NDA : bien, ce chapitre est « court » lui aussi, puisqu'il ne fait ''que'' 7 000 mots... pauvre de moi, je vous ai vraiment mal habitués... Bonne lecture !


Charlie

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1989 – 1991 : Les années Poudlard

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Sixième et septième année

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Partie 2 – Choisir sa vie


Molly entra doucement dans la chambre de Bill plongée dans le noir. Elle avança prudemment et constata que Charlie dormait, tout habillé sur le lit. La photo de lui et du jeune homme brun était posée à côté de lui, sur l'oreiller. Elle la prit, regarda son fils, qui avait l'air si heureux dans les bras de l'autre garçon. Elle reposa la photographie sur la table de chevet et passa ses doigts dans les cheveux de son enfant.

Les propos qu'il lui avait tenus l'avaient profondément blessée et elle les trouvait injustes. Bien sûr qu'elle l'aimait autant que les autres ! Elle soupira et décida de sortir de la pièce. Avant de fermer la porte, elle remarqua que son fils avait un frisson de froid. Elle remua sa baguette et aussitôt, le couvre-lit et la couverture bougèrent de sous Charlie pour venir se poser avec précaution sur le corps endormi, recouvrant ses épaules.

Molly se dirigea enfin dans sa propre chambre et s'allongea à côté d'Arthur qui enleva ses lunettes tout en posant son livre sur la petite table à côté de lui.

« Tu avais raison, il dort, » dit-elle simplement avant de se coucher à ses côtés. « De toute façon, tu as toujours raison quand il s'agit de ton fils. »

Le père de famille nota sans surprise la légère amertume dans la voix de son épouse.

« Molly, on discutera demain matin avec lui. Je n'approuve pas la façon dont il s'est comporté vis à vis de toi si c'est cela qui t'inquiète, mais admets que notre enfant souffre. Il n'aurait pas dit tout cela autrement. »

« Donc, tu penses qu'il a raison ? Que je les aime, lui et Ron, moins que les autres ? Ce n'est pas le cas, Arthur. J'aime et connais tous mes enfants, malgré ce que toi et Charlie pouvez bien penser. Oh, de toute façon, je sais très bien qu'entre lui et toi, personne n'a le droit de s'immiscer et je te signale qu'aucun autre de nos enfants ne vous le reproche ! Avoue donc, Charlie a toujours été ton préféré ! »

« Ce n'est pas de ma relation avec Charlie dont il est question ! »

« Comment pourrais-je l'oublier ! Non, c'est moi qui me suis pris ses reproches en pleine figure ! Parce que ce que vous oubliez un peu vite, c'est que c'est aussi moi qui ai dû le punir et l'éduquer pendant que toi, tu te contentais de dire oui à toutes ses demandes et à jouer avec lui ! Alors bien sûr, ensuite, c'est moi la méchante ! » Molly s'emportait, le ton de sa voix montant dangereusement. « Mais je le connais, aussi bien que toi ! C'est moi qui l'ai porté pendant neuf mois, moi qui l'ai mis au monde dans la douleur ! Je sais que notre enfant aime le vert, qu'il est sensible, trop sans doute, qu'il adore le Quidditch et les dragons. Je sais que son rêve c'est de devenir un dragonnier, et tant pis si pour cela, il doit faire un métier dangereux qui me fera frémir et qu'il devra partir loin de moi ! Comme Bill ! Je sais qu'il déteste la violence, le violet et le corned-beef ! Mais ça bien sûr, vous l'occultez tous les deux ! »

Arthur se retint avec justesse de lui rappeler que ce n'était pas Charlie qui n'aimait pas le violet ou le corned-beef, mais justement Ron. Il n'était pas sûr du tout que sa chère et tendre épouse supporte la mise au point.

« Molly, ce n'est pas une compétition entre nous deux ! Je ne t'ai jamais reproché la relation que tu as avec Bill, justement, alors ne viens me reprocher celle que j'ai avec mon fils. »

« Tu vois ?! Ton fils, ton fils ! Il n'y a que lui que tu appelles comme cela ! »

« Je te rappelle également que c'est toi qui as commencé à le faire ! Et bon sang, Molly, tu as une relation privilégiée avec six de nos sept enfants ! J'ai peut-être le droit d'en avoir au moins un qui aime passer du temps avec son père ! Oui, j'ai plus d'affinité avec Charlie, mais j'aime mes autres enfants tout autant que lui et ce ne sont pas eux qui viennent de me faire des reproches ! Es-tu prête à entendre le cri que te lance ton enfant ou non !? » s'énerva Arthur. « Parce que si c'est non, ne viens surtout pas ni te plaindre qu'il s'éloigne de toi, ni me reprocher de le comprendre et d'être proche de lui ! Parce qu'il en a besoin et il est hors de question que je le laisse tomber ! »

Molly sembla d'un coup se dégonfler comme un soufflé.

« Je... désolée, mais ça me fait mal ce qu'il a dit, vraiment mal. »

Arthur ouvrit ses bras et elle se blottit immédiatement contre son torse.

