« Just a kid like me. »

Chapitre Deux : « Sur la route ».

Dernier chapitre de cette étrange histoire...

Merci à toutes pour vos reviews !

Ça me touche énormément. *cœur*

J'espère que vous allez aimer ce « Happy End » !

Bonne lecture.

(PS : désolé pour les fautes restantes...)

...

Dean jeta un regard noir à Crowley.

- Où est Castiel ?

- Malade. Il ne doit pas quitter sa chambre, il est très contagieux.

- C'est ça, ouais...

Le frère commença à se diriger vers les escaliers, mais le directeur le retint par le bras.

- Tu n'écoutes pas ce que je te dis, boy ?

- Virez votre sale patte de mon bras.

Mais Crowley se mit à sourire.

- Ou sinon quoi ?

Complètement enragé, Dean donna un coup de genou dans l'entrejambe de l'homme, qui se plia en deux sur le sol. Le frère en profita pour grimper l'escalier à toute vitesse tandis que Crowley hurlait aux religieuses.

- Rattrapez-le !

Le Winchester tomba nez à nez avec un garçon qui, à vue d'œil, devait avoir l'âge de Sam. Il le prit par les épaules pour lui demander, à bout de souffle.

- Cass...tiel... Où est Castiel ?

Déboussolé, le garçon montra simplement du doigt la troisième porte du couloir. Dean entendit les nonnes monter les escaliers lorsqu'il reprit sa course vers la chambre de son ami. Il ouvrit la porte à toute volée, la referma aussi violemment et attrapa une chaise qui traînait sur le côté pour la caler contre la poignée afin d'empêcher quiconque d'entrer. Puis il se tourna vers les lits et là, il le vit. Emmitouflé dans son trench-coat, allongé sur les draps. Dean courut vers lui, mais lorsqu'il découvrit son visage, il recula.

- Cass ?

Le frère tremblait. Il posa une main sur la joue contusionnée de son ami, quelques plaies saignaient encore et son œil droit avait une vilaine couleur, presque noire.

- Merde, Cass !

Ce dernier commença à bouger, mais tout son corps lui faisait mal. Lorsqu'il ouvrit lentement les paupières, il découvrit la personne qui se tenait devant lui. La panique se lut dans ses yeux bleus.

- Dean ? Qu'est-ce que tu... ?

Les nonnes se mirent à cogner contre la porte qui n'allait pas tarder à céder. Le frère attrapa Castiel par le col de son trench-coat pour le soulever.

- Allez Cass, aide-moi. On se tire d'ici.

Encore groggy, le jeune homme maugréa.

- Laisse-moi, Dean. Je ne suis personne. Je dois rester ici, Monsieur Crowley s'occupe de moi.

Le frère passa le bras gauche de Castiel autour de son cou pour pouvoir le soulever.

- Ouais, je vois ça.

Il réussit à le mettre debout lorsque la voix du directeur se fit entendre derrière la porte en bois.

- Dean ! Sors d'ici ! Je te promets que je ne te ferais rien, si tu t'en vas de suite !

- Cause toujours, chuchota le frère.

Il se traîna, avec Castiel dans les bras, jusqu'à la fenêtre de la chambre qu'il dut ouvrir d'une main. Il regarda en bas. Fort heureusement, ils n'étaient qu'au premier étage et juste en dessous d'eux, se trouvait une sorte de buisson.

- Merci mon Dieu, répliqua Dean à lui-même. Ok Cass, va falloir sauter.

Toujours dans le cirage, Castiel ne comprenait pas ce que son ami demandait. Il répondit néanmoins.

- D'accord.

Le Winchester enjamba la fenêtre, il souffla un coup et ferma les yeux avant de se jeter dans le vide.

Le buisson amortit leur chute, mais les épines de ce dernier les griffèrent affreusement. D'en bas, Dean entendit la porte de la chambre voler en éclat. Il se dépêcha de passer de nouveau le bras de Castiel autour de son cou pour le remettre debout. Il clopina jusqu'au grillage, tandis que Crowley hurlait depuis la fenêtre.

- Dean Winchester ! Je te retrouverais et tu vas le regretter !

Castiel chuchota dans l'oreille de son ami.

- Va à gauche.

Dean obéit, mais il se retrouvait toujours devant le grillage qu'il longea encore et encore. Au bout d'un moment, il découvrit une brèche.

