Charlie

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1988 1989 – Les années Poudlard

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5ème année - 4ème Partie – La première fois


Le soleil brillait haut dans le ciel en ce premier jour des vacances de Pâques bien qu'il fasse toujours froid. Pâques tombait fin mars cette année et à cette époque, les pulls et manteaux étaient encore de mise dans la froide Écosse.

Assis tranquillement sur l'un des rebords du muret de la cour intérieure, Charlie lisait son livre de soins aux créatures magiques. Il sursauta alors que deux mains froides se pressaient sur ses yeux.

« Qui c'est ? »

« Adrian ! » fit-il en se retournant. Le Serdaigle se tenait effectivement devant lui, un grand sourire aux lèvres. « Alors ça y est, le train est parti ? »

« Oui, et tous les élèves qui devaient retourner chez eux sont dedans, personne n'a été perdu en route, ni à Pré-au-Lard. Enfin, normalement. »

« Tu as été à Pré-au-Lard, d'ailleurs ? » demanda Charlie tout en rangeant son livre dans son sac en bandoulière.

Un préfet de chaque maison devait accompagner les élèves jusqu'au train. Mais Adrian avait mis bien plus de temps pour revenir que n'en nécessitait sa mission.

« Oui, pourquoi ? Je t'ai manqué, mon petit chat ? » fit Adrian en embrassant le cou de Charlie.

« C'est possible. Tu as fait quoi ? »

« J'avais des trucs à acheter mais il a fallu que je les commande, c'était en rupture de stock, » répondit le préfet tout en déposant des petits baisers derrière l'oreille du rouquin.

Il lui captura la main et ils se promenèrent un long moment dans le parc, jusqu'à ce que le soleil commence à se coucher. Le Serdaigle avait l'air de plus en plus perdu dans ses pensées alors qu'ils retournaient au château. Finalement, il prit une inspiration et entraîna Charlie dans un couloir.

« Ça te dirait une sorte de pique-nique, ce soir ? Juste tous les deux ? »

« Un pique-nique ? Il fait peut-être un peu froid dehors, non ?

« Pas dehors, ici au château. Je t'expliquerai si tu dis oui. Allez, Charlie. »

Le regard brun se fit charmeur, la voix cajoleuse. Charlie sourit et hocha la tête. Il adorait les pique-nique.

Adrian eut un regard ravi. Il se dirigea en direction de la grande salle mais il emprunta une porte située à droite de l'escalier principal dans le hall d'entrée et descendit le couloir jusqu'à un tableau représentant une coupe de fruits. Une fois arrivé, il chatouilla la poire qui se mit à rire avant qu'elle ne se transforme en poignée de porte. Charlie entra alors dans une immense cuisine, qui devait, selon ses estimations, être sous la grande salle dont elle partageait les dimensions. Une centaine d'elfes de maison s'affairait pour finir le repas qui serait servi un peu plus tard dans la soirée aux élèves et professeurs. Alors qu'il regardait la pièce avec curiosité, il remarqua qu'Adrian parlait avec l'un des elfes. Ce dernier se jeta presque à ses pieds et courut en direction d'une table de cuisson. Il revint quelques minutes plus tard avec un énorme panier.

« Tu viens, Charlie, on y va, » dit Adrian, sortant le jeune Weasley de sa contemplation.

Ils remontèrent alors et commencèrent à gravir les escaliers de la tour de Serdaigle. Mais là encore, au lieu de prendre les marches en zigzag, Adrian entraîna Charlie dans un petit couloir qui tournait ensuite à droite, dans un corridor encore plus étroit qu'il n'avait jamais remarqué. Ils se retrouvèrent subitement devant une porte rouillée. Adrian sortit une clé de sa poche et l'ouvrit sans trop de difficulté, faisant découvrir à Charlie ce qui se cachait derrière elle.

La petite pièce était toute poussiéreuse, couverte de toiles d'araignées et ne payait vraiment pas de mine. Un placard délabré se trouvait à sa gauche. Il était grand ouvert, montrant un fond sans étagères, vide, et semblait être sur le point de s'effondrer. Charlie dévisagea son compagnon, complètement ahuri. C'était là qu'il comptait faire leur pique-nique ? Génial. Il n'y avait même pas de fenêtre et ça sentait le renfermé. Devant l'air totalement déconfit du jeune roux, Adrian explosa de rire.

« Attends, chaton, tu n'as pas tout vu. »

Le garçon avança vers l'armoire. Sa main passa sur l'un des bords de la planche du fond et à la grande surprise du Gryffondor, après un sinistre ''clock'', celle-ci s'ouvrit. Charlie s'avança à la suite d'Adrian, se retrouvant plongé dans le noir. À tâtons, il marcha un peu dans ce qui semblait être un très étroit couloir et déboula enfin dans ce qui devait être une sorte de pièce puisque Adrian avait réussi à le mettre devant lui. Après avoir lancé un lumos de sa baguette, Adrian lança d'autres sorts.

Aussitôt, la petite pièce, puisque c'en était bien une, s'illumina de la lueur de plusieurs énormes bougies. Charlie découvrit tout cela avec stupeur tandis qu'une chaleur subite lui monta aux joues. La pièce, faiblement éclairée, sentait bon, une odeur de plantes et de fleurs due certainement aux bougies. Il n'y avait aucun meuble, juste... un immense matelas, plusieurs oreillers et coussins de toutes tailles, étalés tant sur le matelas que sur le sol. Le cadet Weasley déglutit en regardant son petit ami qui s'était assis sur l'un des coussins par terre et commençait à sortir du panier plusieurs sandwichs ainsi qu'une grosse bouteille de jus de citrouille.

Adrian était bien trop près du lit et le fait qu'il y soit lui mettait une légère tension dans l'estomac. Il n'avait plus faim du tout mais hésitait entre partir en courant ou s'asseoir à côté d'Adrian.

Charlie n'était pas dupe. Après le sandwich, il se doutait bien de ce qu'Adrian avait dû prévoir pour son dessert : un Charlie tout frais à croquer, allongé sur le matelas. La question était : jusqu'où voudrait-il le goûter et à quel point Charlie voulait être mangé ?

Le bourreau de son cœur redressa la tête et lui adressa un sourire lumineux tout en lui désignant de la main un coussin à côté de lui, qu'il tapota de la main.

Sans trop savoir ce qu'il faisait, Charlie s'avança et s'assit tout en déposant son sac par terre. Il se saisit du sandwich au jambon que lui présentait toujours le Serdaigle et mordit dedans, sans trop de conviction.

« Alors, comment tu trouves notre petit coin secret ? » demanda enfin le brun.

« Eh bien... Je suis étonné. C'est quoi cette salle ? »

« On l'a découverte pendant l'une de nos rondes. Il n'y avait rien du tout à l'origine mais on a fini par l'aménager. C'est sympa, non ? Pour te dire la vérité, c'est la première fois que je l'utilise, » expliqua Adrian.

