Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)
Auteur : Sahad.
Note : Je profite de ce chapitre pour faire un petit coup de pub ! Si certains d'entre vous aiment les fictions originales, je vous conseille celles de Cerbère ! Elles sont vraiment sympas avec des personnages bien ancrés dans la réalité, ce qui ne les rend que plus attachants. Un savoureux mélange entre le yaoi et l'hétéro. Personnellement, j'ai une petite préférence pour ''Alone in the day'' mais c'est purement sentimental vu les souvenirs qui y sont attachés. Bref, je vous conseille de les lire, elles sont très belles.
Note 2 : réponse aux reviews !
Vanille : Voici la suite que tu attendais : la réaction du père ! Muahaha.
Aelin ueal : Oui, je sais, ça va plutôt vite, mais j'ai vu ce que ça donnait quand j'écrivais beaucoup de chapitres : en général ça donne une fic inachevée comme ''Tous sublimes'', des histoires qui ne m'inspirent plus... Alors je m'efforce à faire de mon mieux pour continuer et ne pas abandonner. Celle-ci me motive alors je ne veux pas courir de risque.
Vanity : Oh oui, implore ma pitié ! Lol, je plaisante. Voici la suite. Kissous.
Reila666 : Ouh là, tu me fais (pas) peur !! Lol. Et oui, je me décarcasse à remonter la cote de Nicola qui n'était pas sensée être niaise dans ma tête... Juste une pauvre belle-mère incomprise. Lol.
Phenix260 : Que d'enthousiasme ! Allez, régale-toi (j'espère).
Tif : Si, si, ça m'intéresse ! Je suis content(e) que tu aies aimé le remaniement de l'histoire de base. Personnellement, j'ai bien aimé le livre. J'espère que cette suite te conviendra.
Virginie : Tu parles de ''Rauschgift''. Je suis vraiment content(e) que mes fics te plaisent. Par contre, si tu n'aimes pas le côté ''que du cul'', je ne te conseille pas ''Wirksamkeit''. Lol. C'est un délire que j'affectionne mais bon, voilà, quoi...
Dstine : Et oui, les blagues les plus courtes sont souvent les meilleurs, et puis je ne peux pas stagner sur les bêtises des jumeaux... Kissous mon rocher d'amour.
Dja : Eh beh, tout ça ? Bon courage et bonne chance !
Ayana Sama, Ré-A, TBS-forever : Merci à vous. Ça me fait plaisir.
Althéa : Pourquoi envie de pleurer ? C'est pas encore déprimant ! Muahaha.
Suboshi : Envie de voir tes œuvres ! Kissous !
Arkane12 : Nan, pas à genoux ! Quand même pas. Voilà la suite !
Kyoto : Moi aussi, je l'entends avec son accent... ''Je m'appelle Bill''.
Baw' : Et oui, j'ai un peu laissé les sentiments de côté mais je m'y remets. Promis. Kissous.
Elby : N'est-ce pas ? T'en veux des comme ça ?
Junno-chan : Merci pour ta review. Eh oui, les twins en sadik mode, ça peut faire mal.
Seveya : Uwa ! Ça c'est de la review ! Content(e) que mon travail te plaise ! Pour ce qui est de ''Let me be'', j'essaye de la finir mais ce n'est pas facile. J'ai envie de la finir, ne t'en fais pas. Je ne la laisserai pas en plan si près de la fin.
Voilà.
Bonne lecture !!!
Chapitre 14 :
Bill regardait sa tasse de chocolat chaud avec intensité, n'osant pas lever les yeux. Il avait tout avoué à Nicola ; celle-ci s'était en effet avérée très sympathique vis-à-vis de lui et elle semblait très compréhensive. Le jeune châtain l'aimait bien et avait accepté de se confier : comment ils s'étaient connu, comment ils avaient découvert leur lien ainsi que le plan qu'ils avaient élaboré ensemble. La jeune femme l'avait écouté en silence, s'intéressant à son histoire, elle esquissait des sourires à certains moments du récit et hochait la tête de temps en temps ; lorsqu'il eût fini, l'enfant leva des yeux inquiets vers elle :
« Vous croyez que mon père va me détester ? »
« Ben... Non, quelle idée ! Pourquoi te détesterait-il ? » s'étonna la blonde.
