Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)

Auteur : Sahad.

Note : Merci à Dstine (alias Cerb), Gotika et Oblivion pour leurs idées (j'espère ne jamais avoir des gosses comme vous, surtout toi, Dstine : tes idées étaient de loin les plus démoniaques, lol).

Note 2 : Réponses aux reviews !

Reila666 : Ouf, ce chapitre à été haut en couleurs ! J'espère qu'il te plaira autant que les autres. Moi, je me suis beaucoup amusé(e) à l'écrire.

Dstine : Ben, pour changer... Encore des larmes ! Lol. Bon, pour ce chapitre, j'avoue, ils pouvaient pas s'en passer. Enfin bon, voilà.

Phenix260 : Voilà la réaction de nos jumeaux et tu noteras qu'ils n'y vont absolument pas de main morte.

Vani-chan : Oui, je trouvais plus sympa de garder tous les noms. Il n'y a que Nicola qui soit réellement fictive : n'ayant rien trouvé sur la vie de leur paternel, j'ai improvisé. Et pour le lit deux places... Ben y a des chanceux.

Suboshi : Le chapitre 13 dont tu as BESOIN est enfin en ligne ! Lol. Contente que ce qui était avant t'ait plu, j'espère qu'il en sera de même pour la suite car je me suis amusé(e) comme un(e) taré(e).

Vanity : J'avoue que ça ne doit pas être facile, pour les deux.

Kyoto : Lol, toi, tu vas rêver, y en a quelques uns là-dedans qui vont cauchemardé. Je te laisse voir ce qu'il en est.

Alia : Nicola sans ''s'' est un nom de femme en Allemagne. J'espère que ce chapitre est à la hauteur de ce que tu attendais.

MissPopular : A mon avis, leurs retrouvailles ne devraient pas trop trop tardées. Héhé...

Lukia-Chan : Voici la suite que tu attendais.

Baw : M'en veux pas, j'abrège un peu ton pseudo. T'inquiète, je comprends tout à fait et suis ravi(e) que ma fic te plaise.

Voilà.

Bonne lecture !!!

Chapitre 13 :

Bill se réveilla presque en sursaut, complètement désorienté. Son cœur battait à tout va et son souffle était haché, ses yeux parcoururent la chambre à toute vitesse avant qu'il ne reprenne ses esprits : il se trouvait dans la chambre de Tom, tout allait bien. Il soupira et regarda le réveil, il était à peine six heures du matin... Il grogna et se leva, n'ayant plus réellement envie de dormir ; il se glissa dans le couloir et marcha sur la pointe des pieds, essayant d'être le plus silencieux possible. Il hésita plusieurs minutes, cherchant instinctivement des repères qui lui serraient familier mais...

Il avança de quelques pas et s'arrêta : non, il n'était pas chez lui, ce n'était pas par là. Il se retourna et revint en arrière, posant la main contre le mur pour ne pas se cogner. Des bruits attirèrent son attention : c'étaient des bruits sourds, comme des cris étouffés... Il s'approcha de la porte dont ils provenaient, s'appuyant contre elle et y plaquant son oreille ; ils étaient répétitifs, comme cadencés. Sa main se posa sur la poignée et appuya doucement, sans bruit ; il entrouvrit la porte, juste assez pour pouvoir regarder à l'intérieur de la pièce. Elle était plongée dans l'obscurité, mais la lumière filtrait quelque peu au travers des rideaux... Il y avait quelqu'un...

Les yeux de l'enfant s'écarquillèrent, son cœur manqua un battement, son esprit sembla s'arrêter de fonctionner. Un haut le cœur le prit à la gorge, sa main glissa de la poignée alors qu'il reculait de quelques pas ; l'envie de vomir lui comprimant les entrailles. Il partit en courant dans l'escalier, descendant les marches deux à deux, et se jeta dans les toilettes, crachant autant de bile amer que le lui permettait son corps. Ce n'était pas réellement ce qu'il avait vu qui lui faisait cet effet mais plutôt les personnes concernées... Il fallait qu'il appelle Tom au plus vite.

OoOoO

Tom s'extirpa de son lit, avançant sur la pointe des pieds. Il savait qu'IL était ici, il l'avait entendu la veille, il sentait sa présence... Le jeune garçon s'aventura dans la maison, avançant avec précaution ; il alla jusqu'à la cuisine et regarda autour de lui. D'après ce que lui avait dit Bill, sa mère ne buvait jamais de café... Et pourtant, une superbe cafetière avait sa place sur un petit meuble. Un sourire étira les lèvres du petit brun qui attrapa une chaise et la plaça près du meuble pour pouvoir dominer l'appareil ; ceci fait, il l'ouvrit et l'inspecta de fond en comble. Il redescendit de sa chaise et alla ouvrir tous les placards, il trouverait bien quelque chose... Son visage s'illumina lorsqu'il découvrit la bouteille de vinaigre blanc... Ça serait un début. Il attrapa la bouteille et retira le bouchon, ce qui lui valut une grimace : peut-être était-ce trop fort, ça ne passerait pas inaperçu... Il reposa la bouteille et reprit son exploration.

Ça ne lui était jamais arrivé de manquer de ressources pour faire des bêtises, pourquoi ne trouvait-il pas d'idée à cet instant précis. Il soupira et balaya une nouvelle fois la cuisine des yeux, il devait bien pouvoir trouver quelque chose, non ? Son regard s'immobilisa alors tout à coup et un sourire étira ses lèvres : il avait trouvé.

« Qui a dit que regarder la télé ne cultivait pas l'imagination des enfants ? » murmura-t-il d'un air espiègle.