« Je ne comprends pas, Arthur, sincèrement. Pourquoi ai-je l'impression d'avoir raté quelque chose avec cet enfant ? Je n'arrive pas à le comprendre comme toi, tu le fais, j'ai toujours le sentiment qu'il me rejette. Vraiment je ne comprends pas. En plus, il est gay, c'est le premier de la famille à l'être. Pourtant, j'aime mon fils comme il est, je ne veux pas qu'il s'éloigne de moi, qu'il s'éloigne encore plus de moi. »

« Alors dis-lui. Charlie a sans doute besoin que tu lui dises tout cela, Molly. Je pense en plus que ce serait bien que tu discutes un peu avec lui. Ce que nous a dit Percy au sujet d'Adrian ne me plaît pas du tout. Et puis, je me doute que Charlie... eh bien, je suppose qu'en ce qui concerne cette relation, du moins de ce point de vue là, il est sans doute plus proche de toi que de moi. »

« Il a vraiment fait l'amour avec cet homme, alors ? »

« Oui, plusieurs fois. Je ne suis pas rentré dans les détails. Molly, je ne suis pas à l'aise avec ça, c'est comme si on me demandait d'en parler avec Ginny. »

« Charlie n'est pas une fille et je doute qu'il ait envie d'en parler avec moi. C'est un homme, toi aussi, peu importe ses préférences. Il ne voudra pas, il... c'est vers toi qu'il se tourne quand quelque chose ne va pas, Arthur, vers toi, pas vers moi. »

Arthur soupira tout en caressant le bras de son épouse qu'elle avait passé sur son ventre, notant une fois encore la trace de douleur dans la voix maternelle.

« Merlin, qu'il est compliqué d'être père. »

... ... ...

Charlie était réveillé depuis peu et, allongé sur le lit, regardait par la fenêtre de son frère. La vue était la même que dans celle de sa propre chambre, les deux n'en faisant qu'une à l'époque de leur enfance.

Penser à Bill était douloureux. Déjà parce qu'il lui manquait et que ce soir, pour la première fois, ils fêteraient Noël sans lui. Cela lui rappelait leur premier Noël sans Fabian et Gideon. En plus, penser à Bill signifiait aussi penser à Adrian, à toutes les recommandations de Bill à son sujet, à leurs discussions passées. Comme Bill lui manquait, comme il aurait aimé que son grand frère soit présent pour le consoler, même s'il lui aurait sans doute un peu botté les fesses. Est-ce que Bill serait parti casser les dents à Adrian, comme il lui avait si souvent promis de le faire l'année dernière ? C'était une possibilité. Néanmoins, Charlie ne le voulait pas.

Le jeune homme ferma les yeux. Il avait honte de ce qu'il avait fait et dit la veille. Nul doute que ses parents avaient dû en discuter et il craignait la réaction de sa mère.

Il n'avait pas été tendre avec elle hier soir et là, il ne savait plus du tout comment il allait pouvoir lui faire face. Se retrouver nez à nez avec Vert Gallois cet été lui avait semblé bien plus simple ! Il regretta pendant un instant de ne pas avoir accepté la proposition du directeur de la réserve qui voulait l'embaucher de suite. Au moins, il n'aurait pas été à Poudlard, il aurait pu voir Adrian à Londres, ils auraient même pu emménager ensemble et alors, il ne serait pas là en train de se morfondre mais dans les bras de son amant.

Puis les paroles de son père lui revinrent à l'esprit. Non, il ne devait pas regretter. Pour être dragonnier dans de bonnes conditions et espérer avoir un jour un bon poste, mieux valait avoir ses ASPICs, pas uniquement ses BUSEs. Et lui rêvait de Roumanie, pas du Pays de Galles. Quant à Adrian, s'il n'avait pas su l'attendre, alors c'était que son père avait raison. C'était qu'il n'était pas le bon, il n'était pas celui qui était fait pour lui. Il ne devait pas regretter de ne pas avoir sacrifier ses rêves pour lui, il n'en valait pas la peine.

Refusant d'écouter la douleur dans son cœur, Charlie se força à se motiver. Il réaliserait ses rêves. Il allait devenir un grand dragonnier et surtout, quelqu'un de bien, comme l'était son père, Bill et l'avaient été ses oncles assassinés.

Un bruit contre la porte le fit se tourner vers elle. Avec un soupire de résignation, il se décida à dire « entrez ». De toute façon, il n'allait pas pouvoir passer sa journée dans le lit de Bill à se morfondre. On était le 24 décembre, ce soir c'était le réveillon de Noël. Tante Muriel devait venir, comme d'habitude, et demain, toute la famille était attendue chez Bilius. Une bonne cinquantaine de personnes allaient être présentes pour fêter en plus de Noël, les fiançailles de leur cousine Mafalda, à à peine dix-neuf ans.

Alors qu'il s'était attendu à voir son père, ce fut Molly qui pénétra dans la pièce, un plateau de petit déjeuner flottant devant elle. Charlie resta interdit et ne put rien dire, jusqu'à ce que le plateau se dépose sur sa table de chevet. Sa mère lui avait préparé une omelette baveuse à souhait pleine de fromage accompagnée d'une énorme saucisse, trois toasts recouverts de beurre fondu et de confiture d'orange et enfin, un gros bol de chocolat chaud. Quand il vit les deux guimauves qui flottaient dans le lait, Charlie eut une énorme boule dans la gorge. Sa mère lui avait préparé tout ce qu'il aimait, comme pour lui démontrer qu'elle le connaissait mieux que ce qu'il ne croyait.

« Bonjour, mon chéri, » dit-elle en s'asseyant à côté de lui sur le lit, tandis qu'il se redressait en position assise. « Je me suis dit que tu devais avoir faim, puisque tu n'es pas venu manger hier soir. »

« Bonjour, maman. Merci beaucoup, » marmonna Charlie, sans oser la regarder.

