Titre : Hallo, ihr habt'n Problem (Coucou, vous avez un problème)
Auteur : Sahad.
Note : Réponses aux reviews ! Il y en avait beaucoup alors j'en ai regroupé quelques unes, en espérant ne pas vous vexer.
Rocher : Voilà, la suite. T'attendais-tu à cette fin ? Qui sait ? Rendez-vous à la fin du chapitre pour le savoir. Et puis pour que tu constates que t'es bonnes idées m'ont bien servies. Merci encore.
MAX: Merci pour tes reviews et ton soutient. J'espère que ce chapitre te plaira.
Vanille Miyage : Oui, une review reste une review et je te remercie de prendre le temps de m'en laisser une.
Seveya : Energiques... Dans ce cas, je me demande ce que tu penseras de Tom à la fin de ce chapitre. J'espère que ce dernier chapitre sera à ton goût.
Arkane12 : Moi ? M'assagir, pas du tout. C'est juste que je vois mal la chose dans cette histoire. Dans une autre sûrement...
Phénix 260 : Je vois que j'étais pas le/la seul(e) à attendre Zimmer 483 avec impatience. Personnellement, j'ai adoré. Puisse ma fic te plaire, elle aussi.
Alia : Ne t'en fais pas, ce n'est pas grave : l'important, c'est que ça te plaise.
Suboshi : J'imagine que beaucoup auraient souhaité que cette histoire aille très loin, néanmoins, je n'étais pas sûr(e) de pouvoir tenir la route. Aussi, j'ai jugé bon de ne pas trop en faire... Car j'avoue que cette fic m'a demandé pas mal de ressources... J'espère que tu ne seras pas trop déçue de voir la fin arriver si vite. Je te remercie de ton soutient et de tes dessins qui m'ont fait énormément plaisir et qui m'ont motivé(e) à continuer sur cette lancée.
FurtiV : Lol, fan de Tom ? Bon, je pense que cette petite peste te plaira dans cet épisode.
Dja, AdErIn, Miss Titcha, Sheena, Baw', Draya Felton : Merci pour les reviews. Voici la suite que vous attendiez apparemment avec impatience.
Lilu Malfof-Potter : Ta review m'a fait très plaisir, merci. En ce qui concerne ta demande, il me semble t'avoir envoyé un message privé, mais dans le cas contraire, n'hésite pas à me contacter, je me ferais une joie de te répondre.
Lukia-Chan : Si, si, rassure-toi, je vais très bien. Il faut toujours lire mes messages sur le ton de la bonne humeur, mais je te remercie de t'inquiéter. Voici un chapitre pour te remercier.
Rosenoire47 : Je suis content(e) de voir que cette fic t'a plue alors que tu partais avec un avis pas très favorable. J'espère qu'il en ira de même pour la suite.
Schwarzblack : Désolé(e) pour l'attente mais mon installation en Espagne pour mon stage m'a demandé un peu de temps. J'espère que le chapitre sera assez bon pour me faire pardonner.
Tif : Quelle review ! Elle m'a fait vraiment très plaisir et j'espère que ce 15e chapitre sera à la hauteur de tes espérances.
Reila666, Louloutteforever, Pauline, Chise, Bill Love : Voilà la suite, vous plaira-t-elle ? Je me le demande...
Titefla : Nan, t'inquiète, je ne te demande pas une review sur chacune, si tu dis qu'elles t'ont plues, ça me suffit, j'en suis ravi(e).
Kyu Redwolf : Ravi(e) de t'avoir contaminée. Et je pense que c'est plutôt à moi de te remercier de lire ce que j'écris.
Voilà.
Bonne lecture !!!
Chapitre 15 :
Bill et Tom lorgnaient leurs parents par-dessus leur chocolat viennois. Ils s'étaient arrêtés dans un café à la demande des enfants : ils savaient tous deux que ce n'était qu'une question de temps alors autant en passer le plus possible ensemble. Mais ce qui les intéressait davantage, c'était de voir la relation qu'entretenaient leurs parents ; Simone restait passablement discrète, quant à Jörg, il était la maladresse même.
« Qu'est-ce que t'en penses ? » chuchota Tom.
« Ben... Je sais pas. » avoua son frère sur le même ton. « Ils ont l'air bizarre... »
Le jeune brun approuva d'un hochement de tête et observa une nouvelle fois les deux adultes. Bien sûr, l'ambiance n'était pas des plus naturelles, mais ils parlaient, c'était déjà quelque chose ; Tom plissa les yeux pendant quelques secondes avant de lancer :
« Papa, maman. »
« Oui ? » les deux adultes se tournèrent vers lui.
« Pourquoi vous vous êtes séparés ? » demanda subitement l'enfant.
