Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)

Auteur : Sahad.

Note : Réponses aux reviews !

Alia : Mais non, mais non, il est tout mignon ! Muahaha ! Je suis content(e) que tu dises que ça change, j'aime faire dans l'originalité, lol ! Concernant la suite... Ma foi, je vais te laisser la découvrir (Sahad mode of sadique ON).

Vanity : Lol, heureux/se de te rappeler de si bons souvenirs (balle aux prisonniers), j'ai les mêmes ! Buahaha ! Désolé(e) de vous avoir fait attendre aussi longtemps, ton amie et toi.

AdErIn : Voilà la suite !

Dstine : Heu... La fille, c'est effectivement ça, mais le gamin pleurnichard, pas trop. Lol. Voici la suite, mon cher rocher !

Bonne lecture !

Chapitre 3 :

Les deux garçons se rendirent dans le réfectoire, s'installant à la table habituelle de Georg, sous les regards insistants des autres. Tom haussa un sourcil en voyant l'androgyne s'approcher : depuis quand sa colocataire mangeait-elle avec eux ? Il adressa un coup d'œil interrogateur à Georg qui se contenta de répondre :

« Les filles de là-bas sont chiantes. »

« Tu as gagné, cette fois-ci. Bravo. » murmura Bill en s'installant à côté de Tom.

« Je gagnerai à chaque fois. » assura ce dernier.

« Ça, ça reste à prouver. » ricana l'androgyne.

« C'est sûr que Tom l'avait mauvaise de s'être fait touché par une fille à la balle aux prisonniers ! » rit le blond-châtain.

« Ta gueule, Gustav. » grogna l'intéressé.

« Alors tu t'appelles Tom... » appuya ladite fille.

« Tu ne savais pas ? » s'étonna Georg.

« Nein, il avait pas voulu me le dire. » sourit Bill.

« Et toi ? C'est quoi ton nom ? » soupira Tom.

« Ça te regarde ? » répliqua son colocataire.

Le jeune garçon aux dreads se renfrogna mais ne fit aucun commentaire : lui ayant dit ces mêmes mots la veille, il ne pouvait pas la blâmer de les lui balancer aujourd'hui. Toutefois, l'idée qu'elle connaisse son nom mais que ça ne soit pas réciproque le dérangeait un peu. Ses yeux ne cessaient d'aller vers l'androgyne qui discutait à bâtons rompus avec les autres garçons de la table ; Bill n'éprouvait aucune gêne à se trouver dans ce nouvel environnement, soulagé de pouvoir discuter de sujets plus masculins qu'à son ancienne table. Il était aussi satisfait que Georg ne dévoile pas son identité : l'idée d'embêter Tom l'amusait beaucoup. D'ailleurs, il peina à se retenir de rire pendant tout le repas, devinant l'expression bougonne de son colocataire.

Ils avaient l'après-midi de libre. Fous de joie, les enfants se dispersèrent entre le terrain de football et la forêt : une étendue d'arbres qui longeait le camp, un peu grande pour porter le nom de bois. Bill suivait Tom depuis un moment, se glissant entre les arbres, l'escortant comme son ombre ; son vis-à-vis poussa un profond soupir et se retourna :

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

L'androgyne le considéra un moment, hésitant, puis s'avança et alla s'asseoir en face de lui, sur le tronc d'un arbre mort.

« Tu m'en veux ? »

« Pourquoi ? » demanda le garçon aux dreads.

« Pour être venu à votre table. » répondit Bill.

« Ah. Non. Tu fais ce que tu veux... » répliqua son vis-à-vis en haussant les épaules.

« Cool. » sourit son interlocuteur. « J'avais peur que tu me dises de retourner avec les autres... C'est pas qu'elles m'ennuient, mais parler que de garçons ou de vêtements, ça ne m'intéresse pas. »

« Ah... Tu préfères parler de quoi ? » voulut savoir Tom, curieux.

« Musique, sport... Un peu de tout en fait. » avoua son colocataire. « Manga aussi... Enfin tout ce qui n'intéresse pas ces filles-là. »

Son vis-à-vis hocha la tête, comprenant son point de vue. Non, cette fille n'était pas comme les autres qu'il connaissait, ça l'amusait. Bizarrement, elle ne l'ennuyait pas et il avait la sensation de pouvoir parler librement, ça ne lui était jamais arrivé avec une fille auparavant. Peut-être que le fait de ne pas avoir de mère l'avait privé de cette atmosphère féminine et le poussait à se retrouver entouré de garçons, c'était là qu'il se sentait le plus à l'aise. Mais sa colocataire était différente, il ne savait pas trop pourquoi mais...

