Bonjour, bonsoir et bienvenue ! Voici le dernier chapitre de cette fiction exceptionnelle. J'espère qu'elle vous aura plu car je ne risque pas d'en faire une nouvelle avant longtemps. Écrire plusieurs chapitres pour une même histoire, ce n'est pas facile. Je tire donc mon chapeau à ceux et celles qui le font et nous font rêver !

Nous entamons notre journée du 2 novembre. Je n'ai pas besoin de vous expliquer pourquoi je l'ai reprise. Sinon, il vous suffit de lire ce qui va suivre.

Et je précise que tous les noms cités et Supernatural, ne m'appartiennent pas.

Sur ce, bonne lecture et laissez un commentaire.


Passer de la rigolade aux souvenirs d'antan 3

02 novembre, La mort de Mary ou la mort dans l'âme

Dean s'était remis de sa crise de foie même si des effets secondaires faisaient leur apparition comme le refus absolu de s'approcher de toute nourriture qui semblait appétissante.

Les vomissements étaient heureusement passés mais les événements de la nuit trop récents l'empêchaient d'assouvir une quelconque envie de sucre pour, selon lui, les prochaines années à venir.

Il du se mettre bien malgré lui au régime de Sam composé de salades, de soupes, de potages, d'eau minéral, de tisane mais surtout pas d'alcool, de café, de plats en sauce ou de mayonnaise.

-Adieu les hamburgers. Bonjour le régime sec des herbivores.

Sam ne l'avait pas pris pour lui mais il s'était fait une joie de voir son frère renoncer à ses plats favoris, ne serait-ce que pour quelques jours. Il ne dirait pas qu'il s'était moqué. Il n'oserait jamais.

Il dirait plutôt qu'il avait profité de l'occasion. Ce n'était pas du tout pareil. Le cadet prit un malin plaisir à décrire les symptômes d'une crise de foie comme les ballonnements, les nausées, les vomissements...

Ah ! Lui avait-il dit que le nom de « crise de foie » ne décrivait pas la réalité de la maladie mais en faite c'était au niveau de la vésicule biliaire et des intestins qui se retrouvaient pris d'un excès de nourriture et, dans son cas, de bonbons au caramel, au chocolat, en gélatine...

-La ferme Sam ! La ferme ou je te jure que tu vas en ingurgiter plus que Gabriel en une semaine, c'est clair ?!

Sam n'en dit pas plus mais cela ne retint pas l'éclat de rire qui retentit dans le bunker. Après la nuit affreuse qu'ils avaient passé, leurs nerfs avaient lâché et plus rien ne leur faisait peur.

Sauf peut-être un Archange de très bonne humeur mais peut-être uniquement.

Ce fut donc un Archange qui déboula dans la salle commune où Sam continuait son catalogage et Dean le nettoyage de ses armes. Au moins, il ne pensait pas à de la nourriture.

-Mais regardez qui voilà ! C'est votre Gabriel adoré qui vous revient d'une mission de sauvetage très périlleuse.

Il n'y eut aucune réaction immédiate à son arrivée. La fatigue accumulée ne s'était pas estompée aussi vite que les deux frères l'auraient espéré. Du coup, l'un et l'autre marchaient au ralenti. Sam sembla prendre conscience de la nouvelle apparition et réagit enfin.

-Tu veux parler de ces trois cent cinquante-six camions de livraison en provenance d'Haribo qui ont disparu cette nuit ? Ou peut-être fais-tu référence à l'explosion de l'usine Twix qui n'a miraculeusement pas eu lieu ?

Le concerné eut l'air de réfléchir quelques secondes, prenant une pose théâtralisée et l'accompagnant de « Hmm » appuyés. Gabriel dans toute sa splendeur. Il eut quand même la politesse de donner une réponse qui semblait évidente.

-Je veux bien sûr parler des deux ! Voyons, gamin, je n'agis que pour la bonne cause. Les camions allaient être détournés de toute façon. Je les ai mis de côté pour un certain temps. De plus, ils contenaient une nouvelle recette de crocodile en gélatine. Il m'était impossible de laisser passer une telle occasion. Et pour l'usine, c'était un pauvre crétin qui pensait que mettre une tonne de chewing-gum dans la soufflerie ferait s'envoler tout le bâtiment. A mon avis, il a trop regardé la télé.

Sam leva le bout de son nez, plus soucieux qu'horrifié comme avait pu l'être Gabriel lors de l'événement. Les cercles flagrants autour de ses yeux firent leur entrée en scène dans le champ de vision de l'Archange, encore un peu en mode Embrouilleur.

-Oh, Sammy ! Tu n'aurais pas oublié ta crème anti-cerne ? lui demanda-t-il tandis que son sourire se fit narquois s'il ne l'était pas déjà.

Un petit flacon d'anti-cerne pour femme apparut à la droit du cadet. Il ne répliqua pas même si l'envie le démangeait. Sam ne savait tout simplement pas quoi répondre. Ce n'était pas la première fois qu'il recevait cette insulte et un petit cadeau qu'il revendait sur Internet.

L'absence de répartie inquiéta un peu l'Archange. D'habitude, il recevait des insultes à volonté. L'idée d'en faire un dictionnaire intitulé Le code de la parole des Winchester lui avait déjà traversé l'esprit mais devenir un barbecue ambulant à l'huile sacrée ne l'enchantait pas des masses.

Pour détendre l'atmosphère et pour attirer l'attention du chasseur autre part que sur lui, il claqua des doigts et deux œufs en chocolat Kinder Surprise se matérialisèrent à leur côté. Quant à lui, il ne se contenta pas d'un mais préféra aller s'empiffrer là où il pourrait le faire en paix sans devoir répondre aux questions incessantes du cadet.