Bill haussa les épaules en secouant doucement la tête. Il ne savait pas vraiment pourquoi il le pensait, mais c'était une peur qui l'habitait : après tout, il n'avait jamais reçu de lettres de son père et sa mère ne lui en avait jamais réellement parlé. Après ce qu'il venait de faire, peut-être l'homme ne voudrait-il jamais apprendre à le connaître ? Peut-être qu'il ne l'intéresserait même pas... ? Cette éventualité lui fit pincer les lèvres ; il sursauta en sentant une main se poser sur son épaule, Nicola lui faisait un gentil sourire :
« Ne t'inquiète pas. Ton papa n'a aucune raison de te détester. On va attendre encore un peu, le temps qu'il arrive, et tu vas tout lui raconter. D'accord ? »
« Ja... » souffla le dreadeux.
Bill soupira de soulagement, il était content que cette femme le comprenne, cela ne faisait que renforcer un peu plus l'espoir que son père se montre aussi compréhensif. Il s'excusa et se leva : il devait appeler Tom, lui dire qu'il ne jouait plus, qu'il avait jeté le masque... Il saisit le téléphone et composa le numéro qu'il connaissait par cœur.
OoOoO
« Gordon... ? »
« Hm ? » l'intéressé leva les yeux de ses feuilles.
« Heu... Je peux... Te parler... ? » murmura le petit garçon.
« Bien sûr, Tom. »
Le jeune brun s'avança dans la pièce, triturant ses doigts jusqu'à ce qu'ils en deviennent blancs. Il se sentait terriblement coupable de l'état de son aîné : il n'avait jamais prévu que sa petite bombe déclencherait un accident, elle devait exploser avant et l'asperger de coca tout au plus. Il avait bien conscience d'avoir fait une terrible bêtise...
« Je voulais... M'excuser pour ce qui est arrivé, je ne pensais pas... Que ça se passerait comme ça... Je suis content que t'ailles bien... » murmura-t-il, trouvant un intérêt sans bornes à ses pieds.
Gordon esquissa un sourire. Il s'en était plutôt bien sorti et n'avait en tout et pour que quelques blessures sans gravité dissimulées sous des bandages, rien d'alarmant ; il fit signe à l'enfant d'approcher, ce que celui-ci fit sans attendre, s'approchant timidement, il vint s'installer sur le canapé à côté de son vis-à-vis.
« Tu sais, Tom. Je n'ai rien. Ne vas pas te prendre la tête pour ça. Mais ce n'est pas non plus une raison pour réessayer : je ne suis pas superman, non plus. »
Tom laissa échapper un rire : l'homme avait de l'humour et savait le mettre à l'aise, il se sentait tout à coup bien moins stressé que quelques secondes à peine auparavant. Il se calma et prit la parole à son tour :
« Je sais que c'était pas bien... Mais je voulais vraiment que tu partes... »
« Pourquoi ? » demanda son interlocuteur, bien qu'il se douta de la réponse.
« Parce que maman est à moi. » répliqua le petit brun, comme si cela était une évidence même. « A moi et à Bill... Je ne la connais pas beaucoup mais je suis vraiment content de l'avoir rencontrée. Alors... »
« Alors ? » répéta Gordon, voulant savoir la suite de la phrase.
« Alors comme tu es pas si méchant, je veux bien te la prêter. » poursuivit Tom en souriant.
L'homme éclata de rire, amusé par la spontanéité de son jeune interlocuteur. C'était un raisonnement d'enfant, bien sûr, mais c'était tout de même un premier pas vers une entente qui ne le laissait pas indifférent. Il ébouriffa gentiment les cheveux de l'enfant qui rit à son tour en essayant de se dégager et lança :
« Après tout ce que tu m'as fait subir, tu oses sous-entendre que je suis méchant, petite crapule ? »
« Eh ! » sourit Tom. « Mon père m'appelle comme ça, lui aussi. »
« Curieux, ça ne m'étonne pas. » répondit-il.
