Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)
Auteur : Sahad.
Note : réponses aux reviews !
Suboshi : Eh bien, pour répondre à ta question : oui, les jumeaux ont littéralement échangé de tête. Vive les miracles des salons de coiffure ! Lol. J'ai hâte de voir ton dessin d'APL ! J'essayerai de faire d'autres dessins mais pour le moment, je n'ai pas trop le temps, désolé(e).
Lukia-Chan : J'ai passé un bon noël, j'espère que toi aussi. Bill et Tom cassant la figure à Lorenz... Effectivement, j'ai bien aimé imaginer le moment de la bagarre. Y a moins de gnons ici mais j'espère que ça te plaira quand même.
THForever : Voici la réponse à ta question : la suite. Héhé...
Dstine : Lol, on s'inspire de ce qu'on peut, hein ? J'espère te voir bientôt aussi, mon ch'tit rocher chéri.
Manouchka : Oui, oui, c'est ça, Bill est toujours attaché à Tom. Tu me connais un minimum maintenant, lol.
Vanille : Tom ? S'assagir ? J'en suis pas trop sûr(e). Lol ! T'abîme pas trop les yeux sur ton portable ! Et encore merci pour le blog.
Staz : Ah, tu te bats comme le ch'tit Tom de cette histoire ? Bon, comme pour Suboshi, je réponds : non, Tom n'a plus ses dreads, coupé, plus rien ! Il a les cheveux plus courts et teints en noir corbeau avec des mèches rouges. Et pour la deuxième question, oui, c'était ces jumeaux-là dont on parlait. Host Club est un super manga !
Alia : Non, je suis réaliste pour la tempête. Pour le surnom du perceur qui va pas du tout avec son allure, oui, c'est fait exprès : il se moque magistralement de nos jumeaux. J'espère que les couleurs de cheveux ne t'embrouilleront plus autant dans ce chapitre.
MX: Merci du compliment, j'espère que tu languiras bien jusqu'au prochain (mode of Sadique ON).
Fania : Merci pour tes commentaires, j'espère que la suite te plaira autant que le début.
Kyoto : Elle est là ! Elle est là ! Lol. Moi, j'imagine toujours les petits jumeaux en sales gosses alors ça ne me change pas trop. Héhéhé... Bien sûr qu'ils sont mignons, c'est plus marrant à écrire comme ça !
Phenix260 : C'est pas pour tout de suite, nos jumeaux doivent encore faire des leurs. Mais tu seras rapidement satisfaite, je pense.
Dia : Comme manga, ils lisent, je pense, des trucs d'actions surtout, genre Naruto, Bleach (qui n'étaient pas sortis à cette époque mais c'est pas grave), etc...
Reila666 : Lol. Contente que mon interprétation des petits jumeaux te plaise autant ! Pour te dire la vérité, pour les dreads du vrai Tom, j'en sais rien. Je pense que c'est des vraies vue qu'on les voit pousser en même temps que lui sur les photos (je me comprends, c'est déjà pas mal)...
Voilà.
Bonne lecture !!!
Chapitre 12 :
« Mais... Tu m'écoutes pas ! » s'exaspéra Bill. « Sois moins raide ! C'est pas difficile ! »
« Facile à dire ! » grogna son frère en essayant désespérément de faire ce qu'il fallait. « C'est les filles qui font ça ! »
« De un, je suis pas une fille et de deux, arrête un peu d'être macho ou tu vas vraiment te rendre mon poing dans la figure. » décréta le dreadeux.
« Bah voilà, t'arrives à être moi ! » s'amusa Tom. « C'est plus facile que d'être toi... »
« Bon... On laisse tomber pour le moment, j'en peux plus... » soupira le châtain en s'asseyant à même le sol et en s'adossant au lit, face à son jumeau.
Le jeune brun approuva d'un signe de tête : il avait beaucoup de mal à prendre les habitudes de son, maintenant, clone. Bill n'était pas particulièrement maniéré mais il n'était pas ce qu'il y avait de plus viril et, contrairement à Tom, il ne répondait presque jamais par le poing, détail plus que dérangeant pour son frère. Le châtain soupira profondément : ils n'étaient pas au point et cela faisait pourtant trois jours qu'ils travaillaient d'arrache-pied... Personne n'avait encore remarqué, malgré leurs nombreuses erreurs, mais combien de temps cela allait-il durer ? Et plus important encore, allaient-ils être à la hauteur face à leurs parents ? Toutes ces questions tournoyaient dans l'esprit de l'enfant, l'assaillant de doutes quant à leur plan d'échanger leurs places respectives ; mais une autre motivation le poussait dans le sens qu'ils suivaient :
« Tom ? »
« Hm ? Was ? » lâcha l'intéressé en relevant la tête.
