NDA : Euh... toc-toc ? Je peux entrer ? Glurps, bonjour bonjour ^^' Le précédent chapitre a fait grincer des dents, je pourrais vous dire que je suis désolée, mais en fait, je ne le suis pas. Que celui ou celle qui n'a jamais connu quelqu'un qui a été jeune, innocent, amoureux et stupide me jette la première tomate ! Aïeeeeuuuuh ! Maiiiisssss !
Bon, alors disons juste que Charlie n'est pas encore un homme, il n'est pas encore le fort dragonnier que l'on voit dans ID, c'est vrai, mais il grandit et apprend de ses expériences. Et cela va l'aider justement, plus tard, à faire face à certaines situations, à certaines personnes, vous ne pensez pas ? ;) Pour Adrian, oui, il a de nombreux défauts (de très vilains défauts) mais il est jeune lui aussi, n'a pas beaucoup d'expérience non plus. Bref, après ce petit plaidoyer, voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira. Bonne lecture.
Charlie
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1988 -1989 - Les années Poudlard
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5ème année - 5ème Partie – Un bel avenir
« Salut, » fit le brun.
Charlie déglutit puis s'avança un peu vers lui.
« On peut discuter tous les deux ? » continua le Serdaigle.
Le cœur du jeune Weasley battait fortement dans sa poitrine. Il voyait bien qu'Adrian ne respirait pas la joie de vivre, bien que le ton de sa voix soit neutre.
« Oui, bien sûr. »
Est-ce qu'Adrian allait lui reprocher de ne pas avoir été là de la journée ? Ou allait-il lui annoncer qu'il voulait rompre ? Bien que toujours battant à une vitesse démesurée, son petit cœur se serra douloureusement. Charlie s'assit à côté de son amant et le dévisagea, attendant qu'il lui annonce à quelle sauce il allait être mangé.
« Charlie, je t'ai cherché partout aujourd'hui. Bill aussi d'ailleurs. Il m'a demandé si on s'était disputé, puisque tu t'es couché tôt hier soir et que tu étais déjà parti ce matin. Je lui ai dit que non mais... Tu m'en veux, Charlie ? »
« Non, je ne t'en veux pas. »
« Alors, pourquoi ? Je comprends plus. Chaton, je te le redis, je suis désolé de t'avoir fait mal. Je le regrette vraiment. Tu m'aimes toujours, n'est-ce pas ? »
Le rouquin étudia le visage de son amant. Il était grave et les yeux bruns semblaient tristes.
« Bien sûr que je t'aime. »
Adrian tendit la main vers lui, lui caressa doucement la joue. La main glissa sur sa nuque, les doigts jouant avec les douces mèches cuivrées. Son autre main fit de même et, tenant le visage de Charlie en coupe, il se pencha vers lui, pour lui effleurer simplement les lèvres.
« Chaton mon cœur, qu'est-ce qu'il y a ? Je vois bien que ça ne va pas. Dis-moi, parle-moi. »
Charlie posa son front sur celui de l'autre garçon, les yeux clos.
« Est-ce que tu vas me quitter maintenant ? Tu as eu ce que tu voulais, alors tu vas me quitter ? »
Les mains d'Adrian quittèrent ses cheveux pour se poser et se croiser sur ses reins. Le brun s'avança et le serra contre lui.
« Charlie, c'est toi que je veux. Toi tout entier, pas seulement ton corps. »
Le rouquin passa lui aussi ses bras autour de la taille du Serdaigle et posa sa tête sur son épaule.
« Ça m'a fait mal. Vraiment mal. Je suis allé à l'infirmerie ce matin, pour me soigner. Pomfresh m'a posé plein de questions, j'ai dû lui dire la vérité. Et aussi, j'ai repensé à Helena, l'année dernière et alors je me suis dis... »
« Tu t'es dit que j'étais moi aussi un immonde salaud ? Sympa, » le coupa Adrian.
« Non ! » fit Charlie en redressant sa tête. « Non, mais... » Il s'arrêta, ne sachant plus quoi dire.
Les yeux bruns d'Adrian étaient toujours sur lui tandis qu'il le regardait avec beaucoup de tendresse.
« Je suis désolé de t'avoir blessé et je suis aussi désolé si tu as cru que je n'en voulais qu'à ton corps. Je sais que j'ai accéléré les choses pour nous deux, mais tu étais d'accord hier, pas vrai ? »
« Oui, je l'étais. »
Adrian sourit et le reprit contre lui, tout en lui caressant les cheveux.
« Je te promets de tout faire pour que tu me pardonnes pour hier soir. Tu es mon petit chaton adoré. Moi aussi j'ai cru que tu voulais rompre, j'ai été très malheureux, crois-moi. Tu veux bien que l'on passe la soirée ensemble ? Dans ta tour ou la mienne, mais tu m'as atrocement manqué aujourd'hui, je n'ai pas envie d'être loin de toi. Tu es d'accord ? On pourrait manger ensemble aussi, c'est les vacances, on s'en fout si on n'est pas à notre table habituelle. »
Charlie rit doucement dans le cou du préfet, les cheveux bruns caressant sa joue.
« C'est de ta faute, je suis en manque de ma dose de Weasley ! » dit Adrian avec le plus grand sérieux.
« Si ce n'est que ça, tu aurais pu demander à Bill alors, » se moqua Charlie.
« Ça ne va pas ? Non, je suis habitué au meilleur cru Weasley, le nectar du nectar. Tu ne penses pas que je vais ensuite pouvoir me contenter d'une vulgaire piquette ? » rigola le brun en lui chatouillant les côtes.
« Non, Adrian, c'est de la triche ! Tu sais que je crains les chatouilles, arrête ! »
Mais Charlie ne put plus rien dire alors qu'un fou rire le prenait, les doigts du Serdaigle le tripotant toujours. Il se tortilla et finit à moitié vautré sur les marches, les deux mains le chatouillant sans pitié. Adrian avait découvert au début de leur relation le terrible point faible de Charlie. Il n'hésitait pas à s'en servir régulièrement, juste pour le plaisir de voir Charlie rire aux éclats, la fossette creusée sur sa joue. Quant au jeune Weasley, il s'avouait sans peine qu'il adorait quand Adrian faisait ça, créant à chaque fois une douce complicité entre eux.
Enfin, Adrian s'allongea sur lui, les yeux brillants tandis que le rouquin reprenait difficilement sa respiration. Les mains halées lui caressèrent de nouveau le visage, les cheveux, alors que le garçon attendait que l'autre calme ses rires. Les yeux chocolat se firent passionnés.
Charlie, plus que soulagé et amoureux comme jamais, se saisit de la nuque aux cheveux foncés pour lui faire baisser la tête. Ils s'embrassèrent lentement, sensuellement, prenant le temps de se savourer, d'apprécier le goût de l'autre, mélangeant leur salive et leur langue. Comme s'ils se rassuraient mutuellement par ce baiser emprunt de douceur, d'amour.
