Petits rappels :

Source : Naruto

Genre: yaoi, romance, UA

Pairing : Naru/Sasu/Naru

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto !

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Note :

Hello à tous/toutes ! ^^

Voici le 2ème chapitre !

Je tiens à dire un ÉNORME MERCI à toutes les personnes qui ont lu le prologue, qui m'ont laissé des reviews ou qui suivent cette histoire !

Ça me fait vraiment plaisir ! J'espère que la suite vous plaira ! :)

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Réponse aux reviews :

Elikia : Tu vas savoir dès ce chapitre comment les choses ont évoluées dans le temps ^^

Tchaillya : C'est vrai que les parents de Sasuke meurent souvent assassinés XD Pas que je les aime pas, mais c'était le scénario qui convenait le mieux à mon histoire, du coup bah... xD on fait pas d'omelettes sans casser des œufs ! ^^ Pour le pairing, il n'y a pas "rôles" prédéfinis, Sasu et Naru sont réversibles ^^ héhé !

Zariapotter, Fanduyaoi, Fansn, Carole et Lokiragnarok : Un grooooos merci pour vos encouragements ! !

Et à tout(es) : Encore merci ! xD

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Bonne lecture !

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Addictif 1

Avec ou sans alcool ?


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POV Naruto

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YEEEEESSSS !

J'y crois pas ! J'ai réussi !

Moi, Naruto Uzumaki, 18 ans et toutes mes dents, ancien cas perdu diagnostiqué, je viens de recevoir mon certificat de fin d'études !

Le proviseur me félicite gentiment et je savoure le moment avec plus de fierté que je l'aurais cru.

J'y suis parvenu !

J'ai triomphé des examens finaux et quitte le lycée Seven avec des résultats qui m'étonnent moi-même ! Pas que je me sois pas donné à fond, au contraire ! Après tout, j'ai fais des études ma priorité depuis trois années maintenant, mais de là à finir 2ème de la promotion ? Sérieux ?! J'arrive pas à contenir la boule de joie qui se tord dans ma poitrine, mais ça fait un bien fou de ressentir ça ! Comme quoi les âneries sur les blonds, hein ! Mais plus que ça, c'est les conneries qu'on balançaient sur mon dos qui s'effacent subitement. Parce qu'aujourd'hui, le « bon à rien d'orphelin » a prouvé que son destin n'était pas écrit d'avance. Et ça, cette reconnaissance finale, c'est un bonheur qui n'a pas de prix.

M'efforçant de ne pas sauter partout comme un crétin, je quitte l'estrade installée dans la cour pour l'événement et rejoins Iruka-san avec mon précieux diplôme, le sourire jusqu'aux oreilles et remarque qu'il en pleure presque de joie. Quel sentimental je vous jure ! Dès que j'arrive à son niveau, il m'attire à lui pour une accolade virile et m'abreuve de félicitations, masquant à peine son trouble. J'ai envie de le charrier, mais je le laisse faire et profite de la chaleur des bras de mon principal soutien, de ma seule famille depuis huit ans maintenant. Huit années pendant lesquelles il est resté présent malgré les difficultés, et il y en a eu. Beaucoup dont j'étais victime, mais plus encore dont j'étais la cause.

« Félicitations Naruto ! »

Sans même les voir, je reconnais les voix de Shikamaru et Ino, les seuls élèves à m'avoir accepté durant mes trois années de scolarité ici. La remise des diplômes se faisant par classe et par ordre alphabétique, leur tour est déjà passé. Content de les voir, je me détache de ma madeleine de parrain qui cherche un clinex avec la force du désespoir et les félicitent à mon tour.

Autour de nous, dans la cour aménagée pour l'occasion, les élèves rejoignent peu à peu leurs parents et amis avec leurs certificats fraîchement reçus de la main du proviseur. Les rires et les cris de joie explosent de partout, de même que les discussions animées. En cette matinée de mars, le ciel est d'un bleu sans nuages. Le temps est superbe. L'atmosphère est gaie et je jette un œil presque nostalgique à l'établissement auquel il me faut désormais dire adieu.

