QUE JE VIENNE CHEZ TOI ET TU DÉBARQUES DANS MA MAISON SANS ME PRÉVENIR ?!
- Euh, Madame...tenta ledit Balraj, embarrassé.
- Vous, taisez-vous ! Mêlez-vous de vos affaires ! coupa Yoshino, dans un balinais impeccable. Et toi, petit garnement... QUE FABRIQUES-TU ICI ?

Shikamaru sentait déjà les effets de strangulation exercée par la poigne de fer maternelle. Il aurait bientôt le tournis à force d'être secoué comme un vulgaire pantin de bois. Temari aurait pu trouver cette situation comique mais voir les deux hommes paniquer la faisait réfléchir.
Ce bout de femme effrayant n'était pas plus terrifiant que ses traqueurs et elle put déduire sans mal que la ravissante femme à la magnifique chevelure brune était une parente de son agent immobilier. Elle scruta les sourcils, la couleur chocolat des yeux, les lèvres fines, la peau blanche et inévitablement, un petit sourire prit naissance dans le coin de sa bouche.
Celle de la femme brune vociférait des insultes innombrables et conséquentes à l'égard de son fils qui les accusait sans broncher, de son air blasé continuel, ce qui enrageait sans doute sa mère dont la fureur ne décroissait pas d'une once.

- Pourquoi ne t'as-tu pas dit que tu venais ici ?! Et réponds un peu, mal élevé ! tonna-t-elle, pinçant les deux oreilles de son enfant. COMMENT PEUX-TU OSER ME FAIRE ÇA, SHIKAMARU ?! DAISUKE YOSHINOBU RÉPONDEZ-MOI IMMÉDIATEMENT ET SANS MENTIR !

Parfois, Shikamaru se demandait si sa mère le connaissait réellement. Ne savait-elle pas qu'il ne mentait pas ou presque jamais ? Parce qu'évidemment, pour louer les qualités d'un studio ou d'un quartier résidentiel, il exagérait légèrement mais ce n'était pas de vrais mensonges. Il la regardait longuement sans bouger, sans prononcer une parole parce qu'elle recommença avec plus de vigueur encore à le morigéner et elle pourrait continuer jusqu'à ce que ses cordes vocales faiblissent.
C'était sa mère.
Il se tourna vers Bonnie et en un regard, elle eut la confirmation de sa déduction. Belle présentation.
Shikamaru réprima un soupir – il n'était pas assez fou pour soupirer devant sa mère en pleine ire – et reporta son regard onyx sur la figure maternelle. Il était bien temps de la calmer maintenant.

- Maman...non avant que tu ne recommences, je te... Voici Temari, Maman et...

Shikamaru n'acheva pas sa phrase car elle n'intéressait déjà plus sa mère qui avait rivé ses yeux sur la jeune femme blonde inconnue. Et elle tombait des nues. Son fils ne lui avait jamais apporté de petite-amie pas même d'amie ou de camarade de classe au féminin. Même les voisines ne l'intéressaient pas. Il détournait la tête de toutes les représentantes du sexe féminin et voir que la première femme qu'il lui ramenait était une femme très jolie lui coupa le souffle et la décoléra tout de go.
Une superbe femme.
Elle s'était attendue à une femme au teint terne, au style banal, sans grand éclat, aussi blasée de la vie que son fils, ennuyeuse et mortifiante et finalement, c'était tout le contraire. Elle avait devant elle une femme qui lui semblait avoir un dynamisme aussi grand que le sien, elle le voyait à son regard vert intriguant et à cette mine mystérieuse. Elles se jaugèrent l'une et l'autre pendant un moment, le temps que Yoshino mémorise le visage de cette inconnue qui avait dérobé le cœur de son bébé.

- Yoshino Nara, annonça-t-elle, en tendant une main chaleureuse.

