Hello !

Je vous remercie beaucoup pour vos commentaires, c'est super gentil !

Bonne lecture ;)


Temari ne sut jamais ce qu'il s'était passé entre Grincheux et sa mère car son profond sommeil dura quatorze bonnes heures d'affilée. Lorsqu'elle s'éveilla, dix-huit heures du soir pointaient son nez et un calme étrange régnait dans la demeure. Temari s'étonna de la longueur incroyable de son somme et eut honte d'avoir dormi autant chez des gens qu'elle ne connaissait même pas. Extrêmement embarrassée, elle découvrit avec surprise que deux sacs l'attendaient sur la petite table basse et curieuse, elle plongea les mains dedans. Elle découvrit une ravissante robe d'été légère bleu ciel, un bermuda en lin blanc et deux t-shirts vert anis, ainsi que de jolies tongs transparentes. Sympa.
La maîtresse des lieux lui avait également laissé une adorable nuisette en satin avec une robe de chambre assortie. Cette femme avait un goût superbe en matière de mode et cela n'étonnait pas Temari puisqu'elle la trouvait très élégante. Désirant assister au dîner, elle ne résista pas à l'envie de passer sous la douche rapidement et embarquant serviette de toilette, pyjama et robe de chambre et tongs de maison, elle s'enferma dans la chaleureuse salle de bain. Elle avait bien envie d'un bon bain mais elle tenait à respecter son hôte et se savonna plusieurs fois, se shampooina et se rinça à l'eau chaude, remerciant le ciel de l'avoir conduite chez des personnes aussi gentilles. Temari enfila le pyjama offert et sa robe de chambre et après avoir bien séché ses cheveux et les avoir tressés en deux nattes distinctes, elle se dirigea vers le séjour, espérant trouver son hôte. Malheureusement, ni Grincheux ni sa mère n'étaient présents et s'aventurant vers la cuisine, Temari reconnut l'ami de l'agent immobilier qui les avait accueillis à leur arrivée devant la ville.

- Bonsoir, Mr Balraj, tenta-t-elle, en anglais.

Elle ne savait pas si l'ami de Grincheux savait parler anglais puisqu'ils s'étaient exprimés rien qu'en balinais la dernière fois mais elle espérait qu'il connaissait quelques rudiments pour obtenir les informations qu'elle désirait.

- Bonsoir, Madame. Vous avez bien dormi ? s'enquit le Balinais dans un anglais impeccable.
- Comme un loir, merveilleusement bien.
- Tant mieux, je suis rassuré de savoir que je fais bien mon travail.
- En quoi consiste-t-il ?
- Je m'occupe de la villa pendant les absences de Madame Nara et de Shikamaru, expliqua l'homme de la maison. Je m'assure que les draps sont propres, l'eau de la piscine changée, que la villa est nettoyée, que les réfrigérateurs sont pleins, que les climatiseurs fonctionnent... un peu de tout. Bien sûr, je ne vis pas de ça, je leur donne simplement un coup de main.
- Vous n'avez pas nettoyé tout seul la maison ?
- Non, j'emploie des femmes et des hommes du village et les Nara les paient très bien.
- D'ailleurs, où sont-ils ? Je sais que je n'ai pas été correcte de me lever aussi tard et je voudrais m'en excuser.
- Ce n'est rien, c'est le décalage horaire. Normalement, Shikamaru peut même dormir une journée entière.
- Sérieusement ?
- Absolument. D'ailleurs, il a mangé rapidement et est reparti se coucher. Je crois qu'il n'a pas le moral aussi.
- Vous savez pourquoi ?
- Madame Nara, évidemment, devina Balraj, en servant une assiette à la demoiselle.

Celle-ci ne la refusa pas et pour cause, elle était affamée et cette belle salade composée tombait à point. Un dîner trop copieux ne l'aurait pas plu mais ce repas simple et léger lui convenait parfaitement. Elle piocha sa fourchette dans son assiette et enfourna une première bouchée. Un régal, rien à voir avec le plateau-repas servi par la compagnie aérienne.

- Où est Madame Nara ?
- Au village. Inutile de l'attendre m'a-t-elle dit.
- Elle ne souffre pas de décalage horaire ?
- Aussi incroyable que celui puisse paraître, non. Madame Nara est quelqu'un de vraiment formidable, elle...
- Tu peux aller, Balraj. Merci.

Encore cette voix ronchonne et acariâtre. Une vraie plaie, ce mec. Pour une fois qu'elle pouvait discuter tranquillement avec quelqu'un, voilà qu'il débarquait en grand maître et seigneur pour semer sa mauvaise humeur. Et quel mal élevé, en plus ! Couper son amîr de cette façon incorrecte. Il avait vraiment de sales mauvaises manières.
Balraj ne s'en trouva pas offusqué comme la jeune femme qui replongea la tête dans son repas et après un dernier salut cordial et courtois au gentil Balinais, qui disparut de la cuisine.

- Maintenant, vous tentez de pervertir mon ami ? Vous êtes vraiment comme la gangrène.
- Et vous comme la lèpre avec votre paranoïa maladive.
- Je vous demande pardon ? C'est vous qui souhaitez faire tomber dans vos filets malhonnêtes et illégaux mes proches.