Sur ce, il prit à nouveau une chaise et grimpa sur le petit comptoir de la cuisine pour attraper un petit flacon de gouttes pour les yeux ; il descendit et retourna auprès de la machine à café. Il vida la totalité du produit dans la cafetière, la referma et prit bien soin de tout remettre en place. Une fois son travail terminé, il sortit de la pièce lorsqu'une autre idée lui vint à l'esprit :

« Tiens mais... S'il a la courante, il y a un passage obligatoire par les toilettes... »

Il bifurqua et se rendit dans ladite pièce, attrapant tous les rouleaux de papier toilette qu'il put trouver et les traînant dans le salon pour les cacher sous le canapé. Il se redressa et souffla un peu avant de retourner aux toilettes : il ne pouvait pas laisser ça comme ça... Que pouvait-il faire de plus... ?

OoOoO

8h10... Il ne pouvait tout de même pas appeler si tôt... Bill soupira une nouvelle fois et reposa son menton sur ses genoux qu'il tenait contre lui. Mais quand pourrait-il appeler son frère ? Et sa mère ? Si jamais il l'avait au téléphone, ne risquait-elle pas de le reconnaître ? Il grogna et serra un peu plus les draps entre ses doigts : que diable ! Un peu de courage ! Il ne manquait pas d'imagination ! Et après ce qu'il avait vu... Non, cette femme ne pouvait décidément pas rester ici, elle devait partir... Et il l'y aiderait !

Il se leva et reparti en exploration : il faisait complètement jour à présent, c'était tout de même plus facile pour s'orienter. Son père et sa ''copine'' n'étaient toujours pas levés. Quoi détonnant ? Le jeune châtain se glissa en catimini jusqu'à la sale de bain et écarquilla les yeux : cette femme avait réellement l'intention de s'installer ici si l'on en croyait tous les produits et ustensiles qui peuplaient les meubles. Il passa en revu le nombre impressionnant de produits de beauté, shampoings et crème, cherchant un produit souvent utilisé...

« Voyons, c'est une femme... Maman utilisait souvent... De la crème pour le visage ! »

Il attrapa le pot de crème et l'ouvrit, il était à moitié vide... Parfait, cela signifiait qu'elle s'en servait souvent. Il y mit les doigts et vida le pot dans l'évier, rinçant convenablement par la suite pour ne pas lasser de trace ; ceci fait, il ouvrit tous les placards pour trouver ce qui pourrait lui être utile.

« Hm... Tom se débrouillerait mieux que moi... » grogna-t-il. « Je devrais peut-être regarder un peu plus la télé. »

Mais il n'eût pas besoin de cela : son regard se posa sur un autre pot qui le fit sourire : crème pour les pieds. Il ouvrit le pot et le vida dans celui de Nicola, il se lava les mains et replaça les pots de crème à leurs places respectives ; mais ce n'était pas vraiment assez... Le jeune châtain fronça les sourcils et réfléchit encore quelques minutes : que pouvait-il faire d'autre ?

Une idée lui traversa l'esprit. Il sortit aussi silencieusement que possible de la salle de bain et descendit dans la cuisine ; une fois sur place, il inspecta toute la pièce dans les moindres recoins, trouvant ci et là les ingrédients qu'il lui fallait. Il remonta alors à l'étage et retourna dans la salle de bain ; là, il sortit la trousse de maquillage de la jeune femme, un large sourire aux lèvres. Il sortit tous les tubes de rouge à lèvres qu'il trouva et les ouvrit un à un, il entreprit alors de déverser sur chacun d'eux quelques gouttes de jus d'ail, imaginant déjà la tête de Nicola lorsqu'elle se rendrait compte de cela. Il les rangea avec précautions et sortit les bouteilles de parfum, les poudres... Peut-être qu'un petit accident pouvait arriver ? Il ouvrit l'un des flacons et le vida dans la trousse, le rebouchant plus ou moins bien, il le remit en place, puis y ajouta les poudres, les mélangeant soigneusement. Ceci fait, il retourna dans sa chambre et en revint muni d'une nouvelle arme : ouvrant un second flacon de parfum au verre bleu, il y vida le contenu d'une cartouche d'encre, le referma puis le rangea.

Il pouvait passer à la suite. Il se glissa dans la douche et attrapa une bouteille de shampooing, visiblement un produit féminin ; il retira le bouchon et attrapa un des pots qu'il avait ramené de la cuisine. Prenant une cuillère, il fit lentement couler le liquide doré dans la bouteille de shampooing, riant intérieurement, le sourire aux lèvres :

« Le miel, c'est bon pour les cheveux. »

Il referma ensuite la bouteille, la secouant joyeusement pour mélanger son contenu, et la reposa ; ceci fait, il ramassa toute sa joyeuse pagaille et retourna la poser dans la cuisine, préférant ne pas laisser de trace de son passage. Il s'installa alors à la table et commença à préparer son chocolat au lait, un sourire fendant toujours son visage.

OoOoO

« Ça va, Gordon ? » demanda Simone, frappant à la porte des toilettes.

« Ja... Juste un petit mal de ventre... Ne t'en fais pas. » lui répondit l'intéressé.

Tom jubilait intérieurement, luttant pour ne pas éclater de rire. Lorsqu'il était descendu, Gordon était déjà dans les toilettes et sa mère s'inquiétait pour lui... Le téléphone retentit alors :

« Bill, vas répondre, s'il te plaît. »

« Oui, maman. » répondit le petit démon à tête d'ange. « Hallo ? »

/Hallo ? Tom ? C'est Bill / lui annonça la voix à l'autre bout du fil.

