Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)
Auteur : Sahad.
Note : Je sais pas si c'est un problème de ou mon pc, mais je ne reçois pas les alertes de reviews, donc si j'en oublie, je vous prie de bien vouloir m'excuser.
Note 2 : Suite à plusieurs reviews qui me posaient la question, je réponds : Tom et Bill sont bien jumeau mais ne se connaissent pas dans cette fic.
Note 3 : réponses aux reviews !
Vanity : Ce n'est pas qu'il ne le reconnaît pas, c'est tout simplement qu'il ne le connaît pas. Et Tom... Et bien, je le voyais bien en gamin exécrable à ses heures. Voilà, héhéhé...
MX: C'est vrai que tu es arrivé beaucoup plus loin... Et ça me fait plaisir que tu relises cette fic... Merci de m'appeler sadique, j'en suis heureux/se !
FurtiV : Me tape pas ! C'était pour faire une ch'tite surprise ! J'espère que la suite te plaira !
Alia : N'est-ce pas qu'il est mignon, le p'tit Tom ? Héhé... Comme je l'ai dit à Vanity, ce n'est pas que Tom ne reconnaît pas Bill, c'est qu'il ne le connaît pas.
Chapitre 2 :
« Eh... »
Il sentit quelque chose le secouer. S'arrachant peu à peu des bras de Morphée, il plissa les yeux, les entrouvrant légèrement pour savoir ce qu'on lui voulait. Le visage de la fille lui apparut, sa main le secouant doucement par l'épaule.
« Eh... »
« Was... ? » articula Tom d'une voix pâteuse, n'ayant pas la force de se lever pour lui parler.
« Tu te sens mieux ? » demanda-t-elle.
« Hn... ? » remettant ses idées en place, le jeune garçon se souvint de sa simulation de douleur intestinale. « Ah... Ja. »
« Ah bon... » sa vis-à-vis hocha la tête. « Je te laisse quand même ça là. »
Accompagnant ses dires, elle déposa une petite boîte de comprimés sur la table de nuit ; Tom les considéra un long moment avant de reporter son regard sur sa colocataire : elle s'était changée et portait un marcel et un short assorti. Le regard du jeune garçon se posa alors sur le réveil qu'il y avait sur la table de nuit, il était 23h36... Le jeu venait probablement de finir... Quoique, pour le premier soir, il fallait s'attendre à ce que les moniteurs les envoient se coucher vers 22h. L'avait-elle veillé ? Il jeta un coup d'œil à sa vis-à-vis : celle-ci se glissait sous ses draps.
« Elle est vraiment plate comme fille... » pensa Tom. « Même dans ma classe, je suis sûr que les filles avaient plus de poitrine. »
Il ne mit guère longtemps à replonger dans le sommeil, sombrant dans un monde noir, sans rêve...
OoOoO
« Debout là-dedans ! » lança une voix.
On donnait des coups dans la porte pour accompagner l'ordre. Tom grogna et consentit à ouvrir un œil, le jour s'était levé et le réveil affichait 08h10 ; le jeune garçon soupira et passa une main dans ses dreads, se frottant doucement le crâne, émergeant lentement. Son regard balaya la pièce éclairée et alla se poser sur le lit de sa voisine : la fillette ne semblait pas vouloir ouvrir un œil, en position fœtale, les draps ne couvrant que partiellement son corps, dénudant ses jambes et son buste. Ses cheveux sang et nuit s'étalaient sur l'oreiller tout autour de sa tête, dessinant une auréole sombre sous son profil clair ; Tom hésita quelques instants avant de poser sa main sur son épaule et de la secouer doucement :
« Eh... »
« Hnnnn... » grommela son interlocutrice en fronçant les sourcils.
« Il faut se lever. » lui annonça-t-il.
« Je veux pas. » grogna-t-elle en retour, prête à retourner dans le monde des rêves.
« C'est le moniteur qui l'a dit. » insista le garçon.
La fillette se redressa finalement, son marcel ayant légèrement glissé sur une de ses fines épaules, elle se frotta un œil de la main, encore à moitié endormie. Tom la considéra un moment, comme hypnotisé ; elle n'était pas moche, loin de là, plutôt mignonne même. Cette pensée frappa le jeune châtain qui détourna rapidement le regard, préférant se concentrer sur le pas de la porte qui lui semblait tout à coup incroyablement intéressant.
''Mais pourquoi je tourne la tête, moi ?'' s'interrogea-t-il intérieurement sans pour autant reporter son attention sur sa vis-à-vis.
Cette dernière s'extirpa de son lit et alla s'enfermer dans la salle de bain, manquant de peu de goûter à la porte, elle ne semblait pas très matinale. De son côté, Tom attendit patiemment qu'elle soit sortie pour aller prendre sa douche et s'habilla directement dans la salle de bain, tout comme l'avait fait sa compagne de chambre quelques minutes à peine avant lui. Lorsqu'il sortit, attachant son bandana sur sa tête, la cabane était vide.