Il ne toucha pas à son plateau. Il attendit à peine deux secondes avant de prendre son courage à deux mains et de lever ses yeux vers ceux de sa mère.

« Je suis vraiment désolé pour mon comportement d'hier soir, maman. Je te demande pardon, excuse-moi, s'il te plaît. »

« Charlie, ce que tu m'as dit hier soir m'a fait beaucoup de mal. Je peux comprendre que tu sois malheureux, à cause d'Adrian, mais tu n'avais pas à te comporter de cette façon. Néanmoins, je regrette moi aussi de m'être laissée emporter et de t'avoir giflé. Les jumeaux n'auraient jamais dû fouiller dans ta chambre et moi, j'aurais sans doute dû t'écouter. Mais je reste ta mère et tu n'as certainement pas à me parler comme tu l'as fait. Charlie, ce que tu as dit m'a blessée parce que, contrairement à ce que tu sembles penser, je t'aime de tout mon cœur, mon chéri. Pour être franche, j'ai parfois le sentiment que c'est toi qui me repousse. »

La mère de famille s'arrêta un moment alors que son enfant gardait la tête basse. Molly se mordit les lèvres. Ce n'était pas ce qu'elle avait pensé dire à Charlie. Pourquoi, à chaque fois, elle semblait lui faire des reproches ? Bon, d'un autre côté, il était aussi légitime qu'il comprenne qu'il était allé trop loin la veille.

« Charlie, papa m'a dit qu'entre Adrian et toi c'était fini. J'en suis désolée, mon amour. Si tu veux en parler avec moi, je suis là, ne l'oublie pas. »

« Merci, maman, mais je crois que je n'ai pas très envie d'en parler. De toute façon, il n'y a plus rien à dire, c'est fini, point. »

Molly caressa la joue de son fils, déçue qu'il refuse encore une fois de s'ouvrir à elle.

« D'accord, mon chéri, comme tu veux. Charlie, ne doute pas de mon amour pour toi. Tu penses que j'ai été plus sévère avec toi, c'est peut-être vrai, tu es le second, toi et Bill deviez montrer l'exemple aux suivants. Ce n'est sans doute pas une place facile, mais je ne suis pas sûr que Ron préfère la sienne. En tout cas, je t'aime, sincèrement. Si tu as envie de devenir dragonnier, je te soutiendrai bien sûr, mais ne crois pas que je te verrai quitter cette maison avec plaisir ou soulagement, ça ne sera pas le cas. J'en souffrirai tout autant que quand Bill est parti. »

Charlie déglutit péniblement en écoutant sa mère. Il fit un petit signe de tête quand elle eut fini.

« Merci, maman. Je te demande encore pardon. Je suis désolé d'avoir crié et de t'avoir dit toutes ces choses horribles. »

Molly lui fit un petit sourire tout en déposant le plateau sur ses jambes tendues.

« Mange, mon chéri. Et si tu ne te sens pas d'en parler avec moi, alors parle avec ton père, au sujet d'Adrian. »

« Il n'y a plus rien à dire sur lui, » rétorqua une nouvelle fois Charlie de sa voix douce.

« Peut-être pas exactement sur lui, mais sur ce que vous avez fait ensemble dans ce cas, » tenta Molly.

Charlie baissa les yeux sur sa nourriture, ses joues un peu plus pâles.

« Je sais que vous avez... que vous avez eu des relations intimes tous les deux. Vous vous êtes protégés, au moins ? »

« Oui, » marmonna Charlie.

« Bien, bien... Tu sais, ce n'est pas parce que... eh bien parce que tu es gay que tu dois tout accepter de tes partenaires. »

« Je n'ai eu qu'un seul partenaire, maman » précisa Charlie en se tendant un peu.

« Bien sûr, bien sûr, mon chéri, » rajouta Molly. Merlin qu'il était difficile pour elle de parler à cet enfant. « Mais Percy nous a raconté que, hum, Adrian était un peu possessif semble-t-il. Ce n'est pas parce que tu aimes quelqu'un que tu dois tout accepter de sa part. Il faut savoir conserver sa personnalité et ne pas toujours céder à tous les désirs de l'autre. Il... Il ne t'a pas forcé, n'est-ce pas ? »

« Oh, Merlin, » gémit Charlie en se massant les tempes. « Maman, comme je l'ai déjà dit à papa, non, il ne m'a pas forcé. J'ai voulu faire l'amour avec lui parce que je l'aimais. Et Percy ferait mieux de s'occuper de lui. C'était ma relation avec Adrian, pas celle de Percy. J'acceptais de lui uniquement ce que je voulais ou avais envie, moi aussi. Okay, j'admets que notre première fois n'a pas été des plus géniales, mais je ne suis pas le premier à qui c'est arrivé et surtout, je n'ai pas du tout envie de parler de ça avec mes parents. »

Le rouquin leva des yeux un peu suppliants vers sa mère.

« D'accord, d'accord. Bon, mange, mon chéri et redescends quand tu voudras. »

« Merci, maman. »

Charlie commença à dévorer son omelette restée à la fois baveuse et bien chaude grâce à un sort. Il fit un grand sourire à sa mère alors qu'elle sortait de sa chambre, enfin, celle de Bill.

« Maman ! Moi aussi, je t'aime. »

Molly sourit et ferma la porte avec malgré tout un sentiment d'échec au fond du cœur.

... ... ...

La journée passa comme s'il était dans une sorte de coton ou de bulle. Les jumeaux s'étaient platement excusés, lui aussi. Ils avaient fini dans les bras les uns des autres, à s'embrasser tout en se demandant pardon.

