Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)

Auteur : Sahad.

Note : Allez, pas de devoirs pour demain (c'est archi rare), je continue sur ma lancée !

Note 2 : réponses aux reviews !

Schmarties : Quelle sera sa réaction... ? Tadadaaaaam ! Eh ben je le dirais pas, na ! Lol. Bon, ok, c'était nul mais il est tard, désolé(e)...

Vanille : Pourquoi éviter les ennuis ? C'est géniallissime (quand c'est pas les miens, lol) ! Alors, Tom va-t-il ou non découvrir le secret de Bill... ? Vous le saurez en lisant le chapitre !

Crystal d'avalon : La suite que voilà ! Tom va-t-il savoir ? Hm... Sais pas...

Rocher : Oui, t'as tout juste, mon chtit rocher ! Lol. Contente qu'elle te plaise.

Alia : Amooooooouuuuur, gloire et beeeeeeaaaaauuuutéééééééé... Ahem. J'espère que la suite te plaira, lol.

Bonne lecture.

Chapitre 8 :

La douleur fut la première chose qui apparut dans son esprit. Ses yeux avaient du mal à s'ouvrir. Sa tête lui faisait horriblement mal... Parvenant enfin à se réveiller pleinement, Bill lança un regard circulaire autour de lui, observant l'endroit où il se trouvait : cela ressemblait beaucoup aux chambres d'hôpital qu'il avait vu à la télévision. Il était à l'hôpital ? Ses souvenirs étaient flous... Que s'était-il passé ? Il se rappelait de Lorenz, de ces quelques mots, de sa peur, de sa fuite, et puis... Plus rien. Juste une horrible douleur lancinante. Il se redressa dans son lit et se leva ; son corps semblait à bout de force, comme s'il avait du mal à se porter lui-même... Il arriva à se rendre dans la salle de bain et se retrouva face son reflet, dans le miroir : il avait un bandage autour de la tête, légèrement tâché de rouge sur le dessus, juste sous ses cheveux noirs... Que s'était-il passé ?

Il en était là dans ses pensées lorsque la porte de la chambre s'ouvrit sur une infirmière qui écarquilla les yeux en le voyant. Elle s'approcha de lui comme s'il s'agissait d'un anomal blessé et lui parla doucement comme s'il avait deux ans d'âge mental ; ce fut du moins comme cela que le jeune brun l'interpréta. Elle lui demanda gentiment de retourner dans son lit pendant qu'elle allait chercher le médecin. Bill obtempéra et se glissa à nouveau dans les draps, attendant patiemment en essayant de retrouver les fragments manquants de sa mémoire... Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'un homme dans la quarantaine n'entre dans la pièce, allant se poster devant lui :

« Bonjour, mon garçon. Comment te sens-tu ? »

« Bien... » répondit simplement l'androgyne.

« Tu as mal quelque part ? » insista l'homme.

« A la tête. » murmura l'enfant.

« On va te donner quelques comprimés pour que ça passe, d'accord ? » sourit le médecin.

« D'accord. » Bill commençait à en avoir marre que l'on s'adresse à lui comme à un enfant en bas âge.

« Bon, si tu me racontais ce qu'il t'est arrivé ? » proposa son interlocuteur.

Le jeune androgyne observa un moment de silence, ne sachant que répondre ; il finit par secouer négativement la tête, signe qu'il ne s'en rappelait pas. Le médecin hocha la tête et lui dit de se reposer le temps qu'il téléphone à son camp de vacances. Son camp de vacances... Depuis combien de temps était-il ici ? Il n'en savait rien...

OoOoO

« Tom !!! Tom !! » appela une voix.

L'intéressé ne répondit pas, plongé dans un manga : il n'était pas d'humeur à voir des gens. Il faisait déjà un incroyable effort pour ne pas aller voir Lorenz et lui casser la tête, il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Il n'arrivait pas à penser à autre chose que son ancienne colocataire : comment allait-elle ? Cela le préoccupait, quoiqu'il fasse.

« Tom ! »

Georg arriva à la porte de son bungalow, apercevant le jeune châtain allongé sur son lit, la tête dans son livre. Il s'approcha, le secouant par l'épaule :

« Tom ! »

« Was ? » grogna son cadet sans lever les yeux de son livre.