Temari se fit totalement happer la main par la maman de Grincheux qui l'emprisonna dans les siennes. Elle les secoua vivement, un grand sourire aux lèvres qui se propagea à celles de Bonnie.

- J'ai gardé le nom de mon mari, c'était plus simple. Toutes les démarches administratives sont d'une perte de temps et comme Shikaku respecte mes attentes contrairement à son fils... je reste Mme Nara sans l'être encore ! D'ailleurs, je ne le resterai plus très longtemps !

Shikamaru roula les yeux au ciel et sa mère l'aurait probablement frappé si son esprit n'avait pas été totalement obnubilé par Bonnie, qui paraissait étrangement amusée.
Ah... probablement amusée par les exploits maternels, elle devait se moquer de sa tête. Galère. Comme si l'humiliation maternelle ne suffisait pas, il fallait qu'il subisse son petit air hautain et moqueur.

- Ravie de vous rencontrer, Temari. Je peux vous appeler Temari ?
- Naturellement, et je suis également enchantée de vous connaître, Shikamaru est si dur à convaincre, répondit la jeune femme, en entrant dans son rôle.
- Ah ! Je ne vous le fais pas dire ! renchérit Yoshino, en dardant un regard noir à son enfant. J'imagine que vous avez dû le forcer pour qu'il vous présente à moi. Vous savez ce qu'il m'a dit ? Que vous travailliez le soir et tellement que je n'aurais jamais eu le temps de croiser votre chemin. Vous êtes quoi ? Politique ?

Shikamaru remarqua que la poigne de Bonnie s'était figée, que son sourire avait soudainement disparu et il se demandait en quoi la question simple de sa mère l'avait troublée à ce point. Le voile qui assombrit son regard vert disparut aussi instantanément qu'il était apparu et elle recouvra un sourire cette fois plus affable. Heureusement, sa mère, toute à son émotion, n'avait rien remarqué et continuait de serrer vigoureusement sa main.

- Non, pas politique. Shikamaru me tenait simplement éloignée de vous, mais finalement, nous voici ici.
- Et cela ne peut que nous faire du bien ! affirma la mère du Nara, véritablement ravie de se retrouver face à la femme qui avait tant fait travailler ses méninges.

Soudain, comme si une mouche l'avait subitement piquée, elle lâcha les mains de la blonde et se tourna vers Balraj qu'elle somma d'aller prévenir les cuisiniers avant d'entourer les épaules de l'inconnue et de l'inciter à marcher.

- Maintenant que nous sommes réunies, nous allons pouvoir faire plus ample connaissance toutes les deux. Je ne compte pas vous lâcher d'une semelle car il faut que je connaisse tout de celle qui a réussi à rendre fol amoureux mon bébé ! annonça-t-elle, euphorique. Quand est-ce que vous comptez partir ? Pas rapidement, j'espère ?

Avant que Temari ne puisse répondre, Shikamaru réagit à la vitesse d'un serpent, paniqué à l'idée d'avoir sa mère sur les talons. Il l'adorait et c'était bien par amour qu'il tenait à l'éloigner impérativement de Bonnie.

- Maman, je te laisse la maison, on a loué à Singaraja ! mentit-il, en stoppant l'avancée maternelle.

Singaraja était située tout au nord de l'île et même si cela n'empêcherait pas Yoshino de s'enquérir de la compagnie de Bonnie, cela limiterait leurs entrevues et on ne pourrait pas accuser sa mère de complicité. Surtout que cela lui éviterait de voir sa vie privée étalée sans scrupule devant Bonnie. Pas question de paraître encore plus ridicule et malléable à ses yeux, cela ne ferait que renforcer son petit air victorieux et manipulateur.
Toutefois, sa décision ne fit pas l'unanimité et à la mine qu'arborait sa mère, il devina sans peine qu'elle se mettrait en travers de son chemin. Il n'était nullement question qu'ils partent vivre à des kilomètres d'elle alors que sa propriété pouvait accueillir un régiment. Elle se refusait à laisser sa presque belle-fille s'installer à des lieux d'elle alors qu'elles avaient tant de choses à se confier. Elles devaient absolument demeurer ensemble et elle ne les laisserait pas partir.