« Ah ! B-heu-Gustav ! » se reprit Tom, jetant un coup d'œil à sa mère. « Heu... Attend, je monte dans ma chambre. »

Sur ce, il emmena avec lui le téléphone sans fil et ferma la porte de sa chambre à clé. S'assurant que personne ne pouvait l'entendre, il reporta son attention sur son interlocuteur :

« Bill ! Tu devineras jamais ! »

/Quoi / s'inquiéta son jumeau.

« Il y a un homme à la maison ! » chuchota Tom.

/Un QUOI / s'écria presque Bill.

« Un homme ! » répéta le jeune brun. « Il s'appelle Gordon. Apparemment, maman l'a connu pendant qu'on était au camp ! »

/Il faut le faire partir / s'exclama son frère.

« T'inquiète pas pour ça, j'ai déjà commencé. » sourit son vis-à-vis en pensant à sa victime. « Et toi ? Comment ça se passe pour toi ? »

/Ben, la femme dont tu m'avais parlé, Nicola, elle est là... / lui annonça le dreadeux.

« QUOI ? » s'étrangla Tom. « Elle est revenue ? »

/Ouais... Et grâce à toi, elle ne m'aime pas du tout. / grogna Bill. /Mais bon, je crois qu'elle voudra très vite partir... /

« Ah, toi aussi, tu es passé à l'attaque... » sourit à nouveau son jumeau. « Ici, il y en a un qui est coincé dans des toilettes sans papier. »

/Trop fort/ s'exclama son frère. /Ici, elle nous tape une crise parce que sa trousse de toilette est tombée, bizarre, ne/

« Haha ! T'es pire que moi ! » rit son interlocuteur.

/Attend, c'est pas fini / poursuivit Bill. /Elle a hurlé quand elle s'est retrouvée avec des cheveux englués au moment de se les laver. /

« T'es génial ! J'aurais voulu voir sa tête ! » s'amusa son vis-à-vis.

/Pareil de ton côté. J'espère juste que je tomberais pas en panne d'idées... / souffla le jeune châtain.

« Je compte sur toi. »

/Pareil. Oh... Je dois y aller. Salut et bonne chance. /

Et il raccrocha. Tom se mordilla la lèvre et posa le combiné sur ses cuisses, assis sur son lit. Son regard se posa sur l'une des photos affichées au mur, une où figurait Bill, le vrai Bill... Il serra les dents en repensant à tout cela : toutes ses années où il avait cru être fils unique, toutes ces années où il avait été persuadé de ne pas avoir de mère... Non, il ne laisserait pas un étranger venir impunément habité sous le même toit et sûrement pas pour lui voler sa mère. Il pouvait faire confiance à son jumeau pour s'occuper de cette femme... Mais ici, il était encore le seul gardien de sa mère... Il ne devait pas laisser cet homme s'installer. Il fallait le chasser. Et il y arriverait.

OoOoO

Bill avait raccroché : il avait entendu le bruit de la voiture. Son père était parti racheter du shampooing pour Nicola et elle, elle était dans la salle de bain... On ne risquait pas de l'avoir entendu.

Ses doigts s'étaient crispés sur le combiné et il se sentait trembler. Son esprit se repassait en boucle ce qu'il avait entendu : sa mère et un homme. Pour une obscure raison, cette éventualité le choquait bien plus que la présence de Nicola dans la même maison que lui. Il serra les dents... Comment sa mère pouvait-elle lui faire cela ? Un étrange sentiment s'insinuait peu à peu en lui, un mélange entre la colère, l'incompréhension et la trahison. Il se leva finalement et alla reposer le téléphone sur son socle, peut-être un peu violemment... Il se détourna et se dirigea vers l'escalier.

« Tom. » l'appela son père. « J'ai fait quelques courses, tu peux amener son shampooing à Nicola pendant que je range le reste ? »

Le jeune châtain lança un vague coup d'œil en arrière, lâchant un profond soupir, il revint sur ses pas et alla jusqu'à la voiture. Son père avait effectivement fait quelques courses, Bill vérifia que l'homme n'était pas dans le coin et entreprit d'explorer les quelques sacs qui lui faisaient face : il trouva sans peine le shampoing. Son regard se posa sur des sous-vêtements... Il haussa les épaules et laissa le tout, n'emportant que la bouteille de shampooing.

« Nicola. » appela-t-il. « Votre shampooing... »

La femme lui arracha littéralement le flacon des mains et referma la porte à clé. Bill esquissa un sourire et reprit le chemin de sa chambre, mais une fois encore, son père l'interpella :

« Tom ? »

« Was ? » gémit le petit châtain.

« Tu pourrais amener les sacs de courses restant dans le sous-sol, s'il te plaît ? »

Le dreadeux leva les yeux au ciel et retourna chercher les sacs à la voiture. Il emmena ensuite le tout au sous-sol, découvrant par la même occasion la machine à laver et le sèche-linge... Un sourire étira à nouveau ses lèvres.

OoOoO

Tom mangeait en silence. Il fallait qu'il trouve de nouvelles idées pour faire fuir cet intrus. Il réfléchissait intensément en triturant un pauvre morceau de viande du bout de sa fourchette ; que pouvait-il bien inventer ? Les deux adultes discutaient entre eux sur un sujet qui ne l'intéressait pas vraiment, il avait autre chose à faire qu'à les écouter. Son regard se posa sur la télévision, c'était les informations, il soupira et allait détourner son attention lorsque quelque chose la capta : un garçon était mort après avoir mangé des mentos avec du coca light, le mélange des deux provoquant une réaction chimique mortelle. Afin d'appuyer leur dire, des scientifiques montrèrent ce qui arrivait lorsque l'on mettait des mentos dans une bouteille de coca light : la bouteille exposa littéralement. Le jeune brun regardait la scène avec une certaine fascination, il reporta son attention sur les deux adultes à côté de lui : ils n'avaient pas du tout écouté... Un sourire étira les lèvres de Tom : il avait trouvé.