« C'est bon ! Elle revient !! »

Ces quelques mots semblèrent magiques, captant toute l'attention de son vis-à-vis : Tom n'avait visiblement pas besoin de lui demander de quoi il s'agissait, puisqu'il partit en courant vers l'accueil du camp de vacances. Il arriva à bout de souffle dans le bureau.

Son regard tomba sur le jeune brun. Bill était assis sur une chaise, un bandage toujours autour du crâne, l'air perdu dans ses pensées. Il ne remarqua d'ailleurs pas la présence de son vis-à-vis. Tom n'attendit pas et entra sans demander la permission :

« Billie ! »

Cette exclamation parut réveiller l'androgyne qui leva les yeux vers le châtain, il n'eût que le temps de prononcer le prénom de son ancien colocataire avant que celui-ci ne le prenne dans ses bras, soulagé. Bill écarquilla les yeux mais ne fit rien, sentant un sentiment de bien être l'envahir ; mais cette étreinte ne dura que quelques secondes avant que le garçon aux dreads ne le lâche, les joues légèrement empourprées, le regard un peu fuyant :

« Heu... C'est cool que tu sois revenue... »

Le jeune brun esquissa un sourire et hocha la tête. Il demanda la permission de sortir et partit sans demander son reste, suivant son ami ; les deux garçons marchèrent un moment avant que Bill ne murmure :

« Tu fais toujours la tête ? »

« Non. » nia Tom. « C'est un truc de fille, ça. »

« T'es bête. » rit son ami.

« Je sais. » soupira le châtain.

« Tom ? »

« Hm ? »

« On fait la paix ? »

Le garçon aux dreads s'arrêta, considérant un instant son vis-à-vis ; il parut pensif et esquissa finalement un sourire, hochant la tête :

« Ouais. On fait la paix. »

Prononçant ces mots, il tendit la main au jeune androgyne qui n'attendit pas pour la saisir, le sourire aux lèvres : cette guerre lui manquerait peut-être un peu, mais il était plus qu'heureux de s'entendre à nouveau avec ce garçon. Ils allèrent directement au bungalow où les attendaient Georg et Gustav qui accueillirent leur ami en grandes pompes, s'amusant à le faire sauter en l'air malgré ses protestations.

« Tu nous as manqué ! » s'exclama le grand brun.

« Vous aussi, les gars. » sourit Bill. « Enfin, le peu de temps où j'ai été réveillé, en tout cas. »

« Tu veux dire que pendant les deux jours où t'étais pas là, t'as pioncé ? » s'indigna faussement leur aîné. « Pendant que nous, on s'inquiétait, hein, Gustav ? »

« Ouais. » approuva le blond-châtain en riant. « Quoique c'était Tom, le plus inquiet. »

« N'importe quoi. » grogna ce dernier.

« Billie ? »

Les quatre adolescents se tournèrent vers la porte, dans son encadrement se dessinait la silhouette de Lorenz. Il baissa les yeux dès que leurs regards se croisèrent, n'osant pas lui faire face ; Bill attendit patiemment que son vis-à-vis se décide à lui parler. Ce ne fut qu'un murmure qui parvint à ses oreilles :

« Est-ce que... Je peux te parler ? »

Tom allait protester mais le brun le devança, accompagnant son aîné : c'était son problème, pas le sien. Ils marchèrent un moment en silence, le jeune androgyne attendant que son interlocuteur commence ; Lorenz, lui, n'était plus très sûr de ce qu'il devait dire mais il s'y tiendrait : il voulait que tout soit clair. Aussi, il finit par s'arrêter, se dressant devant Bill :

« Ecoute... Après ce qu'il s'est passé dans la forêt... J'ai bien réfléchi et... Y a quelque chose qui cloche. Enfin, je veux dire, je m'étais déjà plus ou moins rendu compte que c'était un truc à sens unique cette relation mais... Ta réaction dans la forêt à confirmé ce que je pensais... Tu ne m'aimes pas, n'est-ce pas, Billie ? »

Touché par tant de franchise, le jeune brun demeura quelques secondes muré dans le silence, pesant chacun de ses mots : il avait mille fois imaginé cette scène mais aucun des scénarios qu'il avait en tête ne lui convenait. Aussi, il préféra faire le vide dans son esprit et se lancer :

« Non, Lorenz. Je ne t'ai jamais aimé. »

« Je m'en doutais un peu... Si t'es sortie avec moi, c'était à cause de Tom, n'est-ce pas ? » sourit tristement son vis-à-vis.