Même si ma scolarité n'a pas été rose tous les jours, les profs étaient impliqués et ne faisaient pas de discrimination, la bibliothèque possédait la plus belle collection de livres sur les ninjas que j'ai jamais vu (et pour un fan c'est pas rien!) et même si 90% des élèves étaient de gros péteux sans scrupules, il n'y avait pas que des pommes pourries. Et l'exemple parfait, ce sont les deux zozos devant moi auxquels j'adresse mon plus beau sourire. Etant sur le départ, Shikamaru me tapote l'épaule en mode grand-frère, signe qu'il va me donner un conseil, et effectivement, ça ne tarde pas.

« Ino et moi, on va candidater à ToSen ! » M'annonce-t-il. « Avec tes résultats, tu devrais tenter aussi ! Ne rates pas ta chance ! Bon, j'y vais ! On s'appelle ! »

« Prends soin de toi blondinou ! » Rajoute la blonde en me décoiffant comme une sauvage au passage. Pas un brin de délicatesse chez cette fille. Mais ça fait son charme.

« OK ! Merci les gars ! Bonnes vacances ! »

« Pareil ! Abuses pas des ramens quand tu fêteras ça ! »

Fier de lui, Shikamaru m'adresse un clin d'œil mutin. Ino pouffe contre son épaule tandis que je grimace ouvertement. Suis-je aussi prévisible ?

« Tu es tellement prévisible ! Hahahaha ! »

Fichu parrain. Je l'avais presque oublié.

« Iruka ! »

« Alors, ramens ? »

Je renifle, agacé. Et puis merde à la fin !

« Oui ! » Je lance, et il éclate de rire, de même que mes amis.

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Midi arrivant à grands pas, c'est dans cette ambiance bon enfant qu'Iruka et moi nous rendons à l'Ichiraku, le meilleur restaurant de ramens de Konoha et de l'univers qui a ouvert ses portes il y a deux ans à quelques pâtés de maisons de la pension où nous vivons. Si c'est pas le destin ! Car oui, il doit y avoir un fil rouge reliant mon petit doigt à un bol de ramens ! J'en suis persuadé !

Quand nous arrivons à l'intérieur, j'aperçois Jiraya-san qui nous attend à une table en sirotant déjà un verre de saké. Bon sang ! Pas patient pour un sou celui-là ! Ce type, certains le décrivent comme un poivrot doublé d'un obsédé, d'autres comme un bon vivant. Ma version à moi est un mélange des deux, mais ma certitude, c'est qu'il est de loin le plus bel exemple de bienveillance que je connaisse. Il n'y a jamais eu une once de méchanceté ou de jugement dans son regard envers moi, et ce, malgré la somme d'ennuis que je lui ai causé.

« Gamin ! » Il lance en me voyant. « Alors ce diplôme, il est bien réel au moins ? »

« Tu oses douter de moi le vieux ? »

Ni une, ni deux, nous nous fusillons du regard et débutons une joute faite de grognements qui s'achève dans des éclats de rire à en faire trembler les murs. Jiraya-san me félicite avec une tape monumentale sur l'épaule, tandis qu'Iruka nous clame d'être plus discrets si on ne veut pas se faire jeter du restaurant. Nous rions de plus belle.

Après ça, les ramens tant convoités arrivèrent et là ! Ce fut juste excellent ! Succulent ! Délicieux ! Les meilleurs ramens du monde à n'en pas douter ! Tellement bons que j'en ai encore l'eau à la bouche tandis que j'attends le bus de 14 heures, au petit arrêt situé non loin de l'Ichiraku.

Pas mal occupés en cette période de fin d'année scolaire où les pensionnaires rentrent chez eux, Iruka et Jiraya-san sont rentrés travailler, non sans m'assurer de leurs pensées pour ceux que je m'apprête à rejoindre. Car en cette journée si particulière, il m'est impossible de ne pas leur rendre visite et leur partager ma joie.

Je veux être avec eux.

Je veux leur montrer ce diplôme qui m'a longtemps semblé impossible à atteindre.

Je veux leur renouveler mon serment d'aller de l'avant pour les rendre fiers de moi.

Et enfin, je veux l'ouvrir avec eux, cette enveloppe que Jiraya-san m'a donné tout à l'heure.

Le bus arrive et je m'y engouffre, le cœur à la fois heureux et lourd à l'idée de retrouver mes parents.

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Cimetière de Kyoto

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« Diplômé avec mention et 2ème de la promo ! Héhé ! Ça en jette hein ? »

Assis en tailleur face à la tombe de Kushina Uzumaki et Minato Namikaze, je leur montre mon certificat de fin d'études avec un sourire de pub pour dentifrice. C'est peut-être bizarre, mais quand je suis là et que je leur parle comme si de rien n'était, j'ai l'impression de les sentir près de moi. Et ça me fait un bien fou.