''Ils sont probablement allés prendre le petit déjeuner...''
Tom ferma la porte du bungalow et se rendit au réfectoire où il retrouva Georg et Gustav, remarquant avec un minimum de soulagement qu'il se souvenait de leurs prénoms respectifs ; il ne prêta à nouveau qu'une oreille bien distraite à la conversation, mais son regard ne courait pas dans la salle cette fois-ci, au contraire, l'écolier semblait perdu dans ses pensées. Il revoyait dans son esprit l'air endormi de celle qui partageait son bungalow, ses doigts fins qui avaient frotté son œil, ses cheveux en bataille... Se pourrait-il qu'elle l'intéresse ? Tom fronça les sourcils, pensif : d'ordinaire, il ne s'intéressait pas beaucoup aux filles ; il était bien sorti avec certaines de sa classe, mais c'était plus par curiosité de la chose que par un réel sentiment d'affection. Qu'est-ce que celle-là pouvait bien avoir de plus que les autres ?
''Bah, c'est sûrement parce qu'elle est bizarre.'' pensa le garçon aux dreads.
Oui, c'était sûrement cela, elle l'intriguait et c'était tout. Il essaya vaguement de reprendre le fil de la conversation avec les autres garçons de sa table mais renonça bien vite : de toute évidence, il n'arriverait pas à comprendre sans avoir suivi le début et puis, il fallait l'admettre, il s'en moquait. Ce ne fut que lorsqu'ils changèrent de sujet que Tom se joignit à eux, au grand bonheur de ses interlocuteurs qui l'accueillaient avec joie dans la conversation ; le petit déjeuner se passa donc dans la bonne humeur et les plaisanteries.
« Bon, tout le monde ! » appela le moniteur. « On va organiser une balle aux prisonniers, ça vous va ? »
L'ovation qui s'éleva servit de réponse, tous les enfants étant partants pour se lancer dans le jeu. Les moniteurs les emmenèrent sur un grand terrain plat à l'herbe verte, les délimitations étaient faites par des plots de couleur, largement séparés ; les gamins excités furent difficiles à calmer pour faire les deux équipes. Mais la plupart ne se connaissant pas, ils se désignaient du doigt en accompagnant leur geste d'un misérable ''toi''. Tom se retrouva dans la même équipe que Gustav, sa voisine de bungalow était, elle, dans le camp adverse ; elle lui adressa d'ailleurs un sourire amusé, le défiant du regard. Le châtain haussa un sourcil puis les lui rendit ; il ne savait pas trop pourquoi ni comment mais il ne voulait pas se casser la tête sur la question : cette fille l'amusait, l'intriguait.
Le coup d'envoi du ballon fut donné, le jeu débuta doucement, mais les lancers se firent de plus en plus rapides et violents, Tom peinait à esquiver la balle. Une fillette se mit à pleurer parce qu'elle avait été touchée, ce qui suscita une polémique dans l'équipe, les garçons affirmant que c'était une des raisons pour lesquelles il ne fallait pas jouer avec les filles et les intéressées leur répondaient simplement d'aller se faire voir. Les moniteurs calmèrent les querelleurs et menacèrent d'arrêter le jeu ; les enfants semblèrent se calmer, mais il n'en était rien : en réalité, les joueurs prirent un malin plaisir à lancer le ballon de toutes leurs forces. Ce dernier, sortant de la prison tel un boulet de canon, frôla Tom qui l'évita de justesse, sifflant à ses oreilles. Un bruit sourd suivit. Le jeune garçon se retourna, curieux de savoir ce qu'il s'était passé, ses yeux s'écarquillèrent : sa colocataire venait apparemment d'attraper le ballon en plein vol et elle fonçait à présent sur ses adversaires, leur jetant le cadeau. Gustav fut touché. Relevant les yeux et croisant le regard de Tom, elle lui adressa un sourire satisfait et empli de fierté : elle le mettait au défi de faire mieux, faisant naître un nouveau sourire sur le visage de son vis-à-vis.