Combien de fois allait-il lui dire qu'il se faisait des idées sur elle ? Probablement un nombre si incalculable de fois que se défendre ne servait à rien. Sans accorder son attention à son hôte, elle continuait tranquillement de dîner fermement résolue à ne pas l'écouter. Mais lui n'était pas déterminé à la laisser seule dans son coin, il avait besoin de s'acharner sur quelqu'un évidemment.

- Je vous tolère sous mon toit et je n'admets pas que vous tentiez de manipuler mes proches !
- Je ne cherche pas à tromper quiconque, Shikamaru.
- Laissez ma mère en dehors de tout ça ! Cessez d'être gentille avec elle et tachez d'oublier son existence !

C'est qu'il persistait dans son erreur, en plus. Elle ne connaissait pas plus collant et insupportable que le Nara.

- J'imagine que vous avez fait exprès de rester enfermée dans votre chambre pour retarder votre départ...
- Mais tu es cinglé ?! Tu connais le décalage horaire ?
- Oui et cette fois, je n'ai pas pu en profiter par votre faute, rétorqua Shikamaru, en déposant un dossier contenant plusieurs feuilles imprimées.
- De quoi s'agit-il ?
- Votre appartement. Je me suis personnellement renseigné et ayant ciblé votre ...personnalité, il vous conviendra très bien.

L'annonce eut l'effet d'une douche aussi glaciale que les mers du Pôle Nord. Temari releva la tête et plongea ses magnifiques yeux verts dans ceux, froids et distants de l'agent immobilier. Il était sérieux ? Il avait vraiment passé sa journée à sillonner la province dans le but de lui trouver un toit ? Ce mec était un vrai malade. Il voulait vraiment la chasser de chez lui comme si elle était la peste incarnée. Malgré tout ce qu'elle avancerait, il ne l'écouterait pas et la mettrait à la porte sans ménagement.
Il fallait vraiment être cinglé pour aller contre la fatigue d'un lourd décalage horaire pour chercher à tout prix à se débarrasser de quelqu'un d'aussi inoffensif qu'elle.

- Ce deux-pièces est confortable et situé à Singaraja. Vous vous y sentirez parfaitement bien.

Singaraja, l'une des villes les plus au Nord de l'île, soit à l'extrême opposé de Sanur, là où ils résidaient actuellement. Dis donc, il pouvait être pire que les autorités étatiques expulsant à leurs frontières les ressortissants étrangers.

- Vous n'êtes pas très loin de la plage au cas où si le Ciel nous accordait le miracle de vous noyer, annonça Shikamaru, toujours aussi sec.

Il était absolument charmant. Vraiment très charmant.

- Pas étonnant que tu sois seul, sans ami. Même ta mère te supporte difficilement, lâcha Temari, fâchée.
- Je préfère être seul que mal accompagné et vous, vous représentez le genre de compagnie à ne pas fréquenter.
- Je suis nettement plus sociale et agréable que toi, Grincheux.
- Cessez avec ce surnom !
- La vérité blesse, c'est bien connu.
- Cela vous concerne aussi dans ce cas, Bonnie, répliqua le Nara, en détachant lentement les syllabes du surnom féminin.

La réaction de ladite de Bonnie ne se fit pas attendre : elle se dressa d'un bond, monta sur l'îlot central et agrippa le col du large t-shirt du l'agent immobilier qui cessa de respirer, devenu aussi livide qu'un linceul. En apnée, il ne détourna pas son regard des deux lacs verts qui le trucidaient avec intensité.

- Je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler Bonnie, répéta Temari entre ses dents, en insistant sur chaque son.

S'armant de tout le courage qu'il possédait, le jeune homme soutint le regard assassin de la jeune femme et recouvrit sa mauvaise humeur.

- Essayez de m'en empêcher, tenta-t-il, après avoir dégluti péniblement.

Les sourcils se joignirent lentement, sa prise sur le Nara se resserra, le dos de sa main frôla sa pomme d'Adam, elle se rapprocha de lui tandis qu'il commençait à regretter son accès de prétention. Il n'était pas courageux de nature, plutôt lâche et cette femme le terrorisait affreusement. Il n'avait jamais aussi eu peur d'une créature féminine.
Même sa mère était un agneau à côté de Bonnie.
D'ailleurs, personne ne sut ce que Bonnie lui aurait fait si Yoshino Nara n'avait pas remarqué sa présence.

- Eh ben, eh ben... quelle tension sexuelle, commenta-t-elle, sur un air amusé.

Surpris de la voir près d'eux, le couple de fugitifs lui jeta un regard commun plein d'incompréhension. Que faisait-elle là ? Son fils la regarda comme si elle était son sauveur divin et Temari la fixait avec une certaine honte à peine dissimulée. Un sourire malicieux naquit sur les lèvres de Yoshino qui avisait la position dans laquelle restait le duo atypique. La jeune femme, à genoux sur l'îlot, jambes découvertes, tenait fermement le col de son enfant dont le corps, tendu, était à quelques centimètres seulement de celui de la jolie blonde, qui, selon le point de vue de Yoshino, avait l'air d'avoir les hormones en ébullition. Ravissant. Enfin, son fils connaissait les joies des étreintes sensuelles.