« Heu... Eh bien... » commença Simone. « Papa et moi, on ne s'entendait plus très bien sur certains points, en fait... »
« Oui, ta mère et moi avons eu quelques différents. » acquiesça Jörg.
« Vous vous détestez ? » les interrogea à son tour Bill.
« Non, bien sûr que non. » sourit leur mère.
« Alors vous vous aimez bien ? » renchérit Tom.
« Heu... Eh bien, oui. » admit leur père.
« Vous voulez pas vous remettre ensemble ? » reprit le petit brun.
Un silence s'installa à la table, les deux jumeaux attendant visiblement une réponse de leurs aînés ; ceux-ci en étaient cois, considérablement surpris par la demande. Simone fut la première à réagir, affichant un sourire quelque peu crispé :
« Non, mon poussin. Papa et moi avons longuement discuté avant de décider qu'il était mieux pour nous de vivre chacun de son côté... »
« Et de nous séparer, nous aussi. » répliqua Bill d'un ton sarcastique.
« Bill... » souffla sa mère. « Ecoute, nous avons fait ce que nous avons pensé être le mieux et... »
« Le mieux pour vous ! » cracha l'enfant.
« Bill ! » s'exclamèrent les deux adultes.
Mais pour toute réponse, le jeune dreadeux se leva brusquement de table et partit à l'extérieur sans se soucier des regards posés sur lui. Tom hésita quelques secondes, regardant son frère s'éloigner, puis il reporta son attention sur leurs parents et fit une moue réprobatrice avant de se lever à son tour et de suivre son jumeau. La femme poussa un soupir et se prit la tête entre ses mains, posant les coudes sur la table : elle se doutait bien qu'il y aurait des moments difficiles à compter de ces retrouvailles, mais c'était éprouvant. Elle sentait sa gorge lui faire mal et sa respiration avait du mal à passer correctement par ses poumons ; Jörg passa sa main dans le dos de son ex-compagne, tentant de la réconforter :
« Simone... Calme-toi. »
« Jörg... » souffla-t-elle. « Quand... Quand Tom m'a dit qu'il n'était pas Bill... Il a crié qu'il nous détestait et qu'il aurait voulu que nous soyons tous morts... »
« Simone... » murmura son vis-à-vis.
« J'ai l'impression de l'entendre encore... »gémit-elle. « Qu'est-ce que nous avons fait ? »
« Comme tu l'as dit... » répondit-il. « Ce que nous pensions être le mieux. Nous ne nous entendions plus, ce n'aurait pas été bon pour les enfants si nous étions restés ensemble et tu le sais... »
« Mais... Regarde-les... Est-ce que nous n'avons pas eu tord de les séparer ? » demanda Simone. « J'avais dit à Bill que nous nous étions séparés parce que tu étais parti à l'étranger et que nous n'avions pas tenu la distance... Je suis tellement désolée. »
« Heu... J'avais dit à Tom que tu étais morte. » avoua son ancien compagnon.
« Pardon ? » elle écarquilla les yeux.
« J'ai pensé que c'était la meilleure façon pour qu'il ne pose pas plus de questions... » tenta de se défendre l'homme.
« Ben, je te remercie ! » grogna son interlocutrice sans chercher à cacher son ironie.
« Simone... » murmura Jörg.
« Bon, on s'en fiche, ce n'est pas le problème. » soupira-t-elle. « Comment va-t-on faire maintenant ? »
OoOoO
« Bill ! Bill, attend ! Arrête-toi ! »
Tom accéléra l'allure et rattrapa son frère, le saisissant par le bras ; celui-ci ne leva pas la tête, les épaules tressautant visiblement. Le jeune brun lui releva la tête pour voir son visage dévasté par les larmes, n'osant même pas croiser son regard.
« Hey, Bill... » murmura-t-il en glissant ses mains sur ses joues pour le pousser à le regarder. « Ça va aller... Ok ? Et puis je t'ai déjà dit de pas pleurer avec ma tête ! »
Cette remarque arracha un petit rire au jeune dreadeux qui essuya ses yeux du revers de la main et secoua doucement la tête, son visage se modifia une nouvelle fois en une moue annonçant une pas si future crise de larmes. Son jumeau lança :
« Hey ! Pas avec ma tête ! »
« J'en ai marre, Tom... » gémit son vis-à-vis.