Charlie mâchonna tranquillement son sandwich, encore tendu. Il avait plein de questions dans la tête, notamment qui était ce ''on'' et qu'est-ce qu'Adrian entendait par ''utiliser''. Quoi que, sur ce dernier point, il n'avait pas trop de doute sur la réponse. Et c'était bien ça qui le stressait. Il avait le sentiment d'être un peu tombé dans un traquenard. Il ne se sentit pas à l'aise. Le Serdaigle s'en rendit compte. Il lui reprit le sandwich des mains.

« Charlie, je n'avais pas prémédité de venir ici avec toi ce soir. Je ne te mentirai pas, je voulais t'y emmener, pendant ces vacances. Mais pas aujourd'hui. Cependant... tu étais vraiment très attirant ce soir, j'ai aimé notre balade et je n'avais pas envie que ce moment s'arrête. J'ai envie de toi et tu le sais. Je ne te demande pas d'aller trop loin. On s'arrêtera quand tu veux. »

Le rouquin sentit sa respiration s'accélérer. Okay, c'était donc bien ça. C'était dans cette pièce qu'Adrian voulait lui prendre son pucelage. Peut-être même ce soir. Il releva la tête pour tomber dans les yeux bruns d'Adrian qui s'était encore rapproché de lui. Le garçon s'avança un peu plus et ses lèvres se posèrent sur les siennes. Elles étaient douces et chaudes. Comme à chaque fois que le baiser se faisait profond et langoureux, Charlie sentit son corps le trahir. Sa tête se transforma en un morceau de guimauve et son ventre s'enflamma. Tout entier concentré sur les sensations, il se laissa attirer sur le matelas et allonger. Adrian l'effeuilla doucement, enlevant chaque vêtement avec douceur.

Charlie ne savait pas s'il devait dire « stop » ou « continue », d'autant qu'en plus de la langue, les mains d'Adrian étaient parties à la conquête de son corps et lui faisaient voir, déjà, des étoiles. C'est ainsi qu'il se retrouva bientôt entièrement nu. Adrian cessa alors les baisers, les caresses et entreprit de se déshabiller lui aussi. Ce fut en le voyant faire que Charlie comprit vraiment ce qui s'apprêtait à se passer dans cette pièce. Il sentit aussitôt la panique le gagner.

« Écoute, je suis pas sûr. Je sais pas si c'est une bonne idée. »

Le brun finit pourtant de se déshabiller puis, aussi nu que le jour de sa naissance, il se glissa à côté de Charlie qui déglutit, ses yeux ne pouvant se détacher du pénis de son amant. Il était encore au repos, bout de chair rose sur un lit de poils noirs.

« Je te l'ai dit, on n'est pas obligé d'aller jusqu'au bout. Tu as aimé la dernière fois qu'on s'est retrouvé ensemble dans un lit, il me semble, alors détends-toi. Je t'aime, chaton. »

Bien sûr qu'il avait aimé ! Il avait reçu la première fellation de sa vie et jusqu'au bout, en plus ! Comment ne pas aimer ! Charlie ne protesta donc pas quand Adrian recommença ses baisers et ses caresses sur tout son corps.

En plus de cela, il avait le cœur bien au chaud car l'autre garçon venait de lui dire qu'il l'aimait. Il accepta alors tous les attouchements que les mains et la bouche du Serdaigle lui prodiguaient. Il s'aventura même lui aussi à toucher, avec un plaisir certain, ce corps qui peu à peu se positionnait au-dessus de lui. Cependant, lorsqu'il sentit l'érection d'Adrian contre la sienne, sa conscience se réveilla enfin.

Il avait les reins en feu, le désir lui tordait le ventre et son sexe dressé suintait, mais il avait peur. Et la grosseur de l'autre membre sur son ventre n'était pas fait pour le rassurer. Il n'oubliait pas où celui-ci devait logiquement finir par entrer. Alors oui, il avait peur de cet acte. Allongé sur lui, Adrian bougea ses hanches, faisant frotter son sexe contre celui du plus jeune, humidifiant son ventre. Charlie gémit. La friction était délicieuse, pourtant, dans le même temps, son cerveau ne put qu'enregistrer le fait que la verge montait bien haut sur lui, au niveau de son nombril. Alors, quand il serait en lui... ? Il frissonna.

Sa crainte monta d'un cran quand il vit Adrian quitter ses mamelons, qu'il torturait délicieusement jusqu'alors, pour se saisir de sa baguette. Il l'agita et un petit pot surgit de sous un coussin. Le garçon l'ouvrit d'un geste de baguette pour plonger ses doigts dedans. En les voyant recouverts d'un liquide épais, Charlie comprit qu'il s'agissait de lubrifiant... Et qu'effectivement, même si Adrian lui avait assuré de pas avoir eu l'intention de l'emmener ici ce soir, il avait par contre bien préparé une visite de sa part pendant les vacances.

« Adrian... C'est quoi ? Du lubrifiant ? Tu avais dit que tu savais pas pour ce soir... c'est à toi ? Adrian, je... »

« Calme-toi, chaton. Non, je n'avais pas prévu pour ce soir. Mais oui, j'avais préparé ce lubrifiant au cas où, pour un autre soir. » Il regarda Charlie dont les yeux ne quittaient pas ses doigts et qui avala de nouveau sa salive. « Je n'ai emmené personne d'autre ici, Charlie. Je te le promets. »

Les yeux bleus, sombres et étrangement dorés à la lueur des bougies, se fixèrent sur les siens.

« On peut juste se toucher ? Et c'est tout ? Je suis pas sûr de pouvoir aller plus loin. »

Adrian soupira, son visage se fit déçu.

« Oh, Charlie... Ça fait tellement longtemps que j'attends. J'ai vraiment envie de toi. Je t'aime, moi ! Tu ne m'aimes pas, toi ? »

« Si, bien sûr que si ! »

« Alors pourquoi tu te refuses toujours à moi ? Quand on s'aime, c'est normal de faire l'amour ! »

Charlie se mordit l'intérieur de la joue. Il ne savait pas trop quoi répondre à cela. Après tout c'était aussi ce qu'avait dit Bill. Qu'on faisait l'amour avec ceux que l'on aimait vraiment. Il ne répondit pas, si bien que l'autre garçon en profita pour l'embrasser de nouveau. La langue d'Adrian était douce, chaude et si tendre. Puis la bouche partit dans le cou, endroit qu'Adrian adorait embrasser et mordiller. Il refit un suçon à Charlie, à côté de celui de la semaine passée qui commençait tout juste à disparaître. Charlie gémit alors que les doigts pinçaient avec application l'un de ses petits boutons de chair rose pâle. Le Serdaigle remua un peu et à l'aide de ses jambes, il fit écarter celles de Charlie pour s'installer entre ses cuisses. Puis un doigt humide se faufila entre les fesses.

Le jeune rouquin eut envie de dire stop mais Adrian lui murmura alors à l'oreille.

