- Attendez dehors, nous allons faire notre maximum. Nous indiqua le docteur Chakwas, sans pour autant nous enlever notre inquiétude.

Je regardais Garrus qui n'avait pas dit un mot depuis notre sauvetage. Il était profondément anxieux. Je le ressentais. Et ce n'était pourtant pas son genre. Il devait réellement tenir à elle pour être dans cette forme d'état second. Au fond, je n'étais pas vraiment mieux. Je faisais les cent pas avec cette boule au ventre qui ne voulait pas me quitter. Ma main cachant mes yeux, je marchais pour ne pas penser. Pour ne pas revoir son visage sans vie. Pour ne pas la voir entrer dans l'infirmerie sous les yeux terriblement sombres du docteur. Pour ne pas me dire que c'était la fin. Je préférais penser à Shepard avec sa figure fière, son visage envoûtant, son corps passionnant. Je l'entendais nous donner des ordres, sa voix résonnant dans mon cerveau encore et encore. Et je me resituais cette fois-là, cette unique fois. Ce moment parfait. Cette union. Il était impensable pour moi qu'elle ne se relève pas. Inconcevable qu'elle nous quitte comme ça. Elle ne pouvait pas. Elle devait vivre. Nous mener. Combattre. Vaincre. C'était son credo, sa doctrine inébranlable. Ce n'était pas un vulgaire ninja qui allait avoir raison d'elle n'est-ce pas ? Non, elle était bien plus forte que ça. Elle était invincible. Même mes muscles ne pouvaient rien contre elle. Elle me l'avait prouvé à mainte reprise, me faisant tomber comme si je n'étais qu'un vulgaire objet. Elle était notre commandant. La femme la plus forte, la plus brave, la plus merveilleuse que j'avais connu, que je connaisse et que je connaîtrais de toute ma vie. Garrus m'interpella lorsqu'il vit Liara sortir en trombe de l'infirmerie. On la suivit machinalement.

- Liara, comment va-t-elle ? L'interrogeait Garrus, devant mes yeux perplexes.

On avait peur de sa réponse. On ne voulait pas entendre une mauvaise nouvelle. Il fallait impérativement qu'elle soit bonne.

- Son état est stable. Elle s'en sort avec quelques blessures assez graves, mais rien d'insurmontable.

- DONC ELLE EST VIVANTE ?! Lâchais-je, sur un ton plus affirmatif qu'interrogatif.

Liara acquiesça. Je laissais échapper ma joie, devant mes deux coéquipiers surpris mais compréhensifs. Liara affichait un sourire mièvre. Garrus libérait un ouf de soulagement. Un poids venait de nous être ôté. Elle était en vie bordel, en vie !

- Liara ?! Cria un Joker totalement essoufflé. Vous avez des nouvelles de Shepard ? Dites-moi qu'elles sont bonnes je vous en supplie.

- Elle va s'en sortir Joker.

Si je me pensais expressif, ce n'était rien face au bonheur dont faisait preuve Joker. Des gouttes vinrent se perdre sur ses joues, un large sourire prédominant sur son visage. Le docteur Chakwas fit son apparition et avant même que quelqu'un ne prenne la parole, Joker se précipita vers l'infirmerie. Assez rapidement, nous surprenant tous. Le docteur ne l'en empêcha pas, se décalant même pour le laisser passer et referma la porte du sas. Elle nous indiquait que Shepard était encore un peu KO mais réveillée. Garrus le premier quittait les lieux pour reprendre le chemin habituel et continuer ses calibrations. Je savais qu'il était déçu. Il aurait aimé voir le commandant. Au fond, ses calibrages étaient le moyen de canaliser sa peine. Mais je devais en avoir le cœur net. Il fallait qu'on mette les choses au clair.


