Bonjour, bonsoir et bienvenue ! Voici le chapitre deux de ma petite fanfiction. J'espère qu'elle vous plaît. Au début, c'était prévu pour n'être qu'une seule et même fiction en gardant cette séparation entre les chapitres pour être publiée aujourd'hui, samedi, comme d'habitude... Mais j'ai eu cette petite idée et après réflexion entre moi et moi-même, il a été décidé que ce serait exceptionnel. Voilà !

Et puis, je trouve que c'est bien plus agréable de lire petit à petit que de tout donner d'un coup. Donc demain sort le dernier chapitre avant de reprendre une publication normale.

Je vous souhaite une bonne lecture et laissez un commentaire.


Passer de la rigolade aux souvenirs d'antan 2

01 novembre, La Toussaint ou les morts prennent vie

-Je vais mourir ! C'est obligé ! Il n'y a plus rien à faire. Sammy, prend soin de mon bébé.

Un râle d'agonie retentit dans la chambre de l'aîné. Sam était à son chevet, assis sur la chaise qu'il avait approché du lit.

-Tu vas t'en sortir.

-Non ! C'est fini pour moi. Aaaah ! Ça y est, ça recommence. J'en peux plus, achève-moi !

Sam lui frappa le bras.

-Ne dis plus jamais ça ! La prochaine fois que tu me sors que tu veux mourir, je te tue. Tu m'as entendu ?

Dean hocha doucement la tête. La pièce tournait, tournait sans s'arrêter. Il lui était impossible de fixer son regard et s'il osait essayer...

-Sam, je vais vomir, je...

Le seau tendu par le cadet lui permit de décharger son estomac une nouvelle fois par-dessus le rebord du lit. Cette scène dura une minute ou deux avant qu'il ne repose lourdement la tête sur l'oreiller et le regrette.

Sam le regarda faire, grimaçant de douleur et suant abondamment. Les bras lui tenaient la bouillotte qu'il avait posé sur son ventre.

Tout avait commencé durant la nuit, vers trois heures trente du matin. Sam se réveilla brutalement. Papillonnant à plusieurs reprises, tout ce qu'il voyait était le noir, sa chambre noire. Rien de particulier.

Il allait fermer les yeux, s'entend le sommeil revenir au galop, lorsqu'il entendit la chasse d'eau de la chambre voisine. Ça ne pouvait être que ça.

Sam s'allongea dans son lit, sous ses draps. Il n'y avait rien de mieux que de dormir sous des draps propres et bien au chaud. Cette dernière pensée cohérente acheva ses dernières forces.

La chasse d'eau acheva son sommeil réparateur. Il soupira, n'en pouvant plus. Il hésita à se lever. Il était bien sous ses draps, quand même...

Psssssccccchhhhh. À nouveau la chasse d'eau.

Bon ! Il repoussa les draps, posa ses pieds sur le sol froid, enfila en vitesse ses chaussons que Gabriel lui avait acheté (rose fluo en forme de chien) et se leva pour abandonner définitivement son lit douillet.

Il se dirigea vers la chambre de son frère. La porte était évidement fermée mais il n'eut qu'à la pousser pour y accéder. La lampe du bureau était allumée et diffusait ainsi une lumière tamisée.

Dean n'était pas dans son lit mais dans la salle de bain attenante. La petite lape de bureau n'arrivait pas à éclairer jusque là mais Sam devina les traits de son frère près de la cuvette des toilettes.

-Dean ? Tu vas bien ?

Ce dernier, releva la tête de sa contemplation et chercha la source de ce nouveau bruit. Il trouva Sam à l'entrée de la salle de bain qui le fixait en attendant une réponse.

-Aussi bien que possible.

La voix faible et son manque de réactivité en disaient longs sur son état actuel. Ce fut à ce moment-là que Sam commença à prendre soin de son grand frère.

Tout se déroulait plutôt bien. Il était parti cherché une bouillotte pour le ventre de Dean pour le soulager un peu et même s'il avait protesté contre ce remède pour fille au moment des règles, il ne l'avait pas lâché.

La nécessité du seau devint une évidence lorsqu'il lui fallut vomir pas moins de trois fois en cinq minutes. L'aller-retour jusqu'aux toilettes avait été périlleux sur ce coup-là.

Sam en gardera une tâche indélébile sur la manche de son sweat.

Puis la poussée de fièvre fit son apparition. Ce n'était déjà pas agréable de vomir tripes et boyaux mais ajoutiez-y une pointe de délire et vous regretteriez presque de ne pas affronter une sorcière.

