Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)

Auteur : Sahad.

Note : A partir de ce chapitre, je tape les chapitres au fur et à mesure, ce qui fait que leur parution sera un peu plus lente. Désolé(e), les gens...

Note 2 : Réponses aux reviews !

FurtiV : J'aime m'arrêter au moment crucial. Bwahaha ! Moi, sadique ? Mais non, mais non... Du moins, si peu. Je ne sais pas si cette suite sera furtive mais je te laisse en juger...

Alia : Merci du compliment, ça me fait très plaisir, Alia-chan ! Mais si, il faut réveiller la partie sadique qui sommeille en chacun de nous car sinon il n'y a ni surprises, ni histoire, ne ? Lorenz est là pour qu'on ait envie de l'étriper, c'est normal ! Lol.

Vanity : Lol, je ne suis pas sûr(e) que Tom soit vraiment de ton avis concernant sa blessure. Mais bon...

Lukia-chan : heu… Peut-être pas nu mais pas loin, lol. Nan, sérieusement, ça sera tout simple... Quoique, mon cerveau est passablement tordu... Ma foi, tu verras. Lol.

Schmarties : Et Tom a pas fini de faire sa tête de cochon ! Lol. J'espère que la suite te plaira !

MX: je poste, je poste ! Laissez passer le courrier !

Suboshi : Pourquoi je coupes ? Parce que je suis sadique !!!! BWAHAHAHA ! Merci pour tes compliments, ils me font très plaisir !

Sev : Houlà, attention à la surchauffe ! Tu sais, plus c'est simple et plus c'est marrant en fait (je suis sadique, bwahaha) ! C'est parce qu'on y pense pas que c'est drôle.

Bonne lecture, les gens.

Chapitre 4 :

« Tu aimes Tom ? »

« Hein ? » l'androgyne fronça les sourcils.

« Est-ce que tu es amoureux de Tom ? » recommença-t-il.

« Pourquoi tu me demandes ça ? » répliqua Bill, apparemment peu surpris.

« Ben, t'as dit que t'aimais pas les filles et t'es toujours avec Tom, alors je me suis dit que... » murmura Georg.

Son cadet le considéra quelques instants avant de lui adresser un large sourire, s'amusant visiblement à laisser son vis-à-vis dans l'attente d'une réponse. Il se détourna et se reconcentra sur son assiette, attendant simplement le retour de Gustav. L'arrivée de ce dernier mit un terme à leur discussion et le jeune garçon aux cheveux sang et nuit préféra ne pas s'attarder au réfectoire : à peine eût-il fini de manger qu'il quitta le bâtiment, courant dans la nuit, et se jeta dans son bungalow où il s'enferma. Il ne voulait pas avoir à répondre aux questions de Georg. Le cœur battant, il se laissa glisser contre la porte, reprenant peu à peu son souffle ; ceci fait, il se releva, se changea et se glissa dans son lit.

Il avait besoin de repos, mais le sommeil tardait à venir. Il ferma les yeux pour essayer d'accélérer le processus, mais un simple petit craquement le fit sursauter : il se redressa vivement dans son lit, le cœur battant à la chamade, et tendit l'oreille. Le vent soufflait, sifflant et chantant doucement dans les branches des arbres, les faisant gémir lugubrement ; la lumière de la lune projetait l'ombre d'une branche contre le rideau blanc telle une main osseuse menaçante. Bill se sentit déglutir : il n'aimait pas du tout cette ambiance. Le bois du bungalow laissa échapper un grincement qui glaça le sang du jeune garçon, celui-ci tenta de se réfugier sous ses draps, mais ce qu'il ne pouvait voir, il pouvait l'entendre. Ses doigts emprisonnèrent violemment la couverture alors qu'il fermait les yeux, priant pour que sa peur s'en aille ; il tremblait sans parvenir à se calmer.

« Tom... ? » appela-t-il.