« Eh ! Ça veut dire quoi, ça ? » fit semblant de s'indigner le petit brun.
« Que tu es un vrai petit singe à problèmes. » rit Gordon.
« Je ne suis pas un singe ! »
Son aîné éclata une nouvelle fois de rire et lui ébouriffa les cheveux, ne soulignant pas le petit soupir exaspéré de Tom qui plaque les mains sur son crâne. Puis l'attention du plus jeune se focalisa sur les feuilles qui se trouvaient devant son vis-à-vis : elles étaient blanches, parcourue de lignes droites où se dessinaient des espèces de pattes de mouches.
« C'est quoi ? » voulut-il savoir, curieux.
« Ça ? Ce sont des partitions de musique. » répliqua Gordon.
« Tu joues de la musique ? » sembla s'intéressé le ''petit singe''.
« Oui, je joue dans un groupe. Tu vois, chaque petite boule noire ou blanche que tu vois sur les lignes, c'est des notes. » expliqua Gordon.
« Oh... Et c'est avec quoi que tu joues ? » l'interrogea l'enfant.
« La guitare que tu vois là-bas contre le mur. » lui dit-il en la lui montrant.
« Uwa... Je peux voir ? » demanda Tom.
« Bien sûr. Tu veux que je te montre ? » proposa son vis-à-vis.
Le jeune brun hocha vigoureusement la tête, ce qui fit rire Gordon qui alla chercher l'instrument et revint s'installer à côté de l'enfant ; il esquissa un sourire et l'accorda rapidement avant de jouer quelques accords devant les yeux émerveillés de son jeune spectateur. Tom était fasciné et ne quittait pas les mains de son aîné des yeux, hypnotisé par une telle dextérité...
« Tu veux essayer ? » sourit Gordon.
« Je peux ? » son regard s'illumina.
« Bien sûr. »
« Tom ? »
L'intéressé releva la tête vers la porte par laquelle venait de rentrer sa mère, elle s'approcha, visiblement heureuse de voir les garçons d'entendre aussi bien et tendit le combiné à son fils :
« Il y a quelqu'un qui veut te parler. »
« Hein ? Wer (qui) ? » s'étonna l'enfant.
« Ben, répond et tu verras, petit bêta. »
Tom esquissa un sourire au surnom et attrapa le combiné en tirant la langue à sa mère qui le lui rendit, elle aussi. Ils rirent et le petit brun porta le téléphone à son oreille :
« Hallo ? »
/Hallo brüder (salut frérôt). Hier ist Bill. / répondit une voix.
« Bill ! » s'exclama Tom. « Comment ça va ? »
/Bien. Je vois qu'on a tenu aussi longtemps l'un que l'autre. / rit son jumeau.
« Ja... » avoua le jeune brun.
/Je m'entends plutôt bien avec Nicola... Elle est gentille. / murmura le dreadeux. /On attend que papa rentre... /
« Bill ? Ça va ? » s'inquiéta Tom. « Ta voix est bizarre. »
/Ben... J'ai un peu peur... Et si... Papa ne voulait pas me voir ? S'il m'en voulait parce que je suis pas toi /
« Bill, arrête ! » s'exclama son jumeau. « Y a pas de raison ! Papa va t'adorer. »
/Hum... Peut-être... Ah, papa est rentré. Je te laisse. / souffla l'enfant.
« Bon courage, Bill. »
Tom raccrocha à regret et rendit le téléphone à sa mère qui, voyant son air miné, s'inquiéta ; elle posa le combiné su la table et s'approcha de son fils qu'elle vint prendre dans ses bras :
« Eh ben, mon chéri ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Je veux voir Bill... » gémit ledit chéri, enfouissant son visage contre le ventre de sa mère.
