Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)

Auteur : Sahad.

Note : Bon, en amphi de droit, on suit toujours autant... Et qui c'est qui a partiel la semaine prochaine ? C'est bibi ! (ça c'était au commencement du chapitre).

Note 2 : réponses aux reviews !

Vanillek : Voilà la suite tant attendue ! Je continue sur ma lancée (quelque peu ralentie par les partiels) et me mets au travail sur cette fic ! J'espère que ce chapitre te plaira autant que les autres !

Crystal d'avalon : Ah, qui sait ? Qui sait ? Tom peut avoir un foutu caractère ! Voyons si tu trouves ta réponse dans ce chapitre...

Vanity : Hum... On dit bien que l'habit ne fait pas le moine. Content(e) que mes chapitres aient un effet positif sur toi !

Alia : Une carrière dans la chanson ? Heu... Si, j'aimerai bien, mais je crois que ça donnerait une truc genre ''Le jour d'après'' si tu vois ce que je veux dire... Folklo, folklo, ce chapitre m'a posé quelques problèmes mais je m'y suis trop amusé(e) !

Suboshi : Ton dessin est superbe ! J'ai hâte de le voir terminer (je radote, je sais) ! Te presse pas pour les dessins, fais comme tu le sens, si t'as envie ou pas. Amuse-toi bien sur ce chapitre !

Lukia-Chan : Merci pour le compliment ! Je suis aux anges ! Pour savoir comment il va s'en dépêtrer, je te laisse lire la suite...

Reila666 : Lol, tout d'un coup ? Uwow ! Bravo ! J'espère que cette suite te plaira autant que le début !

NoBoDy-LoVeS-mE / Limoneuz: Lol. Marrante ta review! Pour le côté sexe, ben... Je les trouverais vachement précoces à dix ans quand même... Et puis je crois que Tom va avoir du mal à s'y faire. Héhéhéééé... (Sadik, le retour).

Max : Enerve-toi, ça pourrait être drôle ! Lol. Je sais que je suis sadique, je suis né(e) pour ça ! Bwahahaha !

Althéa : Moi, j'adore m'en servir de ces deux mots, surtout pour torturer les lecteurs ! Bwahahaha ! Enfin, j'espère que tu avaleras mieux ceux qui sont à la fin de ce chapitre-ci. Héhéhééééé...

Nokaia : Ton auteur préféré ? Uwow... (rougit) Heu... Ben, merci. Ça me fait très plaisir que ce que j'écris te plaise à ce point. Pour ton blog, si, c'est moi qui ai laissé le com. J'irai voir ta réponse dès que possible. Kissous.

Ré-A : Eh beh, eh beh, que de compliments ! Attend, je vérifie quand même mes chevilles... Nan, ça va, je peux encore marcher. Lol. Ça me fait très plaisir ce que tu dis. Et oui, j'aime bien le visual. Merci pour ta review super sympa, je te laisse découvrir le chapitre en espérant que t'accrocheras encore !

Bonne lecture !!!

Chapitre 9 :

« Bill. »

L'intéressé se crispa à ce nom, se retournant pour voir qui s'adressait à lui ; il poussa un soupir de soulagement en voyant apparaître son ami :

« Lorenz... »

« Tu sursautes toujours quand je t'appelle. » lui fit remarquer son aîné.

« Oui. J'ai pas l'habitude qu'on m'appelle comme ça... » avoua le jeune brun.

« Tu veux pas que je t'appelle ''Billie'', faut savoir. » rit son vis-à-vis.

Bill se résigna, reconnaissant que son ami avait raison. La veille, il avait compris que Lorenz était compréhensif puisqu'il n'avait pas dévoilé son secret, il jugea d'ailleurs bon de le souligner :

« Lorenz ? »

« Hm ? »

« Danke... Pour hier... » le remercia l'androgyne. « Je savais pas si tu allais tout dire ou pas... »

« Bah, ça me concerne plus... » soupira son interlocuteur. « Et puis... C'est pas comme si t'étais amoureux de moi. Là oui, ça me gênerait. »

« Tant que ça ? » murmura Bill.

