Alors que j'étais assis paisiblement à bord du Normandy, un bruit sourd parvint à mes oreilles. J'interrogeais IDA qui était à mes côtés, mais elle ne me répondit que par un simple hochement d'épaules. J'ouvris alors les caméras extérieures et mon sang ne fit qu'un bond. La citadelle était attaquée. Je n'y croyais pas. Je voulu me lever d'un bond, mais c'était sans compter sans ses foutus jambes. Je me rassis aussitôt, sous les yeux incrédules d'IDA. Puis, en jetant un œil à l'écran, elle comprit mon inquiétude. Sans un mot, elle se levait pour se diriger vers la sortie.
- Où vas-tu IDA ? IDA ? Réponds-moi bordel !
- Je dois y aller Jeff. Je serais plus utile là-bas.
Et alors que j'allais rechigner, elle ouvrit les portes du sas pour quitter mon champ de vision. Je voulu la suivre, mais ma condition ne le permettait pas. Bon sang, j'en avais marre d'être faible ! D'une caméra externe, je suivis IDA jusqu'à ce qu'elle prenne les escalateurs et disparaissent définitivement. Que pouvais-je bien faire ? Amarré, le Normandy ne servait à rien. J'essayais de joindre les services de la citadelle mais sans réponse. On était vraiment dans la mouise. Puis une voix sortit de nulle part. Je ne connaissais pas la personne mais je compris bien vite sa fonction. Elle m'ordonnait de patienter quelques secondes avant de pouvoir détacher notre vaisseau. Soulagé, j'attendis puis un coup de feu à l'autre bout du fil émana. Paniqué, j'essayais d'appeler la jeune femme, mais en vain. Mes yeux s'ouvrirent en grands, la terreur prenant place et prédominant sur tout le reste. Bien sûr, la mort faisait partie de notre quotidien. Je devais rester impassible. Mais ce sentiment macabre, ce n'était pas ma vie. J'étais seulement pilote, emmenant les soldats se battre au front. Au fond, c'était limite pire. Néanmoins, je n'avais pas de séquelles profondes. Entendre, c'était imaginer. Comprendre très bien ce qui s'était passé. On l'avait abattu. De sang-froid. Une femme pourtant innocente. Je sentis les larmes monter. J'avais peur. Pas pour moi. Peur pour eux. Pour elles. La citadelle était attaquée, elle qui était pourtant réputée comme impénétrable. Qui aurait osé ? Ma question fut bien vite élucidée lorsque je vis un vaisseau de Cerberus passer en trombe non loin du Normandy. Toujours coincé ici, je fus bien heureux de voir qu'il n'avait pas fait attention à ce qu'il y avait alentour. Non, son objectif était tout autre. Essayant de trouver une solution, je me retournais vers les écrans, en quête d'image vers l'extérieur. Je vis par la même occasion un clignotant rouge. On tentait de prendre contact avec moi. Précipitamment, j'appuyais sur le bouton.
- Joker ? Joker, vous m'entendez.
Bonheur. Joie. Soulagement. C'était le commandant et elle était en vie.
- Commandant ! Criais-je, mon enthousiasme se trahissant dans ma voix.
- Joker, enfin ! Depuis le temps que j'essaye de vous joindre ! Vous êtes seul ? IDA est avec vous ?
- Non, elle est descendue du vaisseau.
- Vraiment ? Oh mer…
- Commandant ?
- La connexion est vraiment mau… Je suis avec… Joker, est-ce… m'entendez ?
- Pas très bien commandant, pas très bien. Vous êtes avec ?
- La troupe, enfin presque. Je dois retrouver IDA. Vous pouvez… Vous… d'accord ?
- Pardon ? Commandant ? COMMANDANT ?!
Mais la liaison fut coupée. Je tentais de reprendre contact, mais en vain. Elle était livrée à elle-même et comme un con, je demeurais impuissant. Bordel !
- Joker ? Joker ? ET MERDE !
Perdant mon sang-froid, je me mis à taper dans un mur, devant les yeux incrédules de mes coéquipiers. C'était officiel, je perdais la boule. Je devais me reprendre, et vite. Reprenant possession de mes moyens, j'ordonnais à mes compagnons de se réunir pour mettre en place une ligne directive.