- C'est une idée parfaitement stupide !déclara-t-elle, sa fureur revenant au galop.
- Maman...

Comment allait-il se sortir de là ? Évidemment que sa mère aimerait s'accaparer Bonnie toute la journée mais si elle ennuyait ladite Bonnie, qui sait ce que celle-ci lui ferait subir comme sévices ? Non, il devait défendre et protéger sa mère, c'était son devoir et il ne devait pas faillir, quitte à envenimer sa situation en grossissant son mensonge.

- Maman... j'ai amené Temari ici pour passer du temps avec elle et il est évident que si tu es ici, nous n'aurons pas d'intimité.
- Sous-entends-tu que je suis envahissante ?

Cela faisait partie de son pire défaut. Cependant Shikamaru ne prononça pas à voix haute sa pensée et jeta un signal d'alarme à l'inconnue qui l'accompagnait. Elle devait l'aider à éloigner sa mère de leurs problèmes. Seulement, Temari ne partageait pas le même point de vue que l'agent immobilier et la maison devant elle lui plaisait beaucoup. Pourquoi s'embêter à en trouver une autre ? D'autant plus que la mère de Grincheux avait l'air amusante et la contrarier ne semblait pas être une excellente idée.

- Ta mère a raison, Shikamaru.
- Oh, appelez-moi Yoshino ! s'écria la brune, en recouvrant le sourire. Ne prenons pas en compte les âneries de mon fils. Où sont vos bagages ?
- Eh ben, c'est-à-dire ...

Temari riva son regard alarmé sur l'agent immobilier qui se refusa à lui porter secours. Une fois de plus, elle l'avait trahi. Hors de question qu'il lui fournisse son aide. Qu'elle se débrouille.

- Il s'agit d'une surprise en fait... il est venu me chercher après le travail et on a pris directement la direction de l'aéroport. Je pensais qu'il venait vous récupérer et en fait... c'étaient nous les voyageurs. Donc... nous n'avons pas de bagages.

Shikamaru était consterné et effaré.

Cette Bonnie mentait avec tant d'aisance et d'efficacité, que ça le rendait malade. En fait, elle était effrayante. Comment pouvait-elle inventer des mensonges aussi corrects et crédibles tels que même sa galère de mère tombait tête la première dans le piège ? Cela accroissait davantage sa méfiance et ses craintes envers elle.
Si Yoshino dévisageait son enfant, ce n'était pas pour s'étonner du mensonge de la blonde mystérieuse mais plutôt de son comportement. Depuis quand son fils était-il aussi romantique ? D'où l'idée de faire une telle surprise à sa dulcinée lui était venue ? Elle était prête à parier que son père l'avait aidé, elle connaissait trop bien son ex-mari pour deviner que son fils détenait cette romantique idée de lui.

- Oh, ce n'est pas grave... nous irons faire du shopping pour vous vêtir.
- Je ne suis pas difficile, un maillot et un pyjama suffiront, plaisanta Temari, alors que la mère de Grincheux la tirait vers la maison.

En moins de cinq minutes, elle apprit qu'elle détenait cette propriété de son cinquième petit-ami qui le lui avait légué car devenu milliardaire, un autre palais comblait amplement son désir, de sorte qu'il avait même oublié celui de Sanur. Yoshino ne s'en sortait pas mal de cette séparation car elle était désormais propriétaire d'une impressionnante demeure qui avait un style bien à elle. L'immense propriétaire était divisée en trois parties : l'une avec une architecture très design qui accueillait les invités, la seconde dans un style zen, tout à fait balinais et la dernière, celle qui entourait la piscine et le grand jardin représentait parfaitement les ambiances exotiques, les petites paillottes installées auprès de la plage.