Charlie fit descendre sa main dans le dos de l'Aigle et la posa ensuite sur ses fesses. Il adorait les fesses de son amant et se promit de passer de très longues minutes à les tripoter la prochaine fois qu'ils se retrouveraient nus. À cette pensée, il sentit une partie de son anatomie se gorger de sang alors qu'une autre se crispait quelque peu. Bon, le désir était toujours là, mais la crainte du phallus d'Adrian aussi. Il se mit à geindre de plaisir alors que les mains de son petit ami, après s'être fait chatouilleuses, devenaient purement excitantes sur son corps. Tant pis, il verrait bien la prochaine fois, car désormais il le savait, il y aurait une prochaine fois.
« Hum, hum, vous savez qu'il existe d'autres surfaces pour faire ce genre de chose, comme, disons, un bon lit ? » fit une voix moqueuse, les faisant se décoller brutalement.
Les deux tourtereaux, pris en plein délit de tripotage, se redressèrent un peu et tombèrent sur les Rouge et Or qui descendaient dîner. Sans trop de surprise, Hooper était celui qui avait lancé la taquinerie. Bill se tenait derrière lui, les sourcils froncés et l'air un peu contrarié de découvrir son jeune cadet se faire peloter et embrasser de façon très érotique à même les escaliers du château. Surtout que Charlie avait l'air plus qu'inspiré par le fessier de l'autre préfet.
Les deux amants se levèrent finalement des escaliers, suivirent les Gryffondor et entrèrent dans la grande salle avec les autres élèves. Hooper se moqua encore d'eux alors qu'Adrian s'asseyait à la table des Lions. Mais il n'était pas le seul à ne pas être à sa table attitrée. Beaucoup d'élèves étaient rentrés chez eux. Ne restaient pour la plupart que les cinquième et septième année, en raison de leurs révisions pour leurs examens, plus quelques étudiants des autres années. Ainsi, certains couples ou amis issus de maisons différentes s'étaient rejoints. Tonks, par exemple, était confortablement avachie sur Sean. Après avoir regardé les Gryffondor, elle s'était retrouvée avec des cheveux orange et le visage recouvert de taches de rousseur.
« Quoi ? Je suis en réalité un membre caché de la famille Weasley, j'ai donc tout à fait ma place à cette table ! » déclara-t-elle avec sérieux.
Les autres élèves ricanèrent, y compris les deux rouquins.
Charlie ne quitta que rarement des yeux l'homme à ses côtés. Son homme. Ils mangèrent rapidement et montèrent ensuite jusque dans le dortoir des cinquième année. Ils restèrent tous les deux prudemment vêtus, Charlie prêtant pour l'occasion un pyjama à son amant, bien qu'un peu trop court pour le Serdaigle. Ils passèrent la nuit ensemble, enlacés dans les bras l'un de l'autre.
Bill, suspicieux, vint de nombreuse fois pour des prétextes futiles afin de vérifier que tout était correct. Quand la dernière fois qu'il pénétra dans le dortoir, il constata que les quatre occupants dormaient, il abandonna la partie et se décida lui aussi à se coucher. Les explications de Charlie sur sa journée passée avec Hagrid et le professeur Brûlopot ne l'avaient pas totalement convaincu, néanmoins, malgré ses questions, Charlie avait clairement refusé de lui en dire plus. Et la présence d'Adrian n'avait pas aidé le préfet de Gryffondor à approfondir la discussion avec son cadet. Sans compter que Charlie ne cessait de lui répéter qu'il était grand et qu'il voulait se débrouiller seul. Les yeux rivés sur le plafond de son lit, Bill prit le parti de laisser tomber... pour le moment.
Le lendemain fut consacré exclusivement au travail scolaire. Le soir, Adrian était de ronde. Errol apporta à Bill et Charlie deux boîtes identiques remplis de Fondant au Chaudron. Le mardi, ce fut Adrian qui reçut un énorme paquet mais il ne l'ouvrit pas. Cette journée fut elle aussi consacré au travail scolaire. Cependant, Adrian demanda à Charlie de le rejoindre au bas des escaliers des Serdaigle vers 17h00. Le garçon, plongé dans un épineux problème de métamorphose, acquiesça vaguement.
Il ne réalisa ce qu'il faisait que lorsqu'il marchait d'un pas tranquille vers la tour et qu'il aperçut Adrian qui l'attendait, non seulement au pied de l'escalier mais surtout à l'angle du fameux couloir. Et là, il comprit. Le Bleu et Bronze n'avait pas du tout l'intention de l'emmener dans la salle commune ou le dortoir des Aigles, mais dans la petite pièce où s'était déroulée leur première et unique séance de jambes en l'air. Bon.
Charlie le suivit jusque dans la chambre, qui était déjà éclairée par les bougies parfumées. La pièce étant surchauffée, le garçon enleva manteau et pull pour se retrouver en tee-shirt. Il s'assit sur le matelas pour ensuite enlever ses chaussures alors qu'Adrian s'allongeait à côté de lui. Le Serdaigle lui sourit avant de prendre plusieurs affaires qu'il avait glissées entre des coussins.
« C'est quoi tout ça ? » demanda calmement Charlie.
« Ça, c'est ce que j'ai commandé samedi et que j'aurais mieux fait d'attendre de recevoir avant de t'entraîner ici la dernière fois. Je t'ai dit que je voulais me faire pardonner, alors voilà, c'est maintenant. »
Il donna un verre à Charlie puis lui montra la bouteille remplie d'un liquide rose.
« Je te sers un verre ? »
Le plus jeune accepta. Dès que la bouteille fut ouverte une odeur entêtante bien que délicieuse s'en échappa.
« C'est quoi ? »
« Un cocktail de chez Pieddodu. Ça s'appelle le cocktail Passion. Ne me demande pas exactement ce qu'il y a dedans, nul ne le sait. Il y a un peu d'alcool et d'après les rumeurs, un aphrodisiaque. »
Le brun remplit le verre de Charlie avant de lui effleurer la tempe de ses lèvres.
« Tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenu, » murmura-t-il à son oreille, lui créant de délicieux frissons dans le dos.
Charlie regarda son verre où la boisson rose se mouvait. Il savait ce qu'attendait Adrian et ce qui risquait fort de se passer s'il acceptait ce verre. Boire de cet alcool signifierait sans aucun doute pour lui qu'il était d'accord pour un nouveau moment intime avec son amant. Charlie eut un frisson en pensant à ce mot. Mais c'était la vérité, Adrian n'était plus que son simple petit ami, il était aussi devenu son amant.
Après encore une seconde d'hésitation, alors que la langue d'Adrian retraçait consciencieusement sa jugulaire, il prit une décision et but une gorgé de sa boisson.
Il sentit aussitôt le liquide couler le long de sa gorge, le réchauffant immédiatement. C'était doux, un peu sucré avec un petit goût d'épice. Et effectivement alcoolisé. Le liquide sembla même lui réchauffer doucement le ventre. Il suivit ensuite la main d'Adrian qui lui présenta un pot. Le Lion haussa un sourcil interrogateur.
« C'est ce que je voulais acheter samedi mais il y avait une rupture de stock. C'est pour toi, enfin, pour nous. C'est un lubrifiant de grande qualité. »
Charlie ouvrit en grand ses billes bleues. Voilà qui était très clair et direct. Il posa son verre et prit le pot où il lut les indications dessus.