« Je t'aime, Charlie, je t'aime tant, je voudrais t'aimer partout, comme il faut. Tu m'aimes Charlie ? Tu m'aimes, toi aussi ? »

Le rouquin hocha la tête. Bien sur qu'il l'aimait, de tout son cœur même. Le doigt continua donc son chemin et caressa son intimité. Bien malgré lui, Charlie se tendit. Il arrêta le geste de son compagnon en lui saisissant le bras. Adrian se redressa et le dévisagea, stoppant tout mouvement.

« Tu ne m'aimes pas autant que je t'aime en tout cas, » déclara-t-il, lugubre.

« C'est faux ! » s'écria le jeune Weasley, blessé.

« Non, c'est vrai. Si tu m'aimais vraiment, si ton amour était aussi fort que tu veux bien me le faire croire, alors tu me laisserais te faire l'amour. »

Charlie cligna des paupières. Il ne savait plus du tout où il en était. D'un côté, il avait envie d'aller plus loin, son corps et ses hormones lui hurlaient de continuer. Sa tête, quant à elle, se posait milles questions. Par dessus tout cela, il avait peur d'avoir mal. Pourtant, il ne voulait pas décevoir son amoureux, il ne voulait pas lui faire de la peine. Il l'aimait, si fort. Entre Adrian et lui c'était peut-être pour la vie ? Après tout, ses propres parents s'étaient rencontrés sur les bancs de l'école. Ou si Adrian faisait comme Lancey et le quittait pour un autre ? Ou s'il le trompait parce que Charlie ne lui apportait pas tout ce dont il avait besoin ? Son jeune cœur innocent se serra. Il ne voulait pas perdre Adrian et il ne voulait pas non plus qu'il le trompe.

Sa main relâcha doucement le bras du brun.

Adrian lui fit un grand sourire, plein de charme. Il déposa un rapide bécot sur ses lèvres avant de se redresser un peu plus, se mettant à genoux.

« Mets-toi sur le ventre, chaton. »

Charlie obéit et se retourna, bien à plat sur le matelas. Il laissa le brun lui écarter les cuisses et lui placer un petit coussin sous les hanches, surélevant ainsi son postérieur. Son cœur battait à tout rompre tandis que, pour s'empêcher de trembler, il serra le draps qui recouvrait le matelas entre ses doigts. Adrian, toujours à genoux entre ses cuisses ouvertes, lui tartina l'orifice de gelée froide. Charlie ferma les yeux, essayant de se calmer.

Il avait peur de faire une bêtise, il avait peur de ce qui allait suivre, tout Gryffondor qu'il était. Il allait perdre sa virginité, là, maintenant, alors qu'il ne savait pas s'il le voulait vraiment. Un doigt se glissa en lui et il serra les dents. Ce n'était pas trop douloureux mais pas agréable non plus. Il entendit la respiration rapide d'Adrian derrière lui. Un deuxième doigt le pénétra et il gémit alors que des mouvements de ciseaux l'étiraient. Oui, cela faisait mal.

Très vite, les doigts se retirèrent sans que le jeune homme ne ressente de plaisir. Charlie souffla et s'obligea à se détendre un peu. Il l'avait lu dans le bouquin. Le passif devait impérativement se détendre, surtout au début et ne pas se crisper ou contracter son intimité. Il sentit Adrian qui se positionnait, s'allongeant un peu sur lui. Le garçon lui caressa la colonne vertébrale tout en lui embrassant la nuque.

« Je t'aime, Charlie. J'ai tellement envie d'être en toi. »

Joignant le geste à la parole, le Gryffondor sentit aussitôt quelque chose de résolument plus gros que deux doigts forcer sa petite entrée plissée. Sa toute petite entrée. Charlie gémit, il serra les dents et se cramponna de ses deux mains sur le matelas. Ça faisait mal, ça faisait mal ! Il tenta encore de se détendre mais n'y arrivait pas. Au contraire, dans un malheureux réflexe, comme pour empêcher cette intrusion, son corps se fermait un peu plus et luttait contre la colonne de chair, qui inexorablement pourtant, l'emplissait peu à peu. Adrian allait trop vite, mais Charlie, dont le cœur avait été blessé, n'osa pas protester ou lui dire d'arrêter. Des larmes commencèrent à dévaler ses joues alors qu'il respirait difficilement, la tête dans le matelas. Il mordit dans le drap pour s'empêcher de crier tandis que le pénis turgescent et bien trop imposant rentrait en lui jusqu'à la garde.

Il était écartelé, son anus le brûlait et son ventre était comme déchiré. À n'en pas douter, la longue verge d'Adrian devait aller aussi loin qu'il l'avait craint quelques instants plus tôt. En tout cas, c'était ce que son ventre douloureux lui hurlait. Adrian se baissa vers lui et il lui mordilla tendrement la nuque. Mais Charlie ne pouvait même plus apprécier les baisers. Le Serdaigle se redressa et n'attendit pas plus pour commencer des va-et-vient, plutôt longs et lents. La brûlure de son intimité devint rapidement plus forte. Malgré ses efforts, Charlie ne put retenir un petit cri mêlé à un sanglot. Il avait trop mal et se sentait étrangement abandonné puisque seul le sexe d'Adrian touchait son corps, en dehors de leurs jambes emmêlées. Pas de câlin, pas de baiser, seulement cette barre de fer douloureuse dans ses fesses.

Alors c'était ça, l'amour ? Et Adrian osait dire qu'il ne l'aimait pas assez après cela ? Les larmes coulèrent plus fort, d'autres sanglots s'échappèrent de sa bouche alors que son derrière était en feu sous les assauts de la verge de son amant.

Soudain le corps d'Adrian fut sur lui, ses lèvres dans son cou et surtout, son pénis ne bougea plus.

« Chaton, ça va ? Charlie, regarde-moi, amour. »

Le Gryffondor tourna péniblement la tête, sortant le nez du matelas. Les lèvres douces du brun se posèrent sur les siennes.

Puis le regard chocolat rencontra le regard bleu.

« Mon petit chat, tu pleures ? Tu... tu as mal ? » s'exclama Adrian, comprenant enfin.

Le rouquin bafouilla en hochant la tête, les joues humides.

« Pardon, pardon, amour. Je ne savais pas que j'allais trop vite. Tu es si doux, Charlie, si serré... j'étais perdu dans ce que je faisais et je me suis pas rendu compte. Ça va aller, chaton, on va attendre un peu. »

Le garçon embrassa de nouveau les lèvres au goût de sel, lécha les joues et enfouit son nez dans le cou transpirant du jeune roux. Ce dernier décrispa ses doigts qui déchiraient presque le drap pour se cramponner à la main de son amant, entremêlant ses doigts aux siens.

« Tu veux que je me retire ? » demanda finalement Adrian d'une voix un peu tendue. « Tu es si serré, je vais pas tenir longtemps, Charlie. »

Le rouquin ferma ses yeux. Se retirer ? Si cela voulait dire enlever sa verge afin de calmer son excitation pour mieux la faire revenir ensuite dans ses pauvres petites fesses, hors de question.