Il se rendit bien compte que tous étaient au petit soins pour lui et Charlie en était gêné. Il n'avait pas pour habitude d'être ainsi bichonné, surtout par ses jeunes frères. Malgré tout, il appréciait, bien qu'au départ il avait été très mal à l'aise.

Autant de gentillesse de la part de sa famille lui donnait tout à la fois l'envie de pleurer, de rire et de ronronner.

Bien sûr, le réveillon fut annonciateur de nouvelles piques de la part de la tante Muriel. Elle s'en prit à ses victimes favorites, à savoir lui-même, Ron et les jumeaux. Quand Molly, tout en apportant le traditionnel pudding sur table, parla des fiançailles de Mafalda, la situation dégénéra franchement.

« Mafalda ? Tu veux parler de la Weasley de chez Serpentard ? La traîtresse ?! »

« Muriel, voyons, Mafalda est une jeune fille très bien. Le fait qu'elle soit allée à Serpentard n'a rien à voir, » commença Arthur.

« Humpf, ça, c'est vous qui le dites, Arthur ! Encore une qui devait aimer le vert, comme toi, hein, le dragonnier ? Quelle idée d'aimer ces horribles bestioles et cette couleur. J'ai toujours cru que tu finirais toi aussi chez les Serpents d'ailleurs. Peut-être que le Choixpeau s'est trompé. »

« Oui, j'aime le vert, c'est une très belle couleur. Ce n'est pas parce que l'on aime une couleur ou en détestons une autre que cela signifie quoi que ce soit, tante Muriel. Tout comme notre maison à Poudlard. Tes préjugés sont aussi ridicules qu'enfantins ou réducteurs, » la coupa Charlie d'un ton calme. « Quant au dragons, ils sont véritablement passionnants. »

« Ridicule ? Moi ? » s'offusqua la vielle femme en colère.

Rares étaient ceux qui osaient la contredire et Charlie prenait un peu trop d'assurance à son goût depuis quelques temps.

« Pff, de toute façon, j'en suis certaine, le Choixpeau s'est trompé sur ton compte. Tu n'arriveras jamais à la cheville de Bill ou de ton parrain. Mais bon, je ne parle même pas de celui-là. Qui sait où il va atterrir mais sûrement pas chez les Lions. C'est un poltron sans talents. » Elle désigna Ron qui sembla vouloir se fondre dans sa chaise. « Je reconnais qu'au moins, toi, tu sais rudement bien jouer au Quidditch, » conclut-elle en pointant de nouveau son doigt vers Charlie qui leva les yeux aux ciel.

Personne ne sut jamais comment cela se produisit exactement. Toujours est-il qu'à peine deux secondes plus tard, une bombabouse explosait sous la chaise de la tante Muriel, la renversant et l'éclaboussant de toute part, alors que les jumeaux riaient comme des fous, une autre bombabouse dans chaque main.

La fin du repas se passa donc dans des hurlements stridents et des ricanements peu charitables. Charlie préféra s'éclipser discrétèment. Il s'affala dans sa propre chambre, délaissant enfin celle de Bill. Il ferma les yeux alors qu'un étage au dessous, les cris continuaient toujours.

Les jumeaux allaient avoir de sacrés problèmes, c'était certain. D'un autre côté, Charlie pensa que la vielle bique l'avait bien mérité. Il sourit au surnom qu'il lui avait donné. Il aimait sa famille, de tout son cœur. Mais vraiment, il n'aurait pas été contre une vie un peu plus tranquille par moment.

... ... ...

De retour à Poudlard après ces vacances de Noël, Charlie ne se concentra que sur trois choses : ses études pour atteindre son rêve, son équipe de Quidditch et ses amis.

L'aîné des enfants Weasley revint pour un mois pendant l'été. Comme avant le départ de Bill, les jeunes hommes ne se quittèrent pas, retombant en enfance sous les yeux désolés du reste de la famille qui dut subir leurs blagues douteuses et leurs crises de fou-rire intempestifs et incompréhensibles.

Puis Bill repartit, en Égypte cette fois, pour un poste fixe. Charlie retourna avec Brûlopot et Hagrid. Il voyagea à travers le Royaume-Uni avec eux, passant de nouveau plusieurs journées dans la réserve. Il revint un soir avec une brûlure sur le bras, faisant pousser à Molly des hurlements en le voyant.

Le directeur de la réserve lui renouvela son offre, que Charlie déclina une nouvelle fois. Il voulait partir en Roumanie.

« Très bien, c'est dommage pour moi, mais je te comprends. De toute façon, tu seras accepté là-bas, c'est une certitude, » lui assura le vieil homme. « Tu as un vrai don, Charlie. C'est sans doute dû au fait que tu es aussi un empathe. »

Le futur dragonnier s'esclaffa, pensant à une blague. Cependant, devant le regard plus que sérieux de son interlocuteur, ainsi que de celui de Brûlopot, son rire resta en travers de sa gorge.

« Eh bien Weasley, cette pauvre folle de Trelawney ne vous l'a jamais dit ? Pourtant, une voyante de cette qualité n'aurait pas pu passer à côté d'une telle disposition, » se moqua Brûlopot.

« Je n'ai jamais étudié la divination, » répondit Charlie.

« Dans mes bras, mon petit ! » s'exclama le vieux professeur en le serrant contre son cœur. « Mais je confirme, tu as un certain don d'empathie. Heureusement pour toi, pas comme certains qui doivent finir par vivre en ermite. Mais suffisamment pour que cela te rende de nombreux services. Surtout si tu t'attelles à le développer. »

Le garçon haussa les épaules, peu convaincu.