« Donc, ce truc est censé non seulement servir de lubrifiant de longue durée et doux au toucher, mais aussi, aider à détendre les sphincters, prolonger les érections et stimuler les zones érogènes ? Tout ça dans un seul gel. Eh bien... »
« Il coûte une fortune et c'est le meilleur sur le marché. ''Amour Gay'' leur a même fait un grand article l'année dernière.
Devant l'air pour le moins éberlué de Charlie, Adrian précisa.
« C'est un magazine pour homo, tu ne connais pas ? Pourtant, il est très connu. »
« Sorcier ? »
Cette fois, ce fut Adrian qui le regarda comme s'il avait deux têtes.
« Évidemment ! Je ne sais même pas s'il existe des magazines de ce types chez les Moldus. Parfois tu es bizarre, Charlie, avec les Moldus. »
« J'ai été à l'école moldue, ça doit être pour ça. »
« Sérieux ? On m'avait dit que certains sorciers mettaient leurs enfants à l'école moldue mais je n'en avais encore jamais rencontré. »
« Eh bien maintenant, non seulement tu en connais un mais en plus, tu sors avec, » fit Charlie en haussant une épaule.
Adrian se pencha immédiatement vers lui, il repoussa le tee-shirt du Lion avec son nez afin de pouvoir la lui embrasser. Il remonta ensuite, faisant glisser sa langue le long du cou pour finir sa course sur l'oreille. Il attrapa le lobe entre ses dents et le relâcha pour lui susurrer. « Je fais bien plus que sortir avec, il me semble. »
Charlie se détesta alors que de nouveau, les lèvres d'Adrian couvraient son visage de baisers. Il suffisait que le garçon l'embrasse, le touche et lui parle de cette voix rauque pour que toutes ses belles résolutions de sagesse et de contrôle de soi prennent leur balai et s'enfuient à des kilomètres. Il se mordit les lèvres alors que des mains chaudes et douces passaient sous son vêtement pour lui caresser le ventre. Elles remontèrent lentement sur son torse pendant que la bouche du Serdaigle se posait sur la sienne et en forçait l'entrée. La langue du brun s'empressa de s'enrouler autour de sa jumelle à l'instant même où les doigts agiles trouvaient l'un de ses tétons qu'il pinça doucement. Le tout combiné lui envoya des décharges de plaisir dans tout le corps et sa tête devint brumeuse. Il gémit de frustration quand Adrian retira mains et langue.
Le brun lui sourit et lui retendit son verre.
« À nous deux. » Il but une petite gorgée en lui lançant un clin d'œil.
Charlie fit de même, un peu fébrile, finissant quant à lui presque tout son verre tant il avait chaud. Sa tête, toujours un peu embrumée lui tourna alors qu'une vague de désir prenait place dans ses reins. L'odeur des bougies, de sa boisson et d'Adrian, qui de nouveau lui dévorait le cou, l'ensorcelaient littéralement. Le désir grandit encore tandis qu'Adrian l'allongeait sur le matelas. Il lui remonta son tee-shirt, dévoilant son torse où sa bouche se referma sur ses boutons de chair. Charlie gémit une nouvelle fois et se mit à haleter. Il ne pouvait penser à rien d'autre qu'à ces sensations. Il avait l'impression qu'une centaine de mains était sur son corps pour le caresser. Il ondula sur le lit, les membres lourds. Ses yeux se fermèrent alors qu'il respirait de plus en plus fort. Il sentit qu'Adrian défaisait son pantalon et le lui enlevait ainsi que son caleçon. Puis, ce fut la bouche d'Adrian qui engloutit son pénis déjà à moitié dur. Charlie cria sous la surprise. Il avait du mal à bouger, tout son corps semblait être fait de coton, un coton particulièrement érogène.
La bouche et la langue quittèrent son membre qui se dressait désormais en une fière érection, tandis que Charlie ouvrait les yeux. Adrian était en train de se déshabiller lui aussi. Il fut rapidement nu, permettant à Charlie de constater qu'il n'était pas le seul en érection. Le pénis d'Adrian était gorgé de sang, s'élevant largement au dessus de la toison brune. Il l'étudia et sentit ses fesses se crisper. Sans être trop imposant, le sexe d'Adrian était d'une bonne grosseur, assez large et son gland violacé, à découvert et luisant de liquide séminal, montrait clairement l'état d'excitation du garçon.
« Adrian, je suis peut-être un Gryffondor, mais là, j'ai peur d'avoir encore mal. S'il te plaît, je ne veux pas. »
Adrian s'allongea sur lui. À l'aide de ses jambes, il écarta celles de Charlie. Leurs érections rentrèrent en contact, ils frissonnèrent tous les deux et le Serdaigle recommença ses caresses et baisers.
Le Gryffondor se sentit de nouveau partir dans les limbes du désir. C'était frustrant de constater à quel point il ne pouvait pas lui résister.
« Tu n'as pas à avoir peur, tu n'auras pas mal cette fois, » fit le Serdaigle en lui léchant consciencieusement le cou.
Il redescendit de nouveau, s'attarda sur les tétons roses, les aspirant et les suçant avec avidité. Charlie ne put que gémir de nouveau face au traitement. Le cadet Weasley ouvrit la bouche pour préciser sa pensée, à savoir qu'il n'était pas seulement question d'avoir mal ou pas, mais celle-ci fut aussitôt envahie par une langue chaude et conquérante. Ses paroles furent donc avalées et il ne put bientôt plus rien dire, transporté par les sensations que cette langue et les mains lui apportaient.
Charlie avait quand même conscience que sa peau semblait bien plus sensible et son désir trop fort. Nul doute en effet que l'alcool n'était pas la seule chose dans sa boisson qui l'étourdissait et lui enflammait les sens. Une petite voix dans sa tête lui rappela qu'Adrian l'avait effectivement prévenu. Il avait bu son verre en toute connaissance de cause, sachant qu'un aphrodisiaque était dedans et qu'il y avait donc largement plus d'une chance sur deux pour qu'il finisse la soirée en faisant l'amour avec le Serdaigle.
Il souleva avec difficulté un bras pour poser sa main sur le dos de son amant. Adrian frissonna et avec l'une de ses mains, il écarta un peu plus les cuisses crémeuses du plus jeune. Bientôt un doigt humide se pressa contre l'intimité du rouquin qui gémit plus fort, de crainte, comme une supplique informulée. Certes, il avait envie de faire l'amour mais il ne voulait pas avoir mal, il ne voulait pas revivre la brûlure horrible d'il y avait deux jours.
Adrian arrêta son geste et décolla enfin sa bouche de l'autre garçon.