Le garçon aux dreads attendit simplement que son coéquipier traverse le terrain et lui envoie la balle ; il la réceptionna à l'aide de son torse et la laissa retomber, juste assez pour donner un violent coup de pied dedans. Georg fut l'heureux élu de ce tir boulet de canon qu'il reçut dans le ventre. Etait-ce bien règlementaire ? Bah, quelle importance ? Tom se tourna vers son ''ennemie'' et lui servit à nouveau un sourire plein d'arrogance, auquel elle répondit sans attendre. Le ballon entre les mains, elle semblait déjà savourer sa victoire, ses doigts courant sur la surface convexe et irrégulière de son arme, la caressant délicatement, le regard brillant d'une envie de vaincre ; elle prit de l'élan et tira le ballon de toutes ses forces en direction de son camarade de chambre. Tom écarquilla les yeux en voyant approcher cette furie, trébucha et tomba à la renverse, se retrouvant dans l'incapacité de s'échapper, il reçut le ballon en plein torse, se retrouvant le souffle coupé. C'était comme si un énorme poids reposait sur sa poitrine et empêchait ses poumons de se remplir ; il toussait tout ce qu'il pouvait, se sentant étouffer. Relevant la tête, son regard croisa celui de son adversaire, elle le fixait, un sourire plaqué sur les lèvres, apparemment amusée ; le jeune garçon aux dreads serra les dents et, retenant tant bien que mal les larmes qui menaçaient de perler le long de ses joues, il calma sa respiration. Se remettant debout, il saisit le ballon et se rendit dans la ''prison'' :
« Bienvenue chez les boulets. » plaisanta l'un des prisonniers.
Tom leva vers cet inconscient un regard terriblement noir, visiblement vexé de se retrouver là, il répondit sèchement :
« Prend pas ton cas pour une généralité. »
Ceci étant dit, le garçon aux dreads se tourna vers le terrain, fusillant sa colocataire du regard : elle ne perdait rien pour attendre. En retour à cette œillade mauvaise, la fillette se contenta de poser ses poings sur ses hanches, un sourire toujours bien présent : elle le défiait de la toucher...
« Tes désirs sont des ordres. » ricana Tom.
Son regard balaya rapidement l'aire de jeu et le garçon tendit le ballon à Gustav, ce dernier lui adressa un coup d'œil interrogateur qui fit sourire Tom :
« Sors d'ici. »
Gustav haussa un sourcil, scrutant son vis-à-vis avec curiosité, le sourire que celui-ci affichait cachait quelque chose. Il hocha la tête et saisit le ballon. A la grande surprise des autres, il n'eût aucun mal à sortir de la prison, retournant sur le terrain ; il ne savait pas spécialement ce que Tom avait en tête mais il avait choisi de lui faire confiance. Récupérant la balle sans trop de mal, il fit mine de viser la colocataire de son ami, celle-ci eût un mouvement de recul, se rapprochant de la prison.
''C'était donc ça...''
Il tira suffisamment fort pour donner un aspect agressif à son attaque. La fille ne sembla pas s'en émouvoir et esquiva le ballon, mais elle comprit le but de la manœuvre au moment même où Tom intercepta la balle, un large sourire aux lèvres :
« Du bist tod. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. La fillette laissa échapper un cri de douleur en recevant le ballon dans le flanc ; elle grimaçait mais personne n'aurait su dire s'il s'agissait de la douleur ou du fait d'avoir été touchée. Le jeune garçon affichait un sourire de vainqueur, la toisant du regard :
« T'as perdu. »
Elle était effectivement la seule de son équipe encore sur le terrain. Les cris de victoire de l'équipe adverse retentissaient avec force, tous sautaient de joie, heureux et fiers d'avoir gagné. Tom souriait toujours, mais il arrêta en voyant sa vis-à-vis étirer ses lèvres : elle souriait ?
« Tu as gagné cette fois-ci, mais je te battrai. »
Cette annonce évoqua chez le jeune garçon un mélange de surprise et d'excitation : Tom ne reculait devant aucun défi. Il se contenta donc d'hocher la tête et alla rejoindre les autres membres de son équipe, mêlant ses cris aux leurs. De son côté, la fillette se releva, époussetant son jean ; un sourire étirait la commissure de ses lèvres, mais il disparut bien vite à l'arrivée d'un garçon de son équipe :
« Pourquoi t'as pas évité la balle ? » demanda-t-il agressivement.
« Parce j'en ai pas eu le temps. » répondit-elle du tac-au-tac.
« Pff... De toute façon, c'était couru d'avance. Faut pas prendre de filles si on veut gagner. » cracha-t-il.
L'intéressée releva lentement les yeux vers lui, son regard semblait plus noir que les abysses ; elle n'était pas très grande et plutôt maigrichonne mais l'expression de son visage suffit à faire reculer son interlocuteur, ce qui ne l'empêcha pas de l'attraper par le col de son t-shirt.
« De un, je trouve que t'es mal placé pour me dire ça, Mr j'ai-été-le-premier-touché. De deux, t'en as touché aucun. De trois, t'es qu'un con fini et de quatre, apparemment y'a pas que dans le cerveau que t'as de la merde, dans les yeux aussi ! »
Sur ce, elle repoussa son interlocuteur avec force et s'en alla bon train, ignorant le coup de sifflet de rassemblement : elle était visiblement hors d'elle. Georg avait assisté à la scène et lui emboîta le pas, se demandant où elle allait ; il ne la rattrapa qu'un peu plus tard, à proximité des bungalows. Elle s'était assise à même le sol et se passait la main dans les cheveux, l'air fatigué.
