Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)
Auteur : Sahad.
Note : Partiel de marketing foirééééé ! Allez, pendons-nous en cœur ! Enfin, ça c'était quand j'ai commencé à écrire ce chapitre, maintenant, place aux bon vieux ''bonnes fêtes à tous'' ! J'espère que vous passez d'agréables vacances et tout le tagada tsoin tsoin qui va avec !
Note2 : réponses aux reviews !
Vanille : ils vont avoir du mal à être l'un et l'autre, indubitablement mais pour le moment place à la transformation. Héhéhé...
Suboshi : Content(e) que ça vous aie autant plus, vous deux ! Lol. J'aurais bien aimé être à côté pour avoir les commentaires en live !
Vanity : Merci, bonnes fêtes à toi aussi ! Je voulais poster pour le jour de noël mais j'ai pas été assez rapide. Sniff... Enfin voilà !
Reila666 : Eh beh... Merci pour tous ces compliments ! J'espère que la suite sera à la hauteur ! Tes commentaires font vachement plaisir à lire aussi. Héhé...
Ena : Bienvenue dans mon antre pour une nouvelle aventure des jumeaux mignons. Lol.
Crystal d'avalon : si j'écris ''il/elle'' et ''é(e)'' c'est tout simplement parce que j'aime rester neutre sur le net. Ça m'amuse... C'est tout bête en fait... Désolé(e).
Althéa : Non, malheureusement, je ne vais pas aux concerts, je serais en plein stage à l'étranger (les commentaires qui suivent n'étant politiquement pas corrects, il y a une censure, merci de votre patience). Donc, s'il y en a qui ont la bonté de m'envoyer quelques photos ou sons. Merci à vous.
Manouchka : J'ai lu une partie de tes fics, ne dis pas n'importe quoi : elles sont bien. J'aime bien, en tout cas. Bonne continuation à toi aussi !
FurtiV : Pas trop compris ta review mais merci pour ton avis. Lol.
Lukia-Chan : Toi aussi, tu connais Host Club ! Lol. Je m'en suis effectivement inspiré(e). T'inquiète pas, les sentiments ont un peu de mal dans ces moments-là mais ils vont vite revenir.
Phenix260 : D'après le site sur lequel je suis allé, le nom de la mère est bien Simone, le père Jörg et le beau-père serait Gordon Trümper, il apparaîtra prochainement... Sinon, dans cette fic, ils ont bien 10 ans, malgré le côté mûr que je leur donne, désolé(e). Puis si cette fic est supprimée, je la remettrai, c'est tout. (smile) il en faut plus pour m'abattre !
Alia : Heu... Mauvaise idée de vouloir m'entendre chanter à moins que tu ne veuilles qu'une tempête tropicale s'abatte sur la France... Lol. Pour ce pauvre Lorenz... Ben j'ai pas fini de le pourrir, lol. Pour le ''qu'est-ce que j'ai fait de mal ?'' c'est que je voyais bien le petit Tom sortir ça, vu que c'est un ch'tit garnement, héhé... Continue de rire ! C'est bon pour la santé !
Kyoto : Les histoires d'amour arriveront bientôt, ne t'inquiète pas pour ça. Désolé(e) mère de Kyoto de montrer de telles choses à votre fille (rire).
Fania : Il est emporté par l'excitation d'une nouvelle aventure, mais ne t'en fais pas : il va vite se retrouver face à ses sentiments...
Rocher : Merci pour la review, sweetheart, j'ai hâte de te revoir, moi aussi.
Ré-A : Merci pour le commentaire, court mais fait plaisir (rire).
Bonne lecture !!!
Chapitre 11 :
« Bon, les enfants, écoutez-moi bien. »
Le silence s'était momentanément installé dans le car mais l'excitation était bien présente, toutes les petites têtes s'étaient donc tournées vers le moniteur, l'écoutant attentivement, pour son plus grand bonheur :
« Vous allez avoir quartier libre en ville. Chacun d'entre vous à un plan pour se repérer. Pas de bêtises, pas d'imprudences, compris ? Soyez polis avec les gens. Pas de bagarres. Et tout le monde doit être de retour à 13h30 tapante pour le déjeuner. Compris ? »
« Oui, m'sieur ! » répondirent les enfants en cœur.
« Ça va nous laisser pas mal de temps. » sourit Tom.
« Hm ! » approuva Bill.
Le bus s'immobilisa sur une grande place, laissant ses occupants descendre dans un brouhaha sans nom. Les moniteurs étaient soulagés d'avoir fait le compte avant de partir car les enfants avaient disparus en quelques secondes à peine, chacun étant parti dans une direction différente.