« Chaton, mon amour, je mets juste les doigts, comme la dernière fois. On verra ensuite pour le reste, d'accord ? Si tu as mal, tu me le dis tout de suite, n'attends pas. »
Lui même n'attendit pas de réponse avant de retourner à embrasser le cou, la bouche et le visage de Charlie alors que son index s'engouffrait dans son corps. Le rouquin sentit l'intrusion mais la légère brûlure s'évanouit aussi vite qu'elle était apparue. Un index, cela allait et effectivement, le lubrifiant était très lisse, très doux et soyeux. La présence du doigt d'Adrian dans son anus, au lieu d'être désagréable, était au contraire une source de plaisir. Charlie n'avait pas eu cette sensation la première fois. Les sensations agréables s'étaient produites exclusivement à l'intérieur de lui, grâce au pénis d'Adrian dans son ventre, pas à cet endroit particulier qui n'avait été synonyme que de souffrance.
Le garçon haleta alors qu'Adrian le dévorait, de sa clavicule à son oreille, zone qu'il aimait particulièrement. L'index fut quant à lui bientôt rejoint par le majeur. Les doigts cherchèrent alors visiblement quelque chose, qu'ils trouvèrent rapidement. Charlie s'arqua au contact des doigts sur ce point particulièrement érogène en lui. Il cria. De pur plaisir.
Contrairement à sa première fois, tout ce qui se passait entre ses fesses, depuis sa petite entrée dilatée jusqu'au bout des doigts inquisiteurs, n'était qu'excitation et délice. Charlie ne contrôlait plus du tout son corps, il n'était plus qu'une masse geignante de luxure. À sa propre stupéfaction, il constata que son bassin ondulait et venait à la rencontre des doigts, qu'il s'empalait volontairement sur eux. Il se mordit les lèvres pour s'empêcher de crier alors que ce point magique dans ses entrailles continuait son œuvre de désir et plaisir.
De lui-même, il écarta largement ses jambes et remonta ses genoux vers ses flancs. Au prix d'un grand effort, il balbutia.
« Ad-adrian. Oh Merlin, j'en veux plus, plus. »
« Tu me veux en toi, chaton ? Tu veux mon pénis en toi ? » murmura le Serdaigle d'une voix tendue par l'excitation et la lubricité.
« Oui, oh oui ! » gémit Charlie en relevant les fesses alors que les doigts se retiraient.
Il grogna son mécontentement, se retrouvant subitement vide et comme incomplet. Adrian se redressa et voulut le mettre sur le ventre, mais là, Charlie sembla se réveiller. Il protesta avec vigueur.
« Non, hors de question, je te veux sur moi, comme ça ! »
« Mais, Charlie... »
« J'ai dit non, sinon je te jure que je me rhabille et je me casse ! » fit Charlie avec colère.
Il attrapa la nuque du brun, attirant son visage vers lui pour partir à la conquête de sa bouche. Charlie doutait fortement qu'il aurait pu mettre sa menace à exécution. Son corps n'était plus que luxure, il réclamait l'orgasme et la délivrance. L'envie de sexe était très forte, presque anormale, pensa Charlie brièvement, mais l'important à cet instant c'était qu'elle soit comblée.
Le Serdaigle s'empressa de répondre au baiser, enchanté de l'empressement de son amant. Il réussit à se détacher un peu de l'étreinte de Charlie, faisant râler ce dernier, le temps pour lui de recouvrir sa verge de liquide. Puis il se rallongea convenablement sur le corps transi et tremblant du rouquin.
Charlie regardait les yeux bruns, qui brillaient de désir. De nouveau, il écarta largement ses cuisses tout en remontant ses genoux.
« Si tu as mal, tu le dis, tout de suite » répéta Adrian.
Charlie hocha la tête puis se força à se détendre. Ce n'était pas comme le samedi soir, ses reins étaient en feu et son corps tout entier semblait se consumer de désir. Il n'avait qu'une envie, celle de sentir le pénis d'Adrian en lui. Après tout, il se souvenait que cette sensation avait plutôt été agréable vers la fin et ce soir son intimité ne le brûlait pas, au contraire. Elle était elle aussi une source de plaisir.
Le gland appuya contre son entrée, s'y engouffra peu à peu, suivi du reste de la colonne de chair. La progression était lente mais il sembla à Charlie que le sexe d'Adrian allait encore plus loin que la première fois dans ses entrailles. Il respira bruyamment, la respiration saccadée. Son corps se couvrit de sueur alors que ses joues surchauffaient. Il les sentit brûlantes alors qu'il tournait la tête et qu'elles rencontraient le drap frais. Il gémit, s'arqua un peu.
« Ça va ? » chuchota le brun, d'une voix pour le moins étranglée.
« Oui... Oh, Adrian, c'est bon... » grommela Charlie.
De nouveau son bassin ondula sous celui du plus âgé, qui n'en pouvait plus de se retenir de bouger. Il comprit vite l'invitation silencieuse et commença ses va-et-vient.
Charlie ouvrit la bouche en un cri silencieux. Ce qui avait été une barre de fer douloureuse était devenue une hampe délicieuse, douce et moelleuse bien que ferme. La verge dans son ventre bougeait, sortait, revenait. Chaque mouvement lui procurait des sensations extraordinaires. Son anus laissait la colonne de chair venir et repartir sans effort. Charlie était confortablement dilaté et même s'il l'avait voulu, il avait le sentiment qu'il n'aurait pas pu refermer son entrée ou se crisper. Et c'était merveilleux. Le frottement de la verge lui donnait des frissons, son ventre en réclamait encore plus. Puis, Adrian donna un coup de hanches un peu plus sec et Charlie cria de plaisir alors que le sexe en lui tapait dans sa prostate.
« Oh Merlin, encore, encore ! » cria le Gryffondor qui se cramponna aux épaules de son amant.
Sans pouvoir se retenir, il planta légèrement ses dents et ses ongles dans la peau dorée du Serdaigle qui siffla.
Le rythme des coups de reins s'accéléra, devint presque bestial alors que les deux hommes soufflaient et anhélaient tous les deux. La pudeur et la retenue n'étaient plus de mise, ce n'était plus que deux corps transpirants qui s'emboîtaient avec passion. La pièce s'emplit de cris alors que le plaisir montait inexorablement. Pendant de longues minutes, le pénis turgescent fourragea le corps blanc qui se lamentait sous lui. Adrian s'appliquait à donner le plus de plaisir possible à son amant, changeant le rythme, soulevant les jambes pour accéder à des points divers qui faisaient gémir ou crier Charlie, extatique, qui ne savait plus ce qu'il disait ou faisait, tout au plaisir que lui procurait ce membre qui s'activait en lui sans relâche. Puis le rouquin glissa sa main entre leurs deux ventres, touchant son propre pénis pour se masturber.
Au bout de plusieurs longues minutes de luxure, Charlie sentit un coup plus fort que les autres en lui et il jouit en rejetant sa tête en arrière, dans une longue plainte d'extase. Son ventre se couvrit de sperme, ses entrailles furent prises de spasmes et il lui sembla perdre la tête. Adrian plongea encore son corps dans le sien, saisissant l'intérieur de ses genoux pour les plaquer plus haut, sur ses épaules. Il s'engouffra violemment le plus profondément possible dans le fourreau étroit de son amant. Le rouquin cria encore de plaisir, n'en pouvant plus de jouissance alors que le sexe le pilonnait plus loin encore. Adrian mordilla son épaule puis éjacula entre ses reins, emplissant son corps de longs jets de semence chaude.