Tom abandonna son faux air colérique pour laisser l'inquiétude transparaître sur son visage, il prit son frère par les épaules et murmura d'un ton qu'il aurait souhaité plus réconfortant :
« Bill... Qu'est-ce qu'il y a ? »
« C'est pas juste... » souffla l'intéressé. « Pourquoi on n'a pas une famille normale ? Comme tout le monde ? Pourquoi on peut pas être ensemble ? »
Le jeune brun ne sut que répondre, cela lui déchirait le cœur de voir son jumeau si triste, mais aussi parce qu'au fond, il savait qu'il se posait les mêmes questions et qu'il n'y trouvait aucune réponse satisfaisante. Il fut tiré de ses pensées par un nouveau hoquet de son vis-à-vis qui pleurait à chaudes larmes :
« Je veux pas... Je veux pas qu'on soit encore séparés... Je veux plus être fils unique... Je veux plus être tout seul... »
Tom sentit une boule lui obstruer la gorge, il s'avança et prit son frère dans ses bras, le serrant contre lui. Il pouvait sentir les épaules de Bill trembler, ses larmes chaudes perler sur son épaule ; il sentait ses yeux le brûler et luttait contre l'envie de pleurer à son tour. Ils restèrent un long moment ainsi, sans bouger, se repaissant simplement de la présence de leur double respectif, cherchant du réconfort. Le jeune châtain se blottit contre son jumeau et le serra contre lui, craignant qu'il ne disparaisse ; il murmura à nouveau d'une petite voix :
« Je ne veux pas... Pas encore... »
Son frère ne disait rien mais il n'en pensait pas moins, serrant à son tour Bill comme s'ils pouvaient ne former qu'un. Pourquoi... ? C'était une question sans réponse. Tom y avait longuement réfléchit, lui aussi, il s'était demandé bien des fois pourquoi ils ne pouvaient pas être ensemble... Comme une famille normale, comme ils auraient dû l'être, comme deux jumeaux.
« Tom... ? »
« Hm... ? »
« Tu te souviens du camp... ? C'était bien... C'était tellement plus simple... » chuchota le jeune dreadeux.
« Ja... » approuva-t-il.
« Tom ? »
« Was ? »
« Je peux te dire un secret ? »
Tom haussa un sourcil et hocha la tête, se détachant légèrement de son frère pour mieux pouvoir l'entendre. Mais à peine s'était-il un peu écarté qu'il vit le visage de Bill se rapprocher, les yeux fermés, et sentit ses lèvres se poser sur les siennes. Il écarquilla les yeux à ce contact, non pas qu'ils ne s'étaient jamais embrassés avant mais c'était dans un tout autre contexte et c'était surtout lorsqu'ils ne savaient pas qu'ils étaient frères. Pourtant, il n'eût pas l'idée de le repousser : au contraire, ses bras se resserrèrent instinctivement sur le corps de son jumeau mais déjà le baiser prenait fin. Le jeune brun dévisagea son vis-à-vis mais n'eût guère le temps de prononcer un mot :
« Bill ? Tom ? »
Les deux enfants se tournèrent vers leurs parents qui sortaient du café, les adultes se rapprochèrent et leur mère s'accroupit pour se mettre à leur hauteur, un sourire gêné aux lèvres :
« Ecoutez... On va déjà essayer de passer une super journée ensemble, tous les quatre, d'accord ? »
Tom et Bill hochèrent la tête d'un même mouvement et se séparèrent. Que pouvaient-ils dire de plus ? Leurs parents leur sourirent gentiment et les entraînèrent dans la ville, les deux garçons couraient devant, s'interpellant, se tirant par la main, riant ensemble... Simone les regardait avec tendresse, attendrie par ce spectacle : voir ses enfants s'entendre aussi bien et être aussi proches la rendait des plus heureuses ; mais si les enfants vivaient l'instant présent, insouciants, elle, elle pensait à ce qui suivrait. Après tout, Jörg et elle avait gardé un garçon chacun afin qu'il ait un juste équilibre, mais... Etait-ce ce qu'il y avait de mieux pour eux ? Elle ne savait plus et n'était pas sûre de pouvoir affronter le regard de ses enfants lorsque le problème les aurait rattrapés à la fin de la journée ; un coup d'œil à son ex-mari l'informa que son esprit devait connaître les mêmes tourments que le sien. Elle soupira et sursauta lorsque deux petites bouilles s'arrêtèrent juste sous ses yeux : ses enfants la dévisageaient avec un large sourire.
« M'maaaaan. » lança Bill.
« Maman. » renchérit Tom.
« Heu... Oui ? Qu'est-ce qu'il y a, mes poussins ? » murmura-t-elle.
« On peut passer chez le coiffeur ? » demandèrent-ils en cœur.
« Je veux redevenir moi. » approuva le jeune châtain.
« Et moi, moi. » acquiesça le petit brun.