« ... Oui. » approuva son cadet. « J'espérais que ça couperait tous les ponts qu'il y avait entre nous... Mais j'ai réalisé qu'en fait... Je veux pas qu'il s'éloigne de moi... C'était une dispute stupide et... Je m'excuse de m'être servi de toi... »

C'était plus difficile qu'il ne le pensait et il avait la désagréable impression d'être encore plus cruel que ce qu'il avait imaginé. Le sentiment de culpabilité qui l'envahissait était écrasant, mais il ne pouvait plus empêcher les mots de sortir de sa bouche :

« Je te fais souffrir, c'est très égoïste, surtout que tu n'as rien à voir là-dedans... Mais je... Je n'avais pas pensé à ce côté du problème avant de te dire ''oui'' : je ne pensais qu'à m'éloigner de Tom et... »

Il sentit une main se poser sur ses lèvres, le réduisant au silence. Ses yeux noisette croisèrent le regard vert de Lorenz : il affichait de la tristesse... Pourtant il souriait... ? Bill ne comprenait pas. Son aîné souffla :

« Ça suffit... Je veux pas en entendre plus... C'était évident que t'aimais Tom, ça se voyait trop... Mais j'espérais vraiment que j'arriverais à te faire changer d'avis. »

« Ve fuiv vévohé... (Je suis désolé) » articula le jeune brun sous la main de son interlocuteur.

« Bon, je vais te laisser. »

Sur ces quelques mots, il se détacha de l'androgyne et commença à s'éloigner. Bill le regarda partir, dans l'incapacité de bouger. Pourtant, il ne pouvait pas rester de marbre :

« Lorenz ! »

« Hm ? » son aîné se retourna.

« On... On reste amis, non ? » demanda-t-il.

« Bien sûr, idiote. » sourit son vis-à-vis.

Cette remarque fit l'effet d'un coup sur la tête au brun : il avait oublié qu'on le prenait pour une fille. Peut-être le mieux était-il de disperser ce malentendu... ? Il fixa un long moment Lorenz et lui adressa un mouvement de la main avait qu'il ne se détourne. Non... ça pouvait attendre, il ne se sentait pas capable d'en parler. Pas maintenant.

Un sourire se dessina sur son visage. Il était tout de même content de mettre un point final à cette mascarade ; certes, il n'avait pas toujours porté Lorenz dans son cœur, mais il l'avait cruellement blessé. Il était enfin libre et n'avait plus à mentir de ce côté-là ; c'était comme un poids invisible qui quittait ses épaules.

« Désolé, Lorenz... » murmura-t-il dans le vent. « Mais tu as raison. C'est Tom que j'aime. »

Il était le seul à pouvoir entendre cette déclaration, mais elle l'emplissait d'un sentiment de bien être, le même que celui qu'il avait ressenti lorsque le châtain l'avait pris dans ses bras dès son retour. Il était sincère avec lui-même. Rien de plus. Le sourire aux lèvres, il retourna au bungalow où les autres l'assaillirent de questions : ils s'inquiétaient visiblement tous les trois de son état, ce qui eût pour effet de le faire éclater de rire. Il parvint tant bien que mal à se calmer et murmura :

« Je ne suis plus avec Lorenz. »

Ce fut la seule explication qui franchit la barrière de ses lèvres : c'était suffisant, il n'avait pas à se justifier. Il fut simplement soulager de constater que Georg et Gustav lui adressaient un regard protecteur et fraternel, sans plus aucune once de reproche ou d'incompréhension... Ils durent aller manger et Bill en profita pour prendre Gustav à part :

« Hey. »

« Hm ? Was ? » demanda le blond-châtain.

« Tu diras à Georg que je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi, ok ? » demanda le jeune brun.

« ... Pas de problème. » sourit son aîné.

Ils rejoignirent ensuite rapidement les deux adolescents qui commençaient à s'impatienter à les attendre...

OoOoO

« Billie ? »

« Hm ? » le jeune androgyne s'était habitué à ce qu'on l'appelle de la sorte, il répondait désormais tout à fait à ce nom.

« Tu vas rester dans le bungalow de Gustav ? » demanda Tom, accoudé au bord de la piscine.

« Je te manque ? » sourit Bill en faisant bougé ses pieds dans l'eau, assis sur le rebord.