Simone esquissa un sourire et caressa tendrement les cheveux de son fils, le berçant doucement contre elle ; elle déposa un baiser sur sa tête et murmura d'une voix douce et attendrie :
« On va aller les voir, d'accord ? »
« Oh oui ! » s'exclama l'enfant, un sourire étirant à nouveau ses lèvres. « Merci, maman ! »
OoOoO
De son côté, Bill n'en menait pas bien large, appréhendant sa rencontre avec son père ; il triturait nerveusement le bas de son t-shirt, se mordillant la lèvre inférieure. Nicola esquissa un sourire et posa sa main sur son épaule dans le but de le rassurer ; Jörg entra dans la pièce, visiblement mort d'inquiétude :
« Est-ce que tout va bien ? »
Les deux intéressés hochèrent la tête, c'était eux qui l'avaient appelé pour lui dire ce qui était arrivé à la machine à laver et il était revenu de son travail aussi vite que possible. Instantanément, le jeune dreadeux baissa la tête, évitant le regard de son père.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda alors ce dernier.
« Eh bien... Il y a eu un court-circuit et la machine à laver a pris feu. Mais tout va bien, il n'y a pas de blessé. »
« Ouf... Dieu soit loué. » souffla l'homme, rassuré.
Bill baissa encore la tête en se mordant un peu plus la lèvre inférieure. Il était partagé entre l'envie de dire la vérité et celle de se taire pour ne pas risquer la colère de son père... Mais il savait à quel point un mensonge pouvait faire mal, Tom et lui étaient bien placés pour le savoir.
« Papa... »
« Je suis content de voir que vous allez bien, tous les deux. Je me faisais un sang d'encre en venant. » avoua Jörg. « Qu'est-ce qu'il y a, Tom ? »
« Papa... C'est de ma faute... » souffla le petit châtain.
« De ? » son père avait visiblement du mal à le suivre.
« C'est moi qui ai... Causé l'incendie... » les doigts de Bill prenaient une teinte étrangement blanche alors qu'il menaçait de déchirer le bas de son t-shirt.
« Mais qu'est-ce que tu racontes ? » s'étonna son interlocuteur.
« Je... J'ai jeté de l'eau sur les fils pour que ça arrive. »
« QUOI ? »
Bill pinça les lèvres, s'attendant au pire à voir l'intonation de l'homme ; Jörg le dévisageait avec incrédulité, ses lèvres tremblaient et s'entrouvraient comme s'il cherchait quelque chose à dire. Le jeune dreadeux aurait donné n'importe quoi pour disparaître dans un trou de souris s'il en avait eu l'opportunité ; il sursauta en sentant deux bras entourer ses épaules et leva la tête pour voir Nicola qui regardait son père.
« Jörg, écoute au moins ce que ton fils a à te dire avant de t'énerver. » conseilla-t-elle.
« Nicola... » souffla Bill.
« Vas-y. » l'encouragea-t-elle. « Je vais vous faire de la limonade. »
Et sur ce, la jeune femme disparut dans la cuisine, laissant seuls les deux garçons. Jörg était encore surpris par l'intervention de sa compagne et reporta un regard interrogateur vers son rejeton :
« Bon, tu m'expliques ? »
Le jeune châtain se sentit déglutir, comme si tout son esprit hurlait à son corps de partir en courant jusqu'à sa chambre et de s'y enfermer. Mais Tom avait réussi... Pourquoi pas lui, n'est-ce pas ? Il s'avança un peu et, triturant toujours son t-shirt, il murmura :
« Je... Je ne suis pas Tom. »
« Hein ? » son père haussa un sourcil. « Qu'est-ce que tu racontes ? »
« C'est moi, papa... Bill. »
La déclaration instaura tout à coup un silence pesant pour l'enfant, son vis-à-vis le regardait avec de grands yeux incrédules ; il détaillait le garçon sans parvenir à articuler le moindre son, ce ne fut qu'au bout de longues minutes, qui parurent une éternité au petit dreadeux, avant de souffler :
« Bill... Mais... C'est impossible... Bill est... »
« A Leipzig avec sa mère. » compléta l'enfant. « Je sais... Mais... Tom a un grain de beauté sur la joue. »
L'homme n'en revenait pas. Il se laissa tomber en arrière dans un fauteuil, se tenant la tête : il ne s'était rendu compte de rien, d'absolument rien... Bill se mordilla une nouvelle fois la lèvre inférieure, observant son père de ses yeux noisette, craignant la suite. Aussi, il préféra reprendre la parole :
« Tom et moi, on s'est rencontrés au camp de vacances. On a découvert qu'on était frères jumeaux et comme on n'avait qu'un parent chacun, on a décidé d'échanger... »
« Mais... Oh là, là, échanger... » grommela Jörg en se massant les tempes. « Mais vous comptiez jouer à ce petit jeu combien de temps ? »
« Je ne sais pas. » avoua Bill.