- Amusez-vous bien les enfants, lança-t-elle, sur un ton coquin.

Les cheveux de Shikamaru se dressèrent sur sa tête, ses poils s'hérissèrent brusquement lorsqu'il vit sa mère quitter la pièce, un sourire content au visage. Ce n'est pas du tout ce qu'elle pensait, il fallait qu'il l'empêche de penser qu'il faisait des choses malsaines avec Bonnie. Mais il ne pourrait rien faire tant que Bonnie ne le lâcherait pas. Il reporta son regard onyx sur elle et remarqua que son humeur terrifiante était revenue. Galère.
Contre toute attente, elle le lâcha avec violence, redescendit de l'îlot et délaissa son dîner, toujours enveloppée d'un halo coléreux.

- Tu peux toujours attendre que je parte d'ici, Grincheux.

Cette phrase le fit sortir de sa torpeur et de ses gonds par la même occasion.

- Il n'est pas question que vous restiez un jour de plus !
- Je vais me gêner !
- J'utiliserai la force ! prévint Shikamaru. Vous ne parlez pas balinais et je pourrai raconter n'importe quoi à la police balinaise pour qu'elle vous incarcère !
- Tu n'oseras pas ! Tu seras accusé de faux témoignages et de complicité ! renchérit la blonde, en faisant volte-face.
- Au moins derrière les barreaux, vous ne pourrez pas faire du mal à ma famille !
- JE ME FICHE COMPLÈTEMENT DE TA MÈRE !
- Qui me dit que vous êtes sincère ? Après tout, c'est encore un de vos mensonges pour encore me duper ! accusa l'agent immobilier. Peut-être que vous allez utiliser ses cartes bancaires, usurper son identité, la faire accuser de meurtre à votre place...
- Ou la démembrer et la jeter dans le cratère d'un volcan en pleine éruption pour qu'on ne retrouve rien de ses restes ? acheva Temari, sur un ton narquois.

Le Nara blêmit brusquement et la fureur s'abattit sur lui comme la lame d'une déferlente. Il s'apprêta à répliquer et surtout à proférer des phrases cinglantes à l'égard de la jeune femme qui le devança.

- Tu ne veux pas de moi mais ta mère m'offrira son hospitalité.
- Pas si je lui dis que vous êtes un monstre.
- Tu as preuves de ce que tu avances ?
- Une criminelle internationale de votre grade doit laisser aux bleus se salir les mains pour éviter tout lien avec le meurtre commis.
- Exact, je suis la preuve vivante que le crime parfait existe, railla Temari, en donnant son dos au Nara, excédée par son attitude.
- Demain un taxi viendra vous chercher.
- Au fait ? Tu as parlé de la venue de ton cher futur beau-papa avec ta maman ? rappela la jeune femme.

Sa question pétrifia subitement l'agent immobilier qui ne prononça plus aucune parole, n'osa même pas respirer trop bruyamment. Ses poings se fermèrent et disparurent dans les poches de son pantalon. Il ne répliquerait pas. Tant mieux, il était mieux le bec cloué. Déjà plus tolérable.
Shikamaru observa la chère Bonnie disparaître de son champ de vision et poussa un long soupir de défaite. Il s'était vraiment embarqué dans une histoire abracadabrante et tragique pour lui. Non seulement, il se perdrait à cause de cette femme et il entraînerait dans sa déchéance, sa famille. Impossible de se débarrasser d'elle pour limiter les dégâts collatéraux. Impossible de s'en défaire. Telle une sangsue elle s'était accrochée à lui et le vampirisait, aspirait goûlument sa dignité jusqu'à un terme funeste.
Galère.

*******

Une guerre avait été déclarée entre Bonnie et lui et il était impensable qu'il y laisse des plumes. Il avait déjà trop souffert pour continuer de supporter cette situation. Il lui avait permis d'habiter chez lui, de se servir dans son frigo, quitter le sol américain, d'échapper à ses rivaux, lui payer un billet d'avion, lui permettre de vivre sans frais dans une villa sublimissime sur une île paradisiaque. Qu'est-ce qu'elle voulait d'autre ?
Elle ne déboursait rien, pouvait bénéficier de tous les massages qu'elle désirait et d'une protection quasi parfaite, l'avait dépouillé de tout son ego et l'avait asservi à ses ordres malfaisants. Il avait plongé dans l'illégalité la plus complète, elle faisait de lui un vulgaire pion, une chair à canon à sacrifier sans scrupule, elle l'avait déshumanisé avec la plus grande des passions. Mais il ne baisserait pas les bras. Il ne se laisserait pas faire.
C'était une femme après tout. Meurtrière ou pas, elle n'était qu'une femme, nom d'un sushi périmé ! Tout un chacun savait que les femmes étaient intellectuellement et physiquement inférieures aux hommes. Bonnie ne faisait pas exception. Il lui fallait chercher un moyen, non programmer plusieurs plans pour lui échapper, se soustraire à son empire et recouvrer sa liberté sans passer par la case prison. Sa vie était devenue un drôle de jeu de Monopoly dans lequel Bonnie et lui ne jouaient pas avec de l'argent mais avec sa vie, son quotidien, sa personne. Et s'il continuait à passer son tour, elle gagnerait. Merde. Sa mère représentait les dés du jeu, si Bonnie les gardait, elle remportait la partie. Il lui fallait convaincre sa mère. Ce serait une discussion dure, houleuse, mais il tiendrait bon. Il se racla la gorge, informant sa mère de sa présence et elle se retourna vers lui, encore plus joyeusement survoltée que d'ordinaire. S'il n'avait pas été préoccupé par l'affaire Bonnie, il aurait trouvé cela extrêmement bizarre et soupçonneux et aurait interrogé longuement sa génitrice.