Souvent, je viens leur faire état de mes réussites et de mes échecs, les bassiner avec les petits détails de ma vie, quitte à passer pour un cinglé devant ceux qui viennent se recueillir d'une manière plus « traditionnelle ».

Que veulent-ils ? Se tenir comme un piquet en tirant une tronche d'enterrement, c'est pas pour moi. Et contrairement à ce que m'a dit une vieille il y a un moment déjà, je pense pas que ce soit leur « manquer de respect » que de leur faire partager ma vie. Au contraire. Sans compter que je les ai longtemps délaissés. Car si cette « relation » fait à présent partie de mon quotidien, je n'en ai pas été capable pendant des années. J'ai longtemps refusé de me confronter à cette stèle de pierre, rejetant la simple idée en bloc. Et je n'ai pas rejeté que ça.

Je tournais le dos à tout ce qui m'entourait. Iruka, Jiraya-san, chaque personne que je rencontrais. J'avais l'impression que la solitude engendrée par le décès de mes parents était une plaie béante que rien ne refermerait jamais. Les gamins du pensionnat me rendaient fou avec leurs moqueries et leurs insinuations. Je ne supportais pas de les entendre se vanter du foyer chaleureux qui les attendaient pour les vacances. Je ne supportais pas de les voir sourire sur mon passage. J'avais la sensation d'étouffer, de valoir moins que la boue sous leurs pieds, de n'être qu'un fardeau pour Iruka, un pauvre diable qui n'avait plus rien à espérer.

Maintenant que j'y pense, j'étais dans le noir complet. Rien ne m'atteignait, rien ne me faisait réagir dans le bon sens. Par contre, j'ai vite succombé aux incitations des gosses de l'extérieur qui me vantaient les mérites de l'alcool pour oublier. Cette forme d'oubli était amère et avilissante, mais il était facile d'y sombrer. En empruntant cette voie, aussi glissante qu'une pente savonneuse, j'ai entamé une chute qui semblait ne pas avoir de fin.

Jour après jour, je voyais le visage d'Iruka se creuser d'inquiétude, je ne l'écoutais plus et me bagarrais dès qu'un pensionnaire osait évoquer mon statut d'orphelin. J'étais devenu une véritable épreuve pour mon parrain. Si j'étais trop lourd à porter, il n'avait qu'à me lâcher. Je voulais qu'il me lâche car je ne valais pas la peine qu'il se donnait, mais en même temps je craignais l'abandon plus que tout. Pris entre le marteau et l'enclume, je sentais que je devenais vide.

Ma personnalité s'effaçait chaque jour un peu plus, noyée, anesthésiée par l'alcool. Rien ne comptait sinon cette boisson libératrice que je payais avec des sous volés à Iruka. Je m'en fichais de couler à pic. Je me fichais des autres et de moi plus que tout. Avec le recul, j'ai franchement envie de me foutre des baffes. Quel con j'ai été...

Si j'avais continué comme ça, qui sait où je serais aujourd'hui ? Certainement pas entrain d'annoncer cette bonne nouvelle à mes parents.

Le Naruto que je suis aujourd'hui, je le dois à Iruka, à Jiraya-san, aux gens comme Shikamaru et Ino qui m'ont tendu la main. Mais le déclic qui m'a ramené à la raison, c'est à quelqu'un d'autre que je le dois. Et je lui dois tellement que je ne peux le mesurer.

Soufflant un grand coup, je retire l'enveloppe de mon sac.

Une enveloppe bleu nuit, comme toujours.

Lentement, presque comme un rituel, je l'ouvre et m'empare de son contenu, une petite carte d'un papier de qualité d'un blanc immaculé. Comme d'habitude, le message n'est pas signé.

Les courbes, propres et nettes, s'étalent avec une élégance presque calligraphique, formant une écriture « princière » dont je détache difficilement les yeux, lisant et relisant en boucle ce message qui me touche plus que de raison, comme ses prédécesseurs.

« Mes plus sincères félicitations pour ces excellents résultats. Ils sont un pas important, loin d'être le dernier. S'il y a quelque chose que tu souhaites, choisis-le comme cadeau. C'est mérité. »

Je jette un œil à la stèle devant moi avec un faible sourire.