« Et... Les écoles ? Les amis ? Enfin tout quoi... Vous vous rendez compte de ce que ça implique ? » le questionna son père.
Pour toute réponse, le jeune châtain baissa la tête, trouvant un soudain intérêt au sol qui se trouvait sous ses pieds... Couleur bois, légèrement miel...
« C'est pas possible... » répéta l'homme en se passant les mains sur le visage. « Alors ça veut dire que Tom est à Leipzig ? »
« Ja. » approuva Bill.
« Oh, c'est pas vrai... » soupira Jörg. « Bon, calme. Il faut... »
La sonnerie du téléphone coupa net l'homme dans ses réflexions, il attrapa le combiné et décrocha. Bill était resté debout à fixer ses pieds, ses yeux le brûlaient, il avait envie de partir, de retrouver sa mère, Tom et tout le reste de son monde à lui. Il en voulait à son père de ne pas comprendre, de ne rien se reprocher, de ne pas le prendre dans ses bras, de ne pas le voir comme autre chose qu'un gamin dans sa maison, de ne pas le voir comme son fils. Ses épaules tressautèrent alors que les premières larmes déferlaient sur ses joues...
« Hallo ? Ah... Simone ? » Jörg alla dans la pièce d'à côté. « Attend deux secondes. »
Ceci fait, il ferma la porte et commença à faire les cents pas dans le bureau. Ses pensées n'étaient pas très claires et il avait du mal à tout mettre en place, aussi il lança la première chose qui lui vint à l'esprit :
« Tom est avec toi ? »
/Oui, Tom est là. / répondit son ex-femme. /Et Bill ? Es-ce qu'il va bien /
« Ah, comme un charme. Il a faillit mettre le feu à la maison. » grommela l'homme.
/Mais il n'a rien, au moins / s'inquiéta-t-elle.
« Non, Simone, il n'a rien. » répliqua son vis-à-vis d'un ton excédé. « Il n'y a que la machine à laver qui agonise. »
/Ouf... Tu as l'air énervé... / fit soudainement remarquer son interlocutrice.
« J'ai l'air ? » enchaîna son ancien compagnon sur un ton qui ne laissait aucun doute quant à son ironie. « J'envoie mon gosse dans un camp de vacances, il y reste un mois entier, revient et manque de mettre le feu à la baraque et j'apprend par-dessus le marché que ce n'est pas Tom mais sa réplique ! J'ai de quoi avoir les nerfs en pelote, non ? »
/Eh ! Je te rappelle que Bill est autant ton fils que Tom / s'énerva à son tour la mère.
« Oui, je sais, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. » soupira Jörg.
/Moi aussi, j'ai été surprise, mais je n'en fait pas tout un fromage ! Un peu de sang froid, quoi ! Pense à ce que Bill peut ressentir en entendant son père qu'il n'a jamais connu lui dire ça / s'exclama la femme. /Bon, je t'appelais pour te dire que je prends le train demain avec Tom pour venir te voir. /
« Demain... Ok. » approuva son ex-mari.
/Ah, attend, Tom veut te parler. /
Jörg soupira, il n'avait pas vraiment le choix mais il était vrai que son esprit était confus... Il attendit donc que la voix de son rejeton s'élève dans le combiné :
/Papa /
« Tom. » le salua-t-il. « J'espère que tu es content de toi. »
/Comment va Bill / demanda instantanément l'enfant.