- T'es un génie, Cass !

Il fit d'abord passer son ami par le trou, avant de le rejoindre pour le porter à nouveau. Il courut aussi vite que Castiel le lui permettait. Tous les deux se retrouvèrent dans la sombre forêt. Dean dut se rendre à l'évidence.

- Cass, bordel, va falloir que tu m'aides là. C'est toi qui connais cette jungle par cœur. Cass ?!

Castiel tomba à genou sur le sol recouvert de feuilles mortes. Dean s'accroupit face à lui.

- Cass ? S'il te plaît, aide-moi...

Mais ce dernier ferma les yeux. Dean posa ses mains sur le visage abîmé de son ami. Le frère retenait ses larmes en s'approchant encore plus de Castiel.

- Cass, je t'en prie. Ils vont venir nous chercher si on reste trop longtemps ici !

Une larme coula le long de sa joue et, n'y tenant plus, il déposa un baiser sur les lèvres de son ami. Elles avaient à la fois un goût de sel et de sang. Castiel cligna des yeux et il chuchota.

- À gauche... En bas, il y a un sentier... Suis-le jusqu'à la clairière...

Dean essuya ses larmes du revers de sa veste, avant de porter son ami pour suivre le chemin qu'il venait d'indiquer.

De longues heures passèrent durant lesquelles Dean luttait contre la peur et la fatigue. Une fois sortit de la forêt, grâce aux indications de son ami, il se dirigea tout doit vers le seul lieu où il se savait en sécurité. Ce fut avec surprise que Bobby vit arriver Dean, trempé de sueur et de boue, tenant un jeune homme couvert de sang.

- Damn it, Dean ! C'est quoi ce bordel ?

À bout de souffle, il arriva devant le patron.

- Désolé... Bobby... Tu avais raison, Crowley est le Roi de l'enfer là-haut. Aide-moi à soigner Cass, s'il te plaît...

Bobby ferma les yeux un moment avant de souffler un bon coup.

- Ok, viens, on va l'emmener dans ma chambre. Personne ne t'a suivis ?

- J'crois pas non. Mais le dirlo connaît mon nom et mon prénom.

- Balls !

Bobby se chargea de porter le jeune homme, ce qui soulagea les bras engourdis du frère. Une fois qu'il eut allongé Castiel sur le lit, le vieil homme analysa les blessures.

- Va me chercher la trousse à pharmacie dans la salle de bain, fiston.

Dean y courut pour revenir quelques secondes plus tard. Bobby déboucha l'antiseptique pour désinfecter les plaies avec du coton.

- Il est dans un sale état.

Le frère, complètement essoufflé, s'assit à côté de son patron.

- Je sais...

- Merde, Dean. Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant, hein ?

Le Winchester se passa les mains dans les cheveux.

- J'en sais rien, faut qu'on se barre d'ici avec Sammy.

Bobby le considéra un moment.

- Dis pas de connerie, comment tu comptes survivre ?

- J'ai eu le temps d'y penser ces dernières années, hein.

Il jeta un coup d'œil à sa montre et se leva d'un coup.

- Merde ! Sammy ! Je ne l'ai pas rejoint pour déjeuner avec lui !

Le garagiste, toujours en train de soigner Castiel, rassura le jeune homme.

- Relaxe, il est grand ton p'tit frère maintenant, il sait se débrouiller.

- Il n'a pas d'argent, il ne va rien manger si je ne le rejoins pas fissa. Bobby ?

Le patron leva les yeux au ciel et grommela.

- Ouais, c'est bon. Va le chercher, je reste avec ton chéri. Grouille-toi.

- Merci.

Il se mit à courir jusqu'au lycée.

Sam regarda pour la dixième fois sa montre. Dean n'était jamais en retard, il espérait que ce dernier n'avait pas de souci. Mais lorsqu'il le vit arriver, haletant, couvert de sueur, de sang et de boue, il commença à angoisser.

- Dean ?! Merde, mais... Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu es blessé ?

Le frère reprit son souffle avant d'avouer.

- Non... Ce n'est pas mon sang.

- C'est censé me rassurer ?! S'énerva le cadet.

L'aîné plongea sa main dans la poche de son jean, il en sortit un billet qu'il donna à son frère.