- Ah, Shikaminou, que fais-tu de beau mon poussin ? s'enquit-elle, large sourire aux lèvres.

Ah, elle avait employé ses deux hypocoristiques favoris, cela n'annonçait rien de bon. Tant pis, il se lançait quand même.

- Maman, je dois te parler d'une chose très importante, dit-il, la mine morose.

Il n'avait plus rien de l'enfant blasé et ennuyé qu'elle connaissait si bien mais semblait plutôt être un homme attristé par la vie, indécis et inquiet face aux deux chemins que lui proposait le fil de la vie. La joie insouciante désertant son joli visage, Yoshino délaissa son activité et s'avança vers son fils, l'invitant ou plutôt l'incitant à prendre place en face d'elle, serrant ses mains dans les siennes. Elle était peut-être une femme vive, dynamique, colérique, explosive même mais lorsque ses proches étaient en difficulté et avait besoin de son soutien, elle savait être la plus douce des personnes, avenante, compréhensive et empathique. Son père avait raison, même si le plus souvent, sa mère était une femme galère, il lui arrivait d'être la femme la plus généreuse et tendre du monde. Actuellement, elle s'était mise en mode : soutenir et réconforter mon bambin et personne ne pourrait l'empêcher d'atteindre son objectif. Bien. Bonnie n'avait plus aucune chance face à lui désormais.

- Je t'écoute, mon poussin.
- C'est une chose assez compliquée ...je ne sais par quoi commencer...
- Alors dis la première chose qui te vient.

Il plongea dans le regard brun chocolat aux éclats de caramel dont il avait hérité et poussa un long soupir. Comment expliquer à sa mère qu'il avait les mains et pieds enchaînés aux décisions d'une criminelle ? Comment lui apprendre que la femme inconnue qu'elle hébergeait n'était autre qu'une meurtrière sociopathe, dénuée de sentiments et qui l'éliminerait sans aucun état d'âme ? Comment lui avouer qu'il se rendait complice de sa perte, qu'il avait involontairement précipité sa marche vers le tombeau ? Qu'il était un indigne fils qui commettrait un matricide par complicité et procuration ? C'était douloureux.

- Eh bien... cela concerne Bonnie.
- Bonnie ?! Qui est cette Bonnie ?
- Bonnie est Temari, Maman, informa Shikamaru, la langue pâteuse.
- Comment ça Bonnie ? Ah, tu veux dire que c'est son surnom ? Eh ben...où l'as-tu trouvé ?
- Non, ce n'est pas son surnom, Maman. Ce que je veux dire ...
- Tu veux approfondir votre relation ?
- Non, Maman ! s'écria le jeune homme, scandalisé.
- Pas la peine d'avoir si peur, mon poussin, c'est une importante étape mais tu as trouvé ton âme sœur et je pense que tout se passera...
- Mal, Maman.
- Alors tu veux te séparer d'elle ? proposa Yoshino, désarçonnée.

Voilà, on arrivait au stade crucial. Il pourrait dire échec et mat à la chère Bonnie qui se croyait intouchable. Yoshino fronça les sourcils, se préparant au pire. Son fils n'avait pas l'habitude des relations amoureuses, c'était sa première depuis sa naissance, il apparaissait donc normal qu'il soit si effrayé à l'idée de rendre plus sérieuse celle qu'il entretenait avec Temari. Tout à fait normal. Elle devait le convaincre, le rassurer avant qu'il ne fasse le mauvais choix et se sépare de celle qui semblait être la seule femme faite pour lui. Elle devait sauver leur couple battant de l'aile. Elle allait devenir un vrai Cupidon pour sauvegarder l'Amour dans l'existence morne et ennuyeuse de son fils. Alors qu'elle s'apprêtait à le conseiller, Balraj apparut dans le séjour avec un visage contrarié. Que se passait-il ? Il jeta un regard désolé à son ami avant de reporter son regard sur la maîtresse des lieux et de s'adresser à elle.

- Madame Nara, votre invité est arrivé.

