Bon voici le chapitre 2. Une nouvelle fois, un lemon est intégré dans ce texte (après il n'y en a plus).
Hésitez pas à laisser des reviews si vous passez par-là, ça fait toujours plaisir. De plus, avoir un avis extérieur est intéressant pour s'améliorer.
Le capitaine Anderson avait appelé Shepard, laissant le Normandy sans son commandant. Honnêtement, c'était bien calme sans elle. Cela faisait quelques jours déjà que nous avions... copulé, et nous n'avions pas parlé une seule fois. M'évitait-elle ? Je peinais à le croire. Je montais en cuisine, demandant à notre cuistot en chef de me préparer un bon petit plat bien diététique. Un corps comme le mien, ça s'entretenait. Garrus était adossé au mur, en train de réfléchir sans doute. J'allais l'interrompre. Il me serrait la main puis me demandait ce qui m'amenait. Je lui montrais mon plat, il comprit tout seul. Puis sans vraiment comprendre comment, le sujet Shepard vint sur le tapis. Entre plusieurs chambrages, il avait lâché une phrase qui m'avait interpelé. "Le jour où tu verras la vraie Shepard, on en reparlera gamin. C'est une tout autre zone de combat". Qu'entendait-il par-là ? A peine lui avais-je posé la question qu'il s'éclipsait et prit congé pour régler quelques calibrages. S'il croyait m'échapper aussi facilement, il se fourrait le doigt dans l'œil. Je le suivis. Agacé, il se retournait vers moi. Voyant qu'il n'y avait personne, il s'approchait discrètement de moi pour me chuchoter à l'oreille. "Son côté tigresse, diablement sexy". Je rougissais automatiquement. Il reculait et me regardait, surpris. J'ouvris grand les yeux en regardant l'homme qui était devant moi. Les bras croisés, comme le ferais Shepard, il m'offrir son plus large sourire. Avait-il vraiment... ? Avec Shepard ? Non, je ne voulais pas y croire. J'allais rétorquer, lui répondant fièrement que moi, j'avais réellement couché avec elle, mais me sentant désolé pour le commandant, je ne m'y risquais pas. Je ne pensais pas qu'elle aurait aimé que je balance à quelqu'un ce qu'il s'était passé cette nuit. Mais j'étais curieux. Et pour Garrus, si ce qu'il me disait était vrai, dans quelle circonstance cela avait-il eu lieu ? "Là, tu deviens trop curieux Vega. Je n'en dirais pas plus. Sache juste qu'elle sait y faire, si tu vois ce que je veux dire" me répondit-il, en faisait un signe des plus significatifs. Il avait raison, je n'étais qu'un gamin car je me remémorais instantanément cette nuit, sa main sur mon pénis, son savoir-faire en la matière. Je bougeais ma tête de gauche à droite pour effacer cette pensée de mon esprit et je pris congé de Garrus, qui était clairement satisfait. Il m'avait mis littéralement KO.
Parler avec ce gamin m'avait fait repenser à ce jour-là. Je regardais mes trois doigts, me rappelant parfaitement de ce qui s'était produit, de ce qu'ils avaient fait en elle. La réaction de Vega avait été tellement mignonne, comme s'il imaginait la scène. En discuter m'avait presque rendu dur, ravivant des souvenirs intacts. Je n'arrivais plus à me concentrer sur mes calibrages, mon esprit étant ailleurs. C'était comme ce jour-là...