« Un peu... » avoua le châtain non sans rougir légèrement. « On s'entendait pas si mal... Et puis... Georg ronfle. »

L'androgyne ne put retenir un éclat de rire à cette déclaration, tout de suite accompagné par Tom qui s'en amusait aussi. Passant une main dans ses cheveux sang et nuit, il prit un air pensif : effectivement, il n'avait plus vraiment de raisons de fuir son ancien colocataire et, à vrai dire, sa présence aussi lui manquait quelque peu. Cela allait faire deux jours qu'il était revenu, son bandage avait été remplacé par un pansement, juste ce qu'il fallait pour recouvrir ses points de suture : on lui retirerait d'ici un mois, il espérait que sa mère ne s'inquièterait pas trop. Le vent frais de cette fin d'après-midi de vendredi s'engouffra dans son marcel, le faisant frissonner : pas qu'il soit particulièrement frais, mais cette sensation de froid communiquée par l'eau qui dégoulinait le long de sa peau était saisissante.

« Billie ? »

« Ja ? » l'intéressé baissa les yeux vers son vis-à-vis.

« J'ai un secret à te dire. » murmura Tom.

« Quoi ? » l'interrogea le petit brun, curieux.

« Approche, c'est un secret. Faut pas que tout le monde l'entende. »

Amusé, le jeune androgyne se pencha, tendant l'oreille à ce que pouvait bien avoir à lui dire son ancien colocataire. En guise de chuchotement, le châtain se hissa sur ses bras et plaça ses lèvres sur celles de son vis-à-vis ; Bill écarquilla d'abord les yeux, mais ne râla pas, fermant les yeux à son tour et répondant à ce baiser. C'était doux et tendre, le jeune brun n'aurait pu souhaiter mieux, et ce fut à regret qu'il sentit Tom s'écarter ; un sourire étira ses lèvres au souvenir de la plage et il murmura :

« Ça aussi, c'était juste parce que t'en avais envie ? »

« Nan. » répliqua le garçon aux dreads en secouant la tête. « Ça c'était parce que... »

« Billie ! »

Les deux garçons levèrent la tête d'un même mouvement, intrigués par cette interruption soudaine : c'était un groupe de filles. Bill les connaissait plus ou moins de vue mais il ne leur avait jamais parlé, quant à Tom, il ne se souvenait même pas avoir un jour vu leurs têtes quelque part ; elles s'approchèrent et s'arrêtèrent devant le jeune androgyne :

« On peut te parler ? »

« Ah... Oui, bien sûr. » il se leva, dégoulinant encore d'eau. « Je reviens, Tom. »

« Ok. »

Sur ces quelques mots, il partit avec les filles, se demandant ce qu'elles pouvaient bien avoir à lui dire : il n'était pas en mesure de pouvoir faire grand-chose pour elles... Ils s'arrêtèrent non loin du camp mais à l'écart tout de même. Le jeune brun ne sut pas pour quelle raison, mais un mauvais pressentiment le prit au ventre.

« Billie, c'est ça ton nom ? »

Pour toute réponse, l'androgyne leva les yeux vers la fille : il préférait éviter de se prononcer sur le sujet, les gens tiraient eux-mêmes les conclusions de son silence. La fille qui venait de lui parler était un peu plus grande que lui, elle devait avoir dans les douze ans soit deux ans de plus que lui ; elle n'était pas vilaine, il l'aurait bien appréciée s'il ne s'intéressait pas aux garçons. Son seul défaut physique était peut-être cette façon qu'elle avait de regarder les autres de haut, de fait de sa taille mais il y avait probablement autre chose aussi. Voyant qu'il ne répondait pas, elle poursuivit :

« Tu sors avec Tom ? »

« ... Et si c'était le cas ? » répliqua Bill, préférant ne pas répondre directement, pour voir ce qu'elles lui voulaient.

« On peut dire que tu changes vite : Lorenz, Tom... » ironisa-t-elle.

Voilà, on y était : elles venaient le voir à cause de ça. Le jeune brun jeta des coups d'œil autour de lui et constata que ces filles avaient effectivement bien choisi leur endroit : il était désert. Tentant de rester naturel, il reporta son attention sur ses interlocutrices. L'une d'entre elles, une blonde, dont les cheveux ramenés en arrière lui donnaient un petit côté Barbie, prit la parole à son tour :

« On n'aime pas tes manières. Tu changes de mec comme de chemise juste parce que t'es un peu mignonne. »

« Ouais, on n'aime pas trop les chiennes. » renchérit une rouquine qui se trouvait derrière lui.