Au cri quasi hystérique que poussa sa génitrice, le cerveau actif du Nara déduisit sans problème que l'invité en question est un homme, son fiancé de surcroît. Bonnie avait donc raison ? Elle n'avait pas arrêté de le prévenir, il l'avait ignorée et elle n'avait pas menti sur ce point-là. Cela n'arrangeait ni la méfiance qu'il avait à son égard ni l'image qu'il se faisait d'elle. Elle demeurerait une criminelle de haut rang à ne pas fréquenter. Galère. Apprendre que sa mère avait sauté dans un avion pour venir les rencontrer ici ne l'avait pas plu mais il n'avait rien pu faire, mais apprendre que le petit-ami de sa mère avait débarqué à Sanur ne l'enchantait pas du tout et là, il avait les moyens de protester.

- Comment je suis ? s'enquit Yoshino, en s'adressant à Balraj.

Elle ressemblait à toutes ces adolescentes survoltées, croyant être touchées par la grâce de l'Amour alors qu'elles vivaient dans une pure illusion de ce sentiment. Il détestait ces filles si superficielles qu'elles ne remarquaient même pas que le vrai Amour rôdait autour d'elles depuis un bon moment et que lui était réellement sincère et follement épris. Et il en venait à détester sa mère en ce moment. Comme ces abruties, elle agissait imbécilement, souriant bêtement, demandant sans arrêt si elle était assez parée, fardée et peinturlurée suffisamment pour plaire à un idiot qui n'en valait même pas la peine. Une colère le saisit brusquement et il se dressa, coupant la trajectoire maternelle.

- Que fait ce type ici ?

Il réagissait mal. Encore. Yoshino ne se laissait pas démonter pour autant. Pas question de permettre à son fils de tout gâcher de cette nouvelle relation.

- C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour que vous puissiez faire connaissance.
- QU'IL AILLE SE FAIRE FOUTRE ! hurla subitement Shikamaru, furieux.
- Shikamaru ! s'écria la femme, en retenant l'avant-bras de son fils. Cesse d'agir comme un enfant !
- Je cesserai quand toi, tu cesseras d'agir comme une p...

Le jeune homme s'interrompit de justesse, le regard noir maternel lui lançant déjà des éclairs et avant que la claque ne parte, il se dégagea de sa poigne et s'éloigna d'elle sans entendre ses appels. Balraj demeura silencieux, peiné pour son ami et promit à la maîtresse de maison de faire son possible pour le décolérer.
Personne n'aurait pu stopper l'élan du Nara, lancé par la fureur. Il n'était pas quelqu'un qui s'énervait souvent bien que ces jours-ci, il ne fasse quasiment et strictement que cela. La faute à qui ? Aux deux femmes galères qui menaçaient de ruiner son existence. Qu'est-ce qui le retenait de prendre un billet et de retrouver son père sur son bateau, de fuir les problèmes et de voguer sur les mers du monde sans s'embarrasser d'interrogations qui lui donnaient des insomnies. Certes, la vie faisait que certaines personnes se rencontraient, s'aimaient follement pour s'abandonner après s'être données corps et âme. Shikamaru ne voulait pas vivre comme cela.
Il s'était fait une promesse de demeurer seul avec lui-même depuis le jour où ses parents s'étaient séparés. Il ne parvenait pas à comprendre qu'après avoir donné tout ce que le cœur pouvait donner en amour, on arrivait quand même à se séparer. Il ne comprenait pas davantage comment après avoir répété à quelqu'un qu'on l'aimait profondément des années, on arrivait à aimer aussi éperdument une autre personne.
Pour lui, l'Amour ne frappait qu'une fois. C'était impensable qu'après s'être dénudé, s'être dévoilé, avoir confié secrets les plus lourds, donné son énergie, son amour, son corps, on puisse se détourner de cette personne et lui préférer une autre.
Il ne comprenait pas sa mère. Il ne comprendrait jamais comment elle pouvait coucher avec tous ces hommes, leur confier sa dignité, sa fierté et avoir oublié son père.
Jamais il ne tomberait dans ce piège.
Son père souffrait suffisamment pour qu'il comprenne que ce n'était pas une vie. Shikamaru préférait vivre éternellement seul qu'aimer contre vent et marée, tempêtes et volcans une femme qui ne le considérait même plus. Il détestait sa mère pour la peine qu'elle causait à son père, il la détestait pour dire « je t'aime » sans le penser sincèrement, il la détestait pour se donner à X et Z. Rien que l'imaginer roucoulant, s'adonnant à des pratiques sexuelles avec ce nouveau fiancé lui donnait envie de vomir. Il préférait qu'elle soit seule que traînant avec d'autres hommes que son père.
Étrangement, Bonnie partageait la même opinion sur ce point. Avait-elle également connu sa situation ? Avait-elle dû faire face à de nombreuses belles-mères ou beaux-pères ? Ou un seul conjoint l'avait-elle suffisamment dégoûtée pour qu'elle ne croit qu'en un et unique amour ? Si elle n'était pas aussi dangereuse, il en aurait discuté avec elle puisqu'elle paraissait concernée. Peut-être même qu'elle le comprenait mieux que quiconque. Que faisait-elle d'ailleurs ? Il avait appelé son taxi pourtant.
Où est-ce que ce dernier pouvait être ? Galère. Il en avait marre de ces femmes galères.
Il n'avait en ce moment envie que d'une chose : voguer sur les flots à bord de la cigarette paternelle et boire deux, trois, quatre bières avec son père.
C'était ça, le Paradis.
Frappant toutes les portes de la maison sur la route menant vers son endroit favori, sa partie isolée, exclue du monde entier et ce qu'il aimait le plus au monde. C'est avec un bonheur extrême qu'il s'enferma à double tour, rompant tout contact, toute connexion avec le monde. Courroucé à l'extrême, il envoya valser une dernière fois le premier objet qui se tenait devant lui, soit une lampe, et se jeta sur son matelas, fixant le plafond, oubliant tout.