Un an auparavant, quelques jours avant la mission suicide :
Depuis ce matin, j'étais fixé à mes calibrages. Je n'avais pas mis le nez hors de ma zone. Je pouvais apparaitre comme un ermite, mais quand j'étais concentré, je pouvais rester des heures loin de tout contact. Puis, la porte du sas s'ouvrit. Shepard se tenait là, bras croisés. Elle m'observait. Légèrement déconcentré, je me tournais vers elle et l'invitait à s'exprimer. Après quelques questions sans réelle importance, elle me demandait comment les turiens se préparaient au combat. Je riais instantanément. Voulait-elle vraiment que je lui réponde ? Voyant qu'elle était sérieuse, je me mis à lui raconter comment cela se passait sur un vaisseau turien puis sans comprendre comment, je me mis à lui parler de mon combat avec une de mes équipières turienne. Son regard se transformait à mesure que mon intervention durait. Je continuais, lui expliquant que j'étais réputé avoir une belle allonge mais qu'elle était souple comme pas deux. Notre combat s'était achevé sur un match nul. Voyant que je n'allais pas plus loin dans mes propos, elle me scrutait avec intention. Attendait-elle le fin mot de l'histoire ? J'étais sûr qu'elle avait très bien comprise de quoi il en résultait. Mais c'était plus fort qu'elle. Shepard voulait savoir ce qu'il s'était passé après avec ma coéquipière. D'un ton malicieux, je lui fis comprendre que l'on avait fini dans ses quartiers. Après tout, c'était un bon moyen d'évacuer le stress. Un large sourire se dessinait sur ses lèvres. Je baissais la tête, un peu honteux d'avoir avoué ce genre de chose à mon commandant. "Vous avez l'air d'avoir accumulé pas mal de tension. Je peux peut-être vous aidez à l'évacuer ?" Incrédule, je lui répliquais que je ne la savais pas férue de combat à main nu. Mais elle vint se positionner près de moi. Elle décroisait les bras et vint poser une de ses mains sur mon épaule. Un léger frisson parcouru mon corps. Je la scrutais, essayant de comprendre son geste. "Et si on passait direct aux prolongations ? On pourrait tester votre allonge... et ma souplesse". Shepard venait-elle vraiment de me dire ça ? A moi ? Un charabia incompréhensible sortit de ma bouche puis elle vint poser son doigt ses mes lèvres. "Chut Vakarian, dites juste oui". Honnêtement, je ne pouvais rien lui refuser. Elle était la femme que je respectais le plus au monde. Sa proposition était plus qu'alléchante. Alors, pris dans un élan qui me surpris moi-même, je pris sa bouche pour mienne. Je sentis les commissures de ses lèvres s'allonger. Elle prolongeait mon baiser avec une passion dévorante. Mes trois doigts vinrent se poser sur sa chevelure. Mes mains se perdirent dans ses cheveux tandis que nos langues s'entremêlaient. Je démêlais ses nœuds alors que de nouveaux se formaient dans nos entités buccales. Puis, las de ne jouer qu'avec sa langue, la mienne se mit à descendre le long de son cou. Je ne savais peut-être pas comment les humains copulaient, mais je me doutais bien que ces êtres avaient aussi des zones sensibles. Visiblement, Shepard aimait bien les petits baisers dans le cou car je sentis sa main sur mon épaule s'enfoncer légèrement. Ma peau rugueuse ne sentit rien de cette pression. Je continuais mon ascension, tandis qu'elle m'aidait en enlevant ses vêtements. Sa combinaison vint se défaire jusqu'à la hanche, me laissant le champ libre. Hésitant puis entreprenant, mes mains se posèrent sur ses deux attributs féminins. Elle dégrafait son soutien-gorge couleur chair pour laisser mes doigts se poser sur ce qu'il cachait. Ma langue vint jouer avec ses tétons durcis, laissant échapper à Shepard un soupir de contentement. J'étais satisfait de voir que je pouvais lui procurer du plaisir malgré notre différence inter-espèce. Cela était peut-être rare, voir mal vu. Mais au fond, on s'en foutait. Nous n'étions que deux êtres consentants qui ne voulait faire qu'un. Elle me défaisait de mon armure, qui gisait désormais près de son sous-vêtement. Elle scrutait mon corps, voyant sans doute la différence qui existait entre elle et moi. Mais elle n'avait pas l'air dégoutée. Au contraire, ses mains se posèrent sur mon torse "difforme" selon les humains. Elle rigolait. Sa joie de vivre faisait plaisir à voir. Elle avait l'air pale depuis quelques temps. La pression de la mission suicide sans doute. Peut-être y avait-il quelque chose d'autre, mais honnêtement je ne savais pas. Mais