- Camarades, l'heure est grave. Si la majorité de nos ennemis sont à terres, on ne les a pas pour autant anéanti. Cerberus veut la guerre ? Elle l'aura ! On est certes en passe de gagner la bataille mais il faut maintenant obtenir la décision. Il faut détruire leurs troupes, maintenant. S'il l'on attend, on sera tous six pieds sous terre avant même d'avoir entreprit la moindre chose ! On ne peut pas faillir maintenant, nous avons une galaxie à défendre, un ennemi beaucoup plus fort à combattre ! Cerberus se met en travers de notre chemin depuis bien trop longtemps. Il est temps de mettre fin à leurs agissements.
Tous acquiescèrent. Je pris une profonde inspiration avant de continuer. C'était une chose que de booster ses troupes, c'en était une autre que d'élaborer la tactique parfaite.
- Si nous analysons la situation, on se rend compte que Cerberus n'a pu rentrer ici seul. Il y a forcément eut aide extérieur. Le reste du commando de l'organisation doit être en ce moment même aux côtés de la personne qui a pu faire rentrer ces enflures dans la citadelle. Il ne nous reste pas mile possibilités. C'est là où tout se joue. Il leur faut un passage qui mène au statioport. Si nous ne nous dépêchons pas, ils auront le temps de filer sans qu'on ait pu faire quoi que ce soit. Il existe deux moyens pour y accéder. Soit passer par les bureaux du SSC soit par la tour de la citadelle et prendre une navette. On ne peut négliger aucune piste. Pour cela, nous allons nous couper en deux groupes. James, Jack, Miranda et Liara, vous irez du côté du SSC. Si nos criminels sont là-bas, n'hésitez pas. Aucune pitié. Kaidan et Garrus, vous me suivrez jusqu'au sommet de la tour. Si les membres du conseil sont presque sains et saufs, l'un manque à l'appel et j'ai comme un doute sur ses exactions. Soit il nous attendra de pieds ferme avec une troupe d'élite autour de lui, soit il sera là-bas seul. Dans tous les cas, je me ferais un malin plaisir à m'occuper de lui. Maintenant, dispersons nous. Et le plus important : faite gaffe. La moindre erreur peut être fatale.
Après m'avoir solennellement salué, on se séparait pour mieux couvrir toutes les possibilités. Il était temps qu'on règle leur compte une bonne fois pour toute.
J'étais inquiet. Shepard ne disait rien depuis plusieurs minutes, mais je la sentais anxieuse. L'attaque nous avait tous surpris. Je ne fus pas assez rapide pour l'alerter. J'avais aperçus des hommes suspects prêts des statioports à notre descente. Au début, je n'y fis pas attention. Puis plus j'y repensais et plus j'étais curieux. En revenant sur mes pas, les hommes avaient bien sur disparu mais ce que j'avais vu au loin m'avait fait froid dans le dos. Un vaisseau était amarré. Même s'il avait été peint, je l'avais reconnu. C'était le vaisseau avec lequel l'homme trouble avait déjà essayé de nous attaquer. Enfin pas lui personnellement mais ses valets. J'avais accouru vers le commandant. Ce fut difficile de la trouver. Et lorsque je la vis avec Kaidan, j'étais désagréablement surpris. Que faisait-elle avec lui ? Mais l'heure n'était pas aux questions, je devais la prévenir. Et c'est ce que je comptais faire au moment où une bombe éclata. La fumée nous avait aveuglé. On entendait les gens paniquer, courir dans tous les sens. Mais la seule chose qui m'intéressait était de retrouver Shepard. Des coups de feu retentirent. Inquiet, je cherchais désespérément le commandant. Puis, un bras vint me tirer et m'engrena dans sa course. On sautait par-dessus les débris, essayant d'échapper à cette situation complètement folle. Une fois éloignés, je vis le visage de mon congénère. Quel ne fut pas mon mécontentement quand je vis que c'était Kaidan. J'allais partir mais il me retint, me faisant signe de ne faire aucun bruit. Cachés derrière des morceaux de bâtiments qui s'étaient écroulés, on entendit une multitude de pas faire hâte et passer en trombe sans nous apercevoir. Plus aucun doute. Leurs uniformes. C'était Cerberus. Une fois les soldats passés, on analysait la situation. Le plus important pour l'instant était de retrouver Shepard. Au moins, nous étions d'accord sur un point. Marchant sur nos pas, on revint à notre point de départ. Sans résultat. Shepard avait disparu. Les cadavres jonchaient le sol. C'était un spectacle affreux. Une cinquantaine de personnes devaient avoir succombé, une centaine