« J'ai entendu dire qu'on allait à la plage demain, tu viens ? » l'interrogea Bill.

« La plage ? » répéta Tom.

« Ouais, bon, c'est un peu loin. Mais on y va en bus... Et puis ça peut être drôle, non ? » sourit l'androgyne.

« Ben... » le garçon aux dreads hésita, visiblement peu convaincu.

« On pourra se faire un volley ou un foot. » enchaîna son vis-à-vis. « Ou encore une bataille de boules de sable ? »

Un sourire étira les lèvres de Tom : l'idée lui plaisait. Cette fille savait le motiver, il hocha la tête, signe qu'il acceptait ; Bill leva les poings au ciel dans un cri de victoire et lança :

« Et cette fois, c'est toi qui perdra ! »

« Dans tes rêves ! » rétorqua son vis-à-vis en lui tirant la langue.

Ils éclatèrent de rire et continuèrent à se défier l'un l'autre. Puis, se perdant dans un nouveau fou-rire, ils attendirent un peu pour se calmer avant d'enchaîner sur un nouveau sujet :

« Dis, pourquoi t'es venu ici ? » l'interrogea Bill.

« Hein ? » Tom ne saisit d'abord pas la question.

« Moi, c'est ma mère qui m'a fait venir ici... » murmura l'androgyne. « Elle dit que l'air d'ici me ferait du bien et que ça serait l'occasion de me faire des amis. »

« Et ton père ? » demanda son interlocuteur. « Il n'a rien dit ? »

« J'ai pas de père. » annonça Bill. « Enfin, maman m'a dit qu'il est parti dans un pays étranger où il ne pouvait pas nous emmener. »

« Pourquoi ? » s'étonna Tom.

« Je ne sais pas. » avoua le jeune brun. « Mais comme ils n'arrivaient pas à vivre loin l'un de l'autre, ils se sont séparés. »

« Ah... » le garçon aux dreads hocha la tête. « Moi, c'est l'inverse : j'ai pas de mère. Mon père m'a dit qu'elle est morte quand j'étais petit. Sur les dernières photos que j'ai vues d'elle et de moi, je devais avoir quatre ans, même pas, trois peut-être... »

Bill acquiesça d'un mouvement de tête, signe qu'il comprenait ; son regard se posa sur son vis-à-vis : Tom avait un peu baissé la tête, les yeux dans le vide. Sans vraiment réfléchir, il posa la main sur sa tête, faisant légèrement glisser le bandana.

« Eh, qu'est-ce que tu fais ? » lâcha son colocataire.

« Ma mère fait toujours ça quand je me sens triste. » expliqua l'androgyne.

Tom se sentit rougir. De honte ou parce que c'était elle, il ne savait pas mais il parvint à articuler en baissant un peu plus la tête qu'il n'était pas triste du tout. C'était un mensonge car il aurait vraiment voulu connaître sa mère, mais il n'en avait jamais parlé à personne et là, il sentait une boule lui enserrer la gorge. Se faisant violence pour ne pas montrer sa tristesse, il serra les poings et releva la tête, plantant son regard dans celui de son vis-à-vis.

« Je ne perdrai pas demain. »

Bill écarquilla les yeux un bref instant et éclata de rire, lui claquant une main dans le dos en affirmant que ça restait à voir. Le sujet était clos. Georg et Gustav apparurent, apparemment essoufflés d'avoir couru ; ils leur proposèrent de se joindre à eux pour un match de foot, ce que leurs interlocuteurs acceptèrent avec le sourire, les rejoignant en quelques enjambées. Mais en arrivant sur le terrain, Bill reconnut le capitaine de l'équipe adverse : il s'agissait du garçon avec qui il s'était pris la tête un peu plus tôt dans la journée, lors de la partie de balle aux prisonniers. Ce dernier lui lança un regard un regard presque narquois sans pour autant s'approcher, ce à quoi l'androgyne répondit par un air hautain. Là, le capitaine de leur propre équipe s'approcha et murmura sur un ton d'excuse :

« Il nous faut qu'un seul joueur. »

Tom adressa un regard interrogateur à Bill, lui demandant son avis. Georg allait dire qu'il lui laissait sa place mais le petit brun affirma qu'il ne voyait aucun inconvénient à rester sur le banc de touche à jouer les pom-pom-girls ; puis, reportant son attention sur ce garçon qu'il ne pouvait pas voir en peinture, il lança à son colocataire :

« Tom, t'as intérêt à gagner. »

« Parce que t'en doutes ? »

Le regard de l'androgyne se plongea dans celui de son vis-à-vis, lui rendant son sourire. Bill alla ensuite s'asseoir sur le banc, observant le début du match ; mais à peine eût-il commencé que des acclamations fusèrent du camp des supporters (féminins pour la plupart). Tom, Georg et Gustav parvinrent rapidement à s'imposer dans un jeu à trois : le fait de connaître leurs prénoms respectifs leur donnait un large avantage sur les autres. Les minutes s'écoulèrent rapidement et le score demeura nul pour chacune des deux équipes, mais les garçons ne l'entendaient pas de cette oreille et, bien que la partie soit presque finie, ils donnaient encore tout ce qu'ils avaient :

« Tom ! A toi ! » cria Georg en lui envoyant le ballon.