- Tiens, va vite te prendre à manger. Et Sammy, ce soir, je ne viendrais pas te chercher à l'école. Mais il faut absolument que tu viennes chez Bobby, ok ? Ne rentre pas à la maison.

Sam prit l'argent, mais l'angoisse se lisait sur son visage.

- Dean, tu me fais peur. Dis-moi ce qui se passe !

L'aîné posa ses mains sur les épaules du cadet.

- Sammy... Il faut que tu me fasses confiance. Ce soir, chez Bobby, capiche ?

L'étudiant fit oui de la tête. Dean déposa un baiser sur son front avant de repartir au garage.

Une heure plus tard, le Winchester retourna un chevet de son amant. Bobby rangeait le matériel médical.

- Comment il va ? S'inquiéta-t-il.

- Mieux. Il s'en sortira. Les plaies ne sont pas profondes.

En effet, le visage de Castiel avait déjà meilleur mine, excepté l'œil au beurre au noir.

- Il va dormir un petit moment, ajouta Bobby.

- Merci pour tout.

Le vieil homme se posta devant son « fiston ».

- T'as une sale tête. Va prendre un bain, ensuite, on va devoir parler tous les deux. Essaye de trouver des fringues à ta taille dans mon armoire.

Dean, soulagé, se dirigea vers le placard de son patron. Il prit une chemise à carreaux bleus et un vieux jean. Puis il marcha jusqu'à la salle de bain. Il regarda son reflet dans le miroir : quelques griffures par-ci, par-là, des taches de sang sur sa veste et de la boue le recouvraient de partout. Il se déshabilla et se glissa sous le jet chaud de la douche. L'eau lui dégourdit les muscles qui lui faisaient mal. Il frotta pour enlever la terre et les traces rouges. Une fois terminé, il se sécha et enfila la chemise et le pantalon auquel il dut faire des ourlets pour ne pas marcher dessus. Il descendit ensuite à la cuisine, pour découvrir Bobby en train de préparer du café. Dean s'affala sur une chaise, autour de la table, le vieil homme lui donna une tasse de liquide chaud ainsi que des gâteaux.

- Merci. Le café suffira, je n'ai pas faim.

- Mange.

Dean se mit à sourire en attrapant un biscuit au chocolat. Bobby s'assit en face de lui, il le regarda un moment avant de répliquer.

- Ok p'tit génie, c'est quoi ton plan ?

- Sammy, Cass et moi, on va se tirer d'ici.

- Ouais, ça c'est la fin de ton plan, je veux le début, idjit.

Le frère avala une gorgée du liquide chaud, puis il expliqua.

- Un soir où mon père était bourré, il m'a avoué sans s'en rendre compte, que maman avait une assurance-vie. Elle avait aussi assuré la maison, d'ailleurs. Sammy et moi avons donc un héritage. Alors, à chaque fois que cet ivrogne abusait de la picole, je le faisais parler. Je ne sais pas où il cache le frique. Ce débile ne l'a même pas mis à la banque ! Il y a dans les $200,000 ! Je prends le pognon, je fauche l'Impala du paternel et se tire de Lawrence. On s'installera quelque part et Sammy reprendra ses études. Il doit continuer de bosser.

Bobby souffla un coup.

- Je dois reconnaître que ce n'est pas idiot... Même si tu ne sais pas encore où se trouve l'argent. Après tout, tu es majeur, hein. Et puis, tu vas pouvoir penser à toi, un peu. Ça fait des années que tu vis pour ton frangin et puis ton père... Bref, ça ne peut plus durer. Il n'y a qu'une seule chose que je déteste dans ton plan...

- Quoi donc ?

Les yeux du vieil homme se mirent à briller de tristesse.

- Tu ne viendras plus me voir.

Dean sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Je sais... C'est pour ça que je n'ai pas mis ce plan à exécution avant. Ça et les études de Sammy. Mais maintenant que Cass... Bobby, je te dois tout. Je te promets de revenir lorsque toute cette histoire sera derrière nous. Je... J'aurais voulu que tu sois mon père...

Il baissa les yeux pour laisser couler une larme le long de sa joue. Bobby essuya les siennes en répliquant.

- Je sais. J'aurais voulu que tu sois mon fils. Mais on ne choisit pas sa famille, hein.