Lorsque Tali m'expliqua le problème, mon cerveau avait déraillé. Son flux d'informations était incompréhensible pour moi. Je n'avais retenue qu'une chose : IDA restait IDA mais sans être véritablement l'IDA qu'on avait connu. En clair, elle avait oublié. Une remise à jour plutôt. Elle savait qui l'avait fabriqué, qu'elle était sa fonction, au service de qui elle était. Mais après, plus rien. Elle se souvenait vaguement de moi. Jeff, comme elle m'appelait encore. Un électrochoc. De plein fouet. IDA n'était plus ma IDA. Le manque de réaction fit réagir Tali, qui paniqua presque devant ma perplexité. Je n'arrivais plus à penser. IDA me regardait, sans comprendre véritablement. Pour elle, c'était normale. Pour moi, c'était une partie de mon existence qui venait de s'envoler. Dans une folie morbide, je me mis à rire. Au fond, je méritais ce qui m'arrivait. Je ne devais pas être avec IDA. Elle devait être neutre. Elle ne devait pas avoir de sentiments. Elle avait dérivé de sa mission, et en avait payé le prix fort. Et je n'avais même pas eu la force de l'en empêcher. La volonté. L'envie ? J'avais des doutes sur mes sentiments. On m'avait pris à partie, m'indiquant que je ne pouvais aimer une machine. J'avais rétorqué que si, je le pouvais. Et IDA faisait des efforts, montrait qu'au fond elle était peut-être bien plus humaine que la plupart des être humains. Et pourtant, j'avais des doutes. Je les avais enfouies mais ils existaient. Comment avais-je pu être aussi bête ? Elle était trop parfaite. Elle était à l'image de ma représentation idéale de la femme. Au fond, les critiques étaient fondées. Je n'étais qu'un geek qui avait cru bon de s'amouracher d'une femme objet. Un fantasme. Voilà tout. Et pourtant, j'aimais IDA. Je persiste encore aujourd'hui à croire que j'avais des sentiments pour elle. Cependant, cela ne pouvait aboutir. Elle n'était pas pour moi. Elle ne serait jamais pour moi. Je remerciais Tali pour avoir œuvrer à la remettre en état. Une de mes mains vint se poser sur la joue d'IDA. Elle était froide. Vide. Elle susurra une nouvelle fois mon prénom. Je brisais ce contact, comprenant que c'était finit. Belle et bien finit. Puis, dans un élan inconnu, j'accourus non sans mal vers l'ascenseur pour rejoindre l'infirmerie. Mon avenir était là-bas, pas ailleurs.


La douleur me languissait encore terriblement, malgré les calmants du docteur. Elle avait réussi, avec l'aide de Liara, à maîtriser l'ampleur des dégâts et en amoindrissant les retombés. Je ne la remercierais jamais assez pour tout ce qu'elle a fait. Lorsqu'elle ouvrit la porte du sas, j'aperçus le visage grave de Garrus et la voix porteuse de James. Je l'entendis crier, me faisant automatiquement sourire. Puis le docteur me laissa seule, avant que je vis entrer en trombe l'impensable. Joker, essoufflé. C'était tout simplement improbable. Il s'approchait de moi en trainant la jambe, vint s'asseoir sur la chaise et posa l'une de ses mains sur mon front. Je croyais rêver, honnêtement.

- IDA… va bien ? Arrivais-je à articuler, devant les yeux de mon timonier qui s'ouvrirent en grands.

- Elle va bien commandant, elle va bien. Me répondit-il tout en me caressant du pouce le front.

Son autre main vint se poser sur mon bras, et à ce contact je fus parcouru d'un frisson. Il se mit à s'excuser, sans aucune raison apparente, les joues rosies. Un sourire vint se dessiner sur mon visage tandis que Joker me regardait. Il était totalement différent. Bien sûr, il restait lui-même. Mais son regard m'offrait une vision que je n'avais jamais vue. Je n'osais pas y penser, mais cela ressemblait à du… désir ?

- Commandant, je suis désolé. Je sais, je viens de vous le dire déjà une bonne dizaine de fois. Mais vraiment, je suis désolé. Après tout, à chaque fois, c'est toujours de ma faute. Cette fois-là, c'était parce que je ne voulais pas quitter le Normandy. Aujourd'hui, ce n'est pas techniquement de ma faute mais j'ai été impuissant. J'ai même empêché Garrus de sauter pour qu'il vous vienne en aide. Pourquoi ? Sans doute parce que j'avais confiance en vous ? Non, ça serait mentir. C'était parce que j'étais jaloux. Oui, jaloux parce qu'il compte pour vous. Énormément. Bien plus que moi.