« Non. Adrian, j'ai mal, termine s'il te plaît, » supplia donc le cadet Weasley.

Le plus vieux continua de l'embrasser, sans se retirer mais sans bouger non plus. De sa main libre il le caressa, lui dit des paroles tendres et de réconfort tout en lui demandant de se détendre. Sa main descendit sous son ventre, se saisit de son pénis mais celui-ci resta sans vie malgré les stimulations. Peu à peu, la douleur se fit cependant moins forte dans son ventre, bien que son anus le brûlait toujours. Il sentait la dure barre de fer en lui néanmoins, comme elle était immobile, il se relaxa. Bientôt, Charlie put apprécier de nouveau les bisous et les câlins. Le corps d'Adrian sur lui était lourd mais aussi réconfortant car il n'avais plus cette impression de n'être qu'une paire de fesses.

Le septième année entremêla un peu plus ses jambes à celles du rouquin, toujours grandes écartées, ses chevilles maintenant tendrement celles du plus jeune. Il reprit alors doucement ses mouvements, sans faire de trop longs va-et-vient, juste des petits coups de reins, essayant ainsi de faire bouger sa verge tout en épargnant le mieux possible la zone qui blessait l'autre garçon. Charlie garda précieusement sa main dans la sienne avec leurs doigts enlacés.

C'était une sensation étrange que de sentir cette chose, inconnue à son corps, en lui et qui remuait dans ses entrailles. Étrange, mais beaucoup moins douloureux, constata le rouquin avec soulagement. Les yeux toujours clos, Charlie tenta de se concentrer sur les mouvements qu'il sentait en lui, sur ce manche long et ferme qui avançait, reculait et avançait encore dans son ventre. Si son anus ne le brûlait pas tant, cela aurait même pu être agréable songea-t-il. Son sexe se fit dur dans la seconde main d'Adrian qui le masturbait encore.

« Charlie... tu es trop serré... je vais pas tenir... » souffla le brun, la respiration hachée.

Charlie aurait pu trouver cela dommage pour ce qui se passait à l'intérieur de lui, appréciant de plus en plus les mouvements et les sensations qui en découlaient dans son ventre, mais son pauvre anus, lui, criait grâce. Il le brûlait atrocement, pour un peu, il en aurait pleuré une nouvelle fois.

« Viens alors, » gémit-il.

« Mais toi... » fit Adrian.

« Pas grave. Adrian, viens, je t'en prie, » supplia une nouvelle fois Charlie.

Le septième année enleva alors sa main du bas-ventre de Charlie et prit appui sur celle-ci alors que son autre main se crispait sur celle de son amant. La bouche sur le cou, la nuque et les épaules parsemée de taches de son, il y planta ses dents, aspira la chair en gémissant alors que ses coups de reins devenaient plus rapides, plus forts. Charlie, sous lui, serra de nouveau les dents alors que la douleur le reprenait tout entier. Il sentait des décharges de plaisir par moment, mais son derrière lui faisait tellement mal que cela gâchait tout. Ses entrailles devinrent elles aussi de nouveau brûlantes, la barre de fer se faisant plus profonde, plus rapide. Ça faisait mal. Son corps, lui, semblait être secoué de toute part alors que les coups se faisaient de plus en plus impatients. Adrian gémit dans son oreille.

« Tu es à moi, à moi, tu comprends maintenant, tu es mien ! »

Oh oui, maintenant il comprenait ce que cela pouvait dire. En effet, possédé, offert, le corps de son amant dans le sien imposant son rythme, Charlie se savait effectivement être sien. Il bredouilla :

« Toi... toi aussi, tu es mien... »

Enfin, il entendit Adrian pousser un long soupir d'extase et il sut que c'était terminé alors que son amant faisait mollement ses derniers va-et-vient.

Le brun s'affala de nouveau de tout son poids sur lui, trempé de sueur. Charlie tenta quant à lui de refréner les battements de son cœur. Le pénis en lui se fit moins imposant mais sa petite entrée le brûlait comme jamais.

Au bout de quelques instants, Adrian se tourna sur le côté, retirant son pénis de l'antre malmené par la même occasion. Il tendit les bras et serra contre lui Charlie qui se colla à son corps.

Voilà, il l'avait fait. Il n'était plus vierge. Il avait donné sa virginité à cet homme qui maintenant lui caressait le bras distraitement. Ils restèrent un long moment comme cela, sans bouger, sans parler. Chacun pensant à ce qui venait de se passer. Puis Adrian rebascula Charlie sur le dos et étudia son visage.

« Pourquoi tu ne m'as pas dit avant que tu avais mal ? » chuchota-t-il.

Charlie ne sut d'abord que répondre mais en regardant les yeux bruns, le visage soucieux de son amant, il sut avec exactitude pourquoi.

« Parce que je t'aime. »

Adrian eut un petit rire.

« Chaton, l'amour ce n'est pas faire mal à l'autre. L'amour, ça doit être du plaisir, pas de la douleur. Je te demande pardon. Je me suis laissé emballer, je n'ai pas fait assez attention à toi. C'est la première fois que je faisais l'amour avec un garçon encore vierge. C'était mon rôle de vérifier que tu n'aies pas mal. Mais je tiens à me faire pardonner. »

Charlie n'eut pas le temps de protester que déjà la bouche du Serdaigle était sur son membre. Il glapit de façon fort peu masculine tout en posant ses mains dans la chevelure brune.

« Non, Adrian... c'est pas grave... Je... Oh, Merlin ! » cria-t-il alors que la langue parcourait son frein et que l'une des mains le masturbait avec entrain.

Impossible de résister à cela. C'était simplement impossible. Son pénis se gorgea immédiatement de sang, emplissant la paume chaude et douce du Serdaigle qui continua ses mouvements de va-et-vient dessus.

Charlie se laissa totalement retomber sur le drap. C'était magique, sans compter que cela lui faisait efficacement oublier la douleur dans son postérieur ainsi que les élancements dans son ventre. Adrian s'installa entre ses cuisses largement ouvertes et, de ses mains, lui fit mettre ses genoux en arrière, ses pieds reposant sur les épaules du Serdaigle. Charlie trouva certes la position un peu dérangeante, mais il ne pouvait pas se plaindre alors que la bouche l'avalait au plus profond de la gorge tout en le tétant avec entrain. La sensation sur son membre était incroyable.

Il sentit alors quelque chose de froid et d'humide contre son entrée. Tout au plaisir de sa fellation, il n'avait pas fait attention qu'Adrian avait repris le pot de lubrifiant et avait plongé son index dedans.

« Non ! S'il te plaît, j'ai encore mal et... Adrian ! »

Peine perdue, le doigt frais et humide était déjà en lui. Le cinquième année s'arqua et gémit. Il n'osa plus bouger et respira péniblement en geignant. Le Serdaigle lâcha le pénis et caressa le ventre de son amant en un geste d'apaisement.