Ils s'effondrèrent ensuite, haletants et brillants de sueur. Charlie laissa retomber bras et jambes sur le matelas, en tremblant. Il avait les lèvres totalement sèches et la respiration erratique. Il gémit en essayant d'ouvrir les yeux, qu'il avait fermés au plus fort de son orgasme.
Adrian s'écroula sur le matelas à côté de lui et le prit dans ses bras. Il embrassa la tempe humide avant de bredouiller.
« Je... je crois que tu n'as pas eu mal, cette fois... »
Charlie se mit à rire et à frissonner. Il secoua sa tête, un sourire béat aux lèvres. Il se colla contre son amant, son si merveilleux amant, en passant un bras possessif sur sa poitrine.
« Non, et j'en veux encore, tous les jours ! »
Il embrassa la joue et le visage du brun qui gloussa.
« Je savais bien que j'arriverais à te dévergonder, mon petit chat. »
Les deux garçons s'enlacèrent. Ils dormirent un peu, mangèrent quelques chocolats qu'Adrian avait apportés, burent une nouvelle coupe de boisson rose. Puis ils refirent l'amour. Cette seconde partie de plaisir de leur soirée fut aussi délicieuse que la première. Charlie se retrouva de nouveau tremblant, en sueur, le corps tout entier tourné à la lubricité, au désir et à la satisfaction sexuelle.
Le reste de leurs vacances se passa de la même façon. Charlie se félicita d'avoir gardé le baume de madame Pomfresh. Bien qu'il n'eut plus jamais mal pendant leurs rapports, les heures d'après étaient un peu plus douloureuses. Il dut donc l'utiliser pendant une semaine avant de pouvoir s'en passer pour de bon.
Il s'étudia de nouveau plusieurs fois dans le miroir de la salle de bains des cinquième année. Mais ne vit toujours rien de changé. Pourtant, il lui semblait être différent. Sa main passait souvent sur son ventre, là où le sexe de son amour était venu et allait revenir. Il se savait encore plus dépendant d'Adrian, plus amoureux, et aurait voulu passer chaque instant en sa compagnie. Cela n'était d'ailleurs pas passé inaperçu puisque son frère lui en fit la remarque.
Charlie rêvassait dans sa salle commune, allongé sur le canapé. Il avait encore une fois sa main sur son ventre, le maintenant au chaud, comme deux heures auparavant quand Adrian était en lui.
« Alors, petit cachottier, on pense à son bel étalon brun ? »
Le rouquin sursauta et tomba nez à nez avec une paire d'yeux moqueurs qu'il reconnut sans peine.
« Lancey Hooper, cela faisait bien longtemps que tu ne m'avais pas emmerdé et j'avoue que cela ne me manquait absolument pas, » fit Charlie en ignorant volontairement la remarque de l'autre garçon.
Celui-ci se mit à ricaner et s'assit sur le rebord du canapé, manquant écraser Charlie. Il tapota le nez parsemé de taches de rousseur.
« Toi, mon petit bonhomme, j'ai appris que tu était un sacré coquin. Figure-toi que je voulais emmener Lisa dans notre petit repère secret quand elle m'a dit que c'était impossible, qu'un autre préfet l'utilisait. Tu imagines ma surprise, je pensais que l'on était les seuls à connaître ce coin de paradis. »
Charlie pâlit un peu mais ne répondit pas.
« Et là, la préfète de mon cœur m'annonce qui si nous ne faisons nos galipettes que le matin, c'est parce que les après-midi sont réservées à l'autre préfet qui a découvert cette salle avec elle en début d'année. Tu vois de qui je veux parler ? »
Charlie se redressa vivement. « Je te jure que si tu en parles aux autres, je fais de ta vie un enfer. »
« Par ''autres'' je suppose que tu veux parler de ton cher frère aîné ? D'ailleurs, quand on parle du loup. Salut Bill, ça fait longtemps que tu es là ?! » s'écria Hooper d'une voix claire.
Le cadet Weasley sursauta violemment et se leva du canapé, affolé, alors que Hooper éclatait de rire. Bill n'était pas là.
« Je vais te tuer ! » gronda le rouquin en sautant sur l'autre Lion.
Quand Bill revint dans la salle commune après sa ronde, il découvrit Charlie et Hooper en pleine partie d'échec.
Il s'affala sur le canapé à côté d'eux en soupirant alors que les pièces noires invectivaient Hooper qu'elles traitaient d'incompétent. Charlie, à genoux à même le sol, réfléchissait au prochain coup qu'il devait jouer. Les trois garçons discutèrent un moment, deux en jouant, le troisième en les regardant.
« Eh bien, vous allez enfin vous décider à faire quelque chose pour défendre correctement votre roi, manant ! Bougez-vous donc un peu les fesses au lieu de rêver ! » couina le roi blanc à Charlie qui hésitait entre sacrifier son fou ou sa tour afin d'éviter l'échec au roi.
Hooper pouffa et, oubliant la présence de Bill, lâcha la bombabouse.
« Oh, ne t'en fais pas pour ses charmantes petites fesses, son petit ami s'en occupe très bien aux dernières nouvelles. »
La phrase en elle-même aurait pu passer si ce sombre crétin, réalisant subitement ce qu'il venait de dire en présence de Bill, n'avait redressé la tête vivement, blanc comme un linge et bafouillant.
« Enfin, non, ce que je dis juste, c'est que voilà, Adrian le tripote un peu, c'est tout, rien de bien méchant, enfin, tu vois, pas qu'il s'en occupe plus que ça, hein... Bref, moi je dis ça, je dis rien... »
Charlie soupira et fit la grimace. Il sentait le regard noir de son frère aîné sur lui. Il se leva et se dirigea dans son dortoir, sous les regards désolés de Hooper et des autres Lions qui avaient compris qu'une nouvelle mise au point allait avoir lieu entre les deux Weasley, mais aussi sous les cris de contestation des pièces blanches qui hurlaient à la désertion.
« Tu pouvais pas la fermer, non ? » siffla Sean à Lancey.
« C'est bon, ça m'a échappé ! Et puis, par les couilles de Godric, Bill pourrait aussi foutre la paix à son frangin. C'est pas le seul ici à baiser que je sache ! » râla le septième année qui craignait pour l'intégrité de son capitaine de Quidditch préféré. « Au fait, comment tu le savais ? » réagit-il enfin en se précipitant à la suite de Sean et Calvin dans les escaliers.
Les deux autres lui firent signe de se taire et collèrent leurs oreilles à la porte de leur dortoir.
« Alors, » fit Bill à son frère qui s'était assis sur son lit. « Qu'est-ce que je dois comprendre ? »
Charlie planta ses outremers dans les yeux clairs de son frère.
« Que je ne suis plus vierge ? » proposa-t-il.
« Charlie, arrête de te foutre de moi. »
« Je ne me fous pas de toi, c'est la vérité. »
Bill regarda son cadet les poings serrés.
« Depuis quand ? »
« Le début des vacances. »
« C'est pour ça que tu étais absent le dimanche ? Il t'a baisé le samedi soir, c'est ça ? »
Charlie tiqua sur le terme employé par son aîné mais hocha la tête. Les yeux de Bill se firent encore plus durs.