Mais une horrible vérité le frappa : il était seul. Son colocataire était à l'infirmerie, il n'y avait personne, pas un seul bruit familier, pas un souffle, une respiration ou un mot pour l'apaiser. Bill se mordit la lèvre inférieure, sentant les larmes menacer de couler, mais un le bruit d'une branche heurtant le toit de l'habitacle le poussa à se redresser et à sortir précipitamment. Non, il ne pouvait pas rester seul ! Partant dans une course folle, il frissonna en sentant l'assaut glacé du vent nocturne ; les arbres lui semblaient tout à coup horriblement tordus et monstrueux, leurs écorces formant des visages hideux et malveillants. Courant toujours à en perdre haleine, il trébucha et s'écorcha le genou contre une pierre, mais si une grimace passa sur son visage, elle ne fut que furtive et il reprit ses jambes à son cou. Le vent faisait danser ses cheveux en une caresse malsaine, une branche tenta de le retenir, lui griffant méchamment le bras, ses pieds nus heurtaient violemment le sol, s'enlisant dans un mélange de boue et de feuilles mortes.

OoOoO

Tom soupira une nouvelle fois : il s'ennuyait ferme tout seul ; s'il avait été dans son bungalow, il aurait au moins pu discuter avec sa colocataire et se moquer une nouvelle fois de Lorenz. Mais là, il n'avait rien, pas un livre, pas un cahier avec un crayon, rien. Il se tourna sur le côté, vers la fenêtre, son regard perçant l'obscurité : le vent soufflait et faisait danser les feuillages des arbres... Il aimait bien ce temps-là, c'était agréable d'entendre les bruits de la nuit qu'il ne pouvait pas percevoir dans sa grande ville. Un piétinement précipité attira tout à coup son attention, il sursauta en découvrant une ombre qui surgit devant la fenêtre.

« Uwaaa... ! »

Il reconnut toutefois rapidement la silhouette de son amie et s'avança jusqu'à la fenêtre qu'il ouvrit prudemment :

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

« Heu... » Bill lui adressa un regard perdu et souffla. « Je... Je me... Demandais... Si tu t'ennuyais pas trop tout seul... ? »

Le jeune châtain considéra sa vis-à-vis un long moment, haussant un sourcil, il remarqua alors que sa colocataire était en pyjama et pieds-nus, le regard fuyant, tressaillant au moindre bruit... Elle avait peur. Cette simple pensée fit naître un sourire mi-amusé mi-attendri sur le visage de Tom, il murmura :

« Allez, grimpe. »

Le soulagement qu'il lut dans les yeux de la fillette était tel qu'il eût du mal à se retenir de lui lancer une boutade ; se penchant à la fenêtre, il l'aida tant bien que mal à monter sur le rebord. Elle était presque rentrée lorsqu'une douleur lancinante se manifesta dans la cheville du garçon aux dreads, lui arrachant un cri de douleur et lui faisant perdre l'équilibre ; entraîné dans la chute de son ami, Bill tomba sur lui, ses mains heurtant violemment le sol de chaque côté du corps de Tom. Se remettant rapidement de la surprise et de la douleur, le jeune brun rouvrit les yeux et les porta sur son colocataire, inquiet :

« Tom ? Wie geht's ? »

« Ah... Ja... » grimaça l'intéressé.

« Je... Schuldi, je ne... » commença son interlocuteur.

« Tom ? »

Les deux garçons se figèrent à la voix de l'infirmière, leurs regards se croisèrent, le jeune châtain fut le plus rapide à se reprendre et indiqua frénétiquement à son vis-à-vis de se mettre sous le lit. La voix de la femme s'éleva à nouveau derrière la porte :

« Tom ? Est-ce que tout va bien ? »

« Ah... Heu... Oui ! C'est rien ! Juste un cauchemar ! » répondit précipitamment le jeune garçon.

« D'accord... Tu m'appelles si tu as besoin de moi, ok ? »

« Pas de problème ! »

Bill laissa échapper un soupir de soulagement en entendant les pas s'éloigner : il s'était glissé sous le lit, le cœur battant à tout rompre ; levant les yeux, il dévisagea son ami, devinant le sourire qui se dessinait sur ses lèvres. Les deux garçons rirent en essayant toutefois de rester discrets.