Il avait tant oublié et surtout tout oublié qu'il n'entendit ni le discret bruit de serrure ni les pas feutrés, manifestations de l'entrée par effraction d'une hors-la-loi. Il n'eut conscience de sa présence uniquement lorsqu'il l'aperçue, vêtue d'une élégante robe bleu nuit avec paillettes la faisant scintiller comme une étoile dans un beau ciel nocturne. Elle était plus sympathique à regarder que son sobre plafond et plus distrayante que ce plafond. Elle darda sur lui ses intrigants yeux verts sans lueur maline ou arrogante. Et soudain, avant ce qu'il ne dise quoique ce soit, avant qu'il ne se demande pourquoi il la trouvait plus intéressante que son plafond, avant qu'il ne se questionne sur sa présence inattendue, elle posa une main sur la hanche gauche, l'autre passa dans sa frange blonde dans un geste pour dégager sa vue.

- On y va, Shikamaru, prépare-toi.

Et là, tout explosa subitement.
Il se dressa soudainement, faisant face à la jeune femme tout en la trucidant du regard.

- QUE FAITES-VOUS ICI ?! rugit-il, devenant rouge tomate.
- Ta mère nous a invités au restaurant pour rencontrer Papounet Bis, répondit d'un ton morne, la jeune femme.

Et comment pouvait-elle demeurer si calme alors qu'il venait de lui crier dessus ?
Avait-elle déjà déduit qu'il était constamment sur les nerfs et s'y faisait-elle déjà ? Galère. Voilà qu'il passait pour le mauvais méchant de l'histoire. Argh. Galère. Il se fichait pas mal de son image à son égard. Il était dans une fureur rage et il ne la laisserait pas gagner la bataille des nerfs. Et puis que venait-elle juste de dire ? Papounet Bis ?!
Rien que la pensée de savoir sa mère avait l'homme qu'il haïssait le plus sur Terre redoubla sa colère et il la laissa s'exprimer de tout son saoul, sans songer une seule fois à se maîtriser.

- QUE FAITES-VOUS ICI ?! VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT DE VENIR DANS MA CHAMBRE ! C'EST MA CHAMBRE ! MA CHAMBRE !
- On a rendez-vous.
- VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT ! COMMENT ÊTES-VOUS ENTRÉE ICI ? MERDE ! MERDE ! jura-t-il, alors qu'il se précipitait vers sa baie vitrée.

Temari roula les yeux au ciel, exaspérée, pendant qu'il constatait l'effraction, avant de tenir sa tête entre ses mains, horrifié et hors de lui. Il fit volte-face vers elle, la menaçant d'un index tremblant. C'était vraiment son jour : voilà qu'elle devait supporter les crises capricieuses d'un enfant pourri gâté. Quelle veine.

- VOUS AVEZ BOUSILLÉ MA SERRURE ! ÇA NE VOUS A PAS SUFFI D'AVOIR BOUSILLÉ MA VIE ?! MAIS VOUS ÊTES QUOI ? ARSÈNE LUPIN ?!
- Je croyais que c'était Bonnie mais bon...
- SORTEZ DE MA CHAMBRE !
- Et je n'ai pas forcé ta serrure, tu exagères, atténua Temari, croisant les bras sur sa poitrine. Dépêche-toi, maintenant.
- JE N'IRAI NULLE PART !
- Notre taxi nous attend, informa la jeune femme, en ouvrant l'armoire de l'agent immobilier.

Elle en tira un pantalon en lin beige et une chemise à manche courte d'un vert prairie qu'elle jeta sur le matelas.

- Habille-toi.
- Il n'est PAS QUESTION que j'aille voir ce merdeux ! Et où est le taxi que je vous avais trouvé ?!

La jeune femme éluda la question en haussant les épaules. Avouer qu'elle avait renvoyé le conducteur en le payant tout de même de sa course ne ferait qu'empirer la situation déjà suffisamment chiante au possible. Elle n'allait pas non plus se compliquer la tâche.

- Grouille, Nara, ordonna Temari, en trucidant du regard l'imbécile né en face d'elle.