Les deux jumeaux étaient partis de leur côté, demandant leur chemin aux gens qu'ils croisaient : le jeune châtain semblait incroyablement soucieux de trouver un excellent coiffeur, ce que son vis-à-vis avait du mal à comprendre, le suivant tout de même.
« Tom ? »
« Was ? » demanda l'intéressé.
« Pourquoi tu cherches un coiffeur ''qui est plutôt doué dans son genre'' ? » l'interrogea son frère. « Un coiffeur est un coiffeur, non ? »
« Je refuse de laisser n'importe qui toucher à mes dreads ! » grommela le châtain. « Manquerait plus que je me rase le crâne parce qu'un crétin m'a loupé. »
Bill écarquilla les yeux, surpris, puis esquissa un sourire amusé : son jumeau était plus méticuleux qu'il n'y paraissait. Ils marchèrent un moment à travers les rues avant qu'on leur indique un coiffeur qui avait bonne réputation ; Tom semblait quelques peu sceptique face à la boutique mais accepta tout de même d'entrer.
« Bonjour. » lancèrent-ils en cœur en pénétrant dans le bâtiment.
« Bonjours, les enfants. » les accueillit une nuée de femmes.
« Oups... » souffla le châtain.
« Quoi ? » s'étonna le jeune brun.
« On s'en va ailleurs ? » demanda Tom. « Je suis pas rassuré, là. »
« Ah, toi... ! » sourit Bill. « Arrête d'être macho ! »
Puis sur ce, il l'entraîna au milieu des coiffeuses. Le jeune androgyne avait l'habitude : sa mère travaillait avec beaucoup de femmes et il avait grandi dans cet environnement, ce n'était pas la mer à boire. Quoique le visage peu convaincu de son jumeau pouvait laisser penser le contraire... Il n'y avait pas grand monde dans le salon, deux ou trois client tout au plus, donc cinq ou six filles entre 20 et 25 s'occupaient d'eux, les emmenant par la main jusqu'aux lavabos ; Bill se prêtait au jeu, se laissant dorloter par les filles alors que Tom, de son côté, était plutôt réticent et arborait un air boudeur. Il n'aimait pas trop voir toutes ses femmes l'entourer, glousser, dire qu'il était ''trop trognoooon'', ''beau comme un cœur'' et tout le bazar. Elles minaudaient, c'était horrible ! Et puis cette sale habitude qu'elles avaient de les prendre pour des ''petits bouts de choux trop mignons''... Berk !
Le jeune brun riait intérieurement mais ne laissa paraître qu'un simple sourire afin de ne pas vexer son frère jumeau... Son jumeau, cette idée l'enchantait encore. Mais... Il y avait quelque chose qui le dérangeait : le fait que Tom soit son frère n'avait rien changé pour lui, il était toujours amoureux de lui, il en était sûr. Mais déjà, entre garçons, c'était anormal, alors maintenant... Cette pensée lui mina le moral mais il fit l'effort de ne rien laisser paraître, souriant aux femmes qui s'occupaient d'eux.
« Alors, les enfants ? Qu'est-ce que vous voulez ? »
« Ben... Comment dire... ? » commença Bill.
« On veut échanger nos coiffures. » répondit simplement le châtain.
« Echanger ? » s'étonna la jeune femme.
« Oui. » répliqua Tom. « Vous ne pouvez pas ? Sinon, c'est pas grave, on va voir ailleurs. »
Le jeune androgyne fit les gros yeux à son frère pour lui faire signe de se taire mais celui-ci l'ignora royalement, défiant simplement la jeune femme du regard ; cette dernière esquissa un sourire amusé et murmura :
« Il n'y a rien d'impossible pour nous. N'est-ce pas les filles ? »
« Oui ! » répondirent en cœur les autres coiffeuses.
A la tête que fit Tom, Bill devina qu'il se disait qu'il aurait mieux fait de se taire. Elles se pressèrent autour d'eux et discutaient entre elles sur la manière la plus adéquate de procéder. Le jeune châtain semblait très nerveux alors que leurs doigts touchaient ses cheveux, ses dreads ; il lança un coup d'œil en direction de son frère qui, lui, avait l'air de beaucoup s'amuser en le regardant, ce qui lui valut un tirage de langue magistral. L'androgyne étouffa un petit rire avant qu'une des coiffeuses se tourne vers lui :
« Alors tu veux des cheveux châtains avec des dreads blondes, c'est ça ? »
« Heu... Ja. » hésita Bill.
« Ok, je vais déjà commencer par te laver la tête. »
Le jeune brun hocha la tête et pencha la tête en arrière pour que la femme puisse lui laver le cuir chevelu. Son regard alla sur le côté pour se poser sur son jumeau : celui-ci se méfiait des jeunes femmes comme de la peste, c'était flagrant. Bill ne pouvait pas s'empêcher de rire intérieurement tant il était drôle de voir le sale caractère dont pouvait faire preuve Tom. Les coiffeuses durent se mettre à quatre sur lui pour parvenir à en tirer quelque chose, une once de bonne volonté.