L'intéressé le réceptionna sans trop de peine, se mettant à courir en direction des cages adverses en essayant d'éviter les autres joueurs. Il aperçut du coin de l'œil le capitaine, ce garçon que sa colocataire ne pouvait visiblement pas supporter, il fonçait droit sur lui et courait plutôt vite.

''Bon, il suffit de l'éviter...'' pensa le garçon aux dreads.

Mais ça n'avait rien d'une défense. Sentant le danger venir, Tom décida d'envoyer le ballon à Gustav qui n'était pas loin ; à peine venait-il de faire sa passe qu'une vive douleur s'empara de sa cheville : son adversaire venait de lui shooter sans ménagement dans la jambe. Une grimace de douleur apparut sur son visage et il tomba lourdement à terre, agrippant sa cheville de ses mains ; Bill, qui assistait à la scène, regarda autour de lui : apparemment, personne n'avait rien vu, ils étaient tous absorbés par la course du ballon... Le mufle ! Le jeune androgyne sentit la colère bouillonner en lui, il avait une sainte horreur des tricheurs et particulièrement de celui-là. Ce mauvais joueur avait repris sa course, laissant derrière lui le blessé sans même lui accorder un regard pour rejoindre ceux de son équipe qui avaient récupéré la balle.

« Vas-y, Lorenz ! Marque !! » criaient des filles dans les tribunes.

Mais Bill n'avait que faire de ce foutu Lorenz, ses yeux restaient rivés sur son colocataire qui n'avait pas bougé à part pour se tordre de douleur par terre. Son regard ne le quittait pas, comme s'il pouvait le forcer à se relever par la simple force de sa pensée.

« Lorenz ! Lorenz ! »

« Vas-y !!! »

« On est toutes avec toi !!! »

« TOOOOM ! »

Un lourd silence emplit les tribunes. Bill s'était levé, les poings serrés ; sa voix venait de couvrir celles de tous les autres d'un seul cri. Tous les regards étaient tournés vers lui, le dévisageant avec une surprise proche de la frayeur : depuis quand cette fille était-elle aussi agressive ? Mais loin d'être gêné ou de se taire, l'androgyne reprit de plus belle :

« Tom ! Lève-toi ! Qu'est-ce que t'attends ? Le déluge ? Bouge ! »

L'intéressé tourna péniblement la tête vers son colocataire, se tenant toujours la jambe : il était à bout de souffle et la transpiration perlait le long de son visage. Le petit brun, lui, poursuivit sur sa lancée :

« Tu m'as dit que tu gagnerais ! T'es un mec, non ? Alors, gagne ! Lève-toi ! »

L'échange n'échappa à personne et, profitant de la distraction des joueurs, Gustav reprit la balle, l'envoyant le plus loin possible sur le terrain ; Georg parvint à la réceptionner sans trop de mal. Bill continuait à hurler à Tom de se lever, sa voix était la seule que l'on entendait dans les tribunes, tous étaient captivés par la force que l'androgyne mettait dans ses encouragements ; les regards allaient de lui à Tom et inversement, puis, peu à peu, des voix se joignirent à celle de Bill :

« Vas-y, Tom ! »

« Allez, lève-toi ! »

« Tu vas y arriver ! »

La chose sembla passablement déplaire au capitaine adverse ; de son côté, le garçon aux dreads serra poings et dents, tentant de se remettre sur pieds. Une nouvelle grimace de douleur se peignit sur son visage alors qu'il se relevait, chancelant, la sueur couvrant son corps, le souffle court.

« Tom ! »

L'interpelé releva doucement la tête, comme si même ce simple geste lui coûtait. C'était Georg qui l'appelait. Ce dernier lui envoya la balle, Tom ne chercha pas à réfléchir, se faisant violence pour ne pas s'écrouler à chaque fois qu'il posait le pied gauche à terre, il se mit à courir, rattrapant tant bien que mal le ballon et partant vers les cages ennemies laissées sans défenseurs.

« Vas-y, Tom ! » cria Bill pour l'encourager.