Ce fut avec une certaine nostalgie qu'il prit le Poudlard Express pour sa dernière année en compagnie de ses frères, laissant uniquement Ron et Ginny derrière eux.

Le souvenir d'Adrian resta bien présent dans son cœur, pendant de longs mois. Bien que, comme son père le lui avait dit, en entrant en septième et dernière année, Charlie n'avait plus aussi mal en y repensant.

Il eut d'autres propositions pour sortir avec des garçons. Il n'en accepta qu'une mais rompit au bout de deux mois. Il n'avait pas vraiment envie de continuer cette relation et ne voulait pas mentir au jeune Serpentard qui commençait à s'attacher à lui. Il comprit au fil du temps que même si penser à Adrian n'était plus aussi douloureux, l'ancien préfet de Serdaigle envahissait toujours son cœur.

Le cadet Weasley se demanda donc s'il serait capable un jour de ressentir encore de l'amour et d'aimer comme il avait aimé Adrian, de cette manière aussi forte, aussi puissante. D'un autre côté, Charlie savait qu'il ne commettrait pas les mêmes erreurs non plus. Aimer, oui, perdre son cerveau, non, certainement pas. Pour le moment et comme le lui avait fait clairement admettre son aventure avec le Serpentard, cette question ne se posait pas car Charlie n'avait pas réellement le désir de se remettre en couple.

Tante Muriel en aurait sans doute fait une jaunisse de le savoir ainsi avec un Serpent, mais elle avait dû l'ignorer puisqu'elle refusait de remettre un pied au Terrier si les jumeaux étaient présents. Eux seuls désormais subissaient sa ire, Charlie ayant été miraculeusement promu aussi exceptionnel que Bill par la vieille grincheuse depuis ce désastreux Noël. Désastreux pour elle, cela va de soi, les jumeaux en ayant au contraire une toute autre opinion.

Gryffondor gagna une nouvelle fois la coupe de Quidditch, comme à chaque fois depuis que Charlie avait été nommé capitaine. L'équipe qu'il avait formée en début d'année serait complète l'année suivant, à part pour son propre poste.

Charlie se doutait qu'Olivier serait nommé capitaine à sa place. Il discuta donc longuement avec le jeune homme, afin de savoir qui, à Gryffondor, pourrait assurer sa relève.

« Sincèrement, Charlie, je ne vois personne qui pourrait seulement t'arriver à la cheville. Je n'ose imaginer la réaction de McGonagall si l'année prochaine on ne gagne ni la coupe de Quidditch, ni celle des Quatre Maisons. Elle va en faire une jaunisse si c'est encore les Serpentard qui la remportent, celle-là. »

« Je ne sais pas quoi te dire, Olivier. Parmi nos remplaçants, aucun n'a l'étoffe d'un attrapeur. Tu devras sans doute faire passer des tests aux volontaires. »

« Volontaires ? Enfin, Charlie, ça fait plus d'un mois que je harcèle toute notre salle commune. Personne ne veut intégrer l'équipe en tant qu'attrapeur. Je suis désespéré. J'en ai déjà parlé à McGonagall et Bibine, » continua le brun en frappant de colère son pied dans un caillou qu'il envoya valser.

Le rouquin eut un fin sourire désabusé.

« Dans ce cas, il n'y a plus qu'à espérer un miracle. Qui sait, peut-être qu'un première année sera un génie du Quidditch ! »

« Mais bien sûr... Et moi, je suis le calamar géant ! » répondit Olivier.

Les deux garçons continuèrent à marcher le long du lac, en silence, que brisa finalement le plus jeune.

« C'est vrai ce que l'on dit ? Que les Pies de Montroses et les Chauves-Souris de BallyCastle t'ont proposé un poste ? »

Charlie regarda son compagnon, toujours en souriant.

« Oui, c'est vrai. »

Le brun s'arrêta brutalement.

« Vraiment ? ! Tu vas accepter ?! Pitié, dis-moi que tu vas accepter ! Si tu acceptes, tu as une place assurée en équipe nationale, j'ai entendu Bibine elle-même l'affirmer ! »

« En fait, j'ai reçu une autre proposition qui me tente bien mieux. »

« Laquelle ? Laquelle ! » s'écria Olivier en trépignant.

« Mon dossier à la réserve de Roumanie a été accepté. Je commence en août. »

Le visage déconfit du quatrième année le fit exploser de rire.

« J'aime le Quidditch, mais je préfère les dragons. »

« Tu es un fou, il n'y a rien de mieux que le Quidditch » répondit l'autre, désabusé.

Alors que Charlie allait pour lui répondre, un gamin, sûrement un première année, les rejoignit en courant, hélant Charlie de toute la force de ses poumons.

« Eh bien, qu'est-ce qui t'arrive, petit ? » demanda gentiment le capitaine et préfet de Gryffondor.

« C'est le professeur Dumbledore, il veut te voir ! » haleta le gosse. « C'est vrai que tu aimes les plumes en sucre ? » rajouta-t-il vivement.

Charlie répéta le nom de la sucrerie à la gargouille, permettant à celle-ci de lui ouvrir le passage jusqu'au bureau du vénérable professeur.

Ce dernier l'attendait, debout près de Fumseck.