« Je mets juste un doigt, chaton. Laisse-moi te faire du bien, laisse-moi m'excuser auprès de toi. Détends-toi et essaye d'apprécier. Si ça ne va pas, j'arrête, promis. »

Charlie déglutit avec difficulté mais s'obligea à se détendre. Allez, il y était presque arrivé tout à l'heure, sur la fin. Ce n'était qu'un doigt. Et puis, il devait reconnaître que le liquide froid faisait un bien fou à son intimité brûlante. Adrian reprit sa verge dans sa bouche, faisant soupirer d'aise Charlie. Ça aussi, ça faisait un bien fou. Ses gémissements reprirent, de pur plaisir. Et alors que Charlie se laissait aller, porter par le plaisir et la volupté de cette douce humidité, le doigt en lui bougea. Il n'eut pas mal, au contraire. Comme précédemment, c'était presque agréable. D'un coup, ses yeux s'écarquillèrent et il siffla quand une décharge électrique le parcourut. Il sentit les lèvres d'Adrian s'étirer en un sourire sur sa hampe alors que le doigt se concentrait sur ce point. Charlie savait ce que c'était, là aussi pour l'avoir lu avec Adrian dans le livre. Mais maintenant, il le vivait et cela n'avait strictement rien à voir.

Il se mit à balbutier des mots sans queue ni tête, ses joues rougirent et il commença à transpirer. C'était bon, bien meilleur que ce qu'il avait connu jusqu'à présent. Le plaisir montait en lui, l'envahissait. Avant même qu'il puisse le réaliser, la pulpe du doigt appuyait une nouvelle fois sur ce point merveilleux, la bouche l'enserrait et le suçait plus fort, le tout le faisant éjaculer violemment. Il cria son orgasme qui semblait se poursuivre, partir de sa verge, de son ventre pour se prolonger jusqu'à la racine de ses cheveux.

Quand Charlie cessa de crier et que ses spasmes de plaisir s'arrêtèrent, Adrian enleva délicatement son doigt puis quitta la verge du rouquin en donnant un dernier coup de langue sur le gland. Il remonta jusqu'à Charlie pour prendre dans ses bras son amant qui frissonnait. Il attrapa prestement un oreiller et un plaid pour les couvrir tout en serrant le garçon contre lui.

« Ça va mieux ? Tu te sens bien, maintenant ? »

« Oui, » marmonna Charlie dans son cou, se remettant difficilement de l'orgasme dévastateur qu'il venait d'avoir. Il déposa un petit baiser sur la clavicule du brun. « On a fait l'amour. »

Le Serdaigle sourit et lui embrassa le front, humide de transpiration.

« Oui, on a fait l'amour. Tu es mien. »

Charlie poussa un bref soupir. « Oui, mais toi aussi tu es mien, ne l'oublie pas non plus. »

Le garçon eut un sourire éblouissant alors que son étreinte s'affirmait encore sur le corps de son jeune amant.

« Enfin ! »

« Enfin quoi ? » s'étonna le cinquième année.

« Enfin tu me le dis. Je veux être à toi, Charlie. Je suis à toi. »

Adrian se pencha vers le visage du rouquin et l'embrassa, encore et encore.

... ... ...

Il aurait dû se sentir bien. Pourtant, ce n'était pas le cas. Alors que son, désormais amant, le cajolait, Charlie se sentait mal. Son popotin le lançait toujours, mais ce n'était pas la seule raison de son mal-être. Non, en fait cela était beaucoup plus intérieur mais il ne savait pas pourquoi.

Charlie demanda rapidement à retourner dans sa tour. Il sut au léger froncement de sourcils bruns que cela surprit le Serdaigle bien que ce dernier ne fit aucun commentaire. Ils marchèrent lentement, main dans la main, jusqu'au portrait de la Grosse Dame sans rencontrer d'autres élèves. Tous devaient être en train de manger ou de réviser ou déjà dans leur salle commune.

Celle des Gryffondor était vide, Adrian y pénétra, voulant raccompagner Charlie jusque dans sa chambre, vide elle aussi. Ils échangèrent encore quelques baisers et le préfet repartit, laissant son amant seul.

Et seul, Charlie avait vraiment l'impression de l'être. Vide aussi.

Il alla dans la salle de bains et prit une douche brûlante qui lui fit du bien au moral. Mais l'eau irrita encore plus une certaine partie de son anatomie excessivement sensible. Écourtant à regret sa douche, il enfila rapidement son pyjama et allait pour sortir de la salle de bains quand son reflet l'arrêta.

Il avait les cheveux encore un peu humides, donnant des reflets de bronze à ses mèches d'ordinaire cuivrées. Son visage était très pâle, faisant ressortir ses taches de rousseur qui s'étalaient sur son nez et ses joues. En regardant ses yeux, que son père comparait à des pierres au nom atrocement long de lapis-lazuli, Charlie eut un léger choc. Eux aussi semblaient vides. Il s'approcha du miroir, passa ses doigts dessus, effleurant son visage dans la glace. Il était encore dans l'adolescence et n'était pas encore un homme. Du moins, il n'en avait pas encore totalement les traits. Sur son cou, les marques violettes que lui avait faites Adrian ressortaient trop, elles étaient presque indécentes.

Pourtant, après ce qu'il avait fait dans cette pièce... Charlie scruta le moindre trait de son visage, s'étudiant sans compassion. Il n'était pas aussi beau que Bill, il n'avait pas la délicatesse de ses courbes, son visage était plus rude que celui de son aîné. Bill, Percy et visiblement Ron, avaient hérité de la haute stature élancée des Weasley, tandis que lui, était plus petit, plus trapu, comme les Prewett.

Il pensa à son père, à ses oncles alors qu'il cherchait toujours une trace, quelque chose qui aurait pu être inscrit sur lui, quelque chose de différent du matin même et qui montrerait qu'il n'était plus vierge, plus pur.

Il se comportait comme un homme, mais il n'en était pas encore un. Que penseraient ses parents s'ils savaient ce qu'il avait fait ? Et Gideon ?

Charlie détourna son visage, sortit de la salle de bains et s'allongea dans son lit, les draps et l'édredon remontés jusque sous le menton.

Pourtant, il aimait Adrian. De tout son cœur. Il espérait qu'il était l'homme de sa vie, celui avec qui il se marierait et aurait des enfants. Est-ce qu'Adrian serait d'accord pour le suivre en Roumanie ? Car Charlie avait de plus en plus envie de partir dans cette réserve en particulier. Brûlopot lui avait donné de la documentation et c'était devenu son rêve. Si Adrian ne voulait pas, que ferait-il ? Il y avait toujours celle du Pays de Galles, bien sûr, mais ce n'était pas cette destination qui le faisait vibrer.

