« Just a kid like me »

5 ans plus tard...

Et voilà, je reprends cette fic !

Car cette histoire m'a complètement dépassé. Je ne pensais réellement pas qu'elle plairait autant.

On m'a fait beaucoup de demandes concernant certaines actions à écrire. Et on m'a surtout demandé une suite.

Alors, la voici !

J'espère que je vais respecter vos attentes et j'espère que ce point final vous plaira !

Bonne lecture et merci à tous, ça me touche énormément.

(PS : désolé pour les fautes restantes)

« Carry on my wayward son
There'll be peace when you are done
Lay your weary head to rest
Don't you cry no more. »

La chanson de Kansas résonnait dans l'Impala du Winchester. Lui, Sam et Castiel roulèrent en direction de Lawrence. Ils revenaient dans l'enfer de leur enfance. Comme tous les ans d'ailleurs, pour y voir Bobby comme promis. Mais, cinq ans après leur évasion, ils retournaient dans leur ville natale pour deux autres raisons. La première, Dean l'avait appris par son ami du garage : John Winchester venait de mourir. Ses enfants devaient donc se rendre à l'enterrement et décider quoi faire des affaires du père ainsi que la maison. L'autre raison venait de Castiel. Depuis cinq ans, il pensait inlassablement aux autres enfants restés à l'orphelinat « Angel of the Lord », dirigé par le terrifiant Crowley. Pourtant, Castiel n'avait aucun ami parmi ces orphelins, mais personne ne méritait de se faire traiter de la sorte par le directeur. Il devait les sauver.

Un silence pesant régnait dans le véhicule, seule la musique rendait le trajet moins triste. Chacun d'eux avaient hâte de retrouver Bobby. Mais aucun d'eux ne voulait faire ce pour quoi ils étaient revenus. Mais ils devaient néanmoins s'atteler à cette lourde tâche.

Bobby Singer, au courant de la venue de ses « garçons », reconnut le bruit si caractéristique du moteur de la Chevrolet. Il sortit donc pour enlacer les trois hommes avant de les regarder.

- Vous avez encore grandi ! Surtout toi, Sam. Tu vas dépasser les deux mètres, si ça continue !

Ce dernier sourit. Bien qu'étant le plus jeune de la « Team Free Will », il restait le plus grand en taille, surpassant largement son frère aîné.

- La route s'est bien passée ?

- Trop longue et trop angoissante, répondit Dean.

- Mouais... Bon, j'ai fait du café, rentrez.

Ils pénétrèrent donc dans la cuisine de l'hôte. Chaque année, lorsque l'aîné revenait ici, il ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'il s'était passé cinq ans plus tôt. Il revoyait toujours Castiel étendu à moitié mort sur le lit de son père de substitution, il se souvenait également de la dernière fois qu'il avait dormi dans la chambre d'ami avant le grand départ vers sa nouvelle vie. Son plan avait bien fonctionné. Grâce à Bobby et la shérif Jody Mills, ils avaient trouvé un appartement à Sioux Falls. Dean, maintenant âgé de 26 ans, travaillait dans un garage dans le Dakota du Sud. Sam, qui venait de fêter ses 22 ans, était à la fac de droit pour devenir avocat. À 25 ans, Castiel tenait une librairie non loin du campus. Lui et Dean étaient maintenant en couple, tandis que Sam avait une petite amie, une nommée Jessica qu'il aimait passionnément.

Bobby connaissait leur histoire, il appelait son « fils » toutes les semaines et attendait avec impatience la venue de ce dernier dans sa demeure. Mais ce jour-là, ce fut le cœur lourd qu'il les accueillit. Attablé tous les quatre autour d'un café, l'ambiance était morose.

- Bon, les garçons... Commença le garagiste. L'enterrement de votre père est pour demain. Les journaux disent qu'il est mort dans son sommeil, une crise cardiaque, je crois.

- Ouais, une crise de foie, surtout. Maugréa Dean connaissant le passé alcoolique de son père.

Bobby souffla un coup avant de parler de choses qui fâchent.

- Vous devez décider quoi faire de ces affaires et de la maison...

Sam et Castiel baissèrent la tête, tandis que Dean esquissa un mauvais sourire.

- On ne gardera rien de lui. Quant à la maison... Maman est morte là-bas. John aussi. Et c'est dans cette foutue baraque qu'il nous...