« Est-ce qu'il t'a forcé ? »
« Non. »
« Ah oui ? Il ne t'a pas fait du chantage ? Rien du tout ? Du style ''Oh mon chéri, je t'aime tu sais, et toi tu ne m'aimes pas parce que sinon tu ferais l'amour avec moi''. C'est la phrase fétiche des Serdaigle et Serpentard quand ils veulent dépuceler une fille ou un mec innocent. Demande donc à Helena Chambering, Sam Stebbins ou encore Calista Prentiss, c'est la dernière en date. »
Charlie eut l'impression d'avoir reçu un coup de poing dans le ventre et baissa la tête. Mais Bill continua, sans pitié.
« Il ne t'a pas fait boire de ce breuvage joliment appelé ''cocktail de la passion'', histoire de te ''détendre'' ? Il fait un ravage en ce moment chez les mecs qui veulent soûler et profiter de leur conjoint un peu hésitant, et pas qu'à Poudlard. On en a parlé à la dernière réunion des préfets et professeurs, il y a deux semaines. Cet alcool va faire l'objet d'une mise en garde par le ministère, sache-le. »
Devant l'air déconfit du plus jeune, Bill explosa.
« Putain, est-ce que ce salaud a eu au moins la délicatesse de te protéger ? Et de ne pas te faire mal ? »
Les yeux de Charlie se détournèrent et Bill devint d'un joli grenat digne d'une Molly au mieux de sa forme.
« PUTAIN DE BORDEL DE MERDE, JE VAIS ALLER LUI CASSER LA GUEULE À CE SALOPARD ! »
Charlie sauta de son lit et ceintura son frère qui allait sortir de la pièce afin de mettre ses menaces à exécution. Il se plaqua contre son dos, s'adressant à sa nuque à toute vitesse.
« Bill ! Non ! Écoute, Adrian est pas comme ça ! Je le voulais, tu entends ? Je le voulais vraiment et il a été génial ! Pour l'amour de Merlin, Bill, ne m'oblige pas à te dire ce qu'on a fait pendant toutes ces vacances, mais il m'a pas largué et je viens de vivre des jours merveilleux ! S'il te plaît, Bill, ne détruis pas ces moments pour moi. S'il se fout de moi, non seulement tu pourras aller lui casser les dents mais en plus, je t'accompagnerai. S'il te plaît, Bill. »
Bill prit plusieurs minutes pour se calmer avant de se retourner et d'enlacer son frère.
« Il a été correct avec toi ? Tu le jures ? »
« Oui, rassure-toi. La première fois n'a pas été super, c'est vrai, parce qu'on n'a vraiment pas été doué, ni l'un ni l'autre, je savais pas comment faire pour me détendre, tu vois, mais il s'est rattrapé après et... » fit Charlie, précipitamment, le rouge aux joues.
« Trop de détails, Charlie, » grimaça Bill en le coupant.
Imaginer son petit frère en train de se faire dépuceler était un peu trop d'information pour son cerveau. Il soupira en assurant son étreinte sur le plus jeune.
« Tu vas tellement me manquer, p'tit Charlie, tellement. Je devrais pas le dire, mais tu es celui qui va le plus me manquer. Et je ne serai plus là pour t'aider ou prendre soin de toi. Jure-moi de prendre soin de toi, mon frère. »
« De quoi tu parles ? » l'interrogea Charlie, étonné de la voix subitement émue et des paroles du plus âgé des enfants Weasley.
« Je reviens de chez Dumbledore, mon dossier chez Gringotts a été accepté. Si j'ai mes ASPICs, je commencerai le métier de briseur de sorts dès le mois de juillet. J'ai eu la fiche d'inscription finale. Si tout se passe bien, je partirai au Pérou pour suivre ma formation. »
« Au Pérou ? Mais ? »
« C'est Gringotts qui paye les voyages, mais non, je ne reviendrai pas en Angleterre avant au moins dix mois. Ensuite, je serai affecté je ne sais trop où, cela dépendra des places disponibles et aussi de mon classement. »
Le petit rouquin déglutit avec difficulté. Bill repartait. Il avait le sentiment d'être de nouveau cet enfant qui regardait le train partir sur le quai 9 3/4, le laissant seul.
« Oh, Charlie. Comprends-moi. J'ai besoin de ça. Comme toi aussi, un jour, tu partiras pour vivre avec tes dragons. Mais je ne suis pas encore parti et je reviendrai. »
Charlie s'obligea à faire un sourire à son frère. Bien sûr qu'il le comprenait. Ils en avaient suffisamment discuté tous les deux. Ils voulaient prendre leur envol, visiter du pays, ne plus avoir d'autre responsabilité que la leur. Mais ils étaient et seraient toujours unis. Pour toujours. Il ne devait donc pas montrer l'ampleur de sa tristesse à Bill, cela ne serait pas juste. Alors il se contenta d'enfouir son nez dans le cou de son aîné, respirant son odeur profondément.
« Je ne suis pas encore parti, » répéta Bill en le berçant en peu.
Charlie passa ses bras autour de sa taille, bien décidé à ne plus bouger. Dans trois mois, Bill partirait, très loin de lui. C'était la vie, d'accord, mais il n'en avait pas envie. Bill avait une place privilégiée dans son cœur et même si, effectivement, cela n'était pas très juste envers ses autres frères et sa sœur, c'était ainsi.
« Tu sais, Dumbledore devrait arrêter de se nourrir de sucre parfumé au citron, ça lui monte au cerveau je crois, » finit par chuchoter le plus âgé des rouquins.
« Comment cela ? » demanda le second, le nez toujours dans le cou de son frère.
« Il m'a dit qu'il était heureux pour moi, pour Gringotts. Mais aussi que c'était une bonne chose que je vois des sorciers d'autres pays pour créer des liens et des alliances. Et encore qu'il ne fallait pas que je baisse ma garde. Il m'a parlé de la guerre. De Gideon et Fabian. »
Charlie se tendit au nom de leurs parrains respectifs. C'était aussi sans doute l'une des raisons de l'attachement particulier qui liait les deux aînés des enfants Weasley. En plus d'avoir vécu six et quatre ans juste à deux et de devoir ensuite veiller sur le reste de la progéniture de leurs parents, ils avaient connu la guerre, l'avaient vécue avec leurs yeux et leur âme d'enfant. Pas les autres.
« Pourquoi a-t-il fait ça ? »
« Il m'a dit qu'il fallait se tenir prêt. Et aussi qu'il ne fallait pas que j'arrête de m'entraîner. Et toi, tu dois continuer et réussir tes BUSEs en défense. »
Cette fois, le plus petit des deux roux se détacha un peu du plus grand en fronçant les sourcils.
« Mais il est mort ! »
« Je n'en sais pas plus que toi, Charlie. Cependant, si Dumbledore le dit, il serait sage de l'écouter et de faire ce qu'il demande. De toute façon, cela nous sera nécessaire pour nos futurs métiers, alors... »
Bill haussa les épaules et sourit à son frère. Subitement, il se recula légèrement et l'examina.
« Quoi ? » fit Charlie un peu mal à l'aise.
