2 semaines plus tôt.

Moi c'est Julie, j'ai 17ans, je suis une fille d'apparence très banale, les cheveux châtains clair, frisés et la plupart du temps attachés. Un visage rond, quelques formes pas forcément bien répartie, une taille assez petite et des yeux… Des yeux vairons. Un vert, un bleu. Pour certains cela peut être une beauté, pour moi c'est un fardeau. Alors depuis que j'en ai l'âge, je met une lentille verte pour cacher ma "particularité".

Je vis à New York, cette grande ville qui, autrefois, était un symbole pour beaucoup de personne, mais maintenant, en 2034, New York c'est "la zone". La grande guerre à tout détruit, les gens se sont rebellés contre un gouvernement qu'ils trouvaient bien trop strict, cela à remué tout le pays et maintenant, tout est calme, du moins en surface, comme moi.

Comme tous les jours depuis le début des "jours calmes", ce qui correspond à deux semaines où plus personnes n'est censé travailler, je suis installée au sommet de l'établissement où j'étudie le reste de l'année. Il n'est pas très haut, mais assez pour m'offrir la vue sur une étendue d'eau. J'aime rester là, fermée les yeux, écouter l'eau et laisser le vent insuffler assez de courage en moi pour tenir encore et encore.

Le système où je vie à présent est complexe. Nos dirigeants nous disent : "vous êtes libres" mais ils nous enferment dans nos villes, nos quartiers, nous empêchent de sortir, de communiquer avec d'autres agglomérations. "Vous êtes en sécurité" mais chaque semaine je croise une nouvelle famille en deuil. "Vous pouvez travailler tranquillement" mais si le cota horaire n'est pas respecté on est sanctionné, quelques soit la raison, la maladie, le deuil et même la mort n'est pas une assez bonne raison.

Je ne sais pas comment c'était avant. Mais j'imagine mal que cela pouvait être pire qu'aujourd'hui, vivre dans la peur des sanctions, des maladies, de la mort. Ce n'est pas bien, mais.. Qui suis-je pour dire ça ? Personne et qui peut changer cela ? Je pense que personne ne le peut.

"Lili !"

J'entends la voix familière d'Annie, ma soeur aînée, je suis habituée à entendre sa voix, mais pas ce ton inquiétant qui y résonne. Je me penche un peu en avant, la tête dans le vide je l'interroge du regard et je vois qu'il y à un problème. Son visage, d'habitude fermé, exprime quelque chose que je ne lui connais pas, quelque chose de grave. Sans plus d'attente je me relève attrape ma veste en laine, épouste rapidement ma tenue réglementaire fournie par les responsables de mon quartier. Je me met tout au bord, prend une grande inspiration, m'accroche avec la ceinture que j'emporte toujours au câble épais qui servait de réseau téléphonique, inspire un bon coup et me laisse glisser jusqu'en bas.

Une fois que mes pieds touche terre Annie me dévisage, comme elle le fait chaque fois que je fait une chose qu'elle appelle "audacieuse". Puis son air bouleversée reviens et elle baisse la tête, chose qu'elle ne fait jamais.

"Que se passe-t-il A ?" je lui demande.

A est le surnom que je lui ai toujours donnée, étant petite je n'arrivais à dire que cette lettre de son prénom et c'est resté. Ma soeur est tout mon contraire. Rousse, cheveux raides, grande, yeux marrons est toujours maître de ses émotions de façon que son visage semble toujours fermé. Annie à connue "l'avant guerre", le monde qui étais le sien et celui de mes parents à sombré, je me suis toujours dis que c'est cela qui l'a "bloquée"... Je pense que c'est cela parce que lorsque nos parents ont "disparus" elle était déjà de marbre. Ses yeux fixe toujours le sol, semblant y chercher les mots qu'elle pourrait formuler. Il y à une chose grave, je le comprends à cette façon si étrange qu'elle à de ce comporter. A ne baisse jamais la tête, elle reste droite le menton relevé et le regard fixe. Alors je me penche vers elle, attrape son menton de mes doigts fins et le lui relève.

"Annie, que se passe-t-il ?"

Je ne l'appelle pas souvent par son prénom en entier, seulement lorsque je sent que quelque chose ne va pas. Elle scrute mon regard, elle cherche de quel façon m'annoncer cette nouvelle qui, vue sa façon d'agir, me fera beaucoup d'effet.

"C'est Jared, il.. Il à voulu passer de l'autre côté, ils l'ont attrapé".

Jared… Jared c'est tout comme un frère, châtains, grand, lui aussi à les yeux vairons, un marron, un vert. Il à un an de plus que moi et on ne se sépare que rarement. Nous partageons les même opinions sur les gens qui nous entourent, sur ceux qui nous régissent. Son problème c'est que lorsqu'ils ont séparés les quartier, ils ont coupés sa famille en deux, depuis il essaie de passer. Il ne s'est jamais fait attraper, jusqu'à aujourd'hui. Et lorsque les responsable attrape un "rebelle" comme ils disent il n'y à pas cinquante chemin. C'est l'exécution publique.

C'est sans plus réfléchir, sans un seul regard de plus vers ma soeur que je me lance à grande foulée vers la grande place. J'entends ma soeur me demander ce que je compte faire mais je ne lui répond pas, a vrai dire, je ne sais pas moi même ce que je vais faire, mais une chose est sûre, personne ne me l'enlèvera.