« Il va bien. » répondit son père. « Mais toi, attend-toi à te faire tirer les oreilles quand on se retrouvera. »
/Toi aussi. / répliqua Tom. /Bon, je dois te laisser. Et fais pas pleurer Bill, ou alors je vais vraiment te détester. Tchüss. /
« Eh ! »
Mais seule la tonalité lui répondit. C'était la meilleure... Il soupira et retourna dans le salon où il croisa le regard de Nicola : la jeune femme était agenouillée devant le petit dreadeux, lui essuyant visiblement des larmes du pouce. Ses yeux laissaient passer un message clair, elle prit l'enfant contre elle et le berça doucement ; Jörg les considéra un moment avant de soupirer et d'aller reposer le téléphone. Lorsqu'il se retourna, il sursauta en croisant le regard de sa compagne, à quelques centimètres à peine du sien :
« AH ! ... Nicola... »
« Mais qu'est-ce que tu as ? » l'interrogea l'intéressée.
« Où est le gosse ? » demanda-t-il.
« Bill est dans sa chambre. » répondit la jeune femme en appuyant bien sur le prénom.
« Ah non, hein, tu ne vas pas t'y mettre aussi. » soupira son compagnon.
« Jörg. » gronda-t-elle. « Tu savais parfaitement que Tom avait un jumeau. Tu fais des gosses, tu assumes ! »
« Je sais ! » s'exclama l'homme.
« Alors si tu sais, fais quelque chose ! » s'emporta Nicola. « Est-ce que tu imagines seulement la tristesse que j'ai vu sur le visage de cet enfant ? Tu es son père, merde ! »
Et sur ce, la blonde sortit de la pièce et se rendit dans la cuisine où elle prit son sac, bien décidée à partir de cette maison. Son vis-à-vis la suivit, il secoua la tête :
« Nicola... Qu'est-ce que tu fais ? »
« Ça se voit, non ? » répondit sèchement la jeune femme.
« Pourquoi tu t'en vas ? » l'interrogea Jörg, visiblement fatigué.
« Parce que je ne suis d'aucune utilité ici. » répliqua sa compagne. « Ce problème, c'est entre Bill et toi. C'est ton fils. Va le voir. Je reviendrai quand vous vous serez entendus tous les deux. »
« Mais... » l'homme paniquait à l'idée de se retrouver seul avec une situation qu'il avait du mal à gérer. « Mais tu t'entends bien avec lui, tu pourrais... »
« Je ne suis pas une bouée de sauvetage. »
Cela avait été dit d'un ton dur, mais non sans raison. Jörg regarda la jeune femme s'en aller, il soupira et tourna la tête en direction des escaliers ; il ne savait pas comment aborder cet enfant qui, il fallait le dire, lui était totalement inconnu. Il gravit les marches une à une, hésitant, et alla frapper à la porte de son fils :
« Bill ? C'est moi... Je peux entrer ? »
Plusieurs secondes s'écoulèrent dans un profond silence jusqu'à ce qu'un son se fasse entendre, une sorte de gémissement. Jörg pinça les lèvres, appréhendant cet instant quelque peu délicat ; il poussa la porte et entra. Ce petit garçon, qui ressemblait tant à ce fils qu'il connaissait, se tenait sur son lit, recroquevillé, les genoux contre son torse, ses bras les entourant, le visage niché contre eux ; ses épaules tremblaient légèrement et lorsque le pied de son père fit grincer le plancher, ses doigts blanchirent en se resserrant. L'homme hésita et s'approcha doucement, s'asseyant à côté de l'enfant ; il demeura interdit quelques secondes avant de poser son bras sur les épaules de son fils :
« Bill... Ecoute, heu... Enfin, ce n'est pas facile pour moi. C'est très soudain... Mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas content de te voir, hein... C'est juste que... C'est tellement soudain que... J'ai été un peu surpris... »
Le jeune dreadeux releva la tête, les yeux rouges et les joues ravagées par les larmes ; il avait retiré le faux piercing de sa lèvre inférieure. Son père soupira en esquissant un sourire gêné et prit le petit dans ses bras, ce qui eût pour effet de ravir ce dernier qui se blottit contre son aîné, satisfait de cette proximité. Il était vrai que c'était tout nouveau pour eux et qu'il fallait un temps d'adaptation...