Il passa ses doigts sur le visage, son copain posa une main sur sa cuisse pour le rassurer. Il reprit alors.

- La maison Winchester est maudite. Je préfère même pas la vendre, mieux vaut la détruire.

- Même pas pour gagner un peu de frique ? Hasarda Bobby.

- J'veux pas d'argent sale dans notre nouvelle vie.

Leur ami se tourna vers Sam.

- Et toi gamin, ça te va ?

Le cadet tourna sa tasse de café entre les doigts en avouant.

- Oui. Je suis d'accord avec Dean... Je n'ai pas connu maman et les seuls souvenirs de cette maison ne sont pas joyeux.

Bobby but une gorgée de liquide chaud avant de reprendre.

- Bon, au moins ça, c'est réglé. Mais vous allez devoir aller à l'enterrement, ça va aller ?

- Ouais... Je lui ai déjà dit au revoir de toute façon, répliqua le frère aîné.

Le trajet les avait exténués. Ils partirent chacun se reposer dans cette chambre d'ami qui ravivait tant de souvenirs. Le lendemain serait une dure journée.

Ce matin-là, Castiel et Dean se levèrent ensemble et ils prirent tous deux une longue douche. Les cheveux encore mouillés, ils s'installèrent à la table de la cuisine. Bobby et Sam dormaient encore, alors les deux amoureux préparèrent le petit-déjeuner pour la famille. Castiel sentait l'angoisse de son compagnon, il l'embrassa donc pour le rassurer. Se fut à ce moment-là que l'hôte arriva dans la pièce.

- J'suis content de vous voir ensemble, tous les deux.

Le couple se sépara, un peu gêné, ce que Bobby remarqua.

- Relax, vous faites ce que vous voulez, hein...

Dean sourit pour la première fois depuis son arrivée. Une fois que Sam descendit, chacun but un bon café chaud. Ensuite, le quatuor dut se diriger vers le cimetière de Lawrence.

Personne n'était à l'enterrement à part les pompes funèbres qui devaient mettre le cercueil en terre. Ils virent ce dernier, encore ouvert, John allongé à l'intérieur. Son visage était ravagé par les années d'alcool et par la vieillesse. Dean, postait devant le corps, les mains dans les poches, ne dit rien. Sam, quant à lui, s'était collé à Bobby. L'homme prit le cadet dans ses bras lorsque ce dernier laissa couler une larme le long de sa joue. Il ne pleurait pas vraiment son père, il pleurait juste à cause du vide que sa mort provoquait. Sans lui, ils étaient désormais orphelins pour de bon. Le savoir vivant, même affreusement méchant et à des milliers de kilomètres de leurs vies, avait permis à Sam de se dire qu'il lui restait un semblant de famille. Ce n'était plus le cas, désormais. Dean, qui avait fait le deuil de son « paternel » depuis longtemps, repensa juste à la dernière fois qu'il l'avait vu vivant, cinq ans plus tôt. Lorsqu'il devait chercher son héritage, John l'avait encore frappé, mais le frère s'en était sorti pour sauver Sam et Castiel. Les dernières paroles qu'il avait dites à son père, furent :

« Au revoir John ». Ce fut ses mêmes paroles qu'il prononça à nouveau, avant de fermer le cercueil. Castiel attrapa la main de Dean pour lui montrer son soutien.

...

Bobby et l'aîné des Winchester, s'entretenaient avec les pompes funèbres au sujet du paiement de la mise en terre. Pendant ce temps, toujours devant la tombe, Sam et Castiel restèrent seuls un moment.

- Ça fait bizarre, avoua le cadet.

Son ami se tourna vers lui, il posa une main amicale sur son épaule.

- Je suis désolé.

- Merci. Moi aussi... Il n'a jamais été un père pour nous, mais c'était quand même le nôtre. On en a qu'un seul, après tout.

Le regard brillant et la mine gênée, il se retourna vers Castiel.

- Enfin, je... Je suis désolé de te dire ça, alors que tu ne connais même pas tes parents.

Son ami esquissa un sourire et rassura.

- Ne t'inquiète pas. On ne peut pas savoir ce dont on manque, si on ne l'a jamais eu. Je préfère la famille que je me suis construite grâce à toi, Dean et Bobby. Sans parler des gens formidables de Sioux Falls.

Sam le remercia du regard.

- Tu veux rester seul ? Demanda Castiel.

- Non. Reste, s'il te plaît.