« Eh, ça va ? »
« Hm ? » elle se tourna vers lui. « Ah, oui, ça va. »
« A ta place, je lui en aurais collé une à ce type. » ricana le brun en s'asseyant à côté d'elle.
« Bah, c'était qu'un con... » soupira-t-elle, un mince sourire revenant sur ses lèvres. « Et comme on dit : ''la merde, ça éclabousse.'' »
Le garçon éclata de rire : cette gamine ne manquait pas de répartie, c'était amusant. Il lui tendit une main :
« Je m'appelle Georg, enchanté. »
« Bill, de même. »
Un long silence suivit cette déclaration : le brun fixa un long moment le visage souriant qui se tenait devant lui, enregistrant les informations qu'il venait de recevoir. Ceci fait, il s'autorisa à extérioriser sa pensée :
« Bill... C'est pas très féminin comme nom... »
« Je suis un garçon. » répliqua l'androgyne. « Mais les gens se trompent souvent. »
« On va dire que t'as pas un physique des plus virils. » rit son vis-à-vis.
« Je sais... » soupira Bill. « Mais bon, j'en ai marre qu'on me prenne pour une fille. »
« J'imagine. » Georg tapota l'épaule de son vis-à-vis.
« Hm... C'est moi ou t'es déçu que je sois un garçon ? »
Le brun rougit violemment à cette remarque, faisant rire son interlocuteur : il avait vu juste. Bill se calma et, un sourire parant toujours ses lèvres, reprit :
« Alors ? »
« Ben... Ouais, un peu... » avoua Georg. « Mais j'aime que les filles. »
« Ça tombe bien, t'es pas mon type. »
Le jeune androgyne ne pensait pas à mal en disant cela, mais bizarrement ses paroles blessèrent quelque peu son vis-à-vis. Toutefois, ce que ce dernier trouvait le plus étrange c'était ce ''t'es pas mon type''.
« Tu aimes... Les garçons ? » s'étonna-t-il.
« Je n'aime pas les filles. » répondit Bill en haussant les épaules.
« C'est bizarre ! » s'exclama Georg.
« Pourquoi ? » demanda son interlocuteur, surpris.
« Ben... Parce que les garçons, ça aime les filles. » répliqua le brun, comme si cela coulait de source.
« Pourquoi ? » répéta Bill.
« Ben, heu... Parce que c'est comme ça. »
« Ah... » l'androgyne sembla pensif. « Mais moi... Je n'aime pas les filles et pourtant je suis un garçon. »
« Mais tu restes bien avec des filles au repas. » lui fit remarquer son vis-à-vis.
« Parce que je ne veux pas manger tout seul. »
Georg hocha la tête, ce n'était pas une réponse stupide. Bill était vu comme une fille par beaucoup de personnes dans le camp, cela ne devait pas toujours être facile pour lui... Mais Georg avait beau le détailler, il trouvait indubitablement que l'androgyne avait des traits très fins, un nez légèrement en trompette, des yeux un tout petit peu bridés, de longs cils... Ce n'était qu'en faisant très attention qu'il arrivait à admettre que Bill était un garçon. Non, en fait, c'était visible lorsque l'on savait que c'en était un.
« T'as quel âge ? » enchaîna-t-il.
« Dix ans. » répondit son vis-à-vis.
« Sérieux ? Je te donnais moins... » souffla Georg. « Moi, j'en ai douze. »
Bill hocha la tête, pensant visiblement à autre chose. Il avait le regard dans le vague, les bras croisés sur ses genoux lui servant d'appuie-tête ; son interlocuteur le dévisagea un long moment, intrigué. Puis il brisa ce nouveau silence :
« A quoi tu penses ? »
« A quelqu'un. » sourit l'intéressé. « J'avais peur de m'ennuyer ici, mais finalement, c'est marrant. J'ai trouvé un bon jeu. »
Sur ces quelques paroles, l'androgyne se redressa et tendit la main à Georg pour l'aider à se lever, lui proposant d'aller manger. Chemin faisant, le brun remarqua que Bill s'écartait peu à peu : des filles lui faisaient signe de la main ; à la vue de son expression, Georg sourit et lança :
« Tu manges avec nous ? »
« Je peux ? » demanda son vis-à-vis en retour, visiblement intéressé par la proposition.
« Si je te le dis. Mais il y en a beaucoup qui vont te prendre pour une fille... »
« J'ai l'habitude. »
A SUIVRE...