d'autres étaient légèrement ou gravement blessées. Notre inquiétude allant crescendo, on déguerpissait pour poursuivre nos recherches. Partout, la terreur avait fait place. Très vite, on avait retrouvé le reste de l'équipage. Mais toujours pas de Shepard. On voulait prendre contact avec le vaisseau, mais seule le commandant avait le matériel nécessaire. Il était primordial de la retrouver au plus vite. Ce n'est que lorsque l'on entendit des coups de feu incessant qu'on comprit que la personne recherchée était peut-être plus proche qu'on ne le croyait. Traversant les décombres, on arrivait bien vite dans la cour extérieure de la citadelle, faisant face à un spectacle incroyable. Shepard, armée d'une mitraillette, fusillait tout sur son passage. Les ennemis tombaient comme des mouches devant la hargne de notre capitaine. Et lorsque les munitions vinrent à sec, elle accourut vers un abri et sortit un pistolet. Simple, mais efficace. Sans perdre plus de temps, on débarquait devant elle pour l'aider. En un rien de temps, une trentaine d'hommes et de femmes gisaient dans les jardins de la citadelle. Shepard sortit de sa cachette, tout sourire. Elle était visiblement soulagée de nous voir. De là, elle avait essayé de prendre contact avec le Normandy à plusieurs reprises. Au bout de la neuvième tentative, le lien fut établi et elle put prendre des nouvelles. Elle était rassurée d'entendre la voix de Joker, bien plus que je ne pouvais le penser. Son sourire trahissait sa pensée. Je déraillait. Notre survie dépendait de pas grand-chose et je me surprenais à avoir de telles idées. Je secouais la tête puis revint à la réalité. Shepard fit signe de la main qu'on pouvait avancer. En position, caché de part et d'autre du mur, on observait la situation. Si nous avions pu monter sans soucis, nous faisions maintenant face à plusieurs ennemis. Nous n'avions pas été repérés, mais ça ne saurait tarder. Hochant la tête, elle murmurait à Kaidan un « maintenant » et avant même que je réalise, il courut dans la pièce avoisinante et assommait les deux gardes d'une charge biotique. Instantanément, nous suivîmes le mouvement, armés de nos fusils à pompes. D'une roulade, Kaidan s'était caché, attendant que l'on finisse le travail. Une fois nos ennemis à terre, on accourait vers la pièce suivante. La dernière. A l'avant, Shepard se stoppa nette. Nos yeux suivirent ce qu'elle regardait. Nous étions scotchés. Il était là. Ce sacré Udina. Accompagné de huit hommes, dont deux avec ce qui ressemblait à des lances roquettes. Il n'était pas seul. Mais ce qui inquiétait le plus Shepard, ce fut la dépouille en face de l'ambassadeur. On l'aurait reconnu entre mile. C'était IDA. Pris d'une rage folle, Shepard déboulait vers Udina, qui n'attendait que ça. Ne pouvant la laisser agir seule, Kaidan et moi coururent à ses côtés pour l'aider à anéantir cet enfoiré. Kaidan, d'une charge biotique, envoyait valser un des deux balourds. Le second nous visait. Une roquette venait dans notre direction . De justesse, nous évitions le tir, nous séparant malencontreusement. J'avais déboulé vers la gauche tandis que Kaidan et Shepard étaient derrière un mur à droite. Analysant nos positions, je lançais une grenade aveuglante pour faire diversion. Shepard profita de cette brèche pour se diriger vers Udina et ses gardes. Des coups de feu retentissaient en même temps que les cris de rage du commandant. Kaidan sortit de l'ombre pour assommer deux hommes encore debout. Bientôt, il ne restait plus qu'Udina et un homme armé d'une épée. Son gabarit n'était pas impressionnant mais il avait l'air bien plus puissant que le reste. Udina était effrayé et se réfugiait derrière l'homme qui avait le sourire aux lèvres. Mais la balance ne pesait pas dans notre camp. Nous n'avions plus de munitions. Shepard accourut vers IDA, essayant de mesurer l'ampleur des dégâts. Au vu de son regard, son état était alarmant. Nous nous approchions d'elles tandis que les deux survivants restaient en retrait. Udina suppliait à l'homme de partir, mais bizarrement, il ne lui répondait. Quel étrange personnage. Puis le commandant se releva, une lueur dans les yeux qui me fit froid dans le dos. A quoi pensait-elle au juste ?
- Garrus, Kaidan. Emmenez IDA au vaisseau. Elle a besoin de soin de toute urgence. Il faut la réparer, nous ne pouvons pas la laisser comme ça.