Les deux frères se regardèrent et d'un commun accord enlevèrent l'emballage coloré de leur sucrerie respective. Dean avait visiblement oublié sa crise de la nuit. Être à jeun pouvait donc faire des miracles. Mais étant l'un des pêchés capitaux, la gourmandise restait plus forte que tout.

L'aîné s'empressa de casser la couche de chocolat et d'en poser un morceau sur sa langue. Le cadet l'imita mais s'arrêta au moment où la surprise tomba sur la table. Cette petite coquille roula un peu avant de se cogner à l'ordinateur.

Sam, plus intéressé par la surprise que par le chocolat, ne vit pas son frère lui en voler un morceau qu'il cacha dans sa bouche. Il fit comme si de rien n'était et détourna le regard de son frère en prise avec la coque en plastique.

Cet 'artefact de l'Enfer' comme l'appelait Sam depuis à peu près cinq minutes ne voulait pas se percer. Pourtant, il avait mis tout son cœur à l'ouvrage mais ça lui paraissait pire que de chasser un esprit insensible au sel.

Pendant ce temps, Dean le regardait, amusé par la résistance d'un petit œuf en plastique orangé face au chasseur sanguinaire qui avait arrêté l'Apocalypse. Lorsqu'il releva les yeux de l'action des doigts de son frère à ses yeux, il vit que ce dernier le regardait également.

Alors, pour l'aider après tant d'effort fournis il lui fit une démonstration avec sa propre surprise. En même pas le temps de dire « balle en argent », l'objet en plastique s'ouvrit en deux pour dévoiler aux yeux de tous son trésor tant convoité.

Il sourit à son frère pour le narguer alors que ce dernier avait un air blasé. Ça paraissait tellement simple. Mais la Terre entière en voulait à Sam Winchester ! Finalement, il réussit tant bien que mal à ouvrir à son tour le plastique.

Une petite grenouille verte lui souriait. Rien de plus mais pour lui, ça semblait être une victoire énorme. Cependant, lorsqu'il y regarda de plus près...

-Pourquoi le mien, il a des yeux sur le ventre ?

Dean pouffa de rire avant de le lui prendre des mains. Il pouvait bien l'aider à comprendre. Après tout, il lui avait réduit sa portion de chocolat de moitié.

Il inspecta deux secondes l'objet en question comme si c'était une Parole de Dieu mais en beaucoup moins complexe. Il retourna le cadeau surprise de son frère et pouffa à nouveau de rire plus longtemps encore.

Dean lui rendit son jouet à l'envers. Cette fois-ci, ce n'était plus une grenouille qui lui faisait face mais un élan. Les grandes pattes de la grenouille servaient à présent de bois pour le nouvel animal et les yeux sur le ventre sont les véritables yeux. Ceux de la grenouille se retrouvaient à la place des naseaux.

-Banane.

-Du gland.

Dean était heureux. Enquiquiner son frère était l'un de ses passe-temps favoris. Il ne pouvait pas s'en priver lorsqu'il en avait l'occasion, surtout avec un truc aussi simple.

Et là, il ne savait pas comment, un vieux souvenir refit surface. C'en était un du genre qu'on oublie très facilement mais qui faisait un choc violent de mélancolie lorsqu'il refaisait surface.

Les œufs en chocolat. Il n'en avait plus mangé depuis des années, des dizaines d'années.

-Maman nous en achetait. Tu ne peux pas t'en souvenir mais ça avait commencé avant que tu arrives. Une fois par semaine, si je ne m'étais pas trop bagarré à l'école, elle m'en donnait un. Il était toujours posé sur le siège de la voiture. À chaque fois que je sortais de l'école et que je voyais la voiture, je me précipitai vers elle. Je m'attendais en ouvrant la portière à découvrir le même emballage coloré que la fois précédente. Elle me souriait et je savais que la semaine d'après, elle m'en offrirait un autre.

Un moment d'attendrissement échappa à l'aîné. Ce n'était un événement triste mais s'en souvenir aujourd'hui lui fit un peu mal. Ce moment heureux, l'un des rares qu'il avait partagé avec sa mère, venait d'être entaché par tout ce qu'il savait depuis.

-Tu ne me l'avais jamais raconté.

Sam le regardait avec ses petits yeux, ceux emplis de compassion.

-À cette époque, les coques étaient plus difficiles à ouvrir. Hein, Sammy ! Tu bavais dessus comme un bien-heureux. Je suis sûr que tu croyais qu'en salivant assez, ça allait se dissoudre.

Et il lui jeta ladite coque que la cible repoussa simplement d'un geste de la main. Le projectile fut envoyer malencontreusement sur Gabriel qui était de retour sans un bruit.

-Merci pour l'accueil. Ça fait toujours plaisir de faire plaisir. En tout cas, je vois que vous vous amusez bien. Dans ce cas, je vais vous laissez entre gamins et aller régler cette affaire de Wendigo tout seul.

Les deux frères se levèrent en même temps.

-On t'accompagne !

L'aîné regarda son cadet. La fatigue des trois derniers jours avait disparu en même temps que l'annonce de l'Archange. Il cala son arme qu'il venait de terminer de nettoyer dans son dos et prit la direction des chambres pour récupérer ses affaires.

-J'en peux plus d'être enfermé. Il me faut de l'air, une bière et un monstre à faire griller.

-Dean tu es toujours malade. Tu ne penses pas...

-Non, je ne penses pas. Je veux dégommer un Wendigo et tu ne me retiendras pas.

Il n'en avait pas l'intention.