Une certaine excitation mêlée d'anticipation monta en lui, il avait hâte de mettre son plan à exécution. Sa mère se tourna subitement vers lui :

« Eh bien, Bill ? Tu ne dis rien depuis le début du repas... D'habitude, on t'entend beaucoup. »

Le jeune brun se sentit déglutir : son jumeau parlait beaucoup d'ordinaire ? Ce n'était peut-être pas en sa faveur, lui qui avait pris l'habitude de dire le strict minimum... Il se contenta donc de sourire en haussant les épaules dans un signe d'excuse. Sa mère lui posa la main sur l'épaule, la caressant gentiment du pouce :

« Tu t'ennuies, mon lapin ? »

« Nein. » murmura-t-il en secouant la tête.

« Alors raconte. » sourit-elle. « Dis-nous, comment c'était au camp de vacances ? »

Tom tiqua à l'entente du ''nous'' ; décidément, cet homme était trop proche de sa mère. Il réfléchit quelques secondes et se lança, se remémorant son mois de juillet :

« C'était vraiment bien. J'ai rencontré plein de garçons sympa et on a fait plein de jeux. Les bungalows étaient moches mais on n'était pas souvent dedans alors c'était pas grave. Je me suis très ben entendu avec le garçon qui était avec moi, on s'est bien amusé. On a joué au foot et tout, c'était bien. »

« Tu t'es fait beaucoup d'amis ? » demanda sa mère, heureuse de voir son fils aussi souriant.

« On était quatre à être toujours ensemble. » expliqua l'enfant. « C'était vraiment bien, on a beaucoup discuté. »

« Vous avez parlé de quoi ? » l'interrogea à son tour Gordon, pour l'inciter à parler.

Tom leva les yeux vers lui. Il voulait certainement avoir l'air sympathique en faisant celui qui s'intéressait à son histoire : c'était un coup classique pour essayer de s'intégrer dans une famille, l'enfant l'avait souvent vu dans les feuilletons télévisés, le méchant essayait toujours de s'attirer la gentillesse des gentils. Le jeune brun reprit pourtant aussitôt, comme si cela ne le dérangeait pas le moins du monde :

« Ben, un peu de tout... On a parlé de foot, de musique, de nos parents... » énuméra-t-il. « Celui qui était dans le même bungalow que moi me parlait beaucoup de son père, ça a l'air d'être quelqu'un de génial. En plus, il fait de la moto et tout. »

« Et sa maman ? » demanda Simone. « Qu'est-ce qu'elle fait sa maman ? »

« Je sais pas. Il m'a dit qu'il avait juste un père... Mais qu'il aimerait beaucoup connaître sa mère... » murmura-t-il, puis il releva la tête, prenant un air aussi innocent que possible. « Dis, maman... Il est comment papa ? »

Sa question instaura un silence gêné, sa mère sembla hésiter, pensive. Elle pinça légèrement les lèvres comme si elle essayait de se souvenir, de peser ses mots ; puis elle répondit enfin d'une voix un peu moins sûre :

« Ton père... Quand nous étions ensemble, il était très gentil... Nous nous entendions très bien. Il avait l'air de toujours savoir ce que je voulais sans que j'aie besoin de le dire. Il était très attentionné. C'était un homme très bien. Quand tu es né, il venait toujours un peu plus tôt à la maison pour jouer un peu avec toi, même s'il était très fatigué... »

Elle se tut, fixant un point dans l'espace. Elle ramassa finalement les assiettes et se leva, visiblement perdue dans ses souvenirs... Tom la regarda partir puis reporta son attention sur Gordon, visiblement, le sujet semblait l'avoir troublé ; le jeune brun fit de son mieux pour ne pas laisser paraître un sourire de satisfaction et sortit de table. Toutefois, son sourire disparut lorsqu'il repensa à la conversation : à aucun moment sa mère n'avait sous-entendu qu'il avait un jumeau ou simplement un frère... Sa mère avait-elle donc oublié jusqu'à son existence ? Il se mordit les lèvres, sentant une boule lui obstruer la gorge : c'était injuste. Mais il ravala sa peine, tournant toute sa colère vers cet homme qu'il devait faire partir.

Vérifiant que personne n'était à proximité, il retourna dans les escaliers. Là, son regard se posa sur un cadre ; il savait que sa mère l'aimait beaucoup, il l'avait compris en voyant le soin qu'elle prenait pour le dépoussiérer. Un nouvelle idée germa dans son esprit juvénile : il remonta dans sa chambre et alla prendre son argent de poche. Ceci fait, il sortit de la maison et alla à la supérette du coin, ce n'était pas bien difficile à trouver ; là, il se munit de ses deux armes nucléaires : le coca light et les mentos. Un sourire étira ses lèvres et il retourna chez lui, vérifiant bien que personne ne le voyait ; il revint en catimini jusque dans sa chambre et entreprit de mettre son plan à exécution : il revint sur ses pas et s'arrêta dans l'escalier. Il vérifia une nouvelle fois que personne n'était à proximité et délogea le cadre qu'il avait repéré ; ceci fait, il s'attaqua au clou dans le mur : il était passablement bien fixé, ça ne serait pas si difficile de lui donner du jeu. Ses petits doigts n'eurent aucun mal à l'extraire du mur et à le remettre. Il remit le cadre et observa son travail : pas trop visible, c'était parfait. Son regard refit un tour rapide d'horizon, il n'y avait toujours personne, c'était superbe ; il entreprit donc de sauter sur les marches, imitant plus ou moins Gordon qui descendait en sautillant. Son sourire s'agrandit lorsqu'il tendit les bras pour retenir le cadre qui se décrocha du mur, c'était au point.