Entre l'émotion de savoir qu'il me suit dans l'ombre et la frustration due à son anonymat, je ne sais jamais quel sentiment prédomine. Mais aujourd'hui, il y a un vainqueur.

Cette personne a surgi dans ma vie quand j'étais au fond du trou et m'en a tiré avec une force qui me fait presque peur quand j'y pense. Elle ne m'a pas pris en pitié une seconde, au contraire. Elle a fustigé ma bêtise et m'a ordonné de faire face à mon destin. Alors même qu'on ne se connaissait pas, ses mots sont les seuls à avoir atteint la partie de moi qui vivait encore. Ils m'ont heurté comme un fouet et je me souviens avoir lutté pour me redresser et croiser son regard. Mais complètement saoul, j'ai perdu connaissance lamentablement.

Je me souviens avoir senti que, pour la première fois depuis le décès de mes parents, j'étais avec quelqu'un qui me comprenait. L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais deux jours plus tard, Iruka me présentait Kakashi et d'un coup, je me suis demandé si cette personne venait de changer la courbe de mon destin.

Et effectivement.

De l'aménagement de ma chambre au paiement du loyer, au règlement de mes derniers mois de collège, en passant par la chance d'intégrer le lycée Seven, il a tout réglé. Jamais de cadeau "superflu", mais Noël et mon anniversaire furent marqués par l'arrivée d'une carte habillée de cette même écriture. Toujours des mots sobres mais prévenants. Et leur seule existence me forçait à lutter pour ne pas perdre de vue le cap que je m'étais fixé.

Le soucis dans tout ça, c'est que je ne suis pas doué pour suivre les règles. Plus encore lorsqu'elles m'empêchent d'obtenir ce que je veux. Aussi, j'ai beau apprécier Kakashi, ça ne me fait pas oublier qu'il n'est qu'un intermédiaire.

L'autre soucis, c'est que j'étais tellement dans le pâté que je n'ai aucun souvenir fiable de son patron, hormis une main aux doigts longs et fins, ainsi qu'une peau d'une blancheur de porcelaine brusquement tâchée de sang. Bordel... Quand je pense que je l'ai agressé avec un débris de bouteille ! Qu'est-ce qui lui a pris de vouloir m'aider après ça ? Ça aurait vraiment pu mal tourner... Alors pourquoi ?

Si la question de son identité est dure à supporter, celle de ses intentions l'est encore plus.

Je refuse d'attendre plus longtemps.

Une brise fraîche salue ma décision en faisant tournoyer les feuilles dans un bruissement apaisant, tandis qu'après une dernière inspiration, mon téléphone en mains, je compose le numéro de Kakashi.

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POV Sasuke

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Le lendemain

Kyoto, Quartier de Konoha, Demeure Uchiha.

Bureau de Sasuke Uchiha, 18 heures 12.

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Mon bras-droit, Kakashi Hatake, est un homme d'expérience et de valeur que j'estime beaucoup.

Bien qu'il pêche par ses retards intempestifs et sa manie de lire des bouquins peu recommandables quand j'ai le dos tourné, je n'ai rien à lui reprocher.

Il est intelligent, prudent quand la situation l'exige, réactif le reste du temps, sournois quand il le faut, une nécessité dans le monde des affaires.

Je lui fais confiance car je le sais dévoué à ma famille depuis longtemps, et à moi depuis le drame survenu.

Néanmoins, aujourd'hui...

Depuis l'instant où je suis apparu sur la terrasse pour le petit-déjeuner jusqu'à maintenant, 18 heures 12 minutes et 45 secondes, il n'a cessé de me poursuivre avec à la bouche un refrain pour lequel je frise résolument l'overdose.

Buvant une gorgée de café pour me changer les idées, je ferme les yeux mais ne peux ignorer sa présence, droit comme un « i » devant la porte de mon bureau, son regard scrutateur planant sur moi comme une épée de Damoclès. Et franchement, j'en ai RAS-LE-BOL.

Il semble le deviner. Mais au lieu de me laisser enfin tranquille, ce que tout bon serviteur ferait, le voilà qui repart à la charge.

« Il a été catégorique. »

Allez, c'est reparti.

Posant ma tasse avec fermeté sur le bureau, je lui jette une œillade sans appel quant à ma décision.

« Un puissant industriel, un génie des finances ou un grand ponte du monde des affaires peut se targuer d'être catégorique, pas un gamin de 18 ans tout juste diplômé. »

Non mais.

