J'arrive sur la grande place lorsque l'attroupement de toutes les commères du quartier est déjà en place, je ne comprendrais jamais ces gens qui prennent un malin plaisir à venir observer les tortures et les mises à mort, souvent je n'ai qu'une envie, mettre leurs familles à la place des malheureux et les forcer à regarder.

Lorsque j'arrive tout au bord du cercle que ces idiots ont formés je le vois. Ces cheveux sont collés à sont visage à cause du sang, ses yeux fermés, son visage exprime une douleur que je ne lui ai jamais vu.. Plus je l'observe et moins je ne peut me résoudre à le laisser là à sa mort plus que certaine. Je pose donc mon regard vers son bourreau, un homme d'une trentaine d'année je dirais, habillé de l'uniforme blanc du gouvernement comme si ces hommes et femmes représentaient la pureté ! Il à un sourire malsain sur les lèvres, comme si le fait de faire du mal à Jared lui provoquait un certain plaisir et je crois que c'est cela qui à rempli mon "vase". Mais, et j'en suis sûre, la goutte d'eau qui le fait déborder c'est la droite qui lui met projetant mon ami à terre avec une telle force que son autre joue frappe le goudron.

Malgré moi un "non" sort de ma bouche, plus en un hurlement de désespoir que comme un ordre ou une rage. Voir le seul qui n'ai jamais pu me comprendre et qui me ressemble se faire maltraité me fait souffrir d'une force que je ne soupçonnait pas possible. Avant même de m'en rendre compte je me retrouve entre l'homme et Jared les bras écartés comme si je pouvais le défendre malgré tout je vois mon ami relevé la tête, plus courageux que jamais et fixée incrédule mon dos, je le sais car je sent son regard tailladée ma colonne. C'est la que, pour le première fois de ma vie, je me mets à jauger ma force physique. Je suis petite mais rapide, je pourrais éviter ses coups, je suis forte mentalement et aussi physiquement je pourrais me défendre.. Mais combien de temps ? Je n'ai pas reçu d'entraînement comme lui, et je ne pense pas être clairement à sa hauteur.

L'homme semble à peine me remarquer, il me jauge du regard comme s'il observait une mouche avant de pouvoir l'écraser. Puis un rictus naquis sur son visage le rendant encore plus affreux qu'il ne l'ai réellement. Il m'énerve, à tel point que je ressens en moi une sensation de rage, de colère qui me pousse à lui parler, à lui crier dessus, à le frapper et même à le tuer de mes propres mains. Mais c'est sans compter sur ce qu'on à appris à cet homme sur les gens des quartiers, s'il me regarde comme si je n'était qu'un insecte ce n'est pas seulement à cause de ma faible corpulence mais parce qu'on lui à appris que ceux de New York ne son pas des gens à proprement parlé. Plutôt des animaux.

Il me pousse fortement de son bras et je retombe sur le goudron, je ne m'y attendais pas… Et alors qu'il relève le point, prêt à l'abattre une nouvelle fois sur Jared, je me relève et arrête son bras en pleine lancé avec une facilité qui me désarme autant que lui. L'adrénaline à du me fournir une sacrée force, à moins que les hormones jouent eux aussi en ma faveur… Heureuse de ce nouvel élan de puissance qui grandit en moi, je redresse le menton et le fixe droit dans les yeux.

"J'ai dit non"

Cette fois ma voix n'est pas suppliante ou désespérée, bien au contraire elle est pleine de puissance et de menace. Sans réellement réfléchir je sert fermement mon poing et l'envoi en plein dans le visage du bourreau qui tombe à genou à mes pieds. La force de ce coup provoque une douleur dans ma main qui remonte jusqu'à mon avant bras et j'ai la soudaine impression d'avoir le bras entier engourdis.

L'homme reste à terre un petit moment, la main posée sur sa joue comme si il avait mal, vue ma douleur peut être a-t-il lui aussi un peu mal… Pourtant j'en doute. Je ne suis pas le genre de personne à faire ce genre de chose mais je viens de le faire et je crois avoir surpris bon nombre de personnes… Des personnes… Je réagis enfin que la scène vient de se dérouler non pas à l'abri des regards indiscrets, mais bien au milieu d'une dizaine de personne. Je les regardent, certains semblent choqués, d'autres dégoûtés mais ce qui me surprends le plus c'est le nombre de personnes qui sourit. Comme si mon acte leurs faisaient plaisir. Je tombe alors sur le regard de ma soeur, Annie. Elle est là, debout, bien droite, la main sur la bouche, les yeux grands ouverts mais qui n'exprime aucun choque.

Je ressens une rapide douleur dans mon oeil gauche, je ne l'identifie pas tout de suite et j'entends plusieurs personnes hoquetés de surprise dans ce "public" qui ne cessent de me fixé. Ils m'énervent ! J'entends un bruit juste derrière et je me retourne pour reposer mon regard sur le bourreau qui à un air méchant sur le visage. Lorsqu'il me regarde à nouveau dans les yeux son air change et c'est une surprise qui se peint à présent sur son visage, de la surprise et du dégoût. Il recule en rampant un peu.

"Qu'est-ce que tu es !"

Ce n'est pas une question, je le sais, mais le ton qu'il à employé me désarme… J'ai cru y entendre de la… Peur ? Son regard change d'un coup.

"Tu es comme eux ! Tu es un MONSTRE ! Mais on vous auras, tous !"

La vague de surprise qui me submerge est incommensurable. J'ai l'impression d'être prise dans une tornade immense et intense, j'ai la tête qui me tourne, mes jambes flageole et pourtant je ne comprends rien de ce que cet homme vient de dire mais mon être semble lui le deviner. Un monstre… Et c'est là que je comprends… Mes yeux ! La brûlure, elle signifiait que ma lentille avait fait son temps et à présent tous le monde sait que mon regard à deux couleurs.. Mais je ne comprends pas, la lentille n'est pas censé se désintégrer et encore moins au bout d'une demi journée !

La panique prends le dessus sur mes réflexions et sans essayer de comprendre le sens des autres paroles du bourreau j'attrape le bras de Jared, je sent que quelqu'un m'aide, je lève le regard et voit un homme, plutôt un garçon je pense, que je n'est jamais vu avant attraper le second bras de Jared et m'aider à l'emporter. J'ai encore le sentiment d'être prise dans un tourbillon lorsque je prends le chemin que je connais bien jusqu'à la maison de mon ami. Arrivée à destination je le laisse entre les bras de sa mère qui était une infirmière pendant "l'avant guerre". Elle va s'occuper de lui.

Pour ma part je ne me sent pas la force de partir, à peine me suis-je retournée qu'une douleur fulgurante assaille mon tête et je me sent perdre pied. Mes paupières se font lourdes et je pars dans les songes avec pour dernière vue, ce garçons dont je ne connais rien.


J'ai pu voir qu'il y à des personnes qui lisent mon histoire.. J'aimerais beaucoup avoir vos avis ! Même s'ils sont négatifs j'en ai besoin pour avancer :)

Bisous.