« Ah, entre Charlie. Je ne te présente pas Fumseck, je crois que tu l'as déjà rencontré. »

« Oui, mais il était dans une meilleure forme. Alors mon vieux, tu commences à perdre tes plumes ? »

« Oh, il en a encore pour plusieurs mois, je te rassure. Ce n'est pas encore aujourd'hui que tu auras l'occasion de le voir s'enflammer, je le crains. Biens, assis-toi, je t'en prie. Tu veux un bonbon au citron ? »

« Non, merci, professeur. Vous vouliez me voir à quel sujet ? » répondit poliment le cadet Weasley en s'installant dans le confortable fauteuil rouge que lui désignait Dumbledore.

« Tout d'abord pour te féliciter. Je sais que tu as été admis en Roumanie. Je ne devrais pas te le dire, cependant, comme je suppose que tu t'en doutes, j'ai beaucoup moins de scrupules à le faire : tu as aussi réussi tous tes ASPICs. Je préfère t'en informer maintenant afin que tu puisses préparer ton départ en Roumanie dans de bonnes conditions. »

Dumbledore posa brièvement ses main sur les épaules robustes du jeune homme ravi avant de retourner à son bureau et s'asseoir lui même dans son fauteuil. Charlie souriait largement. Ses rêves prenaient vie, enfin ! Il avait réussi ses ASPICs, son dossier était accepté. Bientôt, il partirait à la réserve de Roumanie en tant qu'apprenti dragonnier.

« Je ne sais pas si le courrier du directeur Focnebun le précisait, mais tout élève dragonnier se doit d'avoir un matériel adapté, » continua Albus.

« Comment cela ? » fit le rouquin surpris.

« Puis-je voir ta baguette ? » demanda en réponse le directeur.

Charlie fronça les sourcils mais tendit sa baguette à Dumbledore qui l'examina attentivement.

« C'est une très bonne baguette, qui a fait de grandes choses. Tout comme ses deux propriétaires. Je comprends que tu y sois attaché, Charlie. Gideon était un homme bien, et un très bon ami. »

Charlie regarda le vieil homme dont les yeux ne pétillaient plus derrière ses verres en demi-lune.

« Fabian et lui sont morts en héros, comme tu le sais. Pour qu'un jour notre peuple puisse vivre en paix, sans menace de mage noir. »

« Je le sais, effectivement, monsieur, » déclara Charlie.

« Te souviens-tu de ce que je t'avais dit, il y a bien longtemps, au sujet de Harry. Tu te rappelles, Charlie ? »

« Oui, monsieur. Vous m'aviez dit qu'un jour, il faudrait encore se battre. Vous m'avez demandé si je serais présent ce jour-là. Ma réponse n'a pas changé. Je serai là, comme l'ont été Gideon et Fabian, » assura le garçon, faisant sourire le vieil homme devant lui. « Pourtant, je ne comprends pas. Il est mort, n'est-ce pas ? Alors, pourquoi êtes-vous inquiet ? »

« Inquiet ? » s'étonna Dumbledore.

« Peut-être pas inquiet, non, » rectifia le garçon. « Mais... vous craigniez quelque chose, c'est évident. À moins que vous ne sachiez quelque chose, » réfléchit Charlie. « Il y a deux ans, vous avez dit à mon frère de se faire des amitiés hors de nos frontières, de créer des alliances et d'être vigilant. Vous m'avez demandé, par Bill interposé, de continuer mes cours en défense contre les forces du Mal. Est-ce qu'il va revenir, monsieur ? Est-ce que cette paix, que nous avons connue depuis dix ans, touche à sa fin ? »

« Je ne suis sûr de rien, jeune Weasley. Mais je le crains, en effet. Certains signes ne trompent malheureusement pas. Il est temps pour moi de comptabiliser dès aujourd'hui la force de nos troupes, vérifier qui seront nos amis, ou nos ennemis. Les dragonniers ont toujours été des personnes courageuses, respectueuses de la nature et de toutes les espèces qui peuplent ce monde. Aucun d'eux n'avait suivi Voldemort. »

Le directeur regarda son étudiant, souriant un peu plus en voyant qu'il n'avait pas tiqué ou relevé l'emploi du nom du Seigneur Noir.

« Tu seras bientôt en Roumanie, avec des sorciers de tout horizon. Plusieurs colonies de Veelas peuplent aussi des pays proches, comme la Pologne ou la Bulgarie. Eux aussi seront en danger en cas de nouvelle guerre, ils le savent parfaitement. Pour le moment, je ne te demande que d'ouvrir tes yeux et tes oreilles. Reste vigilant, toi aussi. Le jour viendra peut-être où nous devrons une nouvelle fois combattre. »

Le jeune homme hocha la tête. Il avait compris, même s'il le savait déjà depuis bien longtemps, au fond de son cœur.

« Merci, professeur. »

« De quoi donc ? »

« De me faire confiance. Ainsi qu'à ma famille. »

« Les Prewett ont toujours été une famille du côté de la lumière. Les Weasley aussi. Tu as hérité de ces deux familles, à n'en pas douter. »

Le vieux sorcier se releva, signifiant ainsi que leur discussion touchait à sa fin. Charlie fit de même, s'apprêtant à sortir.

« Charlie, tu es un brave garçon. Et c'est moi qui te remercie de ta confiance envers moi. »

... ... ...

En pénétrant dans la boutique, Charlie fut étonné de voir des milliers et des milliers de boîtes sur des étagères alignées sur chaque mur, atteignant presque le plafond. Un vieil homme aux yeux pâles s'avança alors vers lui, un fin sourire sur les lèvres.