« D'accord, les enfants... Tu nous guides, Jörg ? »
L'homme hocha la tête et les devança pour mener le petit groupe. Tom semblait visiblement plus rassuré que la dernière fois en constatant qu'il s'agissait bien d'un coiffeur et non d'une coiffeuse, faisant rire Bill aux éclats ; l'homme se pencha sur eux et demanda :
« Alors, les p'tits gars ? Ça sera quoi pour vous ? »
Le deux garçons s'entreregardèrent avec un sourire et se désignèrent mutuellement d'un même geste, accompagnant ceci d'un ''j'veux ça'' parfaitement synchronisé ; ils s'esclaffèrent en voyant le visage surpris de l'homme. Ce dernier lança un coup d'œil aux parents pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une plaisanterie puis fit avancer les deux petits dans le salon. A la grande surprise de Bill, il n'y avait que des hommes qui travaillaient dans cet endroit ce qui, bizarrement, le mettait moins à l'aise que l'autre fois.
Ils durent patienter une bonne heure avant de pouvoir se retrouver avec leur tête d'antan, s'adressant tout deux un large sourire : les repères revenaient et ils avaient vraiment la sensation de se retrouver. Le dreadeux esquissa un sourire un peu narquois et lança à son jumeau :
« C'est sûr que cette tête-là te va mieux. Tu peux pleurer avec, maintenant. »
« Gnagnagnagnagna. » répondit intelligemment son vis-à-vis. « Désolé, mais y a qu'avec la tienne que j'ai envie de pleurer. »
Ils se fusillèrent du regard pendant quelques secondes avant d'éclater de rire. Leurs parents les regardaient avec un mince sourire aux lèvres : effectivement, leur apparence respective collait à présent mieux avec leur comportement. Le petit groupe continua son périple dans la ville, s'amusant de tout et de rien, ils prirent la voiture pour aller dans une ville un peu plus grande et visiter un aquarium, aller à la piscine, regarder un film... La journée se passait bien et dans la bonne humeur, Bill et Tom s'amusant comme jamais auparavant. Pourtant, cela ne pouvait durer éternellement...
« Bill... » appela doucement sa mère.
« Ja ? » l'intéressé se retourna, un sourire joyeux étirant toujours ses lèvres.
Simone sentit son cœur se serrer à cette vue, repensant à la discussion qu'elle avait eu avec son ex-mari ; elle hésita quelques secondes encore avant de murmurer d'un voix si faible qu'elle avait elle-même du mal à reconnaître :
« Bill, il faut qu'on y aille... »
Comme elle le craignait, le sourire disparut aussitôt du visage de son fils qui baissa légèrement la tête, ses yeux passant d'un point à un autre très rapidement alors que la réalité l'avait rattrapé. Tom aussi semblait s'être calmé d'un seul coup, fixant son frère avec une tristesse que même Jörg n'aurait pu imaginer sur le visage de son fils. C'était comme si le temps, qui s'était arrêté pour une journée, venait de reprendre son cours normal. Le retour en voiture se fit dans un silence pesant, le petit brun s'évertuant à scruter le paysage par la fenêtre, comme absent ; ce fut la main de son jumeau se glissant dans la sienne qui le tira de ses pensées. Le dreadeux lui adressait un sourire un peu forcé mais un sourire tout de même ; Bill, lui, ne s'en sentait pas la force et, en réponse à ce sourire, il alla poser sa tête contre l'épaule de son frère, se blottissant contre lui. Pourquoi ? Pourquoi à cet instant précis les minutes lui semblaient-elles passer aussi vite que des secondes ? Le temps fuyait devant eux... Il avait l'impression de devoir se réveiller après un joli rêve...