Tom revint sur son lit et s'assit en prenant garde à ne pas appuyer sur sa cheville, invitant sa colocataire à le rejoindre. Le jeune brun se hissa à son tour sur le lit et s'installa, appréhendant quelques peu les éventuelles questions que pouvait lui poser son ami : pourquoi était-il venu ? Pourquoi était-il en pyjama ? Pieds-nus ? Etc... Mais bizarrement, Tom ne posa aucune de ces questions, se contentant de fixer sa propre cheville en silence ; ce ne fut qu'après de longues minutes qu'il ouvrit à nouveau la bouche :

« Je vais aller à la plage demain. »

« Hein ? » Bill écarquilla les yeux. « Mais... Et ta cheville ? »

« Je ferais attention... » soupira son vis-à-vis. « Et puis, quitte à se faire chier, je préfère que ça soit à la mer qu'ici. »

« Mais... »

« Et puis t'as envie d'y aller, non ? »

Le jeune garçon aux cheveux sang et nuit hocha la tête : oui, il avait envie d'y aller, mais était-ce bien raisonnable de la part de son colocataire de se lever alors qu'il avait mal à la cheville ? Mais apparemment, la question était réglée pour Tom qui s'allongea, croisant les bras derrière sa tête :

« Tu crois que c'est loin ? »

« Je sais pas... » répondit l'androgyne en haussant les épaules. « Pourquoi ? »

« J'aime pas le bus. » murmura le châtain.

« Mais t'aime rien ! » rit son ami.

Tom éclata de rire, lui aussi, approuvant son colocataire : il n'y avait effectivement pas grand-chose qu'il aimait vraiment, surtout dans ce camp de vacances. Bill s'approcha et se hissa à son tour sur le lit, s'asseyant à côté de son vis-à-vis ; il hésitait à poser cette question qui lui brûlait les lèvres, ne sachant pas réellement quelle serait la réaction de son ami.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » le devança le châtain.

« Heu... Tom... Est-ce que... Est-ce que je peux rester avec toi... ? Cette nuit... ? »

L'intéressé considéra un moment sa colocataire, comme s'il l'étudiait. Un sourire amusé étira ses lèvres :

« Tu as peur ? »

Le petit brun ne répondit pas, se contentant de baisser la tête : il pouvait sentir ses joues rougir. Oui, il avait peur. Mais pas spécialement du noir comme pouvait le croire Tom, aussi, il le reprit :

« Je... J'aime pas être seul... »

« ... Bon, ok. T'as qu'à rester. » sourit son interlocuteur.

« Danke. » le soulagement de Bill était flagrant.

Son ami laissa échapper un petit rire et fit de la place à son colocataire, l'invitant à se coucher, ce que ce dernier fit volontiers. Le vent soufflait toujours assez fortement mais le jeune brun ne tremblait plus autant : la présence de Tom le rassurait ; il s'endormit rapidement, la tête légèrement posée contre l'épaule de son vis-à-vis...

Le jeune châtain se raidit un peu à ce contact, lançant un coup d'œil vers son amie : celle-ci avait fermé les yeux et sa respiration était lente et régulière... Il soupira, haussant mentalement les épaules et ferma les yeux à son tour, cherchant à trouver le sommeil...

OoOoO

Un courant d'air le fit frissonner. Il ouvrit péniblement les yeux, cherchant vaguement quelque chose pour se réveiller ; mais se fut une quête vaine : il remarqua alors qu'il était tout seul. Il se redressa dans son lit et regarda autour de lui, il n'y avait aucune trace de la petite brune... Il l'aurait bien appelée mais... Il ne connaissait toujours pas son nom, elle avait refusé catégoriquement de le lui révéler en lui sortant l'une de ses propres remarques. Des pas attirèrent son attention, il tourna la tête vers la porte, celle-ci s'ouvrant sur l'infirmière :

« Tom ? Tu te sens mieux ? »

« Ça va. » répondit l'enfant.

« Bon, je ne suis pas tout à fait d'accord mais tes amis sont venus me voir pour savoir si tu pouvais aller à la plage et... » commença-t-elle.