Le jeune homme fourra ses mains dans les poches de son éternel trench-coat et resta aux côtés du frère.

Dean et Bobby revinrent moins d'une heure plus tard. Les services funèbres mirent en terre le cercueil, fermant ainsi la tombe. Mais déjà, le quatuor tournait le dos au cimetière. Le garagiste emmena ses garçons manger en ville, dans un fast food. Ils s'installèrent tous les quatre à une table pour savourer un hamburger. Bien que son estomac fut noué, Dean avala quand même sa nourriture favorite. La bouche à moitié pleine, il dit au trio.

- Cette après-midi, j'irais voir un entrepreneur pour détruire la maison.

Sam, qui jouait avec sa fourchette, touchant à peine sa salade, demanda.

- Tu vas faire quoi des affaires de papa ?

- J'en sais rien. Tu veux en faire quoi ? Les brûler ? Les donner à une œuvre de charité ?

Le cadet haussa les épaules.

- J'sais pas... J'aimerais récupérer quelques trucs...

Dean croqua dans son sandwich avant de dire.

- Ok. On ira cette après-midi pour voir ce que tu veux prendre.

À bord de l'Impala, le trio se gara devant la demeure familiale. Bobby avait décidé de laisser les garçons seuls pour cette épreuve. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la maison, une veille odeur de moisissure et d'alcool leur chatouillèrent les narines. Presque rien n'avait changé depuis cinq ans. Alors que Dean fixait les trous aux murs, se rappelant des coups qui les avaient provoqués, Sam fouilla lentement le salon. Castiel, qui n'était jamais venu dans cet endroit, se sentit de trop. Mais il suivait son amant pour l'aider à surmonter tout ça. Le frère aîné quitta enfin le couloir pour rejoindre son cadet.

- T'as trouvé c'que tu voulais, Sammy ?

L'intéressé revint avec les mains chargées.

- C'est quoi ? Demanda Dean.

Lui et Castiel se penchèrent au-dessus des trouvailles du petit frère. Ce dernier répondit.

- Il y a un vieil album photo de maman. Tu veux le voir, Dean ?

- Nan... Et ça, c'est quoi ?

Le cadet montra un ancien carnet en disant.

- C'est le « journal de chasseur » de papa.

Dean secoua la tête en maugréant.

- Il avait gardé cette vieille saloperie. Awesome ! Pourquoi tu veux prendre cette relique ?

Sam haussa les épaules.

- J'sais pas.

Après quelques secondes de silence, Dean reprit.

- Bon, t'as ce que veux, non ? On peut quitter la maison de l'horreur, maintenant ?

Le cadet acquiesça. Ils se dirigèrent alors vers l'Impala, quittant pour de bon cette fois, la maison des Winchester.

Chez Bobby, pendant que l'hôte préparait le repas du soir, Dean regardait la télévision. Castiel, la tête posait sur l'épaule du frère, repensait à la journée qu'ils venaient de vivre. L'aîné jeta de temps en temps des coups d'œil à son cadet, assit sur le fauteuil d'à côté, feuilletant le journal de son père. Le Winchester leva les yeux au ciel en maugréant.

- Ta lecture est passionnante ? Mmm ?

Sam tourna sa tête vers Dean pour dire.

- D'après papa, c'est un démon nommé « Alastair » qui a tué maman. Apparemment, j'aurais bu le sang du démon et je serais devenu une sorte d'élu pour empêcher l'Apocalypse.

L'aîné attrapa la télécommande pour zapper, en rétorquant.

- Ce sont les délires d'un fou, Sammy. Rien de plus.

- Je sais, mais... J'essaye juste de comprendre papa.

Dean jeta un regard à Castiel avant d'avouer.

- Une personne sage m'a dit un jour : « Il n'y a rien à comprendre. Les gens aiment être ignorants et ils détestent les personnes qui ne rentrent pas dans leur 'normalité'. »

Castiel tiqua. C'était ses paroles, celles qu'il avait dites à Dean la première fois qu'ils s'étaient rencontré à la clairière, dans la forêt. Ce souvenir lui provoqua un pincement au cœur. Parce qu'il se souvint alors que, lui aussi avait une dernière mission à accomplir à Lawrence. Angoissé, il plongea sa tête dans le cou de Dean, tout en l'enlaçant de ses bras tremblants. Le frère le sentit, il passa alors une main dans les cheveux en bataille du brun pour le rassurer.