« Maintenant, la bombe... » murmura-t-il, retournant dans sa chambre chercher ses ustensiles.

OoOoO

Bill lança un vague regard par la fenêtre avant de grimacer : Nicola et son père se bécotaient dans le jardin. Une forte envie d'en finir commençait à lui trotter dans la tête, il faudrait qu'il trouve rapidement le coup de grâce. Passant une main dans ses dreads châtain clair, il se leva et fit le tour de la maison. Ils étaient dans le jardin, ils ne pourraient pas l'entendre... Le jeune garçon esquissa un sourire et se rendit au sous-sol, se retrouvant une nouvelle fois devant la machine à laver. Elle fonctionnait... Il s'approcha et l'arrête pour ouvrir le capot : c'était pratique d'avoir une ouverture sur le dessus : il ne risquait pas de mettre de l'eau partout. Ouvrant le tambour, il trouva la lingerie qu'il avait vu plus tôt dans la journée, dans le coffre de son père, et quelques autres affaires appartenant à Nicola.

Un large sourire étira à nouveau ses lèvres et il referma le tout ; il remit alors la machine à laver en route et regarda minutieusement les boutons avant d'en choisir un et de le tourner. Il anticipait déjà la réaction de la femme : à quoi pourraient bien ressembler des sous-vêtements délicats une fois lavés à 90° ? Il délaissa donc la machine et remonta, impatient d'entendre le cri strident qui lui annoncerait le succès de son attaque en traître.

OoOoO

Tom s'était servit un verre de coca afin de vider un peu la bouteille et nettoya le bouchon. Ceci fait, il y écrase de la pâte à fixe et, après avoir bien sucer un mentos pour qu'il soit à la bonne taille, y logea le bonbon. Ce n'était pas bien compliqué à fabriquer... Il prit la bouteille d'un bras et le bouchon dans sa main libre, attrapa les clés qui reposait sur le petit comptoir de la cuisine et sortit. La voiture était là. Il actionna l'ouverture centralisée et entra dans la voiture, côté passager ; là, il déposa la bouteille de coca, bien en équilibre, il l'attacha à la portière conducteur par un simple fil de couture et remit le bouchon.

Le petit brun sortit de la voiture et contempla son travail : il suffisait que l'on ouvre la portière côté conducteur pour que ça tire sur le fil et que ça fasse tombé la bouteille, mettant en contact le coca light et le mentos... Le jeune garçon était assez satisfait de l'idée qu'il avait eue. Il referma la voiture avec précaution et retourna à l'intérieur ; il n'avait qu'une hâte : que Gordon aille dans sa voiture... Lorsqu'il retourna dans la maison, il ne fut qu'à moitié surpris de constater que son premier plan avait bien marché : sa mère pleurait presque pour son cadre brisé pendant que l'homme essayait de la consoler.

« Je vais aller t'en acheter un autre d'accord ? »

Simone hocha la tête piteusement, fixant les débris de verre qui jonchaient le sol. Il n'eût qu'un bref remord pour sa mère et ne put s'empêcher de suivre celui qu'il avait affectueusement baptisé ''Mr le futur ex'' jusqu'au pas de la porte, observant le spectacle. Sa mère vint le rejoindre, posant sa main sur son épaule ; Tom savourait littéralement sa victoire. Mais son sourire disparut très vite lorsque Gordon ouvrit la porte côté passager, emmenant ce qui restait de la structure du cadre avec lui. Il attrapa la bouteille, ne regardant que vaguement, il ne remarqua pas le fil qui se brisa aussi facilement qu'un cheveu et posa la bouteille par terre. Le jeune brun retint sa respiration : ce n'était pas du tout ce qu'il avait prévu ! L'homme ferma la porte et passa du côté conducteur et démarra ; Tom suivit le mouvement de la voiture presque avec horreur.

Il y eût un bruit sourd et la voiture dérapa dans un crissement de pneus auquel se mêlèrent les cris de l'homme. Simone poussa un cri et accourut vers la voiture qui venait de heurter un poteau électrique avec fracas ; le jeune brun, lui, était dans l'incapacité de bouger, fixant l'accident avec de grands yeux, il n'en revenait pas. Il ne parvenait même pas à réfléchir. Tout s'était arrêté...

OoOoO

Comme il l'avait prévu, Nicola avait littéralement piqué une crise en découvrant l'état de ses jolis dessous. Il avait fait son possible pour ne pas éclater de rire. La pauvre femme hurlait tout ce qu'elle pouvait, brandissant un soutien-gorge calciné et un morceau de tissu indéfinissable tel une bannière de guerre. Etouffant sa joie sous un air étonné, Bill s'éclipsa dans sa chambre pour laisser libre court à son euphorie. C'était génial ! Il en avait mal au ventre de tant rire. Ce fut un toussotement qui coupa son élan et attira son attention : Nicola se tenait dans l'encadrement de la porte, les bras croisés, visiblement furieuse, le reste de ses dessous toujours en main.

« C'est toi, hein ? » l'accusa-t-elle.

« Was ? » il posait la question mais il savait qu'elle n'était pas dupe et il ne faisait rien pour cacher son implication dans ce petit incident.

« Ne joue pas les innocents ! Je sais que c'est toi ! C'est toi depuis le début ! » siffla-t-elle.