Bill se retrouva devant une glace et observa le travail de cette qui s'occupait de lui. Cela lui faisait bizarre de voir ses cheveux reprendre leur couleur naturelle alors qu'il les avait toujours teint en noir et rouge... Mais le plus intriguant était sûrement de voir les rajouts dans ses cheveux qui se transformaient peu à peu en dreads. Il observait tout cela avec un mélange de fascination et de crainte : le changement était saisissant mais il avait tout de même peur de voir le résultat. Ils durent patienter pendant une heure et demi avant de pouvoir se lever. Bill n'en revenait pas, il avait réellement la sensation de voir Tom dans le miroir... Il se tourna vers son colocataire pour lui en faire la remarque mais ne pu s'empêcher de lâcher un petit cri de surprise en le voyant : il était très troublant de se retrouver en face de soi-même.
« Uwow... » souffla-t-il. « C'est extra. »
« Ça vous plaît ? » s'enquirent les jeunes femmes.
« Oui, beaucoup ! Danke für alles (merci pour tout) ! » répondit l'ancien jeune brun.
Mais constatant le manque de réaction de son frère, Bill se tourna vers lui : Tom se tenait face à la glace et tripotait une mèche de cheveux... Le choc était rude. Son jumeau esquissa un sourire et s'approcha pour le prendre par la main :
« Tu viens ? »
« Ah, ja... » acquiesça l'ancien châtain en suivant son vis-à-vis.
Les deux garçons payèrent et s'en allèrent. Ils en avaient eu en tout pour 68 €. C'était un sacré trou dans leur budget tout de même, il fallait l'avouer ; mais il n'était pas question de s'arrêter là pour autant. Bill fut d'ailleurs surpris de se sentir tirer en arrière par son jumeau, se retournant pour l'interroger du regard :
« Je veux bien que t'aies ma tête mais ça va pas du tout avec tes vêtements... » lui fit remarquer Tom.
« Ah... Oui... » approuva le nouveau dreadeux. « Qu'est-ce qu'on fait ? »
« Il y a un magasin de vêtements, là. » lui indiqua Tom. « Suis-moi. »
« Tu veux acheter des nouvelles fringues ? » s'étonna son interlocuteur.
« Nan. » soupira son jumeau. « Juste échanger nos vêtements. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux garçons attrapèrent ci et là quelques habits pour donner le change et allèrent se glisser dans une cabine d'essayage. Ceci fait, Tom retira ses vêtements et les donna à son homologue qui fit de même ; les commentaires ne furent pas longs à venir :
« Mais nan ! Le pantalon du l'attache là ! » s'exclama le faux Bill.
« Mais je vais le perdre ! » répliqua son vis-à-vis.
« C'est pour ça qu'il y a une ceinture. » soupira-t-il.
« Comment tu fais pour porter ça ? Avec des vêtements aussi larges, j'ai l'impression de rien avoir ! » gémit Bill.
« Et moi ? Qu'est-ce que je devrais dire ? » grommela Tom. « Comment tu peux porter des trucs aussi près du corps ? C'est horrible... ! »
Les jumeaux levèrent les yeux et s'entre-regardèrent, un sourire se peignit sur leur visage : la ressemblance était frappante. Ils se tournèrent vers le miroir et s'approchèrent, un sourire étirant toujours les lèvres :
« Tu es moi. » déclara Bill. « Et je suis toi. »
« Ouais... On n'a plus qu'à voir pour les piercings ! »
Sur ce, les deux garçons laissèrent les vêtements en plan et partirent du magasin, cherchant dans les rues, flânant ci et là. Mais si trouver des faux piercings était un jeu d'enfant, en trouver des plats était plus compliqué... Arpentant les rues, Tom et Bill demandaient ci et là où est-ce qu'ils pouvaient trouver leur bonheur mais personne ne semblait vraiment savoir.
« C'est pas vrai... » grogna l'ex-châtain. « On demande pourtant pas la lune ! »
« Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda son vis-à-vis. « C'est pas les perceurs qui courent les rues, ici... »
« C'est vraiment paumé comme coin. » soupira Tom. « On ne peut pas juste rentrer avec deux piercings, genre ''salut p'pa ! T'as vu ? J'me suis fait percé pendant les vacances, cool, hein ?''. Je vois déjà la branlée qu'il te mettrait. »
« C'est très rassurant. Merci. » ironisa Bill en remettant une dread en arrière.