Attablé devant une pizza, le quatuor commença à parler d'un plan d'attaque pour le lendemain, concernant l'orphelinat.

- J'irais seul avec Cass, débuta Dean.

Mais Sam et Bobby le foudroyèrent du regard.

- Pas question, fiston !

- Dean, je viens avec toi !

L'aîné se tourna vers son cadet.

- N'y pense même pas !

- Dean ! Je ne suis plus un bébé ! Je n'ai plus 17 ans et je suis plus grand que toi !

- Et alors ? T'as peut-être 22 piges, mais tu restes mon petit frère. La taille ne changera jamais ça.

- Dean... Gronda Bobby. Je ne compte pas te laisser seul, toi et ton copain, dans l'antre de Crowley.

Le frère secoua la tête.

- Vous ne le connaissez pas... Je me suis déjà battu contre lui. C'est entre ce fou, Cass et moi. Capiche ?

- Pas question ! Hurla derechef Sam.

Puis il se tourna vers son ami pour avoir son soutien.

- Castiel ?

Mais ce dernier, la tête basse, ne répondit pas. La voix sage de Bobby rompit le silence.

- C'est quoi votre plan, hein ? Tous les deux contre l'orphelinat ? Balls ! Vous comptez vous y prendre comment ? Faire évader les gosses, et après ? Ils vont faire quoi, hein ?!

Contre toute attente, se fut Castiel qui expliqua.

- J'ai eu le temps d'y songer, ces cinq dernières années... Depuis que nous sommes installés à Sioux Falls, Dean et moi avons mis de l'argent de côté pour les enfants. Ils sont tout justes dix, on arrivera à les faire évader et leur offrir une nouvelle vie.

Bobby souffla un coup.

- Bon, c'est pas con. Mais il n'y a pas que ça ! Les religieuses vont faire quoi ? Et Crowley, vous allez en faire quoi de lui, hein ?

Castiel haussa les épaules.

- Les religieuses n'ont jamais approuvé le comportement du directeur. Je leur dirais de partir de la ville ou d'aller dans une église, je sais pas...

- Ouais, tu sais pas ! Moi, je sais, on doit prévenir les flics.

- Non ! Hurlèrent en cœur Castiel et Dean.

- Non, reprit l'aîné. Si les forces de l'ordre avaient pu faire quelque chose, nous n'aurions pas besoin de le faire aujourd'hui à leur place.

- Je viens avec vous, admit Sam.

- Moi aussi, termina Bobby. Tu crois quand même pas que je vais envoyer mes enfants à la mort sans rien faire, hein ?

Aux mots « mes enfants », Dean eut les larmes qui lui montèrent aux yeux. Alors il capitula.

Une fois la nuit tombée, Dean sortit seul dehors. Au moment où il alluma une cigarette devant une veille voiture, Bobby le rejoint en maugréant.

- Toujours accro à cette saloperie ?

Le frère recracha la fumée avant de dire.

- Nan. J'ai arrêté.

- Je vois ça.

- Je fume que lorsque je suis stressé et angoissé.

Le garagiste remit sa casquette en place avant de montrer un papier à Dean.

- Tiens, lis ça.

Le Winchester, la clope aux bords des lèvres, attrapa la feuille. Il la zieuta quelques secondes avant de la rendre à Bobby.

- Y'a écrit quoi ?

Le vieil homme le regarda un moment avant de demander.

- Toujours ton souci de dyslexie ?

Dean recracha une bouffée de fumée, puis avoua.

- Castiel m'aide pour ça. Mais quand je suis énervé ou angoissé, les lettres se mélangent.

- Ouais... Le stress ne te réussit pas, hein.

- Alors, y'a écrit quoi ? Reprit l'aîné.

Bobby souffla un coup avant d'expliquer.

- Hum... J'ai trouvé ça sur Internet, sur un site par très « légal ». Apparemment, un mec aurait enquêté sur l'orphelinat. Rien n'est sûr, hein. J'sais pas si ce qu'il raconte est vrai, c'est à prendre avec...

- Bobby ? S'impatienta Dean, fumant de plus belle.

- D'après ce blabla, Crowley aurait l'habitude d'engager des prêtres pour « purifier » les gosses de l'orphelinat.

Ne comprenant pas, le Winchester questionna.

- Comment ça ?