Les hallucinations de Dean n'étaient pas catastrophiques. Il se remémorait des conversations qu'il avait eu quelques jours plus tôt avec Castiel sur une chasse au polymorphe.

-Oublie pas, Cas, que si jamais tu vois des yeux laser, c'est que c'en est un. Balance-lui tes supers pouvoirs d'ange du seigneur et on pourra rentrer. Je te promet une nuit d'enfer. Tu vas voir. Je vais te faire crier comme jamais.

L'inconvénient était que Dean ne faisait aucune censure sur ses paroles. Au moins maintenant, Sam savait pourquoi son frère ne l'appelait pas le soir-même pour lui apporter des nouvelles.

Mais une conversation à laquelle il n'aurait jamais pensé lui empoigna le ventre.

-Si Bobby m'entendait, il me dirait sûrement de la boucler et de bosser avant de me faire avoir par cette bestiole. Papa aurait ajouté une tape sur la tête avant de me demander si mon chargeur était plein.

Sam ne cacha pas sa surprise. Personne ne pouvait le voir et son aîné était trop dans les vapes pour s'en rendre compte. C'était bien le moment de ressasser tout ça.

Dean en avait parlé à Castiel. Dean avait parlé de Bobby et de John à Castiel alors qu'il ne l'avait plus fait depuis leur mort. Et ce n'était apparemment pas les seuls.

-On aurait fini notre chasse en s'arrêtant au Roadhouse. Ellen nous aurait sermonné pour avoir pris des risques inutiles et Jo voudrait connaître tous les détails de l'affaire. Sa mère nous aurait regardé d'un mauvais œil une fois de plus pour vouloir entraîner sa fille sur la route.

Cela fit sourire tristement le cadet. C'était exactement ce qu'il se serait passé s'ils étaient encore tous en vie. Et Dean ne semblait pas vouloir passer à autre chose.

-Si ça se trouve, Rufus y serait aussi, sirotant sa bière et nous racontant la dernière fois qu'il avait vu le vieux pour prendre de ses nouvelles. Un vrai coureur de jupon. Dommage qu'il soit mort.

-Dean, tu devrais...

-Je suis sûr qu'il aurait adoré Pamela. Même si ça n'aurait pas été réciproque. Elle aussi, elle est morte à cause de nous. Je l'ai rendue aveugle. Puis un démon lui a planté son couteau. On était inutile une fois encore.

Puis il s'était tu. Il ne laissait passer qu'un faible râle de temps en temps pour prouver que la fièvre ne le quittait pas. Quant à Sam, les paroles dites à voix haute par son frère, même en délirant, ne pouvaient pas le laisser de marbre.

Il n'y avait personne dans le bunker, si on omettait Dean, avec qui Sam aurait pu parler. Gabriel était déjà occupé ailleurs. Le mot que le cadet avait trouvé sur son oreiller lui promettait que son archange adoré ne partait pas longtemps. Apparemment, une urgence à l'usine de Twix requérait son attention.

Castiel, quant à lui, se rendait en Europe la dernière fois qu'il l'avait vu. Pour rassurer et rassembler les anges qui n'avaient pas encore rejoint le Paradis, avait-il précisé.

Il s'obligea donc à ne pas penser à tout ce que venait de dire le malade. Il ne ferait que s'accuser davantage des morts qui jonchaient leur route. Aucune pensée positive ne pourrait occulter les cris qui lui pourfendraient l'âme.

Il ferma les yeux pour les rouvrir une seconde plus tard. La pièce était assez sombre comme ça alors il n'allait pas y ajouter une nouvelle teinte de noir.

Son corps parut comprendre les sentiments dans lesquels était plongé l'esprit de Sam. Ce fut pour cela qu'il lâcha sans y réfléchir une seule seconde une simple réplique pour son frère et lui-même.

-Ça t'apprendra à vouloir embrouiller un Embrouilleur. Et qu'est-ce qui t'as pris de croire que Gabriel mangerait tes bonbons à l'ail, au sel, au poivre et à la moutarde sans s'en rendre compte ?

Dans le brouillard où était plongé Dean, il comprit tout de même la blague et en rit. Il avait été obligé de manger chacun d'entre eux à chaque fois que l'archange le lui 'demandait'. C'était un rire simple, un rire sans arrière pensée, un rire qui faisait du bien.

La fièvre prit fin deux heures plus tard pour laisser place aux vomissements. La nuit ne risquait pas de se terminer avant longtemps.