C'était un alliage risqué mais assez réussi et Temari se sentit immédiatement bien dans cette demeure.
D'ailleurs, la mère de Grincheux savait mettre à l'aise ses convives et elle au moins, semblait ravie de faire connaissance. Il est vrai qu'elle ne pouvait pas dire que le Nara était impoli de ne pas l'apprécier car tous les éléments lui donnaient raison : elle avait menti, s'était joué de lui et l'avait embarqué dans une situation plutôt compliquée.

Qu'il ne l'appréciait, c'était compréhensible.
Néanmoins, sa mère était une femme particulièrement joviale et chaleureuse qui savait parfaitement la mettre à l'aise. Comment deux personnes aussi proches pouvaient être si différentes ? Une mère bavarde, accueillante, agréable, charmante et un fils grincheux, désagréable, ronchon, ennuyeux et déplaisant.

Shikamaru suivait le duo féminin les pas lourds, le moral à dix pieds sous Terre, d'une humeur plus écrasante que la température de la ville de Sanur. Son ami Balraj lui lançait un regard compatissant tout en s'excusant le plus sincèrement du monde. Alors qu'il coordonnait les préparatifs de la villa pour accueillir le Nara, la gouvernante, très bonne amie de Yoshino, n'avait pas tardé de la prévenir et celle-ci avait sauté dans le premier avion bien décidé à remonter les bretelles de son fils.
Ce dernier ne lui en tint pas rigueur, il n'était pas assez fou pour se priver d'un soutien masculin. Il aurait bien besoin de Balraj pour ces derniers jours. Combien de temps allaient-ils rester ici ? Il ne le savait pas encore mais avant que Yoshino ne les assaille de question, il allait devoir s'entretenir sérieusement avec Bonnie. Celle-ci riait aux éclats avec sa mère et cela l'inquiéta doublement. Avait-elle l'intention d'impliquer sa mère dans leur périple criminel ?
Il l'en défendrait. Il les talonnait jusqu'à dans la partie au style bouddhiste reconnaissant le chemin qui menait à sa chambre. Doux Jésus, sa mère ne songeait pas à les faire coucher dans la même pièce ?

- Vous allez être bien ici, répondit involontairement Yoshino à sa question posée à son for intérieur. Vous avez une belle et grande terrasse qui vous donne une incroyable vue sur la plage de Sanur et la piscine.
- Vous étiez agent immobilier aussi ?questionna Temari, intriguée par le professionnalisme de la mère de Grincheux.
- Pas du tout, mais on apprend vite le baratin. Regardez la piscine.

Effectivement, agent immobilier ou pas, Yoshino avait parfaitement raison. La pièce était originale : détachée du reste de la maison à laquelle elle était reliée par un petit chemin tracé par des pierres phosphorescentes. Située sur une colline, elle surplombait la piscine et la plage de sable blanc à quelques centaines mètres de là.
Ainsi isolée, elle offrait une intimité non négligeable et ayant cerné la personnalité de son hôte en quelques semaines à Miami, Temari comprit évidemment pourquoi il s'était approprié cette pièce. Tout en elle inspirait le bien-être, la plénitude, le confort simple mais considérable et rappelait les inspirations bouddhistes. Le lit pouvait accueillir au moins trois personnes et le matelas devait sans aucun doute être merveilleusement moelleux.
Songeant aux longues heures de vol passées dans une position très inconfortable qui avait endolori ses lombaires et ses cervicales, Temari se retient de s'étirer en étoile sur le lit devant ses hôtes. Elle cessa d'écouter que d'une oreille la maîtresse de maison qui l'invitait déjà à découvrir la baignoire extérieure. Une magnifique baignoire extérieure.