- Mais qu'est-ce que vous me racontez Joker ? Le coupais-je, complètement abasourdie par ses propos.

- Je comprends, je vois bien commandant. Son attitude envers vous. Garrus vous aime, c'est indéniable. Et quand je vous ai surpris dans votre chambre. Alors ok, mon intrusion était illégale et je m'en excuse. Mais vous ne pouvez nier ce que j'ai vu. Et après tout, je ne devrais pas réagir comme ça. Vous êtes libre d'aimer qui vous voulez, et Garrus est mon ami. Oui voilà, je devrais me réjouir pour vous mais…

Sa voix déraillait complètement, des larmes perlant sur ses pommettes. J'étais sur le point de craquer aussi, face à cette scène déroutante. Joker venait-il de m'avouer qu'il était jaloux ? Était-il en train de pleurer à chaude larme ? Son visage s'enfouit dans mon bras, voulant sans doute cacher sa honte.

- Vous n'avez pas le droit, pas le droit de me dire ça ! Vous avez IDA, vous êtes celui qui m'avait repoussé. Vous n'avez aucun droit de me juger ! Arrêter de me mentir, arrêter de me faire croire que je suis importante à vos yeux. Plus qu'un timonier envers son commandant. Merde Joker, relevez la tête et regardez-moi ! M'emportais-je, brisant définitivement ma carapace de femme froide et insensible.

Joker me regarda, ébahi, comme s'il ne comprenait pas un traite mot de ce que je venais de dire. Puis il ouvrit la bouche. Il avait capté. Ce soir-là. Il comprit que ce n'était pas une blague. Que mes mots étaient réels. Il voulut répliquer, mais sans doute les mots lui manquaient. Puis une pression vint se poser sur mes lèvres, faisant perdre toute lucidité à mon cerveau. Il venait de m'embrasser. Mes mains vinrent se perdre dans ses cheveux, puis se mirent à caresser sa barbe de trois jours. Je prolongeais ce baiser plein de fougue et de passion. En nous quittant, il se mit à murmurer mon nom, à plusieurs reprises. D'une voix sensuelle, sexy. Il me rendait folle. Alors je repris contact avec lui, le faisant légèrement sursauter avant qu'il n'y réponde. Il vint se poser sur le lit, prenant soin de ne pas toucher mes blessures. Mes lèvres se mirent à parcourir ses pommettes, son front, son menton, son cou. J'y apposais un doux baiser. Il se laissait faire, profitant pleinement de ces contacts. Je voulais plus mais ma condition ne me le permettait, la douleur me languissant à nouveau, me faisant sortir un cri de douleur. Joker, alarmé, me regardait avec des yeux de chiens battus. Je le rassurais du mieux que je pouvais puis me rallongeait. Il s'approchait de moi, le sourire aux lèvres. Puis une nouvelle fois, il les posa sur les miennes. Le bonheur était à son comble mais mes interrogations étaient encore présentes. Il fallait que je connaisse ses sentiments. Il fallait que je connaisse les miens.

- JOKER, ENFOIRÉ ! ÉLOIGNE TOI TOUT DE SUITE DU COMMANDANT SINON JE T'ÉGORGE !


- Garrus, il faut qu'on cause.

James m'avait suivi jusqu'à mes quartiers. Je ne savais pas pourquoi. Je l'avais laissé faire. Après tout, je m'en foutais.

- Vous m'avez entendu ? Il faut qu'on parle. D'homme à homme. Continuait-il, voyant que je ne répondais pas à son premier appel.

Je me retournais pour mieux lui faire face. Il avait les bras croisés. Comme elle. Et voilà que mes pensées déraillaient une nouvelle fois. Il fallait vraiment que je me reprenne. Je l'invitais à continuer, n'ayant pas la volonté de parler pour le moment.