« Je peux ? » la coupa Tom, visiblement heureux à l'idée de sortir de cette chambre.

« Ecoute... ça ne me plaît pas spécialement mais si tu me promets de te tenir tranquille là-bas, j'accepte que tu y ailles. »

Le jeune blessé esquissa un large sourire plein de dents et fit sa promesse, bien que conscient qu'il ne la tiendrait probablement pas. La femme hocha la tête et s'écarta de l'encadrement de la porte, laissant place à Bill qui, un grand sourire aux lèvres, amena un sac à son ami :

« Je t'ai pris tes affaires ! »

« Ah... ! Danke ! » s'exclama Tom.

« Bitte ! » rit son colocataire.

« Il allait oublier la moitié si Gustav n'avait pas été là... » ricana Georg en arrivant à son tour dans la chambre, suivi de l'intéressé.

« J'avais pas oublié tant de trucs ! » protesta le jeune brun.

« Non, juste la serviette de bain, la crème solaire, les lunettes de soleil... » énuméra leur aîné.

« Arrête, Georg... » sourit Gustav.

« Mais... T'avais mis quoi si t'avais oublié tout ça ? » s'étonna Tom.

« Heu... Ben, maillot, casquette, jeu de cartes, manga... » répliqua Bill en haussant les épaules.

« Rien que l'essentiel. » ironisa le grand brun.

« Bon, on y va ou on squatte ici ? » s'impatienta l'enfant aux cheveux sang et nuit, non content d'être critiqué de la sorte.

Eclatant de rire, les garçons se décidèrent à partir, aidant leur ami à marcher malgré son attelle. Ils étaient les derniers arrivés au bus mais, heureusement, ce n'était pas la place qui manquait et ils purent réquisitionner les banquettes du fond. Le début du trajet se passa sans accros, les enfants ne faisant que discuter, mais bien vite, le voyage commençait à se faire long et l'agitation s'installait : il y avait bientôt plus de gamins debout qu'assis, beaucoup se retournaient pour discuter, enlevant ces ceintures gênantes, d'autres traversaient même le véhicule pour rejoindre leurs amis, etc.

Bill, Tom, Georg et Gustav commencèrent une partie de cartes, essayant vaguement de se souvenir des règles élémentaires tout en les arrangeant à leur avantage quand la nécessité s'en faisait sentir ; ainsi, les deux cadets du groupe remportaient de larges victoires, toutes plus douteuses les unes que es autres. Mais si ce jeu les occupait, les enfants s'en lassèrent rapidement, Gustav préférant s'endormir dans son coin et Georg lire son livre ; le jeune châtain soupira et jeta un coup d'œil à sa cheville encore douloureuse : elle ne lui faisait plus aussi mal qu'avant mais il la sentait encore... Il soupira à nouveau :

« C'est long... »

« On se fait un ''speed'' ? » proposa le petit brun.

« Speed ? » répéta Tom, ne comprenant visiblement pas.

« C'est un jeu de cartes... Enfin, on n'a pas trop les cartes appropriées mais on peut essayer... C'est un jeu de rapidité. » expliqua Bill. « Mais peut-être Monsieur a-t-il peur de m'affronter ? »

« Moi ? Peur ? » sourit méchamment son vis-à-vis. « C'est mal me connaître ! Explique-moi comment on joue. »

« Ja, ja... » ricana l'androgyne. « En fait, on a chacun la moitié du paquet en main, face cachée, et il y a deux cartes entre nous, face visible. Tu me suis ? »

« Ouais... » opina Tom en suivant les mouvements de son colocataire des yeux.

« Bon... Au ''top'', on retourne une carte de notre paquet et on la pose sur l'une de celles qui sont entre nous, mais on doit respecter un des 3 critères : elle doit avoir le même nombre, ou la même couleur, ou le même signe. Tu comprends ? » Bill releva les yeux vers son ami.

« Heu... Pas trop... » avoua le garçon aux dreads.

« Ok, attend... » murmura son interlocuteur. « Regarde, imagine qu'entre nous, il y a un 3 de cœur et un 7 de piques. Ok ? »

« Ok. » approuva Tom.