Temari ne savait pas où l'architecte était allé(e) chercher toutes ces idées fabuleuses mais il ou elle avait fait un travail remarquable. La baignoire était fixée sur la terrasse dissimulée par des arbustes tropicaux qui lui offrait toute la discrétion qu'une personne pouvait attendre nue dans son bain.
Un large sourire d'envie apparut sur le visage de la jeune femme, émerveillée par la ronde baignoire blanche qui permettait à son propriétaire de bénéficier d'une vue magique sur l'océan. Elle se voyait déjà se prélasser dans un bain plein de mousse, parfumé aux huiles essentielles... le rêve n'était pas très loin. Naturellement, afin d'éviter les coups de soleil, la baignoire était protégée par une pergola en bois au toit imitant celui des paillottes au bord des plages.
C'était un régal pour la vue.
Temari avait beaucoup voyagé mais jamais elle avait trouvé un coin de paradis semblable à celui-ci.
Dommage qu'elle ait connu les Nara par un malencontreux hasard car ils lui faisaient connaître une bien belle île et l'idée d'en partir lui arrachait le cœur. Heureusement, la bonne humeur de la maîtresse des lieux chassa ses sombres réflexions et elle fut traînée dans la salle de bain intérieure qui rappelait un peu plus l'inspiration zen. Temari avait l'impression de se retrouver dans un centre de Spa, tant la quête du bien-être imprégnait les murs de la villa. Le confort absolu. Le repos tant désiré. Les craintes, soucis, tracas quotidiens, sombres pensées s'évanouissaient d'un coup de baguette magique et Temari oublia tout de sa vie, de ses poursuivants, de son passé douloureux.
Plus rien n'existait sauf l'envie de se jeter sur le lit moelleux, de fermer les yeux et de se laisser gagner par une divine quiétude. Sauf que Yoshino Nara n'était pas du genre à laisser ses convives flâner, du moins, pas tant qu'elle leur avait fait visiter sa maison.

Tandis que Shikamaru partit se doucher – il n'était pas assez cinglé pour suivre les deux femmes dans toute la demeure – Temari en fit la connaissance, Yoshino lui narrant toutes les modifications que son fils et elle avaient apporté à la propriété, l'informant de la présence et fonctions de chaque pièce même les plus secrètes. Elles venaient justement d'évoquer le rôle d'une pièce très discrète à l'ambiance plus romantique et prompt aux étreintes charnelles qu'à un simple massage relaxant lorsque Yoshino la mit dans la confidence d'une surprise qui concernait son fils.

- Mon Angelito va arriver après-demain, confia-t-elle à voix basse.

Pas besoin d'être une lumière pour comprendre que ce cher « Angelito » était son fiancé. Temari n'avait rien en commun avec cette famille et elle connaissait que depuis peu le Nara mais elle savait également que sa mère faisait une grave erreur.

- Je ne pense pas que cela soit judicieux de lui cacher l'arrivée de votre compagnon, Yoshino.
- Mon fils sera dans l'obligation de faire sa connaissance, sinon si je le préviens, il est capable de prendre un avion sur-le-champ pour rentrer chez lui.
- Probablement, mais je persiste à penser qu'il n'appréciera pas, insista Temari. Vous ne devriez pas le mettre devant le fait accompli.

La blonde savait pertinemment qu'il ne s'agissait pas du meilleur moyen pour persuader le Nara de tolérer la nouvelle relation de sa mère. Elle comprenait sa situation et après l'avoir un peu – d'accord, beaucoup – envenimée, elle se tenait prête à tenter d'adoucir son quotidien même s'il restait grincheux avec elle.
Elle n'avait justement pas envie de le voir devenir encore plus désagréable.

Yoshino dévisagea sans rien dire la jeune femme devant elle, s'étonnant de la voir défendre ainsi son bébé. Ce n'était pas une mauvaise fille mais elle commençait à croire que Shikamaru et elle n'étaient pas faits pour être ensemble. N'importe qui connaissait bien son fils aurait conclu que le fait accompli restait la seule solution pour que ce dernier rencontre son amoureux.