Et accessoirement, ça veut dire que tu peux disposer.

« Mais il n'empêche qu'il a été catégorique. »

« Tu cherches à m'emmerder Kakashi ? »

« Loin de moi cette idée, Sasuke-sama. Mais il ne va pas en démordre.»

« Fais-le lâcher prise. »

« Pas moyen. »

« Kakashi. »

« Sasuke-sama. »

« Tu te fous de moi ? »

Parce que ça y ressemble.

Il commence à sentir le roussi pour sa pomme. Mais il refuse d'abandonner. Ce serait trop facile.

« Non. Mais Naruto-kun est sérieux. Et il a présenté cette demande comme le cadeau que vous lui avez proposé comme récompense. Votre parole est en jeu. »

« Et un Uchiha n'a qu'une parole. » Je lâche, agacé.

Kakashi mène 1-0 et je sens la migraine poindre, ainsi qu'un vague désir de meurtre sur sa personne. Sérieusement ?! Est-ce que je le paye pour avoir raison quand j'ai tort ?

Tandis que je réfléchis à une bonne manière de lui faire payer ce revers de malpropre, il me couve de son sempiternel regard rieur, ravi que nous ayons trouvé un « terrain d'entente ». Je le soupçonne fortement de s'amuser à faire évoluer les choses dans un sens complètement à l'opposé de ma volonté. Pourquoi ? Allez savoir. Tout ce que je sais, c'est que cet idiot de pornovore s'est tellement pris au jeu du bon samaritain qu'il a fini par se prendre d'affection pour le gamin. Et maintenant, il veut que je fasse pareil. Les employés je vous jure...

Voyant que je cogite, il s'approche de moi en souriant.

A sa place au lieu de rire, j'irais rédiger quelques CV.

« Naruto-kun le mérite bien. »

Allez, il en manquait une couche.

« Il travaille dur, je le reconnais. »

« Et vous lui avez promis un cadeau. »

« Si j'avais su. »

Car oui, un Uchiha n'a qu'une parole.

J'ai promis un cadeau à ce garçon que j'ai décidé d'aider il y a trois ans maintenant. Et comme présent, il a demandé la seule chose qu'il ne pouvait pas avoir autrement : un rendez-vous avec son bienfaiteur, c'est-à-dire moi. Subtil, mais efficace. Je dois m'aligner.

Selon Kakashi, c'était une question de temps et ça me pendait au nez. Selon moi, il débarquerait devant le gosse avec une Audi surplombée d'un nœud papillon, on n'en parlerait plus. Mais soit. Si Uzumaki Naruto n'a rien trouvé d'autre à demander, faisons comme ça. Mais on le fera à ma manière. Certes, ce n'est pas exactement ce qu'il veut, mais c'est la meilleure solution pour moi.

« OK, Kakashi. » Je souffle, reprenant la lecture que j'avais entamé avant son arrivée dans la pièce. « Voilà ce que tu vas faire ».

Tandis qu'il m'écoute attentivement, je vois son visage se tendre sous l'effet de la surprise. De toute évidence, ce n'est pas le tableau qu'il s'était imaginé. S'est-il cru dans Candy?

« Je ne pense pas que... » Tente-t-il, mais je l'arrête immédiatement.

« Peu importe. C'est décidé. »

Et un Uchiha ne revient jamais sur sa parole.

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POV Naruto

Trois jours plus tard,

Café Chidori, Kyoto, 15 heures 45

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C'est aujourd'hui.

Today is the day.

Regardant l'écran de mon téléphone portable, je note qu'il est 15 heures 45, soit cinq minutes de plus qu'à mon précédent coup d'œil. Je prends une longue respiration et reporte mon attention sur le lieu du rendez-vous : le café Chidori, en périphérie du centre-ville de Kyoto.

Avec sa décoration moderne, ses fauteuils design rouge et noirs, son sol d'aspect métallique recouvert de tapis rouges vifs et ses néons de boite de nuit, c'est un lieu qui me plait bien. L'atmosphère est chic mais décontractée et j'ai pas l'impression de trop faire tâche. Déjà ça de pris.

Tandis qu'un couple prend place sur la table voisine, je me perds à regarder l'heure de nouveau. 15 heures 50. Plus que dix minutes à attendre.