Le quai était loin d'être désert, pourtant Tom avait la désagréable sensation d'être seul, horriblement seul. Bill et lui s'entreregardaient en silence, comme si la moindre de leurs paroles pouvait être le déclencheur du départ du train et donc de leur séparation. Ce fut Jörg qui poussa le jeune châtain en avant :
« Allez, Tom... Dis au revoir à ton frère... »
Cette simple phrase fit naître des larmes dans les yeux du petit brun qui baissa la tête, laissant son jumeau le prendre dans ses bras ; Bill le serra à son tour contre lui, ses doigts se crispant dans le dos du jeune dreadeux, pleurant contre son épaule. Ils se serraient mutuellement comme si leur vie en dépendait et, cette fois-ci, rien que cette fois-ci, Tom se permit de pleurer, resserrant son étreinte sur le corps de son frère. La voix de ce dernier glissait doucement, tremblante et brisée par ses pleurs, au creux de son oreille :
« Je ne veux pas partir... Je veux rester avec toi... »
« Moi aussi... » souffla son vis-à-vis. « Tu vas me manquer... »
« Bill, mon chéri. » murmura Simone. « Il faut y aller, le train va partir. »
Il pouvait bien partir, les deux enfants s'en moquaient, ils voulaient rester ensemble, ils ne voulaient pas déjà voir la fin d'une journée qui leur avait semblée trop courte. Leurs parents se regardèrent un moment, comme indécis, puis la mère prit doucement le petit brun par le bras, le tirant vers elle :
« Viens, Bill, il faut rentrer à la maison. »
De son côté, Jörg faisait de même avec Tom. Les jumeaux se détachèrent lentement, comme si chaque centimètre était un supplice ; leurs mains restèrent accrochées quelques minutes encore avant que l'heure ne soit vraiment arrivée. Simone est son fils montèrent dans le train, le jeune brun se callant contre la fenêtre pour voir son frère sur le quai, son jumeau, son double, sa moitié... Leurs regards se croisèrent douloureusement et, pour une raison qu'il ne trouvait pas, voir Tom pleurer ne l'accablait qu'un peu plus. Le coup de sifflet fendit l'air, retentissant à leurs oreilles comme le cri d'adieu déchirant de leurs cœurs ; Bill observait en silence le train de mettre en mouvement, ses yeux plongés dans ceux de ce garçon qu'il avait rencontré dans un camp de vacances et qui avait radicalement changé son existence. Il s'appuya contre la vitre, y posant son front alors que les larmes coulaient à présent à flot sur ses joues ; le jeune dreadeux, lui, passait d'un pied sur l'autre en regardant ce monstre mécanique commencer à avancer, lui arrachant cette moitié de lui-même sans la moindre once de pitié. Mû par une impulsion soudaine, Tom se mit à courir, longeant le quai pour rester à la hauteur de cette fenêtre contre laquelle il pouvait voir son jumeau ; son esprit hurlait au train de s'arrêter, d'attendre encore un peu, rien qu'un peu, mais la machine restait sourde à ses appels, lui arrachant cruellement ce frère qu'il connaissait depuis si peu de temps.
Arrivé au bord du quai, ne pouvant aller plus loin, Tom sentit ses forces l'abandonner et se laissa tomber à genoux, poussant un hurlement où se mêlaient rage et douleur. Il se recroquevilla sur lui-même, le front contre la pierre, les poings serrés à lui en faire mal et pleurant comme jamais il ne l'avait fait par le passé, chacun de ses sanglots se traduisant par un cri déchirant. Deux bras le soulevèrent du sol, Jörg le prenant doucement dans ses bras ; le jeune châtain se blottit contre lui, ses doigts se resserrant sur la chemise de son père jusqu'à s'en faire blanchir les articulations, il se laissa aller à une peine qu'il ne pouvait plus contenir, pleurant encore et encore. Jörg le berça doucement, lançant un dernier regard à ce train qui s'éloignait, puis il ramena son fils dans la voiture.
De son côté, Bill s'était endormi dans les bras de sa mère, terrassé par des larmes qui continuaient de couler le long de son visage pendant son sommeil. Simone, elle, caressait tendrement les cheveux de son fils, regardant de temps à autres le paysage qui défilait par la fenêtre dans l'obscurité grandissante...
OoOoO
Les jours avaient passé depuis cette fameuse journée, se ressemblant tous dans l'ensemble : Bill ne souriait que très peu et, dans ces rares moments, il ne s'agissait pas de ce sourire franc et joyeux, non, juste un sourire un peu forcé, pour faire plaisir à sa mère. Il n'était pas beaucoup sorti de sa chambre pendant le mois d'août, seulement en compagnie de Georg qui connaissait la vérité et s'efforçait de rendre le sourire à son ami. Le petit brun avait plusieurs fois sourit en sa présence, un sourire un peu triste, mais un sourire quand même ; principalement lorsqu'ils parlaient du camp de vacances et de leurs souvenirs de ce mois de juillet. Mais la plupart du temps, Bill restait plongé dans ses pensées, assis dans sa chambre, laissant tourner un disque de Green Day ; il se levait généralement pour manger, se laver et changer de CD, rien de plus : il n'avait envie de rien.
Il n'avait pas non plus eu le courage de téléphoner : son jumeau pensait-il encore à lui ? Souriait-il en son absence ? S'amusait-il sans lui ? Il ne voulait pas l'entendre, ni le savoir. Il avait bien commencé une lettre mais elle était restée à l'état d'ébauche sur son bureau. Par ailleurs, Tom n'avait pas écrit, ni même appeler... Gustav avait déménagé vers le 20 et vivait lui aussi à Leipzig à présent. Il ne lui avait pas donné beaucoup de nouvelles de Tom, celui-ci ne s'étant pas beaucoup manifesté, à part pour lui dire au revoir... Etait-ce donc ainsi que les choses devaient se finir ? Bill ne savait pas, il se sentait perdu et terriblement vide... Il y avait tellement de choses qu'il aurait aimé lui dire à ce moment-là, de gestes qu'il aurait dû faire ; à présent, il le regrettait. Il aurait voulu lui dire à quel point il était important pour lui, que ses sentiments n'avaient pas changés depuis le camp de vacances, qu'il voulait toujours être près de lui... Mais il n'avait réussi qu'à dire qu'il ne voulait pas partir. Rien de plus. Il se sentait nul.