« Ben... C'est zarb. » répondit son aîné. « Je sais pas comment tu fais pour aimer les mecs, t'es bizarre. »

Le jeune brun ne répondit pas. Lorenz avait passablement raison, il le savait : ce n'était pas ''normal''... Il soupira en pensant à Tom, penserait-il lui aussi qu'il était bizarre ? Il l'appréhendait. Préférant penser à autre chose, il salua son vis-à-vis et alla voir son colocataire : le blond-châtain était dans le bungalow, les yeux rivés sur une console de jeux vidéo ; il leva brièvement les yeux vers le jeune brun avant de les reporter sur sa partie :

« 'Ten Tag. »

« Guten Tag, Gustav. » murmura Bill.

« Wie geht's? Tu tires une de ces têtes... » remarqua son ami.

« C'est rien... » souffla le jeune androgyne. « Je... Je me pose beaucoup de questions... »

« A propos de Tom... ? » devina son vis-à-vis, sa phrase tenant plus de l'affirmation que de la question.

Le brun hocha la tête en guise de réponse, s'asseyant sur son lit. Gustav éteignit sa console et vint à proximité de son cadet, attendant patiemment qu'il commence ; plusieurs minutes s'écoulèrent sans qu'aucun son ne franchisse la barrière de ses lèvres, mais Bill avait besoin d'en parler, aussi, il se lança :

« Je... Je suis un garçon... »

« Je sais. » répondit simplement son interlocuteur.

« Oui, je sais que tu sais mais... » soupira Bill. « Mais... Georg ne sait pas mentir et... »

L'androgyne frissonna : qui d'autre pouvait être au courant ? Son trouble ne passa apparemment pas inaperçu car Gustav sourit :

« Mais faut bien le connaître pour le voir... Et il y en a un qui est un peu trop ailleurs pour le voir. »

« Tu parles de Tom ? » demanda, à tout hasard, son vis-à-vis.

« Tu vois quelqu'un d'autre dans le tableau ? » sourit son aîné.

« Nein. » admit Bill, répondant au sourire amusé de son ami. « Mais... Des fois... J'aimerai qu'il le sache... »

« Que tu es un garçon ? » demanda Gustav.

Bill hocha la tête : oui, il aimerait que Tom sache ce qu'il en était, qu'il était un garçon et tout le reste... Il soupira, ne sachant pas comment il pourrait le dire à son ancien colocataire. Le blond-châtain observa un moment de silence avant de murmurer :

« En tout cas, vaut mieux qu'il l'apprenne par toi que par quelqu'un d'autre, tu crois pas ? »

« Si... » approuva le jeune brun. « Mais... Rien ne sera plus pareil. »

« Ça, c'est sûr. » soupira son aîné. « Mais ça ne veut pas dire que ça changera beaucoup pour autant. »

« Gustav... »

« Hm ? »

« Les garçons, ça aime les filles. »

Et sur cette déclaration, Bill sortit du bungalow. Il avait espéré que sa discussion avec Gustav lui aurait remonté le moral mais ce n'était pas le cas, bien au contraire : ça l'avait remit face à la réalité, rien ne serait plus comme avant s'il avouait tout. Il lui restait deux semaines et demi... Il pouvait bien garder le secret jusque là... Non ?

Une dread apparut dans son champ de vision, le faisant sursauter : Tom se tenait devant lui, la tête un peu penchée pour essayer de capter son attention.

« Halloooooooo ? »

« Ah ! Hallo, Tom. » sourit l'androgyne. « Désolé, j'étais ailleurs... »

« Pas grave. On va faire un match de basket avec Georg et quelques autres. Tu viens ? » proposa-t-il.

« Hm... Pourquoi pas. » acquiesça le brun.

Il le suivit jusqu'au terrain et salua Georg. Il aperçut Lorenz parmi les autres joueurs, lui adressant un signe de tête, puis se retourna vers Tom :

« On joue dans la même équipe ? »

« Ok. » sourit ce dernier.