Franchement, quand Kakashi m'a annoncé qu'il était parvenu à convaincre son patron de m'accorder la rencontre tant demandée, j'ai cru que mon cœur s'était arrêté net. J'ai beau l'avoir bassiné ferme pour obtenir gain de cause, je doutais qu'il y parvienne aussi vite. C'est à se demander s'il ne souhaitait pas ces retrouvailles entre son boss et moi lui aussi. En tout cas, je lui dois une fière chandelle.

Pendant trois ans, si je n'ai pas cherché à briser cet anonymat, ce n'était ni par respect des règles, ni par manque d'envie, mais par refus catégorique de le revoir sans pouvoir le regarder dans les yeux. Avant de lui faire face, je devais me ressaisir, aller de l'avant et démontrer que j'en voulais. Aujourd'hui, je crois que je suis sur la bonne voie. Et je ne peux plus attendre. Le soucis, c'est que j'ai tellement de choses à dire et à demander... que j'ai peur d'en oublier la moitié.

Si le remercier est une évidence, je veux aussi connaître les raisons qui l'ont poussé à m'aider. Et s'il ne veut pas s'attarder sur les détails, le regarder dans les yeux suffira. Ma mère disait souvent qu'avec les mains et la voix, les yeux d'une personne étaient ce qui la décrivait le mieux. Aussi, j'espère y trouver les réponses à mes questions.

Pourquoi avoir aidé un inconnu qui a tenté de l'agresser ?

Les mots de certains pensionnaires me hantent et j'ai besoin d'en avoir le cœur net.

Est-ce vraiment de la bienveillance gratuite ? Ou alors le caprice d'un millionnaire dont il se vante comme d'avoir sauvé un misérable animal ? Est-ce un acte honnête ou vais-je avoir à le regretter un jour ?

Je m'en veux de penser à ça, mais je ne peux plus rester dans l'ignorance. J'ai besoin de revoir cette personne. Je suis sûr que croiser son regard effacera mes doutes, qu'elle est incapable de s'être servie de moi pendant tout ce temps.

Un sourire impatient se dessine sur mes lèvres, tandis que mon cœur s'emballe brusquement. Enfin, mon téléphone répond à mes attentes.

16 heures tapantes.

Je pense devoir patienter encore un peu, mais une voix masculine m'interpelle.

« Uzumaki Naruto ? C'est bien toi ? »

Aussitôt, je me tourne pour croiser enfin son visage.

« Yep ! C'est bien moi ! Tu me reconnais pas ? Enfin, vous... » Je corrige.

« Tu peux me tutoyer. » Il répond, et je sens que ses prunelles me scrutent avec attention, partagées entre surprise et quelque chose que je peine à nommer. Mais la surprise prédomine et je devine pourquoi.

« J'ai eu une grosse poussée de croissance depuis ! » Je juge bon d'expliquer. « Je suis passé d'1 mètre 50 à 1 mètre 75 en deux ans à peine ! »

« C'est donc ça ! » Il reconnaît en me décochant un sourire amusé. « J'avais peur de me tromper de personne, je suis rassuré. »

« Je ne pense pas me tromper non plus, mais je préfère m'en assurer... Tu es bien... »

Je n'ai aucune raison d'hésiter et ma question me paraît soudain affreusement déplacée. Mais il répond sans en tenir compte.

« Tu ne fais pas erreur. » M'assure-t-il. « Tu as demandé à me voir. Me voici. »

Sa phrase peut paraître un peu sèche, mais son sourire atténue le tout et je me détends. Nous nous asseyons tranquillement, tandis qu'à mon tour, je l'observe à la dérobée, cherchant à réenclencher ma mémoire défectueuse.

Bizarrement, je ne ressens aucune nostalgie particulière, mais il a l'extrême blancheur de peau dont je me souviens. Il est moins grand que moi désormais (je conçois son choc !), mince et élégant. Ses cheveux sont noirs, courts et bouclés, et ses yeux marrons comme des châtaignes. Il est peu ou prou ce que j'imaginais, même si ça m'étonne de le voir aussi ouvert et amical après le tas de précautions prises pour conserver son anonymat. L'explication viendra surement plus tard. En tout cas, ça me fait plaisir que la glace se soit brisée si vite.

Un serveur vient prendre notre commande, et je reviens rapidement à la réalité.

« Un Brandy pour moi. Et toi Naruto ? »

Après un rapide coup d'œil à la carte, je trouve mon bonheur et l'annonce.