« Heu... Bon... » l'homme s'écarta un peu. « Tom, je... »
« Bill. » corrigea le châtain.
« Heu, oui, Bill... » reprit son vis-à-vis. « Heu... Ta mère et ton frère vont venir demain... On fait des crêpes ? »
Il n'y avait aucun rapport entre ses propos mais l'enfant ne s'en formalisa pas et hocha la tête, heureux de pouvoir parler avec son père, même si celui-ci avait tendance à se mélanger les pinceaux...
« Tom, tu peux me passer la farine, s'il te plaît ? »
« Bill. Et oui, la voilà ! »
« Merci. Ah, To... »
« PAPA ! »
« Désolé, Bill... L'habitude... »
« Mouais... »
« Je ferais des efforts ! »
« Y a intérêt ! »
« Le lait ? »
« Ça vient ! »
OoOoO
Tom avait fini de ramasser ses affaires. Il n'avait pas grand-chose à prendre puisque Bill avait emmené sa valise chez lui, il n'avait presque que les affaires de son frère avec lui. Il jeta un dernier regard circulaire à la chambre... Il n'y aurait pas dormi bien longtemps, mais il s'y était attaché. Il soupira et s'assit sur le lit. C'était fini, le jeu avait pris fin, il allait bientôt rentrer... Bien sûr, il avait envie de voir son père, mais... C'était difficile, même pour lui c'était confus. Il s'allongea et croisa les bras derrière sa tête, regardant le plafond. Il s'était passé beaucoup de choses pendant ces vacances : il avait rencontré son frère, son père avait une femme dans sa vie, il avait échangé de place avec son frère, rencontré sa mère, tenté de chasser Gordon et ce dernier lui avait finalement donné envie d'essayer de jouer de la guitare. Il avait déjà appris quelques accords.
Son regard se posa sur le mur, détaillant les photos. Ça aussi, ça allait lui manquer : il n'avait rien de son frère, aucune photo où ils étaient ensemble... Il esquissa un mince sourire et se redressa, attrapant une photo au mur, il la détacha et la fourra dans un de ses manga : Bill ne lui en voudrait pas de garder un petit souvenir. Un petit bruit contre la porte attira son attention, c'était Gordon qui frappait ; ce dernier lança :
« Je peux entrer, la terreur ? »
« Bien sûr. » sourit Tom, amusé par son nouveau surnom.
L'homme s'exécuta, entrant dans la pièce et allant jusqu'à l'enfant, il se laissa presque tomber sur le lit et ébouriffa les cheveux du petit brun, ce qui fit réagir l'intéressé :
« EH ! »
« Fais pas cette tête-là, va. » murmura Gordon.
« Hein ? » Tom releva les yeux vers lui.
« Tu tires une de ces têtes depuis tout l'heure. »
L'enfant hocha doucement la tête avant de la baisser ; oui, il avait un peu de mal à vivre tout cela. C'était beaucoup en une fois et il savait pertinemment que s'il allait revoir son jumeau, ce ne serait l'affaire que de quelques heures... Rien de plus. Il soupira et souffla :
« C'est difficile... J'ai envie de revoir Bill et papa mais... Je sais pas... J'aimerais vraiment tout avoir à la fois... Ne pas revivre loin de mon frère maintenant que je sais qu'il existe. Voir maman tous les jours... Tout ça... »
Gordon esquissa un sourire attendri et compatissant, il tapota la tête de l'enfant dans un petit geste d'encouragement, ce qui fit légèrement rire Tom :
« Arrêteuh ! »
« Tu veux qu'on joue un peu de guitare pour te changer les idées ? » proposa son vis-à-vis.