« Rien, je regardais juste si tu avais l'air différent mais non, tu as toujours la même bouille de sale gosse. Donc, si je t'ai bien compris, vous ne l'avez pas fait qu'une seule fois. C'était bien ? »
« Bill ! » s'écria Charlie, choqué.
« Je me renseigne, c'est tout. Écoute, je sais que j'ai été un peu sur ton dos depuis que tu sors avec Adrian. »
« Un peu ? » le coupa Charlie. « Tu veux dire que tu ne l'as pas décollé, oui ! »
« Tout de suite tu exagères. Mais c'est vrai, j'admets avoir été un peu collant. Mais bon, maintenant de toute façon, c'est trop tard, ce sale type a réussi à cueillir ton fruits défendu alors... »
« Mon fruit défendu ? Bill, t'es ridicule, tu en as conscience au moins ? »
« Alors, disais-je, qu'est ce que ça fait ? C'est bien le sexe à deux ? Après tout, moi je me contente de ma main droite alors, pour une fois que c'est toi qui fais un truc avant moi, j'ai bien le droit de me renseigner. »
« Bill ! » s'exclama Charlie, rouge et offusqué. « Je... Non mais vraiment ! D'abord, je te rappelle que ce n'est pas la première fois que je fais quelque chose avant toi, je montais sur mon balai que tu restais encore sur le sol en claquant des dents. Et puis, c'est pas toi qui disais que tu ne voulais rien savoir, que j'étais asexué à tes yeux ? »
« Je ne claquais pas des dents ! En plus, que tu sois doué sur un balai montre juste que tu aimes enfourcher un manche, » répliqua Bill avec un clin d'œil, faisant s'étouffer son jeune frère sous le sous-entendu. « Et je ne te demande pas les détails, merci bien, je vais effectivement m'en passer. Allez, je veux juste savoir si c'est aussi bien que ce que les autres qui ont franchi le pas le disent. Toi, je peux te faire confiance, tu ne vas pas exagérer pour te faire mousser, ».
Charlie grommela dans sa barbe qu'il n'avait pas, la nature ne l'ayant pas particulièrement pourvu de pilosité.
« Quoi ? » demanda Bill.
« J'ai dit ''oui, c'est bien''. »
« Juste bien ? »
Cette fois, Charlie explosa de rire. « Non, c'est génial en fait. »
... ... ...
Le vent s'engouffrait dans ses cheveux. La voix quasi-hystérique de Tonks résonnait partout dans l'air alors qu'une poursuiveuse de son équipe venait de marquer encore un autre but.
Il en fallait pourtant au moins deux autres pour remporter la coupe. Il avait exposé une nouvelle fois sa stratégie à son équipe le matin même. Il ne voulait pas seulement gagner ce match, mais la coupe de Quidditch que les Serpentard ou les Serdaigle avaient toujours remporté depuis son arrivé à Poudlard. Tant pis si au final ils perdaient tout, match et coupe, mais ils devaient prendre le risque. Toute son équipe l'avait applaudit. Ils joueraient le tout pour le tout.
Soudain un éclair doré traversa le ciel clair. L'attrapeuse de Poufsouffle se précipita, Charlie à sa suite. Les hurlements s'élevèrent des tribunes alors que Charlie jetait un œil angoissé au panneau annonçant le score. Non, il manquait encore ces fichus vingt points pour assurer la coupe à Gryffondor ! Charlie accéléra, la main de sa concurrente était tendue pour se saisir de la petite balle volante. Le rouquin poussa un juron mentale. Il n'était pas comme Patterson, l'attrapeur de Serpentard, hors de question d'envoyer valdinguer Robin. Au coude à coude avec elle, alors que les cris montaient toujours, Charlie jeta un dernier regard au tableau. Robin accéléra, le visage crispé voyant que Charlie la devançait légèrement. Mais le Lion fit quelque chose que personne n'avait prévu, il lança son poing, frappant le vif qui valsa plusieurs mètres sous eux, avant de poursuivre sa course en sens inverse.
« Mais tu es dingue ! » hurla Robin tandis que Tonks s'égosillait.
« Oh ! Merlin en string ! »
« Mademoiselle Tonks ! » cria le professeur McGonagall.
« Pardon professeur ! » hurla toujours Tonks en sautant sur place, ses cheveux courts d'un bel orange vif. « Charlie Weasley est ... C'est incroyable, il est clair maintenant, cher public, que le capitaine de Gryffondor ne veut pas seulement gagner ce match mais la coupe ! C'est un jeu dangereux, mon cher beau gosse ! »
« Nymphadora Tonks ! »
« Quoi ? Il n'y a pas que Belby qui a le droit de pouvoir admirer ses fesses, non ? » protesta Tonks, ce qui lui valut une protestation stridente de leur professeur alors que les tribunes des Bleu et Bronze et des Rouge et Or explosaient de rire. « En plus, vous noterez au passage mon absolue neutralité professeur... en plus de ma parfaite vision. Cela étant dit... oh ! Hooper vient de marquer un but ! Plus qu'un et tu pourras capturer le Vif, joli p'tit Lion, sauf si Robin l'attrape avant toi ! » beugla Tonks au milieu des hourras des Gryffondor.
Pendant les dix minutes suivantes, Charlie s'activa à pourfendre le ciel, faisant fuir le Vif et empêchant Robin de l'attraper, à la colère de plus en plus visible de la jeune fille.
Enfin, Fleshburry marqua le but nécessaire et la course de Charlie devint tout autre. La Poufsouffle le colla brusquement et lui hurla dans les oreilles :
« Tout ce que tu vas gagner, c'est d'être ridiculisé, Weasley, crois-moi, le Vif est pour moi ! »
Mais Charlie n'entendit même pas la fin de sa phrase. Derrière la jeune fille, haut dans le ciel, une lueur d'or était apparue. Charlie contourna Robin en plongeant sous elle et en remontant brutalement, cramponné au manche de son balai. Comme à l'accoutumé, il n'entendit plus rien, uniquement concentré sur son rôle. Il ne pouvait pas rater, pas alors que son équipe avait fait ce qu'il fallait pour les emmener à la victoire. Le Vif continuait sa course dans le ciel et Charlie braqua plus encore, pratiquement à la verticale. Il tira sur ses bras et ses jambes, s'étirant au maximum et enfin, sa main gantée se referma sur la balle en or, dont les ailles battirent faiblement.
Alors Charlie entendit la clameur qui montait du terrain, ainsi que la voix de Tonks.
« Charlie Weasley attrape le Vif ! Gryffondor gagne la match et la coupe ! » (1)
Quand il redescendit au sol, tout le monde était déjà là, non seulement son équipe mais aussi plus de la moitié des élèves de Gryffondor. Il eut à peine le temps de poser un pied à terre qu'il se retrouva de nouveau soulevé, porté par des mains et des bras alors que les Lions, avec leur discrétion naturelle, faisait trembler le sol avec leurs hurlements.
La fête dans la tour fut mémorable et la bièraubeurre, arrivée dont on ne savait trop d'où, coula à flot.
... ... ...