« Un cocktail de fruits s'il vous plait. »

Le serveur s'apprête à me poser une question, mais mon « bienfaiteur » le devance, son regard ambré ne me lâchant pas une seconde.

« Avec ou sans alcool ? »

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POV du « bienfaiteur »

Café Chidori, Kyoto, 16 heures 10

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« Sans alcool, merci. » Affirme-t-il, presque solennel.

J'ignore pourquoi il met tant de sérieux pour répondre à une question aussi triviale, mais peu importe. C'est dommage qu'il ne veuille pas se lâcher tout de suite, mais je suppose qu'il préfère jouer la carte de « l'enfant sage » devant son « bienfaiteur ». C'est mignon.

Mais c'est naïf. Et surtout inutile, vu que je ne suis pas cette personne.

LOL.

A 21 ans, avec mon physique irrésistible, je suis la nouvelle idole du show business nippon, l'étoile montante du cinéma japonais avec mes apparitions spectaculaires dans « Momo le lapin de glace » et « Le prince des vallées » ou j'incarne un elfe mille fois plus sexy qu'Orlando Bloom et sa pâle chevelure dans le Seigneur des Anneaux. Je suis donc acteur, mais pas que.

Il m'arrive d'accepter des petits jobs supplémentaires que je trouve fort distrayants.

Les demandes viennent toujours de personnes haut placées. Le mot d'ordre étant la discrétion absolue, je connais rarement l'identité de mes employeurs, même si je la devine parfois aisément. Je suis engagé pour mettre à contribution mon incommensurable talent lors de petites « mises en scènes » grassement payées. Le tout incognito, bien entendu. Et non seulement c'est sacrément rentable, mais c'est foutrement marrant. Comme d'endosser le rôle d'un psychiatre pour une fille dont les parents voulaient savoir les petits secrets et notamment si elle comptait fleurette avec le jardinier. Une vraie bécasse, je vous dis pas.

D'ailleurs, les demandes sont souvent de ce type. Du lavage de linge sale en huit clos avec un spectateur aux premières loges : moi.

Mais c'est la première fois que j'ai une demande pareille.

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Commanditaire inconnu.

L'objet est une entrevue aujourd'hui, 16 heures tapantes au café Chidori avec un blond de 18 ans dénommé Naruto Uzumaki.

La mission est d'incarner le commanditaire, qui lui fournit une aide financière depuis trois ans. De répondre à ses questions de manière claire et sérieuse, tout en restant distant. De le rassurer sur le fait que l'aide est sans remboursement d'aucune sorte, pour lui permettre d'aller de l'avant et de se construire un futur en bonne et due forme. De refuser tout autre rendez-vous en expliquant être occupé et sur le départ pour l'étranger. S'il aborde l'altercation survenue il y a trois ans, montrer que le sujet est clôt. Ne pas allonger la discussion. Partir au bout d'une heure.

Interdiction de dévoiler mon identité. Interdiction de dévoiler la nature du contrat. Interdiction de recontacter le jeune homme ultérieurement.

L'ensemble des règles est indiscutable et inviolable.

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Une vraie demande de mafioso.

Mais franchement, si j'avais su... Parce que si j'aime que les filles m'acclament comme l'idole que je suis, mon attirance se porte sur les hommes, beaux de préférence. Et ce blond aux yeux bleus pétillants, avec son teint tanné et son corps bien bâti... Il me plait grave. Plus que ça, je le veux.

Le serveur nous apporte nos boissons, tandis que ce pur canon me raconte je ne sais quoi. Ça fait un petit moment qu'il débite un flot de paroles incessant, passant de la gêne à l'enthousiasme. Ayant capté quelques bribes comme « excuse », « merci » et « redevable », je suppose qu'il me couvre d'éloges pour l'avoir aidé, enfin, celui qu'il croit que je suis.

Très sincèrement, je préfère me concentrer sur ses lèvres que sur ses mots, mais je me décide à parler avant qu'il ne réalise mon indifférence totale pour cette discussion. J'en profite pour suivre les consignes du commanditaire et le rassure, plaçant au passage quelques compliments sur le jeune homme mûr et responsable qu'il est devenu. Il est touché et se frotte l'arrière de la tête avec un sourire débile sur les lèvres. Et moi je suis coincé par les foutues règles de ce contrat.