« J'ai mon paquet, face caché dans la main, je retourne la première carte. » le petit brun s'exécuta. « C'est un valet de carreaux. Alors ce n'est pas égal à 3 ou à 7, et ce n'est ni un cœur, ni un pique. Mais je peux le poser sur le 3 de cœur parce que c'est de la même couleur. Ok ? »

« Ah ! D'accord ! » s'exclama son vis-à-vis. « Ok, j'ai compris ! On commence ? »

« Ja ! »

Les deux garçons débutèrent alors une partie saccadée, écrasant violemment les cartes sur un livre posé entre eux. Tom eût la désagréable expérience de goûter à la défaite, Bill étant depuis longtemps habitué à ce jeu, mais loin de s'avouer vaincu, le châtain réclama aussitôt une revanche qui commença sans tarder. Bientôt, plusieurs enfants s'approchèrent pour voir ce qu'il se passait, intrigués par les exclamations, les jurons ou les cris de victoire ; les deux colocataires ne se rendaient pas compte qu'ils devenaient le centre d'intérêt et continuaient leur partie :

« T'as perdu ! » s'esclaffa le petit brun en levant les bras au ciel en signe de victoire.

« Rah ! On en refait une ! » gronda son vis-à-vis.

« Tom, ça fait 8 parties qu'on fait et 6 parties que tu perds... » objecta Bill.

« Justement ! » grommela l'intéressé. « J'en ai gagné 2, je peux gagner encore ! »

« Quel têtu... » rit son ami.

« C'est ce que disent tous les loosers. »

Les deux garçons relevèrent la tête à cette remarque peu amicale. Lorenz se tenait non loin d'eux, les bras croisés, entouré de sa clique, Bill et Tom le considérèrent un moment, haussant un sourcil d'un même mouvement, et retournèrent à leur partie, se désintéressant de lui. Ce dédain sembla énerver l'adolescent qui lança :

« Remarque quand un mec et une fille partagent le même bungalow, c'est normal qu'ils s'entendent bien. »

« Han ? Ils sont dans le même bungalow ? » s'étonna une fille d'une douzaine d'année, regardant les autres.

« Quoi ? Tu savais pas ? » s'extasia une autre.

« Nein ! » répliqua l'autre.

Bill leva les yeux au ciel avant de détourner le regard, il n'appréciait pas cette attention qu'on lui portait... Surtout que Tom y était mêlé. Mais que pouvait-il dire ? Que c'était stupide parce qu'il était un garçon ? Non, c'était révéler à son colocataire qu'il lui avait menti... Le petit brun se mordilla les lèvres en baissant la tête, ne sachant que dire ; mais il n'allait tout de même pas laisser son ami s'en prendre plein la figure par les autres à cause de lui. Il allait se lever lorsque Tom le devança, faisant face à son vis-à-vis :

« Lorenz, ça te perturbe tant que ça qu'un gamin de dix ans ait plus de succès que toi pour que tu cherches à me pourrir constamment la vie ? »

« QUOI ? » s'exclama l'intéressé.

« Il a raison... » renchérit Bill, un sourire étirant ses lèvres. « Ça ne sert à rien d'envier un gamin. Quoique... C'est vrai que si j'avais ta gueule à la place de mon cul, j'aurais honte de chier. »

Un grand éclat de rire anima la petite troupe à cette remarque, Georg s'en tordait de rire tout en félicitant ses deux cadets, Gustav se contentant de sourire d'un air amusé ; Bill et Tom échangèrent un regard malicieux avant de se laisser aller au rire à leur tour. Lorenz serra les poings et cracha avant de retourner à sa place, sous les sourires de triomphes des deux complices. Le reste du voyage se passa sans plus d'incidents, bien qu'un peu long, les enfants parvinrent à prendre leur mal en patience.

OoOoO

« La mer ! » hurlèrent en cœur les deux cadets.

« Joli chœur, vous devriez essayer la chorale. » commenta Georg.

Mais déjà, Bill et Tom n'écoutaient plus leur aîné, allant vers la plage, le jeune brun aidant son ami à marcher. Gustav esquissa un sourire attendri en les observant.