La langue d'Adrian était dans son cou, le léchant avec application. Charlie soupira d'aise. Merlin que c'était bon.
« Tu soupires parce que tu en veux plus ou parce que tu es contrarié par quelque chose ? » souffla le préfet à son oreille.
« Parce que je suis bien, » répondit l'autre garçon.
« Tu dois bien être le seul élève de cinquième année à te trouver bien en ce moment. Et je ne te parle pas de mes pauvres camarades de septième. Les examens commencent demain je te rappelle. »
« Je sais, mais de toute façon c'est trop tard pour s'angoisser. Ceux qui n'ont pas révisé ne pourront plus le faire, et pour les autres, une journée de détente sera bien plus profitable. »
Adrian quitta le cou de Charlie et le regarda, avec comme une légère envie qui n'avait rien de sexuelle. Pour l'instant.
« Quoi ? » fit Charlie en rigolant.
« Je t'admire pour ton calme. Je ne sais pas comment tu fais. Moi je stresse à mort et toi, tu prends ça avec le sourire. »
Charlie explosa de rire.
« Je ne vais quand même pas pleurer parce que les méchants examens arrivent. Je suis prêt, je m'inquiète pas. »
Le regard éberlué d'Adrian le fit rire de nouveau.
« Dois-je comprendre que toi, tu n'es pas détendu en ce moment ? » fit le plus jeune, taquin.
Adrian eut un léger sourire.
« Là, avec toi, oui, mais ce soir dans mon lit, je sais que je ne vais pas fermer l'œil de la nuit. »
« Pauvre, pauvre petit préfet, » se moqua Charlie.
Le brun se vengea de suite en glissant ses mains sur les flancs du garçon et en le chatouillant sans pitié.
« Non ! Ah non ! Arrête ! » cria Charlie en se tortillant dans tous les sens et en riant aux éclats.
Son bourreau arrêta un instant les guilis mais l'une de ses mains resta sur le ventre pour le caresser. Le regard se fit plus gourmand alors que Charlie essayait de calmer son fou-rire. De son autre main, le Serdaigle effleura la joue imberbe et toucha la fossette qui s'était creusée.
« Oh Charlie, je vais te dévorer. »
Charlie arrêta de rire, un grand sourire toujours sur les lèvres. Il n'avait jamais compris pourquoi Adrian semblait à chaque fois si excité par cette fichue fossette. Personnellement, il la trouvait plutôt ridicule, elle l'avait même complexé ces dernières années. Mais étrangement, la plupart des gens la trouvaient adorable, et lui avec par la même occasion. Sauf ce crétin de Flint et sa chère tante Muriel, mais ça, c'était presque rassurant.
Le regard chocolat devint de braise. La bouche d'Adrian fondit sur lui et Charlie ouvrit largement la sienne. Bientôt, ce ne furent plus des soupirs mais des plaintes et des gémissements de plaisir qui envahirent la petite pièce.
... ... ...
Dans deux jours il retournerait chez lui. Les examens étaient enfin finis, en ce qui le concernait. Le Poudlard Express l'emmènerait à Londres et il ne le reprendrait que dans deux mois. Sans Bill et sans Adrian. Ce dernier lui avait assuré qu'ils pourraient se voir autant qu'ils le souhaiteraient pendant l'été. Ses parents lui avaient déjà pris un petit studio, dans un quartier sorcier de Londres, pas très loin du Chemin de Traverse. Adrian avait voulu son indépendance et l'avait eue. Sa cheminée était reliée au réseau et il pourrait aller à son école de Potionnistes sans problème. Non, le problème c'était que Charlie ne savait pas du tout comment il allait pouvoir justifier ses absences au Terrier. Ses parents savaient qu'il avait un petit ami, mais ce n'était pas pour cela qu'ils l'autoriseraient à le voir tous les deux jours. Surtout sachant qu'il avait son propre appartement, chose dont personne, pas même Bill, n'était au courant. Au contraire, si jamais cela venait à se savoir, nul doute qu'il se verrait interdire de voir Adrian sans chaperon.
Tout à ce problème pour le moins épineux, Charlie retournait au château après une petite promenade solitaire. Cela aussi allait lui manquer pendant deux mois. Même si être seul dans sa chambre avait quelque avantage, le reste de ses journées serait bruyante. Pourtant, il était ravi de revoir toute sa famille. Ses frères lui manquaient, sa petite sœur aussi. Et il serait de nouveau l'aîné pour eux. Celui qu'ils viendraient voir s'ils avaient un problème, pour les consoler en cas de chagrin... ou pour échapper à la fureur de leur mère en cas de bêtises.
« Weasley ! » tonna soudain une grosse voix, le sortant de sa torpeur.
Charlie se retourna pour tomber nez à nez (enfin, ce qu'il en restait) avec le professeur Brûlopot.
« Oui, professeur ? » demanda le cinquième année en attendant que celui-ci le rejoignent en clopinant.
« Ah, Weasley, je vous cherchais. Je ne devrais pas vous le dire, mon garçon, mais tant pis. Vous avez brillamment réussi vos BUSEs en soin aux créatures magiques » lui annonça le vieil homme sans ambages. Charlie eut un grand sourire mais le professeur continua. « Ça vous dirait de travailler cet été ? Avec Hagrid et moi ? J'ai plusieurs choses à faire, pour préparer mes cours, et je ne suis plus aussi alerte que dans mon jeune temps. J'aurais besoin d'aide. Je vous dirais les jours et on se rejoindrait au Chaudron Baveur, ensuite je vous ferais transplaner. Je pense même pouvoir vous faire faire un petit tour à la réserve du Pays de Galles. Alors ? »
Charlie se retint de sauter au cou de son professeur tandis que ce dernier continuer de lui expliquer ce qu'ils feraient si Charlie acceptait. Qui pourrait résister à une telle proposition ? Passer l'été à voir des animaux incroyables, à Poudlard ou ailleurs ? Visiter la réserve et fréquenter de véritables dragons ? Sortir en toute impunité du Terrier plusieurs fois par semaine et en plus pour aller sur le Chemin de Traverse ? Charlie fêtait Noël et son anniversaire en même temps.
Même avec la perte de Bill, cet été s'annonçait sous les meilleurs hospices.
... ... ...
À suivre
... ... ...
NDA :
(1) – Pour ceux qui s'étonnerait du fait que Gryffondor gagne la coupe de Quidditch de Poudlard, petite explication. En effet, quand Harry arrive à l'école des sorciers, il est dit que Gryffondor n'a pas gagné la coupe des Quatre Maisons depuis huit ans. Par ailleurs, on apprend plus tard que Gryffondor a gagné la coupe de Quidditch tout le temps où Charlie Weasley en était le capitaine. D'où problème, sachant que Harry rentre à Poudlard (septembre 1991) l'année où Charlie en sort (juin 1991). Donc, comme le sous-entend plus tard JKR, j'ai distingué deux choses : la coupe des Quatre Maisons et celle de Quidditch. J'ai aussi respecté ses propos quant au fait que Charlie Weasley avait toujours fait remporter la coupe de Quidditch à Gryffondor... parce que j'aime Charlie et que c'est le meilleur ! :)