« Cool. »

« Heu... Billie ? »

« Ja ? »

A peine eût-il tourné la tête que ses lèvres se retrouvèrent prisonnières de celles de son vis-à-vis. Bill ne songea même pas à hésiter, répondant à ce baiser. Tom s'écarta et alla voir les autres pour constituer les équipes ; le jeune brun, lui, était sur son petit nuage. Les équipes furent rapidement faites et le jeu put commencer.

Georg, grâce à sa taille, attrapa le ballon sans problème et l'envoya à Tom qui n'attendit pas pour partir tel une fusée : il avait traversé le terrain en quelques secondes à peine. Mais, apercevant des joueurs s'approcher dangereusement de lui, il se retourna et lança la balle :

« Billie ! »

« Je l'ai ! »

Le jeune brun intercepta le projectile et se mit à courir. Il avait davantage l'habitude du foot que du basket mais il parvint tout de même à garder la balle sur une dizaine de mètres avant de se la faire piquer par Lorenz ; jurant, il effectua un demi-tour risqué, juste à temps pour voir son aîné marquer un panier.

« Scheiβe... » grommela-t-il.

« Eh ben, ''Billie'' ? » ricana Lorenz. « Je t'ai connu''e'' plus vivace ! »

Bill fronça les sourcils : il n'aimait pas la manière que son vis-à-vis avait d'appuyer sur les syllabes féminines de sa phrase. Il se redressa et épousseta son short, revenant vers le panier de son équipe ; Georg avait pris le ballon et attendait que tout le monde soit en place, il l'envoya à un membre de leur équipe et le jeu reprit. Le jeune androgyne se fraya un chemin et s'approcha du panier adverse ; Tom était marqué, Georg aussi, il ne restait que quelques autres membres de l'équipe à être libres, le ballon arriva sur lui. Bill se préparait à le recevoir lorsque quelqu'un apparut dans son champ de vision, lui donnant au passage un coup de coude dans la pommette.

« FAUTE ! » cria Georg.

« Quoi ? Mais il ne l'a même pas touchée ! » s'exclama un des coéquipiers de Lorenz.

« C'est ça. Et elle est tombée toute seule peut-être ? » ironisa Tom, venant aider son amie à se lever.

« Bah, c'est de votre faute, vous n'avez qu'à pas laisser jouer une fille. » lança un autre joueur de l'équipe adverse.

« Quoi, t'as quelque chose contre les filles ? » répliqua un garçon de la leur.

« Non, pas contre les ''filles'', non ? » sourit celui qui avait frappé Bill.

« Mais pour les mecs, on se retient pas. » renchérit un autre.

Le jeune brun se tendit à cette remarque, levant la tête pour voir les autres le dévisager, ceux de l'équipe adverse affichaient un sourire mauvais alors que ceux de la sienne l'interrogeaient du regard. Georg prit la parole :

« Arrêtez de dire n'importe quoi ! »

« Ouais, il a raison. » intervint Lorenz.

« Lorenz ? » ses amis ne comprenaient apparemment pas.

« Il a raison, vous dites n'importe quoi. » soupira à nouveau le garçon.

« Lorenz... » souffla Bill.

« C'est pas un mec, c'est un monstre. »

Cette phrase instaura un lourd silence. Le jeune androgyne sentit son cœur manquer un battement alors que son corps se crispait jusqu'au plus petit muscle... Ses yeux s'étaient écarquillés sous la surprise, ils descendirent lentement jusqu'au sol alors que les rires de Lorenz et ses amis fusaient :

« Ouais, t'as raison ! Il est pas normal ! »

« Un mec qui aime les mecs, c'est écoeurant ! J'vais vomir ! »

« Arrête, t'as vu sa gueule ? C'est même pas un mec, ça ! »

« J'paries que tout le monde peut le tirer comme il veut ! »

« Ah, vous êtes ignoooooobles, vous allez le faire pleurer. »

« Tu veux qu'on appelle ta maman ? »