« Vas-y, Toooooooooom ! » reprirent les groupies qui avaient délaissé Lorenz.

« Tire ! » s'exclama Georg.

Obéissant plus par instinct que parce qu'il avait réellement entendu, Tom s'appuya sur son pied gauche pour frapper la balle de l'autre, accompagnant ainsi son tir d'un cri de douleur. Tout le monde retint son souffle, suivant le ballon des yeux ; le sifflement de sa course fut le seul bruit que l'on entendit pendant quelques secondes. Le voyant passer à quelques centimètres à peine du poteau, le jeune châtain tomba à genoux, s'asseyant à même le sol, haletant, tête baissée ; il n'entendait que son cœur battant à la chamade jusque dans ses tempes, sentant la moindre gouttelette de transpiration glisser le long de son visage. Des pieds apparurent dans son champ de vision, le ramenant à la réalité : le coup de sifflet venait de conclure le match sur une égalité nulle. Il leva les yeux, croisant un regard chocolat : Bill se tenait devant lui.

« Désolé... » murmura Tom en baissant la tête. « J'ai pas gagné. »

« Mais t'as pas perdu. » lui assura l'androgyne en souriant. « Vous avez fait match nul. »

Le jeune garçon aux dreads esquissa un vague sourire, il avait mal, certes, mais il était surtout dépité de ne pas avoir gagné. Son colocataire s'agenouilla brusquement, arrivant à sa hauteur, et le prit dans ses bras, pressant ce corps encore brûlant et humide contre le sien. Les yeux de Tom allèrent de tous les côtés, un peu paniqué par cette soudaine marque d'affection de la part de sa colocataire.

« Tu t'es bien battu. »

Le châtain demeura interdit quelques instants avant de sourire et de remercier son vis-à-vis. Georg et Gustav arrivèrent, inquiets pour leur coéquipier qui les rassura rapidement, affirmant qu'il n'avait pas grand-chose. Toutefois...

« Tu peux te lever ? » le questionna Gustav.

« Ah... Nein... » avoua son ami. « En fait, j'ai super mal à la cheville... »

« On va t'emmener à l'infirmerie. » décréta Georg.

Et sur ces quelques mots, le grand brun hissa le blessé sur son dos malgré les protestations de ce dernier et se mit en route, escorté par les deux autres. Sentant un regard insistant posé sur lui, Bill se retourna, croisant celui de Lorenz : il ne semblait pas très satisfait, plutôt vexé même ; le considérant un bref instant en silence, l'androgyne se contenta de lui adresser un large sourire méprisant et se détourna pour suivre ses amis. Arrivés à l'infirmerie, une femme s'occupa de Tom, lui posa un sac de glaçons sur la cheville et lui donna de l'arnica ; jetant un coup d'œil aux trois autres enfants, elle lança :

« Qu'est-ce que vous attendez ? »

« Il va bien ? » demanda Gustav.

« Rien de cassé ? » renchérit Bill.

« Non, rassurez-vous. » sourit leur interlocutrice. « Il aura mal pendant un moment mais ce n'est rien de grave. »

« Bon, on te laisse là. » lâcha Georg à l'attention de l'alité.

« Ouais, ouais... » soupira Tom.

Les trois garçons allaient sortir lorsque le petit brun lança un coup d'œil en arrière : son colocataire s'appuyait à moitié sur le mur pour se maintenir assis, inspirant profondément. Le garçon aux dreads était un gamin actif et l'idée de rester couché ne l'amusait pas vraiment ; considérant un moment son air abattu, Bill se retourna et demanda à l'infirmière :

« Je peux rester ? »

Leurs deux amis le considérèrent un moment en silence, se remémorant l'accolade sur le terrain ; Tom, lui, haussa un sourcil, adressant à son vis-à-vis un regard interrogateur. L'infirmière accepta et sortit à la suite des deux autres enfants. Le jeune androgyne s'assit sur le lit afin de pouvoir être face à son colocataire qui le dévisageait toujours.

« Pourquoi t'es restée ? »

« Ben, ça avait l'air de t'embêter d'être seul. » répondit son interlocuteur en haussant les épaules. « Et puis tu es la seule personne avec qui je m'entends bien ici. Georg et Gustav sont sympas mais ils jouent toujours les grands frères... »

« Et les filles avec qui tu traînais ? » s'étonna le garçon aux dreads.

« Elles sont chiantes. » répondit Bill en reprenant les termes de son aîné lors du repas. « C'est bête... Tu vas pas pouvoir aller à la plage demain. »

« Pourquoi ? » demanda Tom.