« Laisse Tom tranquille. » reprit la première, affichant toujours un regard hautain. « Tu as déjà fait assez de mal à Lorenz. »

« Je reste avec qui je veux. » répliqua sèchement Bill qui n'avait pas l'intention de s'aplatir face à ces filles. « J'aime être avec Tom alors je ne m'éloignerais pas. Si vous avez rien de mieux à faire que de venir me parler de ça, vous feriez mieux de revoir votre comportement pour lui plaire ! »

« Répète ça, salope ? » s'offusqua la blonde en le saisissant par les cheveux.

Ce geste eût pour effet de tirer légèrement sur sa blessure au front, ce qui lui infligea une vive douleur. Il grimaça mais se rendit à l'évidence : cela n'allait pas s'arrêter là. La fille au regard hautain, et visiblement le petit chef de bande, s'approcha et lui donna une gifle cuisante ; la rouquine, elle, lui assainit un violent coup de pied dans la cuisse.

« On va te faire comprendre puisque tu veux rien entendre ! »

Les coups commencèrent à pleuvoir. Le jeune brun tenta tant bien que mal de se dégager mais il était seul contre quatre : l'une des filles observait la scène sans esquisser le moindre geste, un simple sourire étirant la commissure de ses lèvres. Un coup de genou dans le ventre coupa le souffle à l'androgyne qui ne put que s'agenouiller par terre, offrant une proie facile. Le goût ferreux du sang se répandit dans sa bouche lorsqu'un coup lui atteignit le visage.

« Retourne chez toi, sale garce ! »

« Personne ne veut de toi ici ! »

« Va-t-en ! »

« Retourne pleurer chez maman ! »

« Excuse-toi ! »

Ces voix tournoyaient autour de lui... Les coups arrêtèrent de tomber, le laissant reprendre un peu son souffle : ses adversaires semblaient un peu fatiguées à force de le frapper. Ce fut ce moment-là qu'il choisit pour bondir sur la plus grande en hurlant, lui écrasant sa main sur le visage, ses ongles se plantant aux extrémités de son visage et lui lacérant la peau vers le centre de sa figure, son recul facilitant la tâche au jeune brun. Il n'attendit pas, profitant de cet effet de surprise, il écarta la blonde d'un coup de pied dans le ventre et profita de l'ouverture pour partir en courant. Ce n'était pas très glorieux, certes, mais il ne voulait pas se battre.

Il se rendit aux toilettes qui n'étaient pas loin et se contempla dans le miroir : elles ne l'avaient pas raté, mais c'était moins grave que ce qu'il avait imaginé. Ses points de suture étaient toujours là et n'avaient pas bougé, c'était l'essentiel. Il se rinça le visage pour retirer certaines traces et retourna à la piscine, espérant que Tom ne remarquerait rien...

« Billie ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? »

Apparemment, c'était raté. Mais Bill ne voulait pas lui dire : que ferait-il ? Il s'énerverait ? Le prendrait en pitié ? Non, il ne voulait pas ; aussi, il se contenta d'hausser les épaules et de répondre :

« Je me suis rétamé en revenant. »

« Pas douée. » rit le châtain.

« Hn... » grommela le jeune brun, intérieurement content que son vis-à-vis ne cherche pas plus loin.

« Elles te voulaient quoi ? » l'interrogea alors son ami.

« Rien de bien important... » soupira Bill. « Des trucs de filles... »

Tom hocha la tête et se désintéressa du sujet, au grand soulagement de l'androgyne. Les moniteurs les appelèrent pour le dîner : les adolescents devaient se changer avant le repas et avait donc quartier libre jusqu'à 18h30. Bill allait suivre Tom lorsqu'il sentit quelqu'un le retenir par le bras :

« Hm... Lorenz ? »

Les deux yeux noisette le dévisagèrent avec curiosité, se demandant ce que son aîné pouvait bien lui vouloir. Ce dernier lui fit signe de le suivre et s'arrêta un peu plus loin, à l'abri des oreilles indiscrètes :

« Qu'est-ce qu'il y a ? » s'impatienta tout de même le jeune brun.