« Nan, appelle le père, il le consolera mieux ! »

Bill n'en croyait pas ses oreilles, chaque phrase lui donnait la sensation d'une gifle ; presque inconsciemment, il leva la tête en direction de Tom. Il le regardait, visiblement choqué par ce qu'il entendait, on pouvait lire dans ses yeux le sentiment de trahison qui devait affluer en lui. Le jeune brun se sentit alors terriblement vide, comme si d'un seul coup tout était devenu silencieux ; il voyait bien les autres parler, mais aucun son ne lui parvenait, plus rien n'existait. Il sentit toutefois quelqu'un l'agripper par la bretelle de son haut sans manches, déchirant les coutures et découvrant une partie de son torse.

Tom regardait la scène, figé. Les informations semblaient se bousculer dans son esprit tout en le peuplant d'un vide total : c'était un garçon... ? Il ne parvenait pas à analyser cette pensée, comme si son esprit le refusait. Il ne comprenait pas. Pourquoi ? Pourquoi lui avait-il menti ? Pourquoi l'avait-il laissé se tromper ? Il se sentait trahi, ce garçon avait abusé de sa crédibilité, il avait profité de lui ! Pourtant... Il se sentait trop vide pour être en colère... Comme s'il n'y arrivait pas... Lorenz attrapa le brun, déchirant son vêtement, le malmenant. Mais ''Billie'' ne répondait pas, comme un pantin sans vie, une vulgaire poupée de chiffon que l'on secouait. Le jeune garçon aux dreads fixait le spectacle sans rien dire, sans esquisser le moindre geste ; l'androgyne heurta violemment le sol, se déchirant le genou par terre, mais aucun cri ne sortit de sa bouche tant il semblait dans un état second.

« Enfoirés ! »

Le châtain tourna la tête juste à temps pour voir Georg écraser son poing dans la figure d'un des garçons, entamant une véritable bagarre générale. Tom cligna des yeux plusieurs fois, sidéré par le spectacle qui se déroulait sous ses yeux ; un moniteur vint mettre un terme à ce bazar : apparemment, un des membres de son équipe était parti chercher du secours. Toute l'équipe de Lorenz et lui-même furent punis et Bill emmené à l'infirmerie. Le dreadeux observa le moniteur partir avec le corps du petit brun dans les bras, toujours figé ; Georg arriva à sa hauteur, le toisant d'un regard mauvais :

« Tu m'as déçu, Tom. »

« Heh ? » l'intéressé sembla se réveiller.

« Je croyais que t'aimais bien Bill, mais t'as même pas levé le petit doigt quand il a eu besoin de toi. » l'accusa son aîné.

« Was ? Aber... (Quoi ? Mais...) » bafouilla Tom.

« Je pensais que t'étais un bon pote. Faut croire que je me suis trompé. »

Sur ce, il le planta là, partant en direction de son bungalow. Le châtain en resta pantois, la bouche entrouverte : il n'en croyait pas ses oreilles. Une colère sans nom monta en lui et, alors que son vis-à-vis s'éloignait, il hurla :

« ET POURQUOI ÇA SERAIT TOUJOURS D'MA FAUTE DANS C'TE PUTAIN D'HISTOIRE ! SCHEIβE ! »

Mais Georg ne se retourna pas, laissant son cadet s'époumoner autant qu'il le pouvait. Tom s'arrêta finalement, la gorge en feu, une boule lui entravant la gorge : pourquoi était-ce seulement de sa faute ? Ce ''Bill'' lui avait menti ! Il lui avait fait croire que c'était une fille ! Il l'avait laissé l'embrasser ! Et Georg, il l'accusait d'être un mauvais pote mais est-ce qu'il savait seulement ce qu'il ressentait ? Non ! Tom bouillonnait littéralement de rage, il donna un violent coup de pied dans un caillou en hurlant à pleins poumons avant de quitter le terrain à son tour.