Un appel de sa mère le tira de ses pensées. Il porta son attention sur le réveil et lut : 14h45, qu'y avait-il ? Il se leva péniblement de son lit et sortit de sa chambre. Même de simples escaliers lui donnaient envie de retourner se terrer dans son antre, mais pour sa mère, il fit l'effort de les descendre et de se rendre à la cuisine : Simone s'y activait, elle lui adressa un sourire resplendissant et lui montra le gâteau qui était sur la table.
« Gordon doit travailler aujourd'hui mais il te le souhaite aussi. Joyeux anniversaire, mon trésor. »
Ah oui... On était le premier septembre, c'était son anniversaire. Il avait même oublié ça... Il regarda un long moment le gâteau sur la table, sans esquisser le moindre geste pour s'en approcher. Est-ce que Tom fêtait son anniversaire en ce moment même ? Etait-il aussi seul que lui ou avait-il invité des amis ? Sa mère se pencha vers lui :
« Eh bien, Bill ? Tu ne souffles pas tes bougies ? »
« Si, si... » murmura-t-il.
Il s'avança lentement vers la table, n'étant pas sûr de réellement vouloir les souffler, de passer un autre anniversaire sans ce frère qui hantait son esprit. Il inspira profondément pour souffler lorsque la main de sa mère se posa sur sa bouche ; il lui adressa un regard interrogateur auquel elle répondit par un sourire :
« Il faut d'abord que tu fasses un vœu, mon poussin. »
Ah oui, le vœu. Mais que pouvait-il souhaiter d'autre ? Il aurait voulu que Tom soit là, qu'ils soient ensemble à nouveau, qu'ils rient ensemble à nouveau... Mais ce n'était pas possible, n'est-ce pas ? Néanmoins, il hocha la tête et souffla sur les flammes qui moururent dans un mince filet de fumée blanchâtre. Et voilà... C'était tout. Sa mère lui tendit une petite enveloppe... C'était ça, son cadeau ? Curieux, il la prit et l'ouvrit : elle contenait un petit carton blanc tout simple ; haussant un sourcil, il le sortit de son lit de papier et le retourna pour voir un trait maladroit, une écriture un peu tordue mais lisible...
« ''Ton cadeau t'attend dehors.'' » lut-il à voix haute.
Il leva les yeux vers sa mère, cherchant à comprendre, mais surtout, une nouvelle étincelle brillait au fond de son regard : cette écriture n'était pas celle de sa mère, ni même celle d'un adulte. Elle lui fit un doux sourire et murmura :
« Alors ? Qu'est-ce que tu attends ? Va voir. »
Il hésita quelques secondes encore avant de courir vers la porte d'entrée, manquant de tomber en dérapant dans le tournant, et alla jusqu'à la porte d'entrée ; il saisit la poignée et ouvrit la porte à la volée. Là, ses yeux s'ouvrirent en grand :
« JOYEUX ANNIVERSAIRE !!! » cria une voix qu'il connaissait bien.
Tom lui sauta au cou, lui faisant perdre l'équilibre, ils tombèrent tout les deux par terre, éclatant d'un rire franc et enfantin. Ils n'avaient pas vraiment besoin de mots, se serrant dans leurs bras aussi fort qu'ils le pouvaient, il pouvait sentir leurs cœurs battre à l'unisson à un rythme effréné et entendre la respiration de l'autre à leur oreille. Bill s'écarta un peu pour regarder son frère et esquissa un sourire :
« Tu pleures ? »
« Nan. » grogna Tom en secouant la tête et en reniflant. « Je pleure jamais. »
« Si, tu pleures ! » insista le petit brun, savourant sa revanche pour toutes les fois où son jumeau l'avait vu dans le même état.
« J'te dis qu'nan ! » répéta le jeune châtain.
« Tu m'as tellement manqué... » souffla Bill avant de prendre à nouveau son vis-à-vis dans ses bras. « Comme tu donnais pas de nouvelles... »
« Tu m'en as pas donné non plus. » répliqua le dreadeux.
« Tu aurais vu, Bill, ton frère est une vraie terreur quand il s'y met. » rit Jörg.