la savoir, là, dans l'instanté, détendue et heureuse, suffisait à me combler de bonheur, quel que soit l'issu de cet ébat. Mes lèvres vinrent à nouveau se poser sur les siennes, essayant de lui faire ressentir les émotions qui voltigeaient dans ma tête. Mes mains remontèrent vers sa nuque, la tenant fermement afin de prolonger notre baiser. Je sentis les siennes œuvrer pour enlever entièrement ma combinaison, qui retombait jusqu'à mes pied. Je soulevais mes pieds puis dans un même élan, me défit de ce qui me restait de tissu. Shepard regardait avec intention mes faits et gestes, admirant ce qu'elle avait devant elle. J'en aurais presque rougis tant son regard était perçant. Par surprise, je sentis une pression se faire au niveau de mon pénis. Ses deux mains vinrent tenir mon sexe. Je la regardais, interloqué. Elle me chuchotait de me détendre et enchainait des mouvements rapides de va-et-vient. J'exultais, là, debout, nu comme un vers devant la femme que je respectais le plus au monde. Des sons roques sortaient de ma voix sans que je ne puisse les arrêter. Elle était drôlement douée, malgré la différence de peau. Elle prenait un malin plaisir à m'entendre car elle continuait de plus belle, alimentant de plus en plus le plaisir. J'avais envie de la faire mienne. Ce désir ne cessait de croitre. Me sentant venir, je posais une de mes mains pour lui faire comprendre d'arrêter. Elle me regardait, incrédule mais à la fois presque fière de m'avoir rendu aussi excité. Un sourire triomphateur apparaissait sur son visage. Ah, si elle pensait être la seule à pouvoir donner du plaisir… Sauvagement, je repris en main les opérations en la plaquant contre ma tablette de calibration. Avant qu'elle ne réplique, je pris sa bouche pour mienne tandis que je l'obligeais à s'assoir sur ce qui me servaient d'instruments de travail habituellement. Elle se laissait faire, plaçant ses bras sur mes épaules. Je me baissais pour enlever complètement sa combinaison. Seul un tissu de couleur noir recouvrait son intimité. Je voulais jouer avec elle, ne pas lui donner entière satisfaction même si au fond j'aurais aimé la prendre brutalement. Mes doigts parcouraient son corps, lui procurant quelques frissons. Elle me regardait, presque suppliante. Mon parcours se finissait entre ses cuisses. Puis j'aventurais mes doigts au travers de sa culotte, frôlant légèrement sa paroi vaginale avant de s'enfoncer. Un bruit sortit indépendamment de sa volonté de sa bouche. Un doigt puis deux puis un troisième entrait en elle. Je cherchais à découvrir son intérieur, qui était chaud et extrêmement humide. Déjà. Avant même que je ne rentre en elle. Elle soupirait d'aise. Elle avait vraiment envie de plus. Son corps entier me le démontrait. Ses sons faisaient monter en moi une envie folle. J'en devenais presque bestiale. Elle coulait à flot. Je sentais qu'il était temps. Je déchirais violement son cache-sexe. Mon organe au garde à vous vint se frotter contre son clitoris, alimentant en elle le besoin de me sentir plus profondément. "Arrêtez de nous torturer tous les deux Garrus, prenez-moi !" Et suivant l'ordre de mon commandant, je m'enfonçais en elle d'une seule traite. Nos cris allaient crescendo à mesure que je m'introduisais brutalement en elle. Son corps vibrait sous mes coups de reins, ses seins voltigeant devant mes yeux ébahis. J'avais l'impression d'être un adolescent qui goutait aux joies des plaisirs charnels avec la fille sur laquelle il fantasmait tous les soirs. Shepard était vraiment une femme d'exception. Même son corps était fantastique. Ses cris auraient fait bander n'importe quel homme. Je ne niais pas que les miens résonnaient presque plus fort. Mais la sensation d'être au fond d'elle était vraiment exquise. Elle n'était pas étroite comme pouvait l'être certaines turiennes. Elle n'avait pas la même température. Notre acte était vraiment différent. C'est qui le rendait si bon. Après un ultime coup de rein, je jouissais, déversant ma semence sur un sol désormais blanchâtre. Exténué, je posais ma tête sur son épaule. Elle acceptait ce contact, positionnant l'une de ces mains sur mon crane. Puis son autre bras entourait mon corps nu. Ce câlin se voulait doux, à l'inverse de notre acte qui s'était brutalisé à mesure qu'il perdurait. Je n'avais pas voulu la violenter ainsi, mais c'était Shepard. Elle voulait me sentir puissamment. Je ne l'avais pas déçu. En tout cas, je l'espérais.