« Parle-moi de papa... Il est comment ? » murmura Bill.
« Ah... P'pa, heu... » le jeune brun prit un air pensif. « Il est souvent absent pendant la journée et revient assez tard dans la nuit, mais pas tout le temps... Il est plutôt gentil, même s'il oublie tout le temps quel âge j'ai ou ce genre de détails : il a même oublié mon anniversaire, une fois. Il s'en est souvenu à dix heures et demi du soir et est venu me réveiller pour qu'on le fête. »
Son interlocuteur s'abreuvait littéralement de ses paroles, esquissant un sourire et émettant parfois un petit rire ; son regard était rêveur alors qu'il essayait d'imaginer son père... Chaque détail étayait un peu plus l'image qu'il s'en faisait et le rendait un peu plus vivant dans son esprit. Il écoutait attentivement, enregistrant chaque information...
« Il est pas doué avec les femmes, elles doivent toujours tout lui dire pour qu'il comprenne, et c'est tant mieux. » sourit malicieusement Tom.
« Pourquoi ? » voulut savoir Bill.
« Parce que je veux pas d'une nouvelle mère ! » répliqua le brun comme si cela coulait de source. « En plus, la dernière, Nicola, elle est trop bizarre ! »
« A ce point ? » s'épouvanta son frère.
« Je te jure ! » approuva Tom. « On dirait une martienne ! Elle a l'air trop bête, en plus. Bon, ce qui est drôle c'est qu'elle prend tout de travers. Mais ça, c'est le côté amusant. La dernière fois, c'était la première fois que je la rencontrais mais je lui ai fait croire que papa avait plein de femmes et donc elle s'est énervée et est partie en claquant la porte ! »
Les deux garçons rirent de bon cœur, le jeune brun continuant à singer la femme, exagérant chacune de ses mimiques pour la rendre encore plus ridicule. Bill n'en revenait pas, ses côtes lui étaient douloureuses à force de rire mais il n'arrivait pas à s'arrêter face au cirque de son jumeau, s'esclaffant encore et encore.
« Et m'man ? » demanda ensuite Tom, se remettant de son fou rire.
« Maman ? » répéta le châtain. « Ben... Elle est souvent au travail aussi. Elle travaille presque qu'avec des femmes, alors c'est drôle quand elle m'emmène parce qu'elles s'occupent de moi... »
« Ça explique des choses. » rit son interlocuteur.
« Rigole... Bref, elle est plutôt douce et gentille, mais elle aime pas quand je dis des gros mots ou des trucs comme ça... »
Levant les yeux vers son frère, Bill esquissa un sourire face à l'air rêveur qu'il arborait : Tom avait le regard dans le vide, un mince sourire étirant ses lèvres. Ils s'étaient décidés... C'était limpide à présent : même s'ils avaient encore du travail, ils faisaient de moins en moins d'erreurs et cela les encourageait beaucoup. Ils avaient appris à répondre au nom de l'autre et à mimer plus ou moins ses manières... C'était un bon début.
OoOoO
Les jours suivants s'écoulèrent à une vitesse incroyable pour les deux enfants qui s'amusaient comme jamais auparavant, se rendant chaque jour un peu plus complices : on ne les voyait désormais qu'ensemble, riant et blaguant, sans cesse à la recherche d'une nouvelle bêtise à faire. Georg et Gustav avaient d'ailleurs bien fait les frais de leur entente.
Ils étaient à présent à la veille de leur départ, la nuit précédent leur grand voyage... ça avait été une autre journée riche en émotions et en bêtise mais les jumeaux parlaient pourtant depuis un bon moment, bien après l'extinction des feux, bien entendu. La fatigue commençait à se faire sentir, Tom jeta un bref regard au réveil :
« Il est 23h58... On devrait peut-être se coucher, on aura une longue et incroyable journée demain. »
« Hm, ja, tu as raison. » acquiesça Bill.