- Vous devriez en parler avec lui.
- Et moi je pense que vous avez tort, Temari. Depuis le temps que j'essaie de parler à mon fils, il reste toujours très récalcitrant, il ne fait que regimber à tout ce que je lui dis, ce n'est pas maintenant que cela va changer.
- Essayez au moins. Tentez d'engager une conversation avec lui mais ne commettez pas l'erreur de lui imposer la présence d'un inconnu.
- Ce n'est pas un enfant. Shikamaru est censé comprendre.
- Yoshino...

Impossible de persuader la mère de Grincheux. Elle était déterminée et ne lâcherait pas prise. Malheureusement pour elle, impossible également pour Temari de baisser les bras et laisser son hôte dans une désagréable entente.

- Désolée, Yoshino mais je ne peux pas laisser Shikamaru dans l'ignorance, apprit-elle, franchement.
- Je pensais que je m'entendrais bien avec la femme qui partagerait la vie de mon fils mais...
- Ne vous méprenez pas, Yoshino, j'aspire à la même chose mais vous devez me comprendre, j'aime votre fils et je ne pourrais pas vous aider à lui faire de la peine.

Temari était véritablement une bonne menteuse mais au moins, elle savait convaincre et une fois de plus, cela avait réussi car la maîtresse des lieux poussa un soupir avant d'arborer à nouveau un sourire amical.

- Bien, comme vous le sentez mais si jamais par votre faute, il prend la poudre d'escampette...
- Ne vous en faîtes pas, je sais le retenir.
- Sur ce point-là, je n'en ai aucun doute, sourit malicieusement Yoshino.

Mon Dieu. En être arrivée à un stade où elle devait faire ami-ami avec la mère d'un... d'un quoi d'ailleurs ?
D'un complice ? Aux yeux de la Justice, certainement. Néanmoins, même si elle était soulagée d'avoir évité le clash avec la maîtresse des lieux, Temari n'était pas pour autant rassurée : elle venait d'énoncer une promesse qu'elle allait devoir tenir.
Sauf que la réaction du Nara serait terrible et comment allait-elle faire pour arranger les choses avec sa mère ? Il semblait si entêté et triplement grincheux lorsqu'on le contrariait qu'elle se demandait si elle n'était pas allée un peu trop loin dans sa défense. Mieux valait lâcher la bombe tout de suite et tenir à l'écart la mère de Grincheux. Peut-être que si elles faisaient une virée shopping...

- Dites-moi vos tailles que je puisse aller vous chercher des vêtements.
- Je pensais que nous serions allées toutes les deux faire du lèche-vitrine.
- Vous avez fait vingt-huit heures de vol, Temari, rappela Yoshino, vous devriez vous reposer. Je vais simplement acheter le nécessaire, je vous promets de vous emmener un autre jour. Cela vous va ?

Comment répondre par la négative ?
Avant même que Temari n'ouvre la bouche, la maîtresse des lieux avait déjà pivoté les talons, direction le garage pour prendre sa voiture. La jeune femme ne tenta même pas de l'interpeller pour deux raisons ; la première, parce que son hôte avait fichtrement raison, elle tombait de fatigue et n'aspirait qu'à faire une toute petite sieste ; la seconde, parce que Yoshino Nara n'était pas le genre de femme qui tolérait qu'on la contredise.
La blonde la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse et le calme revenu dans la demeure, elle se dirigea de mémoire vers la chambre qui lui avait été attribuée.
Tout en traversant les pièces et les différentes ambiances, Temari ne cessait d'apprécier la beauté ce bijou d'architecture. Grincheux devait adorer passer ses vacances dans cet havre de paix et de repos, même avec la présence de sa tendre mère.

- Vous la prenez ?