Aujourd'hui :
Nous étions resté de longue minutes ainsi, voir peut être plusieurs heures. Je n'avais pas eu la notion du temps. J'avais seulement profité de l'instant. Elle m'avait tenu dans ses bras, sa chaleur humaine contrastant avec la température de mon corps. Elle avait réchauffé ma chair en même temps que mon âme. J'étais vraiment bête pour ne pas m'en être rendu compte avant. Elle n'était pas seulement celle que je respectais le plus au monde. Elle était la femme que je désirais profondément, bien plus que n'importe qui d'autre. Mais j'étais conscient que pour elle, je n'avais été qu'un exutoire. Je ne voyais pas d'autre alternative. Je m'en étais contenté. Je n'y pouvais pas grand-chose après tout. Nous n'avons jamais reparlé de cet acte. Plus d'un an que j'étais dans le doute, ne sachant que penser de cet ébat. L'avait-elle voulu ? Sans doute, c'était elle qui m'avait poussé à la luxure. Le regrettait-elle ? Je le pensais de plus en plus, voyant un déni incontestable s'élever de son côté. N'avais-je alors aucune chance de revivre cet instant ? Mes espoirs s'estompaient à mesure que le temps passait. Elle était redevenue Shepard, mon commandant. J'étais redevenu Garrus, son fidèle compagnon. Rien de plus, rien de moins. C'était peut-être mieux ainsi. Pour elle en tout cas. Car pour moi, c'était un supplice quotidien que de devoir feinter devant elle. Conscient de cela, je me dirigeais vers son espace personnel. Il était venu l'heure des réponses.
Lorsque je vis Garrus entrer en trombe dans ma cabine, je fus automatiquement choquée. Lui qui ne bougeait pratiquement pas de son périmètre était monté jusqu'à mes quartiers ? Et j'avais l'impression qu'il était assez remonté.
- Commandant, je suis désolé de m'imposer ainsi, mais je voudrais discuter de quelque chose avec vous. Quelque chose d'important...
- C'est rare que vous veniez jusqu'ici Garrus, est-ce si important ?
- Ça l'est, Shepard.
Son air était grave, son regard insistant. Je commençais à avoir un peu peur de l'issu de cette discussion.
- Cet... Acte, il y a un an... Je voudrais savoir... Est-ce que vous le regrettez ?
- Garrus ! Criais-je sans mégarde, mes joues rougissantes. C'est vraiment ce que vous pensez ?
- Oui Shepard. Nous n'avons jamais parlé de ce qu'il s'était passé, de cet instant... Mémorable pour moi. Comprenez-moi. Je suis peut-être un turien, un être qui peut être froid lorsqu'il le faut. Mais tout comme vous, j'ai un cœur. J'ai besoin de savoir pourquoi, de comprendre le comment, de connaitre la suite.
J'étais dans le pétrin. Si pour James, la situation avait été moins compliquée à gérer, là j'étais perdue. Ce n'était pas n'importe qui en face de moi. C'était Garrus. Un homme que je tenais en haute estime. Un homme qui comptait énormément pour moi. Mes sentiments se brouillaient, repensant à notre union qui avait été merveilleuse, il faut l'avouer. Son regard voulait une réponse maintenant, je n'avais pas le temps de réfléchir à la meilleure réponse.
- Je ne regrette rien, Garrus.
- Donc si maintenant, je vous proposais de le refaire, accepterez-vous ? Me murmura-t-il.
Je hocqua de surprise. Mes yeux s'ouvrirent légèrement plus, le regardant circonspecte. Depuis quand était-il si... Entreprenant ? C'était le mot, car il s'approchait dangereusement de moi. Je ne bougeais pas. Je le regardais seulement réduire la distance qui nous séparait. Je sentis son souffle sur mon visage. Sa main se posait sur ma joue brulante. Nos regards ne se lâchaient pas, scrutant l'autre avec intention, attendant une réaction. Mais elle ne vint pas de nous. La porte du sas s'entrouvrit faisant apparaître l'homme auquel je ne me serais jamais attendu.
- Je... Je suis désolé de vous interrompre, commandant. Mais vous étiez injoignable... Ah, je vois que votre canal est éteint. Peut-être alliez-vous être occupée... Mais nous avons un problème. Jack et Miranda se foute sur la gueule. Comme d'habitude allez vous me dire, mais là c'est vraiment sur la gueule. Jack a cassé un bras à Miranda qui s'est défendue, logeant une balle dans l'épaule du sujet zéro. Il faut vraiment que vous veniez régler cela !
La main de Garrus s'était vite enlevé de ma joue. Je regardais Joker qui, visiblement, avait l'air surpris de nous avoir trouvé aussi... proche. Je remerciais Garrus de sa visite puis suivit Joker qui s'était déplacé jusqu'ici malgré son handicap. Il me répondit qu'IDA était trop occupée à contenir les deux furies. Un rire instantané sortit de ma bouche. Il me regardait et souriait. Ce n'était peut-être que mon impression, mais je sentais dans son regard une certaine... déception. Il n'avait pas le droit. Il était celui qui m'avait rejeté alors il n'avait aucun droit de me juger. Néanmoins, je devais surement me tromper. Il n'était pas comme ça Joker, n'est-ce pas ? Pourquoi serait-il déçu, en colère ou même jaloux. Il avait IDA après tout. Il m'avait clairement rembarré. J'étais libre de faire ce que je voulais. Enfin... Là, je n'avais rien fais. Et honnêtement, s'il n'était pas venu, que ce serait-il passé ? Moi-même, je n'avais aucune idée de la tournure des événements... Garrus m'avait troublé, et plus que je ne le pensais. Je fus à la fois heureuse et secouée. Il ne s'était jamais montré aussi entreprenant. Et je n'étais vraisemblablement par contre...