Son frère hocha la tête et, d'un geste de la main, éteignit la lumière, lui souhaitant une bonne nuit. Ils étaient excités et avaient longuement discuté, pourtant le jeune garçon récemment châtain ne trouvait pas le sommeil : il se tourna et se retourna dans son lit mais il n'y avait rien à faire... Tournant la tête sur le côté, il discerna le corps de son frère dans l'obscurité. Tom avait pris le lit qui se trouvait le plus loin de la fenêtre, mais son colocataire pouvait presque parfaitement le voir grâce à la lumière de la lune qui perçait à travers son voile de nuages. Le jeune brun s'était déjà endormi : son souffle était lent et régulier, ses yeux clos et son visage détendu... Bill se leva et s'approcha de son jumeau, avançant à pas de loup dans la chambre semi éclairée, il s'agenouilla près du lit pour pouvoir contempler ce visage angélique. De longues minutes s'écoulèrent dans un silence total, à peine brisé par le bruit de leurs respirations respectives ; il se mordit la lèvre inférieure.
« Tom... » chuchota-t-il. « Warum... ? »
Il baissa la tête, tel un gamin pris en faute, laissant les tourments de son cœur prendre le dessus sur la tranquillité de son esprit :
« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi... ? » souffla-t-il encore, sa voix se brisant dès que les premières larmes s'échappèrent de ses yeux noisette. « Est-ce que Lorenz avait raison ? Est-ce que je suis... Un monstre... ? »
Ce dernier mot ne fit que renforcer l'étau qui semblait de resserrer sur son cœur. Il l'avait compris. Cela ne faisait que quelques jours qu'ils connaissaient leurs liens de parenté, mais il le savait : quoiqu'il dise, pense ou fasse, tout revenait immanquablement vers lui... Ce garçon. Tom. Une nouvelle larme perla le long de sa joue pour aller mourir sur ses genoux.
« Schuldi (pardon)... » sa voix était à peine plus audible qu'un murmure brisé. « Aber... Ich liebe dich... (Mais... Je t'aime...) »
Sa gorge lui faisait mal, aussi douloureuse que si quelqu'un la lui avait frottée avec du papier de verre, irritée au possible... Mais même si les larmes étaient acides, même si ses yeux lui donnaient l'impression d'être deux braises ardentes, c'était son cœur qui lui faisait le plus mal. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui? Pourquoi n'était-il pas "normal"? Pourquoi n'arrivait-il pas à s'attacher à une fille comme tous les autres garçons de son âge? Pourquoi n'arrivait-il qu'à aimer ce garçon qu'il avait rencontré par hasard et qui s'avérait, en plus, être son frère? Cette information n'aurait-elle pas du le rebuter? Diminuer ses sentiments?
« Tom... Qu'est-ce que je dois faire...? »
Les larmes continuaient de sillonner son doux visage sans qu'aucune réponse ne lui apparaisse. Agenouillé à côté du lit, il avait posé sa tête sur le rebord du matelas, à quelques centimètres à peine du visage qui lui ressemblait tant ; ses doigts se resserrèrent sur les draps, faisant blanchir ses articulations... Il rouvrit les yeux, contemplant son frère endormi ; il se pencha lentement et, avec toute la douceur dont il était capable, il déposa un très léger baiser sur ses lèvres, si léger qu'il crut les avoir seulement frôlées. Puis il se leva, s'écartant de son frère encore endormi, et retourna dans son lit, fermant ses paupières sur des yeux qui le piquaient encore, calmant son souffle encore saccadé d'avoir pleuré... Demain serait un autre jour.
OoOoO
« Les enfants! Ecoutez-moi! On va arriver à la gare, tout le monde sait où il doit aller? Quel train il doit prendre ? »
« Oui ! »
« Bon, s'il y en a qui ne sont pas sûrs, Annalena et moi, on est là pour vous aider. D'accord ? »
« Oui ! »
Les moniteurs essayaient tant bien que mal de contenir tous les enfants. Comme tous les jours de grands départs, il y avait les pleurs, les promesses de s'écrire, les tapes dans le dos et bien d'autres encore. Bill et Tom se regardaient en chien de faïence, sur le quai, comme si rien d'autre n'existait ; ils ne pouvaient plus reculer. Un sourire un peu gêné, peut-être crispé, le jeune brun murmura :
« Bon, ben... On est parti. »
« Ja... Heu... Tom ? »
« Hm ? Was ? »
Bill hésita quelques instants, cherchant quelque chose à dire. Quelque chose d'autre que ce qui lui occupait l'esprit depuis plusieurs jours.