- Well... D'après Crowley, comme les enfants sont abandonnés par leur famille, ils sont aussi abandonnés par Dieu. Du coup, il... Il chasse les démons en eux pour restaurer leurs âmes...

Même s'il connaissait la réponse, Dean voulut savoir.

- Comment ça ? Ils faisaient comment ?

Bobby souffla derechef.

- Par des sévices corporels...

Le frère jeta sa cigarette pour l'écraser.

- Putain de merde !

- Cass ne t'a jamais parlé de l'orphelinat ?

- Nan. On a un pacte. Il ne me parle pas de son enfer et je ne lui parle pas du mien. On laisse le passé derrière nous.

- Ouais, mais demain, ton copain va se retrouver en face de son bourreau... Après, tu sais, c'est juste un torchon ces écrits. Rien ne prouve que ce soit vrai...

Dean regarda son « père » pour lui avouer.

- C'est vrai...

- Comment tu... ? Tu viens de dire qu'il n'en parlait pas.

Le frère baissa les yeux.

- On est en couple, je te rappelle. Et j'ai vu que... Dans son dos, il a des cicatrices...

Dépité, le vieil homme demanda.

- Comme les tiennes ?

Dean lui jeta un regard interrogateur. Alors son ami expliqua.

- Quand tu bossais ici en plein été, y'a cinq ans, t'as jamais fait attention, mais tu t'es déjà mit torse nu...

- Merde... J'les oublis à force... Celles de Cass ne sont pas pareilles. Il a deux énormes cicatrices qui partent de la colonne vertébrale jusqu'aux omoplates. Ce ne sont pas des coups donnés au hasard. C'était calculé. Comme si...

Mais comme il ne terminait pas sa phrase, Bobby s'impatienta.

- Comme si quoi ?

- Cass ne connaît pas son véritable prénom. Il est arrivé un jeudi à l'orphelinat, une religieuse l'a nommé « Castiel » comme l'ange du jeudi.

Le garagiste venait de comprendre.

- Tu crois que Crowley a pris son prénom au pied de la lettre ? Et qu'il lui a... Arraché les ailes ?

- J'crois surtout que ce connard se serait bien entendu avec mon paternel...

Le lendemain matin, l'ambiance restait morose. Ils déjeunèrent en silence avant de monter tous les quatre à bord de l'Impala. Dean profita de la route pour s'allumer une dernière cigarette. Castiel avait le cœur au bord de l'infarctus à mesure qu'ils se rapprochaient de l'orphelinat. Mais ils finirent par y arriver. Le frère se gara dans un coin isolé pour ne pas se faire repérer. Une fois devant le portail noir, le Winchester dit.

- Bon... Vous connaissez le plan. Sam et Bobby, vous vous occupez des gosses et des religieuses. Vous les sortez de là. Cass et moi...

- Finalement, je me dis que c'est un plan de merde, maugréa le vieil homme. Je préfère venir cogner le roi de l'enfer avec vous, hein...

Ce fut Castiel qui ouvrit la bouche pour rétorquer.

- Non... Dean a raison, c'est entre Crowley et nous...

Bobby ne put s'empêcher de poser ses yeux sur le dos du jeune homme. Il savait que son trench-coat cachait sûrement les marques de son tyran.

- Comme vous voulez. Hurlez si vous avez un souci.

Ensemble, ils franchirent le portail.

Ils pénétrèrent à l'intérieur sans frapper. Le quatuor faisait le moins de bruit possible pour n'alerter personne. Ils communiquaient par signes, comme les militaires. Dean fit comprendre à son frère qu'il devait aller au rez-de-chaussée avec Bobby. L'idée de Castiel était d'arriver durant l'heure du repas, ainsi tous les enfants et les religieuses se trouveraient au même endroit. Pendant que le vieil homme et Sam se dirigeaient vers la cuisine, Dean et l'orphelin montèrent le plus silencieusement possible l'escalier en bois. D'un commun accord, ils avaient décidé de ne prendre aucune arme, le but n'étant pas de tuer quelqu'un. Mais, à cet instant-là, le frère se sentait nu avec seulement ses poings comme moyen de défense. Castiel, le cœur battant la chamade, guida son compagnon jusqu'au bureau du directeur. Même cinq ans après, il connaissait le chemin sur le bout des doigts. Une fois devant la porte, Dean jeta un regard à son amant. Ce dernier fit « oui » de la tête et ensemble, ils défoncèrent l'entrée en bois.