« J't'en prie. »
Ils s'assirent finalement sur le rebord d'une fontaine pour faire le point : il leur restait un peu moins d'une heure avant de devoir retourner au bus, ils avaient leurs faux piercings, leurs vêtements et leurs coupes de cheveux... Il ne manquait vraiment que les piercings plats pour dissimuler leur véritable attirail.
« On pourrait juste ne rien mettre et cacher le trou sous un pansement... » proposa Tom.
« Nein. » nia son frère en remettant pour la énième fois une dread en arrière. « Maman se poserait des questions si elle me, enfin, te voyait arriver avec un pansement. C'est limite si elle t'emmènerait pas à l'hôpital. »
« Cool... » grommela son interlocuteur en passant la main dans ses cheveux nuit et sang. « Qu'est-ce qu'on fait ? On va pas retourner chez le coiffeur... »
« Sûr. » approuva Bill.
« Et puis arrête de t'asseoir comme ça ! » s'exclama Tom.
« Comment ? » s'étonna son jumeau, surpris de ce soudain reproche.
« Là, avec tes jambes sur les côtés, on dirait une fille ! » lui lança-t-il, pointant lesdites jambes du doigt.
« Ah, schuldi... » murmura le nouveau dreadeux avant de se reprendre. « Eh, tu peux causer ! On dirait un bûcheron ! »
« Moi ? » lâcha Tom.
« Nan, le pape ! Oui, toi, gudule ! »
« Arrête de m'appeler comme ça ! »
« Et toi arrête de me chercher ! »
« Moi, je te cherche ? »
« Oui, tu me cherches ! »
Les deux garçons auraient pu continuer mais ce ne fut qu'un soupir las qui traversa la barrière de leurs lèvres respectives ; ils s'allongèrent sur les pierres chauffées par le soleil et scrutèrent le ciel bleu dépourvu de nuage. Un ciel désespérément vide...
« Qu'est-ce qu'on va faire... ? » souffla Bill. « Je veux voir papa... »
« Et moi, je veux voir m'man. » répliqua son vis-à-vis.
« On va pas abandonner après tout ce qu'on vient de faire, quand même. » grommela le châtain.
« Arrête de râler avec ma tête. C'est trop zarb. » sourit Tom.
« Tu peux parler, on m'a jamais vu avec un caractère pareil. » rit Bill.
Les jumeaux se laissèrent aller au rire, s'amusant de leur ressemblance frappante. Mais ils avaient encore du chemin à faire ; aussi, ils se remirent en route et cherchèrent un endroit susceptible de les intéresser. Ce fut au tournant d'une rue qu'ils trouvèrent :
« Là ! » s'exclama le jeune brun en pointant l'enseigne du doigt. « Un perceur ! »
« ''Le scarabée bleu''. » lut Bill.
« On va pas cracher sur un nom. Allez, on entre. »
Le châtain haussa un sourcil puis suivit son jumeau plein d'entrain. La boutique était assez sombre, ce qui mit quelque peu mal à l'aise les deux garçons mais ils n'émirent aucun commentaire, du moins pas à voix haute. Les piercings brillaient sur les étalages, protégés derrière des barrières de verre, métal froid sur des tapis de velours sombre. Bill jeta un coup d'œil au mur, bois à la peinture tombante, s'écaillant ci et là, des posters de perçage couvrant quelques parcelles de mur. Le plancher en bois grinçait sous leurs pas, faisant naître un frisson glacé qui leur remontait l'échine. Tom laissa son regard vagabonder sur les étagères où se trouvaient divers ustensiles : un paquet d'aiguilles à coudre, un mouchoir à la propreté plus que douteuse, des clous rouillés, une boîte de gants chirurgicaux... Il se sentit déglutir.
« Tom... » appela doucement son homologue. « Allons-nous en... S'il te plaît. »
Le jeune brun ne répondit d'abord pas, conscient que même s'il était courageux, sa bravoure avait des limites. Il allait approuver l'idée de son frère lorsqu'un homme apparut devant eux : il était immense, sa corpulence étant aussi imposante qu'une armoire à glace, ses bras musclés couverts de tatouages inquiétants de toutes les couleurs et au nombre incalculable de piercings ; on discernait de petits yeux par-dessus ses lunettes de soleil. Les deux garçons avaient les yeux écarquillés et étaient bouche bée, une folle envie de partir en courant et en hurlant leur tambourinant le crâne, mais leurs corps refusaient de bouger. Le nouveau venu était entré par une porte dissimulée derrière un vieux drap... Il les considéra quelques instants avant de murmurer d'une voix grave et profonde, un peu enraillée :
« Désolé, les mômes. Je ne perce pas au berceau. »
« Vous-vous êtes le vendeur ? » parvint à articuler Tom.