Sa main passa sous son tee-shirt où il se caressa le ventre, sous son nombril. Un peu plus d'une heure auparavant, le sexe d'Adrian était dedans et bougeait en lui. Charlie ferma les yeux, une douce chaleur envahissant ses reins et son ventre. Là où le pénis dur de son amour s'était activé. Il se caressa encore, tout entier tourné vers l'étrangeté de la chose. En cet instant même, la semence d'Adrian était encore en lui. Il aurait dû se sentir bien. Mais son derrière toujours douloureux lui fit monter les larmes aux yeux. Oui, il l'aimait, cependant, il n'avait pas pensé que perdre sa virginité ferait aussi mal et serait au final autant perturbant. Et surtout, maintenant qu'il l'avait fait une fois, il allait devoir recommencer. Charlie se retourna sur le ventre, les fesses en l'air pour les soulager un peu. Il prit son oreiller contre lui et y enfouit son nez. Il n'aurait jamais imaginé que sa première fois se passerait ainsi. Avec Adrian, oui, mais pas comme cela. Le Serdaigle n'avait pas voulu lui faire mal, c'était certain, mais comment cela se passerait-il la prochaine fois ?

Charlie s'en voulut. C'était en grande partie de sa faute. Il aurait dû dire non. Il aurait pu dire à Adrian que si lui l'aimait vraiment, il pouvait attendre encore. Il aurait pu aussi, quand Adrian le lui avait proposé, lui demander de se retirer et alors son anus ne serait pas dans cet état douloureux ce soir. Enfin, il le serait moins.

La vérité, c'était qu'il avait eu envie, lui aussi, de faire l'amour avec lui. Pris dans le feu de l'action, il avait accepté, par amour et par désir. Il n'y avait plus qu'à espérer que la prochaine fois se passerait mieux. Charlie repassa sa main entre le matelas et son ventre qu'il caressa doucement. Son estomac se contracta, alors qu'une autre angoisse le prenait. Il avait repoussé cette idée jusqu'à présent mais elle lui revenait avec encore plus de force maintenant.

Il espérait qu'Adrian était sincère avec lui, qu'il n'avait pas juste couché avec lui pour aller se vanter ensuite d'avoir réussi à dépuceler le capitaine de Quidditch des Gryffondor, étudiant apprécié par l'ensemble des professeurs et de la majorité des élèves, toutes maisons confondues. Il se rappelait parfaitement l'année dernière qu'une étudiante avait craqué pendant le cours de Chourave. Helena avait explosé en larmes hystériques et avait dû être évacuée à l'infirmerie, escortée par une autre élève de Poufsouffle, à savoir Tonks. Le soir, tout Poudlard (du moins ceux en âge de comprendre) avait appris qu'elle avait perdu sa virginité la veille au soir par le tombeur de Serdaigle de septième année, Hopkins. Rudy était connu pour avoir eu de nombreuses maîtresses depuis sa cinquième année, mais Charlie avait écouté Tonks avec attention alors qu'elle lui racontait, le visage déformé par le dégoût, que ce salaud s'était fixé comme objectif de dépuceler le maximum de jeunes filles avant son départ de Poudlard. Il avait baisé Helena après trois mois de flirt ininterrompu tout en lui faisant de grandes déclarations d'amour. Et l'avait laissée tomber comme un vieux balai le matin-même.

Charlie enfouit profondément son visage dans l'oreiller moelleux. Pourquoi il n'avait pas dit à ses fichues hormones et à son désir d'aller se faire voir ailleurs ? Et si demain tout Poudlard le regardait en le montrant du doigt et en se fichant de lui ? Bon, pas tout Poudlard, il était sûr que Bill et Percy le soutiendraient, de même que son équipe et les élèves Rouge et Or de son année. Mais les autres, surtout Flint, son frère et ses copains ne se gêneraient pas pour faire de sa vie un enfer.

Il batailla un long moment, entre les souvenirs heureux et sensuels qu'il avait d'Adrian et ceux plus inquiétant de sa première pénétration ainsi que de Hopkins, avant qu'il ne tombe dans un sommeil perturbé.

Ses camarades de chambre furent pour le moins surpris en le découvrant profondément endormi en entrant dans la pièce. Sean redescendit dans la salle commune pour prévenir Bill que son frère, qu'il cherchait partout ne l'ayant pas vu pour le dîner, dormait tout simplement dans son lit.

Charlie se réveilla le lendemain dans la même position où il s'était endormi la veille. Il comprit vite pourquoi alors qu'il se retournait sur le dos. Aïe ! Il avait atrocement mal à son postérieur. Son ventre paraissait juste engourdi, cela ne le gênerait donc pas plus que cela... normalement. Mais pour le reste...

Charlie s'assit avec précaution sur le matelas, constatant vite qu'il ne pouvait pas espérer passer sa journée dans cet état sans rien faire. Il se leva et très lentement se vêtit. Il choisit un caleçon confortable, un jean un peu trop grand qu'il avait récupéré de Bill et une chemise dont il referma bien le col. Il n'avait pas envie de montrer les nouveaux suçons de son cou. Il passa par dessus la chemise le pull que sa mère lui avait tricoté pour Noël. Il était d'un joli vert sapin. Sa maman n'avait jamais oublié qu'il aimait cette couleur, n'en déplaise à tante Muriel. Il le passa en pensant à sa mère, au Terrier. Ses parents, ses jeunes frères et sa sœur lui manquèrent subitement. Il aurait aimé être avec eux à cet instant, leur préparer leur petit-déjeuner, leur dire qu'il les aimait et ensuite courir dans le jardin pour aider les enfants à trouver les œufs en chocolat que ses parents avaient cachés.

Il descendit les escaliers en prenant son temps, chaque pas ayant son prix à payer désormais. Il sortit de la salle commune et son calvaire continua pour descendre les marches de la tour des Gryffondor. Ensuite, il se traîna jusqu'à l'infirmerie, se demandant bien quel mensonge il allait pouvoir inventer à madame Pomfresh pour justifier une potion analgésique. Et une bonne.

Il pénétra dans la longue salle où sans surprise, il vit l'infirmière s'avancer vers lui.

« Monsieur Weasley ? Que vous arrive-t-il de bon matin ? Vous êtes tout pâle. Venez donc sur ce lit que je vous examine. »

Le garçon s'avança vers le lit désigné dont elle tira ensuite les rideaux autour d'eux, créant un peu d'intimité qu'elle compléta par un sort du silence.

« Alors, qu'est-ce qui se passe ? » redemanda-t-elle alors que son patient s'asseyait sur le lit.

Malgré ses efforts pour le cacher, les yeux perçants de l'infirmière virent bien la petite crispation sur son visage quand il s'asseyait sur le rebord du lit, ses pieds toujours sur le sol.

« J'ai mal au ventre depuis ce matin, comme des grosses crampes. Je pourrais avoir une potion pour la douleur ? »

Le garçon ne la regardait pas, cela l'étonna, autant que sa demande. Cela ne ressemblait pas du tout à Charlie Weasley.