- Non, en effet... Mais on peut la sauver. Sammy est tout ce qui me reste. Je compte le préserver de notre tyran de paternel. Et Cass ne mérite pas de finir dans cet orphelinat de l'enfer.

- Alors va, fiston... Va chercher votre paradis.

Après les cours, Sam fila droit chez Bobby. Anxieux et angoissé, il lui tardait d'écouter les explications de son aîné. Une fois à la casse, Dean l'accueillit en le prenant dans ses bras. Le patron lui serra la main et le mit au parfum.

- Viens, kid. Je vais commander une pizza et on va parler d'homme à homme, tous les trois.

Heureux d'être considéré comme un homme, mais stressé d'entendre la vérité, Sam les suivit néanmoins jusque dans la cuisine. Bobby appela le livreur et une fois qu'il eut raccroché, il s'assit face à ses garçons. L'heure du briefing avait sonné.

La pizza était terminée depuis un moment, lorsque Dean finit son histoire. Sam, à la fois choqué et content, ne sut comment réagir.

- Sammy, dis quelque chose !

- Je... Je suis d'accord, évidemment... Mais comment comptes-tu t'y prendre pour savoir où l'argent se trouve ?

Dean baissa la tête.

- J'y vais ce soir... Je dirais au revoir à John et je le ferais parler.

Bobby regarda le frère aîné.

- Je viens avec toi !

- Hors de question !

- Dean !

- Bobby !

Ils se considérèrent quelques secondes, puis le frère aîné baissa les yeux pour expliquer.

- Je dois y aller seul. C'est mon histoire, Bobby. Nous allons partir de Lawrence et toi, tu resteras ici, je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que se soit par ma faute. Et puis... Je vais dire des choses à mon père et j'aimerais mieux que tu n'entendes pas ça...

Bobby souffla un coup. Il capitula face au visage sérieux de son « fiston ».

- Attention à toi, hein. Et ne fais rien de regrettable...

- Ne t'inquiète pas, Bobby. Je sais ce que je dois faire.

- Castiel est encore là-haut ? Questionna Sam. Je peux le voir ?

Tout sourire, Dean l'emmena dans la chambre de Bobby pendant que ce dernier débarrassait la table. Les frères pénétrèrent dans la pièce, à demi plongée dans l'obscurité. Castiel sursauta lorsqu'il les entendit entrer.

- Dean ?!

La peur se lisait sur son visage lorsqu'il s'assit sur le lit. Le frère aîné se posa à ses côtés, pour le prendre dans ses bras et le rassurer. Le cadet, postait devant eux, regarda la scène et il se présenta.

- Bonjour Castiel, je m'appelle Sam.

L'orphelin se mit à sourire.

- Dean m'a beaucoup parlé de toi.

- Il m'a parlé de toi aussi. Il dit que tu es un ange.

Castiel se tourna vers son ami. Les yeux dans les yeux, le blessé avoua.

- Merci Dean. Sans toi, je...

Une larme coula le long de sa joue, le frère l'essuya du bout des doigts.

- Chut, Cass. Tu ne vas pas retourner là-bas. Sammy, toi et moi allons partir.

- Mais Dean... Crowley dit que le monde est affreux dehors. Et que personne ne voudra de moi. Et que sans argent, je n'irais nul part. Je ne suis rien, je ne suis personne.

Un éclair de colère traversa les yeux du Winchester. Mais ce fut Sam qui répondit avec ses sages paroles.

- Et bien ce Crowley a tort. Mon frère a un plan et on va quitter Lawrence. On aura assez d'argent pour refaire notre vie ailleurs. Et toi, Castiel, tu n'es pas rien. Tu entends ? Dean a dit que tu es un ange, et moi, je le crois. Parce que tu es le seul qui a réussi à faire sourire mon frère. Et crois-moi, ça fait des années que moi j'essaye de le faire rire. Tu n'es pas personne. Tu es comme nous. Nous sommes les enfants du monde et on ne doit pas avoir peur des autres. Parce que, tous les trois, nous sommes plus forts. Personne ne peut nous battre.

Dean sourit, il posa sa tête contre l'épaule de Castiel.

- Je t'avais dit que mon frère était intelligent, hein.