Il aurait aimé retourner à son bungalow mais il le partageait avec Georg et risquait bien de l'y croiser, ce qui était bien la dernière chose qu'il souhaitait dans un moment pareil. Il se rendit donc au seul endroit où il était susceptible d'être bien accueilli : le bungalow de Gustav. Lorsqu'il arriva, il trouva son aîné allongé sur son lit, en train d'écrire une lettre ; il hésita alors à entrer : peut-être le blond n'avait-il pas besoin qu'on l'ennuie avec ce genre d'histoire... ? Mais il n'eût pas le temps de réfléchir plus longtemps sur le sujet, Gustav se retournant :

« Ah. Hallo Tom. »

« Hallo Gustav... » murmura l'interpellé.

« Wie geht's ? » demanda son ami, plus par habitude qu'autre chose.

« Heu... Pas vraiment... » avoua le châtain. « Mais... »

« Ben, entre. » lança son aîné. « Reste pas dehors, viens t'asseoir. »

Tom hocha la tête et s'avança, se hissant sur le lit et s'y enfonçant autant qu'il pouvait pour s'adosser au mur du bungalow. Gustav avait rangé son papier à lettre et s'était tourné vers lui, visiblement tout ouïe, attendant que son cadet se lance. De longues minutes de silence s'écoulèrent sans que le garçon aux dreads n'ait prononcé le moindre mot ; puis, d'une voix qui se voulait détachée, il murmura :

« Dis, Gustav... »

« Ja ? »

« Tu... Tu savais que... Bill était un garçon ? »

La question resta un moment en suspend ; pourtant, le blond ne semblait qu'à moitié surpris de l'entendre de la bouche de son vis-à-vis. Il sembla réfléchir un peu puis répondit :

« Oui. »

« Bien sûr... » sourit Tom, le ton ironique. « Y avait qu'un seul con qu'était pas au courant et c'était moi. »

« Ce n'est pas Bill qui me l'a dit. » répliqua Gustav.

« Ah non ? » l'intonation du châtain laissait clairement comprendre qu'il ne le croyait pas.

« Non. C'est Georg. » avoua son interlocuteur. « Mais je l'avais compris depuis un bon moment. »

Seul le silence lui répondit. Tom était avachi dans le lit, les épaules contre le mur, tordant les lèvres comme à chaque fois qu'il était en rogne. Gustav soupira, sachant qu'il aurait du mal à convaincre son ami, puis reprit :

« Mais y a pas que ça qui te met en colère, si ? »

« Nein... » murmura le châtain.

Il lui raconta brièvement ce qu'il s'était passé sur le terrain de basket : la bousculade, les injures, les accusations, la bagarre, tout. Son aîné l'écouta attentivement sans l'interrompre, hochant la tête de temps en temps ; lorsqu'il eût fini, Tom avait la gorge horriblement sèche, douloureuse, et ses yeux le brûlaient. Des larmes acides perlèrent le long de ses joues. Il se recroquevilla, portant les mains à son visage et se laissant aller réellement pour la première fois du séjour. Gustav ne prononça pas un mot : il était parfois mieux de laisser couler les larmes ; il posa simplement sa main sur la frêle épaule de son cadet pour lui témoigner sa présence. Le silence qui régnait dans le bungalow était seulement brisé par les hoquets et les sanglots du plus jeune...

De longues minutes s'écoulèrent ainsi. Gustav se leva finalement et alla chercher un mouchoir dans ses affaire avant de revenir sur le lit et de le tendre à son ami ; ce dernier l'accepta, le gratifiant d'un signe de tête. Tom était méconnaissable : ses yeux étaient rouges, le coin de ses yeux enflé et une expression que le blond ne lui avait encore jamais vue peinte sur le visage. Lorsqu'il fut un peu plus calme, le jeune châtain murmura :

« Pourquoi on me reproche tout... ? C'est pas ma faute quand même si l'autre là, il se fait passer pour une fille. C'est lui qui fait n'importe quoi et c'est moi qui devrais tout me prendre dans la gueule sans rien dire ? »

« Tom... » souffla son aîné.