- Je sais ce qu'il s'est passé entre vous. Avec le commandant, je veux dire. D'abord, sachez que je vois très bien ce que vous entendez par le côté tigresse. Oui, vous m'avez bien entendu, et à en voir votre réaction, vous êtes surpris. Alors pour vous, je ne sais pas comment ça s'est passé. Pour ma part, elle était bourrée. Je me sens encore mal pour ça. Mais elle m'a poussé à bout et j'ai pas pu résister ! Et malgré une nouvelle tentative, elle m'a repoussé. Pas parce que j'étais nul. Non, parce qu'elle pensait à quelqu'un d'autre. A vous.

- Vous avez tout faux, lieutenant.

- Vous doutez ? Ça crève pourtant les yeux !

- PUISQUE JE VOUS DIS QUE C'EST FAUX ! M'emportais-je à mon insu.

Vega recula de quelques mètres. Il ne m'avait jamais vu ainsi. Personne d'ailleurs.

- Ecoutez, vous croyez que ça me fait plaisir de dire ça ? J'aime Shepard bordel ! Oui, j'éprouve des sentiments pour elle ! Mais elle m'a jeté, elle n'en a pas voulu. Je persiste à penser que c'est de votre faute ! Alors arrêter de jouer au plus con avec moi.

- Ce n'est pas moi, Vega. Vous l'avez très bien vu comme moi.

- Vu quoi ?

- Qui est-ce qui est entré à l'infirmerie ?

Il me regardait incrédule. Puis sa bouche s'ouvrit en grand. Il venait de comprendre. Décidément, il n'était vraiment pas une flèche.

- Quoi ? Vous voulez dire que… Non, impossible !

- Et pourtant, c'est la vérité.

- Mais qu'est-ce qui vous fait croire ça ? C'est impensable qu'elle puisse… Avec lui.

- Je ne dis pas que son amour fut consumé. Je dis juste qu'elle l'aime.

- IMPOSSIBLE !

- Vega, reprenez-vous.

- Alors ok, j'aurais accepté de perdre contre vous. Vous êtes un turien, un sacré soldat, un bon gars. Je refuse de la laisser à lui ! J'ai appris ce qui c'était passé. Quand Shepard est morte. C'était de sa faute. Comment aurait-elle pu lui pardonner ça ?

- Vous la connaissez mal si vous pensez ainsi.

- Je ne sais plus quoi penser Vakarian ! La seule chose à laquelle je pense, c'est à étriper cet enfoiré !

- Calmez-vous.

- Comment pouvez-vous rester aussi posé alors qu'il est en train de vous dérober la femme que vous aimez ?!

- Parce que je savais que c'était une cause perdue.

- Ne soyez pas si défaitisme ! Je suis sûr que tout n'est pas joué. Pas vous concernant.

- Je ne veux pas incommoder le commandant plus que je ne l'ai déjà fait…

- Comment ça ?

- Je suis allée à la charge. Une deuxième fois. Vous parler la dernière fois m'a fait repenser à notre union. Elle fut sauvage, passionnée, parfaite. On avait feinté pendant trop longtemps. Je ne pouvais plus vivre un autre jour sans être clair sur sa position. Et quand je suis allée la voir dans ses quartiers… Fermez-moi cette bouche Vega, il ne s'est rien passé. Ou en tout cas, on n'en a pas eu le temps… Car Joker est entré dans la salle alors que ma main venait de se poser sur la joue du commandant.

- Vous voulez dire que… S'il ne serait pas intervenu… ?

- Je ne sais pas.

- Elle ne vous a pas repoussé ?

- Non.

- Alors c'est que tout n'est pas perdu bordel !

- Il est temps que je cesse de la torturer. Si elle arrive à obtenir Joker, alors je dois me retirer. Tout simplement.

- Sérieusement, vous me faite chier. Je ne savais pas que vous étiez comme ça, aussi lâche. Si vous ne voulez pas vous battre pour elle, libre à vous ! Pour ma part, je vais aller faire le portrait de cette enflure au plus vite !