« Bonjour, bonjour. Je n'ai pas l'honneur de vous connaître, monsieur, mais je me ferai une joie de trouver la baguette parfaite qui vous conviendra, soyez-en assuré, » susurra l'homme d'une voix sourde en lui tournant autour.

Le jeune Weasley se sentit plutôt mal à l'aise, d'autant qu'un mètre ruban s'approcha de lui et commença à prendre différentes mesures de son anatomie, alors même qu'il n'avait pas encore ouvert la bouche.

« Bonjour, monsieur Ollivander, je suis Charlie Weasley. Comme vous vous en doutiez, je suis effectivement venu pour m'acheter une baguette. »

« Un Weasley. Bien sûr, bien sûr. Je me souviens de chaque baguette que j'ai vendu, mais de la votre, point de souvenir. Pourrais-je voir votre actuelle baguette, jeune Weasley ? »

À contre-cœur, Charlie lui tendit la baguette.

« Je vois, frêne, 25,7 centimètres, souple, avec un crin de licorne. Cette baguette appartenait à votre oncle, Gideon Prewett, n'est-ce pas ? »

Charlie acquiesça en silence avant d'expliquer.

« Je vais devenir dragonnier. Il me faut une baguette qui me convienne parfaitement. Si c'est possible bien sûr. Je dois avouer que j'aime beaucoup ma baguette actuelle, je ne sais pas si une autre me conviendra autant qu'elle. »

« Bien... je vois... » continua l'homme en lui tournant de nouveau autour, l'examinant comme un animal. « Votre date de naissance ? »

« Le 12 décembre 1972, » répondit Charlie alors que le mètre ruban s'enroulait une dernière fois autour de son poignet avant de retourner à la taille du marchand de baguettes.

« Bien. En ce cas, peut-être ceci ? » fit l'homme en appelant à lui une boîte.

Il l'ouvrit et tendit la baguette qui se trouvait à l'intérieur à Charlie. Ce dernier s'en saisit, sans rien ressentir de particulier. Il l'agita un peu, mais il sentit qu'elle ne lui convenait pas. De même que le vendeur qui lui arracha prestement des mains. Il lui en tendit trois autres, sans plus de succès.

Enfin, dès que Charlie se saisit de la dernière, une énorme vague de chaleur l'enveloppa. Des jets de couleurs verts et dorés s'échappa de la baguette en filament étincelants qui grimpèrent en dansant jusqu'au plafond. Charlie ferma les yeux sous la sensation. Oh oui, cette baguette était pour lui, cela était certain.

« Parfait ! Parfait ! » chantonna alors Ollivander en tapant doucement dans ses mains. « Bois de sorbier, 28 centimètres, souple et crin de licorne. Cette baguette est pour vous, à n'en pas douter. »

Il regarda Charlie en souriant, sans que le sourire n'atteigne véritablement ses yeux.

« Au vu de votre date de naissance, le sureau aurait pu vous convenir, mais il faut croire que vos... capacités supplantent cette prédisposition. C'est assez courant toutefois, car rares sont les sorciers à pouvoir maîtriser le sureau. Sans compter la mauvaise réputation de ces baguettes. Seul un sorcier remarquable peut conserver longtemps une baguette de sureau. Elle est dotée de puissants pouvoirs magiques mais répugne à demeurer longtemps entre les mains d'un propriétaire qui ne soit pas supérieur à tous ceux qui l'entourent. La vieille superstition qui affirme « Baguette de sureau, toujours un fléau » tire son origine de la terreur qu'elle inspire, mais en fait, cette superstition n'a aucun fondement. C'est pour cela que les sorciers refusent en général ces baguettes et que j'en n'ai que très peu. Néanmoins, ce que je sais c'est que ceux capables de posséder des baguettes de sureau ressentent presque toujours de très profondes affinités avec ceux qui ont été choisis par le sorbier. Le saviez-vous ? Dans votre cas, cela semble plus que logique. Pas de sureau pour vous mais du sorbier, jeune Weasley. »

« Je connais la réputation des baguettes de sureau, » intervint Charlie. « Pas celle de baguettes qui sont en sorbier. »

« Le sorbier a toujours été un bois très apprécié dans la fabrication des baguettes car il a la réputation d'être doté de pouvoirs protecteurs supérieurs aux autres, » expliqua alors lentement le vieil homme, passant un doigt fin sur son menton. « D'après ma propre expérience, il donne à tous les sortilèges de défense, de quelque genre qu'ils soient, une force particulière très difficile à contrer. On dit généralement qu'aucun sorcier, aucune sorcière adepte de la magie noire n'a jamais possédé de baguette de sorbier et je n'ai pas le souvenir qu'une de mes propres baguettes de ce bois ait jamais fait le mal où que ce soit dans le monde. Le sorbier convient le mieux à ceux qui ont l'esprit clair et le cœur pur mais cette réputation de vertu ne doit tromper personne : dans les duels, ces baguettes sont souvent les égales des meilleures et l'emportent fréquemment sur les autres. »

Il le dévisageait avec une telle intensité que Charlie en fut presque gêné. Ollivander continua, avec ce sourire étrange.

« Vous êtes, à n'en point douter, le digne héritier des frères Prewett. J'ai la certitude que cette baguette ne fera pas exception à ce que j'ai pu constater jusqu'à ce jour. Vous n'êtes pas fait pour le sureau, c'est évident. Mais peut-être attirerez-vous un jour le possesseur d'une telle baguette. » (1)

Charlie hocha simplement la tête, plus que surprit et dubitatif par les propos du fabriquant de baguette. Enfin, il sortit les Gallions demandés et sans plus attendre, il sortit du magasin pour transplaner devant le Terrier.