- Mais commandant… lança Kaidan, comprenant tout l'enjeu de la demande de Shepard
- Pas de mais qui tienne ! Tenez.
Elle me balançait son micro qui lui servait de contact. Je la regardais, paniqué.
- Essayez de prendre contact avec les autres. Prévenez-les qu'on a trouvé les coupables et dirigez-vous vers le vaisseau !
Je voulus rétorquer mais elle était mon commandant, ma supérieure hiérarchique. On ne pouvait pas la désobéir. Kaidan avait très bien comprit cela. D'un signe de tête, je fis comprendre à Shepard que j'obéirais. Kaidan se dirigeait vers la sortie, me faisant signe de le rejoindre.
- Compris Shepard, mais vous avez intérêt à revenir car j'ai besoin de vous.
Mon regard cherchait à lui faire comprendre le sens profond de mes mots. Elle m'avait comprise, c'est en tout cas l'impression que j'en avais. Puis, elle détournait son visage, comme pour moins souffrir. Et avec Kaidan, nous quittâmes les lieux.
Une fois qu'ils eurent quitté les lieux, je pus me concentrer sur les deux loustics en face de moi. La situation était catastrophique et devenait réellement dangereuse pour moi. J'étais dans une impasse dont j'allais difficilement pouvoir m'en sortir.
- Alors commandant, qu'allez-vous faire maintenant que vous êtes seule et démunie ? Rétorquait l'homme inconnu en face de moi, un sourire fier se dressant sur son visage.
- Tout simplement vous tuer.
- Ne me faites pas rire Shepard ! Vous êtes livrée à vous-même. Complètement seule. Vous n'avez aucun moyen de vous échapper. Vous allez mourir. De mes mains.
- Ça, c'est ce qu'on verra ! Criais-je à pleins poumons.
Je me lançais sur lui, le surprenant légèrement. Je sortis mon couteau à la dernière seconde et le pointa sur lui. Il esquiva de justesse mon geste, se penchant vers la droite. Il prit ma main qu'il tordit. Un cri de douleur m'échappant, je repris mes esprits et le repoussais d'un coup de boule. Il vacilla vaguement avant de reprendre pleine possession de ses moyens et de s'élancer vers moi, armé de son épée. Je courus vers lui afin de récupérer le couteau qui gisait quelques centimètres à côté de mon ennemi. Il voulu m'asséner d'un coup d'épée mais je le vis arriver. Je roula vers la gauche puis d'un mouvement brusque, je réussis à couper légèrement son mollet. Presque sans mal, il me repoussait du manche de son sabre. Prenant mon fusil vide comme bouclier, je contrais ses coups mais l'un d'eux m'échappa et je sentis le fer transpercer ma peau. Je tombais à genou, me tenant le ventre. Le sang coulait à flot. Ses rires retentissaient.
- Vous êtes bien faible commandant. C'est comme ça que vous comptiez me tuer ? Pauvre femme.
Ma rage était à son maximum. Je voulais me relever mais la douleur était accablante. Désespérément, je tentais de me soigner avec ce qui me restait mais c'était peine perdu. La blessure était trop profonde pour être maté. Je devais en finir vite. J'entendis Udina lui ordonner de me tuer sur le champ, mais l'homme le gifla si fort qu'il en tomba à la reverse. Si j'avais pu, j'aurais ris, mais j'en étais incapable au vue de la situation. On croyait qu'Udina tenait les rennes, nous avions tort. Il n'était qu'un pion sur l'échiquier.
- Maintenant, relevez-vous. Montrez-vous digne une dernière fois avant que je ne vous achève.
Mon sang bouillonnant, je pris mes dernières forces pour me jeter sur lui. Son arme atterrit à quelques mètres de lui. D'un coup de poing, il m'envoyait valser plus loin, le temps d'aller récupérer son épée. Mais ne me laissant pas faire, je lui fis un croche patte qui le fit tomber à la renverse. J'en profitais pour me relever. Prudemment, nous nous scrutions du regard. Il avait clairement l'avantage. J'étais blessée. Il avait une épée. Mais les dés étaient jetés. Il fallait en découdre. Maintenant.
J'ai modifié l'attaque de la Citadelle (ME 3) comme on peut le constater. En gros ça donne de léger raccourci comme la présence de Kai Long pour un combat avec le commandant, chose qui ne se passe pas dans la Citadelle dans le jeu. J'espère que ça ne perturbe pas trop le déroulé de l'histoire.