Temari revint sur Terre lorsque la voix nonchalante de Grincheux parvint à ses oreilles. Elle releva la tête et le découvrit en tongs, short et t-shirt vert large, éternel air ennuyé sur le visage. Galère, ce mec. Même le beau paysage et un climat formidable ne le faisait pas changer d'humeur.

- La maison est magnifique.
- Génial, mais je ne tiens absolument pas à ce que nous passons notre temps ici surtout depuis que ma mère a débarqué, dit-il, gravement. Le mieux pour elle est de ne pas trop vous fréquenter.

Oh ? Il pensait sincèrement qu'elle allait faire du mal à sa maman chérie ?
Quel paranoïaque.

- Je ne ferai rien à ta mère, Grincheux.
- J'en doute fort.
- Pense ce que tu veux.
- Vous m'avez déjà mis dans la merde, vous pensez que je vais vous laisser faire avec ma mère ? Nous restons ici trois jours : un pour nous reposer, deux pour trouver une autre destination et trois pour prendre l'avion, commanda-t-il.

Temari dévisagea longuement l'homme devant elle. Son humeur ne correspondait pas du tout à sa tenue décontractée. Quel chieur, vraiment ! Où allait-elle aller maintenant ? Elle devait d'abord se renseigner sur ses traqueurs, s'ils la recherchaient encore, s'ils se trouvaient sur le sol balinais et dans le cas contraire, elle trouverait un petit appartement tranquille et discret pour couler des petits jours sympas jusqu'à la prochaine fuite. Il ne pouvait pas lui ordonner d'agir contre sa volonté, de compromettre ses plans.
Fuir tout de suite ne faisait que faciliter la tâche à ses adversaires. Elle ne pouvait pas blâmer le Nara, il n'avait pas l'habitude d'être traqué et ne connaissait rien du tout à la discrétion. Mais quand même, elle ne le laisserait pas prendre les commandes.

- Pas question.
- Pardon ?
- J'ai dit « pas question ».
- Je peux vous mettre à la porte, menaça-t-il.
- Fais-le donc et j'appellerais mes alliés.
- Pourquoi ne le fais-tu pas tout de suite ? souleva Shikamaru, énervé. Pourquoi n'appelles-tu pas ce correspondant qui te harcelait à Miami ?! Appelle-le qu'il vienne te chercher et pour qu'enfin je sois débarrassé de toi !

La jeune femme roula les yeux au ciel et au lieu de répondre aux interrogations de l'agent immobilier, elle passa à côté de lui sans s'en préoccuper. Elle l'ignorait ? Elle était sous son toit et l'ignorait superbement ?! Mais pour qui se prenait-elle ? Ah oui, une criminelle sans foi ni loi qui détenait le droit de vie ou de mort sur lui.

- Répondez-moi, Bonnie !
- Ne m'appelez pas comme ça !
- Et comment dois-je vous appeler ?
- Temari !
- Il ne s'agit pas de votre vrai prénom, siffla Shikamaru, d'une voix glaciale.

Temari interrompit sa marche, réfléchissant aux possibilités expliquant comment le Nara pouvait être aussi sûr que son prénom n'était pas réellement le sien. Il ne lui laissa pas le temps de cogiter car il glissa les mains dans ses poches, se retenant d'exploser.
Il avait vu juste.
Mais qui était donc cette femme ? Le Diable en personne ? Il finirait par le croire s'il découvrait chaque fois quelque chose sur elle. Comment avait-il su qu'elle ne se faisait pas appeler par son vrai prénom ? Il avait sans doute dû jeter un œil sur son passeport lorsqu'elle l'avait présenté. Pas possible, elle avait soigneusement caché son prénom. Alors il avait probablement fouillé dans ses affaires pendant les rares moments où elle dormait profondément ? Le fourbe.