L'orphelin sourit. N'y résistant pas, Dean se pencha vers lui pour déposer un simple baiser sur ses lèvres. Sam fit les gros yeux puis s'éclipsa de la chambre en répliquant.

- Ok, je vous laisse !

Le frère sourit de plus belle. Mais les yeux de son amant restaient éteints. Dean caressa les cheveux bruns de son copain en demandant.

- Cass, ça va ?

- Mmm ? Oui, ça va.

- Tu mens. Je le sais parce que je dis la même chose à Bobby tous les matins et que ce n'est pas vrai... C'est à cause de Crowley, c'est ça ?

À l'entente de ce nom, Castiel ferma les yeux et baissa la tête. Son amoureux posa une main rassurante sur sa joue.

- Cass... Si tu veux en parler, je...

- Je suis désolé, Dean.

- De quoi ?

- De tout... Il... Il m'a fait parler. Je ne voulais rien dire au départ, je te le jure, mais... Je croyais vraiment qu'il allait me tuer.

Le Winchester s'approcha un peu plus et il essuya une larme qui coulait sur la joue de son ami.

- Chut... Hey, regarde-moi. Ce que Crowley t'a fait, c'est... Il n'y a pas de mot pour décrire ça. Crois-moi, je sais de quoi je parle. N'importe qui aurait craqué. Mais regarde, tu es là, tu as réussi à t'enfuir !

- Grâce à toi, Dean.

Le frère haussa les épaules.

- Je t'ai juste porté. Mais sans toi, je serais encore perdu dans cette foutue forêt ou alors je n'aurais même pas trouvé la brèche dans le grillage. Et puis... De t'avoir rencontré, ça m'a sauvé aussi. Je me suis rendu compte que je ne peux pas vivre que pour mon frère, je dois penser à moi. Et c'est ce que je fais, maintenant, avec toi. Et grâce à toi, je vais pouvoir faire ce que j'aurais dû faire depuis des années déjà... Dire au revoir à mon paternel. Tu m'en as donné le courage, Cass. Parce que toi, tu as réussi à quitter ton enfer, moi je dois quitter le mien. Sammy a raison, tu es mon ange gardien. Merci...

Castiel fut sans voix, il laissa alors son amant se pencher vers lui pour l'embrasser.

Le moment tant redouté arriva. Dean devait retourner chez lui une dernière fois. Il fit un câlin à Sam et Bobby. Castiel arrivait désormais à marcher seul et il se tenait debout devant lui.

- Fais attention à toi.

- T'inquiète pas, Cass.

N'y tenant plus, le frère approcha son visage de celui de son ami pour l'embrasser. Un baiser chaste et doux. Sam et Bobby firent semblant de regarder ailleurs pendant ce temps. L'heure était venue.

Dean se dirigea d'un pas rapide jusqu'à chez lui. Il devait récupérer l'argent, la voiture et quelques affaires. La boule au ventre, il franchit le seuil de l'entrée. Son père l'attendait déjà dans le couloir, une bouteille d'alcool à la main.

- Ah ! Le retour de l'enfant prodige ! Devine qui est venu te réclamer aujourd'hui !?

Tremblant de ton son corps, le frère rétorqua.

- J'sais pas, au hasard, Crowley ?

John jeta le Whisky au sol et la bouteille se brisa en plusieurs morceaux.

- Sale gosse, qu'est-ce que t'as encore foutu ?! Hein ?! Et c'est quoi ces fringues de clochard que tu portes ?!

D'un geste rapide, il attrapa son fils par le col de sa chemise pour le coller contre le mur. La tête de Dean heurta les briques et un mal atroce envahit son crâne. Il sentit le souffle alcoolisé de son père sur son visage.

- J'aurais voulu que tu meurs à la place de ta mère.

- Rassure-toi, j'aurais voulu que tu meurs à sa place aussi.

John donna un coup de genou dans le ventre de son fils. Ce dernier eut la respiration coupée et tomba à terre. Son père en profita pour le frapper derrière la tête. Dean se retrouvait allongé sur le sol, à la merci de son tyran. Il pensa alors à Sammy et Cass qui les attendaient chez Bobby. Ce fut pour eux, qu'il réussit à ramper jusqu'au verre brisé du couloir. John se posa au-dessus de son fils pour l'étrangler. Mais avant ça, Dean attrapa un morceau de la bouteille pour blesser son père au visage. Surprit, ce dernier recula. Le frère en profita pour se relever tout en tendant son bras armé devant lui.