- MAINTENANT VOUS ALLEZ VOUS CALMER ET EN VITESSE ! Cria Shepard, faisant stopper immédiatement les deux femmes qui se foutaient sur la gueule depuis un bon bout de temps.
Elle ordonna à deux de ses hommes de surveiller Miranda et Jack jusqu'à l'infirmerie. Les deux femmes avaient besoin de soin, c'était indéniable. Je regardais Shepard, qui montrait une nouvelle fois un visage froid et impassible. Pourtant, il y a quelques minutes encore, elle paraissait plutôt heureuse. Je dirais même qu'elle respirait le bonheur. Etait-ce l'effet Garrus ? Vraiment ? J'étais curieux, je voulais vraiment savoir ce qui s'était dit dans la chambre du commandant... S'était-il passé quelque chose ? En tout cas, si je n'étais pas rentré, je crois bien que oui... La main de Garrus s'était vite retirée de la joue du commandant qui n'avait pas l'air réticente. Un rictus se dessina sur mon visage. Heureusement, Shepard ne fit pas attention à moi. Elle s'était assise, le regard dans le vide, les mains jointes devant elle. Elle ne bougeait pas. Elle semblait complètement ailleurs. Je ne pus m'empêcher de croire qu'elle pensait à lui, à ce foutu turien. Je me détestais d'avoir de telles pensées. Garrus était mon ami. Shepard était mon commandant. Je n'avais pas le droit de me montrer égoïste. Avais-je été trop confiant ? Je me l'étais pourtant bien répété; ce soir-là, Shepard ne m'avait pas dit qu'elle m'aimait. En tout cas, pas comme ça. Et si j'en doutais, je venais d'en avoir la preuve. Son ignorance me faisait croire que je n'étais pas si important que cela. Ses pensées vacillaient pour un autre. Je ne devrais avoir aucun souci quant à cela. Après tout, elle n'était que mon commandant. Je m'approchais légèrement d'elle, la prévenant que je retournais à mon poste. Elle réagissait à peine à mon intervention, lâchant un léger hum avant de retourner dans son monde. Vexé, tête baissé, je quittais les lieux. Contre mon gré, j'étais énervé.
Lorsque je croisais une nouvelle fois Garrus, son visage avait tout bonnement changé. Interrogateur, je m'approchais pour obtenir des réponses. Mais toujours aussi secret, il ne daignait même pas me répondre. Il me gratifia seulement d'un large sourire. Qu'est-ce que cela voulait-il dire ? Je ne le compris pas tout de suite, mais quand Shepard fit son entrée, je vis le regard du turien se tourner automatiquement vers elle. Leurs regards se croisèrent quelques secondes avant que le commandant baisse les yeux, les joues légèrement rosies. Bordel, venais-je de louper quelque chose ? Garrus, mais quelle enflure ! Avec Shepard... Non, je ne voulais pas y croire ! Une nouvelle fois ? Il devait vraiment être un bon coup le salaud... Mais que Shepard craque pour... ça ? Sérieusement, j'avais du mal à le concevoir. J'étais même vexé. J'aurais préféré être à sa place. Depuis cette nuit, Shepard me hantait. Son corps collé au mien, ses gémissements ravissants, son intérieur chaleureux. Shepard me collait à la peau plus que je ne voulais l'admettre. J'en devenais mièvre. C'en était presque pathétique. Je secouais ma tête sous les yeux victorieux de Garrus, qui ne put s'empêcher de m'adresser un clin d'œil plein de sous-entendus. Il m'énervait cet enfoiré ! Je devais en avoir le cœur net, quitte à me faire détester par mon commandant. Je me dirigeais vers l'ascenseur, direction ses quartiers. Cette fois, elle serait sobre et moi aussi. Je devais tenter une nouvelle approche. Peut-être que ma chance n'était pas définitivement morte. Une fois arrivé devant sa porte, je fus empli de doute. Je n'étais pas légitime. Elle était mon commandant, elle n'avait pas besoin d'une quelconque permission. Surtout pas de la mienne. Après tout, notre acte n'avait pas réellement été voulu. En tout cas, pas de son côté. La porte du sas s'ouvrit, me faisant sortir de mes pensées. Indéniablement, je repensais à cette nuit. Merde, je devais me reprendre. Shepard était positionnée devant moi. Les bras croisés, elle me regardait d'un air interrogateur.