« Nan, on m'appelle Blanche Neige... » grogna l'homme. « Et qui veux-tu que je sois d'autre ? »
« Heu... »
« Bon, qu'est-ce que vous voulez ? » soupira le vendeur. « Demander votre chemin, peut-être ? »
« Non, on voudrait des piercings plats. » répondit Tom dont la voix semblait trembler légèrement.
« Des piercings plats ? » répéta leur interlocuteur.
« Oui... » acquiesça Bill. « On a des piercings mais on aimerait les cacher pour un petit moment... »
« Ah, je vois... »
L'homme se pencha derrière son comptoir, trifouillant visiblement dans un bureau pas très rangé, mais les deux enfants s'abstinrent d'émettre un quelconque commentaire : ils aimaient la vie. Ils patientèrent quelques minutes, se dandinant machinalement d'un pied sur l'autre, jouant nerveusement avec leurs doigts jusqu'à en faire blanchir les articulations ; le vendeur se releva enfin, leur tendant de petites boîtes.
« C'est pour quel type de piercing ? » demanda-t-il.
« Lèvre. »
« Arcade. »
« Bon... Alors... Arcade, ici. » il déposa un petit paquet devant Bill. « Et lèvre, ici. »
« Danke. » murmurèrent les jumeaux en cœur.
« Ça fera 15 € le piercing. » annonça-t-il.
Tom voulut protester contre ce vol mais la main de son frère sur son bras l'en dissuada ; ils payèrent donc et partirent sans demander leur reste. Sur le chemin, ils se remettaient lentement de leur frayeur, mais un large sourire arborait déjà leurs lèvres : ils avaient tout ce dont ils avaient besoin pour leur plan. Trouvant une office de tourisme à proximité, ils se glissèrent dans les toilettes et nettoyèrent les piercings plats avant de les mettre, peu confiants quant à la propreté de ces objets.
Bill était sidéré par le résultat : son piercing était presque invisible, même si le léger pincement de la peau était perceptible. Il demeura quelques instants devant le miroir à vérifier que les petits pansements couleur chair vendus avec les piercings tenaient bien ; ceci fait, il glissa son faux piercing à la lèvre et se tourna vers son frère :
« Convaincant ? »
« Quand t'arrêteras de bouger comme une fille, oui. » sourit ce dernier.
« T'es méchant ! » répliqua le châtain.
« Déjà, je dis jamais ça, ou presque. Evite. » déclara Tom.
« Oui, cheeeeef. » soupira Bill. « Mais c'est quand même super marrant. J'ai vraiment l'impression d'être en face de moi en te regardant. »
« Moi aussi. » approuva le brun en fixant son faux piercing à l'arcade.
« Il nous reste combien de temps pour retourner voir les autres ? » s'enquit son frère.
« Dix minutes... » répondit Tom après avoir consulté sa montre.
« On est parti ? » sourit le châtain.
« Ouais. »
Les jumeaux sortirent de l'office au pas de course et traversèrent la petite ville, courant à en perdre haleine pour être à l'heure au rendez-vous ; ils étaient d'ailleurs parmi les derniers. Gustav et Georg les retrouvèrent avec un grand sourire :
« Alors, vous deux ? Vous avez trouvé des trucs intéressants ? »
« Nan, c'est une vraie ville fantôme ici. » soupira Tom.
« Ah, t'as pas trouvé de bigoudis, je comprends ton désarroi. » plaisanta le grand brun.
Tom haussa un sourcil, surpris de voir son aîné lui adresser la parole et ne comprenant pas cette blague visiblement vaseuse, ce fut un discret coup de coude de Bill qui le réveilla : Georg croyait parler à Bill ! Il le prenait pour son jumeau... Un sourire malicieux étira ses lèvres et il murmura d'un ton mi-mielleux mi-moqueur :
« Oh, désolé, Georg. Tu aurais dû me dire que tu en voulais, je t'en aurais acheté des rose fuchsia qui auraient été très mignons sur toi. »
Son interlocuteur haussa un sourcil alors que Gustav étouffait un éclat rire, amusé par la réponse du jeune garçon. Les moniteurs les firent monter dans le car avant que Georg n'ait pu répliquer quoique ce soit, laissant l'occasion à Bill de chuchoter à l'oreille de son frère :
« Eh, je minaude pas comme ça. »
« Ben quoi ? Je te donne du répondant. » sourit son vis-à-vis, très satisfait de lui-même.
« Tom... » soupira le châtain.
Pour toute réponse, son vis-à-vis lui adressa un large sourire plein de dents, ce qui amusa Bill : son jumeau pouvait sourire exactement comme lui lorsqu'il le voulait, c'était un bon début. Ils montèrent dans le bus rejoindre leurs amis, échangeant un sourire entendu avant de se mêler à la discussion et, bien qu'il faille faire attention à la moindre de leur parole, ils trouvèrent étonnamment facile de se faire passer l'un pour l'autre auprès de leurs camarades. Tom semblait toutefois avoir un peu de mal à ne pas être parfois trop vulgaire et Bill à être moins discret que d'habitude ; mais ils étaient tout de même satisfaits de leur prestation.