- Où est le frique ? Notre héritage à Sammy et moi, où est-il ?

John se mit à rire.

- C'est pour ça que tu es venu, hein ? Tu ne partiras pas de Lawrence, je t'ai donné à Crowley.

Choqué, Dean baissa sa garde.

- Q-Quoi ?

Toujours souriant, John s'approcha de lui.

- Je ne te veux plus ici, Dean. Mais pas question que tu t'amuses dehors ! Demain matin, Crowley viendra te chercher pour t'emmener à l'orphelinat.

Enragé, le Winchester enfonça le morceau de verre dans la jambe de son père. Ce dernier tomba au sol et Dean se posa au-dessus de lui.

- Où est le frique !?

Mais il ne faisait que rigoler, encore et encore. Ce qui acheva Dean qui se mit à le frapper.

- Espèce de connard ! Toutes ces années où tu nous tabassais Sam et moi parce que t'as pas réussit à sauver maman ! Je te déteste ! J'aimerais que tu sois mort, mais je préfère que tu crèves lentement dans ton Whisky plutôt que de me salir les mains ! Dis-moi où est mon argent !

Il commença à étrangler John qui tenta de retirer les mains de son fils de sa gorge. Mais ce dernier, étant bien en colère, le tenait fermement.

- Je te laisserai respirer qu'à une seule condition...

- Il...

N'arrivant pas à articuler le reste de sa phrase, Dean relâcha légèrement sa prise pour qu'il lui avoue.

- Dans le jardin... Sous le saule pleureur...

Soulagé, le frère lui envoya un crochet du droit qui le mit K.O. Il se leva en titubant jusqu'au jardin. Il fila droit vers le cabanon pour attraper une pelle puis il se mit à creuser avidement sous l'arbre. Tel un fou furieux, il ne s'arrêta que lorsque qu'il sentit la boîte en fer. Tremblotant, il la prit des deux mains pour l'ouvrir. Lorsqu'il découvrit les billets à l'intérieur, il se mit à pleurer.

La mallette dans la main, il repassa par le couloir pour voir son père toujours étendu par terre. Il monta quatre à quatre les escaliers pour arriver dans sa chambre. Il sortit deux valises des placards pour les remplir à toute vitesse de vêtements ainsi que des livres de cours de Sam. Il enfonça le frique dans l'une d'elles avant de les jeter dans les escaliers. Elles roulèrent jusque en bas et il se mit à descendre les marches en se tenant à la rambarde pour ne pas tomber. Puis, il attrapa les clefs de l'Impala sur le crochet à l'entrée. Il jeta un dernier coup d'œil sur son paternel et lui dit.

- Au revoir, John.

Dean prit les deux valises et se dirigea vers la voiture. Il ouvrit le coffre pour les glisser à l'intérieur. Une fois derrière le volant, il quitta la maison familiale pour de bon. Ce fut le cœur léger qu'il arriva chez Bobby.

Le garagiste reconnut le bruit du moteur de la Chevrolet. Lui, Sam et Castiel, sortirent pour accueillir le frère.

- T'as une mine affreuse ! S'exclama le patron.

- Ouais, ça devient redondant chez moi.

Bobby le prit dans ses bras. Les deux autres garçons se joignirent à cette étreinte. Après ça, Dean avoua.

- Faut qu'on parte demain. Crowley va nous traquer, Cass et moi...

- Alors là, va falloir que tu m'expliques, fiston.

À l'intérieur de la demeure, le frère aîné briefa sa famille. Un air dépité s'afficha sur le visage de Bobby.

- Ok, partez demain dans ce cas. Je vais vous préparer de quoi manger et boire pour le trajet. Filez en direction du Dakota du Sud. Dans la ville de Sioux Falls, ma pote et shérif, Jody Mills, vous attendra là-bas. Elle vous aidera à trouver un boulot et un appartement.

Dean put enfin respirer de soulagement.

- Je ne te remercierais jamais assez Bobby.

- J'aurais dû faire ça depuis longtemps...