- Qu'est-ce que vous faites ici ? Qui êtes vous ?! Hurla une des religieuses en voyant les deux hommes débarquer.

Bobby lui fit signe de se taire.

- Vous et les gosses, vous allez nous suivre. On sait ce qui se passe dans cet endroit, vous devez partir.

Une autre nonne, qui parut soulagée, demanda néanmoins.

- Mais... Pour aller où ? Nous n'avons rien.

Sam, qui commençait déjà à embarquer les gosses, expliqua.

- On va vous donner de l'argent. Vous devez filer avec les petits. Et tout de suite !

Un des enfants, d'à peine 8 ans, regarda le frère.

- Mais Monsieur Crowley va...

- Il ne va rien vous faire, coupa Bobby. Castiel et Dean s'occupent de lui.

À l'entente du prénom de l'ancien orphelin, une des religieuses répliqua.

- Castiel ? Il est vivant ? Il va bien ?

- Oui et il ira mieux lorsque vous serez tous en lieu sûr, ok ?

Les nonnes obtempérèrent et aidèrent Sam à prendre les enfants pour les faire sortir. Une fois devant la porte d'entrée, Bobby jeta un coup d'œil aux escaliers. Il entendit un grand fracas venant d'en haut. Son cœur s'arrêta de battre quelques secondes.

Crowley, assit sur son fauteuil, un verre de Whisky à la main, posa son regard sur les deux hommes. Il sourit en rétorquant.

- Tiens, tiens... Le retour de l'ange prodige. Tu m'as manqué, Cass.

- Je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler « Cass ».

Le directeur termina son alcool avant de répliquer en reluquant le frère.

- Dean Winchester ? T'as grandi depuis la dernière fois. Comment va ton père ?

Ne relevant pas la réplique cinglante, l'homme s'approcha de Crowley pour lui dire, tout sourire.

- Vous avez perdu. Nous avons pris les enfants et les religieuses, vous n'avez plus rien.

- Tu bluffes !

Mais le trio entendit des bruits venant de l'extérieur. Le directeur se leva de sa chaise pour jeter un coup d'œil par la fenêtre. Il vit alors deux hommes devant la troupe de nonnes et de gosses, qui s'enfuyaient vers la forêt. Crowley se tourna vers les intrus pour les foudroyer du regard.

- Vous allez me le payer !

Joignant le geste à la parole, il ouvrit le tiroir de son bureau pour en sortir un Colt qu'il braqua sur les deux hommes et il tira. Dean s'accroupit juste à temps en prenant la main de son compagnon pour qu'il fasse la même chose. Le directeur marcha vers eux pour vider le chargeur sur les garçons. L'aîné agrippa Castiel par son trench-coat pour le sortir de la trajectoire des balles.

Bobby et Sam se retournèrent pour la seconde fois vers l'orphelinat. Le bruit des coups de feu les inquiétait, sachant que Castiel et Dean étaient désarmés. À l'entrée de la forêt, le cadet n'y tenant plus, avoua.

- Va cacher le groupe, je dois retourner là-bas !

Mais le vieil homme le retint par le bras.

- Non ! Pas tout seul !

Sam, haletant, se détacha de l'emprise de son ami.

- Il faut que tu emmènes ces gens en lieu sûr ! Bobby... Dean est à l'intérieur... Si jamais il lui arrive quelque chose, je ne me le pardonnerais jamais... Il m'a sauvé la vie des milliers de fois lorsque nous étions gosses... Je dois lui rendre la pareille...

Le cœur serré, le garagiste obtempéra. Il regarda son « fils » partir avant de reprendre la route avec le groupe.

Dean et Castiel, assit par terre contre un mur, se retrouvaient à la merci de Crowley qui les tenait en joue avec le Colt. Il rit au moment où il appuya sur la détente. Mais il déchanta très vite lorsqu'il comprit que le chargeur était vide.

- Oups, badina Dean avant de se jeter sur lui.

Le frère se battait au corps à corps avec le directeur. Castiel, désemparé, se dirigea derrière la porte de la pièce. Il eut l'affreuse surprise de découvrir que la collection d'objets de torture du Boss avait grandi avec le temps. Le jeune homme attrapa une batte à clous, puis il se tourna vers son compagnon. Ce dernier, en mauvaise posture, encaissait les coups de Crowley. Lorsque Castiel arriva devant pour mettre le directeur en joue, celui-ci tordit le poignet de Dean pour coller son bras dans le dos. Le Boss, tenant fermement le frère, se postait derrière lui et il glissa un couteau sous sa gorge.