Le jeune dreadeux hésita quelques secondes quant au comportement qu'il devait adopter vis-à-vis de son interlocutrice ; puis il opta pour le comportement le plus naturel que Tom aurait pu avoir en de telles circonstances et également le plus facile à adopter : l'arrogance.

« Qu'est-ce qu'il y a, Nicola ? » demanda-t-il avec un sourire narquois. « C'est parce que vous venez d'essayer vos nouveaux sous-vêtements qu'ils sont dans cet état ? Il faudrait peut-être penser à un régime, non ? »

« Was ? » l'intéressée n'en revenait pas, comment un tel culot était-il possible ?

« Ecoutez, vous êtes pas la bienvenue ici. C'est tout. Faut vous faire une raison. » poursuivit Bill, bien décidé à ne pas retenir le moindre de ses propos. « Ou bien êtes-vous trop blonde pour le comprendre ? »

Il se leva et plongea son regard dans celui de la femme, les poings sur les hanches, la défiant tel un chat qui défend son territoire tout en étant sûr de sa victoire, ses yeux exprimant clairement les pensées qu'il avait pour elle. De son côté, Nicola en était bouche bée : bien sûr, la première fois, cet enfant lui était apparu comme un gosse mal élevé, peut-être un peu têtu mais elle n'aurait jamais cru qu'un simple petit garçon pouvait faire preuve d'autant de méchanceté et d'arrogance. Bill leva légèrement le nez dans une mimique hautaine et passa à côté d'elle :

« Allez-vous en. » murmura-t-il. « Vous ne servez à rien ici. »

Puis il disparut dans les escaliers, laissant seule une femme choquée par un tel comportement. Le jeune châtain n'était pas spécialement fier de ce qu'il venait de dire, mais il ne voulait pas culpabiliser et encore moins avoir des remords. Ses pas le conduisirent jusqu'au sous-sol : il n'avait pas fini ce qu'il avait à faire, il avait bien l'intention de la faire partir. Peu importait qu'elle raconte tout à son père : c'était sa parole contre la sienne, il croirait forcément son fils plutôt qu'une étrangère. Ayant fait un crochet par la cuisine avant de venir, il avait subtilisé un couteau et faisait à présent face à la machine à laver ; il la débrancha et entreprit de mettre les fils à nu à certains endroits... Il avait souvent vu sa mère le faire lorsqu'elle devait se débrouiller seule, à la différence près qu'elle, elle le faisait pour effectuer des réparations alors que lui, c'était du sabotage.

Ceci étant fait, il la rebrancha et alla remettre le couteau dans la cuisine. C'était tout simplement logique : les derniers vêtements en bon état qu'avait cette femme devaient empester le brûlé, elle allait forcément vouloir les relaver. Il décida d'aller voir son père, s'installant à côté de lui dans le canapé.

« Eh bien, p'tite capule ? Quel bon vent t'amène sur MON canapé ? »

Bill esquissa un sourire accompagné d'un petit rire : il aimait se sentir aussi près de cet homme qu'il ne connaissait réellement que depuis son arrivée mais il était heureux. Ils rirent pendant un bon moment, se moquant de ce qu'ils voyaient à la télévision, de ce qui était dit ou des personnes qui apparaissaient.

Comme il l'avait prévu, Nicola passa à côté d'eux, affirmant qu'elle laverait une nouvelle fois ses vêtements. Elle avait jeter un coup d'œil au jeune brun au passage, il le lui avait rendu : chacun savait ce qu'il en était. Bill était tout de même satisfait en pensant qu'il pourrait au moins jouer carte sur table avec elle ; la femme alla donc mettre ses affaires à laver et, en revenant, elle ferma la porte à clé derrière elle. Ce geste fit naître un léger sourire sur le visage du jeune châtain qui reporta son attention sur la télévision. Pour le moment, elle le surveillait, ce n'était pas l'idéal... Il lui suffisait de patienter...

Ce ne fut en fait qu'une bonne demi-heure plus tard que l'occasion se présenta : son père allait travailler ; il n'avait pas d'horaires bien définis, Bill n'arrivait pas vraiment à lui attribuer un emploi du temps. Mais il profita que Nicola aille embrasser son père pour disparaître dans le jardin : il avait déjà visité tous les coins de la maison et la porte de la cuisine était loin d'être la seule voie d'accès au sous-sol. Il fit el tour de la maison et s'accroupit près du mur : une petite fenêtre, elle était toutefois suffisamment grande pour laisser passer un enfant de son âge ; il se glissa donc par l'ouverture et atterrit en souplesse sur le sol frais. La machine à laver tournait, il n'avait plus qu'à faire ce qu'il avait prévu : il attrapa un seau et l'amena à un lavabo qui se trouvait dans le fond ; là, il entreprit de le remplir d'eau et amena le seau à côté de la machine.

Normalement, le court-circuit devait juste faire naître une petite flamme sous la machine : ce genre d'accident était déjà arrivé chez lui, avec sa mère. Il n'y avait pas de raison pour que ça soit différent... Il poussa le seau du pied afin de s'assurer qu'il ne serait pas en contact avec l'eau. Le liquide se déversa sur le sol et la flaque se répandit vers la machine.

« Bon, mieux vaut que je m'en aille... » murmura-t-il pour lui-même.

Il retourna donc vers le fenêtre et s'apprêtait à commencer son ascension lorsqu'un bruit sourd suivit d'un violent courant d'air lui fit perdre l'équilibre, entraînant avec lui de grandes planches qui se trouvaient contre le mur.