« Oui ! Apprend-moi ! »
Le petit brun suivit son aîné dans la maison, mais s'il souriait, son esprit était à tout autre chose : demain. Demain, il prendrait le train ; demain, il reverrait son père ; demain, il reverrait Bill... Il appréhendait beaucoup cette journée, non pas parce qu'il allait revoir son jumeau, mais parce qu'ils seraient à nouveau séparés, il le savait. Il observa Gordon lui montrer les accords sur les cordes de la guitare, mais ce ne fut qu'un petit murmure que lui seul entendit qui franchit la barrière de ses lèvres :
« Bill... »
OoOoO
Le petit dreadeux regardait par la fenêtre de sa chambre, scrutant les alentours. Il était 02h00 du matin et pourtant, grâce à la clarté de la lune, on y voyait comme en plein jour. Il n'avait pas sommeil, il pensait à ce qu'il se passerait dans quelques heures... Il reverrait ce garçon qui avait bouleverser sa vie : Tom était son premier ami, son frère jumeau, il lui avait permis de rencontrer son père... Et Tom avait pris une place considérable dans sa tête et dans son cœur, il le savait.
OoOoO
« P'pa ! Dépêche-toi ! On va être en retard ! » s'exclama Bill en trépignant à la porte.
« J'arrive ! Deux minutes. » lâcha l'intéressé en terminant d'attacher ses chaussures. « Voilà, je suis là. »
« Allez ! Vite ! »
Le jeune châtain ne tenait plus en place, il était tout excité à l'idée de revoir son frère et sa mère : il n'avait pas eu de cesse de presser son père, de le hâter. Ils arrivèrent très rapidement à la gare, Bill grognant à chaque feu rouge et grimaçant à chaque piéton ; une fois sur place, le petit garçon se rendit en courant sur le quai et regarda autour de lui.
« Tu vois qu'on n'avait pas à se dépêcher. » sourit son père en reprenant son souffle. « Ils ne sont pas encore arrivés. »
« Mais il est l'heure... » soupira le petit dreadeux en s'accroupissant par terre. « Quand est-ce qu'ils arrivent ? »
« Ils ne vont pas tarder, ne t'inquiète pas. »
Le pauvre Jörg avait bien du mal à tenir son fils, car celui-ci venait de se relever et faisait à présent les cent pas autour de lui, lui donnant le tournis ; il soupira et secoua la tête en regardant le chemin de fer, attendant de voir un train arriver. Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi, le laissant désespérer, mais un cri de Bill attira à nouveau son attention sur la voie :
« Le voilà ! Le voilà ! »
Le train arrivait effectivement en gare, il ne fallut que quelques minutes pour qu'il s'immobilise et qu'une tornade brune en sorte, vitesse grand V, en courant vers son frère jumeau :
« BILL !!! »
« TOM !!! »
Ce dernier se jeta littéralement dans les bras de son double, le faisant tomber à terre, mêlant leurs éclats de rire. Jörg regarda les deux bambins avec un sourire à la fois attendri et amusé ; ce fut une voix féminine qui les rappela à l'ordre :
« Bill ! Tom ! Ne vous roulez pas par terre, enfin... ! »
« Oui, maman ! » répondirent les deux enfants en chœur.
« Bonjour Simone... » sourit l'homme.
« Bonjour Jörg. » murmura-t-elle.
« Tu n'as pas changé. » remarqua-t-il.
« Toi non plus. » rétorqua son interlocutrice.
« Hum... Donc voilà à quoi ressemble Bill habituellement. » souffla Jörg en regardant Tom qui continuait de se chamailler avec son frère.
« Et voilà de quoi à l'air Tom en temps normal. » renchérit Simone.
Les deux enfants se tenaient toujours l'un l'autre mais ils avaient relevé la tête vers leurs parents, les dévisageant de leurs yeux noisette.
A SUIVRE…
Sahad : Voilà, un chapitre de plus... La suite à venir. A plus !