« Prend soin de toi. »
« Ja. » sourit son jumeau. « Du auch. »
Le dreadeux esquissa un sourire à son tour en hochant la tête. Oui, c'était sûrement mieux comme ça... Tom ne s'était plus avancé vraiment depuis qu'il avait appris qu'il était un garçon, cela voulait tout dire. Il sentit à nouveau ses yeux le piquer, mais avant qu'il n'ait pu réellement le réaliser, une larme perlait sur sa joue ; son vis-à-vis le considéra un moment comme interdit puis s'avança et le prit dans ses bras :
« Pleure pas... On va se revoir. »
« Ja... » souffla simplement Bill. « Embrasse bien m'man pour moi. »
« Et toi, salue bien papa pour moi. » murmura son frère.
« T'inquiète. » sourit le châtain.
« Et je t'ai déjà dit de pas pleurer avec ma tête ! »
Les deux garçons rirent et se serrèrent un peu plus l'un contre l'autre. Tout avait été si rapide : leur rencontre, la découverte de leur parenté, le départ... Ils se séparèrent, un sourire un peu triste peint sur le visage ; Tom soupira :
« Gustav était dans la même classe que moi, cette année. T'as qu'à rester avec lui et découvrir mon monde... »
« D'accord. » acquiesça Bill. « Moi, je me souviens avoir vu Georg dans mon train à l'aller. Avec u peu de chance, vous serrez pas si loin l'un de l'autre. »
« Ça serait cool. » admit le brun, un peu nerveux d'aller dans un endroit inconnu.
« Ton train va partir. » déclara son frère. « Dépêche-toi. »
Tom hocha la tête et se détourna. Voilà c'était tout... Bill baissa la tête, ne voulant pas voir son jumeau s'éloigner : il avait déjà bien suffisamment mal. Pourquoi leurs parents leur avaient-ils caché quelque chose d'aussi gros ? C'était, de son point de vue, monstrueux... Il se détourna à son tour et se dirigea vers Gustav qui attendait le même train. Une boule enserrait sa gorge mais il refoulait ses larmes : Tom ne pleurait pas.
« Tom ! » appela une voix.
C'était devenu une habitude à présent : il répondait à ce prénom. Il se retourna, juste à temps pour voir un visage s'approcher du sien et sentir un baiser se poser sur sa joue. C'était son frère. Les yeux écarquillés, il regarda son double s'écarter le sourire aux lèvres et lui adresser un rapide signe de main avant de partir en courant rejoindre Georg qui l'attendait à la porte du train. Pendant un bref instant, il crut que son cœur avait manqué un battement ; il leva la main et passa ses doigts là où son jumeau l'avait embrassé, y sentant un léger quelque chose, comme si ces lèvres étaient toujours posées sur sa joue. Il se tourna vers Gustav qui haussa les épaules, un sourire aux lèvres, avant de prendre leurs bagages et d'aller vers leur train. Bill resta encore interdit quelques instants avant de suivre son aîné, un sentiment de bien être et de plénitude l'emplissant tout à coup, comme une joie longtemps attendue et qui arrivait sans prévenir.
Il grimpa dans le wagon et s'installa à sa place, près de la fenêtre, posant sa tête contre le verre froid et laissant ses yeux vagabonder sur le paysage extérieur. De son côté, Tom faisait de même, ayant demandé à Georg s'il pouvait se mettre à côté de la fenêtre, il observait le train se mettre en mouvement, scrutant chaque mètre qui le séparait un peu plus de son frère et le rapprochait inexorablement d'une mère qu'il n'avait jamais vue autrement qu'en photo. Il sentait son ami le regarder, aussi il tourna la tête vers lui :
« Was ? »
« C'était mignon. » sourit Georg.
« Ah, Halt die Klappe (Ta gueule (1)). » grogna le brun.
Son aîné laissa échapper un rire amusé puis lui tapota l'épaule amicalement. Tom préféra ne pas relever, prenant son air boudeur de toujours.
« Eh beh, on voit que t'as passé pas mal de temps avec Tom : t'as même ses mimiques. »
Le jeune brun se glaça à cette remarque. Il avait manqué de vigilance ! Il ne fallait surtout pas qu'il fasse ce genre d'erreur devant sa mère ! Heureusement, Georg s'était trouvé lui-même une réponse... Tom se contenta d'hausser les épaules, son vis-à-vis l'interprèterait comme il le souhaiterait.
« T'es d'une humeur... » murmura d'ailleurs ce dernier.
« Désolé. » souffla son cadet.