« Ben, parce que tu pourras pas beaucoup bouger, tu vas t'ennuyer... » soupira l'androgyne.

Ce n'était pas faux. Levant les yeux vers sa colocataire, le jeune blessé profita des quelques instants de réflexion de cette dernière pour la détailler plus longuement : son expression formait une moue à la fois pensive et un peu triste, ses yeux chocolat scrutaient le sol, ses cheveux sang et nuit encadraient son visage fin... Elle était mignonne.

« J'ai qu'à rester. » déclara soudainement Bill, tirant Tom de son observation.

« Hein ? »

« Je vais rester demain. » sourit son vis-à-vis.

« Mais... Tu voulais aller à la plage, non ? » s'étonna le garçon aux dreads.

« Mais ce n'est pas drôle si tu ne viens pas. » répondit le petit brun. « Tu es le seul que je veux affronter. Tous les autres, ça m'intéresse pas : je les bats à plate couture. »

Le châtain dévisagea un moment son amie puis éclata de rire, amusé par la sûreté insolente de la fillette. Il haussa finalement les épaules : elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait. Bill souriait, content que son colocataire accepte sa compagnie ; ils rirent en se remémorant la tête de Lorenz pendant le match de football, se moquant de lui à tout va. Puis le jeune brun se leva du lit et murmura :

« Je vais retrouver Gustav et Georg. Tu veux que je te ramène quelque chose du réfectoire ? »

« Nein, c'est bon... » lui assura son vis-à-vis. « On va me donner un repas et tout ici. »

« Ok. A plus alors. » le salua son colocataire.

« Plus. »

Sur ce, l'androgyne s'éloigna d'un pas rapide ; il se rendit prestement au bâtiment qui abritait le réfectoire. Faisant minutieusement un tour de la salle du regard, il repéra très vite ses deux amis et alla les rejoindre en souriant de toutes ses dents :

« Salut, les gars ! »

« Salut, toi. » rit Georg.

Bill lui adressa un regard un peu surpris puis esquissa un nouveau sourire, reconnaissant : Gustav était comme les autres et croyait qu'il était une fille, mais le grand brun avait la gentillesse de ne pas divulguer l'information. Non pas que le fait de dévoiler la nature de son sexe le dérangea outre mesure mais bizarrement, il hésitait à le dire et Georg semblait s'en être rendu compte ; il ne pouvait pas expliquer pourquoi mais une certaine appréhension l'assaillait lorsqu'il songeait à dire qu'il était un garçon. Pourtant... N'était-ce pas lui qui avait dit à Georg qu'il en avait marre qu'on le prenne pour une fille ?

Songeur, il commença machinalement à manger, regardant vaguement la purée qui se trouvait dans son assiette. Les voix tournoyaient autour de lui sans qu'il ne parvienne vraiment à saisir le sens des mots qu'elles formaient, trop plongé dans les méandres de son esprit : Tom aussi le prenait pour une fille... Cela le dérangeait-il ? Il enfourna une nouvelle cuillérée de purée lorsqu'un coup de coude manqua de le faire avaler de travers ; il lança une regard à la fois interrogateur et mauvais vers son voisin de table :

« Quoi ? »

« Ça ne va pas, Bill ? »

L'intéressé tressaillit et tourna la tête vers la place en face de lui : Gustav était parti chercher de l'eau... Il reporta son attention sur Georg.

« Pourquoi tu me demandes ça ? »

« Parce que tu ne vas pas bien et que ça se voit. »

Le jeune garçon aux cheveux corbeau demeura silencieux un moment avant d'hausser les épaules ; mais son ami ne sembla pas l'entendre de cette oreille :

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien de bien important... » répondit évasivement son cadet.

« Menteur. »

« Fouineur. »

« Gustav ne va pas tarder à revenir, si tu veux en parler, c'est maintenant. » répliqua Georg.

Bill le considéra un moment puis soupira profondément : que pouvait-il dire ? Il ne savait même pas ce qui le mettait dans cet état, ou plutôt, il n'en était pas sûr ; après quelques secondes d'hésitation, il murmura :

« Je... Quelque chose me tracasse... »

« C'est ce que je me tue à te dire depuis une bonne minute. » sourit son vis-à-vis.

« Non, ce que je veux dire c'est que... Je... Me pose de drôles de questions des fois... » souffla le petit brun.

« Je peux t'en poser une ? » lança son interlocuteur.

« Tu m'as l'air bien parti pour... » sourit Bill.

Mais il recouvra vite son sérieux face à la mine grave du grand brun, il patienta toutefois jusqu'à ce que celui-ci poursuive le fil de ses pensées :

« Tu aimes Tom ? »

A SUIVRE...