- Pour moi, vous n'êtes qu'une Bonnie en qui je n'ai pas confiance. Je vous demande de vous tenir éloignée de ma mère et de foutre le camp d'ici sous trois jours.
- J'ai besoin de ton hospitalité, Shikamaru, rappela Temari, en faisant volte-face.
- J'ai déjà trop fait.
- Alors je la demanderai à ta mère.
- Je lui raconterai la vérité.
- Et tu seras obligé de passer quelques jours avec ton futur beau-père.

Qu'est-ce que c'étaient ces histoires ?! De quel beau-père lui parlait-elle ?
Attendez... venait-elle de lui faire comprendre que le « fiancé » de sa mère allait apparaître sous peu ? Allait vivre ici ? Cohabiter avec lui ? Mais que ...

- Ta mère m'a dit qu'il allait bientôt arriver. Je lui ai dit qu'elle devrait t'en informer mais elle a peur que tu files à l'anglaise.
- Vous mentez.
- Pas du tout, affirma Temari, en levant les mains en l'air. J'ai dû lui promettre que tu ne t'enfuirais pas.
- Vous n'auriez pas dû ! Cela ne vous regarde pas !
- Désolée mais en tant que « concubine » de son fils, je me suis permise de lui rappeler qu'il avait un caractère de merde et qu'il fallait mieux préparer ses neurones à accepter la nouvelle qu'à le présenter face à son beau-papa.

Sa mère n'avait réellement pas l'intention de le faire rencontrer son nouveau fiancé ?
La connaissant, dès qu'elle avait su qu'il viendrait ici, elle se serait dit que l'occasion ne se présenterait pas deux fois et qu'elle profiterait de sa présence ici pour qu'il fasse connaissance avec son nouvel amoureux.
Oh non, galère, pas ça. Pas une situation encore plus galère que celle dans laquelle il était déjà.

- Maintenant que j'ai fait mon travail, bonne nuit.
- Comment ça « bonne nuit » ?
- Je vais me reposer, je suis fatiguée.
- Dixit celle qui a dormi tout le long du vol ?
- Tu m'as dérangée à maintes reprises et oui j'avais les yeux fermés mais non je ne dormais pas, corrigea Temari.
- Puisque que Bonnie a l'intention de roupiller...
- Je ne m'appelle pas Bonnie !
- Bonnie devrait savoir que MA chambre est prise et que la SIENNE pour TROIS jours se trouve à gauche après la salle de sport ! s'écria Shikamaru. Il est hors de question que je partage ma chambre avec vous.
- Parce que ça m'enchantait peut-être ? Tu me bousillerais le moral.
- Comme vous avez bousillé ma vie.

Cette dispute ne mènerait à rien, autant la terminer rapidement avant qu'elle ne dégénère.

Après un long soupir exagéré, Temari reprit son chemin en suivant les indications du Nara.
Heureusement qu'il l'avait chassée de sa chambre car elle n'aurait pas apprécié dormir avec cet imbécile et cela lui permettrait d'avoir un peu plus d'intimité. Dommage, elle ne bénéficierait pas de la salle de bain extérieure mais au moins, elle ne serait pas obligée de le supporter.
Lorsqu'elle trouva sa chambre pour trois jours dixit le Grincheux, elle pénétra dans une bulle de relaxation et referma bien vite la porte pour savourer la détente de ses muscles.
Elle avait marre de fuir et cet ancrage à Sanur lui faisait du bien, vraiment beaucoup de bien. Elle savait qu'elle ne demeurerait pas éternellement ici mais rien que le fait de se laisser tomber sur le matelas moelleux la comblait totalement. Elle savoura le contact agréable, ferma les yeux, soupira de bien-être et sentit l'apaisement l'envahir.
Son corps se décontracta millimètre par millimètre, son souffle se fit plus lent et la torpeur l'engloutit.


Voilà, c'était un chapitre un peu plus long. J'espère qu'il ne l'était pas trop ^^'

N'hésitez pas à me donner vos avis, vos hypothèses etc...

Ciao,

Bichebleue