« Pas de mal. »
Le jeune brun reporta son regard dehors pour voir défiler le paysage. Ça y est, le train avait pris une bonne vitesse... Bizarrement, plutôt que d'être assailli de questions, son esprit était très calme et se perdait dans l'immensité de l'extérieur : il essayait d'imaginer sa mère. Sa mère et son frère... Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi, dans un silence approximatif ; ce fut Georg qui le tira de ses pensées :
« Tu penses à quoi ? »
Son cadet le considéra un moment, comme si l'on venait de le tirer d'un sommeil éveillé. Il hésita un peu avant d'esquisser un sourire et de répondre :
« ''Tom''. »
« Ah, je vois. Ça doit pas être facile pour toi... Il te manque déjà ? » demanda-t-il.
« Oui. » murmura le petit brun, affichant toujours un mince sourire. « Déjà. »
OoOoO
« Tom ? Tom, réveille-toi. On est arrivé. »
Bill ouvrit péniblement les yeux, se sentant secoué par l'épaule : Gustav essayait désespérément de le réveiller. Le cadet eût besoin de quelques secondes pour comprendre ce qu'il se passait, où il était et pourquoi ; lorsqu'il l'eût compris, il remercia le blond et prit ses affaires. La gare elle-même l'intimidait : il se retrouvait dans un monde inconnu, qui n'avait rien à voir avec le sien. Arrivé sur le quai, son regard balaya l'endroit, à la recherche de ce visage qu'il n'avait vu qu'en photo, mais il avait beau chercher, il ne le voyait pas... Pourquoi... ?
« Ton père n'est pas là ? »
« Heu... Non... » souffla le jeune châtain, un pincement au cœur.
« Il a peut-être oublié que c'était aujourd'hui... ? » supposa Gustav, puis, remarquant le visage peiné de son ami, il s'empressa d'ajouter. « Ou il est peut-être en retard. On l'attend ensemble ? »
« Ja, danke... » murmura Bill, affichant un sourire forcé.
Les deux garçons quittèrent le quai pour s'engouffrer dans la gare. Le dreadeux n'en revenait pas : son père pouvait-il avoir oublié son fils ? Il avait imaginé mieux comme rencontre... Il soupira, peut-être s'attendait-il à trop... Gustav ne savait pas quoi lui dire, s'inquiétant de voir Tom ainsi : le temps qu'il avait passé avec Bill l'avait visiblement ouvert et lui permettait d'exprimer plus facilement ses émotions, mais c'était perturbant de le voir si sensible tout à coup. Tom était plutôt du genre à hausser les épaules et rentrer seul ; mais le blond préféra ne pas relever et s'assit à côté de son ami.
Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi sans que rien ne se passe. Bill ne disait rien, préférant ne pas se trahir et trop préoccupé et déçu par l'absence de son père, il se contenta donc de concentrer son attention sur ses pieds, leur trouvant un intérêt tout nouveau. Son aîné soupira et allait proposer de rentrer lorsqu'il vit un homme entrer en coup de vent dans la gare, il esquissa un sourire et donna un coup de coude à son vis-à-vis pour lui faire lever la tête. Les yeux du jeune dreadeux s'illuminèrent, tout comme son visage ; il se leva d'un bond et courut vers son père :
« P'PA !! »
« P'tite crapule ! » s'écria à son tour l'homme avant de le recevoir dans ses bras et de le serrer contre lui. « Alors ? Comment ça va, mon grand ? »
« Je suis content de te voir ! » répondit le garçon en serrant son père de toute la force de ses bras frêles. « Tellement content... »
« Hey, hey. C'est ce petit séjour qui t'a tellement affecté ? » s'étonna son interlocuteur.
« Ben... Ouais, j'ai pas mal discuté avec un de mes copains et, comme il a pas de père, j'ai réalisé que j'étais chanceux de t'avoir. » expliqua maladroitement Bill.
« Entendez-vous ça... Je devrais t'envoyer en camp de vacances plus souvent. » plaisanta Jörg. « Bon, on y va ? »
« JA ! » s'exclama l'enfant. « Je veux manger des crêpes ! »
« Ah ! Je retrouve ma p'tite crapule. Bon, allons-y. » l'homme remarqua alors le jeune blond qui était avec son fils. « Un de tes amis ? »
« Oui, Gustav. Il était dans ma classe, cette année. » le présenta-t-il.
« Enchanté, Mr. Kaulitz. » le salua l'intéressé.
« Tu viens avec nous ? » demanda le père de Bill. « T'habites à côté ? »
« Hm. Dans le même quartier. » acquiesça Gustav. « Mais vous inquiétez pas, je me débrouille. »
« Boh, on va te ramener. » sourit Jörg.