- Castiel ! Hurla Crowley. Ne bouge pas où j'égorge ton copain !

L'orphelin n'osa plus respirer. Dean tenta de bouger, mais en vain, s'il se débattait trop Crowley allait lui casser le bras.

- Pose ton arme ! Ordonna le chef.

Sans protester, Castiel jeta la batte au sol. Son cœur cognait dans sa poitrine, ses jambes menacèrent de le faire tomber, l'angoisse se lisait dans ses yeux bleus.

- Ne lui faites pas de mal...

Crowley se mit à sourire.

- Va-y, Cassy, supplie-moi.

Dean, bloqué dans les bras du tyran, s'énerva.

- Cass ! Barre-toi !

- Si tu t'en vas, je le tue !

Castiel, au bord de l'infarctus, obtempéra.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Crowley sourit de plus belle.

- Toi. Je relâche Dean, mais je te veux, toi. Dans la bibliothèque...

- D'accord.

- CASS ! Non ! Hurla le frère.

Le directeur lâcha sa prise avant de le mettre K.O par un crochet du droit.

Dean se réveilla quelques minutes plus tard, complètement sonné. Un seul mot résonnait dans sa tête : « Bibliothèque ». Il se leva d'un coup, découvrant la pièce déserte.

- CASS !

Il se mit à courir en manquant de trébucher, pour arriver dans le couloir. Sur chaque porte de la coursive, des lettres en relief indiquaient un endroit : « Dortoir », « Toilettes », « Bureau » etc. Dean se pencha sur chaque mot, mais il ragea lorsqu'il comprit que pour lui, les lettres ressemblaient à des hiéroglyphes. L'état mental dans lequel il se trouvait l'empêché de lire correctement. Impossible pour lui de savoir où se situait la bibliothèque. Le frère sut qu'il n'aurait pas le temps de défoncer toutes les portes. Il tendit l'oreille dans l'espoir d'entendre des cris, mais le silence l'enveloppait.

- Cass ?!

Il se retrouva complètement perdu au milieu du couloir. La panique le gagna lorsqu'une voix le sorti de son angoisse.

- Dean !

L'aîné se tourna vers Sam, l'espoir lui revint alors.

- Sammy ! Merci mon Dieu ! Aide-moi à trouver la bibliothèque, j'arrive pas à lire !

Sans poser de question, le cadet obéit. Au fond du couloir, les lettres dorées en relief indiquaient le lieu tant recherché. Sans attendre une seconde plus, Dean défonça la porte, manquant de tomber de l'autre côté. Il vit Crowley, un couteau à la main, penché au-dessus de Castiel qui était ligoté et bâillonné sur une vieille chaise.

- Winchester ! Hurla l'homme.

Enragé, Dean se jeta sur lui pour le frapper de toutes ses forces à plusieurs reprises. Quant à Sam, il se dirigea vers son ami pour le détacher. Une fois libre, Castiel rejoignit le frère aîné pour se défouler sur son bourreau. Sam regarda la scène avec horreur. S'il ne les arrêtait pas, ils allaient finir par tuer le directeur. Le cadet attrapa Dean par les épaules pour lui faire perdre l'équilibre vers l'arrière. Le Winchester tomba à terre. Mais Castiel s'occupait encore de battre Crowley. Complètement enragé à son tour, il hurla.

- Allez-y ! Suppliez-moi ! Alors, ça fait quoi d'être de l'autre côté !?

Le jeune homme se posta au-dessus du corps du directeur pour continuer de l'achever.

- Vingt ans ! Pendant vingt ans, j'ai supporté votre enfer ! Maintenant, c'est à votre tour d'être torturé !

Castiel attrapa le couteau de sa victime, il commença à le lever pour le tuer, mais une main le retint.

- Cass ! Arrête !

Dean lui agrippa le poignet et lui arracha l'arme des mains.

- Il n'en vaut pas la peine...

Il jeta le couteau au fond de la salle. Castiel tremblait, le cœur battant à tout rompre. Alors Dean le prit dans ses bras pour le calmer. Le jeune homme laissa couler quelques larmes le long de sa joue.

- Bordel de merde, Cass ! Ne refais plus jamais ça !

Dean prit son copain par les épaules pour plonger ses yeux dans les siens.