« Ah ? » s'étonnèrent le petit brun et sa mère alors que Tom détournait le regard en rougissant et maugréant.
« Il m'en a fait voir de toutes les couleurs pendant le mois... » affirma le père. « La super glue dans les chaussures, le sèche-cheveux de Nicola accroché à la queue du chien du voisin, j'en ai d'ailleurs essuyé une belle ce jour là. Il a ensuite trouvé la merveilleuse idée de remplacer mon après rasage par de l'alcool à 90 degré, d'éparpiller une bonne partie de mes vêtements dans le jardin... C'était d'ailleurs la première fois de ma vie que je le voyais passer la tondeuse à gazon. Après j'avais un rendez-vous très important pour la boîte et Tom m'a malencontreusement envoyé de la confiture sur la chemise en me passant la cuillère, j'ai voulu me changer et bizarrement la machine à laver tournait avec toutes mes chemises dedans. J'ai dû aller demander au voisin de m'en prêter une. »
« Tout ça ? » s'étonnèrent Simone et Bill.
« Et ce n'est pas tout. » soupira Jörg, prenant un air faussement malheureux de chien battu. « J'ai eu le droit à un sac de glaçons dans le lit, mais comme le sac était pas étanche, j'ai eu tout le loisir de dormir le derrière dans la flotte. Je vous raconte pas le bazar pour faire sécher le matelas ensuite. Ensuite, j'ai un ami qui est venu à la maison et Tom a été très gentil et serviable, je me demandais même ce qu'il lui prenait lorsque mon invité à recraché son whisky : mon cher rejeton y avait dissout presque la moitié de la salière... »
« T'en avais des idées ! » sourit admirativement le petit brun à son jumeau. « Je n'y avais pas pensé. »
« Et encore heureux. » grogna sa mère. « Je ne t'ai pas élevé comme ça ! »
« Ça veut dire que je suis mal élevé, sympa... » grogna Tom.
« Mais non, mon poussin, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. » rit sa mère en le prenant dans ses bras.
« Mais ça devait être super marrant ! » rit Bill.
« T'imagines même pas. » sourit son jumeau par-dessus l'épaule de sa mère.
« Que je ne vous y prenne pas à me faire des choses comme ça ou je vous promets que vous regretterez immédiatement d'en avoir eu l'idée. » menaça la mère.
Elle eût néanmoins du mal à réprimer un sourire face aux visages faussement apeurés de ses deux enfants qu'elle serra dans ses bras et invita à aller manger le gâteau, ce qui, visiblement, leur faisait très plaisir. Elle se retourna et adressa un sourire amusé à son ex-mari :
« Il t'en a fait voir des belles... »
« Et encore, je ne t'ai pas parlé des pneus crevés, du radio-réveil furieux à trois heures du matin, des marches d'escaliers enduites d'huile, du chewing-gum qui rend la langue bleue – j'ai adoré juste avant une conférence, vraiment – et j'ai aussi eu droit au coup de la fausse cigarette, Tom faisait semblant de fumer devant la maison pour que les voisins viennent me taper sur les doigts parce que j'éduquais mal mon fils et que j'étais un père indigne. Il y a aussi eu la réunion de travail à la maison où tous les invités se sont cassés la figure en sortant de table car tous leurs lacets avaient été attachés ensemble. »
« C'est pas vrai ? » souffla la femme en écarquillant les yeux.
« Si. » opina Jörg. « Et c'est dommage que tu n'aies pas vu le coup de la voiture téléguidée traînant un steak derrière elle pour attirer le chien des voisins, un Danois, lorsqu'il y a eu un cocktail chez mon patron. C'était assez spécial au milieu des convives et surtout à côté du buffet, j'ai bien cru perdre mon travail ce jour-là... »
« Mais ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ? » s'inquiéta Simone.
« Non, par contre je me suis énervé contre Tom, ce qui, je pense, est tout à fait normal ; et il s'en est résulté une grève de la faim. » termina l'homme. « J'ai cru qu'il allait m'achever. C'est à ce moment-là que je t'ai appelée. »
« Je vois... » sourit son ancienne femme. « Quel phénomène, ce petit Tom. Il ne manque pas de ressources. »
« Et toi, bien sûr, tu l'admires. » soupira son vis-à-vis. « C'est bien les femmes, ça. »
« Je suis une mère. » sourit son interlocutrice. « Et puis tu es toujours vivant, non ? »
Sur ces quelques mots, elle retourna dans la cuisine pour aller chercher le gâteau devant lequel les jumeaux faisaient des yeux de prédateurs en pleine contemplation de leur proie, et l'amena dans la salle à manger pour le découper. Bill observait la scène avec un grand sourire mais celui-ci disparut alors peu à peu, attirant la curiosité de son frère :
« Bill ? » demanda-t-il. « Quoi y a ? »
« Non, je... » commença le petit brun. « Je me dis juste que c'est bien que tu sois là pour notre anniversaire. »
Le jeune dreadeux cligna des yeux plusieurs fois et, comprenant l'inquiétude de son jumeau, il afficha un large sourire et lui ébouriffa les cheveux en riant :
« Idiot ! C'est ça ton cadeau ! »
« Hein ? » Bill se frottait la tête, ne comprenant visiblement pas.