Le blond considéra un moment père et fils et accepta finalement, ne pouvant faire face à ces deux sourires... Béats. Il suivit donc ces deux poissons pilotes sans chercher plus loin.
OoOoO
Tom sortit le premier du train, intérieurement bouillonnant d'excitation à l'idée de rencontrer cette femme qu'était sa mère. Avait-elle beaucoup changé par rapport à la dernière photo qu'il avait vue ? Quelle pouvait être la sonorité de sa voix ? Son caractère ? Quelle serait sa réaction en le voyant ? Tant de questions qui se bousculaient dans son esprit... A peine son regard avait-il embrassé la foule qu'il la reconnut : elle semblait ne pas avoir changé.
« MAMAN ! » le jeune brun laissa ses bagages à son aîné pour aller sauter dans les bras de sa mère.
« Bill ! Mon poussin ! »
La femme serra tendrement son fils dans ses bras, heureuse de le revoir. Tom noya son visage dans ses cheveux, gravant l'odeur de sa mère dans son esprit, sa chaleur, sa douceur, sa tendresse... Elle s'écarta un peu et le regarda :
« Eh beh, tu n'aurais pas grandi pendant ce mois ? »
« Nan, je crois pas. » rit Tom avant de se rendre compte que Bill aurait dit ''non''.
« Tu t'es fait des amis ? » sourit-elle en jetant un coup d'œil à Georg.
« Ah, oui. » acquiesça le plus jeune. « Lui, c'est Georg. »
« Enchanté, madame. » salua le grand brun.
« Enchantée. » lui répondit Simone Kaulitz. « Merci de t'être occupé de mon Billou. »
Ledit Billou haussa un sourcil à cette appellation, mais ne dit rien. Il n'était plus Tom, il était Bill. Il jeta un regard mauvais à Georg qui affichait un grand sourire, amusé par le sobriquet de son cadet. Le petit brun préféra ne rien dire et suivit sa mère jusqu'à la voiture ; il marchait à côté d'elle, intimidé par cette femme qui était si spéciale à ses yeux, à la fois étrangère et familière. Il sursauta lorsqu'elle lui prit la main pour traverser, peu habitué à ce genre de contact, il regarda un moment leurs mains mêlées en sentant ses joues s'empourprer.
« Ça s'est bien passé tes vacances ? » demanda-t-elle.
« Heu... Ja. » murmura le jeune garçon.
« Ah, je suis contente pour toi ! J'étais inquiète et... » elle reporta son attention sur son fils et remarqua son expression. « Bah... Bill, qu'est-ce qu'il y a ? »
Pour toute réponse, le jeune brun se précipita sur sa mère, ses petits bras entourèrent sa taille, la serrant contre lui comme s'il avait peur qu'on la lui arrache, et son visage se noya contre son ventre où il laissa éclater ses sanglots, à la surprise de la femme.
« Bill ? Qu'est-ce qu'il y a, mon cœur ? »
« Maman... ! » la voix de l'enfant était brisée par ses pleurs. « Tu m'as tellement manqué... ! »
« Oh... Mon poussin... » Simone se pencha et prit son fils dans ses bras.
Ces mots lui faisaient plaisir, elle berça doucement ce petit garçon qui était le sien ; elle l'arracha finalement du sol et le porta jusqu'à la voiture, le laissant pleurer contre son épaule. Tom n'avait pas pour habitude de se laisser aller de la sorte, mais pour cette fois, juste cette fois-ci, il ferait une exception. Pendant le trajet, il s'endormit, fatigué d'avoir laisser libre cours à ses larmes, un léger sourire étirant la commissure de ses lèvres.
OoOoO
« Voilà, bienvenu de retour à la maison, p'tite crapule. » sourit Jörg en poussant la porte.
Bill se retint de lâcher un murmure admiratif. C'était une grande maison, spacieuse et, bien que peu ordonnée, très chaleureuse. Le jeune châtain avança et jeta des coups d'œil un peu partout : même si son jumeau lui en avait parlé, c'était une véritable découverte qu'il faisait à chaque pièce. Son père l'observa un moment avec un sourire amusé puis demanda :
« Alors ? Les changements te plaisent ? »
« Ah, oui ! C'est cool ! » répondit Bill, se demandant à quoi pouvait ressembler la maison avant ces modifications.