« J'en ai marre... » avoua l'intéressé d'une voix cassée.

« ... Bon, écoute... » soupira Gustav. « Le mieux, c'est que t'ailles en parler à Bill. Il pourra sûrement répondre à tes questions, non ? Moi, j'irai voir Georg. Et puis, au pire, t'auras qu'à venir dormir ici : si Bill ne reste pas à l'infirmerie, il pourra toujours être dans le même bungalow que Georg. »

Tom haussa simplement les épaules : il était fatigué et n'avait aucune volonté pour le moment. Il ferma les yeux, pensant éviter toute nouvelle suggestion ou question de son aîné, mais finit par sombrer dans un sommeil sans rêve.

OoOoO

« Tom... »

L'intéressé se sentit secoué par l'épaule, il entrouvrit les yeux et distingua vaguement le blond qui essayait de le réveiller.

« Gustav... ? »

« C'est l'heure d'aller manger. » déclara son ami. « Tu viens ? »

« Hm... Nein, danke... J'ai pas faim. »

Gustav hocha la tête et, même s'il désapprouvait l'idée que son cadet ne mange pas, il le laissa et alla au réfectoire. Tom se redressa dans le lit, ramenant ses dreads en arrière : son bandana noir avait glissé ; il le détacha et le rattacha correctement autour de son front, faisant le nœud sous ses dreads, au niveau de sa nuque. Il resta un moment inactif, se réveillant doucement mais surtout pensif : que devait-il faire à présent ? Il poussa un profond soupir et se leva : ce n'était pas en restant dans le bungalow sans rien faire que les choses allaient s'arranger. Il sortit de l'habitacle, frissonnant au contact frais du vent du soir qui agressait son corps encore endormi ; il marcha de longue minutes sans vraiment savoir où il allait, suivant simplement un chemin imaginaire, les mains dans les poches.

Bill était un garçon. C'était la seule chose qui lui revenait immanquablement en tête. Il soupira et s'adossa à un arbre : que pouvait-il y faire ? Rien. Il songea à ce que son aîné lui avait dit : aller parler au brun. Peut-être obtiendrait-il des réponses à ses questions... ? Il se redressa et reprit son chemin, avançant sans se presser vers l'infirmerie : la responsable était partie manger, il n'aurait pas à justifier sa présence en ces lieux aux horaires des repas. Il marcha jusqu'à la porte et la fixa. Il se sentait stupide, complètement indécis quant à l'idée d'entrer ; il opta tout de même pour la solution qui lui paraissait la moins idiote et frappa. Il attendit quelques instants puis, n'obtenant aucune réponse, entra.

Le jeune androgyne était à moitié allongé dans un lit, les épaules appuyées contre le mur, la tête tournée vers la fenêtre, l'air absent. Tom le considéra un long moment en silence : il n'avait rien du gamin brun qu'il avait côtoyé depuis le début de cette colonie de vacances, comme si on lui retiré ses piles... Il s'approcha, hésitant un peu, puis s'arrêta à environ un mètre de son vis-à-vis ; ce dernier n'avait toujours pas bougé, l'ignorant royalement.

« Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? » furent les premiers mots qui franchirent la barrière des lèves du châtain.

Il y avait mieux comme entrée en matière mais c'étaient les seules paroles qui lui étaient venues à l'esprit. Elles avaient au moins eu le mérite de réveiller Bill qui le dévisageait à présent avec surprise et crainte :

« T-Tom ? »

« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais un garçon ? » reformula l'intéressé.

Un moment de silence s'installa entre eux, le jeune androgyne cherchant visiblement ses mots ; ses doigts jouaient nerveusement avec la couverture et le drap. Il murmura finalement :

« Tout le monde pense toujours que je suis une fille... Alors j'ai pensé que ça ne changerait pas grand-chose que tu le penses aussi... »

« Ah... Et pourquoi tu m'as embrassé ? » l'interrogea à nouveau le châtain.

« Eh ! C'est toi qui m'as embrassé ! » se défendit le brun.