- Tu entends !? Ne te sacrifie plus pour moi ! Capiche ?!

Encore haletant, ce dernier fit simplement « oui » de la tête. Dean remarqua alors la blessure sur le front de son compagnon, du sang coulait encore. L'adrénaline quitta le corps de Castiel, ce dernier ne put tenir plus longtemps sur ses jambes. Il tomba à terre. Le frère amortit la chute en le tenant par le col de son trench-coat. Au-dessus de son ange, le frère cria.

- Sammy ! Attache le connard à la chaise et appel les flics !

- Mais, je croyais que... ?

- Fais c'que j'te dis, Sammy !

Le cadet obéit pendant que Dean essayait de réveiller son compagnon.

- Freakin' angel ! Maugréa-t-il.

En fin de soirée, Bobby tournait en rond dans sa cuisine. Attablé devant lui, les trois garçons le regardèrent faire les cent pas. Le vieil homme avait emmené les nonnes et les gosses dans un bus en direction du Dakota du Sud. Jody Mills allait encore l'aider. L'argent que Castiel avait économisé toutes ces années allait leur offrir une nouvelle vie. Quant à Crowley, les policiers l'avaient retrouvé ligoté à la chaise avec un mot rédigé par Sam. Ce dernier expliquait toute l'histoire. Évidemment, les forces de l'ordre avaient débarqué chez Bobby pour avoir plus d'explications. Castiel dut témoigner en sa propre faveur ainsi que celle des autres orphelins. Les agents, qui se doutaient que quelque chose cloché à « Angel of the Lord » avaient cru le jeune homme.

Maintenant, ils étaient tous les quatre, enfin seuls, autour de la table. Mais Bobby semblait énervé.

- Bordel de merde ! Tu parles d'un plan, vous avez fait n'importe quoi !

- Ouais, ça s'appelle l'improvisation, badina le Winchester.

- La ferme, Dean ! Tu ne sais même pas écrire ce mot !

Le frère tiqua. Comprenant qu'il était allé trop loin, Bobby souffla un coup pour enfin s'asseoir.

- Pardon, kid. Mais putain, mon vieux cœur a manqué de s'arrêter... Faut que je vous le dise en quelle langue ? Vous êtes mes gosses, pigé ? Vous auriez pu mourir !

Castiel baissa la tête.

- Je suis désolé, c'est ma faute tout ça...

- Non, Cass, c'est la mienne...

- Nous sommes tous fautifs, avoua le cadet. Désolé, Bobby. On a mal agi, excuse-nous.

Le vieil homme souffla derechef.

- J'ai eu peur... J'ai cru que j'allais vous perdre. Mais au moins, ça a marché. Jody va récupérer les évadés, ils iront à Sioux Falls recommencer une nouvelle vie, comme vous l'avez fait. Mais bordel, la prochaine fois que vous débarquez avec des plans foireux, offrez-moi au moins un pacemaker !

Cette phrase fit rire le trio.

Ils attendirent une semaine avant de reprendre la route. Histoire de se reposer un peu, que leurs muscles se détendent et que la blessure de Castiel guérisse. Au moment du départ, Bobby embrassa ses garçons. Le vieil homme savait pertinemment qu'ils reviendraient bien vite, mais il ne put s'empêcher d'avoir les larmes aux yeux.

- Prenez soin de vous. Et plus de bagarres ou de plan débile, capiche ?

Dean sourit puis le rassura.

- Relax, on a fini ce qu'on avait à faire. Tout ça, c'est du passé maintenant. On va pouvoir vivre normalement.

- Tant mieux ! Parce que la prochaine fois que vous revenez ici, toi Dean je veux que tu puisses me lire un bouquin, toi Sam tu seras avocat et toi Castiel, je voudrais te voir sourire. D'accord ?

Ils acquiescèrent tous les trois avant de monter à bord de l'Impala. La Team Free Will quitta le garage avec une certaine nostalgie. Ils avaient réussi. Sam avait raison, cinq ans auparavant : ensemble, ils étaient invincibles.

« Carry on my wayward son
There'll be peace when you are done
Lay your weary head to rest
Don't you cry no more. »

Et voilà, et voilà !

Alors Barjy, tu aimes cette fin ?

Parce que là, je mets un point final à cette histoire et j'espère que ça vous a plu !

À jeudi pour la suite de « Rencontre Cosmique » !