« Tu dis vraiment pas grand-chose... » murmura Georg.

Le blond-châtain hocha la tête en haussant les épaules : effectivement, il ne parlait jamais énormément ; après tout, pourquoi faire ? On le comprenait sans qu'il ait besoin d'ouvrir la bouche. Lançant un coup d'œil en direction de son vis-à-vis, il emboîta bientôt le pas à leurs cadets, allant vers la mer.

Tom était assis sur une serviette, dans le sable sec, observant Bill qui riait en courant dans l'eau. Le petit brun revint avec de l'eau au creux des mains et la lança sur son ami :

« Rah !! »

« C'est froid, hein ? » s'exclama son colocataire, un large sourire aux lèvres.

« Ah, t'es conne ! » grogna Tom en secouant les bras pour enlever l'eau, sous le regard hilare de ladite conne.

Le jeune châtain attrapa une poignée de sable qu'il jeta sur son colocataire, lui faisant pousser un cri aigu. Les deux enfants commencèrent une véritable bataille de sable, riant aux éclats, préférant ne pas se mêler aux autres ; mais une grimace de douleur passa furtivement sur le visage du jeune garçon aux dreads, calmant d'un seul coup son adversaire :

« Tom ! Wie geht's ? »

« Ah... Ja... » articula l'intéressé en se tenant la cheville.

« Désolé... » souffla Bill. « J'avais oublié que tu t'étais fait mal... »

« Pas grave... » grommela son vis-à-vis.

« Pas grave ? » répéta son interlocuteur presque indigné. « Tu es blessé, il faut faire attention ! »

« Je vais bien ! » s'écria brusquement le jeune châtain. « Fous-moi la paix ! »

Bill sursauta face à l'agressivité de son colocataire, ne comprenant pas une telle colère : il ne pensait pas avoir fait quelque chose qui puisse l'avoir énervé à ce point. Il fronça les sourcils, serra les poings, se leva et se détourna, partant d'un pas rapide sous le regard surpris du jeune blessé :

« Eh... Où tu vas ? Eh ! »

Mais Bill n'esquissa même pas un geste pour se retourner, accélérant même son allure. Tom haussa les sourcils, essayant de comprendre pourquoi son amie s'en allait de la sorte, une envie pressante ? Il soupira et reporta son attention sur sa cheville douloureuse :

« Scheiβe, ça fait mal... ! »

Chaque pression de ses doigts lui arrachait une grimace. Il maudissait Lorenz pour cette blessure : on n'avait pas idée d'être aussi mauvais joueur ! Un crissement dans le sable attira son attention, c'était Lorenz... Le jeune châtain ne put s'empêcher de retenir un soupir et lança quelques regards ci et là : les autres jouaient et ils n'étaient pas dans le champ de vision des moniteurs... Logique. Il releva la tête vers son trouble-fête :

« Qu'est-ce que tu veux, Lorenz ? »

L'adolescent ne répondit pas, s'approchant encore. Tom préféra ne rien laisser paraître bien qu'il sente son cœur battre de plus en plus vite : il avait parfaitement conscience d'être dans une mauvaise position. A l'école, il savait aussi que c'était lorsque les surveillants ne pouvaient pas les voir qu'ils se battaient... Lorenz savait qu'on ne les voyait pas d'ici.

« Qu'est-ce que tu veux ? » répéta-t-il.

Sans se donner la peine de répondre, l'adolescent lui agrippa l'épaule et l'envoya violemment dans le sable. Tom toussa et secoua la tête pour se débarrasser de ce qui lui agressait les yeux, agitant les bras dans le but de déjouer une nouvelle attaque ; mais il sentit quelqu'un l'empoigner brutalement par le col.

« Tu vas arrêter de te la jouer, sale petit merdeux ? » s'écria son aîné.