James quitta la salle en trombe. La porte du sas se referma, me laissant enfin véritablement seul. Il s'était emporté bien plus que je ne le pensais. Il devait être vraiment accro. Après tout, comment ne pas l'être ? Mais il était surtout égoïste. Le bonheur de Shepard comptait bien plus que le nôtre. Et si son choix était Joker, alors soit. Il fallait que nous l'acceptions. C'était dur mais c'était comme ça. Je sentis une larme couler sur ma peau. De l'index, je vins gommer cette anomalie. La goutte continuait son ascension le long de mon doigt. Je la regardais, incrédule. Cela ne me ressemblait pas. Vraiment pas. Je m'étais trop impliqué dans cette histoire pour en ressortir sans une égratignure. J'avais Shepard dans la peau, dans le cœur, dans l'âme. Elle était mon tout, ma raison de vivre, mon unique passion. Sous la colère, je fis renverser tout ce qui traînait en face de moi. Je tapais sur ma table de travail créant des dérèglements. Mais je m'en foutais. Plus rien ne comptait. J'étais atteint d'un mal qui n'allait pas se réparer. L'amour s'était emparé de moi et me brûlait à petit feu. Je ne pensais pas que la non-réciprocité serait si dure à vivre. Je m'écroulais à terre et m'enfonçait dans un profond mutisme.


- JOKER, ENFOIRÉ ! ÉLOIGNE TOI TOUT DE SUITE DU COMMANDANT SINON JE T'EGORGE !

Je vis James ouvrir les portes de l'infirmerie avec rage. La peur se lisait sur le visage de Joker qui sursauta avant de reculer. On regardait le lieutenant, stupéfait, ne comprenant pas son attitude.

- James…

- Commandant, comment avez-vous pu ? Dites le moi !

- Je ne vous comprends pas.

- AVEC JOKER PARDI. C'est lui que vous choisissez ? Sérieusement ?

- Que voulez-vous dire, lieutenant ? Lui répondis-je, l'air menaçant.

Il déglutit. La peur venait de prendre place sur son visage. Il m'avait mise en rogne, il le sentait. Il cherchait ses mots mais avait peur d'envenimer les choses.

- Vega, si vous voulez bien nous laisser maintenant. Je n'ai pas à me justifier.

- Mais vous avez pensé à nous ? Rétorquait-il, en accentuant sur le nous.

Il parlait de lui, bien sûr. Mais j'avais aussi cette impression qu'il ajoutait une autre personne à l'équation. Et je compris très bien à qui il faisait allusion…

- Je vous aime, commandant. Je sais que ce n'est pas votre cas, mais voilà, je ne peux taire ces sentiments.

- Vous vous trompez lieutenant. Je ne suis qu'un fantasme, une passade.

- Ca c'est que vous croyez ! Je sais très bien ce que je ressens pour vous, je le sais bordel, ne remettez pas en doute ma parole !

- Comme vous aimiez Lola ?

Devant son silence, je compris qu'il ne voulait pas y répondre. C'étais cruelle de ma part que d'avoir ressassé le passé, son passé. Mais il fallait qu'il comprenne. Surtout, qu'il arrête. Il ne fallait pas s'attacher à moi. Je ne le méritais pas. Et je ne voulais pas le faire souffrir encore plus.

- Maintenant Vega, je suis désolée mais je ne peux répondre à vos sentiments.

Tête basse, James avait cessé de parler. Un silence accablant venait d'envahir la salle. Je voyais Joker qui, sur sa chaise, tapait du pied. Il était stressé. Il ne savait pas où se mettre. Je voulais le rassurer, mais même moi je n'avais pas les mots. Puis le docteur Chakwas entra. Sentant que l'atmosphère s'était alourdie, elle convia les deux hommes à quitter la salle pour me laisser reposer. Intérieurement, je la remerciais pour ça. Son regard vint se poser sur moi, accompagné d'un large sourire. Elle avait compris. Tout compris. Je lui répondis en retour puis m'allongea vraiment, il était temps que le sommeil m'emporte.