« Enlevez votre pull et votre chemise et allongez-vous que je puisse vous examiner. »

« Ce n'est pas la peine, c'est rien du tout. Juste que j'ai vraiment mal, ça va vite passer, » argumenta Charlie en redressant enfin la tête tout en lui faisant un petit sourire, espérant ainsi la convaincre.

Mais cela ne marcha pas, pas cette fois, d'autant que le regard clair semblait bien triste. L'infirmière fronça les sourcils en pointant le lit de sa baguette.

« Maintenant, monsieur Weasley. »

Charlie rebaissa son visage et enleva son pull. Il ouvrit aussi sa chemise en rougissant alors que les suçons sur sa peau apparaissaient. Il l'enleva également et la posa à côté de son pull, sur le lit.

« Allongez-vous. »

Cette fois encore, madame Pomfresh fut témoin de l'éclair de douleur qui traversa le jeune homme alors qu'il lui obéissait et posait sa tête sur l'oreiller. Elle jeta quelques sorts de diagnostiques simples pour finir par palper le ventre, soi-disant si douloureux du garçon. Certes, il était sensible mais elle comprit vite que cela n'était pas la vraie raison du problème. La vue des marques violettes dans le cou de l'adolescent l'avait convaincue avant même la fin de l'examen.

« Vous pouvez vous asseoir, Charlie, » dit-elle, surprenant le jeune Gryffondor tant par l'utilisation de son prénom que de par sa voix, plus douce que d'ordinaire.

Charlie se rassit avec précaution sur le lit en la regardant.

« Bien. Charlie, et si vous me disiez ce qui s'est vraiment passé ? » commença-t-elle.

« Rien, j'ai juste mal au ventre. »

« Non, c'est faux. Charlie, je ne vais pas vous faire l'affront de vous demander de baisser votre pantalon et de me montrer le véritable lieu de votre douleur. Mais peut-être le devrais-je ? Charlie, si... Si vous avez vécu une violence, je dois le savoir, pour pouvoir vous soigner correctement. »

Le jeune homme rougit atrocement et déglutit péniblement, tout en gardant les yeux rivés sur ses mains.

« Charlie... Est-ce que je dois vous demander de vous déshabiller pour vérifier par moi-même si vous avez des lésions ? » redemanda-t-elle.

Le Lion secoua la tête. Non, hors de question de montrer son derrière à l'infirmière.

« Je... j'étais consentant, mais, ça m'a fait mal, c'est vrai. J'ai encore très mal ce matin. » murmura-t-il.

« Vous êtes bien sûr d'avoir été consentant ? » insista Pomfresh gentiment. « C'était avec monsieur Belby ? »

Charlie fit un signe d'acquiescement, les joues toujours rouges sous le coup de la honte.

« Est-ce que monsieur Belby a été violent avec vous ? »

« Non ! » s'écria Charlie en levant ses yeux vers elle. « Non, mais... C'était... C'était ma première fois et il, enfin, c'est pas de sa faute, c'est moi aussi, j'ai pas su et... Madame Pomfresh, on est vraiment obligé de parler de ça ? » fit-il les yeux brillants et suppliants.

« Je ne suis pas obligée de connaître tous les détails, non, surtout si vous ne souhaitez pas en parler. Mais je devais savoir si vous aviez été victime d'une quelconque forme de violence. Vous le comprenez, n'est-ce pas ? »

« Oui, » souffla Charlie en retournant à la contemplation de ses mains.

« Est-ce que monsieur Belby a utilisé des sorts de protection avant d'avoir des relations sexuelles avec vous ? »

« Je ne sais pas du tout, je ne me rappelle pas de ça, » fit Charlie.

C'était vrai, il avait totalement oublié cela. Quel crétin. Ses yeux s'humidifièrent légèrement. Madame Pomfresh s'assit à côté de lui et lui prit la main.

« Charlie, vous êtes sûr que tout va bien, en dehors de vos douleurs s'entend ? Vous ne vous rappelez plus, mais vous vous souvenez de ce qui s'est passé, n'est-ce pas ? » L'adolescent hocha de nouveau la tête. « Que se passe-t-il, mon garçon ? Vous avez mal, ça je peux le concevoir, vous n'êtes pas le premier à venir dans mon infirmerie après des rapports un peu énergiques ou après une première fois, et vous n'êtes certainement pas le dernier que je verrai. Cela vous rassure-t-il de le savoir ? Toutefois, j'ai l'impression qu'il y a autre chose. Charlie, Adrian est majeur, pas vous. S'il a fait quoi que ce soit que vous ne vouliez pas, s'il vous a fait boire une potion, fait chanter ou que sais-je encore, je dois le savoir. C'est important, Charlie. »

Son patient essuya discrètement une larme et finit par répondre.

« Il n'a rien fait de mal, je le voulais aussi. Je ne veux pas qu'il ait des ennuis parce qu'il est majeur et pas moi. C'est vrai que j'ai eu mal mais il s'est excusé ensuite. Il était vraiment désolé. Madame Pomfresh, vous ne direz rien, pas vrai ? »

Les yeux bleus la dévisagèrent, emplis d'inquiétude.

« Non, rassurez-vous. Si Adrian ne vous a pas forcé ou blessé volontairement, je ne dirai rien. Il n'y vraiment rien d'autre ? »

Charlie hésita visiblement.

« Vous vous souvenez de Helena Chambering ? »

« Oui, bien sûr. Vous craignez que monsieur Belby ne fasse comme monsieur Hopkins ? »

« Oui, » murmura le garçon.

« Charlie, les amours adolescentes ne sont pas toujours sincères et rares sont celles qui perdurent vraiment, comme cela fut le cas de vos parents par exemple. Je ne connais pas suffisamment monsieur Belby, mais il ne me semble pas être de la même veine que monsieur Hopkins. De toute façon, il est trop tard pour les regrets. Ce qui est fait est fait et vous rendre malheureux pour quelque chose qui est déjà arrivé ou pour quelque chose qui n'est pas encore arrivé ne résoudra rien. Vous aimez monsieur Belby, sans aucun doute. Alors attendez de voir sa réaction avant d'imaginer le pire. »

Elle se leva en tapotant le genou de l'enfant en souriant. Charlie lui rendit son sourire, bien que timidement. Elle franchit la barrière de rideau pour revenir avec deux fioles de potion et un petit pot de crème.

« Tenez, voici une potion très efficace pour votre genre de désagrément. Et une autre au cas où monsieur Belby aurait omis certains sorts. Si vous devez reprendre ce genre d'activité avec lui, ne les oubliez plus, d'accord, jeune homme ? » fit-elle d'un ton sévère qui contredisait la lueur douce de ses prunelles. « Et ceci est un baume calmant. Allez vous en mettre de suite et répétez l'opération dès que vous sentez une gêne. N'hésitez pas à en mettre plusieurs fois aujourd'hui et demain, ainsi qu'après chaque rapport si besoin est. Une grosse noisette sur le doigt puis vous vous massez la zone douloureuse. Vous pouvez aussi le faire pour l'usage interne. C'est d'ailleurs ce que je vous conseille de faire aujourd'hui. Cela ira, Charlie ? Avant de partir, je préférerais quand même vérifier que tout va bien. Alors s'il vous plaît, enlevez votre pantalon et votre caleçon, je ferai vite. »

Charlie grimaça mais obéit. Personne n'avait le dernier mot avec Poppy Pomfresh. Une fois l'inspection faite et la crème mise par la même occasion, le garçon se leva également et se rhabilla.