Arrivés au camp, les deux jumeaux se rendirent au réfectoire afin de goûter avec les autres. Leur encas se résumaient à des tranches de brioches accompagnées de beurre et confiture, mais aucun des enfants ne semblait vouloir cracher dessus, trop affamés pour protester pour ceci ou pour cela. Les discussions allaient bon train et les deux frères avaient de plus en plus confiance en eux : même Gustav, pourtant très observateur, ne voyait pas la différence. C'était un jeu hilarant, excitant et nouveau, Tom ne s'en lasserait pas de si tôt et un coup d'œil à son colocataire l'informa qu'il n'était pas le seul à s'amuser. Le jeune brun sentit tout à coup quelqu'un lui tapoter le bras : c'était une fille d'approximativement son âge, blonde, de longs cheveux bouclés et, visiblement, très timide à en juger le joli fard qu'elle arborait. Tom haussa un sourcil, attendant qu'elle lui dise ce qu'elle voulait, ce qui ne fut pas très long :
« Bill... Est-ce que... Je pourrais te parler... ? »
Le supposé Bill hocha la tête et se leva, adressant un dernier regard à son frère et lui affirmant qu'il ne serait pas long. Il suivit la fillette jusqu'en dehors du self et plus loin encore. Mais que voulait-elle ? Le jeune brun commençait à s'impatienter, se demandant jusqu'où elle allait l'emmener, quoiqu'elle semblait s'être décidée pour le bout du monde. Lorsqu'elle s'arrêta enfin, ce fut de manière si brutale que Tom manqua de la percuter, se retenant de justesse.
« Bon, qu'est-ce que tu veux ? »
La petite blonde tressaillit, lui tournant toujours le dos. Elle se retourna doucement, les joues rougies et les yeux humides, ce qui attira l'attention de son vis-à-vis : l'avait-il effrayée ? Il prit son mal en patience et attendit que la fillette ne se décide à parler, mais les mots qui lui parvinrent étaient loin de tout ce qu'il avait imaginé :
« Entschuldigung... Bill... »
A peine eût-elle prononcé ces mots que le jeune garçon se sentit violemment attrapé par les bras. Surpris, Tom jeta instinctivement des regards autour de lui et écarquilla les yeux, reconnaissant les deux garçons. Un autre apparut :
« Salut Bill... Content de voir que tu vas bien. »
« Lorenz... » grinça le petit brun.
« Rend-le moi ! » s'exclama alors la fillette à l'intention du nouveau venu. « J'ai amené Bill comme tu me l'as demandé alors rend-le moi ! »
Tom avait du mal à suivre : lui rendre ? Mais lui rendre quoi ? Son regard se posa alors sur la main de Lorenz : il tenait un lapin en peluche. Le garçon leva le bras, empêchant ainsi la petite blonde de récupérer son bien, s'amusant de la voir pleurer ; le jeune brun s'énerva :
« Lorenz ! T'as eu ce que tu voulais, non ? Alors laisse-la tranquille ! »
« Oh ! Mais c'est qu'il mordrait ! » fit semblant de s'extasier son vis-à-vis. « Vous avez entendu, les gars ? Il faut que je la laisse tranquille ! »
Cette remarque fit rire les deux garçons qui le tenaient fermement. Lorenz esquissa un nouveau sourire et, d'un geste ample, lança la peluche dans l'étang qui se trouvait juste à côté sous le cri de sa propriétaire. La petite blonde courut jusqu'à l'eau mais n'y entra pas, s'agenouillant devant, pleurant à chaudes larmes sous les rires et les railleries des trois garçons. Tom fronça les sourcils, n'appréciant pas la partie de rigolade :
« Eh. »
« Oh, qu'est-ce qu'il y a, Bill ? Tu as quelque chose à dire ? » continuait de rire Lorenz.
« Ouais : arrêtez de vous marrer, vous me casser les oreilles. On dirait des phoques. » décréta le jeune brun.
« Que... ? Tu oses la ramener ? » s'indigna l'un des deux qui le tenaient.
« Laisse. » soupira Lorenz. « Ce petit mecton peut que l'ouvrir. Un petit gnome qui n'a que de la gueule, pas vrai, le monstre ? »
Tom sentit son sang faire un tour : il n'avait pas vraiment réalisé lorsque c'était arrivé, mais à présent il se retrouvait à la place de Bill, prenant conscience de ces paroles blessantes... Qu'avait ressenti son frère lorsqu'il les avait entendues ? Lui, il n'avait qu'une envie : lui casser la figure. Toutefois, il ne se débattit pas, cherchant un meilleur moyen de répliquer : sa répartie, par exemple.