« Je pars plus ! » annonça le châtain. « Je vais rester là, ici, avec toi et maman ! »
« Hein... ? » son frère n'en croyait pas ses oreilles.
« Maman et lui ont discuté et ils ont dit que si p'pa pouvait venir nous voir quand il voulait, alors c'était d'accord ! »
Le petit brun en était bouche bée, mais bien vite un grand sourire étira ses lèvres et il sauta dans les bras de son vis-à-vis, fou de joie, tous deux sautant et riant à qui mieux mieux. Ils avaient la sensation de n'avoir jamais été aussi heureux, comme cela est souvent le cas dans des moments de bonheur intense. Simone et Jörg regardèrent un moment leurs enfants avec tendresse, heureux de les voir aussi vivants et débordants de joie. Leur mère les appela alors dans la salle à manger, allumant les onze bougies sur le gâteau ; leur père, quant à lui, prit son appareil photo et demanda aux jumeaux de se mettre côte à côte pour souffler leurs bougies ; chose pour laquelle les deux petits monstres ne se firent pas priés, grimpant sur la même chaise.
« Prêt ? » lança Tom.
« Quand tu veux. » sourit Bill.
Et le flash de l'appareil photo immortalisa ce moment si spécial pour les deux enfants : leur premier vrai anniversaire ensemble et probablement celui qui resterait à jamais graver dans leur mémoire comme le meilleur de tous...
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« Bill ! Tu viens ? » Tom arriva dans la chambre. « Qu'est-ce que tu fais ? Nicola et p'pa sont arrivés, on t'attend tous pour manger : ça fait trois plombes que je t'appelle. »
« Ah, désolé... » murmura son vis-à-vis en se redressant un peu sur son lit. « J'étais perdu dans nos souvenirs... »
Le jeune guitariste haussa un sourcil et s'approcha, esquissant un sourire à la vue de la photo qui démarrait leur album photo à deux. Effectivement, il s'en souvenait, lui aussi, et il hocha la tête. Bill esquissa un sourire, tendit les bras pour lui emprisonner le cou et lui vola un chaste baiser avant de se détacher de lui.
« Joyeux anniversaire, frérôt. »
« ... Idiot... » grogna Tom en se détournant, ses joues prenant une jolie teinte rosée.
Le jeune chanteur sourit de plus belle et rangea l'album photo avant de se lever. Cela l'amusait de voir que son jumeau ne changeait pas, toujours aussi timide... Pour sûr, il lui avait fallut beaucoup de patience et il avait connu beaucoup de hauts et de bas car ça n'avait été qu'à leur anniversaire de quinze ans que Tom avait pris son courage à deux mains, lui avait offert un collier et l'avait embrassé avant de lui demander si cela le gênerait de sortir avec lui. Ça avait été une déclaration un peu maladroite et confuse, mais à aucun moment Bill n'avait songé se moquer de lui : il l'avait trouvé tellement mignon, tête baissée, le regard fuyant et les joues rougissant au fur et à mesure de ses paroles bancales. Il avait donné sa réponse immédiatement, lui rendant son baiser ; et cela faisait aujourd'hui deux ans qu'ils vivaient leur histoire à eux, dans le plus grand secret, sans que personne ne se doute de quoique ce soit : il était si facile de faire passer le moindre geste de tendresse pour une simple bonne entente entre frères jumeaux. Même Gustav et Georg ne le savaient pas. C'était leur secret, à eux et à eux seul...
Le jeune brun esquissa un tendre sourire, sentant le collier de ses quinze ans tapoter contre ses clavicules à chacun de ses pas ; ce fut une ombre qui le fit sursauter, emprisonnant ses lèvres dans un doux baiser. Tom s'écarta alors, enfonçant sa casquette sur son crâne pour dissimuler sa gêne, tout en articulant un :
« Bon anniv'. »
Le visage de Bill se fendit en un large sourire et il emboîta le pas à son frère.
ENDE
Sahad : Voilà ! Je vous aurais bien fait attendre pour ce chapitre mais je me suis régalé(e) à l'écrire, j'espère que vous éprouverez le même plaisir en le lisant. Donc voilà, c'est ainsi que se finit cette histoire. Elle vous a plu ?