Il sortit de l'infirmerie nettement plus en forme que ce qu'il n'y était entré, tant dans son corps que dans sa tête. Néanmoins, il n'avait aucune envie de croiser ses camarades de Gryffondor ou Adrian. Il se dépêcha de prendre son petit-déjeuner dans la grande salle. Il était le seul à la table des Rouge et Or. Ils n'étaient qu'une dizaine en tout à s'être levés de si bonne heure en ce dimanche de Pâques. Aucun hibou n'était encore arrivé pour distribuer lettres et colis. Charlie savait que pendant trois à quatre jours, la grande salle serait remplie de rapaces apportant des chocolats aux élèves de Poudlard. Lui et Bill en recevraient d'ailleurs chacun un.

Le cadet Weasley se dirigea ensuite dehors, appréciant la fraîcheur de ce début de journée. Il avait envie de faire un peu de balai mais préféra éviter. Certes, la crème et la potion étaient plus qu'efficaces et il savait lancer les sorts de coussinage, mais il valait mieux ne pas tenter le diable.

Ses pas le menèrent jusqu'à la cabane de Hagrid. Le demi-géant était déjà dans son jardin et sourit en le voyant arriver.

« Eh bien, Charlie, cela faisait longtemps que je n'avais pas eu une de tes visites ! Comment vas-tu ? »

« Très bien, Hagrid, et vous ? »

« Bien, bien. Suis-moi, j'étais en train de cueillir un peu de marjolaine, j'aime bien en mettre parfois dans mon thé. Tu en veux une tasse ? J'ai déjà un invité mais je pense qu'il sera ravi de te voir lui aussi. »

Charlie suivit le gardien des clefs dans sa cabane où il eut la joie de découvrir le professeur Brûlopot.

« Tiens, Weasley ! Vous tombez à pic, mon garçon. Hagrid et moi allions justement dans la forêt interdite après notre thé. Cela vous dit de nous accompagner ? J'ai trois couples de Crabes de feu qui se sont échappés, je dois absolument les retrouver. Hagrid m'a aussi fait part que des Niffleurs avaient niché vers le territoire des Centaures. Vous êtes partant ? »

« Avec plaisir, professeur ! » fit le garçon, ravi.

Sa matinée se passa du coup beaucoup plus vite que ce qu'il n'aurait crû. Éviter de se faire cruellement brûler étant un très bon stimulant intellectuel ainsi que physique.

Ils revinrent vers la cabane de Hagrid dans l'après-midi. Charlie reprit une tasse de thé dans ce qui semblait être en fait un seau mais refusa poliment les muffins que Hagrid avait préparés. Il avait une fois commis l'erreur de manger un cookie et avait été malade toute la nuit. Par contre, il profita des toilettes du garde-chasse pour se soigner de nouveau, son derrière le faisant souffrir. Une fois que Brûlopot et lui eurent fini leur thé, ils prirent congé de Hagrid et retournèrent au château.

« Alors Weasley, content de l'expérience ? »

« Oui professeur, » répondit Charlie un immense sourire au lèvres.

« Vous êtes très doué mon garçon. Vous avez vraiment un don avec les animaux, croyez-moi et vous avez d'excellents réflexes. Vous nous avez tous épatés lors du match de Quidditch quand vous êtes tombé. Peu de personnes auraient pu faire ce que vous avez fait. Dumbledore allait jeter un sort d'amortissement mais vous l'avez devancé. Il a été impressionné, je le sais. Vous ferez un très bon dragonnier, j'en suis persuadé. »

Charlie rougit un peu et ne répondit pas. Il était plus que flatté par ce que lui disait son professeur et n'avait pas envie de gâcher l'instant par un excès de modestie mal placée.

« Vous avez eu le temps de regarder les documents que je vous ai donnés ? »

« Oui monsieur, ils m'ont été très utiles ! La réserve roumaine a l'air incroyable. Il y a tellement de possibilités ! J'aimerais pouvoir faire un an de magizoologie et poursuivre mes études en même temps. Pas en potions, je ne suis pas assez doué, mais en recherches scientifiques. Ça, ça me plaît beaucoup, » s'emballa Charlie.

Le vieux professeur le regarda avant de se mettre à rire.

« Weasley, je suis sûr que vous y arriverez. Vous êtes un passionné, cela se voit. Mais vous êtes doué en potions. Snape n'est jamais du genre à s'épancher, pourtant, à la dernière réunion professorale au sujet des cinquième année, il a laissé échapper qu'il compte sur votre présence l'année prochaine dans sa classe. »

Cette fois, le Gryffondor eut un regard proche de l'émerveillement. Il avait hâte de dire à Adrian que leur travail avait porté ses fruits ! Mais le souvenir d'Adrian lui fit disparaître son sourire alors que les portes du château se profilaient.

Le nœud d'angoisse qui l'avait quitté pendant la journée revint avec force. C'était ridicule, il n'allait pas fuir son petit ami éternellement. Cependant, Charlie avait un peu peur de le revoir. Il avait peur d'être rejeté et craignait tout autant qu'Adrian lui reproche son absence.

Il était vraiment trop jaloux, possessif, cela ne plaisait pas au rouquin. Il avait remarqué qu'après chacune des ''crises'' de jalousie du Serdaigle, ce dernier devenait exigent et très entreprenant, comme s'il voulait marquer son territoire et se rassurer par le biais de son corps. D'accord, ils étaient l'un à l'autre, d'une certaine façon. Mais même si Charlie était ''sien'', il n'était pas un objet pour autant. Si Adrian lui faisait une nouvelle crise, Charlie craignait par dessus tout qu'il exige qu'ils aient une nouvelle relation intime. Et ça, il ne le voulait absolument pas. Son corps ne le supporterait pas or Merlin seul savait comment Adrian prendrait un refus de sa part s'il était en pleine attaque de possessivité.

Tout à ses sombres pensées, il dit au revoir à son professeur et se dirigea vers la tour de Gryffondor. Il gravit le premier escalier mais alors qu'il allait s'engager dans le second, il stoppa net. Adrian était assis sur une marche et le regardait.

... ... ...

À suivre

... ... ...


NDA : Je rappelle que jeter des tomates ou menacer l'auteur ne sert à rien, donc je resterai inflexible ! Même pas peur. Oui, je suis cruelle, je sais, on ne me surnomme pas Voldy-chou ou Psycho-chou pour rien ^^' Bref, j'attends par contre avec impatience vos commentaires sur ce chapitre.