Ils partirent se coucher dans la chambre d'ami de leur hôte. Bobby avait lavé les vêtements de son « gosse » pour qu'il les reprenne avant de partir. Après un copieux petit déjeuner, le garagiste leur offrit quelques petites choses à manger, ainsi qu'une bouteille d'eau et une trousse à pharmacie. Il était 6h du matin et le quatuor se retrouvait dehors devant l'Impala. L'heure des adieux était arrivée. Le vieil homme les embrassa à tour de rôle sur le front en leur souhaitant bonne chance. Il était à la fois triste et heureux. Une fois derrière le volant, Castiel côté passager et Sam à l'arrière, Dean mit le moteur en marche. Il quitta le garage, se promettant de revenir aussi souvent que possible pour remercier l'homme qui aurait dû être son père. Une fois sur la route, il se tourna vers son amant.

- Cass, va falloir que tu m'aides.

Ne comprenant pas, ce dernier pencha la tête sur le côté.

- Comment ça ? Tu sais conduire, non ?

- Oui, Bobby m'a appris, mais ce n'est pas ça le souci...

Voyant que son frère avait du mal à parler de son « problème », Sam expliqua.

- Dean est dyslexique. Il faut qu'on l'aide à bien lire les panneaux, c'est tout.

- Oh...

Contre toute attente, l'aîné se mit à sourire.

- Et ouais, j'suis pas aussi intelligent que Sammy et toi, hein.

Castiel le foudroya du regard.

- Ne dis plus jamais ça ! Tu viens de nous sauver la vie ! C'est toi qui as monté ce plan ! C'est toi qui t'es battu contre ton père et Crowley pour nous ! Alors, ne dis plus jamais une chose pareille !

Dean posa une main sur les genoux de Castiel.

- On fait une belle équipe, hein ? On devrait l'appeler la « Team Free Will » : un dyslexique, un intello et un timide. C'est classe, non ?

Ils se mirent à rire.

- Moi, ça me va. Répliqua Sam.

Dean s'arrêta à un carrefour.

- Les gars, je vais où ?

Les deux garçons lurent les panneaux, et dirent en cœur.

- À gauche.

L'aîné tourna le volant. Une longue route les attendait. Alors, le conducteur fouilla sous son siège pour attraper une vieille cassette qu'il glissa dans l'auto-radio. Une chanson débuta et, en écoutant bien les paroles, les trois garçons remarquèrent que cette musique racontait presque leur histoire.

« Nothing here to see
(Rien à voir ici)
Just a kid like me
(Juste un gosse comme moi)
Trying to cuss and see
(Essayant d'injurier et voir)
Trying to figure it out
(Essayant de comprendre)

Nothing better to do
(Rien de mieux à faire)
When I'm stuck on you
(Quand je suis braqué sur toi)
And still I'm here
(Et je suis encore là)
Trying to figure it out
(Essayant de comprendre)

Getting hard to sleep
(Ça devient difficile de dormir)
But it is in my dreams
(Mais c'est dans mes rêves)
But it's killing me
(Et ça me tue)
To try and figure it out
(D'essayer et comprendre)

Nothing better to do
(Rien de mieux à faire)
When I'm stuck on you
(Quand je suis braqué sur toi)
And still I'm here
(Et je suis encore là)
Trying to figure it out
(Essayant de comprendre)

I'll let it go 'co I won't see you later and I'm not allowed to talk it out
(Je laisse couler parce que je ne te verrai pas plus tard et je n'ai pas la permission d'en parler)
I said I'll com, I'll promise I won't show but I see you trying to figure it out
(J'ai dit que je viendrai, je promets que je ne le montrerai pas, mais je te vois essayer de comprendre)
I promise you, I'll take a bet on you but you didn't know I planned it out
(Je te promets, je prendrai un pari sur toi, mais tu ne savais pas ce que j'avais prévu)
I said I'll go, yeah, I won't see you later and I'm not allowed to figure it out
(Je disais je partirai ouais, je ne te verrai pas plus tard et je n'ai pas la permission de comprendre) »

« Figure it out » de Royal Blood.

Sur la route, le chemin de la liberté s'offrait à eux.

Voili, voilou... Comme prévu, tout fini bien !

J'espère que vous avez aimé cette fic un peu particulière...

Je vous conseille d'écouter la superbe chanson qui m'a aidé à trouver un titre à cette histoire...

Jeudi prochain, la suite de « Rencontre Cosmique » !