Le jeune châtain grimaça en sentant son pied blessé déraper dans le sable, lui provoquant une vive douleur ; parvenant à rouvrir les yeux, il planta comme il put ses dents dans le bras de son vis-à-vis. Ce geste lui valut une gifle cuisante, faisant danser le monde devant ses yeux ; il secoua légèrement la tête dans le but de calmer les vacillements de sa vue. Tout à coup, il se sentit heurter violemment le sol, passablement dur bien que constitué de sable, ce qui lui arracha un cri :

« Aïe ! »

« Tu vas la lâcher, connard ? » s'exclama son agresseur. « Elle est à moi ! T'entend ? »

Tom serra les dents sous l'effet de la douleur, il ne comprenait qu'à moitié ce qu'on lui disait, trop concentré sur son corps qui le faisait souffrir ; il ne parvenait qu'à sentir les poings qui le frappaient, sa cheville qui le lançait.

« Je perdrais pas contre un gnome comme toi ! Et t'oses la ramener en plus, sale morveux ? »

« Aïe ! »

« Arrête! »

Tom ne comprit d'abord pas, sentant le poids sur son corps disparaître, il roula difficilement sur le côté, se recroquevilla pour chercher un appui et se redressa un peu. C'était la voix de Gustav qu'il venait d'entendre : celui-ci venait de charger Lorenz et lui collait des coups de poings ; malgré leur différence de taille, il semblait que le jeune blond-châtain avait le dessus. Lorenz jura et partit en courant, laissant là les deux garçons. Gustav souffla un bon coup pour se calmer puis se tourna vers son ami et camarade de classe :

« Hey, Tom, wie geht's ? »

« Ça va... » murmura l'intéressé en secouant un peu la tête pour se remettre les idées en place. « J'ai juste quelques bleus... »

« Il te voulait quoi ? » voulut savoir son vis-à-vis.

« Rien. »

Peu satisfait par la réponse, Gustav ne fit pourtant aucun commentaire et aida le jeune châtain à se relever, celui-ci grimaçant un peu. Oui, ça ne serait que quelques bleus, rien de plus, davantage de peur que de mal ; mais au moins, Tom savait à présent pourquoi ce type lui en voulait autant : il s'entendait bien avec sa colocataire. Et alors ? Etait-ce mal ?

Ils rejoignirent Georg, le raisonnant pour qu'il n'aille pas directement tabasser Lorenz ; ce dernier n'aimait pas que l'on s'en prenne à ses amis. Il reporta toutefois son attention sur leur cadet qui se massait la joue, apparemment douloureuse ; il l'observa un long moment, ce qui intrigua le châtain :

« Was ? »

« Ah, non… Rien. » répondit le grand brun.

« Georg, si tu dois mentir, fais-le au moins bien. Quoi y a ? » soupira Tom.

Amusé par le vocabulaire et la perspicacité de son interlocuteur, son aîné accepta de céder et de révéler le fond de sa pensé :

« J'ai vu B... Ta coloc' aller jusqu'au ponton qui est un peu plus loin... Vous vous êtes pris la gueule ? »

« Ah... Nein. » lâcha le gamin aux dreads. « Elle s'est barrée d'un coup, j'ai pas compris pourquoi... »

« Tu devrais aller t'expliquer avec... Elle. » lui conseilla Georg. « C'est mauvais une fille en rogne. »

Tom le considéra un long moment avant de soupirer à en fendre l'âme ; il hocha vaguement de la tête et se dégagea des bras de Gustav, le remerciant pour son aide : il n'avait plus qu'à boiter jusqu'au ponton. Le blond-châtain suivit leur ami du regard, en silence, ce ne fut que lorsqu'il le jugea assez loin qu'il murmura :

« C'est quand que tu lui dis ? »

« Lui dis quoi ? » s'étonna Georg.

« Que sa copine est en fait un mec. » rétorqua Gustav.

« Heh ? » son aîné n'en croyait pas ses oreilles. « Comment tu... ? »

« Tom a raison... » soupira le blond. « Tu ne sais pas mentir. »

A SUIVRE !!

Sahad : ce chapitre m'aura pris un peu plus de temps que les autres car je m'étais arrêté en cours de route, il n'était pas fini. J'espère que je ne vous aurais pas trop fait attendre. A toute !