« Bon, je te préviens, j'ai laissé ta chambre telle quelle. Tu n'auras qu'à faire le ménage toi-même. » lâcha l'homme.
« Pas de problème ! » s'exclama joyeusement le jeune garçon.
Il prit ses affaires et monta à l'étage, cherchant la pièce que lui avait indiquée Tom : deuxième porte à droite en montant les escaliers. Son père, lui, demeura un moment surpris, regardant les escaliers :
« ''Pas de problème'' ? Depuis quand Tom ne râle plus dès que je lui parle de ménage ? »
Pendant ce temps, Bill s'émerveillait devant la chambre : elle était approximativement de la même taille que la sienne, des posters un peu partout, un poste de musique, un lit deux places... Il se laissa tomber sur le lit, content de la voir. Il s'émerveillait devant tout cela, souriant en pensant qu'ils étaient finalement très proches pour des jumeaux qui avaient longtemps vécu séparément.
Son regard se posa sur un cadre qui reposait sur la table de nuit : Tom y figurait avec leur père, tenant fièrement un poisson au bout d'une ligne de pèche, un large sourire fendant son visage. Bill demeura un moment immobile, regardant simplement la photo ; ce ne fut qu'au bout de quelques minutes qu'il tendit le bras et le cadre pour mieux le regarder. Ses yeux détaillèrent son jumeau... Il eût un pincement au cœur, serrant la photo contre sa poitrine, à la hauteur de son cœur :
« Tom... »
Comment se portait son frère ? Il avait envie de le revoir... Cela ne faisait pourtant pas longtemps qu'ils s'étaient dit au revoir. Et puis ce n'était pas un ''adieu''... Ses yeux s'embuèrent de larmes mais il ferma les yeux pour les retenir : non, son jumeau ne pleurait pas. Il esquissa un sourire :
« J'espère que m'man te plaît... »
La sonnette retentit dans la maison. Qui cela pouvait-il être ? Le jeune dreadeux se leva, laissant le cadre sur le lit, il sortit de sa chambre et s'engouffra dans le couloir. Son regard se porta en bas : t si c'était quelqu'un qu'il était sensé connaître ? Arriverait-il à donner le change ? Il inspira un grand coup et descendit, se préparant psychologiquement à sortir les plus gros mensonges de sa vie ; mais lorsqu'il arriva au rez-de-chaussée, il resta bouche bée devant le spectacle qui s'offrait à lui : une femme blonde à la coupe au carré, élégante, fine et élancée... En train d'embrasser son père... ? Il demeura interdit, planté là, jusqu'à ce que les deux adultes le remarque :
« Ah, Tom. » murmura Jörg. « Tu te souviens de Nicola, n'est-ce pas ? Vous vous êtes rencontrés juste avant que tu ne partes en camp de vacances. »
« Bonjour, Tom. » sourit la jeune femme.
Deux choses n'allait pas dans son esprit : la première, cette femme était celle dont son jumeau lui avait parlé et elle avait embrassé leur père, mais pire encore, son sourire n'annonçait rien de bon. Il avait suffisamment côtoyé les femmes et les filles pour pouvoir le dire avec une quasi-certitude... Les choses s'annonçaient mal...
OoOoO
« Bill ? Mon poussin, réveille-toi. »
« Hm... ? »
Tiré de son sommeil, Tom entrouvrit les yeux, cherchant à comprendre où il se trouvait mais tout lui revint rapidement en mémoire et il porta son regard sur l'extérieur. La maison était grande... ça ne le dépayserait pas trop. Il sortit de la voiture et s'avança vers son nouveau chez lui pendant que sa mère prenait ses affaires en le regardant d'un air amusé :
« Et bien ? Qu'est-ce que tu as à la regarder comme ça, cette maison ? »
« Rien... » murmura le jeune brun. « Je suis juste content d'être là. »
Sur ce, il suivit sa mère dans la maison. Elle lui laissa ses affaires et tout le loisir d'explorer l'endroit ; Tom se sentait l'envie de partir à la découverte et alla se glisser dans chacune des pièces du rez-de-chaussée. Le salon, la cuisine, la salle à manger, salle de bain, toilettes, etc... Il regarda dans les moindres recoins, curieux de tout. Sa mère le recroisa, surprise :
« Ben, tu n'as pas encore monté tes affaires dans ta chambre ? »
« Heu... Si, si, j'y vais. »
Peu content d'avoir était pris sur le fait, il prit ses sacs et les monta à l'étage suivant les indications que lui avait donné son jumeau : première porte à gauche après les escaliers. La chambre était spacieuse, à peu près de la même taille que la sienne, mais en beaucoup mieux rangée ; il y avait une petite chaîne sur une commode, à côté d'une pile de CD que le jeune brun s'empressa de regarder.