« Tu me traites de monstre mais tu t'es bien regardé ? Je croyais te l'avoir déjà dit : si j'avais ta gueule à la place de mon cul, j'aurais honte de chier (cf. chapitre 4). »
« Was ? » apparemment, la remarque portait toujours.
« Ça t'est jamais arrivé d'avoir envie de pleurer en te voyant dans le miroir dès le matin ? » poursuivit Tom, non peu fier d'avoir la langue si bien pendue.
« Du... » siffla Lorenz.
« Remarque, c'est ta pauvre mère qui doit pleurer en voyant ses miroirs se casser à chaque fois que tu passes devant. » renchérit une nouvelle fois le petit brun.
Son interlocuteur se rapprocha d'un pas rapide, visiblement énervé ; Tom retint un soupir : il allait probablement passer un sale quart d'heure s'il n'avait pas bientôt une idée. Lorenz le saisit violemment par le col de son haut, collant presque son visage au sien :
« Tu vas pas faire ton fier longtemps, c'est moi qui te le dit. »
Le petit brun grimaça en sentant son col lui griffer la nuque. La situation n'était pas vraiment à son avantage, toutefois, une idée germa dans son esprit alors que son vis-à-vis continuait à lui hurler toutes sortes de douceurs : il tira un peu sur son col, comme s'il s'aplatissait, ce qui fit rire Lorenz.
« Alors ? T'as les boules, le monstre ? »
« Nein. » sourit Tom. « Mais tu pues de la gueule. Une véritable infection. »
« Que... Tu l'as ramènes encore ? T'as vraiment rien dans le crâne ! » s'énerva son interlocuteur.
« Tu veux vérifier ? »
Prononçant ces mots, le jeune garçon aux cheveux sang corbeau se tira en arrière pendant quelques instants à peine, ses pieds bien en appui sur le sol, les autres le tenant toujours : le lance-pierre était prêt. Il se propulsa en avant à l'aide de ses jambes, donnant un violent coup de tête à son adversaire ; Lorenz tomba à la renverse, tenant son nez en hurlant de douleur. Mais plutôt que de s'arrêter là, Tom planta ses dents dans le bras de celui qui le tenait à sa droite, lançant son pied gauche en arrière pour frapper l'autre. Il n'aurait su dire si ce jour était un jour de chance ou non mais son talon heurta les parties sensibles de son agresseur, le laissant libre de mouvoir son bras gauche. Son regard se reporta sur le dernier, celui-ci ne semblait pas vraiment vouloir se battre mais le petit brun ne raisonnait même plus, agissant aussi instinctivement qu'un animal aculé : il donna un violent coup de poing à son adversaire, le faisant tomber.
Haletant, le cœur battant, il se tourna vers Lorenz. Ce dernier se tordait de douleur au sol, le nez en sang... Tom s'approcha doucement, la tête vide de toute pensée, scrutant simplement ce garçon plus âgé que lui. Il avait mal, cela se voyait, il gémissait... Le jeune brun s'approcha encore et attrapa son ennemi par le col, plantant son regard noisette dans le sien ; son adversaire était à terre... Mais il n'en était pas satisfait, pas encore.
« Toi... » siffla-t-il d'une voix mordante. « Tu traites les autres de monstres et tu leur fais mal. Mais regarde-toi, t'es pitoyable. Tu pleures comme une fille. T'es juste fort en gueule, tu sais rien faire à part faire mal aux autres. Tu vaux rien. T'es même pas assez important pour me lécher les pompes. T'as qu'à continuer à pleurnicher seul dans ton coin... Et crève vite, parce que personne ne pleurera pour toi. »
Il avait pesé chacun de ses mots. Lorsqu'un ennemi est à terre, il faut l'achever ; c'était ce qu'il avait retenu des nombreuses bagarres auxquelles il avait été directement ou indirectement mêlé. Il lâcha Lorenz et se releva, du sang perlait de son front mais il s'en moquait : ce n'était pas le sien. Son regard se porta sur la petite blonde, elle le dévisageait avec une peur non feinte, sidérée par autant de violence. Tom hésita quelques instants avant de s'approcher d'elle, ce qui eût pour effet de l'effrayer :
« Nein ! Va-t-en ! Tu me fais peur ! Va-t-en ! »
Il passa à côté d'elle sans même esquisser un geste en sa direction et retira ses chaussures, se glissant dans l'étang. Ce n'était pas froid, mais horriblement visqueux et le jeune brun préférait ne pas chercher à savoir ce qui pouvait y grouiller. Il chercha quelques minutes avant de trouver ce qu'il cherchait et revint vers la berge sous le regard effaré de la fillette. Il avait encore de l'eau jusqu'aux genoux lorsqu'il l'entendit crier :
« Arrête ! Ne t'approche pas de moi ! »
Elle pleurait... Tom s'arrêta et la considéra un moment. Elle avait peur, cela se lisait sur son visage ; il poussa un profond soupir et lui tendit quelque chose de gluant. La petite blonde ne comprit d'abord pas puis ses yeux s'écarquillèrent : son lapin. Il était parti chercher son lapin en peluche dans l'étang. Elle hésita quelques secondes avant de tendre les bras pour attraper son lapin, se sentant stupide d'avoir eu si peur de ce garçon. Tom put enfin remonter sur la berge, dégoulinant de partout, sans s'attirer de cris hystériques ; il considéra un moment la fillette avant de murmurer :
« Eh, toi. »
« J-Ja ? » se tendit la petite.