« Pourquoi tu ne lui as pas dit ? » demanda son vis-à-vis.

« Hein ? » l'androgyne haussa un sourcil.

« Pourquoi tu n'as pas dit à Tom que tu venais de te fritter avec ces filles ? » reformula son interlocuteur.

Bill entrouvrit la bouche sous le coup de la surprise : Lorenz l'avait vu ? Il hésita avant de répondre un peu sèchement :

« Ça te regarde pas. »

« Arrête, elles étaient quatre contre toi ! » commença à s'énerver son vis-à-vis.

« J'suis pas en sucre. » protesta son cadet. « Et puis t'as rien fait pour m'aider, monsieur je-sais-tout-ce-qui-concerne-mon-ex. »

« Billie... » souffla Lorenz. « Je suis arrivé, t'étais en train de les démolir et tu t'es enfuie comme une voleuse... »

« Désolé, si j'avais su, j'aurais attendu que tu sortes l'appareil photo. » grommela le brun.

« Mais pourquoi t'es agressive comme ça ? » demanda son interlocuteur.

« Mais parce que je peux rien faire sans qu'on me demande le pourquoi du comment ! » s'exclama Bill. « Je te remercie de t'inquiéter pour moi mais je suis encore capable de me débrouiller seul ! »

« Billie... » tenta son aîné.

« Et arrête de m'appeler comme ça ! » s'emporta le jeune brun.

« Ben... Tu veux que je t'appelle comment ? » commença à s'énerver Lorenz à son tour.

« Bill. »

« Bill ? »

« Bill. »

Un lourd silence s'installa, Lorenz tentant visiblement de digérer l'information. L'androgyne s'était énervé et l'avait dit. Il s'apprêtait à se détourner lorsqu'il entendit son aîné parler :

« Mais... Tu es une fille, non... ? »

« Je n'ai jamais dit que j'en étais une. » répliqua simplement Bill. « Je n'ai contredit personne, mais je n'ai jamais acquiescé. »

« T'es un mec... » il avait peine à réaliser.

« Oui. Je suis un garçon. » confirma-t-il. « Bon, j'y vais... »

Il partit, laissant là son vis-à-vis. Ses pas le conduisirent à son bungalow où Tom finissait d'accrocher son bandana ; il passa directement dans la salle de bain et ferma la porte à laquelle il s'adossa. Il l'avait dit à Lorenz. Dans un sens, ça lui faisait un point en moins mais en même temps, il sentait l'appréhension le prendre aux tripes : et s'il le disait à Tom ? S'il le disait à tout le monde ? Peut-être valait-il mieux qu'il le lui dise maintenant... ? Il serra les dents et laissa sa tête aller contre la porte : pourquoi avait-il parlé ? Quel idiot ! Il fallait qu'il retourne voir Lorenz, c'était la seule solution...

OoOoO

Il n'arrivait pas à manger, c'était du bout des lèvres qu'il agressait son repas, son regard partant constamment vers le reste de la salle. Lorenz discutait avec ses amis, ils riaient... Mais à aucun moment il ne lui adressa le moindre regard. Son cœur battait à tout rompre, ses pensées ne parvenaient pas à se fixer sur autre chose que Lorenz : il savait...

Il réussit tant bien que mal à quitter la table sans laisser paraître son trouble et partit à la poursuite de son aîné :

« Lorenz ! »

L'intéressé se retourna et aperçut l'androgyne. Bill s'arrêta, ne sachant que dire ; Lorenz était là, à quelques mètres à peine de lui, avec ses amis... Il ouvrit plusieurs fois la bouche dans le but de dire quelque chose mais aucun son n'en sortit. Ce fut la voix de son vis-à-vis qui le réveilla :

« Billie, tu vas attraper froid à rester dehors... »

Le jeune brun demeura interdit quelques instants avant qu'un sourire n'étire ses lèvres, sourire que lui rendit Lorenz ; il se détournait d'ailleurs sous les questions de ses amis lorsqu'il entendit son jeune ami lui crier un ''danke'' sonore avant de partir rejoindre ses trois amis. Ceux-ci l'attendaient à la porte du réfectoire, l'accueillant avec curiosité :

« T'as l'air contente. Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Tom.

« C'est un secret. » sourit énigmatiquement son ami.

A SUIVRE...