« Aïe... » grimaça-t-il, puis il releva les yeux. « La fenêtre... ! »

Les planches avaient glissé et lui en barrait à présent l'accès. Il jura intérieurement et reporta son attention sur la machine : ce n'était pas normal, les flammes n'auraient pas dû être aussi grosses ! Un épais nuage de fumée s'élevait de la machine, s'accumulant au plafond ; la température montait vite dans la pièce et Bill avait déjà la sensation que les flammes lui léchaient le visage. Pris de panique, il se précipita dans les escaliers, pris d'une furieuse quinte de toux ; il se jeta presque contre la porte qui ne cilla même pas. Le jeune châtain regarda en arrière, la fumée noire se répandait de plus en plus. Il frappa de toutes ses forces contre la porte :

« PAPA ! PAPA !! NICOLA !! PAPA ! PAPAAA !!! »

OoOoO

La gifle résonna dans les couloirs. Toutes les têtes se tournèrent vers la source du bruit, l'enfant fixant le mur sans rien dire ; sa mère pleurait en criant :

« Mais qu'est-ce qui t'a pris ? As-tu seulement conscience de ce que tu as fait ? Ça aurait pu être très grave ! »

Tom ne bougea pas, trouvant un intérêt sans bornes au mur, ou plutôt il n'arrivait pas à en détourner les yeux : jamais aucune femme n'avait levé la main sur lui et encore moins sa mère. Sa joue était en feu, son esprit était vide, une boule se formait dans sa gorge ; il était déchiré entre l'envie de hurler sa colère et celle de fondre en larmes. Mais il n'eût pas à choisir, préférant laisser sortir ce trop plein :

« JE SAIS ! JE SAIS QUE C'ETAIT STUPIDE ! ET JE ME SUIS EXCUSE, NON ? »

« B-Bill ? » la pauvre femme n'en revenait pas, elle n'avait pas souvenir d'avoir vu un jour son fils aussi agressif.

« BEN NON ! DESOLE ! JE SUIS PAS BILL ! » s'époumona le jeune brun, arrachant le faux piercing de son arcade et le jetant au sol. « JE SUIS TOM ! TOM ! TON FILS ! TU SAIS CELUI QUE T'AS JAMAIS CHERCHER A CONNAÎTRE ! »

Les larmes coulaient à flot sur ses joues, sa voix était brisée mais il continuait à hurler tout ce qu'il pouvait. Les infirmières n'osaient même pas intervenir pour demander le silence. Simone n'en revenait pas, fixant cet enfant qui criait à s'en casser la voix, cet enfant qu'au fond elle connaissait bien qu'elle ne l'ait pas vu depuis 7 ans, cet enfant qui était son fils...

« Tom... ? » souffla-t-elle.

« JE VOUS DETESTE ! JE VOUDRAIS QUE VOUS SOYIEZ TOUS MORTS ! »

Sur ces cris, le jeune brun partit en courant sans se soucier des gens qu'il bousculait, il sortit de l'hôpital et fonça, traversant la rue sans regarder. Il n'entendit qu'un crissement de pneus et une voix masculine l'insulter, mais il s'en moquait, courant aussi vite qu'il le pouvait. Il ne connaissait pas cette ville, il ne savait même pas où il allait, il se contentait de courir. Les bruits tournoyaient autour de lui sans qu'il ne parvienne à savoir ce que c'était, il ne le cherchait même pas. Ses pieds butèrent contre quelque chose et il tomba lourdement, heurtant violemment le sol. C'était douloureux, son corps lui faisait mal, mais ce n'était rien comparé à ce qu'il ressentait : Tom n'avait même pas la force ou la volonté de se lever, il pleurait ainsi, allongé par terre. Il avait si mal... ! Pas à cause de cette gifle, non, mais parce qu'il avait cette horrible impression de n'avoir qu'hurler la vérité, une vérité qui avait constamment hanté son esprit depuis qu'il avait appris qu'il avait une mère et réalisé qu'elle n'avait jamais cherché à savoir s'il allait bien.

Ses poings se serrèrent contre le bitume : pourquoi ? C'était tellement injuste ! Qu'avait-il fait pour mériter que sa mère ne s'intéresse pas à LUI ? Etait-ce de sa faute ? Il toussait, respirant difficilement entre ses sanglots ; son cœur battait à tout rompre, jusque dans ses tempes, lui donnant la désagréable sensation que sa tête allait exploser. Il voulait disparaître, que tout cela s'arrête, il ne voulait plus avoir si mal, il voulait rentrer chez lui.

« Bill ? »

Tom sentit des mains le saisir, il n'avait même plus envie de répondre à ce nom, il n'en pouvait plus, il voulait être lui-même, être appelé Tom. Une silhouette se dessina devant ses yeux embrumés, c'était grand, c'était brun, c'était fort...

« Georg... ? » articula le petit brun.

« Bill ! Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ? Pourquoi tu pleures ? » l'interrogea son ami.

Son cadet baissa simplement la tête en la secouant en guise de réponse. Il était fatigué. Fatigué de tout ça. Il n'avait plus la force de continuer. Il n'arrivait pas à remonter à la surface de ce lac de mensonges dans lequel il s'était embourbé. Georg hésita quelques instants, posa son sac de courses et le serra dans ses bras, il le berça doucement, cherchant à le calmer ; Tom n'en eût pas besoin de plus, s'agrippant au t-shirt de son aîné, s'y cramponnant comme à une bouée de secours dans une mer déchaînée. Il ne parvint qu'à articuler :

« Bill... Je veux voir Bill... »

« Que... ? » son vis-à-vis s'écarta de lui et le dévisagea avec une surprise non feinte. « TOM ? »

L'intéressé hocha mollement la tête. Oui, c'était lui. Il ne savait pas trop pourquoi, mais le simple fait d'entendre son nom l'apaisa, laissant place à une profonde lassitude. De son côté, Georg n'en revenait pas d'une telle ressemblance ; bien sûr, il avait remarqué que les deux garçons étaient quelque peu semblables mais à ce point... Des pas attirèrent son attention et, levant les yeux, il vt arriver la femme qu'il avait vu à la gare, la mère de Bill.