... ... ...

« Ronnie ? Tu peux venir s'il te plaît ? »

Le plus jeune des six fils Weasley redressa son nez recouvert de taches de rousseur vers son frère aîné, un peu étonné. Néanmoins, il abandonna sa partie d'échec, qu'il jouait avec lui-même, pour rejoindre Charlie à l'extérieur. Le futur dragonnier était simplement assis sur le banc en bois, les yeux un peu dans le vague alors qu'il admirait le jardin pour l'une des dernières fois avant son départ en Roumanie.

Arthur devait l'accompagner le lendemain au ministère. C'était là que le Portoloin officiel pour les élèves reçus à l'école de dragonniers, chercheurs et magizoologistes devait s'enclencher, à 15h32 exactement. De ce qu'il en savait, Charlie était le seul de tout le Royaume-Uni qui le prendrait.

Ron s'installa à côté de son frère, curieux.

« Dans un mois et demi, tu seras à Poudlard, » commença le plus âgé.

« Oui, je sais, »

« Tu sais aussi qu'il faut une baguette pour pouvoir y aller, »

Ron baissa le nez. Ça aussi il le savait. C'était bien ce qui l'inquiétait. Il n'avait toujours pas de baguette magique. Ses parents en discutaient entre eux depuis plusieurs semaines. Ron savait qu'ils n'avaient pas les moyens de lui en offrir une de chez Ollivander. Ils ne savaient pas non plus où en trouver une pour leur dernier fils.

« Je me suis dit que tu aimerais peut-être pouvoir faire connaissance avec ta baguette pendant l'été. Histoire que vous appreniez à vous connaître, à vous apprivoiser. Qu'en dis-tu ? » fit alors Charlie en tendant son ancienne baguette à son jeune frère en lui souriant.

Il eut envie de rire en voyant les grosses billes bleues de Ron s'écarquiller sous la stupeur. Puis le cri de joie de son frère lui réchauffa le cœur alors qu'il se redressait tout en se saisissant avidement de la baguette.

« Oh ! Merci ! Merci Charlie ! » s'écria Ron en sautant au cou de l'autre rouquin. Puis il fronça ses sourcils. « Mais, et toi ? Comment tu vas faire ? »

Charlie ébouriffa gentiment les cheveux de Ron.

« J'ai prévenu papa et maman, ils étaient contents eux aussi. Je me suis acheté une nouvelle baguette. C'était impératif que j'ai une baguette qui me corresponde vraiment pour partir en Roumanie. Je pense que j'aurai pu continuer avec celle-là, mais bon, c'est sans doute mieux ainsi. Comme cela, tout le monde est content, c'est l'essentiel. »

Charlie eut un mince sourire.

En vérité, il était triste de se séparer de cette baguette. Elle avait tant de souvenirs en elle. Il aurait aimé pouvoir la garder avec lui, la prendre entre ses doigts quand ça n'allait pas ou quand les souvenirs l'envahissaient. Mais il savait aussi que ses parents ne pouvaient pas en acheter une autre à Ron, pas maintenant.

« Tu en prendras soin, okay ? J'y tiens vraiment beaucoup. Et puis comme cela, tu penseras un peu à moi, » conclut Charlie.

Ron se pendit alors à son cou.

« J'ai pas besoin de ça pour penser à toi, tu sais. Tu vas beaucoup me manquer. J'aurais vraiment aimé que tu sois avec moi à Poudlard, au moins cette année, » marmonna l'enfant contre lui.

« Allons, Ron, tu seras avec Percy et les jumeaux, tu n'es pas tout seul. »

« Justement, je suis avec Percy et les jumeaux, » bougonna le sixième fils, toujours dans le cou de son frère. « Au moins, avec toi, Percy ne ferait pas son petit chef et tu sais faire obéir les deux autres, à peu près en tout cas. Je suis sûr qu'ils ne vont pas arrêter de m'embêter si tu n'es pas là. »

« T'en fais pas, va. Percy te fichera sans doute la paix. Quant à Fred et George, ne te laisse pas marcher sur les pieds. Ni ne crois à tout ce qu'ils peuvent te raconter. Si ça va pas, tu pourras aussi toujours m'écrire. Même si je pars, je serai toujours là pour toi en cas de problème. D'accord ? »

Le gamin se décolla enfin, acquiesçant de la tête, les yeux étrangement humides.

« Et puis, je suis sûr que tu te feras pleins d'amis. J'en suis même persuadé. Tu verras, Ron, tu vas vivre des aventures formidables à Poudlard ! » le rassura encore Charlie.

Évidemment, il ne pouvait pas deviner à quel point il allait avoir raison.

... ... ...

À suivre

... ... ...


NDA : (1) – Merci, merci Pottermore, dont je tire toutes les explications sur les baguettes que vous avez pu lire, rien n'est inventé ^^ Et pour rappel, la baguette Relique de la mort est une baguette en sureau, celle-là même que possède Dumbledore et dont, plus tard, Harry sera le légitime propriétaire. Harry que nous verrons dès le prochain chapitre... Qui a hurlé « Enfin ! » ? Non mais dites donc, je vous rappelle qu'il n'a que onze ans à l'heure actuelle ! Tsss, bref, rassurez-vous, Harry arrive, les cheveux ébouriffés, les lunettes de travers et ses grands yeux verts en action ;)