« Arrête de pleurer. Je suis allé te le chercher, ton lapin, alors arrête de pleurer. C'est moche, les filles, quand ça pleure. »
Elle ouvrit de grands yeux surpris avant d'hocher faiblement de la tête et de passer sa manche sur son visage pour effacer ses larmes. Le jeune brun soupira à nouveau et s'assit à même le sol, éreinté ; la fillette s'approcha doucement, sursautant en entendant à nouveau la voix de Tom :
« Tu t'appelles comment ? »
« Ka-Kathrin... » souffla-t-elle.
« Kathrin... Dis, Kathrin, tu pourrais aller chercher un moniteur ? J'en peux plus, là. » murmura-t-il.
« Ah ! Oui, bien sûr ! Je vais en chercher un tout de suite ! »
« Danke. »
Il s'allongea par terre et ferma les yeux, fatigué. Son cœur battait encore à tout rompre et il pouvait sentir sa peau le brûler tant il avait chaud ; il avait eu peur... Mais cela, il ne l'avouerait jamais. Ses paupières se firent lourdes et son souffle plus lent, sombrant dans le sommeil avant que la fillette ne revienne avec les moniteurs...
OoOoO
Tom ouvrit lentement les yeux, les plissant sous l'attaque traîtresse des rayons du soleil tombant sur son visage. Tournant la tête, il comprit qu'il était à l'infirmerie... Encore... Heureusement qu'il avait retiré le bandage qu'il avait habituellement sur la cheville quelques jours plus tôt, ne sentant plus la douleur : il aurait pu être vite démasqué. Il se redressa doucement, s'assurant qu'aucune partie de son corps ne lui fasse mal ; ce fut cet instant que choisit l'infirmière pour rentrer.
« Ah, Bill. Tu te sens mieux ? »
« Ja... » répondit l'enfant.
« Tom est passé te voir un peu plus tôt. Il s'inquiète vraiment pour toi. » sourit la jeune femme.
« Ah, heu... Ja. » murmura le jeune brun. « Heu... Et les autres ? »
« Tu parles de Lorenz ? » supposa-t-elle. « Ses amis et lui attendent que leurs parents viennent les chercher. Kathrin nous a raconté ce qu'il s'est passé et la directrice a trouvé ça inacceptable, elle a contacté les familles. »
« La mienne aussi ? » s'épouvanta Tom.
« Non. » sourit l'infirmière. « Rassure-toi. Tu vas rester ici. »
Le jeune brun laissa échapper un soupir de soulagement ; demandant la permission de sortir, il put retourner à son bungalow où Bill lui fit un accueil en fanfare, lui sautant littéralement dans les bras :
« Tom ! »
Les deux garçons se retrouvèrent par terre, le petit brun grimaçant sou l'effet de la douleur ; mais son jumeau se redressa, visiblement peu préoccupé par de tels détails :
« Bienvenu à la maison ! »
« J'ai mal. » grogna Tom.
« Bof, ça c'est pas grave : t'as l'habitude. » rit son vis-à-vis.
Le brun laissa passer un voile d'exaspération sur son visage, avant de se laisser aller au rire. Ce ne fut qu'une fois dans le bungalow que Bill lui posa des questions :
« Alors ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Tu ne sais pas ? » s'étonna son frère.
« Non... On ne nous a rien dit et la p'tite blonde l'a juste raconté à l'administration. » avoua le dreadeux, un peu dépité.
« Ah, ben... J'ai... Discuté. » sourit Tom.
« Han ? C'est pas vrai ! Dis ! » protesta Bill, démarrant sur une redoutable attaque de chatouilles.
« Neeeeeiiiin !!! »
Des éclats de rire s'élevaient du bungalow numéro treize...
A SUIVRE !