Sans cesser d'y penser, j'avale lentement une première gorgée de Brandy, tandis que mon vis-à-vis sirote son cocktail comme un gamin. Cette mission devient sérieusement problématique. Même pire que ça.

« Euh ? Vous m'écoutez ? »

Non.

« Excuses-moi, j'étais pris dans mes pensées. Le travail... » Je souffle, faisant mine d'être épuisé. « Tu disais? »

« Que j'aimerais bien connaître votre nom... Vous ne me l'avez pas dis encore. »

Effectivement.

Et il y a plein de choses que je dois encore te dire, mon lapin.

« Je vais te le dire Naru, mais avant, buvons calmement. Ne t'inquiètes pas, je ne compte rien te cacher. »

D'abord surpris par le surnom, le voilà de nouveau ému. Je vois bien qu'il admire cette personne que j'incarne. Ça me fait chier, mais ça va me rendre un précieux service. Crédule comme il est, le mettre dans mon lit sera aussi facile que voler une sucette à un bébé. Avec quelques sourires, quelques compliments bien placés et en lui faisant miroiter la vie de luxe que je mène, ce gosse va me manger dans la main. Je ne lui donne pas une semaine pour être à mes pieds, comme un esclave dévoué.

Nous terminons nos verres en silence. Naruto semble appréhender la signification de ma phrase précédente, mais je le rassure de mon sourire le plus avenant.

« Allons-y. » Je propose en me levant.

Tout d'abord étonné, le blond se lève et me suit. Bientôt, m'obéir sera une seconde nature chez lui. Les gamins sans le sou comme lui savent très bien où est leur intérêt.

Nous rejoignons l'accueil où je discute un moment avec la demoiselle de la réception, lui demandant de nous conduire dans un des salons privés de l'établissement. Il en compte huit, quatre dans chaque aile, destinés aux clients qui souhaitent prendre un verre en toute tranquillité. Etant un habitué, ma demande est vite acceptée et une serveuse nous conduit dans une des pièces.

Naruto est surpris et me demande ce que nous faisons là. Un rictus de prédateur naît sur mes lèvres, que je camoufle sous un sourire contrit.

« Excuses-moi Naru. Au départ, je pensais que garder l'anonymat était une bonne idée... Mais en t'ayant revu... Je réalise que je peux te faire confiance et que tu sauras rester discret, n'est-ce pas ? »

« Bien entendu ! Je ne veux pas connaître ton identité pour aller le crier sur les toits, hein ! J'en ai besoin pour moi, pour... »

Oui, oui. C'est bon.

« Je sais que tu es quelqu'un de bien. » Je souffle. « Et j'ai très envie de te connaître mieux. »

Oh ça oui.

« Ce serait super ! Je ne pensais pas que tu... »

« Mais c'est le cas. » Je l'interromps. « Soyons amis, ok ? »

Il me décoche un pur sourire de gosse. Plus naïf que ça tu meurs.

« Ok ! »

Il tend sa main vers moi pour la serrer, et je profite de l'occasion pour envoyer chier les « règles » de mon crétin d'employeur. Parce que sérieux, qui que soit le con haut placé qui m'a embauché, il est pas né celui qui me mettra à la diète forcée. Et surtout pas devant un morceau pareil. Le temps que ce type réalise ce qui se passe, j'aurais déjà eu ce que je veux.

Je serre la main du blond et le couve de mon regard le plus pénétrant. Puis, sous ses yeux ahuris, je retire les lentilles de contact marrons et la perruque bouclée qui obstruaient 90% mon sex appeal, dévoilant ma longue chevelure d'ébène et mes yeux de givre. Il est sur le cul. Je souris.

« Je suppose que tu me reconnais, mais je me présente. L'homme qui a cru en toi depuis le début et qui ne te laissera jamais tomber, c'est moi, Neji Hyuga. »

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A suivre...

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Notes : Ici, nous sommes en mars, car c'est la fin de l'année scolaire au Japon. Par ailleurs, il n'y a pas d'examen de fin d'études au Japon, mais un test d'admission à l'Université. J'ai un peu modifié les choses, d'où la remise du certificat de fin d'études ! ^^ Je risque de distordre un peu la réalité encore quelques fois, je m'excuse d'avance!


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Voilou ! Ce 1er chapitre s'achève ! J'espère que cette suite vous plait ! ^^

Encore d'énormes remerciements à tous ! :)

A bientôt pour la suite !

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