« Ok, ok... Alors pourquoi tu t'es laissé faire ? » soupira Tom.

Une nouvelle hésitation s'insinua dans leur conversation, Bill semblait trouver un intérêt sans bornes pour ses doigts qui blanchissaient à vue d'œil. La voix qui s'échappa de sa gorge était si fluette qu'ils se demandèrent tous deux si c'était bien lui qui avait parlé :

« Je... Je voyais pas de problème... »

« Han ? » son vis-à-vis avait visiblement du mal à le suivre.

« Je... J'aime les garçons. » décréta l'androgyne sans quitter ses doigts de ses yeux. « Je sais que... C'est bizarre et que les autres... Ont raison de dire que je suis un monstre mais... Je n'arrive pas à... M'intéresser aux filles... »

Tom le dévisageait avec de grands yeux, presque bouche bée. C'était la première qu'il entendait un garçon dire qu'il aimait les autres garçons ; pour lui, dans sa tête, il n'avait jamais envisagé d'autres couples possible que l'éternel garçon-fille. Il avait du mal à comprendre :

« Mais... Tu as embrassé d'autres garçons ? »

« Non. » répondit instantanément l'androgyne. « Juste toi. »

« Heh ? Warum ? » s'étonna Tom.

« Parce que... Tu... Me plais... » avoua le brun.

Le jeune châtain en resta coi. Bill était un garçon et il l'aimait : ces deux informations avaient déjà du mal à coexister dans son esprit. Il secoua instinctivement la tête, ce qui n'échappa pas à Bill qui se recroquevilla un peu plus ; le jeune brun osa tout de même demander :

« Tu... Me pardonnes... ? De t'avoir... Menti... »

« Ah... Eh ben... Heu... » hésita son vis-à-vis, pris au dépourvu. « Nan, j'ten veux quand même, moi ! »

Bill se mordit la lèvre inférieure. Il comprenait que son ami lui en veuille : après tout, il lui avait menti... Ses doigts se crispèrent sur la couverture alors qu'il baissait la tête pour ne pas risquer de pleurer. Tom se sentit rougir face à un tel spectacle : il avait encore du mal à se dire que Bill était un garçon ; il tordit ses lèvres dans une moue pensive en détournant les yeux.

« Heu... Bon, j'y vais... »

Le jeune brun ne lui répondit pas, plié presque en deux sur le lit. Tom s'éloigna vers la porte, il s'arrêta à la hauteur de celle-ci et lança un regard en arrière... Dans le fond, il ne réalisait pas vraiment et ses sentiments pou le brun le tiraillaient, il ne comprenait plus rien. Il hésita quelques instants avant de murmurer :

« Si... Si tu veux, tu peux revenir dans le bungalow... Georg et moi... On s'entend plus trop alors... Si tu veux revenir... Tu peux... Parce que... Heu... »

Lui tournant le dos, il ne put voir le sourire qui se dessina sur les lèvres du brun ni les larmes perler sur son visage ; mais il discerna parfaitement l'émotion qui perçait dans le ''danke'' qu'il entendit, à peine plus audible qu'un souffle.

« Bitte. Soigne-toi bien. »

Et sur ce, il ferma la porte derrière lui, s'adossant contre elle. Son cœur battait à tout va, menaçant de faire éclater sa poitrine. Tout n'était que confusion dans son esprit, il ne comprenait plus ce qui lui arrivait, cet attachement qui subsistait alors que son esprit refoulait clairement le brun au stade d'ami, de colocataire. Son cœur et sa raison étaient en total désaccord, le plongeant dans une mer de doute sans nom...

« Warum... ? » souffla-t-il pour lui-même.

A SUIVRE !

Sahad : Yahou ! Petite pause entre les révisions, partiel demain mais on s'en branle. Bref, tout ça pour dire que j'espère que vous n'aurez pas trop attendu cette suite et qu'elle vous aura plu. Sur ce, il est 22h22, je vais me replonger dans mon travail alors je vous souhaite une bonne nuit. A plus !