Il soutint son regard dur aussi longtemps que sa fureur perdurait, se demandant s'il devait encore s'emporter ou alors se taire et exécuter son ordre. Il n'avait nullement l'envie de se rendre à ce rendez-vous culinaire sauf que sa mère ne manquerait pas de le démembrer. Cependant, lui non plus ne se laisserait pas faire. Il était fortement déterminé à ne pas permettre à sa mère de lui imposer sa vie. Il n'accepterait pas ce diktat. Pourtant la dictatrice qu'était Bonnie ne lui accorderait pas l'honneur de jouir de son droit de résistance. Ce qu'il ne savait pas, c'était que la jeune femme avait été chargée par la maîtresse des lieux de convaincre le récalcitrant. Elle avait accepté car cela augmentait les points de son côté et vu que le jeune Nara voulait la chasser, elle espérait bien que Madame Nara la soutiendrait et la garderait chez elle. Si Shikamaru n'avait pas envie de quitter la villa, elle non plus et elle accomplirait sa mission.
Coûte que coûte.
Shikamaru contempla longuement les vêtements qu'avait choisis la blonde, s'interrogeant sur la décision à prendre et, indécis, il lui jeta un furtif coup d'œil. Épaule appuyée sur le flanc de l'armoire, elle admirait ses ongles, paraissant se désintéresser complètement de lui, nullement ennuyée par son irruption illicite et pas le moins du monde préoccupée par ses propres soucis. Quelle parfaite maîtrise de ses états d'âme. On apprenait cette technique de self-control à l'école des criminels ?
En tout cas, elle en était une professionnelle car rien sur son visage ne reflétait ses troubles intérieurs. En plus d'être une bonne menteuse, elle excellait dans l'art de camoufler ses sentiments même les plus vifs. Galère.

- Tu sais, Shikamaru, je commence à avoir faim et ta mère m'a assurée que le restaurant serait pas mal.
- Rien à cirer.
- Je me suis mal fait comprendre.

Les sourcils de l'agent immobilier s'arquèrent sous la confusion et il la vit se désintéresser complètement de sa manucure pour planter ses durs yeux verts dans les siens. Finalement, elle parvenait excellemment bien à faire comprendre ses émotions quand elle le désirait parce qu'actuellement, il comprenait sans aucune difficulté qu'elle se fâcherait si jamais il faisait l'erreur de la contrarier.

- On ne laisse pas un criminel affamé sous peine de mourir de faim ultérieurement.

On entendit la pénible déglutition du jeune homme dans toute la pièce et après un bref affrontement visuel, celui-ci poussa un long soupir. Elle ne l'aurait pas par cette menace.

- Non, Bonnie, non. Je n'ai pas envie de voir la face de ce misérable.

À elle maintenant de pousser un soupir d'exaspération. Il compliquait sa mission, quel emmerdeur.

- Faisons un deal, Shikamaru.

L'intéressé ignora les questions qui l'assaillaient et reporta sa pleine attention sur la jeune femme qui avait à nouveau croisé les bras sur sa poitrine.

- Tu vas à ce rendez-vous et je t'assure que c'est la dernière fois que tu entendras parler de moi. Demain, j'aurai disparu, dit-elle, sérieusement.

Shikamaru l'étudia longuement, minutieusement, cherchant le trouble, l'arnaque dans la scène qui était en train de se dérouler. Pourquoi tenait-elle autant à le traîner en dehors de la villa ? Pour ce que ses acolytes prennent possession de la propriété et les séquestrent, sa mère et lui ? Quelle fourbe et détestable créature diabolique. Elle devait vraiment être stupide de croire qu'il allait tomber dans son piège.

- Je ne vous crois pas, Bonnie, ricana-t-il, nerveusement.
- Pour changer.
- La faute à qui ? Vous m'avez suffisamment dupé pour que je ne vous accorde plus ma confiance !
- Je compte te délester du poids que je suis et tu rejettes ma proposition ?
- Pourquoi vous embarrasser de m'emmener de force alors que vous ne gagnerez rien du tout ?
- Je plains ta mère qui doit te supporter et pour la remercier de son hospitalité, je souhaitais au moins user de mes prérogatives de fausse petite-amie et de criminelle pour forcer son imbécile et pleurnichard de fils à daigner lui faire plaisir.

Quel discours surprenant de la part de Bonnie. Elle avait un cœur finalement ? Elle ne passait pas sa vie à duper, voler et faire du mal aux gens ? Vraiment très étrange. Presque trop étrange pour être réellement crédible. Pourtant, Shikamaru ne pouvait pas remettre sa parole en cause ; elle avait l'air parfaitement grave et la suite ne fit que confirmer ses soupçons.

- J'ai réussi à contacter mes...alliés. Et il me faut maintenant changer de toit, par conséquent, plus rien ne me retient ici. Pas même l'envie d'arracher ta sale bouche de petit merdeux.