« Tom... » souffla-t-elle en arrivant, essoufflée.

Pour toute réponse, le jeune brun se crispa et baissa un peu plus la tête. Simone s'agenouilla à côté de lui, réalisant à peine ce qu'elle avait entendu précédemment ; sa voix était douce :

« Tom... ? Tom... Regarde-moi... »

L'enfant frissonna, il se retourna lentement et ne bougea plus ; il tressaillit lorsque la main de sa mère se posa délicatement sur sa joue, descendit doucement le long de son visage jusqu'à son menton et lui releva la tête. Leurs regards se croisèrent, l'enfant fut surpris de voir ce sourire et ces larmes perler sur les joues de cette femme qui lui faisait face ; elle le prit alors tendrement dans ses bras, murmurant doucement :

« Tom... Mon poussin... Mon petit chéri... »

Le petit brun sentit ses yeux s'agrandir et ses lèvres trembler, de nouvelles perles translucides déferlèrent le long de son visage alors qu'il s'agrippait à la femme :

« Maman... ! »

« Mon petit bonhomme... » murmura-t-elle. « Qu'est-ce que tu as grandi... Je suis tellement contente de te voir... »

« Moi aussi, maman... » chuchota le petit garçon.

« Mais si toi, tu es là... » sembla soudainement réaliser Simone. « Bill... ? »

« Il est chez papa... A Lette... » avoua Tom. « Il a pris ma place... Il voulait connaître papa et moi... Toi... »

« Tom... » elle le serra une nouvelle fois dans ses bras. « Je crois qu'on a beaucoup de choses à se dire. »

« Et... Gordon ? » demanda timidement le petit brun.

« Il va bien. Mais tu devras quand même t'excuser. »

Tom hocha la tête et suivit sa mère, sa main dans la sienne. Il lança un regard en arrière à son aîné et sourit de toutes ses dents en lui promettant qu'il lui expliquerait tout.

OoOoO

Nicola adressait un dernier signe de la main à son compagnon avant de croiser les bras en soupirant longuement : Tom était un enfant intenable, il la détestait et avait visiblement décidé qu'elle ne resterait pas dans cette maison. Elle se passa une main dans les cheveux et, lâchant un nouveau soupir, revint vers la maison. Il faudrait bien qu'elle trouve un terrain d'entente avec cet enfant... Passant la porte d'entrée, elle sentit tout à coup une odeur inhabituelle, une odeur de brûlé.

« Mais qu'est-ce que... ? »

Elle se précipita dans la maison, son regard parcourant chaque pièce avec précipitation, cherchant d'où venait le problème. Arrivant à proximité de la cuisine, elle entendit tout à coup des bruits sourds et s'arrêta.

« PAPAAA ! NICOLAA ! –Teuheuheu !- PAPAAA ! »

La porte qui menait au sous-sol ! La jeune femme ne prit même pas le temps de réfléchir, se jetant sur la poignée de la porte lorsqu'elle réalisa avec horreur qu'elle l'avait elle-même fermée plus tôt dans la journée. Elle chercha frénétiquement les clés dans ses poches avant de se souvenir qu'elle les avait posées sur le buffet ; elle s'y précipita et attrapa le trousseau. Revenant aussi vite que possible, elle chercha la clé :

« Tiens bon, Tom ! J'arrive ! » cria-t-elle alors qu'elle cherchait toujours.

La trouvant finalement, elle l'inséra brutalement dans la serrure et déverrouilla la porte. Une épaisse fumée noire sortit en même temps que l'enfant qui toussait, Nicola écarquilla les yeux :

« Oh, mon Dieu... »

Elle saisit le petit châtain dans ses bras et courut jusqu'au salon où elle attrapa le téléphone et composa le numéro des pompiers. Ceci fait, elle sortit de la maison et s'arrêta dans le jardin. Bill s'était accroché à elle, enlaçant son cou de ses petits bras d'enfant, toussant encore un peu, le cœur battant et la respiration haletante. Nicola le berça un peu, murmurant doucement :

« Là... Là... C'est fini. Tout va bien... Calme-toi. »

Elle poursuivit sur cette voix douce et apaisante, calmant peu à peu l'enfant encore tremblant dans ses bras. Ils n'eurent pas longtemps à attendre pour que les pompiers arrivent et s'occupe du feu : ils avaient eu de la chance, le sous-sol était bien séparé du reste de la maison par un béton armé épais. Le jeune dreadeux demeura dans les bras de cette femme qui lui avait finalement sauvé la vie... Il se sentait honteux de ce qu'il avait fait. Les yeux bleus de Nicola apparurent devant les siens :

« Tu vois, Tom ? Tout va bien... On va appeler ton père et lui dire qu'il n'y a rien de grave... »

Le jeune garçon la considéra quelques instants avant qu'elle ne l'emmène à l'intérieur. Là, elle voulut le poser et fut surprise de constater qu'il ne la lâchait pas.

« Tom... ? »

« Bill. » souffla un petite voix.

« Was ? » Nicola ne comprenait visiblement pas.

« Je m'appelle Bill... »

A SUIVRE !!!

Sahad : Yahaaa ! J'aurais réussi à le faire ce chapitre ! Désolé(e) pour l'attente, les gens. J'espère que ces petites mésaventures vous auront plu. A la prochaine.