- Lieutenant Vega, que me vaut l'honneur de votre visite ?
J'étais plus stressé que je ne le pensais. Elle me faisait vraiment de l'effet. J'étais gêné, tel un adolescent qui avait fait une bêtise et qui devait se justifier.
- Je... Je pensais que nous devions discuter, mon commandant. Arrivais-je à articuler, non sans mal.
- Discuter ?
- Oui, vous savez... de notre... bégayais-je, n'arrivant même pas à finir ma phrase.
- Je vois. Entrez. Je croyais pourtant que nous en avions déjà parlé. Je suis désolée pour cette nuit, je n'étais pas totalement moi-même.
- Ce n'est pas à cela que je fais allusion. Enfin si, mais pas à cette idée.
- Hum ?
- Voilà Shepard. Je voulais savoir... Si c'était à refaire, le referiez-vous ? Avec moi j'entends.
Ses yeux s'agrandissaient. Ebahie, sa bouche s'entrouvrit me laissant une brèche. Je m'approchais avec hâte et vint prendre sa bouche pour mienne. Mon audace allait surement me couter cher, mais mon cerveau avait cessé de réfléchir lorsque mon regard se posa sur elle. Shepard ne me repoussa pas, prolongeant même à mon étonnement l'échange. Une de mes mains vint défaire son chouchou, laissant retomber sa crinière. Le souffle manquant, elle rompit le contact, les joues rosies. Je n'arrivais pas à déceler ce qu'il se tramait dans la tête de Shepard. Tantôt elle me blessait, tantôt elle m'acceptait. J'étais perdu. L'était-elle aussi ?
- Je suis désolée, James..., m'interrompit-elle dans mes pensées. Je ne peux pas. Avec vous.
Meurtri. Voilà dans l'instanté le mot qui me correspondait le mieux. Elle m'avait littéralement brisé, réduisant à néant mes derniers espoirs.
- Est-ce à cause de Garrus ? Murmurais-je pour moi-même, malheureusement un peu trop fort, car je vis le visage de mon commandant changer de couleur. Et sans même l'once d'une réponse, esquivant la question qui turlupinait Shepard, je couru vers la sortie pour m'échapper du gouffre dans lequel je venais de plonger.
Avais-je bien entendu ? James venait-il vraiment de me parler de Garrus ? Comment aurait-il pu être au courant ? Garrus avait parlé… Ce n'était pas son genre. Peut-être qu'ils s'étaient tous les deux confiés certaines choses… Intimes. Hum, impossible. Garrus me l'aurait dit. Ou en tout cas, me l'aurait fait comprendre. Mais au fond, le problème n'était pas là. Le souci venait du fait que James m'avait pris au dépourvu. Il m'avait embrassé, faisant emballer mon cœur plus que je l'aurais pensé. Je n'avais aucuns sentiments pour lui, mais mon corps avait répondu à son appel. Mes hormones devaient être à leur maximum. Notre acte m'était revenu en mémoire, par entièrement mais des brides me revenaient et hantaient mes rêves. Cela avait été un tel pied ! Cependant, je ne pouvais pas réitérer cet acte. J'avais déjà assez de problèmes comme cela. Garrus qui me perturbait. Joker qui m'avait brisé. Je ne pouvais ajouter James à cet échiquier. Surtout, je ne pouvais pas lui faire ça. Il ne le méritait pas. Au fond, c'était un brave gars, un soldat exemplaire. Il était empli de doutes, mais très vite ils s'estomperaient. Je n'étais qu'un fantasme. Consommée. Et c'est en ça que je ne comprenais pas son attitude. Pourquoi revenait-il à la charge ? Je ne pouvais pas croire qu'il m'aimait. Son attirance devait plus être sexuelle. C'en était-il rendu compte ? Au fond, j'espérais que ce n'était que ça. Sinon, ça me ferait une belle paire de manche... Ma vie était déjà assez compliqué bordel… J'entendis un bruit émettre de mon ordinateur, m'avertissant que je venais de recevoir un mail. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant le nom affiché… Kaidan. Il était clairement celui dont j'avais besoin.