C'était donc cela. Elle avait utilisé leur ligne téléphonique et si on parvenait à la tracer, ses traqueurs ne trouveraient strictement rien car elle n'y aurait plus aucune trace d'elle. Isolée dans son appartement tout au nord de l'île, ses ennemis ne la trouveraient pas et abandonneraient la piste Bali. Pas mal comme plan, Bonnie. La police internationale les embêterait un peu sa mère et lui mais dès qu'ils auraient prouvés qu'elle n'avait été qu'une squatteuse qui les avait menacés, ils seraient libres. Un problème en moins. C'était tout ce que Shikamaru avait demandé au Ciel toute la journée et maintenant que ce dernier l'exauçait, il en avait presque du mal à y croire. Et pourtant. Bonnie était fichtrement sérieuse. Elle semblait avoir réfléchi à son machiavélique plan de secours durant une bonne partie de la journée et il devait amplement la satisfaire pour qu'elle décrète l'arrêt de ses services forcés. Tant mieux. Sauf qu'elle lui posait une dernière galère avant de disparaître : rencontrer le seul homme qu'il mourrait d'envie de tuer. Quelle peste. Une emmerdeuse jusqu'au bout. Shikamaru lui adressa un regard noir avant de ramasser l'ensemble qu'elle avait choisi et partit s'enfermer à double tour dans sa salle de bain intérieure. Temari ne put que se détendre, soulagée. Il avait enfin mordu à l'hameçon. Heureusement, parce que son imagination avait des limites. S'il savait que ce fameux deal n'était que pure illusion, il ne serait pas parti aussi précipitamment dans la salle de bain. Croyait-il vraiment qu'elle allait se débarrasser de lui aussi facilement ? Il était un pigeon drôlement riche et utile, l'abandonner serait la pire erreur de sa vie. La tête qu'il avait arborée lorsqu'elle lui avait annoncé son marché n'avait vraiment pas de prix et celle qu'il aurait quand il la verrait chez lui le lendemain et le surlendemain serait d'autant plus priceless. Était-ce réellement sa faute s'il était aussi influençable ? Aussi prompt à croire n'importe quoi ? Franchement, dans le monde actuel dans lequel ils vivaient, qui pouvait impunément se comporter avec tant de naïveté ? C'en était parfaitement ridicule et risible. Au moins, cela l'arrangeait bien d'être tombée sur un homme aussi stupide et manipulable, en proie à un conflit familial qui rendait ses nerfs fragiles, elle bénéficiait d'un splendide toit et du soutien d'une charmante personne. Sûr qu'en ramenant son fils au dîner, Yoshino Nara la porterait un peu plus encore dans son cœur et elle ne permettrait pas à Grincheux de la mettre à la porte. Un sourire naquit sur les lèvres lorsqu'elle se congratula de posséder une telle facilité à arborer une attitude de bluffeuse. À chaque fois, cela fonctionnait.
Même sur le plus grincheux des hommes de Cro-Magnon.
Même s'il avait accepté son marché, Shikamaru n'était tout de même pas enthousiasme et ce fut presque à reculons qu'il s'avança vers l'entrée du chic restaurant. Évidemment pour célébrer l'arrivée de son imbécile de cow-boy, sa mère sortait le grand jeu. Combien allait-elle dépenser ce soir uniquement pour cet idiot ? Une fortune encore. Temari n'était pas concernée par des préoccupations financières et elle donna le nom de famille de son hôte au réceptionniste qui les fit patienter quelques instants dans le vestibule. Elle avait gardé son sac à main contenant ses affaires personnelles les plus importantes et jeta un regard panoramique à la salle de restaurant en face d'elle, attendant que le Nara revienne des toilettes. À quelques minutes de rencontrer son futur beau-père, voilà que la nausée ou une crise de foie le prenait. Génial.
L'avantage du lieu où elle se trouvait, c'était que plongé dans une douce lumière tamisée, il était assez discret, de sorte que les clients du restaurant ne pouvaient voir ou alors très peu les nouveaux arrivants. Parfait, elle allait pouvoir scanner l'ensemble de la salle au cas où, pour assurer ses arrières et se rassurer personnellement. Quelques minutes lui suffirent pour la relaxer et lorsqu'elle trouva la table réservée Yoshino Nara, elle se pétrifia totalement lorsqu'elle reconnut l'homme qui se tenait à ses côtés.

- Je vous maudis, Bonnie, grogna Shikamaru, sortant tout juste des toilettes.
- Moi aussi, souffla-t-elle, d'une voix blanche.

Surpris par le ton de sa voix et la pétrification des muscles de la curieuse jeune femme, l'agent immobilier se tourna entièrement vers elle, à la recherche de réponses.
Que lui arrivait-elle ? Depuis quand Bonnie the Calamity Jane du XXIème siècle arborait-elle ce masque d'effroi ? Qu'est-ce qui pouvait autant l'effrayer ? Avait-elle repéré un de ses poursuivants ? Oh non, ce serait trop galère. La police balinaise ? Aucune raison de paniquer pour une autorité qui n'était même pas au courant de leur présence sur leur territoire. De quoi s'agissait-il donc ? Supputant que la jeune femme ne le répondrait pas – vu son choc – le Nara suivit son regard et lui-même se sentit mal lorsqu'il reconnut sa mère en compagnie d'un inconnu. Certainement Papounet Bis, cela ne faisait aucun doute. Mais pourquoi Bonnie réagissait-elle ainsi ? Se pourrait-il que...

- Vous le connaissez, devina Shikamaru, sentant la panique grimper en flèche.