« Green Day... Green Day... Green Day... Ah, tiens, Nena... Green Day... » il reposa les CD. « Mais il n'a que de ça... ! Même pas de Samy Deluxe... Heureusement que j'ai amené deux trois CD à moi. »
Il s'intéressa ensuite aux photos placarder au mur, il y en avait un bon nombre de Bill et de leur mère. Bill... Comment cela se passait-il pour lui ? Il préféra ne pas trop y penser, sentant son moral commencer à descendre en chute libre. Y avait-il autre chose à voir dans cette chambre ? Ah, des cahiers de vacances. Tom esquissa un triste sourire en pensant à son frère qui avait dû faire... Et que lui, ne ferait probablement jamais. Il remarqua également que les cahiers qu'il retrouvait le plus souvent étaient ceux de mathématiques ; décidément, ils avaient beaucoup de points communs vu les annotations gribouillées dans les marges par son jumeau.
« Ah, tu es là. »
Tom sursauta et fit volte-face, dévisageant l'homme qui se tenait dans l'encadrement de la porte, visiblement réveillé depuis peu. Le jeune garçon avait fronça les sourcils, inclinant instinctivement la tête légèrement en avant, il ramena un petit peu ses épaules en arrière. L'homme qui lui faisait face éclata de rire :
« Eh beh, on dirait un vrai chat sauvage. »
« Z'êtes qui, vous ? » demanda de but en blanc le petit brun.
« Ah, oui, pardon, je ne me suis pas présenté... »
Au même moment, Simone apparut dans l'encadrement de la porte, le sourire aux lèvres, regardant les deux garçons :
« Je vois que vous faites connaissance. »
« Oui. » sourit l'homme. « J'allais justement me présenter. »
« Bill, voici Gordon Trümper. » murmura-t-elle en direction de son fils. « Nous nous sommes rencontrés il y a trois semaines. C'est un musicien, tu sais. »
Tom ne quittait pas cet individu des yeux, le dévisageant sans retenue. La femme les laissa faire ''plus ample connaissance'' et descendit à la cuisine. Le jeune garçon détailla une nouvel fois son vis-à-vis : il était bien peu couvert, même s'il faisait chaud... Et se promène-t-on en caleçon dans une maison qui n'est pas la sienne ? Non, ce Gordon ne lui revenait vraiment pas. Il s'en désintéressa et reporta son attention sur son sac pour le vider ; mais Dieu qu'il était désagréable de sentir quelqu'un dans son dos.
« Elle est sympa ta chambre... »
Et qui fourrait son nez partout par-dessus le marché. Le châtain lâcha un soupir excédé et se retourna vers l'homme, surveillant de son regard noisette le moindre de ses gestes. Cet inconnu allait dans sa chambre en examinant les posters, hochant la tête de temps en temps... Exaspérant. Ce fut la seule chose qui traversa l'esprit du jeune garçon, en version moins relevée ; il posa sans douceur un pantalon, qu'il venait de sortir du sac, sur le lit et lança :
« Je peux être tranquille ? »
« Oh, pardon. C'est vrai que tu reviens de vacances et que tu dois avoir besoin d'un peu de calme pour ranger. » s'excusa Gordon.
« Exactement. Alors si ça ne vous fait rien, j'aimerai que vous sortiez de la... De MA chambre. » siffla l'enfant.
« Ah oui, bien sûr. » il retourna à la porte. « Eh bien, content de t'avoir rencontré. »
« C'est ça. » grinça le jeune brun.
Ses doigts se crispèrent sur les vêtements qui étaient devant lui. Ce type... ça n'annonçait rien de bon... Il serra les dents : il la connaissait à peine, sa mère, et déjà quelqu'un essayait de la lui voler. Un sourire étira néanmoins ses lèvres : il n'avait pas dit son dernier mot, cet intrus allait vite redevenir ce qu'il devait être, un parfait inconnu. Et il allait l'y aider.
A SUIVRE...
Sahad : et voilà ! Ça vous a plu ? Je profite d'un petit temps de battement pour vous mettre cette suite. J'espère que ça vous ira... Et même si ça ne vous va pas, j'y peux pas grand-chose, na ! Lol. A plus !
Note(s) :
(1) Merci à Andy pour sa traduction.
